mardi 7 mars 2023

Québec — Jamais autant de décès qu'en 2022, plus bas nombre de naissances depuis 2005

Nombre de naissances et de décès au Québec de 1995 à 2022


La population du Québec en

fin 1995 : 7,2 millions

fin 2005 : 7,6 millions

fin 2022 : 8,7 millions

Le taux de natalité du Québec (rapport entre nombre de naissances et population)

en 1947 :  31,1   

en 1960 :  27,5    ‰

en 1995 : 12,102 

en 2005 : 10,088 ‰

en 2022 :   9,329 

Il y avait donc à peu près 3 fois plus d’enfants par habitant entre 1947 et 1960 qu’en 2022.



lundi 6 mars 2023

Le statisticien Pierre Chaillot sur ce que les chiffres de la Covid révèlent

Pierre Chaillot est statisticien. Depuis le début de la crise du Covid, il a collecté scrupuleusement toutes les semaines l’intégralité des données officielles disponibles sur les sites d’EUROSTAT, de l’INSEE, de la DREES et des différents ministères. Mortalité, occupation des lits, positivité des tests, âges, etc.

Deux ans d’un travail méticuleux, qu’il a rendu public régulièrement sur sa chaîne YouTube « Décoder l’éco », suivie par plus de 50 000 personnes.

Qu’a-t-il constaté ? De gigantesques anomalies.

En France comme dans tous les autres pays européens, la mortalité de l’année 2020 standardisée (c’est-à-dire étudiée par tranches d’âges et non pas en données brutes) est au niveau de celle de l’année 2015 soit la septième année la moins mortelle de toute l’histoire de France.

Quant à la mortalité de l’année 2021, elle au niveau de celle de 2018, la troisième moins mortelle de toute l’histoire de France.

Les chiffres présentés par les médias et les organes publics sont partiels et tronqués, aussi bien en ce qui concerne la mortalité que l’activité hospitalière ou l’efficacité vaccinale.

Il expose dans ce livre la totalité de ses recherches pour qu’enfin un débat scientifique serein puisse avoir lieu sur cette crise dont les conséquences sont loin d’être derrière nous.


Covid 19, ce que révèlent les chiffres officiels
Mortalité, tests, vaccins, hôpitaux, la vérité émerge
par Pierre Chaillot
paru le 18 janvier 2023,
chez l’Artilleur,
à Paris,
480 pp.,
ISBN : 978-2810011520


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Le Conseil de l’ordre des médecins donne raison au Dr Christian Perronne, désinformateur controversé pour Radio-Canada  

Gestion de la pandémie — La sédentarité a bondi chez les jeunes  

Danemark arrête la vaccination anti-covid pour les moins de 18 50 ans (sauf cas particuliers) 

Documents judiciaires révèlent que l’interdiction de voyager au Canada n’avait pas de fondement scientifique (m à j)

Le Dr James Thorp (vidéo ci-dessous), gynécologue-obstétricien et expert en santé reproductive des femmes, est co-auteur d’une étude évaluée par des pairs sur les effets dangereux des injections Covid sur la santé reproductive.

Cette étude basée sur les données de la FDA et du CDC montre une augmentation significative des fausses couches, des décès fœtaux, des troubles menstruels, etc.

« La promotion de ces vaccins expérimentaux Covid-19 dans le monde est la plus grande violation de l’éthique médicale de l’histoire de la médecine, peut-être même de l’humanité ».

 

 

Les jeunes enfants sont soumis à une campagne de promotion des travelos

Dans les écoles, les bibliothèques ou les médias, les petits Français sont soumis depuis quelques mois à une campagne de promotion des « drag-queen ». Quel est l'objectif si ce n'est de déstabiliser tous leurs repères dans une période où ces jeunes enfants se construisent ?

En Grande-Bretagne, un spectacle de travelos pour bébé provoque la colère et l’indignation

• Dans ce numéro destiné aux bébés, un homme à moitié nu et chaussé de cuissardes exécute un numéro de bondage (asservissement) devant des enfants et des parents lors d'un "événement sensoriel".

• Le cabaret "CabaBabaRave" se présente lui même comme « une "petite tranche de plaisir de l'après-midi" qui mêle cabaret et "moments sensoriels captivants pour les bébés" avant de "se terminer en rave". » (plus de détails en anglais)

dimanche 5 mars 2023

Mathieu Bock-Côté: «Quand la pseudoscience entend confisquer le débat sur l’immigration»

La chronique de Mathieu Bock-Côté dans le Figaro du 4 mars.

Lundi paraissait dans Le Monde une étonnante tribune de signataires se déclarant « scientifiques » et exigeant justement qu’au nom de la « science », les termes du débat sur l’immigration soient intégralement reformulés. On trouvait parmi les signataires la fine fleur du progressisme mondain et une masse de figures appartenant à ce qu’on pourrait appeler la « lumpenintelligentsia », mais réclamant néanmoins qu’on les écoute religieusement. Le titre de la tribune témoignait d’un esprit de sérieux quelque peu lyssenkiste : « Il est urgent de remettre de la raison et du débat démocratique dans le traitement des questions de migration ».

Leur propos se veut sans appel.

« Les chercheurs de toutes les disciplines sont d’accord : il n’y a pas de submersion migratoire, les régularisations et les sauvetages en mer n’ont jamais provoqué d’“appel d’air” et le grand remplacement de la population française est un mythe. Sociologues, politistes, économistes, juristes, démographes, géographes, historiens et philosophes sont unanimes sur ces questions. Malgré leurs efforts pour se faire entendre, les scientifiques se désolent de voir les résultats de la recherche ignorés ou détournés dans les débats publics et les discours politiques. » Rassurante unanimité ! Circulez, il n’y a rien à voir.

Le commun des mortels serait victime d’un système médiatique laissant croire partout à l’existence d’une mutation démographique à l’échelle occidentale.


Plus encore, « contrairement aux idées reçues, il n’y a pas davantage d’arrivées dans les pays développés ; les flux migratoires vers les pays du Sud global sont équivalents quantitativement ».

Autrement dit, le Sud ne remonterait pas davantage vers le nord que ce dernier ne migrerait vers le sud. Au pays de l’immigration massive qui n’existe pas, tout va bien, ce qui n’empêchera pas demain les idéologues immigrationnistes de chanter la diversité d’une France n’ayant plus rien à voir avec la France d’hier, sans qu’on sache, selon leur raisonnement, d’où cette diversité nouvelle provient.

Cela n’empêche pas plusieurs de ces « scientifiques », qui sont en fait des idéologues immigrationnistes, d’affirmer au même moment, mais dans d’autres lieux, que les mouvements migratoires de masse sont inévitables, qu’il est vain de vouloir les contenir, et qu’il vaudrait mieux « faire avec ». Pour reprendre les mots d’un des signataires de cette tribune qui s’exprimait ailleurs dans la presse cette semaine, « mener une politique rationnelle (…) demande du courage politique pour considérer la migration comme une donnée structurelle qu’il faut organiser plutôt que lui résister ».

Un autre signataire dira que la meilleure manière d’éviter d’avoir des immigrés irréguliers sur le territoire consiste à les régulariser. Il fallait y penser.

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Pour l’instant, nos « scientifiques » ont une proposition : ils souhaiteraient l’organisation d’une convention citoyenne sur la migration, qu’ils pourraient encadrer, éclairer, paramétrer. « Une convention citoyenne repose sur la montée en compétence des citoyens tirés au sort. Ces derniers écoutent et débattent avec des scientifiques et des experts de la société civile. »

Nos scientifiques ajoutent même que « davantage qu’un référendum, un débat citoyen a un rôle à jouer pour guider l’action publique ».

On retrouve alors un vieux réflexe de la gauche idéologique : elle hurle au dévoiement de la démocratie dès lors qu’elle ne maîtrise plus intégralement les termes du débat public.

Mais d’où vient le sentiment qu’ont plusieurs de devenir étrangers et minoritaires en leur propre pays ? Du fait qu’ils seraient enfermés dans une conception périmée de l’identité, associée à l’existence d’un peuple historique, auquel les immigrés seraient appelés à s’assimiler. Dès lors qu’on explique que ce peuple n’a jamais existé, que la majorité d’accueil est un concept fantasmé dont la définition a tellement changé au fil de l’histoire qu’elle est insaisissable, la possibilité d’une submersion migratoire vient de se dissoudre conceptuellement. Il suffit apparemment d’expliquer au peuple qu’il n’existe pas pour calmer sa peur de la disparition. Il arrive toutefois au peuple de ne pas croire à la théorie de son inexistence.

On pourrait se moquer longtemps, je le disais plus haut, du lyssenkisme de ces « scientifiques » auxquels font écho sur un autre sujet ceux qui nient l’existence des sexes et qui entendent les ramener exclusivement dans le domaine du genre. Leur manifeste ressemble à celui qu’on aurait pu produire à l’académie des sciences morales de L’URSS, en 1988, pour expliquer la valeur scientifique insurmontable du marxisme et le caractère impérissable du socialisme réel. C’est le propre des idéologies qui se prennent pour la science : plus le réel les dément, plus elles se radicalisent et se fâchent à l’idée qu’on les contredise.




samedi 4 mars 2023

Victoire par KO de Ron De Santis sur Disney

Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin reviennent sur le conflit qui a opposé le lobby LGBT+, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, et le géant du divertissement, Disney. Et dans cette guerre culturelle, le pouvoir médiatique « woke » aura finalement été pourfendu par le pouvoir politique. L’image du jour, c’est Noël Le Graët évincé par le ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, élue miss menteuse par les supporters de Liverpool.

Dans la revue de presse, I-Média revient sur les Français racistes et envieux des riches selon Roselyne Bachelot, puis sur le Covid qui serait un incident de laboratoire selon le FBI dans un contexte tendu avec la Chine, mais aussi sur l’ARCOM qui met la pression sur CNews et enfin sur l’Intelligence Artificielle en route pour déclasser le journalisme.

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Dingo chez Disney : militantisme pro-LGBTQ2SAI+ à tous les étages ? 

La nouvelle Blanche-Neige : une militante « métisse » d’extrême gauche obsédée par la censure 

La Reine des Neiges 2 et La Guerre des étoiles IX, fers de lance du credo progressiste de Disney

Disney+ fait précéder ses films « culturellement datés » d’un avertissement

Progrès : la nouvelle production de La Belle et la Bête de Disney donne le rôle de Belle à une femme noire, obèse et « queer »   

Superman woke fait un four (était La Guerre contre l’homme hétéro avec Playboy et Superman) 

Projet de loi de Floride interdirait les discussions sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre au primaire

Cinéma — le marché chinois a dépassé le nord-américain, part d’Hollywood s’effondre en Chine

Défense nationale du Canada : croire à l'égalité, mais pas à l'équité (la discrimination) c'est être raciste...

Sur le site de la Défense nationale du Canada, sont racistes ceux « qui croient à l'égalité, mais pas à l'équité ».  

Rappelons que dans le lexique woke  « équité » signifie arriver au même résultat (égalité des résultats, plutôt qu’égalités des chances) au prix de discriminations multiples contre les personnes issues de milieux considérés favorisés par l'histoire, le patriarcat, la colonisation, etc.  Bref, pas de chance pour le soldat mâle, blanc et hétérosexuel...


Source : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/racisme-systemique-discrimination/outils-lutte-contre-racisme/racisme-ou-alliance.html 

Source: https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/racisme-systemique-discrimination/outils-lutte-contre-racisme/guide-conversations-courageuses.html

« Un autre mot pour woke, la gentillesse »

Entretemps pour Bob Rae, l'actuel Ambassadeur canadien aux Nations unies et ancien chef du Parti libéral du Canada, le wokisme c'est la gentillesse. Les réponses à ce gazouillis ne sont pas piquées des vers.


 

Universités et publications — ChatGPT fait peur aux chercheurs

Le rédacteur en chef de la revue Science, Holden Thorp (ci-contre), a rappelé que la prestigieuse revue scientifique a décidé « d’interdire l’utilisation de ChatGPT pour la rédaction d’études » publiées par le périodique.

Lors d’une conférence de presse, le rédacteur en chef de la revue Science, Holden Thorp, a croisé le fer avec la responsable de l’éthique de l’intelligence artificielle (IA) chez IBM, Francesca Rossi.

« Nous avons pris la décision fin janvier d’interdire l’utilisation de ChatGPT pour la rédaction d’études que nous publions, a rappelé M. Thorp. Il y a 20 ans, nous n’avons pas réagi quand Photoshop a permis de modifier des photos de manière réaliste. Résultat, maintenant, nous passons beaucoup de temps à arbitrer entre des chercheurs qui s’accusent de manipulation d’images. Nous avons décidé d’être plus prudents avec l’IA. »

De son côté, Mme Rossi, qui dirige l’Association pour l’avancement de l’intelligence artificielle, a défendu sa décision de permettre aux revues de cette association d’accepter l’utilisation de ChatGPT. « Il vaut mieux que ce soit transparent, a dit Mme Rossi. De toute façon, bientôt ce sera difficile à détecter. Nous avons tracé la limite à l’inclusion de ChatGPT comme coauteur. »

Car Nature révélait fin janvier que quatre études publiées ce mois-là nommaient le logiciel comme coauteur : deux études américaines sur l’utilisation de ChatGPT dans les écoles de médecine et de sciences infirmières, une revue de littérature hongkongaise sur l’utilisation d’un immunosuppresseur pour accroître la longévité humaine, et une étude de neurobiologistes sur la capacité de ChatGPT à écrire sur lui-même.

Pour le moment, ChatGPT ne permet pas de produire une publication scientifique parce que le logiciel ne donne pas ses sources. Mais Microsoft travaille justement à une version qui les fournira, selon Mme Rossi.

En marge de la conférence de presse, à la question de savoir si une version avec sources de ChatGPT pourrait produire la recension de la littérature scientifique qui forme généralement la première section d’une étude rapportant des résultats expérimentaux, M. Thorp a répondu : « Je ne vois pas ce qui l’empêcherait. Mais c’est très peu souhaitable, selon moi, parce qu’on ne sait pas quels seront les biais du logiciel. Il importe pour moi que l’humain reste au cœur de la recension de la littérature. »

M. Thorp pense que ChatGPT pourrait aussi se charger des deux dernières sections d’un article scientifique typique, la discussion des résultats et la conclusion résumant les principales leçons des données expérimentales.

« C’est exactement ce pour quoi le logiciel a été conçu, a dit M. Thorp. Mais il faut que l’humain soit celui qui interprète les résultats. »

Accepterait-il qu’un chercheur demande à ChatGPT d’améliorer une publication déjà rédigée ? « Si on ouvre la porte à cela, on n’aura plus aucun contrôle, répond-il. La science est basée sur la confiance [honor system]. Si on se rend compte qu’une personne a utilisé ChatGPT, ce serait un cas de fraude scientifique, comme la manipulation significative d’images par Photoshop. »

Francesca Rossi a quant à elle fait valoir durant la conférence de presse que les chercheurs dont l’anglais n’est pas la langue première pourraient bénéficier de ChatGPT. « Ça pourrait éliminer certaines barrières pour les chercheurs issus de la diversité », a-t-elle dit. La traduction automatique s'améliorant sans cesse (surtout sur des textes au vocabulaire précis de type scientifique), on est en droit de se demander si la connaissance des langues étrangères (de l'anglais) sera encore longtemps nécessaire pour faire de la science de haut niveau.

Chose certaine, les revues savantes regorgent d’essais sur la question. Et il y a aussi des études créées avec ChatGPT sans qu’il soit désigné comme coauteur. Par exemple, des professeurs de gestion irlandais ont demandé à ChatGPT de rédiger un projet d’étude empirique sur les cryptomonnaies. ChatGPT a suggéré d’étudier le lien entre l’engouement des investisseurs pour les cryptomonnaies et la performance des marchés boursiers.

L’étude irlandaise, publiée dans les Finance Research Letters, conclut que ChatGPT a des forces et des faiblesses par rapport aux différentes étapes de la recherche scientifique. Elle était intitulée L’hypothèse Bananarama, en l’honneur d’une chanson du groupe féminin des années 1980. Le titre de cette chanson, It Ain’t What You Do (It’s the Way That You Do It), reprise d’un classique du jazz, fait écho au fait qu’un outil peut être utilisé de manière positive ou néfaste selon les circonstances, estiment les auteurs irlandais.

vendredi 3 mars 2023

France — Salaires faibles, surveillés, affectations et mutation rigides, faible niveau des élèves, le métier de prof

À 50 ans, Émilie regarde derrière elle avec amertume. Fille d’enseignants, elle a embrassé la carrière avec enthousiasme, motivée par un métier ayant pour elle du sens, « instruire les plus jeunes », permettant aussi, par ses horaires, « d’être présente pour ses propres enfants ». Divorcée depuis plusieurs années, elle est directrice d’école depuis plus de quinze ans. Dans une zone socialement défavorisée. Avec 27 ans d’ancienneté, elle touche 3 200 euros nets. Ce sont les conditions d’exercice dégradées qui la révoltent.


« L’accueil, avec peu de moyens, d’élèves en situation de handicap de plus en plus nombreux, le manque d’AESH, les signalements d’enfants potentiellement maltraités, la gestion des parents difficiles, lâche-t-elle. Et les réunions, qui n’en finissent pas de brasser du vent, les dossiers et formulaires à remplir pour “rendre compte” à une inspection qui doit être au courant de nos moindres faits et gestes. » Dans ce sombre tableau reste la « joie », cependant, de voir débarquer chaque année dans son école tous ces nouveaux visages d’enfants âgés de 3 ans. « Mais quand je vois arriver un contractuel à qui est confiée une classe de CM1 et qui ne maîtrise pas le subjonctif présent, je suis juste effondrée », assène-t-elle.

Des témoignages comme celui d’Émilie, on en lit beaucoup, ces dernières années. Et les professeurs, ces fonctionnaires de catégories A (ils sont 859 000, sur un total de 5,7 millions de fonctionnaires), sont de plus en plus nombreux à jeter l’éponge. En 2021-2022, le nombre de déserteurs a atteint un niveau jusqu’alors jamais observé : 2 411 enseignants ont quitté le métier volontairement, selon le dernier bilan social de l’éducation nationale. Soit 0,34 % des effectifs. Une proportion qui pourrait paraître dérisoire, si elle n’indiquait pas une tendance.

En 2008-2009, seul 0,05 % des troupes (364 enseignants) choisissaient de partir. Fait plus inquiétant encore, parmi les professeurs partis l’an dernier, 749 étaient des « stagiaires », ces jeunes enseignants découvrant la réalité du métier. Des fonctionnaires ayant décroché le concours (porté à bac+5 depuis 2022), et qui, pendant un an, exercent dans les écoles, collèges ou lycées, à temps plein (s’ils ont décroché un master métiers de l’enseignement, dit « Meef », qui comporte des périodes de stages devant les élèves) ou à mi-temps (s’il s’agit d’un master « classique »). Pour une rémunération nette de 1657 euros dans le premier cas, et de 1 571 dans le second. Une perspective qui exige une motivation évidente, pour ne pas dire une vocation. Une fois titularisés, les jeunes enseignants commencent à 1 924 euros nets mensuels. Mais, « à la rentrée 2023, aucun enseignant ne démarrera sa carrière à moins de 2 000 euros », ne cesse de répéter le ministère de l’Éducation, alors que les promesses électorales d’Emmanuel Macron ont fait miroiter à la profession une augmentation « substantielle ».

Formation déconnectée des réalités

« Je comprends pourquoi le métier n’attire plus. Avec les conditions d’exercice et cette impression d’être laissé à l’abandon tout en étant fliqué, comment peut-on encore avoir envie de passer le concours ? » s’interroge Anna(*), 23 ans, étudiante en deuxième année de master Meef, qui a été à deux doigts de jeter l’éponge, après un premier semestre éprouvant. Un « enfer » où se sont cumulés les cours à l’inspé (l’institut de formation au professorat) pour préparer le concours, le travail sur son mémoire et la préparation de ses cours, deux jours par semaine, pour ses élèves de CM1-CM2, dans une école de Pantin (93), où elle a été affectée cette année. « On ne peut rien faire à 100 %. Pendant mes heures de formation à l’inspé, je prépare les cours pour ma classe. J’aime ce métier, je ne souhaite que la réussite de mes élèves, mais le fait d’être visité deux fois par an par des personnes qui traquent la moindre erreur pour la faire remonter à l’inspection, c’est difficilement gérable. Je me demande si ce sera ça pendant toute ma carrière », raconte la jeune femme qui, rémunérée 870 euros bruts mensuels, a dû « retourner chez Maman » cette année.

Si elle juge sa formation à l’inspé de bonne qualité, elle estime aussi qu’elle est déconnectée des réalités. « Au concours, on nous forme aux maths et au français, pas du tout à la gestion de classe, à la préparation de séances pédagogiques, déplore-t-elle. On a revu le théorème de Pythagore, alors que les élèves ne l’étudient qu’en classe de quatrième ! » Elle considère en revanche que « revoir les bases de la grammaire » est une nécessité. « Les élèves ont beaucoup de mal avec l’écrit. Les profs doivent au moins maîtriser la langue », résume-t-elle. Et force est de constater que, parmi ses camarades de promo, tous n’ont pas le niveau. « À la fin de la première année de master, les résultats ont affiché quatre pages d’admis et au moins huit de recalés ! Beaucoup se sont plaints du niveau exigé, mais quand on écrit “er” au lieu de “é”, ça me paraît normal de ne pas être admis », estime-t-elle. Pourtant, en parallèle, ce sont des contractuels de niveau bac + 3, embauchés sur simple entretien, que recrute l’éducation nationale pour faire face à la pénurie de candidats aux concours. « C’est extraordinaire ! Cela revient à dire à tous ceux qui triment pendant deux ans à l’inspé qu’ils ne servent à rien ! Je suis en colère contre l’état »,

« Job dating » express

L’an dernier, les opérations de « job dating », lancées à l’été dans les académies de Versailles, Paris ou Toulouse, pour recruter des contractuels, ont défrayé la chronique. Mais l’Éducation nationale n’avait pas le choix si elle voulait tenir la promesse répétée par le ministre nouvellement arrivé aux commandes, Pap Ndiaye, d’avoir « un professeur devant chaque classe, dans toutes les écoles de France ». Car les concours n’avaient pas fait le plein. En mai 2022, avant même les oraux, le nombre de candidats admissibles aux écrits était inférieur, en maths, en allemand ou en lettres classiques, au nombre de postes proposés. À l’issue de la session de recrutement 2022, le taux de postes pourvus, au regard des postes ouverts, se situait à 83 % pour les professeurs des écoles — avec des difficultés marquées dans les académies réputées difficiles de Créteil et de Versailles —, comme pour ceux du second degré. Contre 94 % l’année précédente. À l’arrivée, quelque 4000 fonctionnaires manquaient à l’appel.

À la rentrée de septembre, Pap Ndiaye n’a cessé de temporiser, répétant que les contractuels recrutés ne représentaient que 1 % des professeurs de l’école primaire et 6,5 % à 8 % dans les collèges et lycées. Il n’empêche. Là encore, la tendance s’installe. Et, fait nouveau, elle touche aussi le premier degré, où la désaffection était jusqu’alors peu visible. Du côté des organisations syndicales, on dénonce, avec le recrutement de contractuels, une « casse » de la fonction publique. Dans le même temps, les enseignants fonctionnaires pointent de plus en plus, en cette période de pénurie, un système de mutation et d’affectation rigide, qui, au-delà même des questions de rémunération, les détournent du métier. Dans l’Éducation nationale, il n’est pas rare qu’un étudiant passant son Capes à La Réunion soit affecté, en stage, en métropole, dans les académies de Créteil ou de Versailles. Quand il faut se battre pour accéder à celle de Rennes, la plus attractive de France. Pas de quoi donner envie de mettre un pied dans les méandres de la fonction publique, surtout dans un contexte de marché de l’emploi au beau fixe, où les jeunes ne caressent plus vraiment le rêve de la sécurité de l’emploi.

Tristan, 31 ans, est contractuel depuis maintenant deux ans. « J’ai suivi un master Meef, mais j’ai raté quatre fois le concours. Les épreuves écrites, c’est difficile pour moi. Je n’ai pas fait d’études littéraires », explique ce titulaire d’un DUT en informatique et électronique, qui, après une expérience professionnelle décevante dans ce secteur, est revenu à son « premier amour », l’histoire, et s’est lancé dans le professorat. Lassé de se casser les dents sur le concours, il a postulé en janvier 2021 comme contractuel dans l’académie de Reims. À l’issue d’un entretien de trente minutes, l’inspecteur a retenu sa candidature. Avant cela, le jeune homme avait travaillé six mois comme chauffeur livreur, puis commerçant itinérant, pour « s’acheter une voiture », la « condition nécessaire pour être contractuel ».

« On est là pour les distraire »

Un statut précaire, où ces personnels héritent des « restes » laissés par les titulaires, et enseignent généralement sur plusieurs établissements. La première année, Tristan n’a pris que douze heures, dans un collège difficile de Troyes, rémunéré 600 euros nets par mois. « Je me suis aperçu que les cours très généraux que j’avais eus à l’Inspé n’étaient pas réutilisables. Les premiers cours que j’ai donnés en quatrième étaient sans doute trop lourds pour le niveau de ce collège. Ça a été très difficile, raconte-t-il. Je ne savais rien de la gestion de classe. J’étais hésitant. Plusieurs élèves me tenaient tête et je n’avais pas la repartie. »

Cette année, il est affecté sur trois collèges, l’un à Troyes, proche de chez lui, et deux autres, ruraux, à quarante minutes. Il a changé son approche. « Je sais que, si je fais un cours magistral d’une heure, ça ne marchera pas. Il faut des miniactivités. On est là pour les distraire en les instruisant. Il faut qu’ils passent un bon moment », lâche-t-il, sans aucune ironie. Avec un temps plein (18 h) et ses heures supplémentaires, il arrive à 2000 euros nets. Pour Tristan, issu d’un milieu modeste, le métier de prof reste « prestigieux », même s’il considère comme un peu aberrant de gagner un salaire proche d’un SMIC avec un bac + 5. « Comme commercial itinérant, un métier qui n’exige aucun diplôme, j’arrivais certains mois à 2300 euros. Je pense que, à la rentrée, on aura une augmentation importante. Le gouvernement l’a promis », espère-t-il.

Mais les négociations en cours laissent, pour l’heure, les syndicats amers. S’il semble acquis que les enseignants bénéficieront tous, en septembre 2023, d’une augmentation de leur indemnité liée au suivi des élèves (de 1200 à 2000 euros bruts annuels), reste à négocier la partie conditionnée à l’acception de missions « supplémentaires ». Le fameux « pacte nouveau », promis par Emmanuel Macron pendant sa campagne, qui récompenserait les enseignants « prêts à aller vers de nouvelles missions ».

France : Le Figaro


mardi 28 février 2023

Nouveau-Brunswick : Forcé d’aller à la garderie en anglais, un enfant y perd son français

Clara Drolet a dû envoyer son fils dans une garderie anglophone faute de place dans les garderies francophones de la région de Fredericton. Vers l'âge de deux ans et demi, ils ont remarqué que leur enfant ne parlait pas beaucoup, et une orthophoniste a constaté que la communication avec lui était difficile car il pensait et se développait dans la langue entendue à la garderie, l'anglais. L'orthophoniste a proposé aux parents d'envoyer leur enfant dans un programme de francisation, qui a permis au français de leur fils de revenir progressivement une fois à l'école, à partir de 5 ans. Cependant, l'influence de l'anglais reste perceptible, et leur fils doit faire davantage d'efforts pour parler français, ce qui montre selon Clara Drolet l'importance d'assurer des services de garde en français dans la communauté.

Sylvie Blain, professeure à l'Université de Moncton, explique que le manque de places en garderie francophones peut avoir des conséquences sur le parcours scolaire des enfants, et que fréquenter un milieu anglophone lors de la petite enfance jette les bases de l'assimilation car l'apprentissage langagier commence dès le plus jeune âge. Elle recommande d'immerger son enfant dans sa langue maternelle pour palier, en lisant des livres en français, regardant la télévision ou YouTube dans la langue de Molière.

Enfin, le juriste Michel Doucet estime que la province du Nouveau-Brunswick devrait avoir l'obligation d'offrir des services de garderie dans les deux langues officielles, bien qu'il n'y ait pas de droit linguistique qui garantisse l'accès à des places en français dans les garderies.
 
Plus de détails : SRC

Québec — les « traumavertissements » pullulent dans les livres, même si les études montrent qu'ils sont inefficaces


Un nouveau symptôme du phénomène du wokisme. Au Québec, dans le milieu de l’édition, les « traumavertissements » pullulent. 

Ces derniers, aussi qualifiés de « trigger warnings » en anglais, ont pour but de mettre en garde les lecteurs vis-à-vis du contenu de l’ouvrage qu’ils ont entre les mains, relate le quotidien Le Devoir de Montréal. Violence, racisme, homophobie, misogynie… Le but est donc que les lecteurs qui ne souhaitent pas lire des propos en lien avec des thématiques jugées problématiques puissent être tenus au préalable au courant. Toutefois, plusieurs études ont démontré que ces avertissements… étaient tout bonnement inefficaces.

« Éviter un choc aux lecteurs  »

Au Québec, certains éditeurs font le choix de n’inclure aucun « traumavertissement » afin de ne pas infantiliser leur lectorat, indique Courrier international. D’autres, au contraire, décident d’en ajouter afin que les lecteurs ne soient pas confrontés à un choc au moment de parcourir l’ouvrage en question. Parfois, il s’agit de recontextualiser les propos d’un livre écrit longtemps auparavant.

Concrètement, à quoi ressemblent ces mises en garde ? Comme l’indique Le Devoir, l’ultime roman du romancier québécois David Goudreault, intitulé Maple, s’ouvre sur ce « traumavertissement » : « Cette œuvre de fiction déborde de violence, de références explicites au racisme, au multiculturalisme […] aux homicides, aux féminicides et au suicide. » Auprès du journal, la directrice littéraire fiction chez Librex — Marie-Ève Gélinas — explique qu’en l’occurrence, c’est l’écrivain lui-même qui en est à l’initiative. Selon elle, il a été motivé par le souhait de « se moquer du climat de vertu et de bien-pensance qui prend place dans le milieu ».

Mon roman pose problème aujourd’hui

Aux éditions Héliotrope, l’autrice Catherine Mavrikakis a, de son côté, ajouté un long mot à la réédition en livre de poche d’un de ses romans. « En 2010, je publiais Les Derniers Jours de Smokey Nelson sans me poser de questions, lit-on. Me voici en 2021 en train d’accepter la réédition de ce texte, et il m’est nécessaire d’y ajouter un mot en ouverture pour venir dialoguer avec le monde et ce qu’il est devenu. En 2021, mon roman pose problème. » Son livre, à l’époque, avait passé la deuxième sélection du prix Femina.

L’autrice y prend la voix d’un homme noir, et aussi celle de Dieu. Elle utilise le mot « nègre » à maintes reprises. « Je crois encore que mon texte est souverain, analyse l’autrice. Mais il y a de nouvelles sensibilités, et je voyais très bien comment on allait pouvoir m’utiliser si je ne mettais pas d’avertissement. Ce n’est pas ce combat-là que je veux mener maintenant. » 

C’est tout nouveau

Un avertissement comme celui-là, sur l’usage d’un mot, « c’est tout nouveau, à ma connaissance », situe Mathilde Barraband, cotitulaire de la Chaire collective de recherche franco-québécoise sur la liberté d’expression.

Les livres sont choisis, on ne lit pas le marquis de Sade par accident

Elle qui est aussi spécialiste en droit et littérature à l’Université du Québec à Trois-Rivières croit qu’une clé de la réflexion sur les avertissements en édition est de penser à l’accès aux textes, différent de celui des films, où les avertissements règnent. « Le livre, on va encore souvent l’acheter en librairie, ou l’emprunter à la bibliothèque. Les intermédiaires que sont les libraires ou les bibliothécaires ont-ils des classements pour prévenir les publics ? »

Oui. Dans les bibliothèques, en grande majorité, la carte d’abonné pour enfants ne permet d’emprunter que les documents de cette collection, à moins d’avoir l’accord d’un bibliothécaire. Les bibliothèques de la ville de Montréal ont une collection « Coup de poing » dûment identifiée, pour les récits aux sujets délicats et qui visent les jeunes.

En librairie, les livres érotiques ou les livres d’horreur ne sont pas à côté des rayons jeunesse.
« Les endroits où les livres sont placés ne sont pas anodins, poursuit Mme Barraband. Est-ce que l’avertissement dans la chaîne du livre peut alors être regardé de la même manière que pour un autre produit culturel ? »

Une autre manière de le dire, c’est qu’on ne se met pas à lire le marquis de Sade par hasard. Ni Anne Archet. Aux Éditions remue-ménage, qui publient cette dernière, Mme Migner-Laurin le confirme : « On ne tombe pas sur nos livres par accident. » Ce qui fonctionne pour le cinéma et la télé ne peut être calqué sur la littérature aussi facilement. Encore moins sur la littérature militante ou de combat.