jeudi 20 octobre 2022

Proportion des étudiants universités au Québec selon la langue et l'origine

Le système universitaire est devenu, depuis que les universités servent de 1re étape du processus d’immigration canadien, un des principaux vecteurs d’anglicisation du Québec.


Les universités anglophones de Montréal (massivement subventionnées par les francophones du Québec) regroupent de plus en plus d’étudiants, on  comprend pourquoi Montréal s’anglicise à une telle vitesse. Et que fait le gouvernement du Québec ? Il donne le Royal Victoria à McGill. Ce faisant, il condamne les universités françaises à la marginalisation prochaine.


Mise à jour des données d'effectif pour Concordia et l'UQAM (source BCI). Le déclassement de l'UQAM continue. Ces données sont une sorte d'indicateur avancé de l'anglicisation future de Montréal.
 



Source : Frédéric Lacroix

mercredi 19 octobre 2022

Générateurs de vidéos par intelligence artificielle : quels impacts sociaux et techniques ?

Meta (Facebook) ne se contente pas de créer des images basées sur l'intelligence artificielle (AI), mais il les extrapole pour créer de la vidéo. Le résultat que propose Make-A-Video est pour le moins très surprenant.

Pourtant, comme vous allez le voir dans cette vidéo, vous allez voir que MetaAI n'est pas le seul dans cette bataille de la génération de vidéo par l'AI.


lundi 17 octobre 2022

Pénurie de la main d'œuvre : miser sur l'automatisation

Pour faire face à la pénurie de main-d'œuvre, l'entreprise Dolbec, le plus gros producteur de pommes de terre au Québec, a mis le paquet sur l'automatisation.


La piètre connaissance du français par les candidats enseignants diffère l'obtention de leur diplôme

La formation de 18 % des étudiants en enseignement est retardée en raison d’échecs en français.

Dans certaines universités, près d’un futur enseignant sur cinq doit retarder sa formation parce qu’il n’a pas réussi l’examen de français, alors que les exigences entourant ce test sont remises en question par des étudiants [bien sûr !] dans le contexte de la pénurie d’enseignants.

Depuis près de 15 ans, les aspirants enseignants doivent réussir le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE) pour obtenir leur brevet d’enseignement.

La réussite de cet examen est obligatoire avant le troisième stage qui est généralement prévu au cours de la troisième année du baccalauréat de quatre ans. En cas d’échec, l’étudiant doit reporter son stage d’au moins un an, le temps de réussir l’examen.

À l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Rimouski, 18 % des étudiants en enseignement se retrouvent dans cette situation, ce qui représente plus d’une centaine d’aspirants enseignants dans ces deux établissements pour une seule cohorte, selon des chiffres inédits obtenus par Le Journal de Québec.

Par ailleurs, le taux de réussite au premier essai, qui fait régulièrement la manchette depuis des années, fluctue toujours beaucoup d’un établissement à l’autre.

Les candidats demandent des questions plus faciles

En pleine pénurie d’enseignants, des étudiants réclament des assouplissements alors que des experts s’y opposent (voir ci-dessous).

« Si on échoue au test, on ne peut pas faire notre troisième stage, mais on peut continuer à faire des remplacements dans les écoles et à avoir des contrats non supervisés. Il n’y a pas de logique là-dedans », lance Caroline Fournier, étudiante à l’Université du Québec à Rimouski.

« Avec la pénurie, il y a plein d’enseignants non qualifiés dans les écoles. Certains ont juste un secondaire 5 et nous, il faut être arrêtés pendant un an. Ça n’a pas de sens », ajoute sa camarade de classe, Justine Fournier.

Un questionnaire dit difficile

D’autres étudiants remettent aussi en question le niveau de difficulté de l’examen, qui s’attarde selon eux à des exceptions ou des règles peu courantes de la langue française. « Pour réussir, il faut vraiment être un expert de la langue française », affirme une autre étudiante, que nous appellerons Julie, puisqu’elle a refusé d’être identifiée.

Le TECFÉE comprend la rédaction d’un texte de 350 mots et des questions à choix multiples sur le code linguistique. C’est ce questionnaire qui donne le plus de fil à retordre aux étudiants.

Julie s’explique encore mal comment elle a pu y échouer cinq fois. Lorsqu’elle était au cégep, elle a été recrutée pour être tutrice au centre d’aide en français et elle a terminé son épreuve uniforme de langue avec un « A ». [Euh, parce que l’épreuve uniforme est trop facile ?]

Katya Pelletier, chargée de cours au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, s’interroge aussi sur le contenu du TECFEE.

« J’ai des étudiants qui ont réussi le test alors qu’ils ont de graves lacunes en syntaxe. À l’inverse, j’ai des étudiants qui sont excellents en français et qui n’arrivent pas à le réussir. Il y a vraiment quelque chose à revoir », affirme celle qui est aussi présidente de l’Association québécoise des professeurs de français.

Avec la « mobilisation étudiante » qui s’organise présentement à ce sujet, l’AQPF pourrait prendre position sur la question en novembre, lors de son assemblée générale annuelle, ajoute Mme Pelletier.

Ce n’est toutefois pas la pertinence d’évaluer les compétences en français des futurs profs qui pourrait être remise en question, mais plutôt la manière de le faire, précise-t-elle.

NOMBREUX FUTURS ENSEIGNANTS ÉCHOUENT EN FRANÇAIS

Taux de réussite à la première passation au Test de certification en français écrit pour l’enseignement

En baisse

  • Université du Québec à Rimouski 21 % (comparativement à 42 % en 2018)
  • Université Laval 44 % (comparativement à 63 % en 2018)

En hausse

  • Université du Québec à Chicoutimi 33 % (comparativement à 23 % en 2018)
  • Université de Montréal 74 % (comparativement à 61 % en 2018)
  • Université de Sherbrooke 51 % (comparativement à 32 % en 2018)

Plutôt stable

  • Université du Québec en Outaouais 35 % (comparé à 33 % en 2018)

PAS QUESTION DE DIMINUER LES EXIGENCES

La pénurie d’enseignants n’est pas une raison pour diminuer les exigences en français, tranchent des experts du réseau universitaire.

C’est du moins l’avis de Pascale Lefrançois, présidente du comité de suivi scientifique du TECFÉE qui est géré par le Centre d’évaluation du rendement en français écrit (CÉFRANC).

« On ne veut pas se contenter de professionnels moins compétents, même si on est en pénurie. On ne se rendrait pas service, comme société », affirme-t-elle.

Le son de cloche est le même de la part d’Isabelle Gauvin, professeure en didactique du français, qui était jusqu’à récemment directrice du Centre d’aide en français écrit et oral à l’UQAM.

Repousser la réussite obligatoire de cet examen à la fin de la formation, plutôt qu’au troisième stage, pourrait d’ailleurs représenter un piège pour certains étudiants.

Pendant la pandémie, des étudiants ont été exceptionnellement autorisés à faire leur troisième stage même s’ils n’avaient pas réussi le TECFÉE, mais « un nombre important » se retrouvent maintenant à la fin de leur formation sans diplôme ni brevet, puisqu’ils n’ont toujours pas réussi l’examen, indique Mme Gauvin.

« C’est dans l’intérêt des étudiants de régler cette question-là au plus vite », dit-elle.

Concernant le niveau de difficulté de l’examen, Mme Gauvin souligne qu’il est difficile de se prononcer sur le sujet, puisque seuls les experts consultés lors de sa conception et les étudiants ont réellement pris connaissance de l’examen. « Aucun test n’est parfait », ajoute-t-elle.

Stress et anxiété

Pour certains étudiants, il est aussi possible que le stress et l’anxiété soient responsables de leur échec, plutôt que leurs lacunes en français, ajoute-t-elle.

De son côté, Pascale Lefrançois rappelle que le contenu de cet examen a fait consensus auprès des six experts réunis au sein du comité qu’elle préside.

Cette ancienne championne d’orthographe assure que le test ne comporte pas de « règles pointues » ou « un peu marginales », contrairement à ce qu’affirment des étudiants.

(L’auteur de ce billet a eu 9/10 à froid [il faut que vous étudiiez, grrr, le « stress »…], sans avoir révisé la matière, voir les ressources proposées par le site TECFÉE)

Voir aussi

 Les futurs enseignants utilisent Facebook pour se passer les questions aux tests de français  

Reportage de Radio-Canada sur la question de cette triche avec la présidente de l’Association québécoise des professeurs de français, Suzanne Richard.

Entrevue de Mme Pascale Lefrançois, professeure agrégée au département de didactique de l’Université de Montréal, par Michel Desautels.

Québec, faiblesse en français et valorisation de l’anglais  

Enseignement au Québec — On prend « n’importe qui »

 

 

dimanche 16 octobre 2022

Histoire — Il y a 2500 ans, la bataille des Thermopyles

La bataille des Thermopyles, l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique et des guerres médiques, oppose une alliance des cités grecques à l'Empire achéménide en août ou septembre 480 av. J.-C. L'armée grecque, environ 7 000 hoplites, tente de retenir l'armée perse de Xerxès Ier, laquelle compte, selon les estimations modernes, entre 70 000 et 300 000 soldats à l'entrée du défilé des Thermopyles qui commande l'accès à la Grèce centrale, le long de la mer Égée.

Lien de téléchargement de la Bataille des Thermopyles, VF, 1962. 

(Il se peut que la vidéo ci-dessus disparaisse)

Ce film avait été diffusé en 1975 sur l’antenne de la deuxième chaîne de l’ORTF aux Dossiers de l’écran. Cette diffusion avait été suivie de commentaires forts doctes et érudits de spécialistes de l’antiquité parmi lesquels Jacqueline de Romilly à l’accent cultivé désormais archaïque (comme il sied à une helléniste) avec ces longs « â » : « passa-age », « des rivâ-ages », « utilisa-âtion ». Extrait de cette émission :


Société métissée — Le New York Times craint la perpétuation du racisme malgré la minorisation des blancs

Charles McRay Blow (né le 11 août 1970) est un journaliste, commentateur et éditorialiste américain pour le New York Times et analyste politique actuel pour MSNBC.

Pour Charles McRay Blow, dans un article d’opinion publié par le New York Times, alors que les États-Unis deviennent moins blancs, la suprématie blanche pourrait simplement se muer en une suprématie « plus pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire (comprendre y compris les Hispaniques) perpétuent un racisme anti-noir modifié plutôt que de l’éliminer.

Traduction de son article :

J’ai une théorie sur l’avenir de l’Amérique que je ne veux pas voir se réaliser.

C’est une théorie qui m’inquiète et sur laquelle j’ai déjà écrit : avec le brunissement de l’Amérique, la suprématie blanche pourrait simplement être remplacée par — ou renforcée par — une forme de suprématie « pâle », dans laquelle les personnes à la peau plus claire perpétuent une version modifiée du racisme anti-noir plutôt que de l’éliminer.

Les commentaires racistes révélés cette semaine provenant d’un enregistrement de dirigeants latinos à Los Angeles — trois membres du conseil municipal et un dirigeant syndical — n’ont rien fait pour apaiser ces craintes.

Dans les enregistrements, la présidente du Conseil, Nury Martinez, qui a démissionné de son poste de président du Conseil lundi et a démissionné du Conseil mercredi, a fait les commentaires les plus flagrants. Elle a insulté les gens de la manière la plus grossière et la plus racialement offensante, comparant le fils noir d’un collègue à un singe et semblant insulter les Oaxaca — des gens de la région disproportionnellement amérindienne d’Oaxaca au Mexique — en les qualifiant de « petites personnes foncées et courtes » qui sont « laides ». »

Mais ce qui me dérange le plus, c’est le tribalisme racial, ethnique de ses calculs politiques. Après tout, l’enregistrement est celui d’une réunion sur le redécoupage électoral décennal de la ville. Il s’agit d’une réunion portant sur le pouvoir politique et sur comment aider ou nuire à l’élection de certains selon le découpage des districts électoraux.


 

Dans l’enregistrement, lorsque l’ancien président de la Fédération du travail du comté de Los Angeles, Ron Herrera, dit : « Je suis sûr que Katz et son équipe ont un programme », se référant à l’ancien membre de l’Assemblée d’État Richard Katz, qui est juif, Martinez répond que les Juifs « ont passé un accord avec South L. A. »

Plus direct, Martinez licencie un responsable en disant : « [juron] ce type… Il est avec les Noirs. »

Je ne veux pas suggérer que les personnes qui participent à cet appel sont représentatives de la société dans son ensemble, mais je comprends que la politique est un sport de contact et qu’elle divise les gens en groupes. Parfois, ces regroupements se font sur la vision des partis, leurs programmes. Parfois, ils tournent autour de choses plus fondamentales comme l’identité et la culture.

Pour être clair, je crois à la répartition représentative du pouvoir politique. Los Angeles est presque à moitié latino. Il devrait y avoir un pouvoir politique latino fort et décomplexé dans cette ville. En fait, la sous-représentation est un problème qui continue d’affliger la communauté latino.

Comme Paul Barragan-Monge, le directeur de la mobilisation de l’U.C.L.A. Latino Policy and Politics Institute, a expliqué cette semaine à propos du pouvoir hispanique en Californie : « Bien qu’ils représentent 39 % de la population de l’État, ils ne constituaient que 18,4 % des nominations au postes de direction dans le cabinet du gouverneur. »


Ce déséquilibre doit être corrigé. Le problème que pose cet enregistrement est que les personnes qui participaient à l’appel semblent voir le pouvoir parmi les électeurs de la ville comme un jeu à somme nulle, et dans ce jeu, ils ont ouvertement dénigré d’autres groupes en raison de leur identité.

Au lieu de s’allier avec d’autres groupes défavorisés, ils les ont rabaissés. Leur discussion était anti-noire, anti-autochtone, anti-juive.

Ils faisaient le travail de la suprématie blanche. Et pas parce qu’ils voient le pouvoir blanc comme étant le leur. À un moment de l’enregistrement, tout en discutant de la question de savoir si le membre du Conseil Mark Ridley-Thomas, qui est noir, continuera à être payé après son inculpation pour corruption, Martinez dit : « Ce n’est pas nous. Ce sont les membres blancs de ce Conseil qui vous [juron] en un claquement de doigts. »

Le racisme intraminoritaire [devenu majoritaire en Californie et bientôt aux États-Unis…] est complexe à certains égards, mais simple à d’autres.

Le racisme est perpétué par ceux qui en profitent. Le racisme anti-noir profite à ceux dont les apparences sont les moins noires. La suprématie blanche profite à ceux qui sont blancs, ou à ceux qui sont voisins du blanc à la fois en apparence, en culture et en affect.

Moi aussi, je souhaite que nous vivions l’avenir idéalisé auquel aspirent certains militants : une Amérique qui, en devenant moins blanche, devient également moins raciste et plus égalitaire et tolérante sur le plan racial.

Mais cet avenir plein d’espoir n’est pas assuré, peu importe à quel point nous croyons que nos enfants sont plus tolérants sur le plan racial, peu importe si la diversité raciale est davantage présente dans la culture pop, peu importe la fréquence à laquelle nous avons des repas-partage multiculturels au travail.

C’est en partie parce qu’une partie de l’alliance que nous vivons est performative. Pendant l’été des protestations [émeutes] en 2020, vous auriez pensé que Martinez était solidaire des Noirs et des vies noires. Elle a déposé une requête pour réduire le financement du département de police de Los Angeles — pour supprimer le financement de la police — et elle a publié un gazouillis approuvant cette décision : « Aujourd’hui, nous avons introduit une motion visant à réduire le financement de la police de Los Angeles, alors que nous réinitialisons nos priorités à la suite du meurtre de #GeorgeFloyd et de l’appel #BlackLivesMatter et que nous voulons tous pour mettre fin au racisme. Ce n’est qu’un petit pas. Nous ne pouvons pas parler de changement, nous devons être axés sur le changement. »

Elle a soutenu la fin du racisme en public, mais l’a perpétué en privé.

Même dans la partie de l’enregistrement où elle parle de l’enfant noir comme d’un singe, elle explique qu’elle était avec cet enfant sur un char du défilé du Martin Luther King Day rempli de personnes noires et brunes.

La triste réalité est que la suprématie blanche anti-noirs ne se limite ni aux Blancs ni aux républicains, même s’ils la courtisent et la dorlotent. Martinez est démocrate dans une ville majoritairement démocrate.

L’erreur est de croire que chaque personne dans chaque communauté qui a été opprimée par la suprématie blanche la rejettera. Ce n’est tout simplement pas vrai, car certains voient l’oppression comme le fait d’avoir un perchoir : il faut être juché dessus pour pouvoir opprimer. Dans cette optique, être en mesure d’opprimer devient une aspiration ; être anti-Noirs — et être capable d’éviter la majorité racisme anti-noirs — permet de trier les gens. C’est un signe de réussite. C’est très américain.

Voir aussi

États-Unis — district scolaire exclut élèves asiatiques des personnes de couleur et les classe avec les Blancs

Le nouvel exode blanc 

États-Unis — Pas de réduction de l’écart scolaire en maths et lecture entre les groupes ethniques

La Californie dit « oui » à l’éducation bilingue

Massacres de la quasi-totalité de blancs de 1804 en Haïti, les mulâtres forcés de participer aux massacres (Wikipédia)

Le déclin des blancs : rejeter, réprimer, fuir ou métisser ? (Whiteshift)

Citations ethniquement incorrectes de Karl Marx 
 
 
  
 
 
 
 

vendredi 14 octobre 2022

En manque de bébés, la Chine annonce de nouvelles aides aux jeunes parents

La Chine a annoncé mardi de nouvelles mesures destinées à encourager les familles à avoir plus d’enfants, alors que son taux de natalité est au plus bas et que sa population devrait diminuer d’ici 2025.


Le pays le plus peuplé de la planète est confronté à une crise démographique, avec une population active vieillissante, une économie au ralenti et une croissance du nombre d’habitants la plus faible depuis des décennies.

Et même si les autorités ont mis fin en 2016 à leur stricte politique de l’enfant unique, puis ont autorisé l’an dernier jusqu’à trois enfants par couple, les naissances n’ont cessé de baisser au cours des cinq dernières années.

Mardi, le ministère de la Santé a appelé le pouvoir central et les autorités locales à dépenser davantage dans la santé reproductive et à améliorer les services de garde d’enfants.

Le cas de Harbin

Les autorités sanitaires de Harbin, dans la province du Heilongjiang (Hei-long-tsiang, dans nord-est de la Chine, voisin de la Russie), ont récemment publié un projet de plan de mise en œuvre sur l’optimisation de la politique de naissance afin de promouvoir un développement démographique équilibré à long terme, comme l’un des derniers efforts pour encourager la fécondité dans la région. Le projet de plan est ouvert aux commentaires du public du mardi au 31 octobre.

Les couples avec un enregistrement de ménage à Harbin vivant dans la ville, qui ont deux enfants ou plus dans le cadre de la politique des naissances, peuvent recevoir une allocation mensuelle de garde d’enfants pour chaque enfant jusqu’à ce que l’enfant ait trois ans, selon le projet de plan.

La ville prévoit également d’améliorer la politique de sécurité du logement pour soutenir l’accouchement. Les familles qui donnent naissance à leur deuxième ou troisième enfant après le 29 octobre de l’année dernière recevront une subvention à l’achat d’une maison de 15 000 yuans (2 091 dollars américains) ou 20 000 yuans sous certaines conditions, indique le projet de plan.

La famille qui a deux enfants ou plus conformément aux politiques actuelles sur les naissances accordera également la priorité à envisager un logement locatif public, selon le plan.

Le Heilongjiang [Hei-long-tsiang, littéralement Fleuve du Dragon Noir] a perdu 460 000 résidents permanents en 2021 par rapport à l’année précédente, la baisse la plus importante à l’échelle nationale, selon les données publiées par les autorités statistiques.

Derrière le ralentissement de la croissance démographique se cache la baisse continue des naissances d’enfants. Les autres régions du nord-est de la Chine ont également mis en place davantage de mesures pour encourager la croissance du taux de natalité. En 2021, la province de Jilin a publié un plan pour promouvoir le taux de natalité et fournir des politiques de soutien.

Ces services sont largement insuffisants dans le pays.

Les autorités locales doivent « mettre en place des mesures de soutien actif à la fertilité », via des subventions, des déductions fiscales et de meilleures assurances maladie, ainsi que des aides dans l’éducation, le logement et l’emploi destinées aux familles, préconise le ministère.

Les provinces doivent aussi s’assurer de disposer d’un nombre suffisant de garderies, d’ici la fin de l’année, pour les enfants de deux à trois ans.

Les villes chinoises les plus riches ont déjà mis en place des crédits immobiliers, des avantages fiscaux, des aides à l’enseignement et même des subventions pour encourager les femmes à avoir plus d’enfants. Les directives publiées mardi semblent vouloir étendre cette politique à l’ensemble du territoire.

Le taux de natalité en Chine a chuté l’an dernier à 7,52 naissances pour 1 000 habitants, au plus bas depuis le début de la série statistique en 1949, année de la fondation du Parti communiste chinois, selon le Bureau national des statistiques.

Le coût plus élevé de la vie et une évolution culturelle en faveur de familles plus petites sont parmi les raisons citées pour cette baisse des naissances.

Début août, les autorités sanitaires ont prévenu que la population chinoise reculerait d’ici 2025.

Source : AFP (Challenges)

Informations connexes

Le boom démographique indien est terminé. Le deuxième pays le plus peuplé de la planète, avec 1,38 milliard d’habitants, présente désormais un indice synthétique de fécondité (ISF) qui correspond au nombre moyen d’enfants qu’une femme pourrait avoir au cours de sa vie de 2, au-dessous du seuil de remplacement, fixé à 2,1. Ces données sont issues de la cinquième enquête nationale sur la santé de la famille, publiée fin novembre, qui a été réalisée de 2019 à 2021 à partir d’un échantillon de 650 000 ménages répartis dans 707 districts du pays. L’indice était de 2,2 dans la précédente enquête 2015-2016, et de 2,7 en 2005-2006.

Le Japon a longtemps été la tête d’affiche de la crise démographique, mais le taux de fécondité de la Corée du Sud est désormais l’un des plus bas au monde, et celui de la Chine n’est guère meilleur.

L’année dernière, dans un pays de plus de 51 millions d’habitants, le nombre moyen d’enfants qu’une femme en Corée du Sud devrait donner naissance au cours de sa vie était de 0,81 — le plus bas depuis que Statistiques Corée a commencé à compiler des données sur ce sujet en 1970, lorsque le chiffre était de 4,53 enfants/femme, et en baisse par rapport à plus de 2 en 1983.

Selon une estimation d’une équipe de démographes, dont Liang Jianzhang, Ren Zeping et He Yafu, la Chine n’ayant pas publié de chiffre de fécondité officiel l’année dernière, pour la population chinoise de 1,4126 milliard d’habitants, le taux de fécondité en 2021 était de 1,15, en baisse par rapport à un chiffre officiel chiffre de 1,3 un an plus tôt.

Le Japon s’inquiète de son taux de fécondité depuis la fin des années 1980. Il a finalement atteint un creux de 1,26 en 2005, et après avoir légèrement récupéré à 1,45 en 2015, a glissé au cours des six dernières années pour atteindre 1,3 enfant/femme l’année dernière.

L’indice de fécondité de Hong Kong à 0,87 enfant/femme affiche un des niveaux les plus bas du monde avec la Corée du Sud.

Voir aussi 

Les économies avancées d’Asie ont désormais des indices de fécondité inférieurs à ceux du Japon


 

Couche-Tard et Orwell : « L’ignorance, c’est la force »

Dans  son roman 1984, George Orwell écrit : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

« L’ignorance, c’est la force ».

Cela semble être le cas avec le p.-d.g. de Couche-Tard (un fleuron québécois) qui ignore superbement le français.

Cette ignorance est le fruit d’une force (il est aux manettes et donne de bons résultats apparemment) et une force en elle-même pour l'anglais (elle permet de forcer les autres à parler l’anglais). L’ignorance des anglophones des autres langues permet d’imposer l’anglais (« nous aimerions tellement parler le patois local, malheureusement nous n’en sommes pas capables, parlons en anglais ») et la connaissance de l’anglais par de plus en plus de francophones (« le bilinguisme qui nous enrichit »)  renforce l’anglais. « La connaissance, c’est la faiblesse » ?

Le Journal de Québec nous apprend par ailleurs :

À la tête d’Alimentation Couche-Tard depuis près de huit ans, Brian Hannasch ne comprend toujours pas le français. Et même si la question linguistique fait les manchettes depuis des mois, il n’a pas l’intention d’apprendre la langue officielle du Québec.

L’apprentissage des langues, « ça ne fait pas partie de mes forces », a affirmé hier le dirigeant américain en entrevue au Journal, évoquant ses faibles notes en espagnol au secondaire.

« Je ne suis pas très bon [en français], a-t-il ajouté. Je m’améliore un peu chaque année, mais j’ai encore beaucoup de chemin à faire. »

Promesse rompue

M. Hannasch (ci-contre) reconnaît toutefois qu’il n’a pas suivi de cours de français « au cours de la dernière année ».

Lors de sa nomination, en 2014, Brian Hannasch s’était engagé à apprendre la langue de Molière. 

Il avait aussi promis de déménager à Montréal, ce qu’il n’a jamais fait. Il habite à Columbus, en Indiana.

Pas forcé par la loi 96

Il y a trois ans, Alain Bouchard, cofondateur et président exécutif du conseil d’administration de Couche-Tard, a confié qu’en 2014 il avait la « volonté ferme » de voir M. Hannasch apprendre le français. Il a ensuite changé d’idée.

« J’ai eu une longue discussion avec Brian et je lui ai demandé d’oublier ça. En fait, c’est moi. J’ai dit : “Écoute, je ne veux pas que tu mettes du temps là-dessus parce que tu as trop de temps à investir dans l’entreprise” », a déclaré M. Bouchard à l’assemblée des actionnaires de Couche-Tard tenue en septembre 2019, selon La Presse.

L’automne dernier, le Premier ministre François Legault a dit vouloir convaincre « les présidents d’entreprise au Québec » d’apprendre le français, mais il n’a pas donné plus de détails. 

Adoptée au printemps, la loi 96 impose de nouvelles obligations linguistiques aux entreprises, mais elle ne force pas leurs dirigeants à apprendre le français.


Proposition du MÉDAC rejetée
 

Les actionnaires du détaillant ont rejeté, hier, une proposition du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) voulant que Couche-Tard fasse du français sa langue officielle.

« Depuis sa création, en 1980, Couche-Tard défend fièrement sa culture francophone et veille à ce que toutes ses parties prenantes au Québec soient servies et puissent communiquer et travailler en français sans limitation », a soutenu l’entreprise, dans un document envoyé à ses actionnaires.

COUCHE-TARD EN BREF

  • 122 000 employés
  • 14 000 magasins
  • 24 pays
  • 9 millions de clients par jour
  • 750 000 tasses de café servies par jour
  • 133 millions de litres d’essence vendus par jour

jeudi 13 octobre 2022

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021

L'inscription à l’enseignement à domicile a considérablement augmenté pendant la pandémie. Selon l'Enquête de Statistique Canada sur l'enseignement primaire et secondaire de 2020-2021, plus de 83 784 élèves étaient inscrits en enseignement à domicile en 2020, soit le double (40 608) par rapport à l'année scolaire précédente.

Le nombre d'inscriptions était particulièrement élevé pour les première et deuxième années du primaire, avec des augmentations respectives de plus de 134 %.

Ces chiffres demeurent marginaux dans la mesure où plus de 90 % des élèves inscrits du primaire et du secondaire vont dans les écoles publiques et 7,5 %, dans les écoles privées. La part de l’enseignement à domicile est de 1,5 %.

De plus, l’enquête de Statistique Canada souligne que l’inscription aux programmes de langue seconde a augmenté pendant la décennie 2006-2016. Les plus hauts taux ont cependant été enregistrés en 2020-2021, de la quatrième à la huitième année.

Enfin, l’enquête relève une légère hausse (+0,5 %) du taux de diplomation secondaire au Canada par rapport à 2019-2020.


mercredi 12 octobre 2022

France — La mise à mort de SOS Éducation par le ministère des Finances ?

Le site de l’association SOS Éducation. L’Éducation nationale ouvre ses portes aux associations LGBT et intégrationnistes, mais fait tout pour faire disparaître celles qui militent contre le déclassement scolaire ?


Pour Valeurs actuelles :

Dans le viseur de l’administration fiscale depuis cinq ans, SOS Éducation, une association militant pour l’amélioration du système éducatif français, a écopé d’une amende de près de 1,6 million d’euros.

Un cas d’école de mise à mort politique par étranglement financier.

Mieux vaut ne pas contester la doctrine de l’Éducation nationale : c’est la leçon que retiendra SOS Éducation. Si toutefois elle survit aux sanctions du fisc. Fondée en 2001 par des professeurs et parents d’élèves alarmés par les premières chutes françaises dans le classement PISA, l’association à but non lucratif paie aujourd’hui un lourd tribut à son engagement.

À l’origine de la pétition contre l’écriture inclusive qui donnera naissance à la circulaire Blanquer, SOS Éducation nage à contre-courant, et défend depuis vingt ans « une école loin de toute idéologie, qui respecte les choix des parents en matière d’instruction et l’autorité des professeurs, et qui permette notamment aux enfants issus de milieux défavorisés d’avoir accès à une instruction de qualité ». Un combat qui n’a pas l’air de plaire à tout le monde.

Harcèlement administratif 

Ce n’est pas la première fois que l’on tente de mettre des bâtons dans les roues de SOS Éducation. Au bas mot. Menaces téléphoniques, mobilisation d’huissier pour freiner son action, les sapeurs ont déjà tout tenté. Jusqu’à la falsification de documents pour enrayer le conseil d’administration. « Le projet était d’infiltrer l’association pour y prendre le pouvoir et la vider de sa substance », témoigne Sylvain Marbach auprès de Valeurs actuelles. L’actuel président de l’association était en première ligne : il avait alors dû démissionner de son poste de trésorier, du fait de pressions et manipulations internes. « Nous essayons d’améliorer le système éducatif, pour des millions d’élèves, pour tous les Français… Mais une bonne action ne reste jamais impunie », sourit-il.

À terme, l’entreprise de sabotage interne s’avère être un échec. Alors ses détracteurs tentent de faire condamner l’association. Après le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République vient une dénonciation calomnieuse à la Cour des comptes. La première est classée sans suite. La seconde entraîne trois contrôles sur une durée totale de plus de trois ans. S’engagent alors des fouilles à répétition — jusqu’à trois fois par semaine. « C’était absurde : dans les locaux, il y avait plus de contrôleurs que de salariés », soupire Sophie Audugé. Tout juste nommée, la nouvelle déléguée générale de l’association subit un accueil on ne peut plus rude. « Nous recevions des courriels très lourds, détaille Sylvain Marbach : des milliers de documents, des avalanches de questions dès six heures du matin, jusqu’à 22 heures trente, et durant les vacances, et la veille de Noël… C’était tout simplement du harcèlement. ».

Malgré tout, SOS Éducation coopère, espérant que la transparence leur permettra de tourner cette page au plus vite. Pour contrôler la modeste association de sept salariés, on mobilise jusqu’à la brigade d’intervention rapide de la direction générale des enquêtes fiscales. Un spécialiste des systèmes d’information et d’analyses de données, en détachement de l’armée pour l’occasion, est missionné.

Si l’équipe de contrôle ne trouve rien, on en change dans l’espoir de trouver quelque chose. Tout est passé et repassé au peigne fin. On finit par dénicher un compte bancaire à l’étranger non déclaré… « Un compte PayPal, pour collecter les dons en ligne », soupire Sylvain. La montagne accouche d’une souris.

Pionnier de l’accompagnement et du conseil des associations non lucratives, Me Xavier Delsol n’en revient pas : « En quarante ans de spécialisation en droit fiscal, je n’ai jamais vu ça. Un cumul de contrôles aussi sévères, dans une telle ambiance de suspicion et de haine, pour une si petite association, c’est inédit. » La pression n’est pas sans effet. « Il est certain que l’acharnement administratif subi par SOS Éducation a eu raison de ma stabilité émotionnelle », confie Sylvain. À bout, n’en dormant plus, il a été contraint de mettre son activité professionnelle entre parenthèses, se privant de deux ans et demi de salaire. « Pour vivre, j’ai vidé l’épargne prévue pour les études de mes enfants », souffle-t-il. Et d’ajouter : « Cette affaire m’a volé cinq ans de vie, personnelle, familiale et professionnelle. »

Le fait du prince Chatel

Pour comprendre les dessous de l’affaire, il faut remonter vingt ans en arrière. En 2002, la jeune association met un point d’honneur à refuser toute subvention, pour demeurer indépendante. Ne lui reste qu’à espérer être éligible au mécénat, afin que les dons défiscalisés puissent nourrir son travail. SOS Éducation s’en enquiert auprès de l’administration fiscale : cette dernière lui renvoie un rescrit positif, entérinant sa capacité à émettre des reçus fiscaux. Quelques mois se passent, et l’association a grandi. Elle en tient informée l’administration fiscale, et veut s’assurer que le rescrit vaut toujours. Trop bonne élève, elle ne sait pas encore que ce zèle précipitera sa perte.

Le dossier, intégralement reconstitué pour l’occasion, est perdu dans les méandres de l’administration. À deux reprises. Puis, silence radio durant quatre ans, malgré les relances de l’association. Or, les lois en vigueur à l’époque sont claires : l’absence de réponse administrative en six mois vaut approbation. SOS Éducation peut dès lors se satisfaire de cette validation tacite et poursuivre son activité, sans craindre aucun redressement. C’est sans compter la cabale politique qui ne fait que commencer.

Une enveloppe parvient aux locaux de SOS Éducation. Elle renferme une correspondance entre Luc Chatel et Éric Woerth, qui s’y opposent fermement à la demande de l’association. Peut-être le ministre de l’Éducation n’appréciait-il pas les vives critiques formulées par l’intéressée à l’encontre de sa réforme scolaire. « Qu’importe, n’en tenez pas compte », tranche Me Delsol, conseiller de l’association. Et pour cause : le texte, simple échange interministériel, ne présente aucune valeur juridique, et ne peut assurément pas faire office de réponse administrative, d’autant qu’il ne peut faire l’objet d’aucun recours puisqu’il n’est pas adressé à l’association elle-même.

Et pourtant. Les contrôleurs fiscaux ressortent la poussiéreuse lettre du placard. Malgré ses airs d’intimidation politique, l’administration y voit une réponse officielle de sa part, dix-neuf ans après le dépôt du premier dossier. Et de remettre en cause tant d’années de perception de dons. Un fait du prince qui n’inspire qu’ironie à Me Delsol : « Si un ministre dit à sa concierge que les Restos du cœur ne sont pas une association à mission sociale, faut-il sanctionner Coluche ? »

Rien n’y fait : le couperet tombe. SOS Éducation perd son droit au mécénat et écope d’une amende exorbitante — l’équivalent de trois ans de recettes. « Tout au long de cette affaire, Bercy avait la possibilité d’être de bonne foi, de reconnaître son erreur et de clarifier la situation », s’exaspère Me Delsol. « S’ils ne voulaient pas tuer la structure, ils auraient négocié. Ce dossier n’est rien d’autre qu’une affaire politique : quand on ne peut pas vous parasiter de l’intérieur, ni vous dissoudre, on vous coupe les vivres », ajoute-t-il.

Soudain, le nœud de l’affaire se resserre. Contraint de reconnaître le travail d’intérêt général de SOS Éducation, l’État nie sa dimension éducative. Les inspecteurs des impôts sont formels : pour être considéré « éducatif », il faut produire de l’enseignement. Une interprétation très restrictive de la loi, absolument inédite : « Le Bofip (Bulletin officiel des finances publiques, NDLR) reconnaît bien les associations de parents d’élèves, qui n’ont pourtant elles-mêmes aucune activité éducative, mais protègent l’intérêt des enfants, tout comme SOS Éducation », rétorque Me Delsol. « Faudrait-il trouver des baleines dans le bureau du WWF pour lui reconnaître sa mission de protection des espèces animales ? », renchérit Sophie Audugé.

Tout dans l’État, rien hors de l’État, rien contre l’État

Voilà plus de vingt ans que SOS Éducation se donne pour mission de défendre « une école qui instruit, où il n’y a pas la place pour l’idéologie, qui respecte le choix du mode d’instruction des parents et l’autorité de ses professeurs ». En d’autres termes, SOS Éducation défend l’instruction ; seulement, pas celle que vante l’Éducation nationale. C’est là que le bât blesse. Pour son président, le sort réservé à l’association est de mauvais augure : « Ce qui est en jeu ici, c’est bien entendu et avant tout la liberté d’association et la liberté d’expression. C’est une jurisprudence dangereuse, la porte ouverte à la mise à mort arbitraire d’autres associations indépendantes. » De quoi craindre que l’État verrouille sa doctrine éducative, loin de toute contradiction citoyenne.

Ambitionnant un rôle de garde-fou de l’école publique, SOS Éducation se revendique « non partisane, non confessionnelle et à l’écart des syndicats ». Bercy, pour sa part, lui prête un esprit « inspiré ». Comprenez « militant ». Un argument qui laisse perplexe, quand on sait que les associations LGBT ont, elles, pignon sur rue. « Elles sont subventionnées, présentent comme faits scientifiques des théories idéologiques, et interviennent dans les écoles avec le blanc-seing de l’Éducation nationale », déplore Sophie Audugé. Mais SOS Éducation communie à la mauvaise chapelle. Il faut tuer le chien. Alors, le rapport provisoire de la Cour des comptes l’accuse d’avoir la rage, et insinue que l’association jouirait d’un soutien du Rassemblement national. « Effectivement, Marine Le Pen nous a écrit une fois », se souvient Sylvain Marbach… « via son avocat, qui menaçait de nous attaquer pour diffamation ».

L’association, qui dénonce un traitement inédit et une rupture d’équité entre contribuables vis-à-vis de l’impôt, n’est pas seule à avoir soulevé ce lièvre. Dans un référé de décembre 2020, la Cour des comptes elle-même épinglait des pratiques de l’administration fiscale non déclarées au Bofip. Son président, Pierre Moscovici, dénonçait alors cette doctrine d’appréciation des associations dites « à contenu idéologique ». « Elle repose sur des bases juridiques fragiles, laissant une large part à l’appréciation, parfois subjective, de l’administration », avertit le référé. Qu’à cela ne tienne : « les observations de la Cour […] me laissent perplexe », répond Jean Castex.

Éducation nationale : couvrez cette faillite que je ne saurais voir

« Malgré nos désaccords, on a longtemps pu continuer à discuter avec l’Éducation nationale, se souvient Sylvain Marbach. À partir de 2017, c’est autre chose… » SOS Éducation est loin d’être la seule association constatant une rupture du dialogue avec les différents gouvernements de l’ère Macron. « Ils ne s’attaquent pas à SOS Éducation, assure Sophie Audugé, mais à sa clairvoyance évidente depuis vingt ans. » L’effondrement du niveau de l’école publique, nié par ses seuls responsables, lui a donné raison.

Exclue du champ du mécénat depuis août 2020, SOS Éducation a perdu près de 50 % de ses dons en trois ans. Ajoutez à cela 1,6 million d’euros de redressement et d’amende, et c’est la « mise à mort par asphyxie financière », assure Sophie. L’association a été contrainte de fermer ses locaux et de licencier deux tiers de ses effectifs. « On a envisagé de mettre la clé sous la porte, et de léguer ce qui nous reste à une association qui mène le même combat que nous, défendre l’école de Jules Ferry, souffle la déléguée générale… Avant de réaliser qu’il n’y en avait pas. »

Ils ne sont aujourd’hui plus que deux salariés à tenter de défendre ce qu’il reste de la seule association soucieuse de l’enseignement public français. « Si on avait cru en la Justice, on serait morts aujourd’hui, conclut gravement Sylvain Marbach. À moins d’une mobilisation citoyenne, nous ne tiendrons encore qu’un an, maximum ».