samedi 13 juillet 2019

Histoire — Photos colorisées de la Russie (fin XIXe siècle-1961)

Nous avions déjà publié de rares photos en couleurs de la Russie impériale, en voici des colorisées par Olga Chirnina, alias Klimbim. Elles illustrent la Russie de la fin du XIXe siècle à 1961. Les couleurs sont reconstruites et peuvent parfois ne pas être exactement fidèles à la réalité, mais elles sont splendides. Cliquez sur les images pour faire apparaître une version plus grande de celles-ci.


Famille russe, région d’Ékaterinbourg, Sibérie, fin XIXe ou début XXe siècle.




Pâques au front 1916, ХВ = Христос воскрес = Le Christ est ressuscité



 Premiers passagers du nouveau métro de Moscou, 1935



Le 7e régiment de chasseurs prend la pose sur le front de l’Est, 1915


Fileuse de Carélie (mer Blanche) en 1894.


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Membres des Romanov, dernière famille impériale de Russie, en 1914. Assis (de gauche à droite) la grande-duchesse Marie, l’impératrice Alexandra, Nicolas II (au centre), la grande-duchesse Anastasia et le grand-duc Alexei (devant) et debout (de gauche à droite), la grande-duchesse Olga et la grande-duchesse Tatiana


Alexandra Feodorovna et les grandes-duchesses Olga et Tatiana dans l’hôpital militaire de Tsarskoïe Selo (1914-1917)


Paysannes russes (1914-1916)


Lycéennes, Russie impériale (1900-1917)


Le cosmonaute Youri Gagarine, mardi 11 juillet 1961


La pilote (bombardier de nuit) Natalie Mekline-Kravtsova


Léon Tolstoï avec sa femme Sophie





Ébénistes du village de Sabourovo vers 1900.



La Rue Ostojenka (улица Осто́женка) à Moscou en hiver, vers 1890.


Des ouvriers de l’usine de construction mécanique de Kramatorsk arrachent l’enseigne de la sidérurgie allemande Friedrich Krupp AG alors que la région vient d’être reprise par l’armée rouge aux forces allemandes en 1943


L’une des dernières photographies de Nicolas II, prise en mars 1917 à Tsarskoïe Selo après son abdication


La comtesse Fersen, née princesse Dolgorouky (déguisée en femme de boyard du XVIIe siècle lors d’un bal costumé en 1903 au palais d’hiver de Saint-Pétersbourg)

Une Ford-A construite en URSS, 1930



Photographe de rue dans les ruines de Varsovie (sous occupation soviétique) en 1946


Les grandes-duchesses Olga et Tatiana avec leur précepteur suisse Pierre Gilliard à Livadia en Crimée, 1911


Groupe de sœurs de la Charité dans la salle à manger pendant le dîner, communauté de Herbovets/Hîrbovăț en Moldavie actuelle, années 1900

Le Québec prend un coup de vieux, aucune mesure d'aide à la naissance malgré un désir d'enfants ?

Selon les prévisions démographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le Québec va prendre un solide coup de vieux au cours des prochaines décennies. Voir « Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066 ».

En 2036, soit dans à peine 17 ans, les 65 ans et plus représenteront 26 % de la population québécoise. Pour vous montrer à quel point cette proportion est élevée, sachez qu’en 2001, ils comptaient pour seulement 13 % de la population du Québec. C’est donc dire que le poids démographique des 65 ans et plus au Québec aura ainsi plus que doublé en l’espace de 35 années.


Le vieillissement de la population entraîne une panoplie de conséquences directes :

  • Comme leurs revenus baissent, les 65 ans et plus paieront moins d’impôt
  • Le coût gouvernemental des soins de santé augmentera
  • Le coût des autres services publics offerts aux gens âgés grimpera
  • Hausse des crédits d’impôt pour les aînés
  • Hausse également des versements de prestations de vieillesse
  • La main-d’œuvre au service des gens âgés deviendra plus difficile à trouver

Gageons qu’aucune mesure nataliste ne sera annoncée pour contrer ce vieillissement, des mesures qui aideront financièrement les familles à avoir le nombre d’enfants qu’elles déclarent vouloir avoir (fiscalité, calcul de la pension). Actuellement, une énorme partie de la politique familiale ne vise en réalité qu’à renvoyer les femmes au bureau le plus tôt possible. Cela n’a aucun effet démographique positif puisque les sommes consacrées à cette politique sont énormes, mais l’indice conjoncturel de fécondité continue de baisser au Québec pour atteindre 1,59 enfant par femme.


Rappelons que les familles occidentales veulent en moyenne, cela varie d’un pays à l’autre, un peu moins d’un enfant de plus qu’elles n’auront. On parle en termes techniques de « déficit important entre descendance idéale déclarée et descendance réelle ». C’est ainsi que les Françaises ont moins d’enfants que ce qu’elles souhaiteraient idéalement et ça fait plusieurs décennies que ça dure. À l’heure actuelle, si elles avaient le nombre d’enfants qu’elles disent vouloir idéalement, l’indice conjoncturel de fécondité serait de ~2,4 enfants par femme au lieu de ~1,9 enfant par femme. Voir https://ifstudies.org/blog/the-global-fertility-gap. Une des raisons de cet écart entre le nombre idéal d’enfants voulu et le nombre obtenu : le coût lié à l’accueil d’un enfant supplémentaire.













Insister sur Pythagore et π perpétuerait le « privilège immérité » des Blancs (rediff estivale)

Une professeure d’éducation mathématique à l’Université de l’Illinois a soutenu dans un livre paru récemment que les compétences algébriques et géométriques perpétuent le « privilège immérité » parmi les blancs.

Dans cet ouvrage collectif intitulé Soutenir des pratiques scientifiques en méthodes mathématiques, Mme Gutierrez soutient que l’accent en mathématiques mis sur le théorème de Pythagore et le nombre pi (π) alimente l’idée que les mathématiques ont été inventées par les Grecs et les Européens.

Rochelle Gutierrez, professeure à l’Université de l’Illinois, a fait cette demande dans une nouvelle anthologie pour les professeurs de mathématiques, affirmant que les enseignants doivent être conscients de la « politique que les mathématiques apportent » dans la société.

« À de nombreux niveaux, les mathématiques fonctionnent comme la blancheur. Ceux à qui revient le mérite d’avoir inventé et développé les mathématiques, ceux qui ont la bosse des maths et qui sont considérés comme faisant partie de la communauté mathématique sont généralement considérés comme blancs », de soutenir Gutierrez.

Les mathématiques aident également à perpétuer activement le privilège blanc, puisque la façon dont notre économie accorde une grande importance aux compétences en mathématiques confère aux maths une forme de « privilège immérité » pour les professeurs de mathématiques, qui sont d’un blanc disproportionné.

« Sommes-nous vraiment si intelligents parce que nous faisons des mathématiques ? » Demande-t-elle, se demandant en outre pourquoi les professeurs de mathématiques obtiennent plus de bourses de recherche que les professeurs de « sciences sociales ou d’anglais ».

En outre, elle s’inquiète aussi que les évaluations des compétences en mathématiques puissent perpétuer la discrimination contre les minorités, surtout si elles font pire que leurs homologues blancs.

« Si l’on n’est pas considéré comme mathématique, il y aura toujours un sentiment d’infériorité qui peut être invoqué », dit-elle, ajoutant qu’il y a tellement de minorités qui « ont vécu des microagressions en participant à des cours de maths… par si elles peuvent raisonner abstraitement. »

Pour lutter contre cela, Gutierrez encourage les futurs enseignants de mathématiques à développer un sens de « conocimiento politique », une expression espagnole voulant dire « connaissance politique ».

Gutierrez souligne que toute connaissance est « relationnelle », affirmant que « les choses ne peuvent pas être connues objectivement ; ils doivent être connus subjectivement. »

Campus Reform et The Independent ont contacté Gutierrez pour commentaire, mais n’ont pas reçu de réponse selon leurs articles.


vendredi 12 juillet 2019

Groupuscule manifeste devant cinéma qui projette Unplanned, Radio-Canada sur place pour couvrir l'« événement »

Raymond Ayas, candidat du Parti Populaire du Canada aux élections fédérales, est allé voir le film Unplanned qui semble tant déranger les militants proavortements et certains médias. Voir Pressions médiatiques et politiques contre les cinémas Guzzo qui vont projeter Unplanned et « Unplanned, Un tissu de mensonges » : le journalisme uniquement à charge.

Il a remercié la ministre Joly, son adversaire politique dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville : « Merci à Mélanie Joly d’avoir attiré autant l’attention sur le film #unplannedmovie ! Vraiment stratégique de sa part. Personnellement, je crois en la liberté de conscience, la liberté de dépenser mon argent où je veux et la liberté de voir des films. #LaMinutePopulaire ».




On remarquera que des employés de Radio-Canada discutent à la fin de la vidéo avec M. Ayas. Ils attendaient LA manifestation annoncée par des activistes féministes et n’avaient pas hésité à déplacer des moyens techniques pour ce faire. Nous connaissons de nombreuses manifestations (anti-ECR, notamment à Granby et à Sherbrooke) qui avaient rassemblé nettement plus de personnes et qui n’ont jamais eu l’heur d’attirer des moyens de Radio-Canada... Étrange.

La manifestation de militants proavortements devant le multiplex Guzzo du Marché Central ne réunira en fin de compte qu’une poignée groupusculaire (ci-dessous) d’opposants à la diffusion de ce film. Guère plus d’une douzaine de personnes.



Radio-Canada qualifie cet embarrassant fiasco de « manifestation timide »...

Son article (visible ici) ne donne la parole qu’à une personne sur place : Sonia Palato cofondatrice de La Riposte féministe. De M. Ayas ou toute autre personne qui aurait vu le film, nulle trace.  [Mise à jour : Raymond Ayas précise en commentaire : Radio-Canada m’a effectivement passé en entrevue. Cependant mon message était peut-être trop cohérent : l’entretien n’a pas été diffusé. C’est la deuxième fois que ce média me joue ce tour. La première est ici : https://ppcahuntsiccartierville.nationbuilder.com/entrevue_jamais_diffusee_radio_canada.]

Radio-Canada reprend ensuite une dépêche de l’agence de presse, La Presse Canadienne. Elle cite ainsi un communiqué de presse de Cinéplex qui affirme « Je comprends les préoccupations concernant ce film », mais cette défense timide du droit de diffuser des films « controversés » ne suffit pas à rééquilibrer l’article et à expliquer l’absence d’avis enthousiastes de la part de partisans de sa diffusion, alors qu’il y en avait sur place.

Vient ensuite le vernis « sérieux » de l’article dans un encadré intitulé « Ce que dit la science » sur l’avortement pour « briser certains mythes tenaces ». Évidemment les faits sélectionnés (par exemple : « les saignements [abondants et peu ragoutants] vus dans le film surviennent dans 1 % des cas ») vont tous dans le sens de la banalisation de l’avortement. On aurait pu inclure d’autres faits scientifiques : « le fœtus est bien un être humain vivant distinct de sa mère » ou encore « la vie commence dès la conception, dès la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde », mais ces faits-là ne vont sans doute pas dans le bon sens. En outre, l’inclusion sélective de faits médicaux ne répond en rien à une question éminemment morale, plutôt que scientifique ou médicale. La mère a-t-elle un droit imprescriptible de tuer un être humain viable qu’elle porte en son sein en toute circonstance comme le permet actuellement la loi canadienne ? Et si oui, pourquoi ? Dire que le corps du fœtus est le corps de la mère (« mon corps, mon choix ») est inexact scientifiquement, l’ADN de l’enfant à naître est différent de celui de la mère. Il y a deux corps en question. Ah, tiens encore un « mythe tenace » que l’article ne semble pas vouloir « briser ».

Parmi les arguments de la militante Sonia Palato, mis bien en exergue par la SRC (voir ci-dessous), on retrouve celui lié à l’aspect « émotionnel » du film. Cet argument nous paraît singulièrement de mauvaise foi et pourtant l’article de Radio-Canada ne donne la parole à aucun contradicteur pour le réfuter. Or, depuis quand les films de fiction devraient-ils ne pas jouer sur les émotions ? Tous les films émouvants pour les grandes causes le font (La Liste de Schindler sur l’Holocauste, La fille à un million de dollars de Clint Eastwood sur l’euthanasie, etc.) Faut-il comprendre que jouer sur les émotions n’est permis que pour les films qui défendent des causes que les militants progressistes agréent ? Et que dire de l’usage des images et reportages émouvants dans des médias publics qui se veulent informatifs et objectifs ? On trouvera ainsi diffusés des images et des témoignages poignants sur les difficultés (parfois la mort) d’immigrants illégaux qui essaient de rejoindre l’Europe ou les États-Unis (Radio-Canada n’hésite pas à montrer les enfants morts dans ces cas), mais on interdira ou censurera des photos qui illustrent les morts dues au terrorisme au Bataclan à Paris. Ces médias jouent sélectivement sur les émotions avec des images-chocs selon le sujet.



L’auteur de la dépêche s’est donné quelques frissons complotistes en croyant dévoiler les trouble-fêtes responsables de la remise en cause du statu quo unanimement proavortement dans les médias canadiens ou québécois : une obscure camarilla de vils réactionnaires tapis dans de mal famés recoins de la Toile. « Campagne Québec-Vie, indique sur son site Web avoir mené “une longue lutte” pour la venue de ce film au Canada, dans l’espoir de rallier des gens à sa cause en montrant “divers aspects tragiques ou peu ragoûtants de l’avortement”. »

Enfin, nous ne sommes pas sûrs d’avoir bien compris la citation suivante reproduite par le télédiffuseur public : « Les tracts distribués vendredi aux passants par La Riposte féministe accusent Guzzo et Cinéplex de “faire du profit sur le dos de la santé sexuelle et reproductive des femmes cis, des hommes trans et des personnes non binaires et queers” dans un contexte où leur autonomie corporelle est régulièrement attaquée. » Qu’est-ce que les « hommes trans et des personnes non binaires et queers » viennent faire dans une discussion sur l’avortement ? Et que signifie « un contexte où leur autonomie corporelle est régulièrement attaquée » ? « Autonomie corporelle » ? Attaquée ? On aimerait comprendre ce volapük sibyllin. La journaliste est-elle tellement pénétrée d’idéologie LGBTQ2SAI+ qu’elle ne croit même pas devoir expliquer ces affirmations pour le commun des lecteurs ?





Pour trouver une salle qui diffuse le film Unplanned (malheureusement uniquement en anglais) près de chez vous, cliquez sur l’image ci-dessous.



Sciences Po a supprimé son concours d'entrée, plus personne n'en parle

Depuis trente ans, les élites françaises ont détruit méthodiquement tout ce qui faisait le génie national, estime Éric Zemmour du Figaro. Le bac est donné à tout le monde et les mentions TB fleurissent à tous les coins de rue ; et Sciences Po supprime son concours écrit, le seul qui assurait, avec l’anonymat, la garantie d’une sélection honnête.


Cela fait trois semaines et déjà plus personne n’en parle. Plus le moindre article, pas la moindre polémique. Frédéric Mion a réussi son (mauvais) coup. Le patron de Sciences Po a supprimé les épreuves écrites de son concours d’entrée et tout le monde s’en moque. Il a expliqué que désormais tous les étudiants de l’école seraient recrutés sur dossier, et tout le monde — ou presque — a gobé son discours lénifiant, mélange de rêve américain (les universités anglo-saxonnes agissent ainsi) et de lutte des classes (il faut lutter contre l’entre-soi). Au moins, lorsque le prédécesseur de Mion, le « disruptif » Richard Descoings, avait imposé la discrimination positive à l’entrée de l’école, il y a quinze ans, la polémique avait été énorme. On s’était étripé au nom de la République, de la méritocratie, de l’égalité des chances.

Cette fois, rien. Ou presque rien. Pourtant, Mion finit le (sale) boulot de Descoings. Le prestige séculaire de l’ancienne École libre des Sciences politiques reposait sur un concours d’entrée fort sélectif, et en particulier une épreuve écrite d’histoire exigeante. La renommée de toutes les grandes écoles françaises, de l’X à l’ENA, était fondée sur le même patron. Qui lui-même reposait sur un enseignement secondaire de haut niveau. C’était la vraie différence avec le modèle anglo-saxon.

Tous les thuriféraires du modèle anglo-saxon font semblant de ne pas voir que l’extraordinaire renommée des universités américaines tient avant tout à leurs moyens financiers énormes qui leur permettent de payer les meilleurs profs du monde et d’attirer les meilleurs étudiants du monde entier.

Depuis trente ans, les élites françaises ont détruit méthodiquement tout ce qui faisait le génie national.
Le secondaire est d’une rare médiocrité ; le bac est donné à tout le monde et les mentions TB fleurissent à tous les coins de rue ; et Sciences Po supprime son concours écrit, le seul qui assurait, avec l’anonymat, la garantie d’une sélection honnête.

Désormais seront privilégiées non la culture et le travail, et l’intelligence du candidat, mais les valeurs que l’école veut promouvoir : altruisme, générosité, énergie. Bref, Mion veut des étudiants à sa main, soumis à son idéologie bien-pensante. Il veut pouvoir prendre tous les élèves de banlieue qu’il souhaite puisque ceux-ci s’obstinent à ne pas avoir le niveau scolaire de l’épreuve écrite. Entre le mérite personnel et l’endoctrinement idéologique, la direction de Sciences Po a choisi. Tout cela au nom de la République qu’on renie et de la méritocratie qu’on méprise.

Le nihilisme de nos classes dirigeantes est sans limites. Et il se pare de surcroît des atours de la vertu.

jeudi 11 juillet 2019

Allemagne — Petite victoire des parents Wunderlich en attendant que les tribunaux statuent

Un tribunal allemand a statué qu’un couple chrétien qui instruisait leurs enfants à la maison pouvait conserver la garde de leurs enfants dans l’attente d’un appel de la loi du pays sur la fréquentation scolaire obligatoire.

Les enfants Wunderlich

Depuis près de 15 ans, Dirk et Petra Wunderlich se voient obligés de se défendre en justice parce qu’ils ont choisi d’instruire leurs quatre enfants à la maison, en violation d’une ancienne loi allemande qui l’interdit.

Le 2 juillet, un tribunal national a décidé que les Wunderlich pourraient avoir la garde de leurs deux plus jeunes enfants, encore mineurs, en attendant d’être renvoyés devant la plus haute instance de la Cour européenne des droits de l’homme.

« Le droit des parents de diriger l’éducation de leurs enfants est un droit fondamental, protégé par le droit international », a déclaré Robert Clarke, directeur des affaires juridiques pour ADF International.

Clarke est l’avocat principal des Wunderlich devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Il s’est dit « ravi de voir que le tribunal allemand a respecté ce droit et a reconnu que les enfants de Wunderlich vont bien ».

En tant que fervents chrétiens, les Wunderlich voulaient instruire à la maison pour éviter d’exposer leurs enfants à des influences indésirables à l’école allemande.

Lorsque le plus âgé des enfants Wunderlich a atteint l’âge scolaire en 2005, ils ont refusé de s’inscrire à une école. Ils ont été condamnés à plusieurs amendes réglementaires et procédures pénales pour non-respect de la fréquentation scolaire obligatoire.

La famille a vécu à l’étranger entre 2008 et 2011 et, après leur retour à la résidence permanente en Allemagne, a de nouveau refusé d’enregistrer les enfants.

En août 2013, un groupe d’au moins 20 policiers et travailleurs sociaux a fait irruption au domicile de Wunderlich et emmené leurs quatre enfants. ADF International, le groupe juridique représentant les parents, a déclaré que cette action avait traumatisé la famille.

Les enfants ont été placés dans un foyer pour enfants pendant trois semaines. Bien qu’ils aient finalement été rendus à leurs parents, leur statut juridique n’était pas clair. L’État allemand a réussi à forcer la fréquentation des enfants dans une école de 2013 à 2014.

En janvier 2019, la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg, s’est prononcée contre la famille, affirmant que la fréquentation scolaire obligatoire afin d’« empêcher l’isolement social » et de garantir leur intégration dans la société était une justification pertinente pour s’opposer à l’autorité parentale. Quelle est l’étape suivante de cette intégration forcée aux valeurs progressistes inculquées par l’État ? L’État pourra-t-il s’opposer à ce que des parents quittent le pays avec leurs enfants pour éviter des influences jugées néfastes ?

Pour la CEDH, les autorités allemandes auraient eu raison de présumer que les parents avaient « mis leurs enfants en danger en ne les envoyant pas à l’école ». Les parents « ont persisté dans leur résistance et ont empêché les autorités allemandes d’examiner en détail la situation des enfants » de poursuivre le tribunal. Il ne s’agissait pourtant pas d’empêcher d’examiner, mais d’empêcher d’en profiter pour que l’État s’empare des enfants, ce qu'il fit d'ailleurs par la suite.

Le tribunal a reconnu que les parents avaient ensuite soumis des évaluations d’apprentissage indiquant que les enfants avaient « des connaissances suffisantes, des aptitudes sociales et une relation amoureuse avec leurs parents », mais cette information n’était pas disponible pour les fonctionnaires lorsqu’ils ont décidé de retirer la garde parentale de manière temporaire et partielle.

La famille a formé un recours devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme et attend une réponse.

Les enfants de Wunderlich ont exprimé le désir d’être scolarisés à la maison. Dans une lettre au tribunal, l’un d’eux a écrit : « Je veux juste vivre et apprendre en paix avec ma famille sans craindre d’être déchiré, comme en 2009 et en 2013. Je suis allé dans une école publique pendant un an et n’ai certainement pas apprécié la chose. »

L’école à domicile est illégale en Allemagne depuis 1918, bien que ces dernières années, cette politique ait suscité des interrogations et des préoccupations chez des groupes de défense des droits de l’homme qui affirment qu’il s’agit d’une violation du droit à la vie familiale.

En 2014, la Cour constitutionnelle allemande avait statué que les restrictions imposées à l’enseignement à domicile étaient justifiées au motif que le gouvernement avait un intérêt impératif à empêcher la formation de sociétés religieuses ou idéologiques parallèles. On se demande de quelles sociétés religieuses il pourrait bien s’agir, de paisibles et pieux chrétiens ? Notons aussi le paradoxe : l’État progressiste vante sans cesse la diversité comme richesse, mais s’évertue de combattre la diversité morale et religieuse, plus particulièrement si elle s’incarne dans le christianisme traditionaliste.  Le tribunal a également fait valoir qu’obliger les enfants à aller à l’école leur confère l’avantage d’interagir avec d’autres enfants qui pourraient penser « différemment » (ou serait-ce plutôt qui pensent déjà comme il faut).

En 2006, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré qu’il n’y avait pas de droit à l’école à domicile.

Lire au sujet de cette cour ce qu’en pense Éric Zemmour : « l’alliance tacite entre Taubira et les juges [pour le mariage homosexuel] a parfaitement fonctionné par-dessus la tête des parlementaires français et du peuple », déplore Éric Zemmour, qui poursuit : « Cela fait beaucoup de cocus », et à la suite d’arrêts liés à l’immigration « ça veut dire sortir de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Et, plus généralement, sur le gouvernement des juges.

Voir aussi

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne — « Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Victoire partielle et tardive pour une famille allemande qui instruit ses enfants à la maison

Allemagne — Deux parents défendent l’école à la maison devant la Cour européenne des droits de l’homme

École allemande : famille allemande émigre et s'installe en Russie conservatrice

Éducation sexuelle : le programme cause malaises chez les enseignants et les élèves

Un nouveau cours d’éducation à la sexualité est désormais imposé à tous les élèves québécois depuis septembre dernier, mais les sujets inscrits au programme causent parfois des malaises chez les enseignants et les élèves. Pour les accompagner, l’école secondaire Jeanne-Mance, à Montréal, a fait appel à un organisme communautaire militant Plein Milieu dont la mission explicitée sur son site internet est l’« amélioration des conditions et de la qualité de vie des jeunes, des personnes qui utilisent des drogues et des personnes en situation d’itinérance. »


Mikaela Lemieux (à gauche) et Ana Miudo, travailleuses de milieu à l’école secondaire Jeanne-Mance pour l’organisme Plein Milieu.

L’atelier sur la contraception allait « bon » train selon La Presse. Il avait été question de la pilule et du timbre contraceptifs. Un stérilet avait circulé en classe et des élèves l’avaient soit prestement passé à la personne suivante, soit examiné avec intérêt.

« Maintenant, notre partie préférée : le condom », a annoncé Mikaela Lemieux en sortant deux pénis en bois d’une boîte. Malgré cela, l’attention des jeunes s’est lentement déplacée au fond de la classe, où un élève se tenait la tête entre les mains. Il a faiblement annoncé qu’il ne se sentait pas bien, avant de quitter le local escorté de son enseignant, s’arrêtant même en chemin pour s’appuyer sur un pupitre. C’était évident, quelque chose n’allait pas.

« Personne d’autre a mal à la tête ? », a demandé l’une des intervenantes avec un sourire narquois quand l’élève a eu quitté la classe. L’atelier s’est poursuivi.

Dans un corridor, la coordonnatrice de Plein Milieu a croisé le jeune homme qui se rendait chez l’infirmière. Elle a su ce qui se passait.

« Je lui ai dit que je voulais qu’il me dise la vérité parce qu’on s’inquiétait pour sa santé, et qu’après on pourrait parler, dit Joëlle Dalpé. Il m’a dit qu’on ne l’avait pas éduqué comme ça. »

Élevé dans une culture où on n’a pas de relations sexuelles hors mariage, il avait eu l’impulsion de quitter la classe, « quitte à jouer la comédie » selon La Presse.

« Je lui ai demandé s’il croyait que c’était pertinent de connaître ces choses, il m’a dit oui. Je lui ai demandé s’il avait senti qu’on le forçait à avoir des relations sexuelles ou à utiliser le condom, il a dit non. Il faut juste relativiser », poursuit Joëlle Dalpé, qui travaille depuis 10 ans entre les murs de l’école secondaire et a l’habitude de composer avec les sensibilités culturelles. Tout est donc bien qui finit bien pour la journaliste. On ne saura pas ce que pense l’élève si ce n’est pas le filtre de Joëlle Dalpé qui, bien sûr, prêche pour sa paroisse.

Les parents qui envoient leurs enfants à cette école savent-ils ce que ces militantes mettent dans la tête de leurs enfants ?

Neuf mois après l’implantation du programme d’éducation à la sexualité, entre la première année du primaire et la cinquième secondaire, la Fédération des syndicats de l’enseignement a récemment fait le constat que « ça ne passe pas » auprès de plusieurs enseignants. Dans trois écoles secondaires de Montréal, les intervenantes de Plein Milieu viennent « en soutien » au personnel. Ça se fait sans frais pour la commission scolaire, puisque l’organisme est financé par Centraide et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Notons que les intervenants ne sont pas enseignants et que les parents ne les ont sans doute jamais rencontrés. Il est vrai qu’ils ne pourraient pas s’opposer à leur « soutien » dans l’imposition de ce programme.

Faible intérêt de la part des enseignants

En septembre, les enseignants de l’école Jeanne-Mance ont été sondés pour savoir s’ils avaient un intérêt à intégrer l’éducation à la sexualité dans un de leurs cours.

« J’aurais cru qu’en 2019, la plupart des profs auraient dit que c’est une matière comme une autre », dit le conseiller pédagogique Tarik Elbabarti. Le tiers des enseignants s’est montré enthousiaste, dit-il, mais la même proportion a exprimé une réticence, tandis que l’autre tiers n’a tout simplement pas voulu s’impliquer.

Pourtant, le contenu enseigné est indispensable, prétend Tarik Elbabarti. Tout le contenu ?

« Je comprends que ça peut être plus sensible au niveau culturel ou religieux pour certains. Mais les élèves ont besoin de cette éducation à la sexualité ! C’est un programme qui a été relancé parce que ça manquait à l’éducation des élèves. » — Tarik Elbabarti, conseiller pédagogique à l’école secondaire Jeanne-Mance. Même la partie sur la théorie du genre ou la lutte contre les stéréotypes sexuels ? Voir Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale...


« Les jeunes ne sont pas préparés à vivre une vie sexuelle saine », poursuit M. Elbabarti. Il faudrait toutefois d’abord définir ce qu’est une vie sexuelle saine.

Dans la classe où Mikaela Lemieux et Ana Miudo donnent leur atelier, un mot fait justement tiquer un élève, qui lève la main.

« C’est quoi, un cunnilingus ? », demande-t-il. Ana Miudo l’explique sans détour. « Ah, un tibèf [petit bœuf, veau] ! », rétorque l’élève, suscitant une franche rigolade dans la classe selon la Presse. Dans ce milieu multiculturel, c’est l’expression en créole « qui s’est imposée »... À qui ?

Dissiper les malaises chez les enseignants en parlant « franchement » aux élèves

La directrice générale de l’organisme Plein Milieu est récemment allée présenter ce que fait son organisme au conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal pour proposer d’étendre les tentacules de l’organisme dans les écoles.

« On l’a entendu, il y a des professeurs qui ne sont pas à l’aise avec le cursus. Nous, on est prêts à épauler, soutenir et former les professeurs ; proposer notre expertise [sic] et notre expérience », dit Lyne St-Amour. Elle souhaite que le ministère de l’Éducation accorde du financement pour appuyer les enseignants dans l’implantation du programme.

Sur le terrain, les intervenantes de Plein Milieu distinguent sans peine où sont les difficultés des enseignants.

« Pour parler du côté abstrait comme les relations amoureuses, [les enseignants] sont plus à l’aise. Mais quand on parle de relations sexuelles, de pornographie, de méthodes contraceptives, c’est plus sensible parce que c’est forcément plus cru. Il y a aussi le rapport prof-élève qui les rend mal à l’aise. » — Joëlle Dalpé, coordonnatrice de l’organisme Plein Milieu

Il n’y a pas que les enseignants du secondaire qui ont besoin de soutien pour répondre aux questions des élèves dans le sens « progressiste » désiré. Dans son bureau, Joëlle Dalpé égraine la liste que lui a envoyée une enseignante de sixième année qui doit aborder le sujet de la puberté avec ses élèves et qui a requis l’aide de Plein Milieu.

Éducation à la sexualité obligatoire

À la rentrée 2018, l’éducation à la sexualité est redevenue obligatoire dans toutes les écoles du Québec (patrie de libertés...), une décision du gouvernement Couillard en utilisant le prétexte du mouvement #moiaussi [#balancetonporc en Europe]. L’ADQ que l’ont dit un parti plus conservateur et plus pragmatique que le PLQ a maintenu ce programme tout comme le programme ECR que l’ADQ avait pourtant promis d’abolir au primaire... Ce sont les enseignants qui, dans le cadre de leurs cours habituels, doivent former les élèves à raison d’environ 5 heures par année au primaire et jusqu’à 15 heures au secondaire.

Pressions médiatiques et politiques contre les cinémas Guzzo qui vont projeter Unplanned

La pression s’accroît dans les médias contre les cinémas Guzzo parce qu’ils vont projeter Unplanned. Un film qui déplaît aux partisans de l’avortement. Il doit prendre l’affiche ce vendredi, uniquement dans sa version anglaise, dans la région montréalaise (Saint-Léonard, Dollard-des-Ormeaux, Saint-Laurent, Greenfield Park et Montréal même).

Un succès au guichet américain

Capture d’écran du film
Ce film, produit par un studio chrétien, illustre le revirement d’une ancienne cadre de la planification familiale devenue militante antiavortement. Il a connu un succès-surprise aux États-Unis. Sorti le 29 mars, « Unplanned » avait déjà réalisé 8,6 millions de dollars de recettes aux États-Unis en deux semaines, selon le site spécialisé Mojo. Il s’est maintenu en quatrième position du box-office pendant cette période. Il a récolté à cette date 18 millions de $ américains de recette.

« Unplanned » n’a bénéficié que d’une promotion réduite, car la plupart des chaînes câblées sollicitées ont refusé de lui vendre de l’espace publicitaire.

De nombreux opposants à l’avortement ont vu dans ce refus une manœuvre, soulignant également que ce film indépendant avait été interdit aux moins de 17 ans par l’association des studios américains (MPAA). Une jeune femme peut donc avorter légalement avant de pouvoir voir ce film sur l’avortement, ce qui est assez paradoxal. Ces critiques ont été renforcées par la brève suspension du compte Twitter du film, que le réseau social a attribuée à un mystérieux problème technique. « Le film que les partisans de l’avortement ne veulent pas que vous voyiez », a écrit l’éditorialiste Marc Thiessen dans le Washington Post.

Un film partisan, sans vedette, mais efficace

« Unplanned » est inspiré du livre homonyme, écrit par Abby Johnson, ancienne directrice d’une clinique de Planned Parenthood, principale organisation américaine pratiquant des avortements, à Bryan (Texas). Elle raconte avoir vécu un « éveil spirituel » après avoir assisté à un avortement. Après avoir démissionné en 2009, elle a accusé la planification familiale d’être guidé par des intérêts financiers et d’avoir produit des milliers de fausses factures, ce que l’organisation a toujours contesté. Une enquête du magazine Texas Monthly aurait mis au jour une série d’incohérences dans le récit d’Abby Johnson au sujet de l’avortement qui aurait changé sa perception. Interrogé par l’AFP, le coréalisateur Cary Solomon affirme avoir mené ses propres recherches sur le livre et avoir acquis la certitude que tout était vrai. Il accuse de « partialité » ceux mettant en doute le témoignage d’Abby Johnson. « Nous n’avons pas fait de ce film un instrument de propagande », a assuré le metteur en scène. « Nous voulions raconter une histoire vraie et laisser les gens interpréter la vérité. »

Selon Catholic News, « le scénario évite de diaboliser tous ceux qui sont associés à la planification familiale. Il ne présente pas non plus tous les activistes pro-vie sous un jour positif. On peut toutefois se demander si ce sens de l’équilibre permettra à “Unplanned” de convaincre les partisans de l’avortement légal. »

« Unplanned n’est pas un bon film, mais c’est de la propagande efficace », écrit pour sa part Owen Gleiberman, dans sa critique pour le magazine (en rien conservateur) Variety.


Bande-annonce du film (en anglais uniquement)

Menaces de mort

Cette efficacité potentielle explique sans doute les critiques acerbes et les menaces de mort reçues par plusieurs propriétaires de salles de cinéma au Canada alors qu’on vient d’annoncer qu’il y serait projeté. D’après LifeSiteNews : « La police enquête sur les menaces de mort transmises à deux propriétaires de cinémas indépendants canadiens parce qu’ils projetaient de passer dans leurs salles le film pro-vie Unplanned le 12 juillet, a appris LifeSiteNews. Des mesures de sécurité : Par mesure de sécurité, les producteurs du film ont retiré de leur site Web [ce qui fait précisément le jeu des opposants à ce film] la liste complète des 46 cinémas canadiens — indépendants, Cineplex et Landmark — où sera montré le film le 12 juillet, a affirmé M. Konzelman [l’un des producteurs du film] à LifeSiteNews. »

Première canadienne annulée à la suite de menaces

La première canadienne d’Unplanned qui devait avoir lieu dans la région de Kelowna (Colombie-Britannique) a été annulée. Chris Papworth, membre du conseil des cinémas Salmar en Colombie-Britannique, a confirmé que la difficile décision d’annuler le film avait été prise par souci de la sécurité personnelle de la direction des cinémas Salmar, laquelle avait été menacée sur les médias sociaux.

Liberté créatrice et de distribution

Vincent Guzzo n’a pas l’intention de se plier à leurs demandes. « On n’a pas mis d’avertissement pour Avatar ou n’importe quel autre film de fiction. Alors pourquoi on le ferait avec Unplanned ? Ce serait du mépris envers nos clients qui sont assez intelligents pour comprendre qu’ils regardent une fiction. Ç’a beau s’inspirer d’une histoire vraie, c’est évident que ç’a été romancé et exagéré pour en faire un film », explique-t-il. Quant aux films partisans, Vincent Guzzo a rappelé : « J’ai joué les documentaires de Michael Moore. Personne de la droite n’est venu me critiquer ».

Radio-Canada partisan sous un vernis journalistique

Venons-en à l’article de Radio-Canada sur ce film (rappelons que Radio-Canada se doit de représenter tous les contribuables qui lui versent plus d’un milliard de subventions par an...)


Voici le premier paragraphe de cet article :

Avant même sa sortie en salles au Canada, le film Unplanned soulève la controverse. Au centre de cette polémique, le propriétaire de salles Vincent Guzzo, qui sera le seul au Québec à présenter ce long métrage.

« Ah, si seulement M. Vincent Guzzo ne voulait pas créer la polémique ! », doit-on comprendre. Sans lui la paix serait maintenue, quel fauteur de troubles. Au-dessus de la photo savamment choisie de M. Guzzo (il ne sourit pas, ce n’est pas un militant LGBTQ), M. Guzzo se « défend ». Le propriétaire de cinémas « avoue » dans la légende sous la photo. Le champ lexical est celui de l’accusé solitaire. Peut-être qu’en faisant gonfler la « polémique », il craquera comme il se doit.

Radio-Canada ajoute également deux mots-balises qui doivent guider le lecteur non averti : « polémique » et « controverse ». Ils servent à cataloguer d’emblée la personne qui les suscite, il est sulfureux. Rappelons cette définition du dictionnaire de novlangue :

POLÉMIQUE — Mot sidérant [c’est-à-dire qui vise à disqualifier les adversaires idéologiques] exclusivement employé lorsqu’une personne influente fait une déclaration ou prend une initiative susceptible d’aller à l’encontre de l’idéologie dominante. On dit alors qu’il « suscite la polémique » ou « une levée de boucliers » ; lorsque cette personne appartient à la droite de conviction, on dit « tollé » ; de même « controverse », « réactions ».

On notera que l’article de Radio-Canada ne parle pas des menaces de mort envoyées aux propriétaires de salles par les opposants à la diffusion de ce film, partisans de la réintroduction de l’index, mais « progressiste », hein ! Non, selon Radio-Canada, M. Guzzo ne reçoit que des « plaintes », même pas des « insultes ». Or le ton des partisans à la censure effective de ce film en créant la controverse, en faisant craindre des débordements, est loin d’être serein dans les médias sociaux ou non. 



Notons que l’article de Radio-Canada omet également de parler de la pétition de soutien à M. Guzzo signée à ce jour par plus de 1100 personnes. Voir Pétition : Monsieur Guzzo, nous voulons Unplanned ! La société d’État est moins timide et mentionne plus facilement les pétitions qui sont moins « controversées ».


L’alliance du Journal de Québec/de Montréal/TVA n’a pas démérité qualifiant les explications de M. Guzzo de pétage de plomb... illustrant le tout derrière un rideau de flamme (de l’enfer faut-il croire).


La « journaliste » commence très fort dans l’objectivité journalistique, elle affirme d’emblée que cette projection est un « scandale », rien de moins, elle semble également croire que « les gens » sont tous contre cette projection. Alors qu’on peut être proavortement, mais considérer que la censure, les menaces ou ces pressions de déprogrammation sont inacceptables, pour ne rien dire des personnes qui considèrent l’avortement comme le meurtre d’un être humain innocent.

Écoutez l’entrevue et jugez par vous-même.

Les commentaires sur les médias sociaux sont très mitigés quant à la prestation de cette journaliste militante assez méprisante :


Des appuis de taille pour la censure : la chef de cabinet de Trudeau et la ministre Joly

Les libéraux fédéraux ont donné un coup de pouce aux censeurs. La chef de cabinet de Justin Trudeau, Katie Telford, a mené la charge sur Twitter en accusant les conservateurs de tenir mordicus à la projection du film pro-vie. « Cela se produit, du moins en partie, grâce au soutien des politiciens conservateurs fédéraux », a-t-elle affirmé sur le réseau social en partageant un article qui faisait mention de la projection du film dans 24 cinémas. Cineplex, qui diffuse le film hors Québec, a précisé sur Twitter : « Nous pensons qu’il appartient au public de décider s’il souhaite voir un film en particulier et nos invités peuvent exprimer leurs opinions en choisissant d’acheter un billet ou non ».

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie Mélanie Joly a également critiqué le choix offert aux spectateurs, Pour la « controversée » ministre, critiquée pour sa gestion des privilèges accordés à Netflix, présenter le film est une décision politique pour faire reculer le droit des femmes.

« Ce que je vous dis, c’est que fondamentalement la diffusion de ce film-là a des répercussions parce que c’est une campagne de propagande, importée des États-Unis, qui vise à influencer les femmes sur des bases morales pour les empêcher de prendre des décisions éclairées », a-t-elle affirmé. Est-ce à dire que la morale n’intervient pas dans les décisions « éclairées » ? Avorter, mettre fin à la vie d’un être humain distinct, ne devrait-il pas impliquer un élément de morale ?

« C’est baveux et ça démontre le mépris qu’elle a pour moi et pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde qu’elle ne veut pas qu’on voie le film. Son commentaire est à son image, quelqu’un qui n’est pas pris au sérieux, parce qu’elle n’est pas sérieuse », répond M. Guzzo, qui est un bailleur de fonds pour le Parti conservateur.

Les proavortements semblent décidément être anti-choix quand vient le temps de décider quels films les gens peuvent voir. 

Des esprits chagrins pourraient penser que le camp proavortement défend le « choix » quand cela lui convient (se débarrasser d’un enfant à naître gênant) mais défend la censure quand il s’agit de conserver sa mainmise sur le débat public. Ils semblent ici être les « conservateurs » et les anti-choix.


Voir aussi

Pétition : Monsieur Guzzo, nous voulons Unplanned ! Petition: Mr. Guzzo, we want Unplanned!

Les omissions de l’éducation sexuelle à l’école québécoise

Avortement, démographie et immigration entraînent la recomposition ethnoculturelle de l’Occident

Éthique — passage en revue rapide d’arguments classiques pro-avortement

France — les débats en classe sur l’avortement excluent-ils la présentation des arguments des pro-vie ?

Militant pro-avortement brutalise une militante pro-vie, silence radio (m à j)

Éric Zemmour sur l’avortement

États-Unis : les jeunes femmes adultes sceptiques envers le féminisme militant et l’avortement

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Avortement — « le débat est clos » selon les médias et l’intelligentsia autoproclamée

Débat sur l’avortement : l’ainée est pro-avortement et défend l’ordre établi, la cadette pro-vie veut dialoguer

mercredi 10 juillet 2019

Bibliothèque nationale escamote Jésus Christ qui explique la vision de l'univers du Moyen Âge

    Comme nous l’avons déjà écrit ici le Moyen Âge occidental n’a jamais cru que la Terre était plate comme on aime à le raconter. Pour la bonne raison que les gens instruits en Occident voyaient la Terre comme une sphère depuis l’Antiquité grecque...

      Le Louvre Abou Dhabi a présenté une exposition au printemps 2018 pour retracer 2500 ans d’une histoire des sciences et des représentations. Il s’agit de l’exposition « Le Monde en sphères », conçue par la Bibliothèque nationale de France (BnF). Près de 200 œuvres impressionnantes, objets d’art et de savoir, issues des collections de la BnF et de prêts exceptionnels incarnent cette vision sphérique du monde : globes terrestres et célestes, sphères armillaires, astrolabes et manuscrits..

      L’exposition fait la lumière sur l’« invention » du modèle sphérique dans l’Antiquité gréco-latine. Au VIe siècle avant notre ère émerge une conception de l’univers fondée sur l’observation des mouvements cycliques du ciel, complétée par une intuition mathématique sur les propriétés de la sphère qui en font, aux yeux des savants et des philosophes, la forme la plus juste du cosmos. S’impose alors le modèle d’un monde clos composé de sphères concentriques portant astres et étoiles autour d’une Terre sphérique et immobile. Ce modèle est perfectionné par Ptolémée et matérialisé par les premiers globes. La plus ancienne sphère céleste connue, présentée dans l’exposition, date du IIe siècle avant J-C. La présence de la sphère dans les arts antiques illustre par ailleurs sa forte portée symbolique. En témoignent les figures récurrentes des Empereurs tenant un globe — le monde — en leurs mains ou d’Uranie, muse de l’astronomie pointant sa baguette sur un globe suggérant l’influence des astres sur la destinée humaine.



      Pour Montaigne, le système de Copernic était une folie

      Dans le système de Ptolémée — du nom de l’astronome grec qui, au IIe siècle de notre ère, synthétisa les connaissances de l’Antiquité en la matière —, la Terre est tout ce qu’il y a de plus ronde, et occupe le centre du cosmos. Au-dessus d’elle s’étagent les sphères de la lune, du soleil, des différentes planètes et des étoiles.

      À partir du XIXe siècle, un discours s’est répandu selon lequel les oppositions que suscita le système héliocentrique, proposé au XVIe siècle par Copernic, étaient un effet de la vanité des hommes, horriblement vexés à l’idée de ne plus se trouver au centre du monde. Méprise totale : dans l’ancienne distribution cosmique, le centre n’était pas le lieu le plus glorieux, mais le plus vil. Le philosophe Rémi Brague le rappelle fort bien dans « Le géocentrisme comme humiliation de l’homme » (dans Herméneutique et ontologie : Mélanges en hommage à Pierre Aubenque, Presses universitaires de France, 1990). Dès lors, le système de Copernic, loin d’être reçu comme une humiliation pour l’homme, apparut au contraire, à beaucoup, comme le produit d’un orgueil insensé : voilà que l’homme se plaçait au-dessus du soleil, se projetait dans les cieux ! Montaigne, qui ne passe pas pour un esprit obtus et arriéré, considérait le système de Copernic comme une folie :
      La présomption est notre maladie naturelle et originelle. La plus calamiteuse et frêle de toutes les créatures, c’est l’homme, et quant et quant [c.-à-d. en même temps] la plus orgueilleuse. Elle se sent et se voit logée ici, parmi la bourbe et la fiente du monde, attachée et clouée à la pire, plus morte et croupie partie de l’univers, au dernier étage du logis et le plus éloigné de la voûte céleste, avec les animaux de la pire condition des trois [c.-à-d. terrestre, aquatique et aérienne] ; et se va plantant par imagination au-dessus du cercle de la lune et ramenant le ciel sous ses pieds. [Essais, livre II, chapitre XII, « Apologie de Raimond Sebond »]

      Au demeurant, si être au centre du cosmos avait été, pour la Terre et les hommes qui la peuplaient, une gloire, cette gloire aurait dû encore augmenter au fur et à mesure qu’on s’approchait du centre de la terre elle-même. Or, sous la terre ne se trouvait pas le paradis, mais l’enfer. À l’extrême centre du monde : Satan. Une enluminure du XIIIe siècle, empruntée à un livre de Gossuin (ou Gautier) de Metz intitulé L’Image du monde, en offre une illustration spectaculaire. Au centre, la gueule du diable avale les damnés. Autour viennent les quatre éléments qui constituent le monde terrestre — la terre (beige), l’eau (vert), l’air (bleu), le feu (orange) —, les orbes célestes (lune, soleil, planètes, étoiles), le séjour des anges, le tout coiffé par la figure du Christ.

      Gossuin de Metz, L’Image du monde, copie du XIIIe siècle

      Cette image a exposé les responsables de Chroniques, le magazine de la Bibliothèque nationale, dont le numéro avril-juillet met l’exposition « Le monde en sphères » en vedette, à un dilemme. D’une part, cette belle image était trop belle pour ne pas être reproduite, mais d’une part, un monde surmonté par la figure du Christ… quelle horreur ! Une solution fut trouvée : accorder à l’image une pleine page, en quatrième de couverture, mais la décaler vers le haut, tronquer le haut et ainsi escamoter l’élément gênant pour ton bon laïc. Exclusion du Christ, qui pourtant donnait tout son sens à l’image et fournissait une clé de lecture : la Terre n’est pas l’élément le plus enviable, c’est le Ciel, le septième ciel...

      Couverture de la revue de la BnF

       Le quatrième de couverture avec le dessin tronqué...


      La revue de la Bnf n’a nullement signalé, dans la légende, que l’enluminure présentée a été tronquée, ni bien sûr pourquoi alors que la page semble déséquilibrée.  Cette technique est pitoyable de la part d’une institution comme la Bibliothèque nationale dont la mission est de conserver — intact il va sans dire — les documents de sa collection.


      Insistance sur la transmission du savoir par les Arabes, occultation de Constantinople

      Notons également que la Bnf insiste beaucoup sur le rôle de conservation du savoir par la civilisation arabo-musulmane (ses savants n’étaient ni tous Arabes ni tous musulmans). En effet, la science grecque avait pénétré en terre d’islam par les chrétiens syriaques et nestoriens mais l’esprit grec resta toujours étranger à l’islam qui s’intéressait par exemple à l’astronomie grecque pour des raisons de calendrier religieux et d’orientation de la prière, mais très peu à la philosophie grecque et pas du tout à la littérature grecque.

      Le dossier de presse de l’exposition affirme ainsi :
      Suite à l’effondrement de l’Empire romain, la science antique fut en partie perdue en Europe occidentale du Ve au Xe siècle. Grâce aux traductions arabo-latines, l’Occident redécouvre de nombreux textes antiques (Aristote, Euclide, Ptolémée) et accède aux penseurs du monde islamique à partir du XIe siècle. Cet apport intellectuel amorce une véritable renaissance scientifique.

      L’ennui c’est que l’Occident s’alimenta également à une autre source nettement plus évidente jusqu’à 1453 : Constantinople où les textes étaient disponibles en grec et non dans des traductions en arabe, suspectes d’être erronées... On ne le saura pas en lisant le dossier de presse de l’exposition. Plus de détails sur ce sujet ici : La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l’Europe romane.

      Rappelons que pour ce qui de la rotondité de la Terre, les savants occidentaux le savaient avant l’arrivée des bédouins arabes en Méditerranée et bien avant les traductions de l’arabe du XIe siècle.

      C’est ainsi que :
      • Au Ve siècle, Martianus Capella décrit, au livre VIII des Noces de Philologie et de Mercure, un modèle astronomique géohéliocentrique dans lequel la Terre, immobile au centre de l’Univers, voit les étoiles, le Soleil et la plupart des planètes tourner autour d’elle, alors que Mercure et Vénus tournent autour du Soleil.
      • Boèce (480-525) dans Consolation de la philosophie parle de la masse arrondie de la Terre.
      • Dans ses Étymologies, Isidore de Séville (~530 — ~636) compare la Terre à une balle.
      • Bède le Vénérable (672-725) dispose d’un manuscrit de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien ; dans ses traités De natura rerum et De tempore ratione la Terre est ronde, pas simplement circulaire comme un écu ou une roue, mais semblable à une balle.
      • Charlemagne, dans plusieurs statues et gravures de son époque, est représenté tenant dans sa main un globe terrestre surmonté de la Croix.
      • Jean Scot Erigène (~ 800-876) étend, dans son Periphyseon le modèle géohéliocentrique de Martianus Capella en faisant également tourner Mars et Jupiter autour du Soleil.
      • Au chapitre XCIII de sa Géométrie, Gerbert d’Aurillac (~ 945-1003) décrit l’expérience d’Ératosthène et Hermann Contract (1013–1054) estime la circonférence de la Terre à partir de cette méthode…

      Traductions directes du grec en latin dès le XIIe siècle

      Pour ce qui est des traductions d’Aristote, l’Occident y eut toujours accès par le grec, de rares copies grecques existaient dans les monastères d’Occident, mais il est vrai qu’elles connaîtront un nouvel engouement au XIIe siècle. Siècle qui marque, globalement, le début de la Renaissance médiévale (voir Jacques Le Goff) pour des raisons d’abord démographiques et économiques, combinées à un optimum climatique médiéval. Renaissance qui s’accompagnera également de réformes religieuses en Occident (la réforme grégorienne).

      Selon l’historien Jacques Heers, « l’enseignement [de la pensée grecque en Occident], celui de la Logique notamment, n’a jamais cessé dans les écoles cathédrales puis dans les toutes premières universités. [...] L’on se servait alors de traductions latines des textes grecs d’origine que les clercs et les érudits de Constantinople avaient pieusement gardés et largement diffusés. [...] “Les traductions du grec en langue arabe et de l’arabe en latin, que l’on attribue généralement à Avicenne et à Averroès, sont apparues relativement tard, alors que tous les enseignements étaient déjà en place en Occident et que cela faisait plus d’un siècle que la Logique, directement inspirée d’Aristote, était reconnue comme l’un des sept ‘arts libéraux’ du cursus universitaire.”



      Des traductions médiévales de grande ampleur rédigées directement du grec en latin sont connues dès le XIIe siècle. Elles remplaceront rapidement celles issues de l’arabe parfois nées de triples traductions (du grec en syriaque, puis du syriaque en arabe et enfin de l’arabe en latin).

      Parmi ces traducteurs, on trouve Henri Aristippe né à Catane, en Sicile, vers 1105–10. Lettré italien d’origine grecque, il fut l’un des acteurs de la Renaissance du XIIe siècle en Sicile sous domination normande (et non pas musulmane). Aristippe, ambassadeur à Constantinople (1158-1160), y reçut de l’empereur Manuel Ier Comnène une copie grecque de l’Almageste de Ptolémée qu’il traduisit en latin. Il est l’auteur vers 1160 de traductions en latin de textes grecs fondamentaux, qui jouent un rôle majeur dans la Renaissance du XIIe siècle. Parmi ses traductions, des dialogues de Platon (Ménon traduit en 1155 et Phédon en 1156), le livre IV des Météorologiques d’Aristote, l’Almageste de Ptolémée déjà cité, la Mécanique d’Horon de Syracuse, l’Optique d’Euclide.

      Jacques de Venise est connu et cité comme le principal traducteur d’Aristote du grec au latin au XIIe siècle, et dans de nombreuses copies du XIIIe siècle la traduction lui est attribuée sous la forme “translatio Jacobi”. On lui doit les premières traductions du grec au latin de la Physique, de la Métaphysique (on n’en a conservé que les livres I à IV, 4, 1007 a31) et du De Anima. On lui attribue également la traduction de parties des Parva naturalia (en particulier la translatio vetus du De morte et vita, le De memoria, le De juventute et le De respiratione), ainsi que de nouvelles versions de textes déjà traduits par Boèce : les Topiques et les Réfutations sophistiques (fragments), les Premiers et Seconds Analytiques (pour ces derniers sa traduction est utilisée pendant tout le Moyen Âge : on en a 275 manuscrits, contre seulement huit pour les trois autres traductions connues).

      Guillaume de Moerbeke, né vers 1215 et mort en 1286, fut un autre traducteur de textes grecs anciens ainsi qu’archevêque catholique latin de Corinthe (Grèce) quand le Péloponnèse était la Morée franque et dont le prince était Geoffroi Ier de Villehardouin. Il fut le traducteur médiéval le plus prolifique de textes philosophiques, médicaux et scientifiques, les traduisant du grec ancien en latin. Ses traductions eurent une influence considérable à son époque, alors que peu de traductions sérieuses étaient disponibles. Elles sont toujours tenues en haute estime par les érudits modernes. Il est surtout connu pour ses travaux sur l’œuvre d’Aristote, dont il révisa les traductions existantes ou qu’il traduisit de novo d’après les originaux grecs (il fut ainsi le premier traducteur en latin de La Politique, v. 1260). Guillaume traduisit également les traités mathématiques d’Héron d’Alexandrie et d’Archimède (avec les commentaires d’Eutocios), ainsi que le Commentaire au livre III du traité “De l’âme” d’Aristote de Jean Philopon. Ses versions des Éléments de théologie de Proclus (1268) sont d’une importance notable, car cet ouvrage est l’une des sources principales de la résurgence du mouvement philosophique néo-platonicien au XIIIe siècle.



      Voir aussi

      La conservation du savoir grec à Constantinople et sa diffusion dans l’Europe romane

      Au moins 75 % des classiques grecs connus aujourd’hui proviennent de copies byzantines

      Moyen Âge occidental n’a jamais cru que la Terre était plate comme on aime à le raconter

      La vérité sur l’affaire Galilée, l’hypothèse sans preuve