dimanche 2 novembre 2025

À l'ère de l'IA, faut-il encore faire des études ?

L’entendez-vous, cette petite musique qui monte tout doucement ? Les étudiants et les diplômés seraient trop nombreux, superflus, voire parfois carrément inutiles. En publiant Le Chaos qui vient, traduit en français par les Éditions du Cherche midi, Peter Turchin avait sonné le tocsin. Nos sociétés occidentales, assure-t-il, produisent plus d’aspirants à l’élite qu’il n’y a de places disponibles. Selon l’anthropologue américain, ce déséquilibre a des conséquences catastrophiques : l’appauvrissement des classes populaires et l’émergence d’une génération de déclassés, frustrés au point de menacer l’édifice social tout entier. Milan Kundera, déjà, dans L’insoutenable Légèreté de l’être, faisait dire à Franz : «Il y a de plus en plus d’universités et d’étudiants. Pour décrocher leurs parchemins, il faut qu’ils se trouvent des sujets de diplômes. Il y a un nombre infini de sujets, car on peut disserter sur tout. Les liasses de papier noirci s’accumulent dans les archives qui sont plus tristes que des cimetières parce qu’on n’y vient même pas à la Toussaint. »

Et voilà que surgit l’intelligence artificielle. Dans leur nouveau livre, Ne faites plus d’études : comment apprendre à l’ère de L’IA ? (Buchet-chastel), le médecin et conférencier charismatique Laurent Alexandre et l’économiste Olivier Babeau prédisent la fin de «l’aristocratie des talents» . Ils ne s’interrogent pas sur l’éventualité d’un cataclysme. Pour eux, l’affaire est entendue : « les robots ouvriers auront les mêmes compétences que celles du polytechnicien ». Ils spéculent seulement sur la date de péremption des formations traditionnelles.

Le glas des « je-sais-tout-je-vais-à-la-fac », moqués dans l’excellente série satirique américaine South Park, aurait sonné. À quoi bon s’encroûter sur les bancs de la faculté de médecine si CHATGPT 5 peut diagnostiquer une maladie rare mieux qu’un interne en médecine après sept années d’études ? L’IA est déjà quatre fois plus performante dans les diagnostics médicaux, d’après Laurent Alexandre, chirurgien de formation. Et pourquoi débourser 15 000 euros par an pour une école de commerce quand un agent conversationnel peut produire une stratégie marketing impeccable en quelques secondes ? Sam Altman, le patron d’openai, a déclaré que son enfant n’étudierait « probablement pas» à l’université. On rétorquera au créateur de CHATGPT qu’il a tout intérêt à jouer les bonimenteurs pour vendre son élixir miracle.

Certains titres desservent leurs auteurs et le contenu de leur œuvre. Cet ouvrage volontairement provocateur, en fait partie. Il aurait dû s’intituler « Ne faites plus d’études telles qu’on les connaît » ou « Apprenez autrement ». « La bonne question n’est plus “quelle école dois-je intégrer ?” mais “quelles compétences dois-je maîtriser pour atteindre mon objectif ?”», résument-ils. En réalité, le médecin énarque et le docteur en sciences de gestion conseillent moins de briser le moule qui les a façonnés que de repenser l’architecture de la connaissance. Les « rois » du marché du travail de demain seront «les compositeurs d’intelligence», assurent-ils. Derrière cette formule barbare, aux airs de mantra de développement personnel tout droit sorti du réseau social Linkedin, se dessine une idée plus stimulante. Le savoir de demain sera hybride par nécessité, s’appuiera sur la puissance des algorithmes et marquera « la revanche des autodidactes » face à ceux accrochés aux diplômes comme à la bouée d’un bateau académique en plein naufrage.

Cette tectonique des plaques cognitives tient de la rupture civilisationnelle à en croire les auteurs, qui la comparent à « l’invention du feu ». Toute révolution couronne ses élus. Qui seront ceux de L’IA ? Aux côtés des magnats de la tech, les rois de demain, selon la prophétie des auteurs, certaines professions pourraient être reconsidérées. Les aides-soignants, auxiliaires de vie, sages-femmes, éducateurs spécialisés… un tas de professions où l’on ne roule pas sur l’or, mal rétribuées dans nos sociétés obsédées par les cols blancs, vont gagner en valeur. Celles « du soin et du lien ». CHATGPT ne change pas la couche de votre bambin, Mistral ne prend pas la main de votre grand-mère souffrante et « désamorcer une crise d’angoisse, aucune IA ne peut réellement s’y substituer ».

Pour ceux qui s’obstinent à travailler dans le domaine des services, une compétence vaudra son pesant de cacahuètes sur le marché de l’emploi : le « faire savoir ». Les auteurs conseillent aux futurs étudiants de ne plus chercher à «accumuler les notes ». « Ce que vous montrerez vaut mille fois plus que ce que vous déclarerez avoir appris, déclarent-ils. La compétence ne se proclame plus. Elle s’expose. » C’est en tout cas ce qu’ils exposent.

Est-ce à dire que les «premiers de cordée» seront des influenceurs de leur supposé savoir ? Des marchands de leurs compétences avant d’être des sachants ? Babeau et Alexandre assurent qu’ils ne font pas « une apologie du décrochage », louent les vertus de « l’ennui » pour la créativité et insistent sur la fracture à venir : d’un côté, les lecteurs et les connaisseurs d’une histoire millénaire, capables de « reconnaître le doute, détecter le biais, sentir l’absurde et le dangereux derrière la belle tournure » des IA, et de l’autre ceux engloutis dans une époque où la moitié de notre temps libre est déjà vampirisée par les écrans, où nos adolescents s’abîment en scrollant sur Tiktok. « Les livres érigeront les fondations du château de vos savoirs », écrivent-ils. Dans le flot de livres sur l’IA publiés par les maisons d’édition chaque mois depuis deux ou trois ans, Ne faites plus d’études prend, à sa manière, ses distances avec les techno-béats de la Silicon Valley, sans tomber sans le luddisme primaire. Une vertu qui souligne à elle seule l’intérêt du livre.


Source: Le Figaro


samedi 1 novembre 2025

Trump annonce une possible intervention militaire au Nigeria

Le président américain Donald Trump a exprimé samedi son intention de prendre des mesures militaires si le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, ne met pas fin à ce qu’il décrit comme des « meurtres de chrétiens » perpétrés par des « terroristes islamistes ».

Un policier monte la garde à l’intérieur de l’église catholique Saint-François, au lendemain d’une attaque qui a visé des fidèles à Owo, au Nigeria, en 2022.

« Si le gouvernement nigérian continue de tolérer les meurtres de chrétiens, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient envisager une intervention dans ce pays avec une action décisive pour éliminer complètement les terroristes islamistes responsables de ces actes graves », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social.

« Je demande au ministère de la Guerre de se préparer à une éventuelle action », a-t-il ajouté. 

Avertissement : le gouvernement nigérian a intérêt à agir rapidement ! », a-t-il insisté en majuscules.

Vendredi, Donald Trump a placé le Nigeria sur la liste des pays « particulièrement préoccupants » en matière de liberté religieuse, estimant que « le christianisme y est confronté à une menace existentielle ». « Les islamistes radicaux sont responsables de ce massacre de masse », avait-il affirmé dans un message précédent. « Il faut agir lorsque des chrétiens, ou tout autre groupe, sont massacrés comme c’est le cas au Nigeria », a-t-il ajouté.

Samedi, le président nigérian Bola Tinubu a réagi sur X, affirmant que « la caractérisation du Nigeria comme un pays intolérant sur le plan religieux ne reflète pas notre réalité nationale ».

Cette décision de Donald Trump intervient après plusieurs mois de démarches de la part d’élus américains conservateurs, qui estiment que les chrétiens au Nigeria font face à de graves difficultés. Ces préoccupations ont également été relayées par des associations chrétiennes et évangéliques, ainsi que par certains responsables politiques européens.


Contexte sécuritaire au Nigeria

Le Nigeria fait face à de nombreux défis sécuritaires. Dans le nord-est, l’insurrection djihadiste de Boko Haram, active depuis 2009, a causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les estimations des Nations unies. 

Bien qu’affaiblis, Boko Haram et son groupe dissident, la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP), restent actifs.

Au centre du pays, des affrontements entre éleveurs peuls, majoritairement musulmans, et agriculteurs, souvent chrétiens, surviennent régulièrement. Ces conflits, souvent perçus comme interreligieux, trouvent principalement leurs origines dans la concurrence pour l’accès aux terres.

Dans le nord-ouest, des bandes criminelles, appelées localement « bandits », sèment la terreur en attaquant des villages, en tuant, en kidnappant pour des rançons et en incendiant des maisons après les avoir pillées.

Mi-octobre, le conseiller pour l’Afrique de Donald Trump, Massad Boulos, basé au Nigeria depuis plusieurs décennies, a indiqué que les djihadistes tuaient « plus de musulmans que de chrétiens ».

Le Nigeria est divisé de manière presque égale entre un nord à majorité musulmane et un sud majoritairement chrétien.

Cette attention particulière portée aux chrétiens nigérians s’inscrit dans la continuité des positions de Donald Trump concernant les Afrikaners, descendants européens établis en Afrique du Sud depuis 1652.

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L’Occident reste indifférent alors que des chrétiens sont massacrés et persécutés dans le monde entier

Le Nigéria a connu en 2023 l’année la plus sanglante en matière d’attaques islamistes contre les chrétiens (8000 chrétiens assassinés)

Nigéria : 38 millions d’habitants en 1950, 190 millions en 2018, 400 millions en 2050 ?

France — Actes antichrétiens : l’assourdissant silence des médias et de la classe politique

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé)

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Le Noël tourmenté des chrétiens d’Orient

Syrie — Au moins 20 morts dans un attentat contre une église grecque-orthodoxe

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l’Œuvre d’Orient

Nouvelle enquête de Reuters sur les massacres d’Alaouites. Les forces syriennes ont massacré 1 500 alaouites. La chaîne de commandement a conduit à Damas.

Révisionnisme — Pour Mélenchon, Saladin a permis aux Occidentaux de construire les cathédrales

 

jeudi 30 octobre 2025

« Nous ne sommes pas en URSS, mais... »

Question. — De livres en livres, d’articles en d’articles, vous ne cessez de pointer la dérive autoritaire, voire totalitaire du camp progressiste. Dans Les Deux Occidents (La Cité), vous allez jusqu’à présenter la victoire de Trump comme une libération et expliquer que le monde occidental est désormais divisé en deux blocs antagonistes : un nouveau rideau de fer séparerait l’Amérique trumpienne d’une Europe dominée par des forces d’« extrême centre ». Avez-vous vraiment le sentiment que l’Union européenne est en train devenir la nouvelle Allemagne de l’Est ou la nouvelle Union soviétique ?

Bock-Côté. — Je n’ai jamais dit que Trump était une libération, mais qu’une bonne moitié de l’Amérique, au moins, l’a vécu ainsi. Le wokisme était devenu tyrannique. Le commun des mortels ne comprenait pas la banalisation de la censure à grande échelle pour lutter contre la « haine », qu’on traite les enfants comme les cobayes de la théorie du genre, qu’on institutionnalise le racisme antiblanc à travers le paradigme du DEI (diversity, equity, and inclusion, une expression résumant les trois principes établis pour promouvoir l’inclusion et la lutte contre les discriminations envers des groupes historiquement minoritaires ou minorisés, NDLR), qu’on légitime une immigration massive devenue inassimilable ou que la puissance américaine se perde dans une forme de guerre perpétuelle pour assurer la promotion de la « démocratie » dans le monde. Alors le commun des mortels s’est révolté en votant pour un homme improbable, extravagant, brutal, qui dira le contraire, entendant renverser la table. Cette victoire de la révolte populiste au cœur de l’empire, à Washington, a fait paniquer la nomenklatura européenne, qui s’est jurée d’empêcher la victoire des insurgés chez eux, et qui aujourd’hui, entend verrouiller les institutions politiques, sous le signe de l’État de droit, pour à tout prix empêcher les populistes d’arriver au pouvoir. Je crois que nous parlerons de ces moyens dans notre entretien.

mercredi 29 octobre 2025

Tension en Israël : les juifs ultra-orthodoxes réprimés violemment (m à j. vidéo Montréal)

Rarement a-t-on vu autant de juifs hassidiques manifester au centre-ville de Montréal. Ils étaient plusieurs centaines à se diriger hier soir au consulat d’Israël. L’enjeu tourne autour de l’obligation de servir le pays en zone de guerre. Cette communauté en est actuellement exemptée.


En Israël, des juifs ultraorhodoxes de la communauté haredim (les « pieux ») s’opposent à l'engagement militaire de leur pays au Proche-Orient. 

À la suite des attaques terroristes du 7 octobre, Israël a mobilisé son armée sur de nombreux fronts. Avec un besoin d’hommes important pour mener ses campagnes militaires, le pays s’est tourné vers les Haredim, une communauté d’ultra-orthodoxes juifs, exemptés jusqu’alors de service militaire.

Depuis plusieurs mois, les Haredim manifestent contre les guerres d’Israël et pour sauvegarder leur statut spécial, estimant que leur judéité doit se traduire dans leur pratique religieuse et non par des campagnes militaires.
 


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Brève : mise à jour de l'indice de fécondité en Israël pour 2024 et (1T2025)

Israël a besoin de plus de troupes, mais la coalition au pouvoir ne veut pas enrôler les ultra-orthodoxes. (2024)

Les « séminaristes » Israéliens ultra-orthodoxes s'opposent au service militaire (2024)

En Israël, le taux de fécondité en 2022 était de 3 enfants par femme (1,49 au Québec; 1,80 en France; 1,39 en Suisse et 1,53 en Belgique)

Les communautés chrétiennes en Israël font face à une hostilité croissante, selon un rapport annuel

Le Noël tourmenté des chrétiens d'Orient

« Certains Israélites crachent sur les chrétiens qu’ils croisent à Jérusalem », Mgr Gollnisch de l'Œuvre d'Orient

Un journaliste israélien se fait passer pour un prêtre - et se fait cracher dessus à Jérusalem (juin 2023)

Attaque de colons sionistes contre un village chrétien palestinien (Taybeh/Tayibé) (2025)

 

 

 

 

Erasmus la nouvelle auberge...maghrébine ?

L’Union européenne envisage d’intégrer des pays du Maghreb et du Proche-Orient au programme Erasmus. Une nouvelle route à sens unique pour l’immigration.

C’était au début du siècle. En 2002, sortait dans les salles françaises L’Auberge espagnole, avec Romain Duris et Cécile de France. Film choral sur la vie de huit étudiants européens partageant un même appartement à Barcelone, le long-métrage de Cédric Klapisch allait devenir emblématique de la génération Erasmus, du nom du programme universitaire d’échange. Deux décennies plus tard, Klapisch pourra bientôt tourner une suite intitulée… « L’Auberge algérienne » ! Le premier film faisait l’éloge de l’ouverture européenne. Cette fois, il s’agirait de vanter l’inclusivité des dictatures arabes. Klapisch pourrait même imaginer un scénario où l’Algérie démontrerait tout son sens de l’hospitalité en retenant sur son sol ses étudiants européens. Cela ressemble à une blague, c’est pourtant tout ce qu’il y a de plus sérieux : l’Union européenne envisage d’intégrer des pays du Maghreb et du Proche-Orient au programme Erasmus. Les 10 pays concernés sont l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, les territoires palestiniens, la Syrie et la Tunisie. Au moment même où le budget 2026 présenté par Sébastien Lecornu supprime les aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants étrangers hors UE non boursiers, la Commission européenne entend accueillir encore davantage d’élèves émanant de ces pays. Rappelons par ailleurs qu’en 2023, cette même Commission a exclu la Hongrie du programme Erasmus sous prétexte que Viktor Orbán entraverait l’État de droit et ciblerait des minorités. Est-ce à dire qu’aux yeux de l’UE, le régime du chef de gouvernement Orbán, démocratiquement élu, est moins fréquentable que celui du président Tebboune, qui détient arbitrairement dans ses geôles Boualem Sansal et Christophe Gleizes ? Ou moins respectable que le Hamas, qui exécute les homosexuels en les jetant du haut des immeubles ?

Cet élargissement d’Erasmus s’inscrit dans le pacte pour la Méditerranée et s’accompagne d’un doublement du budget consacré à cette région, qui passerait à 42 milliards d’euros. Une « université méditerranéenne » délivrant diplômes conjoints devrait aussi voir le jour. « La région méditerranéenne constitue un pont vital », peut-on lire dans le pacte. Plus qu’un pont, il faut y voir une route à sens unique. En vérité, on imagine mal les jeunes Français ou les jeunes Italiens se précipiter à Gaza ou à Tripoli pour poursuivre leurs études.

En revanche, il ne fait aucun doute qu’une partie des étudiants extra-européens resteront en Europe une fois leur année Erasmus achevée. La commissaire Dubravka Suica, qui porte le projet, ne cache d’ailleurs pas que l’un des objectifs de la Commission est de « faciliter la délivrance des visas » et d’ouvrir des « voies légales pour répondre aux besoins de main-d’oeuvre de l’Europe ». En France, l’immigration étudiante est déjà, depuis 2022, le principal motif d’octroi des premiers titres de séjour. Huit ans après leur arrivée pour motif étudiant, 61 % des Algériens ont gardé un titre de séjour en France, dont les deux tiers pour motif familial. Tout cela en dit long sur l’Europe voulue par Bruxelles. Si la montée des partis dits « populistes » témoigne de la révolte des peuples contre l’immigration de masse, la technostructure européenne n’entend rien céder et poursuit son projet utopique d’UE supranationale coupée de ses racines culturelles. Une Europe qui ne serait plus une civilisation, mais une auberge mondiale.

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mardi 28 octobre 2025

Médecine : la parité à sens unique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données récentes sur les effectifs en médecine au Québec, les femmes sont désormais largement majoritaires, tant dans les études que dans la pratique.

Parmi les médecins en activité, on compte environ 25 % de femmes de plus que d’hommes. Et dans les facultés, l’écart est encore plus marqué : les étudiantes sont deux fois plus nombreuses que leurs camarades masculins.


Autrement dit, la féminisation de la médecine n’est plus une tendance, mais un fait accompli. Dans les études de médecine, près de 67 % des étudiants sont des femmes, et ce déséquilibre se répercute naturellement sur la composition du corps médical.

Pourtant, ce basculement massif se déroule dans un silence assourdissant. Où sont donc passés les défenseurs de la « parité absolue » ? Ceux-là mêmes qui dénoncent avec vigueur la moindre inégalité numérique lorsqu’elle penche en faveur des hommes semblent bien discrets, cette fois.

Car si ces chiffres avaient été inversés, si deux tiers des étudiants en médecine étaient des hommes, on peut parier que les plateaux de télévision et les tribunes militantes auraient crié à l’injustice, au patriarcat, à la domination masculine, que des bourses spéciales seraient distribuées à des filles pour étudier en médecine.  Mais lorsque l’écart joue dans l’autre sens, c’est le calme plat.

Cette asymétrie de réaction interroge. Pourquoi la sous-représentation féminine en politique ou dans les conseils d’administration suscite-t-elle une indignation légitime, tandis que la sous-représentation masculine dans les facultés de médecine semble ne choquer personne ? La parité serait-elle à géométrie variable ?













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Université de Waterloo : chaire en mathématiques, hommes interdits de postuler

Canada — Administration centrale fédérale : 33 361 embauches en 2022-2023, 61 % de femmes et 31,3 % de non blancs

L’État se féminise et se « diversifie » (m à j) [Les femmes comptaient pour 59,5 % de l’effectif régulier de la fonction publique québécoise en mars 2021, comparativement à 58,6 % en mars 2017 et 55,6 % en 2007.]
 

UQAM : des hommes blancs refusés au nom de la diversité 

Trudeau a dépensé 11 milliards $ sur des programmes « de genre » à l'étranger au cours de son mandat

Les jeunes femmes plus de gauche car plus exposées aux discours de gauche sur internet, à l'université ?

Australie — Recrutement sur base de CV anonymisés augmente nombre d'hommes blancs sélectionnés

Unilinguisme et féminisme — Peu de femmes dans les usines parce « manufacture » fait penser à « man »

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Québec — 70 % des médecins seraient bientôt des femmes, « une bonne nouvelle »

Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gauche

Elon Musk lance Grokipedia pour concurrencer Wikipédia qu’il juge trop connotée à gaucheElon Musk a d’ailleurs promis l'arrivée prochaine d'une version 1.0, «dix fois meilleure» que la 0.1, et qui est déjà «meilleure que Wikipédia». Elon Musk a rendu public, ce lundi 27 octobre, Grokipedia, une nouvelle encyclopédie en ligne gratuite générée par une intelligence artificielle. 

Le but : concurrencer et être une alternative à Wikipédia, dont le multimilliardaire remet en cause la fiabilité.Elon Musk défie Wikipédia. L’homme le plus riche du monde et son entreprise xAI ont mis en ligne, ce lundi 27 octobre, Grokipedia, une encyclopédie numérique se présentant comme le concurrent de Wikipédia, accusée de biais idéologiques par une partie des républicains aux États-Unis. Son but : «La vérité, toute la vérité, rien que la vérité», a affirmé le patron de Tesla et SpaceX, sur 𝕏.

Cette nouvelle encyclopédie numérique, accessible librement en ligne, comptait déjà ce lundi soir plus de 885.000 définitions pour sa première version numérotée 0.1. Elon Musk a d’ailleurs promis l'arrivée prochaine d'une version 1.0, «dix fois meilleure» que la 0.1, et qui est déjà «meilleure que Wikipédia».

Des propos qui vont dans la lignée de sa pensée puisque ce dernier critique depuis plusieurs années la plate-forme encyclopédique de Wikipédia, qu’il accuse d’être «contrôlée par des activistes d’extrême gauche». 

Deux façons de faire différentes, pour des récits parfois contrastés

Créée en 2001, Wikipédia est une encyclopédie collaborative gérée par des bénévoles, largement financée par des dons, et dont les pages peuvent être écrites ou modifiées par les internautes. Le contenu de Grokipedia est, lui, généré par son assistant d'IA générative Grok. Au-delà de cette différence de fonctionnement, de nombreuses discordances et de versions des faits ont pu être observées entre les deux encyclopédies en ligne. Par exemple, concernant le mouvement Black Lives Matter, Grokipedia écrit qu’il a «mobilisé des millions de personnes», avant d’ajouter que «ces manifestations ont entraîné des émeutes, (...) les plus coûteuses de l'histoire des assurances pour les dommages aux biens». Quant à elle, l’encyclopédie en ligne la plus consultée au monde mentionne le fait que «la grande majorité des manifestations de 2020 se sont déroulées dans le calme».


Et lorsque l’encyclopédie d’Elon Musk parle de son concurrent, elle est décrite comme un outil ayant «reçu des critiques persistantes concernant la fiabilité des faits, et les biais idéologiques systémiques, en particulier une orientation à gauche dans la couverture des personnalités et des sujets politiques», rapporte Le Point.En retour, la page consacrée à Grokipédia sur Wikipédia indique que «certains contenus reflètent les opinions personnelles d’Elon Musk, proches du conservatisme, de l’extrême droite, du conspirationnisme et de l’idéologie libertarienne».

Grokipedia séduit une partie de la droite 

Avant le lancement de sa plate-forme, Elon Musk expliquait vouloir «redoubler d'efforts pour éliminer la propagande» qui inonderait, d'après lui, Wikipédia. Une démarche applaudie et saluée par plusieurs personnalités de droite, notamment par l'idéologue ultranationaliste russe Alexandre Douguine, qualifiant l'article de Grokipedia le concernant de «neutre», «objectif» et «juste», alors que celui de Wikipédia est, selon lui, «diffamatoire».Toujours dans cette critique à Wikipédia, Ed Martin, l’ancien procureur fédéral de Washington désigné par Donald Trump, avait dénoncé en avril «la manipulation de l’information» dont Wikipédia se rendait coupable. Selon lui, la plate-forme cherchait à «masquer la propagande». 

Grokipedia n’est pas  une encyclopédie neutre

Elle est générée par Grok (l'IA de 𝕏), entraîné sur des données massives incluant 𝕏, qui penche à droite depuis 2022. Résultat : des formulations plus conservatrices sur des sujets clivants (BLM, climat, Trump, etc.). Ce n’est pas de la « vérité absolue », c’est une autre synthèse, avec ses propres angles morts.

Wikipédia n’est pas non plus neutre

Les bénévoles sont majoritairement urbains, éduqués, progressistes. Cela se voit sur les sujets culturels ou identitaires. Mais son processus (sources citées, discussions publiques, vérifiabilité) reste plus transparent que l’IA boîte noire.


La promesse de Musk est ambitieuse, mais prématurée

Dire que la v0.1 est « meilleure que Wikipédia » est du marketing. Elle a des avantages (rapidité, absence de guerres d’édition), mais aussi des faiblesses flagrantes :  
  • Pas de sources citées (juste du texte généré).  
  • Erreurs factuelles possibles (ex. : un article sur un événement récent peut halluciner).  
  • Pas d’images;
  • pas de version en français et autres langues du monde;
  • La v1.0 promise « dix fois meilleure » arrivera sans doute en 2026, mais il faudra des sources, des références, et un vrai contrôle humain pour être crédible.

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La face cachée de Wikipédia - Enquête sur les dérives de l’encyclopédie libre

L'usage de certains services s'effondre devant la concurrence des nouvelles IA

Wikipédia, des militants y manipulent

Les activistes de la cause transgenre et de l’ultraféminisme ont pris une place considérable dans Wikipédia, instances dirigeantes comprises

Elon Musk contre Wikipédia, jugé trop « wokiste » : Idiopédia/Bitopédia/Wokopédia

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé (vidéo + exemples de parti-pris)

Article de Larry Sanger sur la partialité croissante de Wikipédia avec exemples (en anglais)

Wikipédia et le gouvernement britannique auraient décidé de censurer le débat sur le climat

Co-fondateur de Wikipédia : je ne fais plus confiance au site que j’ai créé

Wikipédia et les GAFAM : parti pris et désinformation sur le « grand remplacement »

Le cas de Bret Weinstein (PhD en biologie, ancien professeur d’Evergreen college) et de l’article qui lui est consacré sur Wikipédia 

 





Les Québécoises ont moins d’enfants qu’elles le désirent, que fait le gouvernement ?

S’il réduit l’immigration au nom de la protection du français, Québec doit stimuler la natalité, plaident des experts. Pour éviter le déclin démographique, le gouvernement devrait encourager les Québécoises qui désirent de grandes familles à avoir autant d’enfants qu’elles le veulent. 

François Legault se dirige vers une baisse des seuils d’immigration. Pendant ce temps, la fécondité atteint un creux historique au Québec, à 1,33 enfant par femme.

Selon le professeur de droit Guillaume Rousseau, si on débat d’immigration par peur du déclin du français, on ne peut occulter l’autre composante de la démographie: les naissances.

Guillaume Rousseau, avocat,
professeur de droit à
l’Université de Sherbrooke et
directeur scientifique de
l’Institut de recherche sur le Québec.
 

«Si on diminue l’immigration, il faudrait hausser la natalité si on veut éviter une diminution de la population», plaide-t-il, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Mais attention: il n’est pas ici question d’inciter les femmes à vouloir plus de bébés.

« L’objectif, ce serait que le nombre d’enfants conçus rattrape le nombre d’enfants voulus, (...) mettre en place des conditions qui permettent [aux femmes] d’avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent. »

Désirs de grandes tablées

Une étude de l’institut Cardus, dévoilée il y a quelques semaines à peine, met en lumière le fossé qui existe entre le rêve et la réalité chez les Canadiennes et Québécoises en matière de famille. 

La moitié des femmes ont moins de bambins qu’elles en voudraient. Malgré le faible taux de natalité (1,33), elles désirent pourtant avoir deux bébés et plus (entre 2 et 2,4 bébés selon leur âge).

« Les données nous montrent qu’il y a beaucoup de familles qui ne réussissent pas à combler leur désir de fécondité », constate elle aussi Sophie Mathieu, professeure à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et spécialiste des politiques familiales.

Elle y voit une occasion en or pour le gouvernement de François Legault de stimuler la natalité, lui qui n’a pas fait des familles une de ses priorités. «Il faudrait un changement au niveau de la volonté politique», insiste-t-elle.

L’universitaire rappelle qu’une baisse significative de la fécondité observée à la fin des années 1980 avait convaincu les autorités d’agir. Le Québec avait adopté des incitatifs aux naissances – des «bébés bonus» –, des chèques pour chaque naissance, dont le montant augmentait considérablement à partir du troisième rejeton.

Angle mort du gouvernement

«Mais là, on n’entend pas du tout parler [de la chute de natalité], alors que c’est assez préoccupant, surtout quand on regarde parallèlement à ça les données sur le fait que le français au Québec est en perte de vitesse.»

Pour encourager des comportements, il faut souvent des incitatifs financiers qui se traduisent par un impact concret dans le portefeuille. Mais ce n’est pas suffisant. Il doit aussi y avoir un discours politique, une «ambiance» favorable à la famille, qui doit être davantage valorisée dans la société, croit le professeur Rousseau.

«Si on avait un débat là-dessus, puis une espèce de consensus transpartisan sur l’intérêt collectif d’avoir ça, est-ce que ça ne pourrait pas changer les comportements?»

Voici quelques pistes de solutions

Profiter du surplus record au fonds d’assurance parentale

Moins de bébés, moins de prestations versées par l’État! La cagnotte du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) atteint 896 millions $ cette année, un record, révèlent les plus récentes données. Une occasion de bonifier le programme afin que les parents puissent compter sur des congés payés jusqu’à l’obtention d’une place en garderie pour leur enfant, croit le professeur Guillaume Rousseau. Sophie Mathieu signale que le RQAP peut paraître généreux comparativement au reste du Canada ou aux États-Unis, mais pas lorsqu’on regarde vers l’Europe. «Les pays où la conciliation emploi-famille est la mieux soutenue sont les pays où la fécondité chute le moins», renchérit l’universitaire, citant les exemples de la Suède ou l’Islande. Dans ces deux endroits, «la fécondité n’a pas chuté de la même façon, et dans ces pays-là, la venue d’un enfant est moins associée à une perte de revenus à long terme». En Suède, les parents peuvent utiliser les prestations jusqu’à ce que leurs bambins aient atteint l’âge de 12 ans. Ils peuvent par exemple s’en servir lors d’un épisode de gastro à l’école.

Plus de places en garderie

Et si les parents québécois peuvent bénéficier d’au maximum une année de congés payés lors de la naissance d’un enfant, le manque de places en garderie complique souvent le retour des parents sur le marché du travail. Une réalité qui en rebute plusieurs à réaliser leur rêve de grande famille, plaide Sophie Mathieu. Mère de trois enfants, la professeure est personnellement passée par là. Elle était «très insatisfaite» de la qualité des soins accordés à ses petits, un angle mort de la CAQ. «Si on en parle pourtant si peu, c’est parce que les familles ne font plus partie de la préoccupation centrale du gouvernement actuel, déplore-t-elle. Il y a moins 30 000 familles qui sont en attente d'un service de garde ou d'un meilleur service de garde, il y a des mères qui sont à bout de souffle, des papas qui sont à bout de souffle!»

La gratuité pour les parents-étudiants?

Tendance lourde ces dernières années, les Québécoises donnent désormais naissance à leur progéniture à un âge plus avancé. L’âge moyen des femmes à la maternité est passé de 27,4 ans en 1980 à 31,3 ans en 2023 au Québec. Une réalité qui contribue possiblement à la baisse de la natalité. «Quand on a un premier enfant à 30 ou 35 ans, c’est plus difficile d’avoir un deuxième, puis un troisième, que lorsqu’on a le premier à 22 ans», illustre Guillaume Rousseau. De plus en plus de femmes font des études universitaires, notamment à la maîtrise ou au doctorat. Selon le professeur de droit, on se doit d’agir à ce niveau. «Est-ce que ça prendrait la gratuité des frais de scolarité pour les jeunes parents?» suggère-t-il.

«RAPper» sa deuxième maison

Devenir propriétaire relève pratiquement de l’exploit pour la génération actuelle de jeunes, alors que le prix médian d’une maison unifamiliale au Québec a explosé de 76% depuis cinq ans. L’accès d’autant plus difficile à un domicile suffisamment grand pour accueillir plusieurs bambins freine le désir des couples d’avoir une famille nombreuse, souligne le professeur Guillaume Rousseau. «L’enjeu, ce n’est pas la première maison, c’est la deuxième qui vient avec le deuxième puis le troisième enfant.» Il souligne que plusieurs politiques publiques existent pour une première hypothèque, mais pas pour l’achat d’une seconde résidence. «On devrait pouvoir “RAPper” puis avoir le CELIAPP [Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété] pour la deuxième ou la troisième maison, quand elle est liée à un enfant né ou à naître.»

Taux de fécondité au Québec à travers le temps

1970: 2,09 [voilà donc 55 ans que le Québec ne fait plus assez d'enfants pour remplacer ses générations]
1987: 1,36
2000: 1,45
2008: 1,73
2024: 1,33

Source: Institut de la statistique du Québec


Démographie du Québec

La population du Québec estimée au 1er janvier 2024: 8 984 900
Elle a augmenté de près de 218 000 habitants au cours de l’année 2023, ce qui correspond à un taux d’accroissement démographique de 2,45%, un record.

L’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, n’a été que de 400 personnes.

L’accroissement dû aux migrations internationales et interprovinciales a été de 217 600 personnes.

Source: Institut de la statistique du Québec


États financiers du Fonds d’assurance parentale

2024: surplus de 896 millions $
2020: surplus de 511 millions $
2015: déficit de 270 millions $
2014: déficit de 358 millions $
2010: déficit de 591 millions $

Source: Rapports annuels du Fonds d’assurance parentale 2010-2024


 Source : TVA

 

 

Argentine, forte victoire de Javier Milei


La victoire a finalement été écrasante. Le parti du président Javier Milei, Liberté Avance (LLA), a remporté les élections de mi-mandat en Argentine avec près de 41 % des voix. L'opposition péroniste, comprenant le principal parti et ses alliés régionaux, a terminé avec neuf points de retard (32 %). LLA a même remporté la province de Buenos Aires, où il avait perdu les élections provinciales avec 14 points de retard le mois dernier. Cette victoire retentissante a largement dépassé les attentes des sondeurs et des marchés, qui tablaient sur un match nul ou peut-être une victoire modeste pour M. Milei. « Aujourd'hui, nous franchissons un tournant », a déclaré le président à une foule en liesse le soir des élections. « Aujourd'hui commence la construction d'une grande Argentine. »