vendredi 12 avril 2013

Affaire Gosnell : l'absence des médias. Pourtant quand ça saigne, ça baigne, non ?

Quand ça saigne, ça baigne.

Il y a un dicton que les médias apprécient: si le sang coule, le sujet sera porteur; plus les images seront spectaculaires, plus grandes seront les chances de faire la une.

Or l'affaire Gosnell baigne dans le sang et l'horreur... Et pourtant, non seulement les gros médias francophones n'en ont pas du tout parlé, mais même les médias anglophones couvrent très peu ce scandale.

Voici les bancs réservés à la presse ce jeudi dans la salle (304) où se tient le procès Gosnell à Philadelphie :



Photo de JD Mullane, chroniqueur pour le Bucks County Courier Times.

Étonnement de ce désintérêt dans la blogosphère américaine.


Documentaire en anglais sur l'affaire Gosnell :

Où l'on apprend que les salons de coiffure ou de manucure seraient plus surveillés que la « clinique de santé féminine » du Dr Gosnell. Au fil des ans, plusieurs plaintes avaient été déposées contre l'avortoir (morts suspectes, utérus perforé, etc.), ni l'État de Pennsylvanie ni la Ville n'ont enquêté... Voir le rapport du Grand Jury (chercher le mot « inaction »). Le pot aux roses  fut découvert à la suite d'une perquisition pour vente illégale de drogues de synthèse (Oxycodone). 

Autre mort suite à avortement tardif passée sous silence

Jennifer Morbelli,
victime des suites
d'un avortement tardif
On apprend par ailleurs que, plus tôt cette année, une enseignante de maternelle de 29 ans est morte quand l'avortement de son enfant à naître « a mal tourné ». La femme aurait été enceinte de 33 semaines. Et le médecin qui a pratiqué cet avortement, soit deux mois après la limite légale de 24 semaines, était le célèbre, très célèbre aux États-Unis, docteur Leroy Carhart. Dr Carhart est ce bonhomme qui s'est bravement battu contre les interdictions du Nebraska et du gouvernement fédéral contre « les prétendus » « avortements par naissance partielle ». Les guillemets-épouvantail sont obligatoires. Carhart a ouvert une succursale dans le Maryland il y a quelques années afin de partager sa spécialité — tuer des bébés bien après le moment où ils pourraient vivre séparés de leur mère — avec une population plus diverse, plus nombreuse que dans son Mid-Ouest natal.

Personne dans les médias traditionnels n'a pleuré la mort de cette femme, mais une chroniqueuse du Washington Post n'a pas craint de dénoncer l'indicible intrusion dans la vie privée dont a été victime la défunte quand des militants pro-vie ont exprimé leurs inquiétudes après son décès : « Les manifestants exploitent la mort de cette femme et font comprendre aux autres femmes que leur vie privée n'est jamais vraiment protégée quand elles considèrent une IVG. » Surtout la vie privée des femmes décédées des suites d'un avortement tardif bâclé...?

On comprend mieux le silence de la classe médiatique dans le cas de l'avortoir Gosnell : il faut respecter la vie privée des mères et des enfants morts ?

#gosnell en tête de Twitter

Entre-temps, sur les médias sociaux #gosnell est le premier mot-croisillon de Twitter ce soir au Canada et aux États-Unis et l'image de Kermit Gosnell est la plus populaire parmi les gazouilleurs.











« Nous ne savons plus ce qui devrait être à la une »

Face à cet intérêt, la chroniqueuse d'USA Today, Kirsten Powers, titre « Nous avons oublié ce qui devrait faire la une ».

Un des employés de la clinique a déclaré au procès : « Il pleuvait des fœtus. Il y avait des fœtus et du sang partout. C'était à proprement parler des décapitations. On séparait le cerveau du corps » pour décrire ensuite l’insalubrité des lieux et les avortements bâclés. Il aurait été témoin d'une centaine de bébés  nés vivants et que l'on aurait tué en sectionnant la moelle épinière dans la nuque. » Que titre l'agence de presse AP dans une dépêche décrivant ce témoignage ? « Employé décrit chaos dans une clinique IVG en Pennsylvanie »... Comme le souligne Kirsten Powers, le chaos n'est pas l'élément principal, c'est plutôt le fait tuer des enfants nés.

Une recherche dans Lexis-Nexis révèle qu'aucun des trois grands réseaux de télévision américains n'a mentionné le procès Gosnell au cours des trois derniers mois. Il n'y a qu'une exception lorsque la chroniqueuse Peggy Noonan du Wall Street Journal a détourné pendant quelques instants l'émission de Meet the Press qui devait être consacrée à l'indignation soulevée par une loi anti-avortement dans quelque État républicain rétrograde.

Le Washington Post n'a pas publié aucun reportage de ses journalistes sur le sujet pendant le procès et le New York Times n'a jugé bon que de produire un article original sur le sujet à la page A-17 le premier jour du procès. Ils ont gardé le silence depuis, malgré des témoignages dignes des manchettes.

Pour la chroniqueuse d'USA Today, « Nul besoin d'être contre l'avortement pour trouver l'avortement par naissance partielle odieux ou pour trouver le procès Gosnell éminemment digne d'intérêt. Il ne s'agit pas  d'être « pro-choix » ou « pro-vie ». Il s'agit de droits fondamentaux. Le silence assourdissant de trop de médias, naguère une force pour la justice en Amérique, est une honte. »




Ci-dessous, augmentation fulgurante à partir du 10 avril des mentions à Gosnell sur Twitter :


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Robert Ménard sur l'instinct grégaire bien-pensant des journalistes


Inadéquation des diplômés et des emplois disponibles : 31,5 % des travailleurs montréalais « surqualifiés »

Deux chercheurs du CIRANO ont étudié le taux d'adéquation des emploi et des diplômés qui les occupent dans la région montréalaise. Selon leurs conclusions, 31,5 % des travailleurs de la région de Montréal sont surqualifiés pour le poste qu'ils occupent. Autrement dit, près d'un employé sur trois a reçu une formation qui lui est peu ou pas utile, que ce soit au cégep, à l'université, au secondaire ou dans une école de métier. Cette proportion est légèrement plus basse à Toronto (29,2 %) et à Vancouver (29,3 %).

Leurs résultats renforcent les analyses du gouvernement fédéral au dernier budget, selon qui il faut mieux arrimer la formation au marché du travail dans le contexte appréhendé de pénurie de main-d'oeuvre.

Pour obtenir leurs résultats, les deux chercheurs ont utilisé des données de Statistique Canada. À défaut d'avoir les données détaillées du recensement de 2011 — pas encore disponibles —, ils ont dû se contenter de celui de 2006. Toutefois, leurs résultats globaux sont corroborés par l'enquête sur la population active de 2011. Leur analyse fait 118 pages.

Comme on s'y attendait, certaines formations ont de pires bilans que d'autres. La moitié des finissants en histoire, par exemple, ont étudié bien davantage que ne le requiert leur emploi. Même constat pour les diplômés en sciences sociales ou en philosophie, dont le taux de surqualification en emploi est de 53% et 41 %.

Ces diplômés se retrouvent parfois caissiers (caissières) dans un supermarché ou serveurs (serveuses) dans un restaurant. De fait, le taux de caissiers surqualifiés serait de 100%, selon l'étude, tandis que celui des serveurs est de 52 %.

Toujours selon l'étude, 13 % des diplômés universitaires (baccalauréat, maîtrise, doctorat) occupent un emploi qui ne requiert qu'un diplôme du secondaire.

Plusieurs études le confirment: la correspondance formation-emploi augmente la satisfaction et le bien-être des travailleurs et le niveau de leurs salaires. Pour les entreprises, elle diminue le taux de roulement et les besoins de formation et augmente la productivité.

La conclusion la plus frappante des chercheurs a trait à la surqualification des diplômés des écoles de métier. Globalement, 47 % de ces diplômés finissent par occuper un emploi pour lequel ils sont surqualifiés. « Plusieurs sortent de ces écoles, mais n'ont pas d'emplois dans leur domaine. Les écoles admettent peut-être davantage les élèves en fonction des places et des profs disponibles que de la demande réelle du marché », croit Claude Montmarquette, dont l'étude n'a toutefois pas validé ce constat sur le terrain.

Les données de l'étude font par ailleurs ressortir que les femmes suivent davantage des études qui ne correspondent pas au marché de l'emploi (33,4 % contre 29,5 % pour les hommes). Il en va de même des minorités visibles (46 % pour les noirs et les latino-américains, par exemple). Selon le CIRANO et la Presse, ces données illustrent la discrimination et non pas l'attrait vers des études peut-être plus intéressantes, plus faciles, mais à moindres débouchés.

L'inadéquation des études par rapport au marché est un phénomène trop répandu. Le sujet est préoccupant quand on sait qu'au Canada, les dépenses en éducation représentent 6,5% du produit intérieur brut (PIB), bien davantage que la moyenne des pays de l'OCDE (5,7%).

Ce n'est pas à l'État de dicter les choix des individus. En cette matière, l'État n'est pas un bon prédicteur des emplois d'avenir. Toutefois, les politiques gouvernementales ne doivent pas encourager la surqualification. À cet égard, financer les universités en fonction du nombre d'étudiants, par exemple, les incite probablement à attirer trop d'étudiants dans un trop grand nombre de secteurs peu en demande.



Taux de surqualification au travail (proportion de gens dont la formation excède les besoins pour le poste occupé)

Selon le poste


Secrétaires 6,8 %

Personnel technique, santé 11,4 %

Vendeurs 54,8 %

Caissiers 100,0 %

Selon le secteur

Construction 23,4 %

Finance et assurance 27,4 %

Commerce de détail 48,4 %

Hébergement et restauration 52,3 %

Selon le diplôme

Sciences physiques 27,1 %

Math. et statistiques 29,9 %

Philosophie et religion 40,8 %

Histoire 49,0 %

Sciences sociales 52,7 %

Arts et sciences 58,5 %

Moyenne 31,5 %

Sources : CIRANO et La Presse.

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jeudi 11 avril 2013

Hausse des taxes scolaires dans presque tout le Québec

D'ici trois mois, des centaines de milliers de propriétaires québécois devraient subir des hausses de taxes scolaires. Celles-ci serviront à combler un trou de 200 millions de dollars que Québec a imposé au réseau scolaire, en novembre dernier.

À titre d'exemple, les propriétaires de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, vont recevoir un avis d'imposition majoré de 25 %. Ce montant représente environ 140 $ de plus par année pour une maison de 220 000 $.

Andrée Bouchard, présidente de la Commission scolaire des Hautes-Rivières indique que la commission scolaire n'a pas le choix, et que la décision vient d'en haut.

« On veut que les citoyens sachent que c'est une décision du gouvernement québécois qui nous force à traiter ça de cette façon-là... », a-t-elle déclaré.

Source

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Un État tatillon en éducation est-ce mieux ?

Est-ce qu'il y a des preuves que les États qui sont les plus sourcilleux en matière de normes « minimales » en éducation obtiennent de meilleurs résultats ?

Pour l'instruction en famille cela ne semble pas être le cas :
« De nombreuses études ont démontré le contraire, à savoir qu'il n'existe pas de corrélation statistique entre une réglementation stricte de l'enseignement à domicile et de bons résultats scolaires des élèves soumis à cette réglementation. Dans les États où il y n'a pas ou peu de surveillance de la part de l'État quant à l'instruction à la maison, les écoliers ont d'aussi bons résultats aux tests normalisés que les élèves des États de la fédération fortement réglementés. »

C'est également l'une des conclusions d'une étude intitulée Parents and Their Children Do Well With Minimal State regulation (à la page 101). Ray a tiré la même conclusion dans au moins deux autres études : A nationwide study of home education: Family characteristics, legal matters, and student achievement (1990) et Marching to the beat of their own drum: A profile of home education research  (1992).

Qu'en est-il du besoin d'être strict pour ce qui est de la formation des enseignants ? Notons d'abord que des exigences strictes d'un diplôme d'État n'aboutissent pas nécessairement sur un enseignant qui maîtrise parfaitement la matière à enseigner. En effet, au Québec, les diplômés des « sciences de l'éducation » sont d'abord des spécialistes en « pédagogie » avant de maîtriser une matière comme l'histoire, les sciences, les mathématiques ou le latin :
« J'avais d'abord été engagé comme enseignant en latin, étant donné la rareté de personnel ainsi que le grand besoin de spécialisation pour une telle matière. On m'avait sollicité parce que j'étais détenteur d'un baccalauréat ainsi que d'une maîtrise en histoire avec spécialisation en études anciennes (latin, grec ancien, histoire, archéologie, mythologie, littérature gréco-romaines). Mais j'avais aussi une grande expérience auprès des jeunes, ayant travaillé durant plusieurs années dans des camps d'été. 
[...] 
Mais aussi compétent et apprécié soit-il, un enseignant non légalement qualifié sera toujours considéré comme inférieur par les syndicats, les commissions scolaires et surtout le ministère de l'Éducation. Pour cette raison, il vit dans une perpétuelle situation de précarité. Chaque année, en juin et parfois même en août, son poste est mis à l'encan par les commissions scolaires et les syndicats. À ce moment, tout enseignant intéressé peut revendiquer son poste. 
[...] 
J'ai ainsi perdu un emploi lorsqu'un syndicat a exigé d'un directeur qu'il trouve une personne légalement qualifiée. La tâche d'enseigner le latin a échu à un enseignant qui avait appris cette langue durant son enfance. Le fait qu'il n'avait pas retouché à cette matière durant plus de 25 ans n'était d'aucune importance. À une autre occasion, un poste que je convoitais est revenu à un jeune diplômé en enseignement. Il n'avait jamais fait de latin, mais il s'était engagé à suivre des cours à l'université: il est devenu mon étudiant, car je suis chargé de cours en latin à l'Université de Montréal ! »

Qu'en est-il aux États-Unis ?


« Il a été amplement démontré que la certification des enseignants ne garantit pas les performances de l'enseignant et ne garantit pas la qualité de l'instruction reçue par un élève. Dans l'édition de mai 1989 de la revue érudite Educational Researcher, le Dr Eric Hanushek de l'Université de Rochester a fait le bilan de 113 études sur la formation et les qualifications des enseignants. Il a trouvé que 88,5 % des études n'ont trouvé aucune corrélation positive entre le rendement scolaire de l'élève et le niveau d'éducation de l'enseignant. Seuls 7% des études ont montré un impact positif de l'éducation de l'enseignant sur ​​la performance de l'élève et 4,5 % ont même trouvé un impact négatif.

Dans l'affaire Sheridan Road II, le juge Riley a fait remarquer que le témoin convoqué par l'État, le Dr Lanier, avait témoigné qu'elle ne connaissait aucune preuve empirique établissant une corrélation entre le respect des règles de certification administratives et les compétences des enseignants ou l'apprentissage des élèves. Par ailleurs, un autre témoin expert, le Dr Erickson a déclaré que des recherches approfondies ont établi qu'il n'existait aucune corrélation significative entre la certification des enseignants et la compétence de ceux-ci ou  un bon apprentissage des élèves. Il a également déclaré que l'évaluation des élèves est une méthode de loin supérieure pour déterminer l'efficacité des enseignants [que la certification de ceux-ci]. »

Ce carnet n'est bien sûr pas contre une bonne formation dans des matières dures comme les sciences, les mathématiques ou les langues étrangères ou mortes, plus particulièrement pour les enseignants du secondaire, ni d'une modeste formation à la tenue de classe par exemple. Cependant cela ne veut pas dire qu'une longue formation en psychopédagogie soit préférable à ces diplômes, ni même que des diplômes garantissent que les élèves seront bien instruits.



Goldhaber résume l'état de la recherche :

« 8,5 pour cent de la variation dans le rendement des élèves s'expliquent par les caractéristiques des enseignants. Nous avons constaté que la grande majorité (environ 60 pour cent) des différences dans les résultats aux tests des élèves s'explique par caractéristiques individuelles et familiales.

Il a été constaté que toutes les influences liées à l'école, y compris les celles liées à l'établissement choisi, aux enseignants et à la classe fréquentée, à la fois mesurable et intangibles, n'étaient responsables que d'environ 21 pour cent de la variation du rendement des élèves. Ces 21 pour cent sont principalement dus à des facteurs qui n'étaient pas directement mesurés dans les études. [...] 
Seuls 3 pour cent de la contribution des enseignants à l'apprentissage des élèves étaient associées à l'expérience des enseignants, leur diplôme, et d'autres caractéristiques facilement observables. Les autres 97 pour cent de leur contribution est liée à des qualités ou à des comportements qui n'ont pas pu être isolés et identifiés » comme l'enthousiasme ou la faculté à transmettre des connaissances.

Voir aussi

Joseph Facal et la dérive de l'éducation au Québec





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France — Les deux mesures les plus impopulaires : le mariage homo et réforme des rythmes scolaires



Sondage BVA 11 avril 2013


L’instauration du droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels rallie désormais 55 % des Français (43 % sont en revanche pour ce « mariage pour tous »).

La réforme des rythmes scolaires est opposée par encore plus de Français (58 %). Près d'un élève sur quatre adoptera les nouveaux rythmes scolaires:  semaine de 4½ jours, journées réduites en moyenne de 45 minutes, trois heures par semaine d'activités péri-éducatives à la charge des communes.








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Un écolier sur deux serait en retard d'apprentissage à Québec

Selon la station de radio québécoise FM 93, tout près de la moitié d'écoliers du primaire de la région de Québec ont de gros retards d'apprentissage.

D'après des données obtenues des enseignants de 10 écoles primaires des commissions scolaires de la Capitale et des Seigneuries, 47 % des 2790 élèves concernés — de la maternelle à la 6e année — ne peuvent être considérés comme « réguliers ».

Ce sont des enfants qui avancent dans le système scolaire sans maîtriser les connaissances des niveaux précédents.

Le président du Syndicat de l'enseignement de la région de Québec (SERQ), Denis Simard, affirme que les professeurs sont à bout de souffle et qu'il est urgent de réagir.


Le président du SERQ affirme que la priorité devrait être de fournir le plus tôt possible, en maternelle ou en première année, les services d'appoint aux élèves chez qui on aura détecté des faiblesses.

M. Simard ajoute que les capacités de lecture sont fondamentales et qu'on ne devrait pas laisser poursuivre son cheminement scolaire à un élève qui ne sait pas lire.

La ministre de l'Éducation du Québec, Marie Malavoy, n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue du FM93 (Cogeco Nouvelles).


Exemples de situations dans certaines classes

En 6e année, l’enseignante enseigne l’accord des verbes, l’élève n’est pas capable de le faire, car il ne sait pas ce qu’est un verbe (objectif de 2-3e année).

Certaines élèves de 5e-6e ont des difficultés en lecture et ne sont pas capables de lire sans arrêter sur chaque mot pour le décoder (ce qui fait perdre le sens de la phrase). Ce qu’ils sont capables de lire c’est des livrets de lecture de 1re ou 2e année. Mais les textes ne sont pas accrocheurs pour eux.

Un élève de 6e année n’a pas acquis la majuscule et le point (objectif de 2e année). L’élève fait un texte qui commence par une majuscule et se termine à la fin par un point. Pas de phrase, de virgule, on imagine la structure du texte.

Certains élèves ont besoin de 2, 3 et même 4 fois plus de temps pour réaliser un travail. Cela se produirait à tous les niveaux.

En 6e année, les élèves doivent arrondir des nombres. Pour aider l’élève qui doit arrondir à la dizaine le nombre 127 (exemple) , l’enseignante lui demande : Est-ce que 7 est supérieur ou inférieur à 5. L’élève était incapable de répondre.

En 6e année, les élèves doivent travailler les fractions, mais certains ne maîtrisent pas la multiplication, alors il est impossible de faire des équivalences de fraction.

Plus on avance dans les années du primaire et plus les élèves doivent être capables de calculer de façon abstraite (dans leur tête) . En 5e-6e année, certains on encore besoin d’un matériel concret pour compter (additions, soustractions, multiplications).





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La maternelle à quatre ans en milieu défavorisé critiquée

À l'optimisme prudent du milieu scolaire et à la levée de boucliers des associations de CPE succède l'inquiétude des chercheurs universitaires en ce qui a trait à l'implantation de la maternelle quatre ans à temps plein en milieu défavorisé.

En septembre, aux quatre coins du Québec, ils devraient être environ 1200 bouts de chou de quatre ans à franchir les portes d'une école pour y passer la journée entière en compagnie de 14 à 17 autres camarades de classe et d'un enseignant. Ce qui se déroulera entre les murs de ces salles de classe préoccupe des observateurs du milieu de la petite enfance, dont certains se réuniront vendredi et samedi au Rendez-vous CSQ de la petite enfance, à Longueuil.

Tandis que professeurs, penseurs et éducateurs se demandent si la qualité des services sera au rendez-vous et si la mesure aura l'effet escompté - prévenir le décrochage scolaire -, d'autres craignent carrément un effet de ghettoïsation. Suite de la dépêche de la Presse Canadienne.


Renforcer les familles ou augmenter la place de l'État dans l'éducation des jeunes enfants ?

Évidemment, personne ne cherche à valoriser la famille intacte comme lieu d'éducation optimale des jeunes enfants. Trop rétrograde.

Dans un article de RealClearPolitics, le chroniqueur conservateur Rich Lowry s’est exprimé sur l'objection de la gauche à l’éducation et l’instruction des enfants par leurs parents : « En tant qu'ultime institution privée, la famille est un obstacle tenace au grand effort collectif. Dans la mesure où les gens s’investissent dans leurs propres familles, ils résistent à l'État et privilégient leurs propres enfants par rapport aux autres enfants. »

« À vrai dire, ajoute Lowry, les parents sont l'une des sources les plus incorrigibles d’inégalité sociale. Si vous avez deux parents qui restent mariés et s’investissent dans votre éducation, vous avez tiré le bon numéro dans la loterie de la vie. Vous allez bénéficier d’innombrables avantages dont sont privés les enfants moins chanceux. »

« Le fait que famille est tellement essentielle pour le bien-être des enfants doit être une source constante de frustration pour les égalitaristes étatistes, un rappel constant des limites de leur pouvoir », a poursuivi Lowry. « Si la gauche veut s’assurer que l’investissement dans les enfants soit équitable là où il importe le plus, elle devrait promouvoir l’idée de famille intacte et de parents dévoués, même si cela signifie qu’elle devra alors défendre une conception scandaleusement surannée de l’éducation des enfants. »


Voir aussi

Une pensée collectiviste des enfants et de l'éducation

La séparation des parents freine la réussite scolaire des enfants

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école





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mercredi 10 avril 2013

La séparation des parents freine la réussite scolaire des enfants

Quand leurs parents se sont séparés dans les deux ans précédant leur entrée à l'école, les enfants sont plus susceptibles d'en arracher à la maternelle.

C'est l'une des conclusions d'une étude de l'Institut de la statistique du Québec parue hier, qui s'appuie sur une cohorte de 2120 enfants québécois suivis de l'âge de 5 mois à 4 ans.

L'institut a passé en revue divers facteurs pouvant influer sur le degré de préparation des enfants à l'école.

Comme le souligne l'auteure Hélène Desrosiers, on aurait tendance à croire que les difficultés scolaires d'enfants de parents séparés s'expliquent par une « vulnérabilité sur le plan affectif ». Ça ne semble pas être le cas, du moins pas directement.

Il semble que c'est plutôt sur les plans cognitif et de l'acquisition de connaissances que ces enfants sont moins bien préparés à la maternelle.

L'étude avance que les parents séparés « consacrent une partie de leur temps et énergie à la réorganisation de la vie sur les plans matériel, financier, etc. » et que, dans le tourbillon, ils ont peut-être moins de temps pour stimuler leur enfant, du moins à court terme.

Cela dit, « il est aussi possible que les changements qui accompagnent la séparation poussent certains enfants à être moins réceptifs aux apprentissages scolaires », peut-on lire.

Source

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Les enfants instruits à la maison aux États-Unis réussissent mieux que ceux des écoles publiques

Deux fois plus de dépression chez les femmes qu'il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants de familles nanties

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Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l'obésité de leurs enfants

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Silence médiatique embarrassé autour d'un avortoir...

Voir aussi mise à jour du vendredi 12 avril 2013

Billet du mercredi 10 avril 2013

Il y a deux ans nous nous étonnions déjà du silence médiatique autour d'une affaire judiciaire aux États-Unis qui versait dans l'horreur. Rien dans la presse francophone qui n'hésite cependant pas à parler des faits divers les plus sordides aux États-Unis.

Deux ans plus tard, alors que le procès est en cours depuis plusieurs semaines, toujours rien en français sur Google Actualités.

De quoi s'agit-il ?

Une mère morte, au moins sept enfants nés tués

Kermit Gosnell (ci-contre), un médecin américain pratiquant des avortements, a été inculpé mercredi 19 janvier 2011 pour les meurtres d'une femme et de sept bébés tués après leur naissance, alors qu'ils respiraient et bougeaient.

« Il exécutait régulièrement des avortements au-delà de la limite légale de 24 semaines. En conséquence, des bébés viables sont nés. Gosnell les a tués en plongeant des ciseaux dans leur moelle épinière », a indiqué le bureau du procureur de Philadelphie. Le Dr Gosnell avait « appris à ses employés à faire comme lui », a-t-il encore indiqué.

La femme concernée par la procédure est décédée d'une crise cardiaque provoquée par des narcotiques qui lui avaient été administrés dans le cadre d'un avortement tardif.

Le Dr Kermit Gosnell, âgé de 72 ans aujourd'hui, a gagné des millions de dollars au cours des 30 dernières années en effectuant le plus d'avortements qu'il pouvait, dont de nombreux avortements tardifs et illégaux.

D'autres victimes

Depuis cette condamnation d'autres victimes de M. Gosnell l'accusent publiquement.

Robyn Reid, âgée de 15 ans, ne voulait pas se faire avorter. Mais quand sa grand-mère l'a emmenée de force à une clinique d'avortements un jour d'hiver 1998, Reid a pensé qu'il suffirait qu'elle dise au médecin qu'elle ne voulait pas avorter et puis filer.

Au lieu de quoi, Kermit Gosnell aboya : « Je n'ai pas de temps pour cela ! » Il a ensuite arraché ses vêtements, lui a donné une fessée, l'a jetée sur une civière sale, lui a attaché les bras et les jambes, lui a injecté des sédatifs jusqu'à ce qu'elle cesse de crier et perde conscience, a-t-elle déclaré au Philadelphia Daily News le 21 janvier 2011.

Nicole Gaither s'est fait avorter par Gosnell en 2001. Après quatre jours, la douleur post-opératoire était si intense qu'elle pouvait à peine marcher. Elle serait retournée à la clinique, où Gosnell insouciant lui aurait déclaré qu'il avait oublié des restes fœtaux en elle.

« Allons, levez-vous ! Ça ne fait pas si mal que cela ! » avant de procéder — sans aucune anesthésie — à une aspiration utérine.

Forcée d'avorter

En 2001, après avoir assisté au spectacle des patientes hébétées et ensanglantées du Dr Gossnel dans la salle de réveil de sa clinique, Davida Johnson a changé d'avis et ne voulait plus se débarrasser de son fœtus de 6 mois. Mais le personnel de la clinique ignora ses protestations dans la salle d'opération, la gifla, la ligota et lui donna des sédatifs jusqu'à la rendre inconsciente. À son réveil, elle n'était plus enceinte.

Quelques semaines plus tard, d'ajouter Davida, on lui a diagnostiqué une maladie vénérienne qui, selon elle, serait due aux instruments non stérilisés utilisés par Gosnell. Maintenant, elle ne pourrait plus mener de grossesses à terme ayant échoué à quatre reprises depuis son avortement.

Sectionner la nuque des nouveau-nés

L'auxiliaire médicale Adrienne Moton a admis récemment au cours du procès qu'elle avait sectionné la nuque d'au moins dix bébés après leur naissance, comme l'avait demandé Gosnell. Gosnell et un autre employé sectionnaient régulièrement la moelle épinière pour s'assurer de la mort du fœtus [sic] », a-t-elle dit.
L'avortoir de Kermit Gosnell à Philadelphie

Moton sanglotait alors qu'elle racontait avoir pris une photo avec son téléphone portable d'un bébé parce qu'il était plus grand que tous ceux qu'elle avait vu avortés auparavant. Elle a mesuré le fœtus, il devait avoir près de 30 semaines et elle s'est alors dit qu'il aurait pu survivre, compte tenu de sa taille et de sa couleur rosâtre. Gosnell plaisanta par la suite en disant que le bébé était si grand qu'il aurait pu marcher jusqu'à l'arrêt de bus, a-t-elle ajouté. Quel sens de l'humour !

Avortements au-delà de 24 semaines

Un autre assistant de Gosnell, Stephen Massof, 50 ans, en attente de jugement après avoir plaidé coupable à l'assassinat de deux nouveau-nés à la clinique, a révélé la semaine passée qu'il avait été témoin d'un avortement à 26 semaines - deux semaines au-delà de la limite de 24 semaines fixé par l'État.

Il a aussi déclaré qu'il aurait vu naître 100 enfants vivants, puis qu'on leur avait « sectionné » la nuque, afin de s'assurer de leur « disparition ». Massof a aussi décrit des scènes horribles à la clinique qu'il a qualifiée de sale et délabrée où certains instruments chirurgicaux étaient rouillés.

Il pleuvait des fœtus, on les décapitait

«Il pleuvait des fœtus. Il y avait des fœtus et du sang partout. C'était à proprement parler des décapitations. On séparait le cerveau du corps, a-t-il déclaré à NBC.

Frigo de la « clinique » Gosnell qui, selon la police, contenait des restes humains

Il a également allégué que la machine à ultrasons de la clinique avait été manipulée pour faire apparaître les fœtus plus petits et donc plus jeunes.

Cris perçants de bébé sur une table

L'ancienne avorteuse Sherry West a déclaré avoir entendu un bébé « crier » et « pousser des cris perçants » au cours d'un « avortement » qui a eu lieu au « Palais des cauchemars » de Kermit Gosnell, l'avortoir de celui-ci à Philadelphie.

Le propriétaire, le Dr Kermit Gosnell, lui avait demandé de l'aider et d'aller dans une autre pièce. Là, un bébé de 45 à 60 centimètres, qui n'avait pas encore d'yeux, était couché dans une casserole transparente, s'est-elle souvenue avec horreur. Il poussait des « cris perçants, il faisait un bruit » qui « ressemblait à un petit extraterrestre », a-t-elle avoué. Il « m'a vraiment fait peur ». Elle a alors quitté la pièce.

Des témoins oculaires au procès rapportent que West était visiblement secouée au souvenir de cet événement traumatique.

Photomontage macabre tiré du rapport par le procureur général, en vignette, dû sa nature 
(Cliquer sur la vignette pour agrandir)

Nombreux troubles psychiques parmi les travailleuses de la clinique

Lynda Williams a déclaré au jury hier, mardi, que son patron, Kermit Gosnell, savait qu'elle souffrait de troubles bipolaires et de dépression quand il l'a embauché pour l'assister dans ses avortements tardifs. M. Le docteur Gosnell l'a même traitée pour troubles mentaux.

Une autre employée de la clinique, Elizabeth Hampton, avait auparavant affirmé au procès qu'elle souffrait de dépression, d'anxiété, qu'elle avait un problème d'alcoolisme et qu'elle a déjà eu une « dépression nerveuse ». Une troisième employée de Gosnell, Sherry West, a également avoué avoir été traitée pour des troubles psychiques.

Williams a affirmé à la cour que la section de la moelle épinière des nouveau-nés par la nuque était une manière routière à l'avortoir de s'assurer d'une « mort fœtale ».

« L'ennui, c'est que les nouveau-nés ne sont pas considérés comme des « fœtus » et que les tuer est considéré comme un assassinat. Gosnell n'a jamais pris la peine de le dire à son personnel peu scolarisé et émotionnellement instable », a déclaré Troy Newman, président de Operation Rescue.

Effets d'un discours simpliste ?

Parler pendant plus de 30 ans de simple amas cellulaires en parlant de fœtus, d'enfants à naître, peut-il n'avoir aucune conséquence ?

Il n'y a toujours aucune loi au Canada qui réglemente l'avortement. On peut en théorie y tuer un fœtus jusqu'à quelques minutes de sa naissance.

Sources : Bureau du procureur général de Philadelphie,  Rapport pour le Grand Jury, Associated Press, NBC, Daily Mail et Philadelphia Daily News



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MSNBC : pour une pensée collectiviste des enfants et de l'éducation (m-à-j)

Pour Melissa Harris-Perry de la très pro-démocrate[1] chaîne MSNBC, c'est parce que nous avons une vision trop peu collectiviste des enfants que l'éducation publique ne marcherait pas. Elle appelle à une vision plus collective des enfants dans une capsule de la chaîne. Il s'agit d'une capsule faisant partie d'une campagne de la chaîne nommée Lean Forward, Pencher en avant ou Progresser (un progressiste étant « a forward-leaning person »).  Le chroniqueur  Rich Lowry les décrit comme des « sermonnets ».

La chaîne MSNBC semble attirer les controverses.

Transcription de la capsule diffusée fréquemment sur MSNBC dans sa campagne de positionnement de marque Lean Forward :

« Nous n'avons jamais investi assez en éducation publique parce que nous avons toujours eu une notion privée des enfants : « Ce sont vos enfants et de votre seule responsabilité. »

Nous n'avons pas eu cette notion collective qu'il s'agit de nos enfants.

Il faut donc que nous rompions avec cette idée que les enfants appartiennent à leurs parents ou que les enfants appartiennent à leurs familles. 

Nous devons accepter que les enfants appartiennent à des communautés et que c'est la responsabilité de tous. 

Dès que nous assumerons cette responsabilité collective, alors nous commencerons à faire de meilleurs investissements»




Contexte politique

La vidéo a été enregistrée peu avant la publication du projet de budget du président Barack Obama qui devrait contenir de nouvelles hausses d'impôts et de taxes pour financer, notamment, un réseau de maternelles universel pour les enfants de quatre ans.

Son lancement coïncide également avec un prochain procès suivi par les Américains qui instruisent leurs enfants à la maison.  Le procès oppose une famille allemande qui éduquait sa progéniture chez elle et qui a obtenu le statut de réfugiés en 2010 en raison de persécution par l’administration allemande. L’Allemagne requiert que tous les enfants fréquentent une école agréée par l'État et s’oppose à ce que des parents instruisent leurs propres enfants. L’administration allemande met à l’amende les parents qui s’opposent à cette mesure. Elle est allée jusqu’à enlever par la force les enfants du domicile familial et à emprisonner les parents pour refus d'obtempérer.

L'administration Obama cherche maintenant à expulser la famille allemande, faisant valoir que la « loi des États-Unis a reconnu que l’État bénéficie d’une large discrétion dans son pouvoir d'imposer la fréquentation scolaire, de déterminer les programmes d'études et de réglementer la certification des enseignants » et qu’il  « peut d'interdire ou  réglementer l'instruction à domicile. »

La famille, tenace obstacle à l'égalitarisme d'État

Dans un article de RealClearPolitics, le chroniqueur conservateur Rich Lowry s’est exprimé sur l'objection de la gauche à l’éducation et l’instruction des enfants par leurs parents : « En tant qu'ultime institution privée, la famille est un obstacle tenace au grand effort collectif. Dans la mesure où les gens s’investissent dans leurs propres familles, ils résistent à l'État et privilégient leurs propres enfants par rapport aux autres enfants. »

 « À vrai dire, ajoute Lowry, les parents sont l'une des sources les plus incorrigibles d’inégalité sociale. Si vous avez deux parents qui restent mariés et s’investissent dans votre éducation, vous avez tiré le bon numéro dans la loterie de la vie. Vous allez bénéficier d’innombrables avantages dont sont privés les enfants moins chanceux. »

« Le fait que famille est tellement essentielle pour le bien-être des enfants doit être une source constante de frustration pour les égalitaristes étatistes, un rappel constant des limites de leur pouvoir », a poursuivi Lowry. « Si la gauche veut s’assurer que l’investissement dans les enfants soit équitable là où il importe le plus, elle devrait promouvoir l’idée de famille intacte et de parents dévoués, même si cela signifie qu’elle devra alors défendre une conception scandaleusement surannée de l’éducation des enfants. »

Melissa Victoria Harris-Perry

Melissa Victoria Harris-Perry est une essayiste et commentatrice politique américaine. Elle anime le magazine politique télévisé éponyme, Melissa Harris-Perry, sur la chaîne d'information en continu MSNBC.

Melissa Harris-Perry est professeur de science politique à l'université Tulane, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Elle a été maître de conférences en politique et études afro-américaines à l'université de Princeton de 2006 à 2010, et a enseigné la science politique à l'université de Chicago de 1999 à 2005.

Investissement collectif sans cesse croissant 

Sur le fond, l'investissement collectif dans l'éducation primaire et secondaire aux États-Unis ne fait que croître (comme au Québec d'ailleurs) :

Investissement « collectif » toujours croissant dans les écoles publiques aux États-Unis.
Le trait pointillé indique le coût consacré à chaque élève en dollar constant de 2007.
La collectivité dépensait donc plus de 9000 $ par an par élève en 2007.
Il y a de plus en plus d'employés par élève dans les écoles publiques américaines. Ainsi, si en 1972, il y avait environ 200.000 employés dans les écoles publiques américaines pour environ 50 millions d'élèves, il y avait en 2008 quatre fois plus d'employés pour 60 millions d'élèves.
MSNBC, un Fox News de gauche

MSNBC aime se voir comme le pendant progressiste de Fox News. Sa part de marché est, toutefois, d'environ le quart de celle de Fox News. Chiffres du 5 avril 2013 ci-dessous. Les chiffres sont en milliers de téléspectateurs : ainsi 1,658 million de spectateurs ont regardé Baier de 18 heures à 19 heures sur Fox News.



Évolution de l'audience :


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Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

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Le programme Histoire et éducation à la citoyenneté, un échec ?




[1] Une étude du Pew Research Center's Project for Excellence in Journalism a constaté que la couverture de MSNBC de Romney au cours de la dernière semaine de la campagne présidentielle de 2012 (68 % de reportages négatifs sans aucune séquence positive dans l'échantillon), était beaucoup plus négative que la presse en général, et encore plus négative qu'elle ne l'avait été du 1 au 28 octobre  où 5% a été positive et 57% étaient négatifs. D'autre part, la couverture de MSNBC d'Obama s'est améliorée pendant la dernière semaine de la campagne présidentielle. Du 1 au 28 octobre, 33% des reportages sur Obama étaient positifs et 13% négatifs. Au cours de la dernière semaine de la campagne, 51% des nouvelles MSNBC étaient positives alors que la chaîne ne diffusa aucun reportage négatif.