vendredi 24 février 2023

Tolérance — Le succès de la messe en latin n’est pas du goût de François l'Argentin

Alors que les communautés catholiques traditionalistes fleurissent ici et là, le pape François publie un décret juridique visant à réduire leur influence. Un nouveau tour de vis qui fait écho au motu proprio de juillet 2021. Cette fois-ci, l’autorité des évêques est remise en question.

La messe tridentine attire de plus en plus, surtout les jeunes.

Le succès de la messe en latin n’est pas du goût du Pape François. Le 21 février, sous l’égide du cardinal Roche, le Saint-Père a publié un rescrit visant à renforcer le contrôle des communautés traditionalistes. Concrètement, le pape retire aux évêques locaux tout pouvoir d’accorder aux prêtres ordonnés après le 16 juillet 2021 des autorisations pour célébrer la messe selon l’ancien rite. Dans un souci de réconciliation, en 2007, Benoît XVI avait mis en place cette autorisation « extraordinaire » soumise au discernement de l’évêque local.

Désormais cette autorisation revient uniquement à Rome. Idem pour l’utilisation d’une église paroissiale, pour y célébrer une messe en latin. « C’est assez incompréhensible. Je m’attendais plutôt à du dialogue de la part du pape, réagit l’abbé Raffray, prêtre à l’Institut du Bon Pasteur. Il y a quand même un autre problème liturgique dans l’Église aujourd’hui, partout dans le monde, donc cette façon de s’acharner contre quelque chose qui est loin d’être majoritaire est assez étonnante. »

Avec leurs écoles hors contrat, mouvements scouts, groupes de chorale ou cours de catéchisme, les communautés « tradis » séduisent de plus en plus de jeunes. D’après une enquête parue dans La Nef en juillet 2021, la France compte 95 000 catholiques traditionalistes, soit 7 % des catholiques pratiquants en France. Ces « tradis » sont répartis autour de 250 lieux de culte, dont la moitié sont tenus par des prêtres diocésains, l’autre par des communautés traditionalistes, comme la Fraternité Saint-Pierre, la Fraternité Saint-Pie X ou l’Institut du Christ-Roi.


La réception de la messe « moderne » au Québec dans les années 60 selon le film La Passion d’Augustine


Le succès de la messe en latin

Dans ces paroisses, les messes sont célébrées en latin, selon l’ancien rituel. Cette liturgie séduit, notamment les jeunes, attirés par une résurgence du sacré. Comme Claire, 23 ans, qui admire « la richesse spirituelle des communautés tradis ». « J’aime le côté sacré du rite tridentin, confie la jeune femme. Les ornements aident à nous rendre compte de ce qui se passe vraiment sur l’autel, ce qu’on ne peut pas percevoir dans une messe en français ».

Un avis partagé par l’abbé Matthieu Raffray. « C’est par son caractère sacré que la messe en latin attire : le rôle du chant, la ritualité, la beauté des gestes, les ornements, tout cela tend vers l’éternité », décrypte ce défenseur de la messe en latin. « Ailleurs dans le monde, tout est réduit à sa valeur marchande. La messe catholique traditionnelle n’est pas un produit de consommation ».

Et d’ajouter : « Psychologiquement et spirituellement, l’homme a besoin de quelque chose qui élève l’âme. Quelque chose qui lui fait quitter le mouvement perpétuel du monde. Il n’y a qu’à voir l’enthousiasme qu’il y a eu autour de l’enterrement de la reine d’Angleterre. Les gens sont à la recherche de ritualité, de choses normées et intemporelles, qu’ils ne trouvent ni dans les supermarchés, ni à la télé, ni sur les réseaux sociaux. C’est exactement dans cela que réside le succès de la messe en latin ».

Pour beaucoup, la messe en latin apparaît comme un havre, épargné des dérives de la nouvelle messe, promue par le concile Vatican II de 1962. De fait, ces paroisses sont les viviers d’un grand nombre de vocations sacerdotales et religieuses. Tandis que s’effondre la vie de l’Église, les communautés traditionalistes ne cessent de se multiplier. Une chance pour l’Église catholique, en proie à une désaffection générale.

Le pape réduit en conséquence le pouvoir des évêques

Ce tour de vis du pape François est un nouvel exemple de son hostilité aux communautés traditionalistes, accusées d’entretenir une Église catholique « parallèle ». Le 16 juillet 2021, il avait déjà encadré rigoureusement la messe tridentine dans le motu proprio « Traditionis Custodes ». Cette fois-ci, le Saint-Père établit un décret juridique, donnant ainsi bien plus de poids à sa décision. D’après Le Figaro, le pape François pourrait même publier un document encore plus contraignant pour les traditionalistes au printemps prochain.

Pourtant, l’abbé Matthieu Raffray se dit « confiant en la Providence divine. La diffusion de la messe traditionnelle a été encouragée par les papes précédents et par Benoît XVI en particulier. Certes, on ne peut rien faire politiquement, mais c’est à nous de montrer que notre attachement à la messe traditionnelle est pour le bien de l’Église. il faut continuer à montrer que la messe traditionnelle n’est pas un obstacle pour la vie de l’Église, mais qu’elle attire de nombreux jeunes en manque de spiritualité ».

Source

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jeudi 23 février 2023

23 février 1455 - Première impression de la bible de Gutenberg

La tradition veut que le 23 février 1455 Johannes Gutenberg parvient à imprimer en série le premier livre en Europe avec des caractères mobiles de métal : la bible de Gutenberg. Il reste aujourd’hui moins de 40 exemplaires de cette bible.

Après plusieurs années de recherche et de travaux, Gutenberg parvient à mettre au point un système lui permettant d’imprimer en série. La bible de Gutenberg se compose alors de pages comportant chacune 42 lignes.

La technique d’impression utilisée par Gutenberg repose sur deux principes qui n’étaient pas en soi nouveaux dans l’histoire de l’humanité :

– impression à partir d’une forme à l’image inversée (c’était déjà le cas de la xylographie) ;

– utilisation de caractères réutilisables (c’était une technique déjà utilisée en Extrême-Orient).

Mais trois innovations au moins ont vu le jour dans la mise en œuvre de ces principes, avec la définition d’un processus d’impression tel qu’il se répandra rapidement dans toute l’Europe, puis à la faveur de l’expansionnisme européen, dans tout le monde :

– la technique de fabrication en série des caractères : Gutenberg a inventé pour cela un moule manuel qui permet une production en série de caractères et conçu un alliage déterminé constitué de plomb, d’étain et d’antimoine ;

– la technique de préparation des formes imprimantes, de la casse au composteur, du composteur à la galée et de la galée au marbre ;

– la technique d’impression avec l’utilisation d’une presse à vis.

Ces innovations n'auraient pas vu le jour sans un contexte économique favorable dont on peut esquisser quelques aspects :

– le développement de la métallurgie (Gutenberg, comme d'autres imprimeurs, était lui-même issu d'un milieu d'orfèvres) ;

– le développement de la technique de fabrication du papier, sans lequel l'impression de centaines d'ouvrages n'aurait pas été possible (le parchemin n'aurait pas pu y suffire) ;

– le développement d'un réseau de banquiers susceptibles d'assurer les financements nécessaires pour la production en masse de livres.[Cf. « l’éthique capitaliste/bancaire protestante » était déjà très largement pratiqué par les catholiques au Moyen Âge. ]

mardi 21 février 2023

Les livres de Roald Dahl, auteur de Charlie et la chocolaterie, réécrits car « offensants » (mais pas les versions françaises...)

Mise à jour

Gallimard Jeunesse, qui publie en France l’œuvre de Roald Dahl, s’est engagé à laisser intacts les textes de l’auteur britannique, et ce, malgré la réécriture en anglais demandée par les ayants droit.

Les éditeurs européens se sont élevés contre le changement des livres de Roald Dahl, affirmant que ses histoires « perdent tout leur sel » si le langage en est édulcoré

L’éditeur néerlandais de l’auteur, Joris van de Leur, a critiqué la décision de Puffin et de la Roald Dahl Story Company d’apporter des centaines de modifications après avoir consulté des lecteurs sensibles et a déclaré qu’il pourrait s’en tenir au texte original.

M. van de Leur a dit à propos de l’écriture de Dahl : « Les exagérations sont une figure de style chez lui : si une personne est grosse, cela représente la gourmandise et l’excès. Les enfants comprennent ce qu’est une telle hyperbole littéraire. Ils ne pensent vraiment pas que tous les gros enfants sont cupides. »


Il a indiqué que De Fontein, la maison d’édition dont il est le directeur pourrait continuer à publier les anciennes versions.

« Roald Dahl est la raison pour laquelle je suis venu travailler dans cette maison d’édition. Son humour est incomparable. Heureusement, nous avons la liberté de voir ce que cela signifie pour nos traductions. Nous veillerons à ne pas nuire à l’humour de Dahl », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il exigerait une explication pour les révisions.

La célèbre maison d’édition française Gallimard, qui a publié des écrivains de Proust à Camus, a clairement indiqué qu’elle n’apporterait pas les changements en déclarant : « Cette réécriture ne concerne que la Grande-Bretagne ».

La déclaration de l’éditeur, qui a publié pour la première fois James et La Grosse Pêche et Charlie et la Chocolaterie dans les années 1960, ajoute : « Nous n’avons jamais modifié les écrits de Roald Dahl auparavant, et nous n’envisageons pas de le faire aujourd’hui. »

Les anciennes copies des livres de Roald Dahl sont devenues recherchées suite à l’annonce que de nouvelles éditions remplaceront le texte original.

World of Books, le vendeur en ligne, a déclaré que les ventes des livres de Dahl avaient augmenté de 600 % la semaine dernière.

« Alors que certains parents aimeront l’idée que les enfants lisent selon les normes d’aujourd’hui, d’autres seront tristes qu’une partie de la magie de leur enfance puisse être perdue », a déclaré Rebecca Alford, responsable de la marque de l’entreprise.

« Dans cet esprit, il n’est pas surprenant qu’il y ait eu une augmentation significative des ventes de Roald Dahl au cours de la semaine dernière. Cependant, même nous n’avions pas anticipé la multiplication par six que nous avons constatée.

« Il semblerait que les livres classiques de Roald Dahl pourraient même devenir un peu un objet de collection. »

L’acteur qui a joué Augustus Gloop dans l’adaptation cinématographique de 1971 a également critiqué les changements.

Michael Bollner, aujourd’hui âgé de 64 ans, a déclaré qu’il ne trouvait pas la caractérisation cruelle ou politiquement incorrecte et pensait que l’histoire « illustre de mauvais comportements à éviter pour les enfants, comme de trop regarder la télévision et trop manger.

« Ce sont de bonnes choses, je pense, alors pourquoi empêcher les enfants de le savoir ? »

Nick Poole, directeur général du Chartered Institute of Library and Information Professionals, a déclaré que les bibliothèques devraient essayer de stocker les éditions originales avec les nouvelles pour permettre aux lecteurs de « juger par eux-mêmes ce qu’ils préfèrent ».

M. Poole a déclaré que pour donner aux lecteurs le choix, il était essentiel que les éditeurs qui éditent des œuvres classiques étiquettent clairement les nouvelles éditions, en disant : « Nous dépendons des éditeurs pour identifier que cela a été fait, par exemple en marquant une édition comme “révisée”. »

Source : The Telegraph


Billet du 19 février

Le grand éditeur anglais Puffin, selon le Daily Telegraph, expurge des œuvres de l’écrivain britannique (1916-1990) les mots et les expressions qui pourraient choquer les lecteurs des nouvelles générations.

Après Agatha Christie, c’est au tour de Roald Dahl de subir les foudres des ligues wokistes. Selon le Daily Telegraph le puissant éditeur de livres pour enfants au Royaume-Uni, Puffin, soumet à des lecteurs dits « sensibles » la relecture des œuvres de l’auteur britannique qui a notamment écrit Charlie et la chocolaterie, adapté plusieurs fois au cinéma avec Johnny Depp dans le rôle du héros de l’histoire.

Cette réécriture de l’œuvre de Dahl obéit selon les responsables de Puffin à la volonté de pouvoir offrir aux nouveaux lecteurs des romans « qu’ils pourraient apprécier sans la moindre gêne ». Les « nouveaux traducteurs » des romans de l’écrivain récipiendaire du prix Edgar Allan Poe en 1954, s’attaquent désormais aux épithètes qualifiées de « discriminantes », qui « gêneraient les minorités sexuelles ou ethniques ».

Laid, gros… notamment font ainsi les frais de cette nouvelle rédaction sans odeur et sans saveur. Ainsi Augustus Gloop, un personnage de Charlie et la Chocolaterie n’est plus gros, mais énorme. Même métamorphose pour Mrs Twit dans Les Deux Gredins, elle n’est plus ni laide ni bestiale, elle devient simplement « bête » et une « langue africaine bizarre » n’est plus bizarre.

Le langage lié au poids, à la santé mentale, à la violence, au sexe et à la race a été coupé et réécrit. Les Cloud-Men (Nuageois en français) dans James et la Grosse Pêche sont devenus les Cloud-People. La tête de Mlle Araignée n’est plus « noire » et le ver de terre n’a plus une « belle peau rose », mais une « belle peau lisse ».

Les petits renards de Fantastique Maître Renard sont maintenant des femmes. Les remanieurs ont coupé une description de tracteurs qui les décrivait ainsi : « les machines étaient toutes les deux noires ». Dans le nouveau monde de Dahl, semble-t-il, ni les machines ni les animaux ne peuvent être décrits par une couleur.

Dans Matilda, une mention de Rudyard Kipling a été coupée et Jane Austen ajoutée. Ailleurs dans Matilda, un passage où l’héroïne découvre le pouvoir d’évasion de la littérature a changé : le « grand visage chevalin » de Mlle Legourdin devient simplement son « visage ». « Huit petits idiots fous » deviennent « huit petits garçons fous ». Plutôt que de « devenir blanc », un personnage devient désormais « assez pâle ».

Titre   Ancienne version
Nouvelle version
Sacrées Sorcières

  Même si elle travaille comme caissière dans un supermarché ou tape des lettres pour un homme d’affaires  →  Même si elle travaille comme scientifique de haut niveau ou dirige une entreprise
« Ne sois pas stupide », me dit ma grand-mère. « Tu ne peux pas tirer les cheveux de toutes les femmes que tu rencontres, même si elles portent des gants. Essaie pour voir ce qui se passera. »  →  « Ne sois pas stupide », me dit ma grand-mère. « De plus, il y a beaucoup d’autres raisons pour lesquelles les femmes pourraient porter des perruques et il n’y a certainement rien de mal à cela. »
Les Deux Gredins

  Elle posa le grattoir noir sur son ventre. Son ventre la démangeait. Les vieilles harpies comme elles ont toujours des démangeaisons au ventre.  →  Elle posa le grattoir noir sur son ventre. Son ventre la démangeait toujours.
Matilda

  « J’aimerais être grand », déclara Nigel. « Je la mettrais KO »  →  « J’aimerais être grand », déclara Nigel. « Je lui passerais un savon »
« J’en ai marre de vous, bande de nains inutiles ! »  →  J’en ai marre de vous, bande de petits bouts inutiles ! »
Elle est allée sur des voiliers d’antan avec Joseph Conrad. Elle est allée en Afrique avec Ernest Hemingway et en Inde avec Rudyard Kipling.  →  Elle est allée dans des domaines du XIXe siècle avec Jane Austen. Elle est allée en Afrique avec Ernest Hemingway et en Californie avec John Steinbeck.
Charlie et la Chocolaterie

  « Alors je les ai tous expédiés là-bas — chaque homme, femme et enfant de la tribu Oompa-Loompa »  →  « Alors ils ont tous accepté de venir — chacun des Oompa-Loompa »
« Je l’ai essayé sur un Oompa-Loompa hier dans la salle d’essai »  →  « Je l’ai essayé moi-même hier dans la salle d’essai »

 (Notre traduction des passages en anglais)

Cette réécriture à vocation « bienveillante » ne se limite pas à des changements de mots. Toujours selon le journal britannique, les « remanieurs » ajoutent parfois des passages de leur cru. Dans The Witches (Sacrées Sorcières en français), on défend la calvitie des sorcières en rajoutant une incise explicative : « Il y a beaucoup d’autres raisons pour lesquelles les femmes pourraient porter des perruques et il n’y a certainement rien de mal à cela ». Sans surprise étant donné le sujet des sorcières, de nombreuses modifications concernent des représentations de femmes. « Femme de chambre » devient « plus propre ». « Grand troupeau de dames » devient « grand groupe de dames ». « Tu dois être folle, femme ! » devient « Vous devez être folle ! » « La vieille harpie » devient « la vieille corneille ». 

D’autres modifications concernent le poids. « Grosse petite souris brune » devient « petite souris brune ». « “Voilà votre petit garçon”, dit-elle. “Il doit faire un régime” » devient « Voilà ton petit garçon ».

Dans la version précédente, le narrateur s’exclame : « Mais qu’en est-il du reste du monde ? » J’ai pleuré. « Qu’en est-il de l’Amérique et la France et la Hollande et l’Allemagne ? Et qu’en est-il de la Norvège ? » ». Maintenant, la phrase sur l’Amérique et la France et la Hollande et l’Allemagne a été coupée. Le « reste du monde » est visiblement devenu bien plus grand maintenant qu’il ne l’était quand Dahl écrivit Sacrées Sorcières en 1983.

Ces modifications atténuent le sens originel. Ailleurs, les remanieurs en changent le sens : « Même si elle travaille comme caissière dans un supermarché ou qu’elle tape des lettres pour un homme d’affaires », devient « Même si elle travaille comme scientifique de haut niveau ou dirige une entreprise ».

Ceci n’est qu’un échantillon de 59 changements trouvés dans Sacrées Sorcières, et ce n’est qu’un des livres de Dahl. Dans les nouvelles éditions, il y a des centaines de modifications, certaines plus importantes que d’autres.

Pour l’instant la Roald Dahl Story Company, la société qui représente les ayants droit, ne semble pas choquée par ces changements. Dans un communiqué, elle a tenu à préciser sa position : « il n’est pas inhabituel de revisiter certains éléments de langage à l’occasion de la parution d’une nouvelle édition. Notre fil directeur a été de respecter les histoires, les personnages et l’esprit irrévérencieux du texte original »…

Achetez les éditions en français avant qu’elles ne soient réécrites. 

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Le Canada est le seul pays du G7 où les dépenses intérieures brutes de R&D sont en baisse depuis 2001

Le Canada est le seul pays du G7 où les dépenses intérieures brutes de recherche et développement (R & D) sont en baisse depuis 2001.

Le Canada est maintenant l’avant-dernier pays du G7 pour cette mesure à 1,607 % du produit intérieur brut (PIB).
 
Comparer les graphiques ci-dessous. La ligne grasse noire représente la moyenne des dépenses de recherche et développement dans les pays de l'OCDE en termes de pourcentage du PIB.




Source : OCDE (2023), Dépenses intérieures brutes de R-D (indicateur). doi: 10.1787/49ef953e-fr (Consulté le 19 février 2023)

lundi 20 février 2023

Réécriture de l'histoire au Manitoba : Louis Riel le multiculturaliste

Louis Riel (22 octobre 1844 – 16 novembre 1885) est un homme politique canadien-français, chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et fondateur de la province du Manitoba. Louis Riel est l’aîné d’une famille de 11 enfants. Son père (Louis Riel aussi) était né à l’Île-à-la-Crosse (Saskatchewan). Sa mère (Julie Lagimodière) était pour sa part née à Saint-Boniface (Manitoba). On dit qu’il avait un huitième de sang indien, sa grand-mère paternelle étant une Métisse franco-chipewyanne. Il quitte Saint-Boniface dès ses 13 ans pour faire ses études au collège des Sulpiciens de Montréal distant de 2000 km du Manitoba. Riel y effectue de bonnes études, mais n’est guère touché par la vocation religieuse. Perturbé par la mort de son père, qui survient en 1864, Riel a alors 20 ans, il quitte le séminaire et travaille quelque temps comme clerc d’avocat avant de revenir en 1868 dans sa région natale. 

Il a dirigé deux mouvements de résistance contre le gouvernement canadien dans le but de protéger les droits et la culture des Métis, alors que l’influence canadienne-anglaise se faisait de plus en plus sentir dans les Territoires du Nord-Ouest. La première révolte est la rébellion de la rivière Rouge, de 1869 à 1870.

À la veille de 1869, la colonie de la Rivière-Rouge qui s’est essentiellement organisée autour de la paroisse de Saint-Boniface, à l’emplacement actuel de la ville de Winnipeg, regroupe une majorité d’habitants Métis franco-canadiens qui forment un groupe distinct et majoritaire qui fait usage de la langue française et qui est de confession catholique. C’est l’arrivée des arpenteurs du Dominion, au cours de l’été suivant, qui est le point de départ de l’organisation de la résistance métisse au plan d’annexion du gouvernement canadien. À la tête de cette résistance se trouve le Métis Louis Riel.

Le gouvernement provisoire, établi par Louis Riel, négocie finalement l’entrée de la province du Manitoba dans la Confédération canadienne. Une Liste des droits est rédigée dont les articles de la dernière version seront repris, pour l’essentiel, dans l’Acte du Manitoba. De cette Liste des droits, retenons qu’elle comporte trois points importants : elle revendique le statut provincial pour le territoire concerné — ce dernier, qui deviendra la province du Manitoba ; en outre, elle demande des écoles séparées selon les confessions religieuses catholique et protestante ; enfin, elle réclame l’égalité du français et de l’anglais tant sur le plan institutionnel que scolaire. La province du Manitoba, qui voit le jour le 15 juillet 1870, est donc officiellement bilingue.

Les Métis subissent l’offensive de la minorité ontarienne venue de l’Est et désireuse de prendre possession des terres agricoles de la colonie, un jeune Orangiste, Thomas Scott, est fait prisonnier et est exécuté. Louis Riel, en tant que chef du gouvernement, sera tenu pour responsable de cet acte : recherché pour meurtre, il sera contraint à l’exil aux États-Unis et il ne reviendra sur le devant de la scène de l’histoire canadienne qu’en 1884 lors de la rébellion métisse en Saskatchewan. La province voisine du Manitoba.

Durant cette période, il est élu à trois reprises à la Chambre des communes du Canada, bien qu’il n’ait jamais pu occuper son siège. 

À l’été 1884, l’évêque Grandin présente au Premier ministre Macdonald les revendications des Métis : que les Territoires du Nord-Ouest, qui sont gouvernés par un conseil nommé par le gouvernement fédéral, deviennent une province avec un gouvernement doté de responsabilités complètes ; que les Métis reçoivent les titres de propriété intégrale de leurs terres ; qu’on arpente ces terres selon le système de partage des terres des Métis, qui divise le territoire en lots avec un accès à la rivière (il s’agit du système hérité du régime français : les fameux rangs) ; et que Louis Riel soit reconnu comme dirigeant en étant nommé au conseil territorial ou au Sénat canadien.

En décembre 1884, Louis Riel rédige une nouvelle liste de réclamations, qui suit les mêmes principes, mais sur un ton plus urgent. La réponse du gouvernement arrive en janvier 1885 : on ne négociera pas avec Riel. C’est la seconde rébellion.

À l’issue de celle-ci, Louis Riel sera pendu en 1885. Le Premier ministre de l’époque, John Macdonald, salua sa condamnation pour « trahison » en ces termes :

« Il (Riel) mourra même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur. »

Or voici qu’en la Journée Louis Riel, l’Assemblée législative du Manitoba annexe en anglais uniquement Louis Riel, partisan des droits des métis francophones et catholiques qui s’opposait à l’émigration d’orangistes spoliateurs, comme figure titulaire d’un monde  qui embrasse toutes les cultures. Louis Riel, figure tutélaire du Canada multiculturaliste ? Louis Riel qui ne lutta pas pour les droits de toutes les cultures à venir au Manitoba, mais pour que les métis autochtones puissent continuer à vivre comme avant... Ce Louis Riel historique-là ? Louis Riel qui aima tellement le nouveau Manitoba sous l'emprise britannique, ses arpenteurs, ses colons et son anglais imposés, qu'il s'en enfuit pour s'établir loin de ceux-ci en Saskatchewan avant de leur y livrer bataille à Batoche ?

Quant Louis Riel Day, cette journée de congé instaurée par la Province du Manitoba en 2008 a été placée sous le signe de l’esprit métis par la volonté d’écoliers manitobains qui avaient soumis le nom de Louis Riel. (11 écoles sur 114 écoles participantes.)

Selon l’hebdomadaire franco-manitobain, La Liberté, « les décideurs politiques ont très judicieusement choisi de respecter leur intuition. Peut-être parce qu’ils ont choisi de mettre leur confiance dans les voix de l’avenir ; sûrement parce que les milieux politiques savent fort bien que la pendaison pour haute trahison du chef métis en 1885 relevait de l’assassinat politique. »

L’ancien juge en chef de la Cour d’appel du Manitoba Alfred Monnin (1920-2013) n’hésitait pas à dire que le procès de Louis Riel représentait un moment sombre dans l’histoire judiciaire du Canada. Le scandale qui s’est joué au tribunal à Regina a engendré un scandale encore plus honteux, puisqu’il a légitimé la falsification de l’histoire. En effet les thuriféraires du Dominion du Canada, convaincus que les peuples autochtones étaient de toute façon voués à la disparition, se sont fait un devoir de dépeindre Louis Riel sous les traits d’un traître, doublé d’un illuminé. Pendant trop longtemps, des générations d’écoliers ont dû entendre ces mensonges.

L’instauration de la Journée Louis Riel a bien sûr contribué à faire réfléchir les Manitobains d’un certain âge prisonniers d’une fausse idée de l’homme qui a joué un rôle central dans la naissance du Manitoba. Pourtant, même si la valeur symbolique accordée au troisième lundi de février est énorme, surtout si l’on chausse les souliers des vieux Métis, la réhabilitation de Louis Riel n’est pas complète.

Paulette Duguay, la présidente de l’Union nationale métisse Saint — Joseph du Manitoba, le soulignait dans une lettre à La Liberté publiée dans l’édition du 18 au 24 novembre 2015. Il importe d’avoir à l’esprit que l’Union nationale métisse est de très loin la plus ancienne organisation métisse au Canada. Elle a été fondée dès 1887, pour rallier les Métis après la pendaison de leur chef. Depuis toujours, les membres de cette organisation entretiennent la volonté d’obtenir un jour la totale réhabilitation de celui qu’ils considèrent comme « l’un des Pères de la Confédération, un homme lésé, un défenseur de son peuple et un protecteur des droits des minorités au Canada ». (En 1992, le Parlement canadien a reconnu à l’unanimité Louis Riel comme le fondateur du Manitoba.)

Paulette Duguay a inscrit son plaidoyer en faveur de Louis Riel dans la perspective du 150e anniversaire de la Confédération après avoir rappelé qu’en 2013 les juges de la Cour suprême du Canada ont tenté, à leur manière, de rectifier le verdict de 1885 en déclarant que « le gouvernement fédéral n’avait pas donné une suite honorable aux promesses de terres faites aux Métis dans la Loi qui a créé le Manitoba ».

Voir aussi

22 janvier 1890 : le français aboli comme langue officielle et d’enseignement au Manitoba

Réécriture de l'histoire au Manitoba : Louis Riel le multiculturaliste

Comment Hollywood (Cecil B. DeMille) en 1940 voyait Louis Riel, les métis, la rébellion de 1885 et la prairie de la Saskatchewan...Après la rébellion de la rivière Rouge de 1869-70, nombre de Métis se déplacèrent du Manitoba vers la Saskatchewan pour fonder la colonie de Batoche. Mais des colons anglophones commencèrent à arriver d'Ontario, imposant — comme au Manitoba — la distribution des terres selon le système de concessions carrées « à l'anglaise » plutôt que d'après le système seigneurial de la Nouvelle-France de bandes perpendiculaires à la rivière (les rangs) que les Métis avaient hérité de leurs ancêtres canadiens français.

« Unir plutôt que diviser » ou comment imposer un monopole en jouant sur les sentiments

Québec — Pénurie d'enseignants, hausse des dépenses et des besoins pour élèves allophones et vulnérables

« On peut dire qu’aujourd’hui, on est toujours en rattrapage par rapport à ces départs massifs qui ont été causés par l’austérité des libéraux », a déploré Bernard Drainville.

(Québec) Questionné sur les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre dans les écoles, Bernard Drainville renvoie la balle aux libéraux tandis que l’ex-ministre des Finances, Carlos Leitão, admet des regrets sur les compressions en éducation.

Cette sortie publique coïncide avec une série de nouvelles sur les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre en éducation. Le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) s’est résigné à embaucher des enseignants non légalement qualifiés pour enseigner auprès des élèves les plus vulnérables, en adaptation scolaire, rapporte La Presse. Et les délais d’attente subis par les élèves allophones pour obtenir un enseignement en français ont aussi fait l’objet d’articles de presse. Voir La naïveté québécoise face à l’immigration et à la dénatalité : l’anglais langue commune même à l’école en français…

Au moment où le gouvernement Legault entame un deuxième mandat, M. Drainville défend le bilan de la Coalition avenir Québec (CAQ) : « Depuis qu’on est là, les dépenses en éducation, en moyenne, ont augmenté de 1 milliard par année. » 

Hausse constante des dépenses, qu'en est-il de la qualité ?

 

Le Québec chef de file des hausses de dépenses en éducation

En 2017-2018, la dépense globale par élève pour l’éducation préscolaire, l’enseignement primaire et secondaire au Québec était de 13 987 $, soit environ 2 % moins élevée qu’en Ontario (14 254 $) et que la moyenne canadienne (14 253 $).

Il est toutefois important de noter que la comparaison interprovinciale de la dépense par élève pour l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire ne tient pas compte des différences du coût de la vie entre les provinces canadiennes. Celui-ci est moins élevé au Québec comparativement à l’Ontario et à la moyenne canadienne (écart de 15 % et 9 %, respectivement, en 2017). Si l’on tient compte de cette différence, la dépense par élève pour l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire est plus élevée au Québec.

Enfin, notons que l’enseignement secondaire est plus court au Québec. Or, les dernières années du lycée (le collégial au Québec) coûtent plus cher que celles du secondaire québécois. Ceci tend aussi à fausser les comparaisons entre les pays.

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Hausse des salaires, pensions et des « élèves en difficulté » [y compris les immigrants]

Selon un rapport de l’IEDM en 2017 où l’on observait déjà une hausse des dépenses pendant les dix années précédentes :

Pourquoi les dépenses en éducation ont-elles grimpé autant ? On peut d’office éliminer une cause : les dépenses d’infrastructure. Selon l’évaluation la plus récente, le déficit d’infrastructure, soit le montant qu’il faudrait dépenser pour remettre à niveau les bâtiments des commissions scolaires du Québec — ce qui inclut les écoles —, dépasse les 6 milliards $. Cette remise à plus tard des dépenses d’entretien normales a donc contribué à atténuer la croissance des dépenses du ministère.

C’est plutôt du côté des salaires qu’il faut regarder pour comprendre l’emballement des dépenses au cours des dix dernières années. Premièrement, le rapport élèves-enseignant dans les commissions scolaires est passé de 14,2 à 13,3 entre 2006-07 et 2015-16. Ce changement, qui peut sembler minime, a eu des impacts considérables sur les coûts récurrents en éducation.

La deuxième cause d’augmentation des dépenses est liée aux paiements de l’État dans les caisses de retraite des employés, qui ont bondi de près de 50 % en tenant compte de l’inflation lors de cette même période4. La troisième raison est le vieillissement des employés : comme on embauche pour le moment relativement peu de nouveaux professeurs, la progression automatique dans l’échelle salariale au fil des années fait augmenter les coûts par employé.

Outre les coûts salariaux, un autre phénomène fait croître de façon importante les dépenses en éducation : la croissance rapide de la proportion d’élèves en difficulté d’apprentissage et d’adaptation ou ayant un handicap. Le pourcentage de ces élèves inscrits au secteur public est passé de 16 % en 2006 — 2007 à 21,5 % du total en 2016-2017, une hausse d’un tiers. Étant donné qu’un élève présentant un handicap donne droit à une subvention qui peut être jusqu’à quatre fois plus élevée, ce facteur contribue lui aussi à la hausse des dépenses.

Bref, le gouvernement du Québec dépense de plus en plus en éducation. Ce n’est pas parce qu’il y a plus d’élèves ni parce que les écoles sont mieux entretenues, mais parce que le rapport d’élèves par professeur a baissé, que les coûts salariaux ont augmenté et qu’il y a plus d’élèves avec des besoins particuliers.

Il n’est pas du tout évident que cette augmentation constante des coûts de l’éducation se soit accompagnée par une hausse de la qualité de l’enseignement :

« Une part non négligeable de l’amélioration du taux de diplomation du secteur public est liée à la création de nouveaux diplômes dont la valeur est remise en question par certains observateurs8. À titre d’exemple, on peut nommer le Certificat de formation préparatoire au travail, qui nécessite que l’élève ait suivi 2700 heures de formation générale au niveau secondaire (soit environ trois années) et complété un stage de 900 heures en milieu professionnel (autrement dit qu’il ait occupé un emploi) ; ou encore le Certificat de formation en insertion socioprofessionnelle des adultes, décerné à un élève qui a réussi ses cours de français, anglais et mathématiques du niveau primaire, ainsi qu’une formation de 900 heures en sensibilisation au marché du travail. Environ 40 % de l’augmentation du taux de diplomation sur sept ans pour l’ensemble du Québec est due à ce nouveau type de qualification.

Enfin, la pression pour améliorer les taux de réussite a-t-elle permis de maintenir la qualité des diplômes, ou a-t-elle plutôt mené à un nivellement par le bas ? Il est difficile de répondre à cette question, mais certains éléments permettent de croire que la volonté de diplômer plus d’élèves a mené à une réduction de la rigueur dans leur évaluation. »

C'est ainsi que, dans un sondage mené auprès de 630 professeurs en avril 2017, on apprenait qu’un enseignant sur deux avait vu la direction de son école hausser la note qu’il avait accordée à un élève sans son consentement. Patricia Cloutier, « Des notes modifiées à l’insu des profs », Le Soleil, 27 avril 2017 ; Tommy Chouinard, « Le ministre de l’Éducation exige la fin des notes gonflées dans les écoles », La Presse, 30 mai 2017.


dimanche 19 février 2023

Excellents résultats des îles de la Madeleine : peu d'immigration, confinement court, petites classes, beaucoup d'effort en écriture et lecture au primaire

Alors que la majorité des centres de services scolaires du Québec ont vu le taux de réussite des élèves à l’épreuve ministérielle de français diminuer, aux Îles-de-la-Madeleine (dans le Golfe du Saint-Laurent, à plus de 200 km à l'est de la Gaspésie), il a augmenté.

Les élèves du secondaire des Îles-de-la-Madeleine ont obtenu des résultats pour le moins surprenants aux derniers examens ministériels, tant en français qu’en mathématiques. La somme de plusieurs facteurs qui, mis ensemble, ont bien servi les élèves.

« Qu’est-ce qu’il y a dans leurs gènes pour qu’ils obtiennent de tels résultats ? » Lancée par une spécialiste du français, la boutade exprime bien la surprise qu’ont eue plusieurs en voyant que 95,5 % des élèves des Îles-de-la-Madeleine avaient réussi l’épreuve ministérielle de français en 5e secondaire l’an dernier.

Alors que la majorité des centres de services scolaires du Québec ont vu le taux de réussite des élèves diminuer à cet examen, aux Îles-de-la-Madeleine, il a augmenté.

Comment expliquer un tel succès ? D’entrée de jeu, la directrice générale du centre de services scolaire des Îles rappelle que le nombre d’élèves en 5e secondaire est peu élevé.

« On a des petits groupes, environ une soixantaine d’élèves. Donc un élève vaut plus que 1 %. À la baisse ou à la hausse, nos taux [de réussite] sont très volatils. Si on était médiocres, ça paraîtrait très rapidement aussi », dit Brigitte Aucoin.

La Polyvalente des Îles-de-la-Madeleine compte cette année 424 élèves.

« Comme on a moins de jeunes, c’est peut-être plus facile d’aller voir les cas problématiques », abonde Nathaël Ouellet-Miousse, professeur de français au secondaire. « Je les compte sur les doigts de ma main : je peux dire : “Toi, toi et toi, je veux que vous veniez en récupération et qu’on travaille les conjugaisons de verbe” », dit-il.

L’enseignant insiste sur un point : on ne peut pas comparer les résultats des Îles-de-la-Madeleine à ceux de Montréal, par exemple, où on accueille beaucoup d’élèves issus de l’immigration.

On a un bassin d’élèves qui ont été élevés dans la langue française. Ça joue certainement sur le pourcentage de réussite.

Paysage des îles de la Madeleine

Nathaël Ouellet-Miousse, professeur de français au secondaire

Autre facteur qui a pu contribuer à ce succès : les écoles n’ont pas été fermées très longtemps aux Îles en raison de la COVID-19. « On était comme dans une bulle », illustre Mme Aucoin.

Les écoles des Îles, dit-elle aussi, travaillent « beaucoup » l’écriture et la lecture au primaire. L’idée : aller « au-delà du programme, pour qu’à la fin de chaque cycle, [les] élèves deviennent des lecteurs de haut niveau », poursuit Brigitte Aucoin.

Le professeur de français Nathaël Ouellet-Miousse dit lui aussi que ce n’est pas sa seule classe de 5e secondaire qui fait la différence. « Ça part du préscolaire, avec des habitudes en lecture et en littératie », explique-t-il. 


Source : La Presse

Le Canada veut étendre l'euthanasie aux mineurs

La loi canadienne sur l'aide médicale à mourir devrait être élargie pour inclure les mineurs et les personnes atteintes de maladie mentale, a recommandé un comité parlementaire dans un rapport déposé à la Chambre des communes.

Si cette loi passait, le Canada aurait la loi sur l'euthanasie la plus laxiste au monde.

On ne parle JAMAIS de natalité en politique canadienne ou québécoise, aucune aide à ceux qui veulent avoir des enfants. Rien. On y parle plutôt de la nécessité d'importer des gens d'ailleurs et faciliter le suicide des vieux blancs.


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Pulsion de mort — Konbini promeut une vidéo d'une jeune femme de 23 ans qui s'est fait stériliser  

Québec — Nombre de naissances continue de baisser et les décès sont repartis à la hausse 

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Le gouvernement a donné l’impression d’agir en nommant une directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Catherine Lemay, un bien discret chien de garde.

Pas un mot sur l’imputabilité que la DPJ devrait assumer dans ses décisions dans la nouvelle loi sur la Protection de la jeunesse pilotée par le ministre Lionel Carmant, dans laquelle on assume toujours que toutes les décisions prises le sont de bonne foi, même si ce n’est pas le cas. Comme l’exposait lundi le collègue du Nouvelliste Sébastien Houle, il arrive que des intervenantes modifient des rapports et noircissent à dessein le portrait de certains parents.

Ça arrive trop souvent.
 
C’est arrivé à François et Sylvie [Prénoms fictifs], deux parents qui se sont retrouvés avec leurs deux filles dans l’engrenage de la DPJ pour un désaccord sur l’enseignement à la maison. L’affaire a débouché sur un diagnostic d’autisme effectué par une clinique « très bonne cliente de la DPJ », selon la journaliste Mylène Moisan du Soleil. Diagnostic monté en épingle. Les parents se sont sentis attaqués par la DPJ, la DPJ n’a pas voulu lâcher le morceau et a placé les filles dans un centre de réadaptation.

C’était en 2015, elles avaient sept et huit ans. 

Presque huit ans plus tard, François et Sylvie se battent encore pour retrouver leurs filles envoyées à 7 et 8 ans en centre de réadaptation, lieu réservé habituellement pour les cas lourds. Elles en sont sorties uniquement à l’automne dernier. Depuis, elles en sont à leur deuxième famille d’accueil, les parents ne savent pas où elles sont, ni si elles ont dû changer d’école.

À chaque visite supervisée, la plus jeune, qui est maintenant âgée de 14 ans, supplie de revenir à la maison.

Une des filles a été victime d’agressions sexuelles dans une des familles d’accueil par un jeune connu pour ce genre de méfaits… On a ensuite déplacé ce jeune. L’intervenante n’a pas été sanctionnée pour manque de surveillance, déclare Mylène Moisan. Au contraire, dans les notes consultées par la journaliste, on notait que l’intervenante avait, somme toute, bien surveillé la situation.



François et Sylvie ont rué dans tous les brancards, mais rien n’y a fait, ils ont plutôt eu droit à des représailles, à une diminution de leurs heures de visite. Même si les jugements rendus depuis le début maintiennent qu’ils sont des parents aimants et que leurs enfants sont en sécurité avec eux, la DPJ s’entête. 

Et, aujourd’hui, François a décidé de dénoncer l’absence de recours contre les intervenantes qui s’acharnent, qui ne sont jamais imputables.

Il est parti à pied de l’Assomption dans Lanaudière il y a une semaine, par un matin sibérien, après avoir fait approuver son itinéraire par les autorités. Il marche entre 6 et 26 kilomètres par jour avec un dossard orange pour être bien visible, s’arrêtant dans des cafés et des restaurants pour rallier des personnes à sa cause.

Pour donner écho à son cri du cœur.

Après 226 kilomètres de marche, il prévoit arriver le dimanche 19 février, devant le parlement, où un rassemblement serait en préparation. 

Il veut s’attaquer à l’article 35 de la Loi sur la protection de la jeunesse, celui où on dit tenir pour acquis que tout le monde est de bonne foi, à moins de prouver le contraire. L’article en question : « Le directeur et toute personne qui agit en vertu des articles 32 ou 33 [ceux qui procèdent à l’évaluation et à l’orientation des dossiers] ne peuvent être poursuivis en justice pour des actes accomplis de bonne foi dans l’exercice de leurs fonctions. »

Ce qui peut sembler être du bon sens prend parfois des allures d’immunité.

D’impunité.

Cet après-midi, François s’arrêtera « à Trois-Rivières devant le bureau de circonscription de Jean Boulet », en espérant qu’il sorte lui parler. « Je marche chaque jour pour mes filles, mais aussi pour tous les enfants, parents, grands-parents, familles au Québec qui sont prises avec la DPJ, mais qui ne devraient pas. Cette marche a pour but que la DPJ soit imputable de ses actes. »

Elle devrait l’être depuis longtemps.

 
 

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