dimanche 10 mars 2013

Claude Lévis-Strauss sur la Révolution française

Distinction de la société dominée par la règle de droit et une société fondée sur la tradition et les genres de vie :
« La Révolution française a mis en circulation des idées et des valeurs qui ont fasciné l'Europe puis le monde, et qui procurèrent à la France, pendant un demi-siècle, un prestige et un rayonnement exceptionnels. On peut toutefois se demander si les catastrophes qui se sont abattues sur l'Occident n'ont pas aussi là leur origine. On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite alors qu'elle est faite d'habitudes, d'usages, et qu'en broyant ceux-ci sous les meules de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l'état d'atomes interchangeables et anonymes. La liberté véritable ne peut avoir qu'un contenu concret: elle est faite d'équilibres entre des petites appartenances, de menues solidarités: ce contre quoi les idées théoriques qu'on proclame rationnelles s'acharnent; quand elles sont parvenues à leurs fins, il ne reste plus qu'à s'entre-détruire. Nous observons aujourd'hui le résultat ».

De près et de loin, entretiens avec Claude Lévi-Strauss par Didier Eribon, Éditions Odile Jacob, Paris, 1988.
Voir le commentaire de Jacques Dufresne : « Si Lévi-Strauss était un représentant de la droite traditionaliste  une telle opinion n'aurait rien d'étonnant. Il arrive qu'il est le type même de l'intellectuel de gauche »...


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samedi 9 mars 2013

Vos impôts à l'œuvre au Secrétariat à la condition féminine du Québec

Malgré les études qui démontrent la vanité des campagnes gouvernementales pour lutter contre les « stéréotypes » sexistes dans les métiers, le gouvernement socialiste péquiste du Québec a décidé de commander un nouveau sondage pour élaborer des outils destinés aux parents qui permettraient de lutter contre les stéréotypes. Pour une école libre a mis la main sur le sondage commandé à Léger Marketing.

Extraits de ce sondage où l'on apprend que les garderies ont déjà droit à la propagande sociale du Secrétariat à la condition féminine :
« Le Secrétariat à la condition féminine s'est associé à Léger Marketing afin de recueillir des données sur les stéréotypes sexuels. Des outils existent déjà ou existeront sous peu pour sensibiliser les intervenantes et intervenants en service de garde éducatif à l'enfance ainsi que ceux en milieu scolaire à cet enjeu des rapports égalitaires en femmes et hommes. Cette étude s'inscrit dans la lignée de ces efforts et mènera éventuellement à des actions et au développement d'un outil pour les parents, visant à les sensibiliser à ce sujet.

Les stéréotypes sexuels peuvent être définis comme des caricatures et des images qui prétendent représenter ce que sont les filles et les garçons, les femmes et les hommes.

Quels stéréotypes observez-vous chez vos enfants et ceux de votre entourage ? »

Exemple de stéréotype donné : « préférence pour un métier relié à l'éducation ou aux soins des personnes » pour les filles, « pour un métier relié à la mécanique, aux technologies ou à l'informatique » pour les garçons.

Les commanditaires de ces sondages et les préparateurs de ces outils de l'État thérapeutique qui veut guérir ses citoyens devraient se pencher sur les effets dérisoires de ces campagnes gouvernementales dans les pays scandinaves. C'est là, où les femmes ont le plus de libertés professionnelles et que les citoyens ont été les plus soumis à toutes ces campagnes de la gauche féministe que les femmes choisissent le plus des carrières stéréotypées féminines, c'est dans les pays les plus pauvres que les femmes cherchent le plus à avoir des emplois d'hommes.

La Norvège trône ainsi depuis des années aux premières places du classement des pays les plus égalitaires envers les femmes et pourtant la division du travail selon les sexes y est très stable, malgré toutes les campagnes gouvernementales pour changer les choses. Chose encore plus curieuse : plus un pays est pauvre et plus ses femmes s'intéressent aux professions techniques et traditionnellement masculines alors qu'elles sont délaissées dans des pays prospères et féministes comme la Norvège, le Danemark, la Finlande, l'Angleterre... C'est ce qu'on nomme le paradoxe de l'égalité entre les sexes.


Réponse à la question « J'aimerais avoir un emploi technique ». Les jeunes femmes le veulent le moins en Norvège (en bas du graphie) alors que les Ougandaise (en haut) le veulent autant que les jeunes Ougandais.


La vidéo norvégienne ci-dessous  a suscité un débat médiatique, scientifique et politique de premier plan en Norvège.  Depuis ce débat, l’État norvégien a décidé de cesser toutes les subventions aux instituts et associations pro-genre. Ce fut plus particulièrement le cas du Nordisk institutt for kunnskap om kjønn (Institut nordique d'études sur le genre).

La controverse est née du reportage de Harald Eia qui dépeint les sociologues et les chercheurs en études du genre sous une lumière peu flatteuse dans une série télévisée appelée « Endoctrinés ».

Le vacarme avait déjà commencé l'été dernier, plus de six mois avant que la série ne soit prête. Certains chercheurs en sciences sociales qui avaient été interrogés par Eia s’étaient exprimés dans la presse pour dire qu'ils se sentaient bernés et trompés par les méthodes« douteuse s» du journaliste.

Eia est d’abord allé interroger des sociologues norvégiens spécialistes en orientation sexuelle, en éducation, les rôles sexuels, l’orientation sexuelle et la race; des domaines fortement politisés dans la communauté universitaire norvégienne. Puis il a traduit ces entretiens en anglais et les a montrés à des chercheurs renommés britanniques et américains comme Robert Plomin, Steven Pinker, Anne Campbell, Simon Baron-Cohen, Richard Lippa, David Buss, et d'autres. Dire que les chercheurs américains et britanniques ont été surpris par ce qu'ils ont entendu serait un euphémisme.

On attend la même lucidité au Québec face aux supercheries. Québec qui pense souvent être un pays scandinave mais qui — tant sur le plan économique (voir les réformes en Suède) que sociale (ici la remise à plat des tabous féministes) — n'est souvent qu'un pays engoncé dans un gauchisme étroit et dépassé. Gauchisme thérapeutique coûteux qui ne connaît pas de fin. C'est ainsi que, même quand les femmes sont majoritaires dans l'enseignement, il en manquerait encore des milliers, selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec...



La vidéo norvégienne sous-titrée en français (par des tiers)

Rappelons qu'il y avait plus de femmes aux États-Unis dans les professions de haut niveau dans les années vingt et trente du siècle passé que dans les années cinquante et soixante. Avant les programmes gouvernementaux en faveur des féministes... Pour le professeur Thomas Sowell, cela s'explique non pas par l'action des gouvernements mais par l'âge du mariage (qui était relativement tardif dans les années 20 et 30) et la fécondité (qui était basse dans les années 20 et 30). Pour le professeur Sowell, les femmes choisissent des carrières qui permettent de concilier naturellement la maternité et l'emploi : celles qui sont les moins soumises à une rapide obsolescence comme les métiers de l'ingénieur et l'informatique.




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Cerveau masculin et cerveau féminin


Pour Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement dans les départements de psychiatrie et de psychologie expérimentale à l'université de Cambridge au Royaume-Uni, il existe un cerveau masculin type et un cerveau féminin type.

Tous les hommes n’ont pas le « cerveau masculin » type, de même que toutes les femmes ne sont pas dotées du « cerveau féminin » type. En d’autre termes, certaines femmes ont un « cerveau masculin » type ou possèdent certaines de ses caractéristiques. Mais plus d’hommes que de femmes ont un cerveau de S type homme, et plus de femmes que d’hommes possèdent un cerveau E de type femme. L’encadré ci-joint souligne le rôle de la culture et de la biologie dans ces différences liées au sexe.

Le cerveau féminin : « empathiser »

Quelles sont les données, selon Baron-Cohen, qui démontrent une supériorité féminine en matière d’empathisation ? Dans les études résumées ici, des différences liées au sexe – de faible amplitude mais significatives – ont été mises en évidence.

1. Partager et attendre son tour. En moyenne, les filles se montrent plus concernées par l’équité tandis que les garçons partagent moins. Dans une étude, les garçons ont fait preuve, en 50 occasions, de plus d’esprit de compétition, les filles ayant été, elles, à 20 reprises, plus disposées à attendre leur tour (Charlesworth & Dzur 1987 : 191-200).

2. Moins enclines à jeux brutaux, turbulents ou « bagarres ». Les garçons se montrent plus « turbulents » (lutte, combat simulé, etc.) que les filles. Bien qu’elles aient une composante ludique, ces pratiques peuvent heurter ou blesser et nécessitent donc un niveau d’empathisation plus bas (Maccoby 1998).

3. Répondre avec empathie à la détresse d’autrui. Les petites filles à partir d’un an (avant que la culture ne puisse vraiment avoir une importance trop grande) se montrent plus concernées par la détresse d’autrui et le manifestent par un plus grand nombre de regards tristes, de vocalisations de sympathie et de réconfort. Plus de femmes que d’hommes disent partager fréquemment la détresse émotionnelle de leurs amis. Les femmes se montrent également plus réconfortantes, même envers des étrangers, que les hommes (Hoffman 1977 : 712-722).

4. Utiliser une « théorie de l’esprit ». À trois ans, les petites filles sont déjà en avance sur les garçons par leur plus grande capacité à inférer ce qu’autrui peut penser ou vouloir faire (Happe 1995 : 843-855).

5. Sensibilité aux expressions faciales. Les femmes, en percevant des nuances subtiles à partir du ton de la voix ou d’expressions du visage, sont meilleures à décoder la communication non verbale ou à jauger le caractère d’autrui (Hall 1978 : 845-858).

6. Questionnaires mesurant l’empathie. Dans beaucoup d’entre eux, les femmes obtiennent des scores plus élevés que les hommes (Davis 1994).

7. Valorisation des relations. Plus de femmes valorisent le développement de relations altruistes et réciproques qui, par définition, requièrent de l’empathisation. À l’opposé, plus d’hommes valorisent le pouvoir, la politique et la compétition (Ahlgren & Johnson 1979 : 45-49). Les filles ont plus tendance à cocher, sur un questionnaire, les réponses mettant en avant les valeurs de coopération et à estimer que l’établissement d’un rapport d’intimité est plus important que celui d’un rapport de domination. Les garçons approuvent ce qui met en avant la compétition plus souvent que les filles et considèrent que le statut social est plus important que la relation d’intimité (Knight et al. 1989 : 125-141).

8. Moins sujettes aux troubles de l’empathie. Des troubles tels que les troubles de la personnalité de type psychopathie et les troubles du comportement sont beaucoup plus courants chez les hommes (Dodge 1980 : 162-170 ; Blair 1995 : 1-29).

9. Agressivité indirecte. Même lorsqu’elle s’exprime à des niveaux normaux, l’agressivité ne peut survenir qu’avec une empathisation réduite. Ici aussi, on constate une nette différence selon les sexes. Le sexe masculin a tendance à se montrer beaucoup plus agressif « directement » (poussant, tapant, boxant, etc.), tandis qu’en général le sexe féminin se montre agressif de façon plus « indirecte » – ou de manière « relationnelle », voilée – par des commérages, des pratiques d’exclusion, des remarques fielleuses, etc. L’agression directe pourrait requérir un niveau d’empathie encore plus bas que l’agression indirecte. Et l’agression indirecte demande une plus grande capacité à inférer les pensées d’autrui que l’agression directe car elle a un impact stratégique (Crick & Grotpeter 1995 : 710-722).

10. Meurtre. Il s’agit de l’exemple extrême du manque d’empathie. Daly et Wilson ont dépouillé des archives d’homicides remontant à plus de sept cents ans dans différentes sociétés (1988). Ils en ont retiré que les assassinats d’hommes par des hommes étaient 30 à 40 fois plus fréquents que les meurtres de femmes par des femmes.

11. Établir un rapport hiérarchique. Les mâles établissent plus rapidement des rapports de domination. Cela reflète pour une part leurs moindres capacités d’empathie, car, en général, une hiérarchie est établie par un individu qui rudoie les autres pour en devenir le meneur (Strayer 1980).

12. Styles langagiers. Le discours des petites filles fait preuve de plus d’esprit de coopération, de collaboration et de réciprocité. De manière concrète, cela se traduit aussi par une bonne capacité des filles à mener de plus longues conversations. Quand elles ne sont pas d’accord, elles expriment généralement leur opinion divergente de manière délicate, employant la forme interrogative plutôt qu’affirmative. Le discours des garçons se déroule plus souvent « à une seule voix » (celui qui parle présentant seul son point de vue). Le discours féminin est plus du type « à deux voix » – les filles passent plus de temps à négocier avec l’autre, essayant de prendre en compte ses désirs (Smith 1985).

13. Parler des émotions. Les femmes entre elles parlent beaucoup plus des sentiments tandis que les conversations des hommes entre eux ont plus tendance à être centrées sur des objets ou des activités (Tannen 1990).

14. Attitude des parents. Il est moins courant pour les pères que pour les mères de tenir leur bébé face à eux. Les mères acceptent plus facilement le choix par l’enfant d’un thème de jeu alors que les pères ont plus tendance à imposer leur propre thème. Et les mères adaptent plus souvent leur langage en fonction de ce que l’enfant est en mesure de comprendre (Power 1985 : 1514-1524).

15. Préférence pour le visage et pour les yeux. Dès la naissance, les petites filles observent plus longuement les visages, et tout particulièrement les yeux, tandis que les petits garçons ont plus tendance à regarder les objets inanimés (Connellan et al. 2001 : 113-118).

16. Il a été démontré qu’en général les femmes maîtrisent mieux le langage que les hommes. Il semble probable qu’une bonne empathisation facilite le développement du langage (Baron-Cohen et al. 1997b : 48-57) et vice-versa ; ces deux phénomènes pourraient donc être liés.

Le cerveau masculin : « systémiser »

Tous les systèmes basés sur des règles sont pertinents pour trouver des données appuyant mon hypothèse. Ainsi les échecs et le football sont-ils de bons exemples de systèmes, a contrario des visages et des conversations.

Systémiser implique de noter trois choses dans l’ordre : la donnée entrée (input), l’opération et le résultat (output). L’opération est le traitement de l’input, ou ce qui lui est arrivé, afin de produire l’output.

1. Jouets préférés. Les garçons sont plus intéressés que les filles par les jouets représentant des voitures, des armes, des blocs de construction et des objets mécaniques, jouets qui offrent tous la possibilité d’être « systémisés » (Jennings 1977 : 65-73).

2. Choix professionnels des adultes. Certains métiers sont quasi exclusivement masculins. Il en est ainsi du travail du métal, de la fabrication des armes, de la manufacture d’instruments de musique ou des industries de construction telles que la construction navale. Ces métiers sont centrés sur la construction de systèmes (Geary 1998).

3. Mathématiques, physique et ingénierie. Elles requièrent toutes un haut degré de systémisation et les hommes prédominent largement dans ces disciplines. Le Scholastic Aptitude Maths Test (SAT-M) est la partie mathématique du test passé au niveau national par tous les élèves souhaitant entrer au collège aux Etats-Unis. Les garçons y obtiennent un score supérieur de 50 points en moyenne à celui des filles (Benbow 1988 : 169-232). Si on ne considère que ceux qui obtiennent des scores supérieurs à 700, le sex-ratio est de 13 hommes pour 1 femme (Geary 1996 : 229-284).

4. Capacités de construction. Dans un test visant à assembler un appareil mécanique en 3D, les hommes obtiennent un score moyen plus élevé que les femmes. Les garçons sont également meilleurs pour construire des bâtiments à partir de plans en 2D. Les briques de Lego peuvent être combinées en un nombre infini de systèmes. Les garçons se montrent plus intéressés par les jeux de Lego. Les petits garçons de trois ans sont aussi plus rapides pour copier des modèles en 3D avec de très grandes pièces de Lego, et les garçons plus âgés (à partir de neuf ans) se représentent mieux l’aspect d’un objet en 3D une fois mis à plat. Ils sont également meilleurs pour construire une structure en 3D à partir de seules vues aériennes et de face (Kimura 1999).

5. Test du niveau d’eau. Originellement mis au point par le psychologue suisse de l’enfance Jean Piaget, ce test consiste à montrer à quelqu’un une bouteille vide inclinée puis de lui demander d’indiquer l’emplacement du niveau d’eau si la bouteille est, par exemple, à moitié pleine. Les femmes sont plus nombreuses à dessiner la ligne de niveau alignée sur l’inclinaison de la bouteille plutôt qu’horizontale comme elle doit l’être (Wittig & Allen 1984 : 305-313).

6. Test de la baguette et du cadre. Si l’appréciation de la verticale d’une personne est influencéepar l’inclinaison du cadre, on dit qu’elle est « dépendante par rapport au champ » (field dependent) : son jugement est facilement influencé par un input étranger au contexte environnant. Si elle n’est pas influencée par l’inclinaison du cadre, on dit qu’elle est « indépendante par rapport au champ » (field independent). La plupart des études montrent que les personnes de sexe féminin sont plus dépendantes du champ – c’est-à-dire plus facilement distraites par le contexte au lieu de considérer séparément chaque variable du système. Elles disent plus fréquemment (de manière erronée) que la baguette est droite si elle est alignée sur le cadre (Witkin et al. 1962).

7. Bonne attention au détail pertinent. C’est un des traits communs essentiels de la systémisation. L’attention au détail pertinent est supérieure chez les hommes. On peut la mesurer avec le test du personnage caché : en moyenne, les hommes localisent plus rapidement et plus précisément le personnage caché dans un dessin complexe plus large (Elliot 1961 : 27-36). Les hommes, en moyenne toujours, détectent plus facilement une caractéristique particulière – qu’elle soit mobile ou immobile (Voyer et al. 1995 : 250-270).

8. Test de rotation mentale. Ici encore, les hommes sont plus rapides et plus exacts. Ce test nécessite de systémiser car on doit traiter chaque élément d’un assortiment présenté comme une variable qui peut être transformée (c’est-à-dire changée de place) et prédire où il va réapparaître (l’output) suite à cette transformation (Collins & Kimura 1997 : 845-849).

9. Lire une carte. C’est un autre test courant de systémisation car il implique, à partir d’éléments en 3D, de prédire leur apparence lorsqu’ils seront représentés en 2D. Les jeunes garçons obtiennent de meilleurs résultats que les filles. Les hommes peuvent également apprendre un parcours en un nombre moindre d’essais, en regardant simplement une carte : ils rapportent plus de détails corrects sur la direction et la distance. Cela suggère qu’ils traitent les éléments de la carte comme des variables pouvant être transformées en 3D. Si on demande à des écoliers d’établir une carte d’un endroit qu’ils n’ont visité qu’une seule fois, les cartes des garçons représentent les caractéristiques de l’environnement de manière plus précise que celles des filles. Un nombre plus élevé de cartes dessinées par les filles comporte des erreurs sérieuses quant à la localisation de repères importants. Les garçons ont tendance à insister sur les routes et les parcours, tandis que les filles donnent plus d’importance à des repères spécifiques (la boutique du coin de la rue, etc.). Ces deux stratégies – utiliser des indicateurs de direction versus des points de repère – ont été abondamment étudiées (par exemple, Galea & Kimura 1997 : 53-65). La stratégie directionnelle est un exemple d’une appréhension de l’espace en tant que système géométrique ; l’importance des rues ou des parcours montre que l’espace est considéré dans les termes d’un autre système, ici un système de transport.

10. Systèmes mobiles. Si on demande à des gens de lancer ou d’attraper des objets en mouvement (tests centrés sur des cibles) comme de lancer des fléchettes ou d’intercepter des balles projetées par un lanceur, les hommes sont, en moyenne, meilleurs. De même, si on demande à des hommes de désigner quel est le plus rapide de deux objets en mouvement, les hommes donnent, en moyenne, des réponses plus correctes (Schiff & Oldak 1990 : 303-316).

11. Systèmes organisationnels. On a demandé aux membres de la tribu Aguaruna du nord du Pérou de classer par espèces une centaine ou plus de spécimens locaux (Atran 1994). Les systèmes de classification des hommes comprenaient plus de sous-catégories (par exemple, ils introduisaient une plus grande différenciation) et avaient plus de cohérence que ceux des femmes. Les critères employés par les hommes Aguruna pour décider de la place de tel ou tel animal ressemblaient plus souvent aux critères taxinomiques utilisés par les biologistes occidentaux – pour la plupart masculins (Atran 1994). La classification et l’organisation impliquent de systémiser car les catégories sont prédictibles. Plus les catégories sont fines, plus le système de prédiction sera performant.

12. Quotient de systémisation. Ce questionnaire a été soumis à des adultes choisis au hasard dans la population générale. Il comprend quarante questions sur le niveau d’intérêt éprouvé par le sujet envers un ensemble de différents systèmes présents dans son environnement (incluant des systèmes techniques, abstraits et naturels). Les hommes y obtiennent de meilleurs scores que les femmes (Baron-Cohen & Reichler 2003a).

13. Mécanique. Le questionnaire de prédiction physique (Physical Prediction Quest, PPQ) est basé sur une méthode mise au point pour sélectionner des aspirants ingénieurs. Le test implique de prédire quels leviers de direction vont bouger quand un mécanisme interne (de roues d’engrenage et de poulies) d’un type ou d’un autre est impliqué. Les scores des hommes sont, de manière significative, plus élevés que ceux des femmes (voir figure 2, Lawson et al. à paraître).



Culture et biologie

À l’âge d’un an, les petits garçons manifestent une préférence marquée pour les vidéos montrant des voitures qui roulent (systèmes mécaniques prédictibles) plutôt que pour les films de visages humains. Les petites filles manifestent la préférence opposée. Toujours au même âge, ces dernières établissent également plus de contacts oculaires avec autrui que les garçons (Lutchmaya & Baron-Cohen, 2002c). Certains chercheurs ont fait l’hypothèse que, même à cet âge, la socialisation pourrait avoir provoqué ces différences liées au sexe. Bien qu’il existe des données en faveur d’une socialisation différenciée contribuant aux différences sexuelles, il est cependant peu probable que cette explication soit suffisante car il a été démontré que, même pour les bébés âgés d’un jour, les garçons regardent plus longuement un objet mobile mécanique (système obéissant à des lois de mobilité prédictibles) qu’un visage (objet quasiment impossible à systémiser) tandis que les nourrissons de sexe féminin montrent la tendance inverse (Connellan et al. 2001 : 113-118). Ces différences de sexe sont donc présentes dès le tout début de la vie. Ce qui soulève la possibilité que, tandis que la culture et la socialisation peuvent partiellement déterminer le développement d’un cerveau masculin (avec un intérêt plus développé pour les systèmes) ou d’un cerveau féminin (avec un intérêt plus développé pour l’empathie), la biologie pourrait aussi jouer un rôle dans ce phénomène. Il existe beaucoup de preuves en faveur de ces deux déterminismes : culturel et biologique (Eagly 1987 ; Gouchie & Kimura 1991 : 323-334). Par exemple, la quantité de contacts établis par le regard à l’âge d’un an est inversement proportionnelle au niveau de testostérone prénatale (Lutchmaya et al. 2002a).

Source en anglais (traduction)

Voir aussi

Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Étude norvégienne — Plus un homme participe aux tâches ménagères, plus il y a risque de divorce





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vendredi 8 mars 2013

Le retour des manifs d'« étudiants »



Matthieu Bock-Côté sur la SRC (radio)

Et sa petite colère sur Facebook :
« Petite colère du jeudi soir : parler des excités encagoulés qui lancent des roches aux policiers en disant «les étudiants», ça me révolte un peu. Des étudiants, j'en ai connu énormément dans mes cours. Certains étaient à gauche, d'autres étaient ailleurs, certains étaient souverainistes, d'autres jouaient la carte de la citoyenneté mondiale, mais l'immense majorité n'avait rien à voir avec le portrait du crétin déguisé en révolutionnaire qui joue à la guerre civile dans les rues. Même les plus «radicaux» étaient spontanément courtois, civilisés, et bien souvent, ils étaient de grands lecteurs. Cela ne veut pas dire que j'endosse leurs choix politiques. Mais que je n'aime pas qu'on les caricature grossièrement. Non, les casseurs ne sont pas «les étudiants». Et il faudra chaque fois, désormais, distinguer les premiers des seconds, en rappelant que les étudiants ne méritent pas la mauvaise révolution que des voyous idéologiquement excités par l'extrémisme politique leur font. »
Carrés rouges : Pauline Marois et Martine Ouellette,
la militante écologiste, ministre des ressources naturelles 






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« Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants

Les démocrates d’Obama parlent beaucoup de la prétendue guerre que les républicains de Romney voudraient mener contre les femmes. Et bien sûr la presse québécoise de « qualité » s’en est fait l’écho (74 mentions dans Le Devoir, le feuillet paroissial de la gauche québécoise).

MSM = Gros médias conformistes
Peut-être ne s’agit-il que de faire oublier la grave situation économique que continuent de traverser les États-Unis à l’issue du mandat du président Barack Obama, de cliver les électeurs, de trouver une sujet de dissension capable de mobiliser les démocrates purs et durs. Quoi qu’il en soit les démocrates américains parlent beaucoup de la « guerre contre les femmes ».

Pour gagner cette « guerre contre les femmes », les stratèges du parti d’Obama ont décidé de lancer une campagne vidéo et d’axer une partie de leur prochaine convention nationale sur le « droit des femmes » qui seraient menacés selon eux par les républicains rétrogrades et extrémistes.

Une vidéo intitulée « Femmes républicaines pour Obama » a donc été lancée. Dans celle-ci une poignée de femmes anonymes expliquent avoir voté républicain toute leur vie jusqu'à ce que cet homme Mitt Romney arrive et elles ont décidé qu'il était tout simplement trop extrémiste… En outre, ces femmes disent être choquées de découvrir, après avoir voté républicain sans arrêt pendant 40 ans, que le parti républicain serait opposé à l'avortement (depuis des décennies pourtant…)



L’ennui c’est que certaines de ces femmes ne sont pas du tout républicaines. Une d’entre elles se nomme Maria Ciano du Colorado. Elle est inscrite sur les listes électorale comme démocrate, ses mentions « J’aime » sur Facebook comprennent une longue série de figures ou d’organisations de gauche comme Amy Goodman, MoveOn.org, Bernie Sanders, et une page Facebook intitulée « J’aime quand je me réveille le matin et qu’Obama est président ».

Une autre de ces « républicaines » se nomme Delia Ciano, elle n'est autre que la mère de Maria Ciano. Sa page Facebook, à l'instar de sa fille, est révélatrice. Elle a mis en place un lien vers la vidéo pro-Obama et écrit : « Maria et moi faisons partie de cette vidéo. J'espère que vous regarderez ». Ailleurs sur sa page, elle qualifie les républicains d’« idiots ». Le reste se compose la plupart du temps d’attaques contre les républicains.

Les pontes du parti démocrate ont également décidé d’agir sur la peur d’une perte des droits des femmes lors de leur convention présidentielle en y invitant Eva Longoria de Beautés désespérées, la militante présidente de Planned Parenthood Cécile Richards, l’activiste pro-avortement et directrice de NARAL Pro-Choice , Nancy Keenan, et l’étudiante de la faculté de droit de Georgetown Sandra Fluke, cette jeune trentenaire qui a témoigné devant le congrès pour se plaindre – sans rire – de ce que son université privée théoriquement catholique ne voulait pas lui payer sa contraception alors que cela lui causait des difficultés financières…

Comme le souligne Mark Steyn dans ce dossier : « Aucun de nous ne peut savoir de quoi sera fait le monde dans quatre ans, mais on peut affirmer une chose avec certitude : la femme américaine pourra encore profiter de son « droit de choisir ». Que l'on soutienne ou que l’on s'oppose à l'avortement, la réalité pratique est que la plus grande « menace » à votre « droit » à l'avortement est que vous pourriez avoir à conduire un peu plus loin pour cela [si jamais un avortoir venait à fermer ou des médecins venaient à s'opposer à pratiquer un avortement]. Pourtant, il ne faut jamais sous-estimer les lunettes déformantes à travers lesquelles les « progressistes » perçoivent la réalité. La « guerre » contre les femmes se résume à Sandra Fluke, cette étudiante de 30 ans qui exige que Georgetown paie les contraceptifs de ses étudiants - malgré le fait que le coût total de cette contraception pendant quatre ans reviennent à moins que le salaire de la première semaine du premier emploi d'un diplômé en droit de Georgetown (salaire moyen de départ : 160 000 $ par an). Quel enfer que la guerre. »

Voilà donc ce qui semble prioritaire pour les démocrates. Entretemps qu’est-ce qui pourrait vraiment se passer d’ici quatre ans ? La Chine pourrait fort bien devenir la plus grande économie du monde, un autre déclassement américain, la dette américaine valoir environ trois fois le PIB de la planète entière.

Une étude « non partisane » du Centre Pew Research indique que la classe moyenne américaine fait face à sa « pire décennie de l'histoire moderne ». Le Bureau — tout aussi « non partisan » — du budget du Congrès affirme que les modifications fiscales et budgétaires qui devraient prendre effet au début de l'année 2013 causeront une nouvelle récession et augmenteront le chômage. Il s'agit d'une révision de leur prédiction plus tôt cette année quand ce Bureau ne prévoyait qu’une contraction de l’économie de 1,3 % en 2013. Désormais, la prévision de la contraction est de 2,9 pour cent. On assiste en même temps à un ralentissement mondial.

Mais ce n’est pas si grave, il en allait de même dans les années 1930 et comme la coqueluche des gauches occidentales, Paul Krugman, aime à le seriner : en fin de compte la Seconde guerre mondiale a restimulé l’économie américaine. (Voilà 11 ans que les États-Unis et ses alliés essaient de vaincre des bergers arriérés en Afghanistan et cela ne semble ni avoir redynamisé l’économie ni être de bon augure si un autre conflit mondial devait se déclencher.)

Mais il n’y aucune raison de s’inquiéter : Obamacare va « baisser les coûts » comme le répètent les démocrates et leurs thuriféraires. Depuis que le projet de loi a été adopté en 2010, le bureau du Budget du Congrès a révisé son estimation des coûts bruts d’Obamacare sur 10 ans. Eh, oui, en hausse de 944 milliards de dollars pour passer à 1,856 billions (1 856 milliards) de dollars.


L’auteur à succès Steyn est prêt à parier qu’il ne s’agit pas de la dernière révision à la hausse et que les coûts européens ne sont pas une base correcte pour estimer ceux d’Obamacare : « Regardez autour de vous. Les Américains ne sont pas des Suédois. Le taux d'obésité aux États-Unis est de 36 pour cent; en Suède il est de 9,7 pour cent; au Japon de 3,2 pour cent; en Chine 2,9 pour cent et, enfin, en Inde de 0,7 pour cent. Le nôtre est un pays où 78 millions de personnes (soit environ la population de l'Allemagne) sont, selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), « obèses » - dont plus de 40 millions de femmes. »

Quarante millions de femmes affectées, n’est-ce pas là une question qui touche à la santé des femmes ? Un sujet nettement plus sérieux que le « droit » des étudiantes trentenaires dans un prestigieux établissement privé à une contraception gratuite (enfin, payée par d’autres), non ?

Comme George Will l’a souligné cette semaine, les solutions gouvermamantales (comme la campagne actuelle de Michelle Obama pour que les Américains grignotent des endives bio) ne fonctionnent pas : pourcentage des enfants en surpoids dans les écoles où l’on trouve de la malbouffe hypercalorique : 35,5; pourcentage dans les écoles qui interdisent cette malbouffe : 34,8 pour cent.

Fait intéressant, on peut observer une augmentation simultanée du poids gouvernemental, des programmes sociaux, de la dette et de l’obésité dans la population. Si toutes ces courbes ne démontrent pas à vos yeux à quel point les adultes — et en particulier les baby-boomer qui auront profité toute leur vie de ces programmes et de l’augmentation de la dette — n’a pas pillé le futur des jeunes générations, il suffit de se pencher par la fenêtre : les Américains qui marchent (ou plutôt se dandinent mollement) dans la rue sont une métaphore de la consommation effrénée détachée de toute production de richesse.

Ainsi donc, les États-Unis ne sont pas capables de mener une guerre victorieuse en Afghanistan, mais les méchants Républicains seraient capables de livrer une « guerre contre les femmes » qui n'existe que dans l’imagination de l’élite autoproclamée de gauche.

Le gouvernement ne peut rien faire contre l’explosion d’obésité infantile, le diabète et les maladies cardiaques, mais, si vous définissez « soins de santé » comme l’obligation d’une institution catholique d’acheter la contraception mensuelle à dix dollars pour les rejetons des riches et des privilégiés, alors tout va bien.

La gauche américaine considère qu’elle fait tout cela pour les enfants. Enfin les arares qui naissent encore malgré avortements, contraception et déclin économique. Ils sont de moins en moins nombreux. En effet, l’indice synthétique de fécondité est tombé à 1,9 enfant par femme alors que récemment il se situait à un peu plus de 2 enfants par femme. Parmi les femmes hispaniques, le taux de fécondité est passé de près de 3 enfants, il y a quelques années, à 2,4 enfants par femme en 2010.


Quel sera l’héritage de cette longue guerre pour les droits des femmes qui seraient menacées, de cet État nounou glouton, de tous ces programmes sociaux, de cette dette gargantuesque qui ne font qu’enfler en même temps qu'ils déresponsabilisent les gens ?

Dans les termes de Larry Kotlikoff de l’Université de Boston, il s’agit rien de moins que de « maltraitance financière des enfants ».  En face de cette guerre faite aux futures générations, la gauche américaine préfère se concentrer sur sa guerre irréelle faite selon elle aux femmes. Qui semble aveuglé par son idéologie ? Quel est le parti extrémiste ici ?





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La révolution sexuelle et le féminisme, héritage des années soixante

Ce qui suit est la traduction d’un extrait d’un article de Harvey Mansfield. L’article s’intitule « L’héritage de la fin des années soixante » (The legacy of the late Sixties). Il a été publié en 1997 dans un volume collectif intitulé « Réévaluer les années soixante » (Reassessing the Sixties). Harvey Mansfield y dresse en douze points l’inventaire de ce que nous ont légué les années soixante. 

Par Harvey Mansfield* — Pour appréhender le sens de cette période [les années soixante] il faut commencer avec sa promesse de libération sexuelle, la promesse qui a rencontré à la fois le plus et le moins de succès. Elle est celle qui a rencontré le plus de succès, car elle est celle qui a été la plus avidement adoptée et qui a eu le plus de conséquences. Cette promesse est née d’une union illicite et forcée entre Freud et Marx, dans laquelle monsieur Marx a été contraint d’abandonner le principe selon lequel l’économie, et non pas la sexualité, est le point central de la libération, et monsieur Freud a dû renoncer à son affirmation qu’il est impossible de se libérer de la nature humaine. L’importance du sexe a donc été grossièrement magnifiée, comme s’il était l’alpha et l’oméga de la vie, et puisque cela ne suffisait pas, cette amplification a été combinée avec l’idée que toute restriction en matière de sexualité n’est rien d’autre qu’une inhibition irrationnelle, sans aucun lien avec la protection de quoi que ce soit de bon dans la nature humaine. La modération ou la pudeur n’est ni bonne en elle-même, ni une source de bien en nous permettant de rechercher des plaisirs plus élevés que ceux de la sexualité. Au contraire, l’idéal de la libération sexuelle fait apparaitre la modération ou la pudeur comme stupide, pudibonde et ridicule.

Bien que la libération sexuelle ait eu le pouvoir d’égarer, elle a entièrement échoué à créer plus de libération ou une sexualité plus satisfaisante. Elle n’a pas produit davantage de plaisir, ni corporel ni psychique. Aucune modalité nouvelle ou aucune position nouvelle n’ont été découvertes, comme en témoigne l’identité de la pornographie avant et après l’avènement de la nouvelle ère. La principale difficulté en matière de pornographie est maintenant de recréer les conventions victoriennes de manière à avoir quelque règle à transgresser. Ce n’est pas amusant de toujours rencontrer, en imagination, quelqu’un qui en sait autant que vous. Puisque l’innocence est perdue, le seul obstacle à vaincre est d’obtenir le consentement du partenaire, mais puisque tous deux sont libérés, pourquoi ce consentement serait-il refusé ? Il n’est pas étonnant, par conséquent, qu’une sexualité plus libre ait produit plus de viols, exactement comme les prudes auraient pu le prédire. Il n’est pas étonnant non plus que cela ait fonctionné à l’avantage des hommes et au détriment des femmes, le sexe le moins agressif. La libération sexuelle a libéré la volonté de puissance plutôt que le sexe.

L’idéal de la perversité polymorphe – c’est à dire d’une sexualité qui ne soit plus inhibée par le sens de la honte ou des convenances – a reçu un rude coup avec l’émergence du SIDA. Peut-être devriez-vous écouter plus attentivement les avertissements vaguement menaçants de votre mère – si elle est suffisamment rétrograde – au sujet des gens qui batifolent avec leurs organes sexuels. Bien sûr cela n’est pas la réponse officielle au SIDA, qui est strictement limitée à la sympathie pour ceux qui sont affectés. Mais la leçon est trop évidente pour échapper à qui que ce soit, en dehors des professionnels de cette question. Depuis les années 1960, la pudeur féminine s’est réaffirmée, partiellement sous l’apparence du féminisme. Il y a aujourd’hui beaucoup de jeunes filles comme il faut (nice girls) (et peut-être y en a-t-il toujours eu), mais elles sont désorientées, sur la défensive, et n’ont pas le soutien des normes sociales. Le seul conseil qu’elles reçoivent est de pratiquer le « safe sex ».

Le sexe sans inhibition est sans amour aussi bien que sans pudeur, car l’amour est ressenti comme une contrainte. Aimer limite vos options. Il est bien préférable de s’endurcir un peu, de manière à pouvoir partir lorsque vient le matin. Avec cette attitude, vous oubliez que si vous désirez le sexe plutôt que la conquête, vous pouvez égaler le record de Don Giovanni en étant heureusement marié. Et pour y parvenir, il n’est nul besoin d’être riche ou d’être un aristocrate. En fait, il est plutôt préférable de n’être ni l’un ni l’autre. Mais Don Giovanni chantait magnifiquement pour duper ses conquêtes. Avec la libération sexuelle, il n’y a plus de tromperie, plus de séduction, plus de jeu, plus de nuance, plus de galanterie, plus de romance, et Mick Jagger à la place de Mozart. Il y aura peut-être des préservatifs, si vous avez de la chance.

Le féminisme

Le féminisme, un phénomène des années 70 et au-delà, était un enfant, ou plutôt une sorte de vilain petit canard, de la fin des années 60. Bien que le féminisme soit devenu visible avec un livre à succès de Betty Friedan en 19631, il commença avec un livre plus sérieux, Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (première édition américaine en 1953). Ses prémisses fondamentales étaient empruntées à trois philosophes masculins : que le sexe est une forme de pouvoir (Freud et Nietzsche), que les rôles sexuels ne sont pas déterminés par la nature mais sont interchangeables (Marx), et que l’identité est une auto création de soi (Nietzsche). Les premières féministes étaient pour la plupart des marxistes, ou plus exactement des néo-marxistes. Elles étaient radicalement opposées à la bourgeoisie, croyaient-elles.

Le féminisme commença partiellement comme une réaction contre la révolution sexuelle, qui était en effet, comme nous l’avons vu, avant tout pour les mâles, ou plutôt pour les mâles prédateurs. Les femmes devaient être délivrées de la cuisine et de la nurserie, uniquement pour se retrouver confinées dans la chambre à coucher. Quel est notre intérêt dans tout ça ? demandèrent raisonnablement les femmes. Dans la mesure où les femmes désiraient être délivrées de la féminité, elles trouvèrent quelques avantages théoriques dans l’idéologie de la libération sexuelle. De manière plus pratique, les femmes qui faisaient des études, s’emparèrent avidement de l’idée nouvelle qu’il était acceptable, et même désirable, pour une jeune fille comme il faut d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Puisque le mariage était repoussé par le besoin de commencer une carrière professionnelle (= « trouver sa propre identité »), attendre jusque là était, en dehors de toute idéologie, simplement trop long.

Ce que le féminisme veut c’est que les femmes soient interchangeables avec les hommes. Comme l’indique l’usage du il/elle à la place du pronom impersonnel, partout où il y a un « il » il peut y avoir une « elle » ; et partout où il y a une « elle » il peut y avoir un « il ». De cette manière une femme peut créer sa propre identité, libérée des attentes qui vont avec le fait d’être « femme », pour ne rien dire de celles qui vont avec le fait d’être « une dame ». Elle peut devenir indépendante, tout comme un homme. Ce qui commence comme une contestation de la virilité, du machisme, et de la phallocratie se termine par une soumission complète à toutes ces choses, dès lors qu’il s’avère que ce qui motivait leur dénonciation était simplement la jalousie de ne pas y participer. Les féministes s’abandonnent donc au carriérisme et à la réussite, la même « autonomie » bidon, ou le même conformisme social qui se fait passer pour de la créativité individuelle2, qui était rejeté avec mépris lorsqu’on lui appliquait le qualificatif de « bourgeois ».

Disparues, ou du moins oubliées, les qualités féminines de loyauté, de tendresse, d’affection, d’amour maternel, et de séduction – qualités qui toutes supposent une certaine prise de distance avec les ambitions professionnelles mesquines. Disparu également le traditionnel scepticisme des femmes vis-à-vis des réalisations masculines, qui avait toujours servi de salutaire contrepoids à la vanité des mâles dominants. Si les femmes n’ont pas de nature, les hommes non plus. La complémentarité des hommes et des femmes, qui leur rend nécessaire et possible le fait de vivre ensemble et qui les récompense lorsqu’ils le font, est niée ou ignorée. Ce que nous avons à la place est un mélange confus de femmes arrivistes en compétition avec des mâles agressifs, et d’hommes sensibles qui s’inclinent devant des femmes récriminatrices, sans aucune conscience que quelque chose pourrait être détraqué.

Ou bien ce féminisme radical est-il injustement pris pour le féminisme dans son ensemble ? La plupart des femmes sont des féministes modérées (et toutes les femmes de nos jours sont féministes sous une forme ou une autre). Alors que les radicales sont opposées à la famille, les modérées croient qu’il est possible d’avoir en même temps une carrière et une famille. Leur nature féminine s’affirme, et est même parfois reconnue en tant que telle, dans le féminisme « deuxième époque » des femmes qui ne sont pas intéressées par le fait d’insulter les hommes, et encore moins par le fait de vivre sans eux. Mais les modérées veulent les avantages de l’agressivité sans avoir le stress qui accompagne le fait de manifester de l’agressivité et d’y être exposé. Elles se plaignent d’un « environnement hostile au travail » et du « plafond de verre », comme si la récompense devait revenir au mérite sans qu’il soit nécessaire de se donner la peine de la réclamer. Lorsque la récompense n’est pas accordée à ceux qui s’assoient et attendent qu’elle arrive, ces femmes indépendantes appellent le gouvernement à l’aide, et la discrimination positive arrive à la rescousse.

Le féminisme modéré représente un certain soulagement par rapport à la grossièreté de la variété radicale, mais il est moins perspicace que cette dernière, car il repose sur l’illusion qu’il est possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Traiter les femmes comme si elles étaient interchangeables avec les hommes n’a jamais été essayé par quelque société que ce soit, pour autant que nous le sachions. Il s’agit par essence d’une idée radicale, toutes les femmes devraient en être bien conscientes et considérer l’adoption de cette idée comme une expérience risquée.

Pour résumer le féminisme, il me semble que celui-ci a produit plus de justice et moins de bonheur. La plus grande justice vient du fait d’accorder plus de possibilités et de reconnaissance qu’auparavant aux femmes ayant des aptitudes à faire valoir. Elle est souillée par l’injustice de la discrimination positive, et contrebalancée dans une certaine mesure par le caractère douteux du genre de reconnaissance qui vous est accordée par le monde en général, plutôt que par ceux qui vous connaissent. Le moindre bonheur vient du fait d’être libéré pour un travail. Félicitations, mesdames, pour avoir obtenu ce que vous vouliez ! Ce qui commence comme un choix parmi différentes possibilités attractives se termine par la nécessité de gagner seule sa vie. Car le divorce vient facilement avec l’indépendance. En cas de difficulté, s’il s’ennuie, ou bien s’il est attiré ailleurs, votre homme croira sans peine ce que les féministes lui ont dit : que vous pouvez vous en sortir toute seule. Derrière chaque femme libérée se trouve un homme libéré.

Et qu’en est-il des hommes ? Les féministes ont lancé une attaque contre la virilité et ont tenté, par des méthodes qui rappellent le « despotisme doux » de Tocqueville, de la transformer en sensibilité. « Allons-allons ! », disent-elles, vous devez apprendre à vous conduire comme une femme, ou bien nous vous enverrons dans un séminaire de sensibilisation (« sensibiliser » est un terme d’origine néo-marxiste). Savoir si de telles mauviettes se révèleront satisfaisantes pour les femmes est peut-être la question de notre temps. Le féminisme est maintenant si bien établi que les femmes ne ressentent plus le besoin de se dire féministes. Mais le rejetteront-elles jamais ? Seules les femmes peuvent défaire ce qu’elles ont fait pour créer les hommes sensibles. Aujourd’hui la virilité n’est plus tolérée que chez les noirs, mais sous une forme tellement exagérée qu’elle en devient ridicule.


Source : Le Bulletin d’Amérique, traduction d’Aristide


[1] NdT : The feminine mystique
[2] NdT : « other-directed conformity posing as self-directed creativity », allusion au livre The lonely crowd de David Riesman (1950).



À lire

Harvey Mansfield : Comprendre et engager le politique, par Kenneth R. Weinstein,
Virilité et morale, par Harvey Mansfield



*Harvey C. Mansfield est Professeur de Philosophie politique à Harvard et Senior Fellow de la Hoover Institution de l’Université de Stanford, où il dirige le groupe de réflexion sur la vertu et la Liberté. Il a écrit sur Edmund Burke et la nature des partis politiques, sur Machiavel et l’invention du gouvernement indirect, sur la découverte et le développement de la théorie du pouvoir exécutif. Il a traduit trois ouvrages de Machiavel et De la Démocratie en Amérique de Tocqueville. Dans son dernier livre, Manliness, il s’interroge sur la question de la virilité, dans une société qui promeut la neutralité des genres. Il a reçu en 2004 la médaille nationale des Humanités par le Président des Etats-Unis. Entré à Harvard en 1949, il y enseigne depuis 1962.

Voir aussi

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes


Revenons quelque peu sur ce fameux cahier d'exercices d'éthique et de culture religieuse où Mme David apparaît dans un grand médaillon.

Regardons quelques-unes des affirmations et priorités mentionnées dans celui-ci.

L'équité salariale

Un des thèmes récurrent est l'équité salariale que Mme David cite comme un grande réussite du mouvement féministe (p. 199, reproduite en fin de billet) et que le cahier identifie comme encore inexistante sur le terrain (p.197, également reproduite).

Les lecteurs trouveront donc peut-être intéressante la vidéo ci-dessous qui démonte l'idée reçue selon laquelle l'ascension professionnelle des femmes est due au mouvement féministe. Bien entendu, le cahier d'éthique en question ne remet pas du tout en cause cette idée reçue.

Il s'agit d'un entretien avec le professeur Thomas Sowell qui a enseigné l'économie, l'histoire intellectuelle et les politiques sociales aux universités Cornell, d'UCLA et d'Amherst. Il est aujourd'hui associé principal à la Hoover Institution.



« Les femmes gagnent toujours 70 % du salaire des hommes »

Le cahier « Françoise David » ressort tous les poncifs du prêt-à-penser féministe en matière salariale :
« Les femmes n'ont toujours pas obtenu l'équité salariale dans les faits. Elles ne gagnent toujours en moyenne que 70 % du salaire des hommes.

[...]

En 2001, 61 % des employés au salaire minimum étaient des femmes. »
Présentée ainsi, cette situation choquera le désir de justice de nombreux élèves. Mais les faits sont tronqués par ce cahier (et Radio-Canada ce même jour qui reprend les mêmes genres de statistiques aux États-Unis : « les statistiques gouvernementales démontrent que les femmes américaines ne gagnent encore en moyenne que 80 % de la paye de leurs homologues masculins travaillant autant. »).

Complétons donc cette présentation tronquée en reproduisant ici quelques extraits d'un article du New York Times sur la question par Warren Farrell publié le 5 septembre 2005.

« Rien ne dérange plus les femmes qui travaillent que les statistiques souvent mentionnées lors de la fête du Travail qui montre qu’elles ne reçoivent que 76 cents pour chaque dollar qu’un homme gagne à travail égal. S’il s’agissait d’un portrait complet, la chose devrait tous nous déranger; comme beaucoup d’autres hommes, j’ai deux filles et ma femme est employée.

[…]

Je me suis dit peut-être que les patrons sous-évaluent les femmes. Mais j’ai découvert qu’en 2000 les femmes sans patrons, elles sont indépendantes, gagnaient 49 % de ce que les patrons indépendants mâles gagnent. Pourquoi ? Quand le Rochester Institute of Technology a effectué une étude sur les propriétaires d’entreprises détenant un MBA d’une école commerciale prestigieuse, les auteurs ont découvert que l’argent était la principale motivation de 29 % des femmes alors que c’était le cas de 76 % des hommes. Les femmes valorisaient l’autonomie, la souplesse (des semaines de 25 à 35 heures et un emploi près du foyer), l’épanouissement et la sécurité.

Après des années de recherche, j’ai identifié 25 différences dans les choix de vie et de carrière entre les hommes et les femmes. Toutes font en sorte que les hommes gagnent plus d’argent, mais que les femmes bénéficient d’une meilleure vie.

Gagner beaucoup d’argent est une question de compromis. Les hommes choisissent de travailler de plus longues heures (les femmes travaillent plus à la maison), occupent des professions plus dangereuses, plus sales et travaillent plus souvent à l’air libre.

La différence de rémunération se résume-t-elle à des choix différents effectués par les hommes et les femmes ? Pas tout à fait. Le fait d’être parent intervient aussi. Les femmes qui ne se sont jamais mariées et qui n’ont pas eu d’enfant gagnent 117 % de leurs homologues mâles sans enfant (à même niveau d’éducation, d’heures travaillées et même âge). Leurs décisions ressemblent plus à celles des hommes mariés, alors que les décisions des hommes restés célibataires ressemblent plus à celles des femmes en général (des carrières artistiques, pas de travail en fin de semaine, etc.)

[…]

Mais est-ce que les femmes ne gagnent pas moins d’argent pour un même travail ? Oui et non. Le Bureau de la statistique du travail considère en bloc tous les médecins. Pourtant les hommes ont plus de chance d’être chirurgiens (plutôt que des généralistes), travaillent plus souvent à leur propre compte pendant à la fois plus d’heures et à des heures moins prévisibles, et cela pendant plus d’années. Bref, ce « même travail » n’est pas le même.

[…]

Comparer les hommes et les femmes avec les « mêmes professions » revient donc à comparer des pommes et des poires. Toutefois, quand les 25 choix de carrière sont les mêmes, la bonne nouvelle pour les femmes c’est qu’alors les femmes gagnent plus que les hommes.

[…]

Il existe 80 professions dans lesquelles les femmes sont mieux rémunérées que les hommes : analyste financier, orthophoniste, radiologiste, bibliothécaire, projectionniste, technicien des sciences biologiques. Les ingénieures commerciales gagnent 143 % de ce que gagnent leurs homologues masculins, les statisticiennes font 135 %.

Je veux que mes filles sachent que les gens qui travaillent 44 heures par semaine touchent, en moyenne, deux fois plus que ceux qui travaillent 34 heures et que les pharmaciennes gagnent aujourd’hui presque autant d’argent que les médecins.

Ce n’est qu’en cessant de nous concentrer sur la discrimination contre les femmes que nous pouvons découvrir ces occasions ouvertes aux femmes. »

Autres faits passés sous silence

Le chômage frappe désormais plus les hommes : « L'emploi a chuté de 111 000 dans le principal groupe d'âge actif (soit les adultes âgés de 25 à 54 ans), et près des deux tiers de ce recul sont survenus chez les hommes. »


« Du milieu des années 1970 à la fin des années 1980, le taux de chômage chez
les hommes était habituellement inférieur à celui des femmes. Depuis 1990,
toutefois, cette tendance s'est inversée, et le taux de chômage des femmes
est demeuré inférieur à celui des hommes. En 2007, le taux de chômage des
femmes était de 5,6 %, et celui des hommes, de 6,4 %. »


On observe le même phénomène aux États-Unis et plus particulièrement depuis le début de la crise économique :

la crise touche d'abord les hommes


Mise à jour septembre 2009 : plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail

Une analyse réalisée par les travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) révèle qu'il y a plus de femmes que d'hommes sur le marché du travail au Canada.

Cette conclusion est tirée de l'examen des données d'une étude de Statistique Canada réalisée annuellement sur la syndicalisation.

Ainsi, au cours de la première moitié de 2009 (du 1er janvier au 30 juin), le nombre de femmes employées a été supérieur de 160 000 en comparaison aux hommes (7,123 millions de Canadiennes contre 6,963 millions de Canadiens).

Même en incluant les périodes des deux Guerres mondiales, c'est la première fois au pays que le nombre de femmes qui occupent un emploi surpasse celui des hommes. L'enrôlement sous les drapeaux de ces derniers avait en effet conduit de nombreuses femmes à prendre leur place au travail, mais jamais elle n'y furent majoritaires.





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Violences conjugales : les hommes battus oubliés en France comme au Québec ?

Arthur Vivien 
Selon le juriste français Arthur Vivien, si la dramatique question des violences conjugales fait l'objet de l'attention de la classe politique et des médias depuis plusieurs années, personne ne semble s'occuper des hommes battus. C'est ainsi qu'en France plus de 50 associations accompagnent aujourd'hui les femmes victimes de violences conjugales, la police est formée à recevoir les femmes et la justice sanctionne. Tout cela est une bonne chose pour les femmes subissant des violences physiques (soit 3 % d'après l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales, ONDRP). Ce qu'on ne sait moins cependant, c'est que de très nombreux hommes sont également battus par leur compagne. L'ONDRP, présidé par Monsieur Alain Bauer, vient de révéler que 280 000 hommes sont aujourd'hui victimes de coups, de violences physiques au sein de leur couple (1,3% des hommes de 18 à 75 ans).  Ajoutons que les hommes sont parfois battus par les frères de leur épouse, ces chiffres ne sont pas repris dans les chiffres de l'ONDRP.

Arthur Vivien se demande « Pourquoi devrions nous continuer à laisser dans le silence et l'oubli ces hommes qui subissent la même chose que les femmes battues ? »

Une « journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes » a été instituée le 25 novembre par le Parlement français (loi du 9 juillet 2010, sous le président dit de droite Sarkozy).

Pour quelles raisons devrions-nous accepter qu'une politique publique soit menée en laissant complètement à l'écart l'un des deux sexes ? Le juriste s'interroge : « On nous parle aujourd'hui beaucoup des enfants témoins de ces violences : est-ce qu'un enfant voyant son père se faire battre doit être moins considéré qu'un enfant voyant sa mère se faire battre ? » Pour beaucoup de raisons, cet état de fait, oublieux des pères et des hommes, doit cesser selon M. Vivien, au nom notamment des valeurs de justice et d'égalité qui sont les siennes. À une époque où les féministes font la promotion d'une théorie censée nous permettre de rompre avec les stéréotypes culturels attachés à chaque sexe — la théorie du genre —, l'heure n'est-elle pas venue de rompre avec le dogme culturel largement répandu et entretenu par certaines féministes selon lequel tous les hommes sont des dominateurs, des violents en puissance ? En tout cas, pour M. Vivien, la réalité révélée par ces chiffres nous invite à sortir collectivement des clichés simplistes qui sont stigmatisant, pour ne pas dire sexistes à l'égard des hommes.

Analyse féministe de la violence conjugale dans un cahier ECR

Lancement de livre Libérez-nous des syndicats (obligatoires) sous escorte policière

Le lancement du livre d’Éric Duhaime Libérez-nous des syndicats s’est fait sous escorte policière, mercredi soir à Montréal, à la suite de menaces dirigées contre l’auteur et contre le restaurant hôte de l’événement.


Voir aussi

Syndicats satisfaits : taux du nombre d'élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu'en 2015

Affamer le privé, les curieuses économies de la Fédération autonome de l'enseignement

Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires

États-Unis — Choix scolaire grandissant malgré l'opposition musclée des syndicats

Québec — Dépenses par élève dans le réseau gouvernemental en hausse constante

Le président Obama met ses enfants dans le privé de même que 40 % du Congrès américain

Professeurs incompétents que l'on ne pourrait congédier, perception des syndicats par les Québécois

Priorité en éducation selon le syndicat CSQ : lutter contre l'hétérosexisme...

Comment concilier financement juste et recherche de l'amélioration des écoles

Entretien avec Philippe Nemo sur l'école unique et le monopole d'État

Le système de garderies, les syndicats sont-ils tombés sur la tête ?





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mercredi 6 mars 2013

Un diplôme universitaire pour tous ?

Extraits d'un article intéressant de Nathalie Elgrably-Lévy sur le sommet de l'éducation.

[...]

Pendant plusieurs mois, Mme Marois et M. Duchesne se sont gargarisés de grandes déclarations et se sont drapés dans la vertu en appelant inlassablement au « dialogue », à « l’ouverture » et au « consensus ». En réalité, tout était déjà décidé. Il ne restait plus qu’à manipuler les intervenants et la population pour leur faire croire qu’ils avaient une influence. Sinon, comment expliquer que les éléments qui apparaissaient dans le « Cahier du participant », sous la rubrique Le gouvernement souhaite discuter des éléments suivants lors du Sommet, se soient rapidement transformés en annonces officielles avant même la clôture de l’événement ?

[Note du carnet: qui croit encore dans la moindre influence du public sur les conclusions de ces sommets montés par les gouvernements successifs ? Voir la Commission Bouchard-Taylor, l'euthanasie, les sommets sur de l'éducation précédents, etc. Les résultats sont prévus d'avance, les mémoires qui vont dans le sens du gouvernement sont mis en avant, sans refléter ceux présentés par le public... Voir aussi le témoignage de Gary Caldwell qui avait participé comme commissaire à un autre Sommet : « Hors de Montréal, aucun des mémoires ne la [déconfessionalisation du réseau scolaire] réclamait. Il y eut beaucoup de témoignages en faveur de la pastorale scolaire. » Les résumés "exécutifs" préparés par la bureaucratie minimisaient l'opposition aux visées gouvernementales et faisaient ressortir les mémoires qui allaient dans le sens voulu par le gouvernement. Ces résumés furent repris par les médias. C'est ainsi que dans le cas de l'euthanasie même si les mémoires (voir graphique ci-dessous) opposés à celle-ci étaient majoritaires, on fit grand cas de ceux qui prônaient l'« aide médicale à mourir », ce que le gouvernement cherchait à imposer depuis le début.]





Annonce inquiétante

L’une de ces annonces est particulièrement inquiétante. Il s’agit de l’intention du gouvernement de lier une part du réinvestissement dans les universités à l’atteinte de certains objectifs. En pratique, Québec ne propose rien d’original. Il se contente de réchauffer l’approche des contrats de performance déjà introduite par François Legault, en 2000, lorsqu’il était ministre de l’Éducation. Il faut donc s’attendre à ce que les universités voient leur aide financière subordonnée à la hausse de leur taux de diplomation. Pour un gouvernement qui prétend vouloir construire une société du savoir et miser sur l’excellence, imposer aux universités une telle obligation de résultats pour obtenir le financement public est bien la pire mesure à adopter!

Fermer les yeux

Pour augmenter leurs taux de diplomation, les universités devraient pouvoir compter sur de nouvelles cohortes d’étudiants mieux préparés aux études supérieures. Toutefois, vu les problèmes qui affligent les niveaux primaire et secondaire, problèmes sur lesquels Québec préfère d’ailleurs fermer les yeux, cette avenue n’est pas envisageable pour l’instant.

[Note du carnet: On ne voit d'ailleurs pas l'intérêt que tous les jeunes québécois soient diplômés de l'université, il existe d'autres carrières, d'autres formations : voir ces indications que des diplômés des collèges communautaires américains (2 ans d'études) commencent à gagner plus d'argent que les diplômés issus de programmes universitaires généralistes de 4 ans.]

Dans ce contexte, comment les universités s’y prendront-elles pour décerner davantage de diplômes au cours des prochaines années ? En mettant davantage l’accent sur la pédagogie ? C’est possible, mais peu probable. D’abord, parce que cette option n’offre aucune garantie de résultat. Ensuite, parce qu’elle exigerait des sommes dont les universités ne disposent pas.

Pour être certaines de respecter leurs contrats de performance, les universités n’auront qu’une seule solution : baisser les exigences! Examens plus faciles, seuils de passage révisés à la baisse, normalisation des notes, les moyens sont nombreux pour faciliter l’obtention des diplômes. [Et clamer haut et fort que le Québec fait de mieux en mieux...]

[Voir : Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


et Les étudiants universitaires américains de plus en plus nombreux à se croire au-dessus de la moyenne, impression qui défie la définition statistique du terme de moyenne quand 60 % pensent être au-dessus de cette moyenne.


]

Contrats de performance

Il est certes légitime de vouloir permettre à tous d’entrer à l’université. [sous condition de compétences...]  En aucun cas, l’instruction ne devrait être réservée à quelques privilégiés. Toutefois, il ne faut pas confondre la démocratisation de l’université avec la démocratisation des diplômes.

En imposant des contrats de performance, Québec fera de nos universités de vulgaires usines à diplômes et de nos diplômes, de vulgaires bouts de papier. Non seulement ce n’est pas ainsi que nous construirons une société du savoir, mais les étudiants seront les premiers à payer le prix de diplômes obtenus à rabais.

«L’enseignement supérieur pour tous» ne devrait pas sous-entendre «un diplôme pour tous»! Espérons que le comité qui sera chargé d’étudier la question des contrats de performance saisira mieux la nuance que l’équipe de Mme Marois !

Voir aussi

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Mark Steyn et l'université américaine

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Universités québécoises : « diplômes au rabais, notes gonflées, cours inutiles »





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