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mercredi 10 juillet 2024
Canada — Justice plus laxiste pour les personnes noires recommandée
En vue d’apporter des changements au système de justice pénale canadien, le ministère de la Justice a récemment publié un rapport portant sur une stratégie en matière de justice pour les personnes noires.
Produit par « neuf experts et dirigeants des communautés noires », ce document nous apprend dans l’introduction que notre système judiciaire a été conçu pour nuire aux personnes noires — rien de moins — et demande au bas mot l’instauration d’un système de justice à géométrie variable. Le citoyen ordinaire est-il bien conscient de ce que mijote son ministère de la Justice ?
La prémisse du rapport, qui s’appuie sur l’omniprésence du « racisme systémique », est que le système de justice actuel serait vicié de bas en haut par le racisme anti-noir.
Son origine dans une histoire coloniale et esclavagiste [l’esclavage qui concerna peu de gens fut aboli en 1834 au Canada et s’appliqua en Nouvelle-France surtout à des Indiens prisonniers de guerre] fournirait l’explication ultime par exemple de la « surreprésentation » des personnes noires dans les prisons.
Le système de justice « ayant été conçu pour nous nuire », affirme sans sourciller le groupe à l’origine du rapport, il doit être déconstruit et reconstruit de manière « afrocentrique », un principe qui « place les personnes et les communautés noires au centre de l’élaboration des politiques et des stratégies ». Si le gouvernement va de l’avant avec cette vision de la justice, assistera-t-on bientôt à une vague de demandes provenant de différentes communautés ethniques qui s’estiment également lésées ?
Des recommandations décoiffantes
Le rapport cible cinq secteurs prioritaires sur lesquels agir, dont le premier vise la désincarcération de certains détenus. En plus de demander au gouvernement de réduire de 50 % les taux actuels d’incarcération des personnes noires et des Autochtones « relativement à leur proportion dans la population » d’ici 2034, les « experts » indiquent que le Canada devrait également « remettre en liberté les personnes actuellement en détention ». Quels types de délinquants bénéficieraient de cette mesure ? Fraudeurs, vendeurs de drogues, proxénètes, meurtriers ? Le document ne précise pas ce « détail ».
Plus de 114 recommandations ont ainsi été soumises au gouvernement. En voici une liste non exhaustive :
- étudier les possibilités de réparations pour les personnes noires en raison de l’esclavage , de la ségrégation et des lois racistes ;
- ajouter les délinquants noirs à l’alinéa 718.2e) du Code criminel — cet alinéa oblige les tribunaux à s’attarder aux circonstances propres aux délinquants autochtones dans le cadre d’une peine ;
- lancer et maintenir un programme d’allégement de la dette d’études pour les personnes noires qui étudient en droit, qui comprend des taux d’intérêt plus bas, des périodes de remboursement plus longues, l’annulation de dettes et d’autres programmes d’allégement de la dette ;
- fournir du soutien aux familles des personnes noires incarcérées. Leur fournir, par exemple, une aide financière pour le transport et la nourriture et des subventions pour l’hébergement pour faciliter les nuitées. Ce financement devrait également couvrir les frais de garde d’enfants afin que les personnes incarcérées puissent rester en contact avec leur famille ;
- créer des programmes pour les prisonniers noirs qui sont adaptés à la culture des personnes noires et tiennent compte de leurs traumatismes.
En somme, le groupe d’« experts » recommande au gouvernement de « reconnaître les personnes noires comme un groupe distinct » et d’agir en conséquence en adoptant une loi. Les centaines de milliers de membres desdites communautés noires savent-ils qu’ils sont représentés par « neuf experts et dirigeants » autoproclamés qui exigent de telles réformes en leur nom ?
Des réactions unanimes
Bien que le rapport, accueilli favorablement par le ministre de la Justice, ait été publié en pleine saison estivale, après la fin des séances parlementaires — est-ce là une stratégie pour passer sous silence la publication de ce document controversé auprès des élus ? —, les réactions négatives ne se sont pas fait attendre sous la publication du compte officiel du Ministère sur le réseau social X.
De nombreux citoyens se sont en effet insurgés contre ce système à deux vitesses qui risque d’être mis en place.
Plusieurs ne sont pas convaincus de l’impact causal de l’héritage esclavagiste du Canada, sachant que la très grande majorité des Canadiens noirs sont issus d’une immigration assez récente ou sont nés ici dans les 50 dernières années (selon Statistique Canada, ils étaient 34 400 en 1971 alors qu’ils sont maintenant 1,5 million).
Ainsi, le temps est venu de se demander sérieusement si nous sommes prêts en tant que société à assumer les conséquences pratiques de la « reconnaissance du racisme systémique » : soit, en fin de compte, la fragmentation de l’État destiné dans cette logique à se morceler en autant de mini-États qu’il y a de communautés ethniques sur le territoire canadien.
Source : La Presse
Voir aussi
55% des jeunes Canadiens déclarent que la crise du logement influe sur leur volonté de fonder une famille
On voit maintenant que cette immigration de masse déprime la natalité du Canada en augmentant les prix du logement.
Nous reproduisons des extraits d’un article intéressant de la CBC qui souffre néanmoins d’un travers fréquent avec la CBC et chez Pierre Poilièvre : il se concentre sur le manque d’offres de logements, sans jamais parler de l’augmentation rapide et continue de la demande par l’immigration qui pourrait pourtant rapidement être jugulée.
Avec la flambée des prix et la diminution de l’offre [et l’augmentation de la demande], il est devenu difficile de trouver un logement. La demande dépasse l’offre dans la crise du logement locatif qui frappe le pays. Les taux d’inoccupation ont atteint un nouveau seuil, tandis que les augmentations moyennes de loyer ont atteint un nouveau sommet, selon un rapport de janvier sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Selon une analyse récente de CBC News portant sur plus de 1 000 quartiers des plus grandes villes du Canada, moins de 1 % des logements locatifs sont à la fois vacants et abordables pour la majorité des locataires du pays.
Et la situation est encore pire si vous cherchez des logements avec plusieurs chambres à coucher, qui sont aussi rares que coûteux. Seuls 14 000 logements de deux chambres ou plus étaient potentiellement vacants et abordables pour le revenu médian des familles vivant en location, soit à peine 0,5 % de l’ensemble des logements de ce type sur le marché.
De ce fait et pour d’autres raisons, certaines familles s’entassent dans des appartements plus petits, les parents dormant sur des canapés pour que les enfants puissent avoir une chambre.
L’accessibilité financière influence les choix familiaux
L’indice synthétique de fécondité du Canada a chuté en 2022 à son niveau le plus bas depuis plus d’un siècle, soit 1,33 enfant par femme, a indiqué Statistique Canada en janvier. L’agence a également indiqué précédemment que les préoccupations liées à l’accessibilité financière constituaient un facteur important dans la décision des jeunes Canadiens de ne pas avoir d’enfants.
En 2022, 38 % des jeunes adultes (âgés de 20 à 29 ans) ne pensaient pas pouvoir se permettre d’avoir un enfant au cours des trois prochaines années, selon Statistique Canada.
En plus de l’insuffisance de l’offre de logements abordables, les gens sont également pressés par la diminution du stock de logements remis sur le marché, car les Canadiens plus âgés restent plus longtemps dans leur maison, a déclaré Randall Bartlett, directeur principal de l’économie canadienne chez Desjardins, à CBC News.
Par ailleurs, un peu plus de la moitié (55 %) des Canadiens âgés de 18 à 34 ans interrogés l’an dernier dans le cadre d’une étude réalisée par Abacus Data et l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) ont déclaré que la crise du logement avait influé sur leur décision de fonder une famille et sur le moment où ils l’ont fait. L’étude a été réalisée auprès de 3 500 adultes canadiens à la fin du mois de septembre 2023.
L’enquête a également révélé que 28 % des personnes de cette tranche d’âge qui souhaitaient avoir des enfants reportaient temporairement leur décision en raison de l’accessibilité du logement. Et 27 % choisissaient de ne pas avoir d’enfants ou d’en avoir moins pour la même raison.
(La marge d’erreur pour un échantillon aléatoire probabiliste comparable de personnes âgées de 18 à 34 ans est de ± 3,34 %, 19 fois sur 20).
Une décision plus compliquée que par le passé
Selon Karen Lawson, professeur et chef du département de psychologie et d’études sur la santé à l’université de Saskatchewan, tout cela peut avoir des répercussions, car les gens retardent le moment d’avoir des enfants au-delà de leurs meilleures années de procréation. Karen Lawson étudie également les raisons pour lesquelles les gens choisissent de ne pas avoir d’enfants ou de retarder leur décision.
« Ils peuvent avoir moins d’enfants qu’ils ne le souhaitaient en raison de la contraction de leur période de fécondité, ou ils peuvent être confrontés à des problèmes de stérilité qui les amènent à ne pas avoir d’enfants », a déclaré Mme Lawson à CBC News lors d’un entretien par courrier électronique.
La décision d’avoir des enfants est plus compliquée que par le passé, a déclaré Mme Lawson. Si les coûts financiers et de logement sont un facteur pour certains, il semble que pour d’autres, la décision soit davantage motivée par les coûts personnels liés à l’éducation des enfants.
« Les coûts financiers sont plus élevés, le soutien social [familial par exemple] est plus faible, les récompenses perçues peuvent être moindres — la parentalité elle-même a changé pour devenir beaucoup plus intensive et consommatrice », a déclaré Mme Lawson.
« Les autres possibilités d’épanouissement n’ont jamais été [paru] aussi nombreuses ni aussi accessibles ».
Dans ses propres recherches, Mme Lawson constate que les jeunes Canadiens suivent un modèle de vie plus « séquentiel », où ils n’ont des enfants qu’après avoir terminé leurs études, établi leur carrière et atteint la sécurité financière et du logement.
En tant que société, nous devrions peut-être soutenir un modèle de vie davantage « parallèle », afin que les jeunes puissent atteindre ces objectifs de vie [qu’ils considèrent] importants et fonder une famille en même temps.
De plus en plus hors de portée
Mme Smith, l’étudiante diplômée de l’Université de Toronto, termine son doctorat en médecine. Elle explique qu’elle et son partenaire ont obtenu un appartement plus abordable, mais petit, d’une valeur de 1 550 dollars, lors d’une baisse des prix pendant le COVID-19. Aujourd’hui, ils doivent payer plus du double pour un logement avec deux chambres ou plus.
« Nous étions prêts à avoir des enfants il y a deux ans, mais nous avons décidé d’attendre d’avoir économisé et d’être un peu plus stables. Aujourd’hui, les loyers sont tellement élevés que si nous déménagions, nous serions encore plus mal lotis », explique-t-elle.
Et comme elle et son compagnon sont tous deux scientifiques, elle estime qu’ils ne pourront trouver du travail que dans les grandes villes, ce qui implique des prix plus élevés.
« Au fil des ans, nous avons souvent revu à la baisse nos attentes quant à ce que serait notre vie à 30 ans. Nous rêvions de posséder notre propre maison en ville, d’avoir deux enfants et un animal de compagnie », explique Mme Smith.
« Tout ce que nous espérions nous échappe de plus en plus ».
mardi 9 juillet 2024
« Acteurs racialement diversifiés » pour incarner les personnages d'un feuilleton sur la bataille de Hastings en 1066
La BBC a choisi une « distribution raciale diversifiée » pour incarner les personnages de son prochain feuilleton historique sur la bataille d’Hastings, qui s’est déroulée en 1066, ce qui a conduit un historien à décrier la « notion bizarre selon laquelle il y avait des comtes noirs dans l’Angleterre anglo-saxonne ».
La série en huit épisodes « Roi et Conquérant » coproduite par les studios CBS racontera l’histoire de la lutte d’Harold et de Guillaume pour le trône d’Angleterre en 1066, lutte qui a changé le cours de l’histoire.
Certains personnages anglo-saxons, dont un véritable chef du XIe siècle (Morcar, comte de Northumbrie), seront interprétés par un ensemble diversifié d’acteurs.
Jason Forbes et Elander Moore ont rejoint la distribution de la série, qui compte James Norton et Nikolaj Coster-Waldau dans les rôles principaux.
L’ajout de la diversité dans un cadre de haute époque médiévale fait suite à la distribution par la BBC d’acteurs non blancs dans le rôle des courtisans des Tudors dans un autre drame historique à venir, Wolf Hall, qui ne tient pas compte de la couleur de peau : The Mirror and the Light.
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| Kate Phillips dans le rôle de Jane Seymour dans Wolf Hall : The Mirror and the Light, à venir sur la BBC |
La BBC a déclaré que la série donnerait vie à Harold et William en détaillant leur vie personnelle, ajoutant : « Au Royaume-Uni, nous apprenons l’histoire de Guillaume le Conquérant, la bataille d’Hastings et la mort atroce du roi Harold dans nos cours d’histoire à l’école — mais la plupart d’entre nous ne se souviennent que de ces gros titres. »
L’acteur noir Jason Forbes jouera le personnage fictif de Thane Thomas, « les “thanes” étant une strate de la noblesse dans la société ethniquement homogène de l’Angleterre anglo-saxonne », rapporte le Telegraph.
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| Jason Forbes |
Elander Moore, d’origine trinidadienne, jouera le personnage historique réel de Morcar, un comte de Northumbrie qui a combattu les envahisseurs vikings et normands, avant d’être soumis par Guillaume après la bataille d’Hastings.
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| Elander Moore |
L’historien Zareer Masani, qui a travaillé avec la BBC, a fustigé cette décision, affirmant que « certains d’entre nous, y compris les personnes de couleur, ont grandi en pensant que les acteurs devaient ressembler aux personnages qu’ils incarnaient ».
Il a averti que l’approche de la BBC était « extrêmement déroutante et carrément trompeuse », ajoutant qu’il était « absolument fou qu’ils aient adopté ce daltonisme pour une période où la Grande-Bretagne était la moins multiculturelle, avant même la conquête normande ».
S’il est acceptable de dépeindre les Anglo-Saxons comme des Noirs ou des métis, il n’est apparemment plus politiquement correct de mentionner l’importance des Anglo-Saxons blancs, comme en atteste la récente décision de la Cambridge University Press de changer le nom de sa revue « Anglo-Saxon England » en « Early Medieval England and its Neighbours » (Angleterre du début du Moyen Âge et ses voisins).
Faisant référence à cette évolution et à la nouvelle série de la BBC, le professeur David Abulafia, historien à Cambridge, a déclaré : « Étant donné que l’ensemble de la série n’aura sans doute que peu de rapport avec les faits historiques, je pense que nous devrons nous accommoder de la notion bizarre selon laquelle il y avait des comtes noirs dans l’Angleterre anglo-saxonne ».
« D’autant plus que nous ne sommes plus censés parler d’“Anglo-Saxons”. S’ils n’ont pas existé, on pourra faire comme on voudra ».
Lindsey Martin, responsable des studios CBS, a déclaré que la série offrirait « une vision audacieuse et nouvelle d’une histoire qui dure depuis près de 1 000 ans ».
Tellement audacieuse et nouvelle qu’elle sera peuplée de personnes qui n’existaient tout simplement pas dans l’Angleterre du XIe siècle.
lundi 8 juillet 2024
Le spectre politique contemporain en France (m à j)
(Gauche populaire de conviction, bien sûr)
Vincent Roy, journaliste, s'est exprimé le terme d’extrême droite, qu’il trouve utilisé à tort et à travers : «Il faut arrêter avec ce mot d’extrême droite», réclame-t-il dans 100% politique pic.twitter.com/2HMmbDxewH
— CNEWS (@CNEWS) July 5, 2024
Plus de 10 millions de voix pour l'« extrême droite » (RN et alliés)
Aurélien Rousseau, Député des Yvelines #nouveaufrontpopulaire (extrême gauche), ancien ministre de la santé et de la prévention, remercie les médias :
Royaume-Uni — La défaite des « conservateurs » vue par Mark Steyn
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| L'heure du bilan a sonné pour le magazine conservateur The Spectator |
Un texte de Mark Steyn :
Au Royaume-Uni, presque toutes les circonscriptions ont voté pour la gauche de différentes tendances — non seulement la gauche travailliste victorieuse, mais aussi la gauche nationaliste écossaise, la gauche républicaine irlandaise, la gauche écologiste, la gauche islamiste et, bien sûr, la gauche pseudo-conservatrice sournoise : les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur du moment que celle-ci est le rouge. Ainsi, si vous êtes l’un de ces Britanniques préoccupés par, disons, l’immigration de masse transformatrice ou le droit à la liberté d’expression, les choses vont empirer au cours des prochaines années avant qu’il n’y ait une quelconque perspective de changement de cap.
La responsabilité en incombe au parti « conservateur et unioniste », hideux et répugnant, qui n’est en pratique ni l’un ni l’autre. Les hommes politiques efficaces ne « se rapprochent pas du centre » ; ils attirent le centre vers eux, comme l’ont fait Mme Thatcher et le président Reagan. Au lieu de cela, les conservateurs ont gaspillé quatorze années à jouer selon les termes de la gauche, avec pour résultat une culture politique qui n’a jamais été aussi peu conservatrice, et un pays où rien ne fonctionne, du service national de santé fétichisé aux branleurs de policiers.
Le parti de Rishi Riche a donc été réduit à son plus mauvais résultat - pire que Balfour en 1906, si tant est que de telles comparaisons soient encore pertinentes dans une Grande-Bretagne démographiquement transformée. Parmi les victimes figurent les « grands fauves » de tous bords : l’animateur foireux de GB News Jacob Rees-Mogadon, la porte-épée du Couronnement Penny Mordaunt et l’ancienne Première ministre Liz Truss. Et pourtant, même si le résultat est catastrophique, il aurait dû l’être davantage. Il ne s’agissait pas d’un événement du niveau de l’extinction de Kim Campbell [au Canada, NDLR]. Ainsi, un gouvernement de gauche se verra opposer au Parlement une fausse opposition de gauche qui est d’accord avec lui sur Carboneutralité, les « préjudices en ligne », la Cour européenne des droits de l’homme, le protocole de l’Irlande du Nord et la subversion du Brexit… oh, et sans aucun doute la nécessité du prochain confinement.
Nous ne sommes pas en 1997, et Keir Starmer n’est pas Blair. Sir Keir a réussi ce que les commentateurs appellent un « raz-de-marée sans amour ». Il a bénéficié, en Angleterre, de l’implosion du parti conservateur et, au nord de la frontière [en Écosse], de l’implosion du parti national écossais — toutes deux entièrement méritées. Pourtant, la part de voix des travaillistes est inférieure de cinq points à la défaite prétendument humiliante de Jeremy Corbyn en 2017 : en fait, il s’agit même de la plus faible part des suffrages exprimés jamais obtenue par un parti ayant remporté la majorité — à peine trente-cinq pour cent. Sir Keir a perdu quatre députés travaillistes en exercice (et ministres potentiels) au profit d’« indépendants pro-Gaza » — nommément Shockat Adam (à Leicester), Adnan Hussain (à Blackburn), Ayoub Khan (à Perry Barr) et Iqbal Hussain Mohamed (à Dewsbury). Comme je l’ai écrit il y a deux mois :
Le parti travailliste a présumé de la loyauté de ses électeurs musulmans comme il présume de la loyauté de ses électeurs homosexuels, mais les premiers semblent comprendre qu’ils seront bientôt assez forts pour se passer des infidèles socialistes.Le parti travailliste a présumé de la loyauté de ses électeurs musulmans comme il présume de la loyauté de ses électeurs homosexuels, mais les premiers semblent comprendre qu’ils seront bientôt assez forts pour se passer des infidèles socialistes.
Nous assistons donc à l’émergence d’une politique intérieure explicitement islamique, avec des députés élus sur des listes explicitement islamiques.
En ce qui concerne le parti Réformiste, Nigel a repris le nom et la stratégie du parti de Preston Manning qui s’est détaché des conservateurs canadiens il y a trente ans. Lors de leur première campagne électorale en 1993, les réformateurs de M. Manning ont remporté 52 sièges sur les 295 que compte la Chambre des communes d’Ottawa — et ce, avec exactement le même système uninominal à un tour qu’à Westminster. En revanche, la nuit dernière a commencé par un sondage de la BBC indiquant que Farage avait remporté treize sièges et que les réformistes étaient devenus le quatrième parti de la Chambre. Dans la froide réalité de l’aube, ce chiffre s’est réduit à quatre sièges [5 depuis] seulement, contre sept pour le Sinn Féin, qui a désormais remplacé les Unionistes démocratiques [DUP, protestants irlandais] en tant que premier parti d’Irlande du Nord. À North Antrim, Nigel a soutenu Ian Paisley Jr, du DUP, mais M. Paisley a perdu dans un siège que sa famille détenait depuis cinquante-quatre ans.
Où nous en allons-nous maintenant ? Nulle part de bien. Sous la houlette d’un quintette de Premiers ministres ratés, les conservateurs ont mené une nation autrefois formidable au bord de l’effondrement et l’ont livrée aux mains d’« opposants » qui ne feront qu’accélérer l’aggravation de la situation à une vitesse folle. La célèbre phrase de Mme Thatcher était la suivante : « On gagne d’abord le débat, ensuite l’élection. » Le parti « conservateur » a passé quatorze ans à ne pas présenter d’arguments conservateurs, la soirée d’hier était donc tout à fait prévisible.
Ainsi, le principal résultat d’un Brexit foireux voit la Grande-Bretagne virer à gauche alors que le continent se déplace vers la droite.
The new mayor of Brighton, England 🏴Muhammad Asaduzaman from Bangladesh 🙃🙃🙃🙃 pic.twitter.com/44rGFRlZHd
— 𝙃𝙚𝙡𝙚𝙣𝙣𝙖 𝙍𝙤𝙨𝙨𝙖 ™️ (@HelennaRossa) July 6, 2024
Mohammed Asaduzzaman est l’actuel maire de Brighton & Hove (277 000 habitants). Il a été élu lors de la réunion annuelle du Conseil le 16 mai 2024. Selon les données du recensement de 2021, plus d’un habitant de Brighton et Hove sur dix (10,73 %) s’identifie comme lesbienne, gay, bisexuel ou d’une autre orientation sexuelle que l’hétérosexualité — la proportion la plus élevée d’Angleterre et du pays de Galles.
dimanche 7 juillet 2024
Les résidents temporaires et les nouveaux immigrants font grimper le chômage au Canada
Les résidents temporaires et les immigrants récents font grimper le taux de chômage au Canada, car un nombre record de nouveaux arrivants accueillis dans le pays sous le prétexte de combler les pénuries de main-d’œuvre ont maintenant du mal à trouver un emploi.
Le taux de chômage des résidents temporaires — y compris les travailleurs étrangers, les étudiants internationaux et les demandeurs d’asile — était de 11 % en juin, selon les calculs de Bloomberg. Sur la base de données comparables, le taux de chômage pour l’ensemble des travailleurs n’était que de 6,2 % le mois dernier.
Les immigrants arrivés au cours des cinq dernières années ont également du mal à trouver un emploi, leur taux de chômage atteignant 12,6 % en juin.
« La plus grande contribution pondérée à la hausse du taux de chômage provient de la catégorie des résidents temporaires », a déclaré Derek Holt, économiste à la Banque Scotia, sur BNN Bloomberg Television en début de semaine.
Dans un récent discours, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a reconnu que l’assouplissement du marché du travail canadien avait particulièrement touché les jeunes travailleurs et les nouveaux arrivants. Ils sont également plus susceptibles d’être locataires — un groupe confronté à un stress financier plus important.
Le gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau « dispose d’une certaine marge de manœuvre » pour ralentir la croissance des résidents non permanents sans provoquer de pénurie de main-d’œuvre ou de resserrement du marché, a déclaré M. Macklem. Le gouvernement prévoit de réduire ce groupe de résidents de 20 % sur trois ans. Aucune baisse de l’immigration permanente n’est prévue toutefois, au contraire elle devrait encore augmenter pour atteindre 500.000 en 2025.
La contribution des résidents temporaires et des immigrants récents au taux de chômage global a plus que doublé en moins de deux ans, selon les calculs de Bloomberg. Ensemble, ces deux groupes représentent près d’un cinquième de tous les travailleurs qui restent sur le carreau, mais seulement un dixième de la population active.
Statistique Canada ne communique pas directement le taux de chômage des résidents temporaires, mais il peut être calculé à l’aide d’autres données fournies par l’agence. En outre, l’agence ne fournit des données sur le marché du travail par statut d’immigrant que sur la base d’une moyenne de trois mois non désaisonnalisée.
C’est pourquoi le taux de chômage comparable pour l’ensemble des travailleurs en juin est de 6,2 %, plutôt que le chiffre plus couramment cité de 6,4 % — qui reflète un seul mois et est corrigé des variations saisonnières.
Selon les calculs de Bloomberg, le taux de chômage des résidents temporaires a atteint un niveau record de 5,7 % en novembre 2021.
Cela suggère que la décision du gouvernement Trudeau, prise à l’époque de la pandémie, d’assouplir les restrictions imposées aux étudiants et aux travailleurs étrangers s’est peut-être retournée contre lui. Alors que la main-d’œuvre supplémentaire était initialement nécessaire pour pourvoir les postes vacants en 2022, les nouveaux arrivants ont été de plus en plus mis à l’écart à mesure que les postes non pourvus disparaissaient.
Selon M. Holt, la diminution du nombre de résidents temporaires entraînera une baisse du chômage. « Si nous éliminons cette catégorie d’immigration, si nous la ralentissons et si nous l’inversons, le taux de chômage pourrait reculer un peu », a-t-il déclaré.
Il faut parfois des années aux nouveaux arrivants pour s’intégrer pleinement au marché du travail canadien : le taux de chômage des immigrants récents est plus de deux fois supérieur à celui des travailleurs nés au Canada. Mais après une décennie ou plus, les immigrants qui restent trouvent des emplois pratiquement au même rythme que les personnes nées au Canada, selon les données.
Le marché du travail « se divise en deux camps », a déclaré Brendon Bernard, économiste chez Indeed. Les Canadiens qui ont une carrière stable s’en sortent bien, car il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de licenciements. En revanche, pour les « pigistes » et les « petits boulots » ou les nouveaux demandeurs d’emploi, le marché est plus difficile.
« L’appétit des employeurs pour l’embauche s’est vraiment refroidi, et la vague de croissance démographique a entraîné une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi au Canada », a déclaré M. Bernard.
Source : Bloomberg
Voir aussi
Canada & Québec — « Malgré » l'immigration, le chômage en hausse constante
La crise du logement, l’immigration massive et l’autoritarisme qui vient (pour notre bien, bien sûr)
Grande-Bretagne — forte immigration, crise du logement et baisse du PIB/habitant
Canada — Le choc démographique s’aggrave en 2024, la crise du logement devrait empirer
L’immigration provoque une crise politique en Irlande
Canada — Le gouvernement Trudeau va commencer à explorer les « hypothèques halal »
Immigration: Trudeau a mis le Canada et le Québec dans le pétrin
L'impact différencié de la crise du logement sur la natalité
Australie : il existe un lien manifeste entre l’accessibilité au logement et le taux de fécondité
Canada & Québec — « Malgré » l'immigration, le chômage en hausse constante
Selon Statistique Canada, l’économie canadienne a perdu 1400 emplois en juin alors que le taux de chômage a atteint son plus haut niveau en plus de deux ans.
Le taux de chômage s’est établi à 6,4 % pour le mois, contre 6,2 % en mai, alors que la taille de la population active augmentait.
Le résultat de juin était le taux de chômage le plus élevé depuis janvier 2022, alors qu’il était de 6,5 %.
Statistique Canada a noté que le taux de chômage connaît une tendance à la hausse depuis avril 2023, ayant augmenté de 1,3 point de pourcentage au cours de cette période.
L’organisme a également indiqué qu’à mesure que le taux de chômage a augmenté, la proportion de chômeurs de longue durée a également fait un bond, 17,6 % des chômeurs en juin ayant été sans emploi depuis 27 semaines ou plus, soit une hausse de quatre points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
La baisse globale du nombre d’emplois en juin est survenue alors que l’économie a enregistré une perte de 3400 postes à temps plein, compensée en partie par un gain de 1900 emplois à temps partiel.
L’économiste en chef de BMO, Doug Porter, a souligné que le rapport sur l’emploi fait ressortir que le marché du travail canadien ne peut plus être considéré comme tendu et qu’il penche dans l’autre sens.
« Nous avons appris la semaine dernière que le taux de postes vacants est tombé en dessous des niveaux d’avant la pandémie, et le taux de chômage est désormais en hausse constante », a écrit M. Porter dans un rapport.
Au Québec
Au Québec, le taux de chômage en juin a augmenté de 0,6 point de pourcentage pour atteindre 5,7 %.
Il y avait 4514 600 personnes en emploi, en recul de 0,4 % par rapport au mois précédent. Cela se traduit par une perte de 3200 emplois à temps plein et de 14 500 emplois à temps partiel.
Les plus importants reculs au Québec ont été enregistrés dans les services publics (-5,2 %), les transports et l’entreposage (-1,8 %) et le commerce de gros et de détail (-1,5 %).
Ontario
Bien que l’emploi ait peu varié en Ontario en juin, le taux de chômage y a progressé de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 7,0 %, en raison de la hausse du nombre d’Ontariens à la recherche de travail.
Ailleurs dans le monde
Chômage (Spectator Index, 7 juillet)
🇿🇦 Afrique du Sud : 32,9%
🇪🇸 Espagne : 12,29%
🇹🇷 Turquie : 8,5%
🇦🇷 Argentine : 7,7%
🇮🇳 Inde : 7,64%
🇫🇷 France : 7,5%
🇧🇷 Brésil : 7,1%
🇮🇹 Italie : 6,8%
🇨🇦 Canada : 6,4%
🇩🇪 Allemagne : 6%
🇨🇳 Chine : 5%
🇮🇩 Indonésie : 4,82%
🇫🇷 Royaume-Uni : 4,4%
🇺🇸 États-Unis : 4,1%
🇦🇺 Australie : 4%
🇳🇱 Pays-Bas : 3,6%
🇸🇦 Arabie Séoudite : 3,5%
🇰🇷 Corée du Sud : 2,8%
🇯🇵 Japon : 2,6%
🇲🇽 Mexique : 2,6%
🇷🇺 Russie : 2,6%
🇨🇭 Suisse : 2,3%
🇸🇬 Singapour : 2,1%
Le 8 juillet 1621 — naissance de Jean de la Fontaine
Jean de La Fontaine naquit le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et mourut le 13 avril 1695 à Paris.Poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables et dans une moindre mesure pour ses contes, on lui doit également des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets d’opéra qui confirment son ambition de moraliste.
Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine resta à l’écart de la cour royale, mais fréquenta les salons comme celui de Madame de La Sablière et malgré des oppositions, il fut reçu à l’Académie française en 1684. Mêlé aux débats de l’époque, il se rangea dans le parti des Anciens dans la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes.
C’est en effet en s’inspirant des fabulistes de l’Antiquité gréco-latine et en particulier d’Ésope, qu’il écrivit les Fables qui font sa renommée. Le premier recueil qui correspond aux livres I à VI des éditions actuelles est publié en 1668, le deuxième (livres VII à XI) en 1678, et le dernier (livre XII actuel) est daté de 1694. Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, parfois plus complexes qu’il n’y paraît à la première lecture, ont déterminé le succès de cette œuvre à part et les Fables de La Fontaine sont toujours considérées comme un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française. Le fabuliste a éclipsé le conteur d’autant que le souci moralisant a mis dans l’ombre les contes licencieux publiés entre 1665 et 1674.
Deux fables
Le laboureur et ses enfants

C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche laboureur sentant sa mort prochaine
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août.
Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. »
Le Père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le Père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.
Et en hommage aux cours de justice :
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
À chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
À ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
samedi 6 juillet 2024
Le 8 juin 1776, défaite écrasante des troupes américaines à Trois-Rivières
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| Vue de Trois-Rivières vers 1784 |
Au printemps de 1775, les colonies américaines rebelles décident de se constituer une véritable armée. La première grande campagne de cette nouvelle armée sera l’invasion de la province de Québec dont l'agrandissement en 1774 était intolérable pour les Treize colonies américaines et contribua à leur révolte contre la mère patrie britannique.
Arrivé sans trop de résistance aux portes de Montréal, le général insurgé Montgomery somme les Canadiens de capituler. À l’intérieur des fortifications montréalaises, le gouverneur britannique, Guy Carleton, est bien conscient qu’il ne peut arrêter l’invasion avec sa poignée de soldats. Le 11 novembre 1775, l’avancée des troupes du Congrès continental force le gouverneur général à quitter Montréal. Il fuit en douce par le fleuve en chaloupe, costumé en paysan, pour déjouer les sentinelles américaines. Le commandement britannique abandonne donc complètement Montréal et se replie derrière les remparts de la ville de Québec. Quelques semaines plus tard, les Américains se sentent prêts à porter le coup de grâce à la jeune colonie britannique. L’assaut contre Québec est donné à 4 heures du matin, le 31 décembre 1775, en pleine tempête de neige. Les troupes américaines rencontrent alors une résistance surprenante et l’attaque de révolutionnaires se termine par un échec cuisant.
Affaiblis par l’hiver rigoureux, les maladies et le manque de ravitaillement, les Américains se retirent et quittent Québec, mais pas le territoire de la province de Québec. En effet, le 8 février 1776, un détachement de soldats américains s’installe à Trois-Rivières. Il y passe plus de trois mois. Ce fut un hiver extrêmement difficile pour cette centaine de soldats laissés en terre trifluvienne. Les soldats américains plient bagage, quittent Trois-Rivières et se replient plus en amont sur le fleuve.
Les Américains traversent le lac Saint-Pierre durant la nuit du 7 au 8 juin 1776 et se dirigent à nouveau vers Trois-Rivières. Informé, le colonel Fraser de l’armée britannique réveille un maximum de soldats. Autour de 4 heures du matin, ses troupes, appuyées par la milice locale du général Tremblay et du chevalier de Niverville, ont réussi à rassembler presque 1100 soldats.
Le matin du 8 juin, le chevalier de Niverville et une poignée de miliciens font prisonniers l’avant-garde des troupes américaines. Tout est en place, les effectifs qui défendent Trois-Rivières sont parfaitement embusqués quand les soldats révolutionnaires se pointent le bout du nez, ils sont canardés pendant deux heures. Un feu nourri de balles et de boulets de canon vient des positions au sol, mais aussi des bâtiments ancrés sur le fleuve. Désorganisés et surtout mal positionnés, les Américains subissent des pertes importantes.
La défaite des Américains à Trois-Rivières est écrasante : 200 hommes sont capturés, 300 sont morts ou blessés. Les survivants battent en retraite par les bois vers Montréal. On ne rapporte que quelques blessés et aucun mort dans les troupes qui défendent Trois-Rivières.
Cette défaite marque la fin des espoirs américains de s’emparer du Canada et de rallier les Canadiens (francophones) à leur cause. Les pertes humaines et matérielles sont lourdes et l’expédition canadienne, initialement conçue comme une extension naturelle de la guerre d’indépendance, se transforme en un fiasco stratégique.
Pour les Britanniques, la victoire de Trois-Rivières permet au gouverneur Carleton de consolider sa position et de préparer la contre-offensive qui reconduira les Américains hors du Québec.
Sur le plan stratégique, la bataille de Trois-Rivières démontre les difficultés logistiques et les défis de coordination auxquels sont confrontées les forces révolutionnaires américaines en territoire hostile et éloigné de leurs bases d’approvisionnement.














