mardi 17 janvier 2012

Évolution dans la répartition des cours de religion en Belgique

Le financement des cultes coûte quelque 140 millions d'euros par an au budget de l'État belge, rapporte mardi La Dernière Heure sur base d'une étude du Crisp, le Centre de recherche et d'information sociopolitique.

Ce montant comprend les traitements, mais également les pensions des ministres des Cultes, ainsi que des délégués laïques. À cela, il faut encore ajouter 160 millions d'euros de financement par diverses entités, essentiellement consacrés aux édifices.

Ces interventions financières en faveur des cultes et de la laïcité sont distribuées entre le culte catholique (85,8 %), la laïcité organisée (8 %), le culte protestant-évangélique (2,5 %), le culte islamique (2,1 %), ainsi que les cultes orthodoxe, israélite et anglican.

Au niveau de l'enseignement officiel, la religion islamique est désormais nettement majoritaire à Bruxelles, et ce en primaire comme en secondaire (43 % et 41,4 %), loin devant la religion catholique (23,3 % et 15,2 %), devancée par le cours de morale (27,9 % et 37,2 %). Bruxelles connaît une forte évolution démographique liée à l'immigration.

En Wallonie, les tendances s'inversent. En primaire, 52,8% des élèves de l'enseignement officiel suivent un cours de religion catholique, contre 37,3% un cours de morale et 8% celui de religion islamique. En secondaire, le cours de morale domine (64,2%) le cours de religion catholique (26,4%) et de religion islamique (7,8%).

En Flandre, dans l'enseignement primaire, 81,9 % des élèves (et 81,8 % en secondaire) suivent le cours de religion catholique, contre 10 % (13,1 %) pour le cours de morale et 6% (3,8 %) celui de religion islamique.




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Écoliers montagnais s'initient à la drogue à un âge moyen de 9,6 ans

Les écoliers montagnais s'initient à l'alcool et au cannabis à l'âge moyen de 9,6 ans, selon une enquête dirigée par Myriam Laventure, professeur au département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke.

Dans le cas du cannabis (ou marijuana), « l'écart type » est de 2,7 ans, ce qui signifie que quelques enfants ont commencé à en fumer à l'âge de 7 ans, a indiqué Mme Laventure au cours d'un entretien.

Les membres de son équipe de recherche ont interrogés 161 enfants de 9 à 12 ans qui fréquentent les écoles primaires de huit communautés montagnaises de la Côte-Nord, de la Basse-Côte-Nord et du Labrador québécois.

Les chercheurs ont demandé aux écoliers de la troisième à la sixième année primaire quel âge ils avaient lorsqu'ils ont consommé pour la première fois des « psychotropes », soit des cigarettes, de l'alcool, du cannabis, des solvants ou des drogues dures. « Plus de la moitié des enfants questionnés rapportent s'être initiés à la cigarette, près de la moitié a déjà bu de l'alcool et plus du tiers de l'échantillon a déjà consommé du cannabis », dit le rapport. De plus, bien que les enfants soient moins nombreux à s'être initiés aux solvants et aux autres drogues, 10,6 % rapportent tout de même avoir déjà essayé ces autres drogues illicites.

« Un pourcentage plus important de filles que de garçons s'est initié à la consommation, et ce, peu importe la nature du psychotrope. »

« Or, plus la consommation débute tôt, plus il y a risque de dépendance. C'est désespérant de voir un taux de consommation de psychotropes aussi élevé chez des enfants aussi jeunes. »

Même s'ils sont peu nombreux, le simple fait que des enfants du primaire aient déjà pris des drogues dures est inquiétant, selon elle. Il s'agit surtout de petites filles.

« On se serait attendu à trouver du solvant, mais c'est très rare. Les autres drogues qui remportent la palme sont les hallucinogènes, les speeds et la cocaïne. Dans ce cas, l'âge d'initiation est de 9,5 ans. Quelques enfants ont fait leur première expérience à 8 ans. »

Les enfants ont été interviewés dans les écoles de Bersimis (entre Forestville et Baie-Comeau), Grande Baie et Maliotenam (près de Sept-Îles), Mingan, Natashquan, La Romaine, Saint-Augustin et Matimekosh (à Schefferville).




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« Taire le sexe des foetus pour sauver des fillettes »

Pour sauver les fillettes asiatiques à naître, l'Association médicale canadienne lance un plaidoyer pour interdire la divulgation du sexe des foetus avant la 30e semaine de grossesse.

Trop de foetus féminins au pays sont tués simplement en raison de leur sexe, déplore l'Association dans un éditorial de sa publication, le Journal de l'Association médicale canadienne (CMAJ).

« Le foeticide féminin survient par millions en Inde et en Chine, mais il est aussi commis en Amérique du Nord en nombre suffisamment important pour créer une distorsion du ratio garçons-fillettes dans certains groupes ethniques », déplore le rédacteur en chef du journal, le Dr Rajendra Kale.

Le président du Collège des médecins du Québec, Charles Bernard, est tout simplement éberlué par la suggestion. « Pour nous, à première vue, c'est farfelu d'interdire de divulguer de l'information avant 30 semaines ».

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexia Conradi, va dans le même sens, même si elle estime que « la sélection [l'avortement] selon le sexe est une pratique inacceptable ».

Comment et pourquoi ?

La femme n'est-elle pas maîtresse de son corps, pour ces féministes, que l'amas de cellules à naître soit un jour une fille ou un garçon ? Mme Alexia Conradi veut-elle remettre en cause le libre droit à l'avortement des femmes ?







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France — Liberté des éditeurs de manuels scolaires, entretien avec un petit éditeur

En France, plus de 20 % des professeurs du primaire n’utilisent aucun manuel scolaire et préfèrent, malgré la surcharge de travail, préparer leurs fiches et les photocopier. Or, un cartable sans livres, cela n’aide guère les élèves à structurer leurs apprentissages. Voici une interview de Jean Nemo, fondateur en 2007 des éditions de La Librairie des écoles pour renouveler l’offre de manuels scolaires et en s’inspirant de méthodes éprouvées par des générations d’enseignants. Rappelons qu'au Québec, les manuels scolaires doivent être approuvés par une Bureau d'approbation du matériel didactique (BAMD) qui veille notamment au correctivisme politique desdits manuels (voir Parmi les fonctions essentielles du BAMD, la chasse aux écarts par rapport au politiquement correct).

Qu’est-ce qu’un manuel ?

Jean Nemo : Du b.a.-ba à e=mc2, le « manuel » est le document qui contient le cours. Il permet aux élèves d’avoir une vision d’ensemble du programme, de s’avancer ou de revenir librement sur des notions mal comprises. De plus, il sert de pont entre l’école et la famille. Le plus souvent, le manuel est aussi une « méthode », c’est-à-dire une mise en forme structurée et progressive des connaissances. C’est pourquoi il peut contenir exercices, illustrations et révisions.

Quid du livre du maître ?

J.N. : Quand le manuel n’est pas seulement un cours illustré, mais une méthode, celle-ci repose sur des principes pédagogiques explicités dans un livre du maître. Cet ouvrage ne se limite pas à donner les réponses aux exercices. Il aide le maître, séance après séance, à organiser concrètement le « pilotage   » de la classe.

De quelles libertés les éditeurs disposent-ils ?

J.N. : Les éditeurs sont libres, à condition de tenir les objectifs fixés par les programmes officiels. Ce sont les professeurs qui, par le jeu de la libre concurrence, sont en situation de rejeter les mauvais manuels : chaque professeur choisit son manuel, selon le principe de la liberté pédagogique. Il peut même décider de ne pas en utiliser. En pratique, les écoles s’efforcent de faire des choix cohérents entre les classes et entre les niveaux, afin que les élèves ne changent pas de méthode en passant du CP (1re année du primaire) au CE1 (2e année du primaire), par exemple.

En 2011, huit grands éditeurs concentrent 80% du marché scolaire. Quelle est la place des petits éditeurs   ?

J.N. : Aujourd’hui, 20 % – et sans doute plus encore – des professeurs de primaire n’utilisent aucun manuel. Sans doute ne sont-ils pas satisfaits par l’offre actuelle des grands éditeurs. En proposant une offre alternative, la Librairie des écoles espère les réconcilier avec l’usage de manuels simples, efficaces et classiques.

Quel avenir ont les manuels en ligne   ?

J.N. : Peu importe le contenant, c’est le contenu qui prime. Ce qui fait la qualité d’une méthode pédagogique, c’est sa cohérence, sa progression, la qualité de sa vulgarisation. Le fait de multiplier les sources, les supports, les gadgets ne peut que nuire à la clarté et à l’ordre dont les élèves ont tant besoin. Cela dit, rien n’empêche de concevoir des contenus rassemblant ces qualités essentielles sur un support numérique. À ma connaissance, ce n’est pas encore le cas.

Pensez-vous que l’unité des programmes est une condition sine qua non de l’unité et de la cohésion politique de la nation?

J. N. : Que l’État fixe des objectifs me semble être cohérent avec l’existence d’une Éducation nationale. Mais les méthodes pour y parvenir, elles, sont le fruit d’une pratique complexe, dont l’efficacité est quotidiennement éprouvée par les professeurs. La liberté pédagogique est donc essentielle pour mettre en concurrence les différentes méthodes. Et, si certaines d’entre elles permettent aux élèves d’aller plus loin que ne l’exigent les programmes, je ne vois pas ce que la France peut y perdre.

Via liberté scolaire




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vendredi 13 janvier 2012

Histoire d'animatrice de classe de cégep et d'auto-apprenants

Mathieu Bock-Côté sur ce que serait devenu le cégep québécois (première et terminale en France).

Histoire vraie. Histoire de prof. Je vous parle d’une amie. Elle enseigne en sciences humaines au cégep. Elle est brillante. Cultivée. Excellente pédagogue. Et elle est désespérée par ce qu’elle voit. Pourquoi ? Car les enfants de la réforme scolaire viennent d’entrer dans sa classe.

Petit portrait d’une cohorte. D’abord et avant tout, les enfants de la réforme peinent à suivre un cours magistral. Ce n’est pas un détail. Ils ne savent plus prendre de notes. Et ils veulent qu’on leur fournisse à l’avance !

Cela ne les empêche pas de contester leurs mauvais résultats, car on les a persuadés de leur génie même si leur culture générale est anémique. L’enfant roi a des droits. Celui de réussir sans effort en est apparemment un. Comment expliquer cela ? Évitons les mauvais procès. Les jeunes n’y sont pour rien. C’est le système d’éducation qu’il faut blâmer. C’est lui qui a transformé une génération en cobaye d’une philosophie délirante.

Il s’agit d’un héritage des années 1970. La gauche radicale de l’époque détestait l’école. Elle l’imaginait au service des bourgeois. Elle détestait aussi la culture humaniste. Trop élitiste ! Elle se disait contre-culturelle. Elle était simplement contre la culture.

La déconstruire

L’école ne devait plus transmettre la culture humaniste. Mais la déconstruire. Elle devait non pas, transmettre un héritage culturel, mais l’abolir. On ne devait plus éduquer l’enfant. Mais se faire éduquer par lui. Par sa spontanéité. Moins on l’encadrera, plus il se formera librement.

Reformulée dans le jargon technocratique, c’est cette philosophie qui domine le ministère de l’Éducation. Elle se réclame du « socioconstructivisme ». Les idéologues au pouvoir se prennent pour des scientifiques. Il ne faut pas les croire.

Ils ont censuré les connaissances pour les remplacer par les « compétences transversales ». Pourquoi ? De peur de brimer l’authenticité du jeune, sa créativité. L’enfant doit tout découvrir par luimême. De préférence en jouant. L’autorité ? Taisez ce vilain mot que je ne saurais entendre.

Cette philosophie est catastrophique. L’État n’a pas besoin de sacrifier des millions de plus aux bureaucrates de l’éducation. L’école a besoin d’une révolution philosophique. De revenir aux valeurs fondamentales.

D’abord, l’autorité du professeur. Un professeur se vouvoie. On l’appelait autrefois le maître d’école. On avait raison. Maintenant, on lui demande d’être un animateur de camp de vacances. L’enseignant doit redevenir maître de sa classe.

À l'heure de Google

Ensuite, la valorisation du savoir humaniste. La littérature. L’histoire. La philosophie. On dit qu’à l’heure de Google, l’Internet peut être cultivé à notre place. Sottise ! La culture n’est pas que du « par cœur ». Elle éclaire le jugement. Elle raffine les goûts. Elle améliore la vie.

Enfin, l’école doit distinguer la réussite de l’échec. Elle ne doit pas conforter l’enfant dans l’idée qu’il a tous les droits. Au contraire. Elle doit lui apprendre que l’effort paie et que la paresse handicape. C’est justement parce que notre société ne croit plus à l’effort que l’école doit y croire. Je vous parlais de mon amie. Elle n’est pas la seule. Écoutez les enseignants, ceux dans les classes. L’avenir de l’école repose sur leur révolte de bon sens contre une idéologie qu’ils subissent. Si vous aimez l’école, apprenez à vous méfier du ministère qui l’a ruinée.




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États-Unis — les écoles religieuses ont le droit de licencier pour raisons religieuses leur personnel

La Cour Suprême des États-Unis a rendu mercredi à l'unanimité une décision favorable aux confessions religieuses en affirmant leur droit d'embaucher et de licencier leurs collaborateurs sans droit de regard des pouvoirs publics.

Dans cette affaire Cheryl Perich, une femme atteinte de narcolepsie, avait voulu retourner dans l'école évangélique luthérienne Hosanna-Tabor de Redford, au Michigan, à l'issue de son arrêt de travail, pour reprendre son poste d'enseignante. Il lui fut répondu qu'elle avait été remplacée pour l'année. Elle menaça alors de porter l'affaire devant les tribunaux, et fut licenciée sur-le-champ.

Mme Perich porta alors plainte en justice pour faire reconnaître le caractère illégal, selon elle, de son licenciement décidé en réponse à sa première menace de saisir le juge. L'école avait expliqué que Mme Perich avait été licenciée pour un motif religieux, puisque l'Église dont elle dépendait s'engage à la résolution interne des conflits. Cheryl Perich avait néanmoins un dossier solide puisqu'elle s'appuyait sur la loi protégeant les « Américains handicapés » et c'est la Commission pour l'égalité des chances à l'emploi qui poursuivit l'école Hosanna-Tabor.

La Cour Suprême a suivi l'argumentation de l'école qui a invoqué les clauses religieuses du 1er amendement de la Constitution américaine en reconnaissant que le fait d'obliger une Église à conserver à son emploi un « ministre » constituerait une « ingérence dans la gouvernance interne de ladite Église » en l'empêchant de choisir « ceux qui devaient incarner ses croyances ». La Cour ajouta que cette exception ne concerne pas seulement le « ministre » chef d'une assemblée religieuse mais aussi tous ceux qui par leur rôle d'enseignement agissent comme « ministres ». Mme Perich donnait notamment des leçons d'instruction religieuse et dirigeait la prière avec des élèves.

Premier amendement de la Constitution des États-Unis d'Amérique

« Le Congrès ne pourra faire aucune loi concernant l'établissement d'une religion ou interdisant son libre exercice, restreignant la liberté de parole ou de la presse, ou touchant au droit des citoyens de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de leurs griefs. »

Même si – à la manière américaine – l'arrêt de la Cour de Suprême donne un luxe de détails précis sur le cas d'espèce, les juristes spécialisés estiment que la décision a une grande portée puisqu'elle rejette la conception très étroite du champ de l'exception religieuse défendue par le gouvernement Obama, et ce d'autant plus qu'elle a été prise à l'unanimité.

Mark Rienzi, juriste du Becket Fund pour la liberté religieuse, qui a apporté son soutien aux responsables de l'Église évangélique luthérienne dans cette affaire, souligne que cette décision aura de nombreuses et conséquences face à un gouvernement Obama qui a constamment adopté une « vision mesquine » de ce qu'est la religion dans le cadre de la Loi. Il en veut pour preuve la définition très restrictive de l'exemption pour raisons religieuses qui permet au ministère de la Santé d'imposer aux prestataires de l'assurance maladie de couvrir les frais de contraception.

L'évêque catholique chargé de la commission ad hoc des évêques des Etats-Unis, Mgr William E. Lori, a salué la décision en la qualifiant de « victoire pour la liberté religieuse et pour la Constitution des Etats-Unis », soulignant l'importance de la liberté d'embauche pour les églises.




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jeudi 12 janvier 2012

Changer la femme pour en faire un homme comme un autre, quel qu'en soit le prix

Élizabeth Badinter constate dans son dernier essai « un repli inquiétant sur le terrain des droits des femmes », lequel se manifeste, par exemple, selon l'auteur, par la forte baisse de la natalité dans tous les pays développés (bien moins nettement en France comme on sait), la hausse conjointe du nombre de femmes qui ne veulent pas avoir d'enfant (en dix ans, la proportion a doublé), le regain des discours naturalistes visant à river les femmes à leur rôle de mère, et plus spécifiquement par le biais d'un diktat concernant l'allaitement.

Pour Mme Badinter, la barque de la maternité est aujourd'hui chargée de trop d'attentes, de contraintes, d'obligations. L'auteur prend clairement le parti de défendre tout ce qui s'oppose au naturalisme : femme au foyer, allaitement... Elle va même jusqu'à dire que l'enfant est une aliénation pour la femme qui doit entrer en religion dès lors qu'elle se retrouve enceinte: arrêter de boire, de fumer, s'occuper à plein temps de son chérubin lorsqu'il a vu le jour selon la célèbre formule « Mères, vous leur devez tout ». Elle cite également l'exemple de mères non épanouies, qui n'aiment pas leur enfant contestant fortement la notion d'instinct maternel.

Pour elle, les années 1980-2010 marquent une « involution » (mot utilisé dans le premier paragraphe de son livre) qui serait synonyme dans le contexte de « régression ». Le retour au naturalisme est pour elle une grave erreur qu'elle va chercher à prouver.

Éric Zemmour revient sur ces thèses :







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États-Unis — Réduction draconnienne du nombre d'établissements scolaires catholiques à Philadelphie

Le nouvel archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), Mgr Charles Chaput, a décidé de prendre le taureau par les cornes…

« Nous ne pouvons plus nous permettre de nous raconter des histoires. Nous devons apporter une réponse honnête aux pertes graves que nous avons enregistrées dans certains de nos écoles année après année. Et cela continuera si nous ne faisons rien », déclarait-il le 6 janvier lors d’une réunion convoquée à l’archevêché sur la question des établissements scolaires catholiques à Philadelphie.

Le système scolaire catholique de l’archidiocèse compte 68 000 élèves, c’est-à-dire exactement le même nombre qu’en 1911. De 2001 à 2010, la perte des enfants scolarisés a été de plus du tiers (35 %). Faute de recrutement, 30 écoles ont dû fermer depuis cinq ans. Les changements démographiques y sont sans doute pour quelque chose, mais l’augmentation des frais de scolarité est le phénomène essentiel.

Il est vrai qu’au début du XXe siècle, l’enseignement était assuré par des congrégations religieuses féminines ou masculines dont les enseignants… n’étaient pas payés ! Aujourd’hui, la situation a changé du tout au tout, et l’archidiocèse doit payer les salaires de ses 1 700 enseignants et du personnel administratif.

Rappelons que les écoles catholiques luttent contre un réseau publique payé par les impôts de tous et qui fausse le marché de l'enseignement.

La charge financière pour les paroisses est aujourd’hui arrivée à un niveau insupportable : en dix ans la subvention moyenne de chaque paroisse de l’archidiocèse destinée à financer les écoles catholiques, est passé de 255 000 $ à 320 000 $. On a calculé, par exemple, que dans les écoles élémentaires les frais de scolarité demandés aux familles pour un enfant, sont inférieurs de 1 500 $ au coût réel (en moyenne 3 383 $ aux États-Unis).

L’archidiocèse compte encore 178 écoles (primaire et secondaire) : il va falloir en réduire le nombre de 25 % dans le secondaire et 30 % dans le primaire. Il y aura 4 écoles secondaires et 44 écoles primaires de moins à la rentrée de 2012, ce qui va entraîner le déplacement de 24 000 élèves et le chômage pour 300 enseignants.

La situation de l’archidiocèse de Philadelphie n’est pas exceptionnelle aux États-Unis où l’on estime qu’entre l’année 2000/2001 et 2010/2011 le système d’éducation catholique a perdu 587 000 élèves (-22 %) et du fermer 1 165 écoles (-14,3 %).




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Québec vu de France — garderies sans religion ou mort économique

« Au Québec, certaines garderies et Centres de la petite enfance (CPE), équivalents de nos crèches, sont gérés par des organismes confessionnels, catholiques, juifs ou musulmans.

Le mois dernier, la ministre de la Famille, Yolande James a présenté un projet de loi visant à retirer, le 1er juin prochain, les subventions à toutes les structures pratiquant l’« ap­prentissage religieux », c’est-à-dire « le fait qu’un enfant soit soumis de façon répétée à des activités visant à lui inculquer la croyance, le dogme ou la pratique d’une religion spécifique ».

La réalité numérique est limitée – une centaine d’établissements accueil­lant environ 2 000 enfants sont concernés –, mais le projet est symptomatique des débats qui agitent la Belle Province.

(…) L’interdit ne concerne pas les manifestations culturelles liées à une fête religieuse, les régimes alimentaires ou la participation à une activité inspirée par une coutume.

Les fabrications de crèches à Noël ou de hanoukkiot (chandeliers à neuf branches pour la fête juive de Hanoukka) resteront autorisées à condition d’en taire le sens religieux ! Et les employés pourront conti­nuer à prier ou chanter leur foi, mais sans pouvoir inciter les enfants à faire de même…

Des responsables religieux et du dialogue interculturel ont exprimé leur désarroi ou leur colère, accusant la ministre d’avoir pris la décision avant de les inviter autour de la table. Que certains ont d’ailleurs quittée, comme un représentant juif qui juge, de plus, la mesure inapplicable.

Sœur Ethel Rousselle, religieuse salésienne, fait remarquer que dans les CPE qu’elle dirige, le programme religieux représente vingt minutes par semaine, ce qui paraît peu pour un bourrage de crâne prosélyte. [Note du carnet : incidemment Sœur Ethel Rousselle a été relevée de ses fonctions sur ce dossier après qu'elle se soit exprimée publiquement...]

« On se croirait dans un état totalitaire », se plaint Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec, « puisque nos représentants élus s’arrogent le droit de décider à la place des parents du mode d’éducation des enfants. Le Québec vire de plus en plus vers la répression religieuse et la discrimination contre les croyants de toutes religions ? »

(…) Derrière la question des crè­ches apparaît celle de l’école. Actuellement, l’enseignement religieux (pas uniquement catholique) est financé par l’État dans les classes primaires et secondai­res. « Les six mois qui viennent vont permettre de négocier, espère M. Lemieux-Lefevre pour qui rien n’est définitif. La pente est glissante. Mais quel parti prendra le risque politique de remettre en cause le statut des écoles religieuses ? » [Depuis lors, une contestation judiciaire est en cours, les « négociations » n'ayant pas abouti, bien pire le gouvernement a décider de s'attaquer avec le soutien des syndicats aux garderies familiales qui oseraient parler de religion aux bambins.]

Commentant une anecdote dans le même esprit – un sapin de Noël et une hanoukkia retirés de l’entrée d’un immeuble cossu de Montréal –, l’éditorialiste vedette du quotidien La Presse, Pierre Foglia résume les mœurs nouvelles de son pays : « Le Canada est le royaume planétaire du politiquement correct ? »

Source : Témoignage chrétien

Voir aussi :

Syndicats et gouvernement pour interdire la religion dans les garderies familiales

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État

«  Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

 



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mardi 10 janvier 2012

France — les propositions chocs de la Fondapol

Autonomie, écoles pour élèves en difficulté, doublement des salaires, sélection à l'université… Le cercle de réflexion proche de l'UMP prépare la présidentielle.

La Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), laboratoire d'idées proche de l'UMP et se présentant comme « progressiste, européen et libéral », entend peser dans le débat éducatif pendant la campagne présidentielle. Partie notamment du constat que la proportion d'élèves en retard à l'entrée en sixième dépend très fortement de la catégorie sociale des parents, elle vient de rendre publiques ces propositions pour rendre le système « plus juste ». Pour former des citoyens libres et responsables, l'école « doit être placée sous le signe de l'autonomie et de la responsabilité », affirme ce groupe de réflexion, qui propose ainsi « d'instituer l'autonomie des établissements d'enseignement secondaire »: les moyens doivent être transférés aux établissements eux-mêmes, la formation des responsables doit être repensée pour recruter « les plus compétents » et s'ouvrir à de « nouveaux talents » pas forcément issus de l'éducation nationale.