jeudi 19 janvier 2023

Au Danemark, la maîtrise des flux migratoires fait consensus

La Fondapol publie une note sur cette nation où la gauche s’est convertie à la maîtrise des flux migratoires.

Une note du réseau pensant Fondapol détaille la politique migratoire menée par le Danemark depuis vingt ans, sous des gouvernements de droite et de gauche. Faite de restrictions et d’intégration, cette politique a eu pour conséquences la baisse de l’immigration et l’effondrement de l’extrême droite dans les urnes.

Ceux qui ont vu la série Borgen le savent peut-être. À Copenhague, Borgen, le château de Christiansborg, abrite à la fois le Parlement, le Premier ministre et la Cour suprême. Est-ce cette proximité géographique qui pousse à la culture du compromis ? Pour un Français, les aventures de Birgitte Nyborg sont exotiques, et pas seulement parce que la Première ministre danoise, héroïne de la série, se déplace à vélo, mais parce que la dirigeante centriste dialogue sans tabous aussi bien avec l’extrême gauche qu’avec l’extrême droite. Chose inimaginable en France, le Danemark a développé une politique du compromis, y compris sur le plus brûlant des sujets contemporains, l’immigration. « Une fermeture consensuelle », c’est d’ailleurs le titre de la note fouillée que consacre la Fondation pour l’innovation politique (réseau pensant libéral) à l’un des pays européens les moins ouverts à l’immigration. Depuis vingt ans le Danemark poursuit la même politique, initiée par la droite à son arrivée au pouvoir en 2001 et jamais remise en cause, et même poursuivie par la gauche sociale-démocrate.

 
Cette politique se caractérise par la réduction draconienne des flux migratoires, un programme d’intégration exigeant, un accès à la nationalité rendu difficile et, désormais, la volonté de recourir à un pays tiers extra-européen pour le traitement des demandes de visas.

Membre de L’UE, de l’espace Schengen et de la CEDH, le Danemark a réussi à mener sa politique singulière après avoir négocié une série de dérogations (options de retraits, aussi appelées, op-out) aux traités européens. Ce qui permet aux Danois de traiter juridiquement les ressortissants de pays tiers selon leurs propres règles.

 

La politique danoise est restrictive à tous les stades du processus d’immigration : de l’arrivée sur le territoire à l’installation en passant par l’accès aux allocations, au travail et au logement. La politique d’intégration y est vigoureuse. La naturalisation est conditionnée au passage d’un test de langue et de connaissance de l’histoire et de la société danoise. Toute peine de prison, même avec sursis, empêche définitivement l’accès à la nationalité danoise. Les biens des demandeurs d’asile peuvent être confisqués pour couvrir les frais de procédure et d’hébergement. Des plans antighettos prévoient notamment des sanctions plus élevées dans certaines zones du territoire caractérisées par un fort taux de délinquance et d’immigration. Cette politique de restriction s’accompagne d’une politique de dissuasion. Des incitations, sous forme de contraintes (arrêt des prestations sociales, prison) ou d’indemnités poussent au retour volontaire les déboutés du droit d’asile. En 2015, au plus fort de la crise des migrants, le gouvernement a même acheté des emplacements publicitaires publiés dans les journaux libanais où sont détaillées les nouvelles règles s’appliquant aux réfugiés : réduction de 50 % des aides sociales accordées aux nouveaux réfugiés et instauration d’un délai d’un an avant de pouvoir demander le regroupement familial.

Cette politique draconienne a eu deux effets notables :

  • D’abord, l’effondrement des flux. L’immigration a diminué de 28 % entre 2014, année précédant la crise des réfugiés, et 2019, année précédant la crise sanitaire. Le nombre total des demandes d’asile a chuté de 82 %, passant de 14 792 à 2 716, pour un pays de 5,8 millions d’habitants. Si on appliquait ce ratio à la France, nous n’accueillerions que 31 000 demandes d’asile par an, contre 132 000 en 2019.
  • Ensuite l’effondrement du parti du peuple danois, — l’équivalent du Rassemblement national — qui a enregistré en 2022 son plus mauvais résultat de son histoire (2,6 % des voix). « L’effondrement électoral des populistes est la conséquence de leur victoire idéologique », note la Fondapol.

Le 1er novembre 2022, lors des élections législatives, le parti social-démocrate a été reconduit à la tête du pays, encore mieux élu qu’en 2019. Un mois plus tôt en Suède, pays voisin au modèle social similaire, c’était la droite et l’extrême droite qui l’emportaient. La différence ? Au Danemark, la gauche s’est rangée à la politique d’immigration répressive depuis 2015 et la crise des réfugiés. La Première ministre, Mette Frederiksen, a pourtant commencé à l’aile gauche du parti social-démocrate. Elle a changé brutalement de position, après avoir constaté lors de son passage comme ministre du Travail puis ministre de la Justice, les failles de la politique d’intégration. Un virage idéologique unique en son genre qui pourrait, selon Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, être une source d’inspiration pour la gauche européenne.

D’aucuns avanceront les différences abyssales entre la France et ce petit royaume de 6 millions d’habitants enclavé dans le nord de l’Europe qui n’a eu aucune colonie et affiche un sérieux budgétaire éclatant. Justement le Danemark a au moins un point commun avec la France : l’État-providence. Et c’est au nom de la défense de ce modèle social que la classe politique danoise s’est unie sur la question migratoire. Il s’agit bien selon la formule employée par les auteurs de la note, d’un « nationalisme social assumé au nom de l’État-providence ».


mardi 17 janvier 2023

« Choisir entre l’État-providence et l’ouverture des frontières »

Entretien avec  Dominique Reynié (ci-dessous) publié dans le Figaro. Professeur à Sciences Po, ses travaux portent sur les grands enjeux de société ; politiques, économiques et sociaux. Il travaille notamment sur l’opinion publique européenne, le populisme, ou encore la raison d’État. Il est à l’origine de la notion de « populisme patrimonial ». Depuis octobre 2008, il est directeur général de la Fondapol, un réseau pensant ou fondation politique libérale.

LE FIGARO. — Vous avez intitulé votre note sur la politique migratoire du Danemark « Une fermeture consensuelle ». En quoi consiste ce « consensus » ?

Dominique REYNIÉ. — D’abord, la raison de cette politique est on ne peut plus consensuelle. Les Danois ont entrepris de maîtriser l’immigration afin d’assurer la pérennité de leur État-providence, en préservant les ressources économiques et les valeurs sur lesquelles il repose. Ils ont décidé une réduction drastique des flux migratoires, un programme obligatoire et exigeant d’intégration des migrants, un accès à la nationalité devenu impossible sans une réelle motivation et le recours aux services d’un pays tiers extra-européen pour le traitement des demandes de visas.

— En effet, le Danemark a mis en place l’externalisation de la gestion de l’asile à un pays tiers, idée reprise au Royaume-Uni à travers le projet Rwanda. Cette solution pourrait-elle être aussi reprise par la France ?

— C’est une option sérieuse, d’autant plus que les solutions ne sont pas nombreuses. Le débat sur l’externalisation a pris de l’ampleur depuis la crise des réfugiés de 2015. Les sociaux-démocrates danois ont fait adopter une loi d’externalisation le 3 juin 2021. Au Royaumeuni, cette solution vient d’être validée (19 décembre 2022), par la Haute Cour de justice, à la grande satisfaction du gouvernement de Rishi Sunak, très en pointe sur ce sujet. Je relève que les juges britanniques n’ont pas estimé qu’il y avait violation des engagements du Human Rights Act de 1998, lequel incorporait dans le droit britannique la convention européenne des droits de l’homme. En 2016, l’Europe [l’Union européenne] a passé un accord avec la Turquie qui, s’il n’est pas comparable à la loi danoise, relève bien d’une stratégie d’externalisation. Il en va de même de l’accord bilatéral entre l’Italie et la Libye.

— Quelles sont les grandes différences entre la politique d’intégration danoise et celle menée en France ?

— Notre système d’intégration fonctionne mal depuis longtemps et malgré le travail remarquable des associations et des bénévoles. Les formations linguistiques et d’instruction civique restent légères et la vérification des acquis est fondée sur la présence plus que sur la réussite de tests. Les progrès qui ont été faits, notamment à la suite du rapport Karoutchi de 2017, et les mesures décidées par le gouvernement d’Édouard Philippe, ne nous mettent pas au niveau des politiques danoise ou allemande. Au Danemark, il existe un parcours de formation très exigeant, donnant lieu au contrôle précis des connaissances requises, pour la maîtrise de la langue, pour l’appropriation des valeurs culturelles et les compétences professionnelles. On exige également la capacité de subvenir à ses besoins, c’est-à-dire de ne pas dépendre des systèmes sociaux. Mais l’efficacité de la politique danoise d’intégration doit beaucoup en amont au choix de régler l’immigration sur les besoins économiques danois, ce qui favorise évidemment l’intégration de ceux qui sont acceptés. En France, cette logique d’immigration économique, qui était la nôtre initialement, a été abandonnée, de fait, au profit d’une immigration de regroupement familial, qui est sévèrement restreinte au Danemark. Il faut aussi ajouter le rôle de la politique pénale danoise dans ce parcours d’intégration, le système ingénieux de lutte contre la ghettoïsation ou encore la très forte implication des communes dans la formation et le suivi des immigrés, dans le cadre d’un contrat avec l’état, des entreprises…

— Le Danemark appartient à l’Union européenne et à l’espace Schengen. Est-ce à dire que l’on peut très bien agir dans le cadre des institutions européennes ?

Comment ne pas répondre oui, puisque les Danois l’ont fait ? Mais cela suppose certaines circonstances. Lors du vote sur le traité de Maastricht, les Danois ont d’abord rejeté le texte, par référendum. C’est alors que leur gouvernement a obtenu un statut dérogatoire. Ils ont ensuite organisé un second référendum, les Danois adoptant finalement le traité de Maastricht. En dehors d’un contexte de ce type, je comprends que l’on soit sceptique ou que l’on dise que l’opération est techniquement difficile. Mais, le défi migratoire est un enjeu majeur, existentiel, et on voit pourtant que l’Union européenne ne montre pas la même motivation que dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’évolution des problèmes migratoires va amener les États membres à reprendre la main, sous la pression des électeurs. Ce qui est réputé difficile techniquement est pourtant absolument nécessaire politiquement. Les États doivent en faire rapidement un grand chantier commun. Pense-t-on qu’ils ne le feront pas ? L’Européen que je suis n’envisage pas la survie de l’Europe sans une réponse au défi migratoire correspondant peu ou prou à l’esprit de la politique danoise.

— Le trait le plus frappant de votre étude est la mutation de la gauche danoise. Comment s’est faite son évolution sur la question migratoire ?

Les conditions du redressement électoral du parti social-démocrate danois sont emblématiques de l’unique chemin qui s’offre à la gauche européenne si elle veut ne pas disparaître corps et âme, si elle souhaite non seulement survivre, mais encore préserver son opus magnum historique qu’est l’État-providence.

En 1998, lors des élections législatives, le parti social-démocrate danois est en tête, avec 36 % des suffrages, loin devant la droite du Parti libéral (24 %). Puis c’est le déclin. En 2011, les sociaux-démocrates sont à 24,8 %, le Parti libéral est en tête (26,7 %), les populistes du Parti du peuple danois atteignent 12,3 %, contre 7,4 % en 1998. Issue de l’aile gauche du parti social-démocrate, la Première ministre actuelle, Mette Frederiksen, a pris la direction du parti en juin 2015, avec une stratégie fondée sur un rapport interne montrant que l’effondrement électoral des sociaux-démocrates était la conséquence de leur hostilité aux politiques d’immigration restrictives. Le document préconisait un virage complet en la matière, ce qu’a fait Mette Frederiksen, remportant le parti, puis les élections de 2019 comme celles de 2022, provoquant l’effondrement du parti populiste.

— La diabolisation de la question migratoire n’est-elle pas moins forte au Danemark du fait de l’histoire ? À l’inverse, ne s’explique-t-elle pas en France par notre rapport au passé, à la fois celui de la Seconde Guerre mondiale et de l’empire colonial ?

L’histoire joue toujours un rôle. Mais la raison la plus importante tient à une différence de méthode. Les Danois décrivent la réalité du problème considéré avec une objectivité et une transparence exemplaires. Dans notre étude, nous publions des exemples de données que chaque Danois peut consulter, en un clic : les faits de violence selon le pays d’origine de leurs auteurs, le taux d’emploi des personnes ou la part des bénéficiaires de l’aide sociale selon l’origine, etc. En France le tabou sur les « statistiques ethniques » empêche toute visibilité réelle sur ce sujet.

Le citoyen français est dans l’impossibilité d’accéder à de telles données, comme si elles n’étaient pas utiles au débat. De plus, et comme sur tant de sujets, le débat français sur l’immigration met en avant le critère de la moralité des intentions, en ne considérant presque jamais la moralité des résultats. Une bonne intention est jugée morale, même si ses résultats sont désastreux. Enfin, l’existence de contraintes financières semble absente de nos considérations en matière d’immigration, alors que leur prise en compte est un pilier de la politique danoise. Nous sommes bien plus idéologues.

— Vous faites dans votre étude un lien entre État-providence et homogénéité culturelle. En quoi sont-ils liés ?

Il est établi, au moins dans les sociétés démocratiques, qu’il existe un lien entre l’avènement du multiculturalisme et la montée de la défiance interpersonnelle, finissant par remettre en cause l’adhésion à l’État-providence. L’une des raisons avancées pour expliquer l’absence d’un État-providence aux États-Unis réside dans les différences ethnoculturelles entre les groupes composant la société. Accepter que l’état prélève une part de vos revenus pour la redistribuer au profit d’autres personnes suppose de reconnaître les autres personnes comme des membres de la même communauté. C’est le consensus fondamental. À la suite du politologue italien Giovanni Sartori, distinguons entre le consensus comme acceptation ponctuelle et formelle, par exemple un vote, et le consensus comme accord diffus, tenant à des valeurs, des idées que nous avons en partage, qui nous lient intimement les uns aux autres dans une compréhension mutuelle immédiate. En ce sens, le consensus est la condition de toute communauté.

Robert D. Putnam a montré qu’une forte augmentation de l’immigration entraîne un multiculturalisme, provoquant une érosion de la solidarité, plus globalement de ce qu’il nomme le « capital social », dont la confiance est l’élément clé. Il est d’autant plus facile de faire confiance et de coopérer que la distance sociale qui sépare les individus est moindre. Lorsque cette distance est faible, un sentiment d’identité commune est possible, aider l’autre devient aider un membre de ma communauté. À l’inverse, plus la distance est grande, plus les personnes se perçoivent comme appartenant à des mondes différents. Dans ce cas, l’idée d’être contraint de contribuer à un système de solidarité devient problématique.

Les phénomènes migratoires agissent puissamment dans le sens d’une érosion des identités et des solidarités sociales. Putnam a montré que dans les quartiers multiculturels les habitants ont tendance à se replier sur eux-mêmes quelles que soient les origines, que la confiance interpersonnelle y est plus faible et même envers les personnes de son propre groupe d’appartenance, que l’altruisme et la coopération y sont plus rares. Finalement, les Danois nous aident à comprendre qu’il n’y a que deux grands choix possibles, l’État-providence, mais alors sa soutenabilité financière appelle une politique migratoire restrictive et fortement intégratrice, ou bien l’ouverture des frontières, mais alors sa soutenabilité implique une politique renonçant à toute solidarité systémique. Choisissons, mais sachons qu’il est impossible de combiner l’ouverture et la générosité.

Source

 


samedi 14 janvier 2023

Trahis par leur orthographe et grammaire trop parfaites : 50 % des devoirs en maîtrise rédigés par une intelligence artificielle

Nombre de mots, syntaxe, anecdotes, grammaire et orthographe… De nombreuses similitudes ont alerté cet enseignant qui n’en revient pas. Le phénomène de recours à cette intelligence artificielle pourrait être généralisé.


C’est un devoir maison dont les copies étaient beaucoup trop ressemblantes. Stéphane Bonvallet, professeur à la fac de Lyon (Rhône) a remarqué que la qualité des devoirs rendus par ses élèves de maîtrise a changé, rapportent nos confrères du Progrès.

En recoupant les similitudes dans la rédaction, les réponses, les anecdotes utilisées par les copies des élèves, il a pu démasquer une grande opération de triche puisque 50 % des copies étaient rédigées par l’intelligence artificielle ChatGPT. Si les copies n’étaient pas exactement identiques, 7 des 14 élèves de cet enseignant d’université en handicapologie se recoupaient. Ils devaient répondre au sujet : « Définir les grands traits de l’approche médicale du handicap en Europe ».

« Il ne s’agissait pas de copier-coller. Mais les copies étaient construites exactement de la même manière, raconte-t-il au Progrès. On y retrouvait les mêmes constructions grammaticales. Le raisonnement était mené dans le même ordre, avec les mêmes qualités et les mêmes défauts. Enfin, elles étaient toutes illustrées par un exemple personnel, relatif à une grand-mère ou un grand-père… Il semblait donc évident que ces copies n’étaient pas normales ».

Le phénomène serait global

Après avoir écarté la thèse d’un plagiat d’un site Internet, Stéphane Bonvallet admet toutefois ne pas avoir « tout de suite compris de quoi il s’agit ». Il compte le même nombre de mots dans les réponses et aussi « très peu de fautes d’orthographe, très peu de fautes de grammaire, ce qui correspond peu à la réalité », glisse-t-il à France Inter.

Il a alors décidé de questionner l’une de ses élèves, dont le devoir rendu était suspect. L’embarras de son visage l’a poussé à tout confesser. « Elle m’a avoué que 50 % des élèves de la classe s’étaient servi de l’intelligence artificielle ChatGPT pour rédiger leur copie. Apparemment, ils s’étaient passé le mot sur les réseaux sociaux ».

Il dit être alors tombé des nues, « n’ayant jamais pensé cette intelligence artificielle capable d’être aussi performante (…) notamment en rédigeant un devoir qui méritait la note moyenne ». Ne trouvant pas de sanction évoquant cette possibilité dans le règlement de l’université, il a décidé de mettre la même note de 11,75 aux sept élèves concernés.

Il dit avoir averti la direction à qui il a remis les copies. Une « enquête » a été ouverte. « Cette pratique pose un véritable problème d’intégration des savoirs, car les élèves n’ont plus besoin d’effectuer la moindre recherche pour composer », s’inquiète Stéphane Bonvallet. D’autant plus qu’après avoir échangé de cette nouvelle « triche » avec ses collègues, beaucoup l’ont assuré avoir à faire à des « copies louches » depuis plusieurs semaines. Les lycées seraient notamment les plus exposés. « Je ne sais pas comment cela va se régler. Mais il va falloir trouver rapidement une solution… », termine l’enseignant.

Source : Le Parisien


jeudi 12 janvier 2023

L'avenir de la planète n'est en rien catastrophique

Pour Tim Newark de l’Express, le sinistrisme ambiant n’est en rien justifié.

[…] Pour beaucoup, une légère récession est l’occasion d’investir. Le plus gros problème auquel nous sommes confrontés est celui des politiciens trop zélés qui interviennent pour mener une bataille tout en créant des problèmes pires pour nous tous.

Le nombre de morses augmente en Arctique (Svalbard), « on » n’en parle pas

Nous l’avons vu dans la réponse à Covid, car des blocages ruineux [et des masses d’argent créées] ont déclenché l’inflation et contribué à un excès de décès supérieur à la normale — un millier de plus par semaine depuis mai [En Angleterre]. De la même manière, la politique de la neutralité carbone introduite pour lutter contre le changement climatique entraîne déjà des coûts énergétiques exorbitants, tout en ignorant la richesse de l’énergie carbonée sous nos pieds.

Comme pour les confinements, ce remède peut être pire que le mal.

« Toute tentative de sauver la planète en appauvrissant les masses ne peut qu’échouer », déclare Kallum Pickering, économiste à la Berenberg Bank. « La dure réalité est que des années d’étranglement de nos propres industries énergétiques, en interdisant la fracturation hydraulique au Royaume-Uni ou la dépendance excessive de l’Allemagne à l’égard de la Russie, [nous ont] rendus inutilement vulnérables. [Rien n’obligeait l’Union européenne à se lancer dans des sanctions antirusses, si ce n’est son alignement (sa sujétion ?) avec les intérêts géostratégiques des États-Unis tels que conçus par le Pentagone.]

D’autant plus que quelques scientifiques courageux osent maintenant défier le consensus sur le changement climatique d’une catastrophe imminente.

Prétendant qu’il y a des failles dans les modèles de changement climatique, le professeur de sciences de l’atmosphère, le Dr John Christy, ne considère pas l’augmentation du CO2 comme un problème.

“Le dioxyde de carbone fait pousser les choses”, dit-il. “Le monde avait cinq fois plus de dioxyde de carbone qu’aujourd’hui. Les plantes adorent ce genre de choses. Cela crée plus de nourriture. Le CO2 n’est pas le problème.

Des scientifiques danois ont récemment découvert qu’il y a deux millions d’années, le Groenland était de 10 à 17 degrés plus chaud qu’aujourd’hui et abritait des écosystèmes luxuriants. Aujourd’hui, le paysage autrefois rude du Sahel au sud du Sahara — qui abrite des sécheresses et des famines meurtrières — verdit en partie grâce au réchauffement climatique.

Les images satellites révèlent plus de végétation et d’arbres dans des endroits autrefois inhospitaliers, avec des familles retournant cultiver des terres plus vertes et des récoltes en hausse de 70 % dans certaines régions.

C’est notre modernité même qui nous permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

‘Il ne fait absolument aucun doute que l’énergie carbonée [nous] offre une vie plus longue et meilleure’, déclare le Dr Christy.

L’analyste du changement climatique Bjorn Lomborg est d’accord, concluant que beaucoup moins de personnes meurent des catastrophes naturelles liées au climat à mesure que de plus en plus de pays se développent.

‘Malgré des rapports climatiques haletants’, dit-il, ‘environ 98 % de moins de personnes sont mortes en 2022 qu’il y a cent ans à la suite de catastrophes naturelles liées au climat comme les inondations, les sécheresses, les tempêtes, les incendies de forêt et les températures extrêmes’.

Lomborg ajoute : ‘Dans les années 1920, le nombre de décès dus aux catastrophes liées au climat était de 485 000 en moyenne chaque année. Au cours de la dernière décennie complète, 2010-2019, la moyenne était de 18 362 morts par an.

Chaque mort est une tragédie, mais la capacité de survie de la race humaine s’améliore clairement.

‘Pourquoi cela n’est-il pas systématiquement signalé ?’ il se demande. Se pourrait-il que les politiciens aiment une bonne crise pour pouvoir dépenser des milliards de livres des contribuables pour nous sauver ?

Et il n’y a pas de meilleur désastre que la fin du monde, n’est-ce pas ? […]

mercredi 11 janvier 2023

Le Canada souhaite envoyer en stage de rééducation son intellectuel le plus connu (livres publiés en 45 langues)

L’auteur des 12 règles pour une vie et des 12 nouvelles règles pour une vie, défenseur de la jeunesse masculine et pourfendeur des wokistes, est sommé par l’Ordre des psychologues de l’Ontario de se soumettre à une formation à l’étiquette des médias sociaux. S’il refuse, il pourrait perdre sa licence de psychologue clinicien professionnel.

Le psychologue et philosophe canadien Jordan Peterson, ancien professeur à l’Université de Toronto, est depuis dix ans l’un des intellectuels anglophones les plus influents dans le monde. Peterson est parti à la retraite en 2021 mais garde le titre de professeur émérite. Révélé par ses cours et ses conférences ayant cumulé des millions de vues sur YouTube, ses livres sont des best-sellers traduits dans 45 langues et les télévisions des deux côtés de l’Atlantique se disputent des entretiens avec lui.

Il doit sans aucun doute son succès à son discours percutant et néanmoins bienveillant à l’égard d’une jeunesse complètement déboussolée.

Assumant un certain conservatisme modéré, il invite les jeunes nord-américains à mieux assumer leurs responsabilités et à donner la priorité à la construction d’une vie d’adulte solide et pacifiée. De nombreux jeunes hommes et jeunes femmes affirment que la philosophie de Jordan Peterson leur a quasiment sauvé la vie, en les sortant du chaos dans lequel ils s’étaient laissés entraîner par un environnement nihiliste.

Ne tirez pas sur le prof moqueur

Bien sûr, son discours politiquement incorrect n’est pas du goût de tous les étudiants des campus américains, en particulier les plus radicalisés, qui voient dans sa défense des valeurs traditionnelles une propagande réactionnaire et sexiste. Certains de ses cours et conférences ont été véritablement pris d’assaut et bloqués par des jeunes militants d’extrême-gauche, que l’on surnomme aux États-Unis les SJW (Social Justice Warriors ; les guerriers de la justice sociale). Une réalisatrice d’Hollywood, Olivia Wilde, s’est même inspirée de Peterson pour créer le méchant de son film : un professeur masculiniste à l’influence néfaste…

Son éloquence exigeante, son empathie décomplexée et son calme à toute épreuve en ont rapidement fait l’un des adversaires les plus coriaces de l’Amérique ultra-progressiste devenue folle.

Très sévère depuis des années sur la destruction des valeurs fondamentales de l’Occident par le relativisme woke, le discours de Jordan Peterson s’est dernièrement durci contre la gestion de la pandémie par les autorités canadiennes et en particulier contre le chef de file charismatique de l’autoritarisme mièvre, le Premier ministre Justin Trudeau.

Pays autrefois connu pour sa tolérance et son esprit de liberté, le Canada est devenu durant la pandémie l’un des États les plus stricts et brutaux dans l’application des mesures sanitaires. Le confinement des lieux publics en Ontario aura duré 382 jours, soit l’un des plus longs au monde.

Jordan Peterson a très vite apporté son soutien au convoi des camionneurs canadiens se réunissant à Ottawa pour réclamer la fin des mesures liberticides. Il dénonce régulièrement et de manière virulente le mépris des élites mondialistes à l’égard des peuples qu’ils gouvernent.

Camp de rééducation pour prof réac

Il ne lui en fallait guère plus pour être dans la ligne de mire des petits soldats de la cancel culture. Son compte Twitter fut supprimé sous l’ancienne direction du réseau social pour un tweet critiquant l’irresponsabilité de l’actrice transgenre Ellen Page (devenue Elliot Page) faisant la promotion de son ablation des seins effectuée lors de son changement de sexe. Le compte fut récemment « rouvert » avec tant d’autres par l’équipe d’Elon Musk, fraîchement arrivée à la tête de Twitter.

Les attaques proviennent à présent de son propre sérail: l’Ordre des Psychologues de l’Ontario, une faculté qui prépare à la licence de psychologie, menace Jordan Peterson de lui retirer la sienne [la lettre envoyée par l'Ordre est ici] s’il refuse de suivre (tenez-vous bien) une formation à l’éthique sur les réseaux sociaux… Une sorte de camp de rééducation pour intellectuels nouvelle génération, qui aura au moins l’avantage canadien d’être dans une pièce bien chauffée…

Les dernières prises de position de l’intellectuel médiatique ne sont visiblement pas du goût de l’institution qui lui a délivré sa licence et qui n’hésitera pas à détruire la carrière de Peterson d’une simple signature si d’aventure il décline leur formation au formatage. Ce dernier a reçu une lettre disciplinaire l’invitant à « revoir, réfléchir et améliorer son professionnalisme dans ses déclarations publiques ».

Les sociétés savantes nord-américaines continuent ainsi leur lente descente aux enfers, en courbant l’échine devant leurs membres les plus fanatisés et en adoptant une politique inquisitrice à l’égard des professeurs et praticiens sortant du cadre quand elles devraient, au contraire, promouvoir le débat, la contradiction rationnelle et la perpétuelle remise en question des idées reçues. Peterson a affirmé sur Twitter son « refus de se conformer », ce qu’il a fait en déposant une demande de révision judiciaire auprès de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Si Jordan Peterson se voit retirer sa licence à cause de la virulence de ses opinions politiques, nous aurons autorisé l’Occident à censurer les intellectuels qui dérangent et à les rééduquer pour rentrer dans le rang. Pourra-t-on toujours parler d’Occident ?

Source : Causeur

Voir aussi
 

 Florilège Jordan Peterson (vidéos sous-titrées en français) 

Contre le ressentiment qui hante notre époque, le manuel d’antiwokisme de Jordan Peterson 

Employés de Penguin RH en pleurs parce que l’éditeur publiera le prochain livre de Jordan Peterson (12 Nouvelles Règles pour une vie)

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Faut-il abolir les frontières ?

Régis Debray fait son deuil du progressisme et des illusions de la gauche

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Jordan Peterson : Arguments en faveur du mariage et impacts du divorce (2 vidéos)

Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et ses capsules « éducatives » féministes

Faiblesse des revenus masculins, une des causes de l’effondrement du mariage ?  

Jordan Peterson : l’État ne devrait plus enseigner l’éducation sexuelle

Parution en français de Douze règles pour une vie de Jordan Peterson (son précédent livre)

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Jordan Peterson et l’égalité des sexes : députée et ex-ministre suédoise à du mal à comprendre 

Université Wilfred Laurier (Ontario) — S’opposer aux pronoms transgenres (Jordan Peterson), c’est comme Hitler…

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Église catholique s’inquiète du projet de loi C-16 punissant la liberté d’expression sur le genre

Jordan Peterson : La théorie du genre n’a pas sa place en classe (M-à-j : poursuite judiciaire) 

Le Canada vu de loin : un pays avec un singulier manque d’adultes

 

 
 

mardi 10 janvier 2023

Novlangue — Chirurgie du torse, Vaginoplastie

Chirurgie du torse, chirurgie du haut — Mastectomie, enlèvement des seins pour les filles qui se disent garçons.

Vaginoplastie, chirurgie du bas — Castration pour les garçons qui se disent filles.

lundi 9 janvier 2023

Canada — Les « réfugiés » concurrencent durement les citoyens les plus défavorisés

Si les [candidats] réfugiés étaient tous éduqués et s’ils travaillaient dans des domaines où il manque de la main-d’œuvre, ils ne feraient que passer devant tout le monde pour immigrer au Canada. Cela serait surtout vexant pour les autres immigrants qui mettent des années à monter leur dossier d’immigration et à attendre les réponses des gouvernements.

Mais tel n’est pas le cas. Les réfugiés mènent une dure compétition aux Canadiens et aux Québécois les plus défavorisés, d’autant plus que beaucoup de ceux qui sont refusés s’évanouissent dans la nature.

Les réfugiés, acceptés ou refusés, se retrouvent en grand nombre dans des institutions pour itinérants. Ils accentuent la crise du logement, en particulier dans le segment des logements bon marché. Ils sont soignés par notre système de santé qui est débordé. Ils abaissent les bas salaires.

Les probabilités que les réfugiés créent au moins autant de richesse que ce qu’ils coûtent sont faibles, d’autant plus que la pénurie de main-d’œuvre dont souffrent le Canada et le Québec devrait commencer à se résorber vers 2030. Ces gens seront alors les premiers à être licenciés, dès que l’économie ira mal. Moins de 30 % des réfugiés parviennent à rejoindre le salaire moyen au Canada après cinq ans.

En plus des défis linguistiques, les réfugiés qui sont des fondamentalistes religieux ou qui ont reçu des diplômes de complaisance ou qui proviennent de pays corrompus, posent des problèmes particuliers qui sont peu discutés.

Source

 

Universités — Méchants hommes blancs

Une tribune de Denise Bombardier dans le journal de Québec.

Voilà donc que des étudiants blancs inscrits en science à l’Université Laval dénoncent, comme le rapporte Le Devoir samedi, l’exclusion dont ils font l’objet et qui les empêche de poser leur candidature pour des postes de chaires de recherche du Canada dans les universités du pays. [Leur lettre est reproduite ci-dessous].

Déjà en 2021, cette politique de l’Université Laval avait été unanimement dénoncée par tous les partis politiques du Québec.

Qu’à cela ne tienne. Il faut être jovialiste pour croire que c’est la bonne façon de lutter contre la discrimination des femmes, des autochtones, des personnes handicapées et des minorités visibles pour qui ces postes sont réservés.

Les scientifiques blancs ont été des étudiants qui se sont distingués dès le secondaire et le collégial. Ils étaient doués et passionnés. Et ils ont réussi à être acceptés dans des secteurs contingentés. Et voilà que ceux qui préfèrent se consacrer à la recherche fondamentale ou à l’enseignement dans une université – postes moins payants que ceux que proposent les laboratoires pharmaceutiques – se heurtent à un mur.

Trudeauisme

Ne rêvons pas. Et surtout, soyons lucides. Nos universités sont devenues des lieux de censure à l’endroit des Blancs. C’est une politique, hélas, qui est appuyée par des Blancs déjà en place. Comme le recteur de l’Université d’Ottawa, personnage hautement controversé, qui a choisi son combat contre les Blancs « colonisateurs et discriminateurs » au profit des « victimes » à la mode du jour. C’est ainsi que le trudeauisme actuel a dépassé les rêves gauchisants de Trudeau père.

C’est faire insulte aux gens de couleur, aux autochtones, aux minorités sexuelles et autres qui ont subi une réelle discrimination que de pratiquer cette même discrimination à l’endroit des hommes blancs.

La Charte des droits et des libertés est en train de devenir prétexte pour transformer le Canada en un tribunal de censure et d’intolérance à l’endroit de certains citoyens relégués à un statut de deuxième classe, à savoir les hommes blancs.


La lettre des associations d'étudiants

Québec, 31 décembre 2022

Un document d’appel aux candidatures pour le poste de Chaire de recherche du Canada CRSNG niveau 1 a été publié par le Département de Biologie de la Faculté de Sciences et Génie de l’Université Laval le 13 septembre 2021. Ce document, le 29 mars dernier, a fait surface dans les médias et l’extrait suivant fait polémique depuis :

« [...] l’Université Laval a défini son plan d'action en matière d'équité, de diversité et d'inclusion en vue d’accroître la représentativité des femmes, des Autochtones, des personnes en situation de handicap et de celles appartenant aux minorités visibles aux postes de titulaires de Chaires de recherche au Canada (CRC) au sein de notre institution. Afin de respecter ces engagements, seules les personnes candidates possédant les compétences requises ET s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés seront sélectionnées au terme du présent concours. »

Cette controverse illustre parfaitement les limites d’une approche superficielle aux problèmes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les plus prestigieuses de nos institutions de recherche et d’enseignement supérieur. Ainsi, la présente est pour réclamer, au nom des associations signataires, l’abolition de ce critère de sélection pour le remplacer par des politiques qui adressent ces enjeux avec plus de profondeur, en sollicitant plus d’efforts et en s’attaquant à la racine du problème. Notre position est appuyée par les points suivants :

  1. L’approche d’exclusion nous paraît malsaine et réductrice. Adopter des mesures de discrimination positive aussi contraignantes ne nous approche pas de la situation souhaitée, soit celle où les candidatures seraient jugées uniquement à la hauteur de leurs compétences, indépendamment de leurs caractéristiques identitaires. Elle renforce plutôt l’idée que l’équité et l’inclusion sont un jeu à somme nulle où il est impossible de mettre fin aux discriminations sans en créer d’autres.
  2. Cette approche contredit explicitement la déclaration de l’Université Laval (écrite dans le même appel aux candidatures qui fait l’objet de cette critique) selon laquelle elle « [...] favorise l’excellence de la recherche et de la formation en recherche et garantit l’égalité des chances à toutes les candidates et tous les candidats ».
  3. Les mesures adoptées par le Programme des chaires de recherche du Canada (PCRC) (qui a fixé des quotas minimaux de représentation basés sur des données démographiques plus ou moins arbitrairement choisies) et l’Université Laval ne font rien d’autre que masquer la discrimination sans s’attaquer à ses sources complexes, en plus de négliger complètement la situation d’autres groupes démographiques qui subissent de la discrimination sans être ciblés directement par ces mesures. Pire encore, comme on le voit présentement, ces mesures soulèvent facilement la controverse et mènent à un contrecoup social qui ne peut que renforcer le statu quo.
  4. La discrimination systémique (telle que définie par la commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec1) envers certains groupes de personnes a une influence en recherche, et en sciences et génie en général. Nous croyons qu’il est impératif de mettre en place des mesures visant à réduire le plus possible ces tendances et de garantir à tous les groupes l’égalité des chances et les opportunités qu’ils méritent.
  5. Le plan d’action EDI de l’Université Laval révisé en 20202 identifie directement le tokenism3 perçu par les membres des groupes cibles comme un obstacle systémique à leur représentation équitable sur les CRC. En particulier, plusieurs témoignages de femmes de minorités visibles citées indiquent que les concours de nomination préférentielle ont été des désincitatifs pour elles à porter leur candidature, de crainte d’être stigmatisés si elles obtenaient le poste par un tel processus. Il nous paraît évident que l’approche que nous dénonçons ne peut que renforcer une telle stigmatisation et perpétuer cet obstacle que l’Université avait pourtant elle-même reconnu.
  6. De nombreuses pratiques institutionnelles et systémiques peuvent être adoptées pour favoriser l’EDI dans le processus de recrutement et d’octroi des CRC. Le plan d’action en EDI de l’Université Laval cible d’ailleurs de nombreuses mesures à cet effet, dont certaines (comme la diversification des comités d’évaluation recommandée à l’activité 4.3.1) pourraient même être bonifiées. À notre sens, les objectifs EDI imposés par le PCRC aux établissements de recherche devraient viser à promouvoir les meilleures de ces pratiques, plutôt que d’appliquer un système de quotas qui pousse les universités à adopter des procédures de nomination préférentielles ou exclusives néfastes.
  7. À titre d’exemple, depuis 2018, la CADEUL (Confédération des Associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval) publie annuellement un rapport sur l’implication des femmes dans les associations étudiantes de premier cycle à l’Université4, et a adopté de nombreuses mesures pour favoriser et faciliter la participation des femmes au sein de ses instances. Ces mesures5 ont porté fruit, et ce, sans qu’aucun quota ou qu’aucune discrimination positive ne soit mise en place. Les changements institutionnels ainsi apportés sont plus durables et conséquents puisqu’ils contribuent à promouvoir une vision inclusive du mouvement étudiant au sein de l’ensemble de la population étudiante et non pas seulement à changer la composition des instances. Cette réussite constitue la preuve que les objectifs d’EDI sont atteignables sans discrimination positive ni exclusion.

Ainsi, ce sont les principes d’équité, de diversité et d’inclusion partagés par les membres de notre collectif qui nous poussent à dénoncer la situation actuelle et à réclamer que les efforts soient concentrés autour de mesures réellement efficaces pour atteindre une représentation équitable des groupes ciblés au sein des CRC. L’objectif d’une représentation équitable en recherche en est un qu’on se doit de poursuivre en tant que communauté universitaire, mais donner l’apparence d’équité sans réellement éliminer les obstacles qui limitent la participation des femmes, des autochtones, des minorités visibles et des personnes handicapées en recherche ne permettra jamais de l’atteindre.

En espérant que vous tiendrez compte de nos revendications,

Association des chercheurs étudiants en biochimie et en microbiologie de l’Université Laval
Association des étudiants en chimie des cycles supérieurs de l’Université Laval
Association des étudiantes et étudiants en génie chimique
Association des étudiants en foresterie et environnement de l’Université Laval
Association des étudiant(e)s en géomatique de l’Université Laval
Association des étudiant.e.s gradué.e.s en sciences et génies de l’Université Laval


Notes

1 « La somme d'effets d'exclusion disproportionnés qui résultent de l'effet conjugué d'attitudes empreintes de préjugés et de stéréotypes, souvent inconscients, et de politiques et pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres de groupes visés par l'interdiction de la discrimination »

2 Accessible au : https://institutedi2.ulaval.ca/nouvelles/plan-daction-en-edi/

3 « Le tokenism consiste à faire des efforts superficiels d’inclusion vis-à-vis des groupes marginalisés afin d’échapper aux critiques, mais sans volonté réelle d’inclusion. » selon la définition utilisée par l’Université Laval dans son plan d’action EDI

4 Accessible au : https://cadeul.com/documentation-avis-et-memoires

5 Notamment l’organisation annuelle d’un « 5 à 7 Femmes engagées », la valorisation bisannuelle des accomplissements des femmes impliquées sur les réseaux sociaux, la révision des descriptions de postes afin d’en retirer toute connotation genrée, l’extension des périodes de mises en candidature, des efforts conscients de démarchages auprès de candidates potentielles prometteuses et la mise à jour annuelle de l’avis sur « L’implication des femmes dans les associations étudiantes de premier cycle à l’Université Laval ».

vendredi 6 janvier 2023

Québec — université verse 4000 $ à une correctrice qui aurait été exposée à un contenu raciste

Gaëlle Étémé Lebogo, sociologue à l’Université du Québec à Montréal (UAQM), aurait « été victime de harcèlement psychologique dans le cadre de son travail », selon la décision de l’arbitre du travail Robert Côté datée du mois dernier.

Mur couvert de slogans « antifascistes » à l’UQAM

L’UQAM devra indemniser une employée qui se plaignait d’avoir été victime de racisme en corrigeant les copies d’examens d’un cours portant sur les stéréotypes racistes.

La correctrice a dû lire des réponses contenant du contenu discriminatoire, a tranché un arbitre du travail. La sévérité de ses corrections a aussi été critiquée par des étudiants, l’un d’eux l’attribuant au fait qu’elle était « étrangère » et « de l’école française ».

Gaëlle Étémé Lebogo aurait donc « été victime de harcèlement psychologique dans le cadre de son travail », selon la décision de l’arbitre du travail Robert Côté datée du mois dernier. « L’employeur a failli à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser le harcèlement après en avoir été informé par la plaignante. »

L’arbitre n’hésite pas à poursuivre : « cette situation a privé la plaignante de son droit quasi constitutionnel à la sauvegarde de sa dignité […], mais aussi compromis son droit à l’égalité sur la base de son sexe et de son origine ethnique ». 

 

Autre mur de l’UQAM

L’UQAM devra lui verser 4000 $ en indemnisation. L’établissement défend ses politiques antiharcèlement. 

« Ambiance toxique »

Le cours au centre du dossier, intitulé Introduction au féminisme noir, remonte à l’année 2018-2019. Il était assuré par l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’UQAM, mais accessible aux étudiants de tous les programmes de l’université.

Mme Étémé Lebogo, une femme noire, a été choisie comme correctrice par la chargée de cours. La relation entre, d’une part, les étudiants et, d’autre part, la chargée de cours et la correctrice s’est dégradée après un examen de mi-session dont les résultats étaient particulièrement faibles.

« La réaction de certains étudiants aux résultats obtenus à la suite de ce premier examen constitue l’élément déclencheur des allégations de harcèlement que formule Mme Étémé Lebogo », explique la décision. Plusieurs copies contenaient des réponses « épousant les stéréotypes coloniaux », a assuré la correctrice.

La rencontre organisée ensuite avec la classe avait « un je ne sais quoi de pas propre », a continué Mme Étémé Lebogo, qui décrit une atmosphère toxique empreinte de discrimination. Ont suivi des courriels et des rencontres avec des étudiants mécontents, dont certains la tutoyaient. C’est à cette occasion qu’un étudiant lui aurait reproché sa correction inspirée « de l’école française » liée au fait qu’elle était « étrangère ».

La correctrice « bouleversée »

L’examen final demandait aux étudiants d’évoquer des stéréotypes raciaux associés aux femmes noires dans l’histoire. La correctrice a dit avoir été « bouleversée » par la lecture des réponses.

La plupart de ces réponses ne constituent pas de la discrimination, a tranché Robert Côté. L’une des copies, par contre, allait trop loin.

« L’étudiant farcit littéralement son texte de qualificatifs animaliers, en particulier canins, pour illustrer son propos », rapporte l’arbitre. « À propos d’Aunt Jemima, qui selon [l’auteure afro-américaine Patricia Hill] Collins est le stéréotype de la femme noire serviable et soumise, il mentionnera qu’elle “fait partie de la famille, comme le chien”. S’agissant de la figure mythique de la n [ou] nou, qui n’existe pas vraiment, mais est uniquement fantasmée par la majorité blanche, il affirme “Comme le chien du domicile auquel est parfois comparée la nanou, les afro-américaines peuvent mordre et refuser ce rôle” ».

La correctrice s’est dite bouleversée par cette lecture et a ajouté avoir beaucoup pleuré.

Cet évènement « est donc retenu comme une conduite vexatoire », a tranché l’arbitre.

En réaction à des plaintes des étudiants, l’UQAM a décidé de refaire entièrement la correction effectuée par Mme Étémé Lebogo. Prendre cette décision sans l’en informer était aussi une conduite vexatoire, selon M. Côté.

L’arbitre du travail Robert Côté conclut surtout que l’UQAM et l’IREF n’ont pas agi adéquatement face aux dénonciations de la correctrice.

« Plutôt que d’examiner et juger avec attention les allégations de la plaignante, que celles-ci s’avèrent ensuite fondées ou pas, les différents représentants de l’Université se sont, en quelque sorte, renvoyé la balle », a-t-il évalué.

« L’UQAM prend acte du jugement et est toujours soucieuse d’améliorer ses pratiques en ce qui a trait à ses interventions pour prévenir et faire cesser des situations de harcèlement, a affirmé Jenny Desrochers, responsable des communications de l’UQAM. En ce sens, une révision de la politique contre le harcèlement psychologique est entrée en vigueur en février 2020. »

Mme Desrochers a ajouté que l’IREF avait créé un nouveau cours intitulé Féminismes et antiracismes que les étudiants sont encouragés à suivre avant Introduction au féminisme noir. Gaëlle Étémé Lebogo avait recommandé que le cours qu’elle corrigeait ne soit accessible qu’aux étudiants inscrits en études féministes, plutôt qu’à tous.

Le Syndicat des étudiant·e·s employé·e·s de l’UQAM (SÉTUE), qui représentait Mme Étémé Lebogo, n’a pas voulu commenter le dossier.

Voir aussi

« Des associations étudiantes [de l’UQAM] militent donc activement pour l’anglicisation du réseau universitaire québécois »  (aussi baisse du nombre d’étudiants à l’UQAM, comparaison avec Concordia l’anglophone)

Québec — « La complaisance pour l’extrême gauche » (à l’université, dans les médias)

UQAM aurait une mauvaise réputation, à cause de ses professeurs intolérants ? (2016)

Legault parle de garantir la liberté de débat à l’université, Martine Delvaux de l’UQAM parle de « police » gouvernementale (2021)

Doctorants de l’UQAM — « Ceuzes qui sont contributeurices sont heureuxes » (2018)

Universités : après le mot « nègre » devenu tabou, le bannissement de « femme » et « homme » pour transphobie ? [UQAM] (2021) 

Longue confrontation lors d’un cours d’anatomie pour avoir rappelé l’importance biologique des différences sexuelles [UQAM] (2021)

Climat de violence à l’UQAM ? Commission Curzi Dumont : Menaces et vandalisme à l’UQAM : jusqu’où iront les étudiants et les syndicats ? (2013)

Les gouvernements surestiment-ils le rendement économique des diplômes universitaires ? 

La liberté d’expression à l’UQAM (2017) 

UQAM — Conséquence du boycott étudiant et de l’appui de profs ? Nouvelles inscriptions en forte baisse (2015)

Activistes font pression pour empêcher les anthropologues d’identifier les restes humains comme « masculins » ou « féminins » (2022)

UQAM — Débat sur ECR annulé suite à des menaces (m-à-j) (2017)

Remise en doute des origines autochtones d’une militante autochtone [UQAM] (2020)