mercredi 26 juin 2024

Allemagne — Dernier recensement : la population de l'Allemagne en 2022 était de 82,7 millions, soit 1,4 million de moins que prévu

Entre 2011 et 2022, la population de l'Allemagne a augmenté moins rapidement que prévu. Bien qu'elle ait augmenté, le dernier recensement a révélé que le pays comptait moins d'habitants que prévu.

Un recensement a révélé que le pays comptait 1,4 million d'habitants de moins que prévu.

Selon le recensement publié mardi, l'Allemagne compte 82,7 millions d'habitants, soit 1,4 million de moins que prévu.

Le déficit est particulièrement marqué en ce qui concerne la population étrangère, a annoncé l'Office fédéral des statistiques.

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes

Les chiffres révèlent que la population a augmenté d'environ 2,5 millions de personnes entre le recensement de 2011 et celui de 2022, soit moins que prévu.

Le recensement détermine les chiffres de population des 10 786 communes allemandes. Dans 56 % d'entre elles, il y avait au moins 1 % de personnes en moins lors du recensement du 15 mai 2022.

L'écart est particulièrement marqué à Cologne, où l'on compte 5,6 % de personnes en moins au moment du recensement.

Selon le recensement de 2022, l'Allemagne compte nettement plus de femmes (42,05 millions) que d'hommes (40,72 millions).

Parallèlement, le recensement indique que 43,1 millions d'appartements sont disponibles pour les personnes - avec une moyenne de 94,4 mètres carrés.

Le loyer de base est de 7,28 euros (environ 7,8 dollars) par mètre carré. Le loyer le moins élevé est celui de la Saxe-Anhalt (5,38 euros) et le plus élevé celui de Hambourg (9,16 euros).

Moins d'étrangers que prévu

Les statistiques dénombrent 71,8 millions de citoyens de nationalité allemande et 10,9 millions d'étrangers. Par ailleurs, 18,14 millions de personnes en Allemagne ont des antécédents migratoires.

La population étrangère est inférieure d'environ un million à ce qui avait été annoncé précédemment.

Le président de l'Office bavarois des statistiques, Thomas Gössl, a déclaré que l'une des hypothèses pour expliquer ce déficit était que certains étrangers ne s'étaient peut-être pas désinscrits en Allemagne avant de repartir à l'étranger pour y passer leur retraite. Il a également cité le niveau élevé de mobilité des mouvements de réfugiés.

La Date butoir pour les nouvelles données de recensement se situe peu de temps après l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, qui a déclenché un important mouvement de réfugiés qui a augmenté la population allemande.

dimanche 23 juin 2024

Les futurs enseignants au primaire et au secondaire sont de plus en plus nombreux à échouer l'examen de français

«Et si on s’interrogeait sur la qualité des étudiants admis, sur l’enseignement du français depuis la petite école, sur la qualité de la formation donnée dans les facultés d’éducation? Et si nos “experts” faisaient un brin d’autocritique?», écrivait Joseph Facal dans le Journal de Montréal cette semaine.


«On peut amener l’âne à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire», dit le proverbe.

Quand quelqu’un est vraiment têtu, convaincu que son opinion est l’unique vérité, fermé à toute vraie remise en question, il n’y a rien à faire.
Naufrage

Daphnée Dion-Viens nous apprend que les futurs enseignants au primaire et au secondaire, qui doivent obligatoirement réussir un examen de français, sont toujours plus nombreux à échouer.

Cette année, le taux de réussite au premier essai était de 44% seulement à l’Université de Montréal.

Et c’est le plus haut taux parmi les universités dont la journaliste nous communique les résultats!

C’était 39% à l’Université Laval, 29,3% à l’UQAC et 23,3% à l’UQAR!

Ce n’est pas seulement très faible. C’est aussi en baisse depuis quelques années.

Des tas d’étudiants doivent s’y reprendre à trois, quatre et même cinq reprises!

À l’Université Laval, pour ceux qui passent le test pour la cinquième fois, le taux de réussite n’est que de 54%!

54%! À la cinquième tentative!

Et ils iront ensuite enseigner!

Comme il n’y a plus grand-chose qui soit vraiment de leur faute, ils auront amplement eu le temps, entre deux échecs, de mettre la faute sur la langue française elle-même, si «épouvantablement» compliquée et tordue, et sans doute aussi furieusement patriarcale et élitiste.

Pour les aider, pour tenir compte de leur «anxiété», de leur «santé mentale», et aussi, bien sûr, pour avoir des statistiques moins catastrophiques, nos petits lapins auront droit, lors des prochains examens – c’est du moins la recommandation faite par des «experts» au gouvernement -, d’utiliser ...un logiciel de correction.

Ce sera aussi un nouveau test.

Comme il est hors de question de dire qu’il sera plus facile, on dira qu’il est plus «adapté à la nouvelle réalité» ou une formule du genre.

Tout cela est catastrophique, tout simplement.

Une responsable citée par la journaliste préfère y voir des résultats «inquiétants».

Il faudra quoi pour les qualifier d’«alarmants»?

Et maintenant, cher lecteur, la question qui tue: comment expliquer cette baisse continuelle?

Allez, forcez-vous un peu. Vous ne voyez pas? Ça commence par un «p» et ça finit par un «e».

Si vous avez dit «pandémie», vous avez gagné.

Autocritique

Désormais, la pandémie explique tout ou presque au Québec. C’est comme le Saint-Esprit.

Elle explique aussi la vague de chaleur actuelle.

Mais comment expliquer alors les variations d’un établissement à l’autre alors que la pandémie les a tous touchés?

Et si on s’interrogeait sur la qualité des étudiants admis, sur l’enseignement du français depuis la petite école, sur la qualité de la formation donnée dans les facultés d’éducation? [

Et si nos «experts» faisaient un brin d’autocritique?

Mais non, je vous l’ai dit: l’âne est devant la rivière, mais il ne veut pas boire.

Voir aussi

examen révisé: faire tourner la roue de la médiocrité

Plus du quart des étudiants au cégep échouent en orthographe. La CAQ ne propose pas d'améliorer la connaissance du français 

Québec — « On diplôme des analphabètes fonctionnels au secondaire » (En dix ans d’enseignement au collégial, elle n’avait jamais vu des lacunes aussi flagrantes en français.)

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques 

 (France) Moins d'heures de français à l'école : le niveau de grammaire et d'orthographe baisse

Après recul sur cours en français au cégep anglo, la CAQ veut renforcer l'anglais à l'école franco 

Pourquoi l’anglais intensif uniquement pour les francophones, partout ? [plutôt que du français intensif pour les anglophones au Québec ?]

L’enseignement intensif de l’anglais au primaire financé à coup de dizaines de millions de dollars par Ottawa 

Impossible de se faire servir en français au centre de Montréal 

L’anglais est en train de devenir la langue de convergence entre les élèves de certaines écoles montréalaises  

Montréal : 52 % des diplômes de cégep sont de cégeps anglophones 

« À Montréal, l’anglais a déclassé le français comme langue des études postsecondaires »  

Sombre diagnostic sur la maîtrise du français au cégep francophone..

Non, ça ne parle pas français dans les cégeps anglophones

« Paix linguistique » : 46 % des allophones qui étudient en anglais au Québec travaillent ensuite en anglais 

Québec — Plus de 35 % des élèves des cégeps anglophones incapables de suivre des cours en français 

« Nous courons vers l’assimilation », disent des profs en faveur de la loi 101 au cégep 

Québec — la 6e année bilingue pas imposée aux anglophones, mais bien aux francophones et 

aux immigrants que l’on prétend franciser

L’ADQ pour que l’État impose plus d’anglais dès la première année du primaire, qu’en dit un linguiste ?

Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

samedi 22 juin 2024

Les résidents dits temporaires représentent aujourd'hui près de 7 % de la population canadienne (le double d'il y a 2 ans)

Les résidents temporaires - étudiants étrangers, travailleurs étrangers et demandeurs d'asile - représentent aujourd'hui près de 7 % de la population canadienne.


Le nombre de résidents temporaires au Canada a atteint 2,8 millions au cours du premier trimestre, soulignant le défi auquel est confronté le gouvernement fédéral qui dit vouloir  restreindre l'immigration dans le pays.

Les résidents temporaires - un groupe qui comprend les étudiants étrangers, les personnes ici avec un permis de travail et les demandeurs d'asile - représentent désormais 6,8 % de la population totale, contre 3,5 % il y a deux ans, a indiqué mercredi Statistique Canada.

Dans l'ensemble, la population a augmenté d'environ 243 000 personnes, soit 0,6 %, au cours du premier trimestre, ce qui porte le total à plus de 41 millions d'habitants.

Le Canada connaît l'une des croissances démographiques les plus rapides depuis des décennies, alimentée presque entièrement par l'immigration. Le nombre de résidents temporaires a plus que doublé au cours des deux dernières années, ce qui soulève des inquiétudes quant à la capacité du Canada à accueillir autant de personnes, en particulier sur les marchés du logement où l'offre est faible.

Plusieurs sondages indiquent qu'une part croissante des Canadiens - qui sont largement favorables à l'immigration en général - estime que l'afflux récent a été excessif, en le liant à diverses difficultés économiques.

Aujourd'hui, le gouvernement fédéral tente de freiner l'accélération de l'immigration. En mars, Ottawa a annoncé qu'il réduirait le nombre de résidents temporaires à 5 % de la population totale au cours des trois prochaines années, fixant pour la première fois des objectifs pour ce groupe. (De nombreux résidents temporaires seront entretemps devenus des résidents permanents.) Le plan gouvernemental sera présenté à l'automne, en même temps que les objectifs habituels en matière d'admissions de résidents permanents.

L'augmentation du nombre de résidents temporaires est "bien supérieure à ce que le Canada a pu absorber", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau lors d'une conférence de presse en avril. "Nous voulons faire baisser ces chiffres.

La croissance de la population devrait ralentir considérablement à mesure que le gouvernement poursuit son objectif.

Selon Le Globe and Mail, plusieurs économistes prévoient que la croissance annuelle passera de 3,2 % en 2023 à moins de 1 %.

Des signes timides indiquent que la croissance est en train de culminer.

Le Canada a enregistré un afflux net de près de 132 000 résidents temporaires au cours du premier trimestre, ce qui est supérieur à l'augmentation enregistrée au cours de la même période de l'année précédente. Toutefois, ce chiffre est inférieur à l'augmentation (environ 313 000) enregistrée au troisième trimestre 2023. Les migrations temporaires ont tendance à être très saisonnières, avec un plus grand nombre d'arrivées à l'automne, lorsque de nombreux programmes scolaires commencent.

Cette année devrait toutefois être différente. Le gouvernement fédéral réduit considérablement le nombre de visas d'études qu'il approuve cette année, et un plafond sera également fixé pour 2025. Ottawa limite également les visas de travail pour les conjoints d'étudiants étrangers, parmi d'autres changements axés sur l'enseignement supérieur.

Le ministre de l'immigration, Marc Miller, a comparé certains établissements d'enseignement supérieur à des "usines à chiots" qui délivrent des diplômes à des étudiants étrangers prêts à débourser des frais importants, dont beaucoup aspirent à s'installer définitivement dans le pays.

Diminution des temporaires mais augmentation des permaments
 
Le Canada s'oriente de plus en plus vers un système d'immigration en deux étapes, dans lequel les personnes travaillent ou étudient d'abord avec un permis temporaire, puis demandent la résidence permanente.

Ce passage du permis de séjour temporaire au permis de séjour permanent est l'un des moyens dont dispose le gouvernement fédéral pour réduire le nombre de résidents temporaires. Ottawa vise l'admission de 485 000 résidents permanents cette année, puis de 500 000 par an en 2025 et 2026.

Mikal Skuterud, professeur à l'université de Waterloo, a déclaré que le gouvernement fédéral a pris plusieurs décisions qui ont favorisé la sélection d'immigrants qui, les années précédentes, auraient eu du mal à entrer sur le territoire.

Par exemple, Ottawa invite des milliers de personnes à demander la résidence permanente en raison de leurs compétences en français, et certaines de ces personnes ont obtenu des notes qui n'auraient pas suffi en temps normal. (Le système d'entrée express pour l'immigration qualifiée attribue un score à chaque candidat, en fonction de diverses caractéristiques, telles que l'âge, l'éducation et les compétences linguistiques).

"Pour les migrants, la sélection des immigrants économiques ressemble de plus en plus à une loterie", a déclaré le professeur Skuterud.

"Le ticket de la loterie est un permis temporaire. Tant qu'ils n'auront pas réglé ce problème et qu'ils ne seront pas revenus à un système de sélection des immigrants économiques qui soit transparent et prévisible, ils auront du mal à gérer cette population [de résidents non permanents]".

Au premier trimestre, un million de résidents temporaires étaient titulaires d'un visa d'études ou d'un permis d'études et de travail, selon le rapport de mercredi. Cela représente une augmentation de près de 60 % en deux ans.

Le nombre de résidents temporaires titulaires uniquement d'un permis de travail dépasse 1,3 million, soit une augmentation de 152 % en deux ans. Bon nombre de ces personnes sont d'anciens étudiants étrangers qui ont obtenu un permis de travail post-universitaire.

Plus de bas salaires permis par le gouvernement Trudeau

Néanmoins, le gouvernement fédéral a facilité de diverses manières l'embauche de travailleurs étrangers par les entreprises canadiennes. Par exemple, les employeurs de la plupart des secteurs peuvent désormais embaucher jusqu'à 20 % de leur personnel dans le cadre du volet "bas salaires" du programme des travailleurs étrangers temporaires, alors que le plafond précédent était de 10 %.

Statscan a noté dans son rapport de mercredi que l'Alberta a enregistré un gain net de résidents interprovinciaux - plus de personnes se sont installées en Alberta en provenance d'autres provinces que l'inverse - pour le 11e trimestre consécutif. L'Ontario et la Colombie-Britannique ont contribué le plus à l'afflux de résidents en Alberta.

vendredi 21 juin 2024

COVID-19: Fermer les écoles «pendant une année n’était pas une bonne idée», admet le Dr Fauci

Rappel : la Suède n'a jamais fermé les écoles (jusqu'à 16 ans) pendant la pandémie, on savait très tôt que cela n'entraînait pas une hausse de cas de Covid ni parmi les élèves ni parmi les enseignants.

Un haut conseiller qui a travaillé avec les deux administrations américaines durant la pandémie de COVID-19, le Dr Anthony Fauci, a admis que c’était une erreur de fermer les écoles pendant une année à cause du virus.

«Garder [le confinement dans les écoles] pendant une année n’était pas une bonne idée», a affirmé le Dr Fauci à l’émission CBS Mornings mardi matin.

jeudi 20 juin 2024

Insécurité — La progression du RN tient à un bond spectaculaire dans l’électorat féminin

« L’essentiel de la progression du RN au niveau national tient à un bond spectaculaire dans l’électorat féminin (+13 points par rapport à 2019). Il y a une inquiétude sécuritaire croissante de cet électorat face au risque d’agression physique ou sexuelle », note Jérôme Fourquet de l'IFOP.



L'émission au complet:


mercredi 19 juin 2024

Canada — Intention de vote fédéral par religion


L'évolution démographique du Canada s'est traduite par un changement proportionnel dans la manière dont les partis politiques sollicitent le soutien des électeurs. Les politiciens contemporains cherchent à faire appel à des bases de soutien dans diverses diasporas linguistiques, culturelles et religieuses. En 2015, l'appel des libéraux aux électeurs musulmans a permis au Premier ministre Justin Trudeau de former un gouvernement majoritaire. Mais les tensions récentes provoquées par la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, et la crise humanitaire qui en résulte, ont changé le paysage politique.

De nouvelles données de l'institut à but non lucratif Angus Reid Institute révèlent que l'exercice d'équilibrisme auquel se livrent les libéraux en abordant le conflit entre Israël et Gaza leur coûte le soutien de deux groupes d'électeurs clés. Le parti de M. Trudeau talonne le NPD (41 % contre 31 %) dans les intentions de vote des musulmans canadiens et le PCC (42 % contre 33 %) chez les juifs canadiens.

Cependant, ce ne sont pas les seuls groupes religieux pour lesquels les libéraux accusent un déficit de soutien. Pierre Poilièvre et le Parti conservateur sont le choix préféré d'une majorité (53 %) de chrétiens, d'hindous (53 %) et de sikhs (54 %).

Ces résultats interviennent alors que les Canadiens de toutes les confessions - ou sans aucune - indiquent être de moins en moins satisfaits du premier ministre.



(source : Angus-Reid)


Prévisions basées sur le dernier sondage Angus-Reid:

CON: 228 sièges (+109)

BQ: 52 sièges (+20) 

NPD; 37 sièges (+12)

LIB: 24 sièges (-136)

VERTS: 2 sièges (=)




La Banque de développement du Canada dépense 250 millions pour promouvoir la discrimination ethnique

La Banque de développement du Canada (BDC) consacre 250 millions à l’aide aux entreprises dirigées par des personnes autochtones ou des personnes noires.

Cet investissement est annoncé alors que BDC crée également une nouvelle équipe d’entrepreneuriat inclusif.

La société d’État indique qu’elle lance un programme de 50 millions qui fournira des prêts ainsi que de la formation aux entreprises détenues majoritairement par des femmes, des entrepreneurs autochtones et noirs et dont les revenus sont inférieurs à 3 millions.

BDC Capital lance également deux nouveaux fonds de 100 millions pour soutenir les entreprises dirigées par des personnes autochtones ou des personnes noires.


Isabelle Hudon (à droite) et Justin Trudeau

Les programmes viendront compléter un fonds de 500 millions pour les femmes lancé en 2022 et qui sert également les femmes autochtones et noires qui sont entrepreneures.

La présidente et cheffe de la direction de BDC, Isabelle Hudon, affirme que trop de propriétaires d’entreprise provenant de groupes sous-représentés continuent de faire face aux mêmes obstacles qu’il y a dix ans, ou même il y a une génération.

« Malgré les nombreux progrès accomplis, nous ne progressons tout simplement pas assez rapidement », a déclaré Mme Hudon.

« Il est clair que les approches universelles ne fonctionnent pas et, comme les propriétaires d’entreprise que nous servons, nous devons innover. Les initiatives annoncées aujourd’hui s’inscrivent dans les efforts que déploie BDC pour contribuer au développement économique et à l’accroissement de la productivité au pays », a-t-elle ajouté.

Source : La Presse Canadienne

Voir aussi
 
Le racisme structurel du gouvernement canadien (le point de Mathieu Bock-Côté sur cette nouvelle)

L'État fédéral veut connaître les secrets d'alcôve des ingénieurs : révélez votre orientation sexuelle pour avoir droit aux fonds de recherche

Texte d'humour de Richard Martineau de ce jour dans le Journal de Montréal.



Bon, encore un autre programme destiné à aider les gens «issus des minorités».

Cette fois, ce n’est pas dans le monde des arts (où ces programmes sont devenus monnaie courante), mais dans celui des sciences.

Pas les sciences molles.

Mais dures.

Comme la tête de Justin Trudeau.

Le constructeur du troisième lien [énorme projet enjamba le Saint-Laurent à la hauteur de Québec] sera-t-il bi?

C’est le Programme de chaires pour l’inclusion en sciences et en génie au Québec, lancé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et le Fonds de recherche du Québec, secteur Nature et technologies.

«Ce programme permettra de s’attaquer aux enjeux touchant un large éventail de groupes sous-représentés. Il appuiera financièrement une équipe de trois chercheuses ou chercheurs œuvrant dans des universités distinctes au Québec qui coordonneront leurs activités.

«Les groupes sous-représentés désignent les femmes, les Autochtones (membres des Premières Nations, Inuits et Métis), les personnes en situation de handicap, les minorités visibles ou groupes racisés et la communauté 2ELGBTQI+. La question de l’intersectionnalité qui touche ces groupes ainsi que d’autres dimensions sont également prises en compte.»

Le génie, comme vous le savez, est l’art de concevoir et de réaliser des ouvrages d’infrastructures.

Je ne sais pas vous, mais moi, chaque fois que je passe sur un pont, je ne me demande pas quel est le nom de l’ingénieur qui l’a construit, quels autres ouvrages on lui doit et à quelle université il a étudié, non.

Je me demande quelle était son orientation sexuelle.

Était-il gai? Deux esprits? Non binaire?

Portait-il des pantalons? Des robes?

Aimait-il les hommes poilus? Les femmes trans?

Préférait-il les escargots aux moules?

Quelle était sa position préférée du Kama sutra? La berceuse? Le moulin à vent? La pieuvre? Le flipper?

Était-il un gars du soir ou du matin?

Était-il lanceur ou receveur?

On dira ce qu’on voudra, c’est important de connaître les habitudes sexuelles des gens qui construisent des ponts et des tunnels!

Car les ingénieurs issus de la communauté 2ELGBTQI+ n’utilisent pas les mêmes techniques que les autres ingénieurs, oh que non!
Avec qui vous couchez?

«L’État n’a pas sa place dans la chambre à coucher», disait Trudeau père.

Mais dans le Canada de son fils, l’État se cache sous votre lit et prend des notes.

Eh oui! C’est la norme, maintenant: vous voulez un fonds de recherche? Grâce aux nouvelles directives émanant du fédéral, vous devez montrer patte blanche – oups, pardon, vous devez cocher les bonnes cases, et montrer que votre vie sexuelle mérite le soutien du milieu académique.

Bientôt, si ça continue, on vous demandera si vous mangez de la viande ou du kale, si vous utilisez votre auto ou prenez le transport en commun, ou si vous appuyez Israël ou la Palestine.

Ce n’est pas tout d’être une sommité dans son milieu pour obtenir une bourse ou une subvention, non.

Il faut avoir une équipe de chercheurs «diversifiée».

Aujourd’hui, si Alexander Fleming, l’inventeur de la pénicilline, était vivant (et canadien), il devrait dévoiler les secrets de sa vie sexuelle pour avoir droit à de l’aide financière.

On vit une époque formidable.

lundi 17 juin 2024

Les travailleurs indiens du secteur de la technologie licenciés l'an dernier aux États-Unis ont du mal à retrouver un emploi en Inde

  • Les travailleurs indiens du secteur de la technologie qui ont été licenciés l'année dernière par des entreprises telles que Twitter, Amazon et Microsoft aux États-Unis ont du mal à retrouver un emploi dans leur pays d'origine.
  •  Ils ont été contraints d'accepter d'importantes réductions de salaire et d'accepter des postes inférieurs pour trouver un emploi en Inde.
  • Selon des experts, les employeurs indiens sont réticents vis-à-vis de ces compatriotes passés par les États-Unis, car ils craignent que ces travailleurs ne retournent aux États-Unis à la première occasion.


Selon Bloomberg, plus de 200 000 travailleurs du secteur technologique ont été licenciés aux États-Unis entre novembre 2022 et janvier 2023, dont 30 à 40 % étaient des informaticiens indiens. Environ 80 000 informaticiens indiens détenteurs de visas H-1B et L-1 ont perdu leur emploi aux États-Unis depuis la fin de l'année 2022, "l'industrie technologique ayant un impact significatif", a déclaré à Rest of World Krishna Vij, directeur commercial de la société de recrutement informatique Teamlease Digital.

Dans le même temps, l'industrie technologique indienne a licencié plus de 30 000 travailleurs depuis 2022. Des startups de premier plan telles que Paytm, Byju's, Unacademy, Meesho et Sharechat ont supprimé des emplois l'année dernière, et les plus grandes entreprises technologiques ont annoncé un gel des embauches en Inde.

Kamal Karanth, cofondateur de la société de ressources humaines Xpheno, a déclaré à Rest of World que la principale raison pour laquelle les employeurs potentiels sont sceptiques quant à l'embauche de travailleurs rentrés des États-Unis est le manque de confiance. "Les employeurs ont du mal à faire confiance à cette cohorte, qui a toujours tendance à retourner aux États-Unis.

"Ils sont donc soit surqualifiés pour le poste à pourvoir, soit incapables d'accepter la rémunération qui leur est offerte", a ajouté M. Vij. "Même s'ils veulent accepter une réduction de salaire de 10 à 20 %, les entreprises indiennes offrent 40 à 50 % de moins.

Une technicienne qui a quitté Seattle pour retourner à Mumbai en mai 2023 a déclaré à Rest of World qu'elle avait cherché un poste adéquat en Inde pendant plus de sept mois. Le marché de l'emploi dans le pays, a-t-elle dit, l'a privée de priorité en raison de son expérience professionnelle aux États-Unis. "Comme la clientèle est différente en Inde, ils préfèrent aussi quelqu'un qui a de l'expérience avec les clients indiens", a déclaré la travailleuse, qui a demandé l'anonymat car ses amis et sa famille ne sont pas au courant de ses difficultés.

Source : Rest of the Word

dimanche 16 juin 2024

L’antisémitisme de gauche : les leçons de l’affaire Dreyfus

Extrait d'un texte de Michel Aubouin paru dans le Figaro de ce samedi 15 juin. Ancien préfet et inspecteur général de l’administration, Michel Aubouin a exercé de 2009 à 2013 les fonctions de directeur du ministère de l’intérieur en charge de l’intégration des étrangers et des naturalisations. Il a notamment publié « 40 ans dans les cités » (Presses de la Cité, 2019) et « Le Défi d’être français » (Presses de la Cité, 2023).

Quand le capitaine Dreyfus a été interpellé puis condamné, la question de son identité israélite n’avait pas été soulevée. On lui reprochait surtout d’être alsacien et de parler allemand, ce qui faisait de lui un espion commode. À la marge, on lui reprochait aussi d’être polytechnicien quand la presque totalité des officiers supérieurs étaient saint-cyriens. L’accusation « raciale » n’est intervenue que dans un second temps, quand des journalistes antisémites (Édouard Drumont, Léon Daudet…) s’en sont mêlés.


En ces années 1890, l’antisémitisme s’était répandu en France, sous deux formes très distinctes. La première était à la fois populaire et parisienne. Elle s’était propagée à la suite de l’installation à Paris de grandes familles venues de l’empire austro-hongrois, à la richesse ostentatoire. Cet antisémitisme populaire a nourri le discours de la gauche de l’époque, celui du Parti ouvrier français de Jules Guesde.  [En juillet 1898, le parti ouvrier français, dirigé par Jules Guesde explique que les prolétaires n’ont rien à gagner à prendre position en faveur de Dreyfus, ce juif militaire issu des rangs de la bourgeoisie.] La figure du Juif y est associée à celle du banquier, donc du « grand capital », ennemi du prolétariat. Seul Jaurès, après un temps d’hésitation, s’est démarqué de cette lecture xénophobe de la situation pour rejoindre les rangs des premiers Dreyfusards : Émile Zola, Anatole France et Marcel Proust.

La seconde forme de l’antisémitisme est née dans les départements d’Algérie où les Juifs berbères, depuis l’occupation du Maghreb par les Arabes, occupaient une position subalterne, comme les chrétiens du reste. Ces 35000 «israélites indigènes», pour la plupart artisans misérables, ont obtenu en 1870 la citoyenneté française, quand les musulmans, dans leur très grande majorité, ont refusé le bénéfice de la naturalisation. Cette faveur provoqua, vingt ans plus tard, l’acrimonie des populations musulmanes et européennes (originaires pour l’essentiel des provinces déshéritées de l’Espagne et de l’Italie). Et c’est en Algérie, où l’infâme Drumont, auteur de La France juive, fut élu député, que les incidents antisémites ont été violents.

Le procès Dreyfus, par sa durée, structura les deux camps : la Ligue des droits de l’homme contre la Ligue de la patrie française.
Une du journal Le Grelot, à l'origine républicain et anticlérical, de novembre 1894. Dreyfus est présenté comme un Judas (en référence à Judas Iscariote, un des douze apôtres de Jésus qui l'aurait dénoncé aux grands prêtres du temple de Jérusalem contre quelques pièces d'or). Derrière lui, sous une bannière maçonnique, Jules Guesde et Jean Jaurès, chefs de file de l'extrème gauche,  sont également assimilés à des ennemis de la France liés à un complot international
 
La gauche, dans cette affaire, conformément au mot d’ordre de Guesde, s’était tenue à l’écart du débat. Un demi-siècle plus tard, le gouvernement du maréchal Pétain, élu par des parlementaires SFIO [le Parti socialiste - Section française de l'Internationale ouvrière] et radicaux[-socialistes, "rad-soc"] (les communistes ayant préféré respecter la lettre du pacte germano-soviétique) pouvait, sans provoquer de réaction, prendre à l’égard des Juifs, étrangers puis français, des mesures impardonnables. Pierre Laval, son maître d’œuvre, était lui-même issu des rangs de la SFIO.

Dans les départements algériens, dans le même temps, la situation des Juifs était devenue si inconfortable qu’ils furent les premiers à quitter, après la guerre, l’Algérie pour la France. Leurs ancêtres étaient savetiers, leurs descendants seraient professeurs de médecine. Les anciens dhimmis occuperaient des fonctions éminentes quand les émigrés venus de l’Algérie musulmane travailleraient comme OS [ouvriers spécialisés] chez Renault.

Jean-Luc Mélenchon connaît cette histoire par cœur, car ses ancêtres appartenaient à cette diaspora espagnole qui avait alimenté la population pied-noire d’Algérie. Sans doute lui était-il facile de comprendre que la population musulmane des banlieues serait facile à mobiliser sous le drapeau de la Palestine. Son « génie politique » a fait le reste. La gauche française ne fut jamais du combat contre l’antisémitisme.
 
1999, Alfred Dreyfus est gracié par le président de la République, Émile Loubet. Le Grelot parle de l'Allemand Dreyfus (il est né Français en Alsace mais parle français et allemand) alors que le Français est entravé par ses obligations de contribuables et de soldat.