jeudi 12 janvier 2023

L'avenir de la planète n'est en rien catastrophique

Pour Tim Newark de l’Express, le sinistrisme ambiant n’est en rien justifié.

[…] Pour beaucoup, une légère récession est l’occasion d’investir. Le plus gros problème auquel nous sommes confrontés est celui des politiciens trop zélés qui interviennent pour mener une bataille tout en créant des problèmes pires pour nous tous.

Le nombre de morses augmente en Arctique (Svalbard), « on » n’en parle pas

Nous l’avons vu dans la réponse à Covid, car des blocages ruineux [et des masses d’argent créées] ont déclenché l’inflation et contribué à un excès de décès supérieur à la normale — un millier de plus par semaine depuis mai [En Angleterre]. De la même manière, la politique de la neutralité carbone introduite pour lutter contre le changement climatique entraîne déjà des coûts énergétiques exorbitants, tout en ignorant la richesse de l’énergie carbonée sous nos pieds.

Comme pour les confinements, ce remède peut être pire que le mal.

« Toute tentative de sauver la planète en appauvrissant les masses ne peut qu’échouer », déclare Kallum Pickering, économiste à la Berenberg Bank. « La dure réalité est que des années d’étranglement de nos propres industries énergétiques, en interdisant la fracturation hydraulique au Royaume-Uni ou la dépendance excessive de l’Allemagne à l’égard de la Russie, [nous ont] rendus inutilement vulnérables. [Rien n’obligeait l’Union européenne à se lancer dans des sanctions antirusses, si ce n’est son alignement (sa sujétion ?) avec les intérêts géostratégiques des États-Unis tels que conçus par le Pentagone.]

D’autant plus que quelques scientifiques courageux osent maintenant défier le consensus sur le changement climatique d’une catastrophe imminente.

Prétendant qu’il y a des failles dans les modèles de changement climatique, le professeur de sciences de l’atmosphère, le Dr John Christy, ne considère pas l’augmentation du CO2 comme un problème.

“Le dioxyde de carbone fait pousser les choses”, dit-il. “Le monde avait cinq fois plus de dioxyde de carbone qu’aujourd’hui. Les plantes adorent ce genre de choses. Cela crée plus de nourriture. Le CO2 n’est pas le problème.

Des scientifiques danois ont récemment découvert qu’il y a deux millions d’années, le Groenland était de 10 à 17 degrés plus chaud qu’aujourd’hui et abritait des écosystèmes luxuriants. Aujourd’hui, le paysage autrefois rude du Sahel au sud du Sahara — qui abrite des sécheresses et des famines meurtrières — verdit en partie grâce au réchauffement climatique.

Les images satellites révèlent plus de végétation et d’arbres dans des endroits autrefois inhospitaliers, avec des familles retournant cultiver des terres plus vertes et des récoltes en hausse de 70 % dans certaines régions.

C’est notre modernité même qui nous permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

‘Il ne fait absolument aucun doute que l’énergie carbonée [nous] offre une vie plus longue et meilleure’, déclare le Dr Christy.

L’analyste du changement climatique Bjorn Lomborg est d’accord, concluant que beaucoup moins de personnes meurent des catastrophes naturelles liées au climat à mesure que de plus en plus de pays se développent.

‘Malgré des rapports climatiques haletants’, dit-il, ‘environ 98 % de moins de personnes sont mortes en 2022 qu’il y a cent ans à la suite de catastrophes naturelles liées au climat comme les inondations, les sécheresses, les tempêtes, les incendies de forêt et les températures extrêmes’.

Lomborg ajoute : ‘Dans les années 1920, le nombre de décès dus aux catastrophes liées au climat était de 485 000 en moyenne chaque année. Au cours de la dernière décennie complète, 2010-2019, la moyenne était de 18 362 morts par an.

Chaque mort est une tragédie, mais la capacité de survie de la race humaine s’améliore clairement.

‘Pourquoi cela n’est-il pas systématiquement signalé ?’ il se demande. Se pourrait-il que les politiciens aiment une bonne crise pour pouvoir dépenser des milliards de livres des contribuables pour nous sauver ?

Et il n’y a pas de meilleur désastre que la fin du monde, n’est-ce pas ? […]

mercredi 11 janvier 2023

Le Canada souhaite envoyer en stage de rééducation son intellectuel le plus connu (livres publiés en 45 langues)

L’auteur des 12 règles pour une vie et des 12 nouvelles règles pour une vie, défenseur de la jeunesse masculine et pourfendeur des wokistes, est sommé par l’Ordre des psychologues de l’Ontario de se soumettre à une formation à l’étiquette des médias sociaux. S’il refuse, il pourrait perdre sa licence de psychologue clinicien professionnel.

Le psychologue et philosophe canadien Jordan Peterson, ancien professeur à l’Université de Toronto, est depuis dix ans l’un des intellectuels anglophones les plus influents dans le monde. Peterson est parti à la retraite en 2021 mais garde le titre de professeur émérite. Révélé par ses cours et ses conférences ayant cumulé des millions de vues sur YouTube, ses livres sont des best-sellers traduits dans 45 langues et les télévisions des deux côtés de l’Atlantique se disputent des entretiens avec lui.

Il doit sans aucun doute son succès à son discours percutant et néanmoins bienveillant à l’égard d’une jeunesse complètement déboussolée.

Assumant un certain conservatisme modéré, il invite les jeunes nord-américains à mieux assumer leurs responsabilités et à donner la priorité à la construction d’une vie d’adulte solide et pacifiée. De nombreux jeunes hommes et jeunes femmes affirment que la philosophie de Jordan Peterson leur a quasiment sauvé la vie, en les sortant du chaos dans lequel ils s’étaient laissés entraîner par un environnement nihiliste.

Ne tirez pas sur le prof moqueur

Bien sûr, son discours politiquement incorrect n’est pas du goût de tous les étudiants des campus américains, en particulier les plus radicalisés, qui voient dans sa défense des valeurs traditionnelles une propagande réactionnaire et sexiste. Certains de ses cours et conférences ont été véritablement pris d’assaut et bloqués par des jeunes militants d’extrême-gauche, que l’on surnomme aux États-Unis les SJW (Social Justice Warriors ; les guerriers de la justice sociale). Une réalisatrice d’Hollywood, Olivia Wilde, s’est même inspirée de Peterson pour créer le méchant de son film : un professeur masculiniste à l’influence néfaste…

Son éloquence exigeante, son empathie décomplexée et son calme à toute épreuve en ont rapidement fait l’un des adversaires les plus coriaces de l’Amérique ultra-progressiste devenue folle.

Très sévère depuis des années sur la destruction des valeurs fondamentales de l’Occident par le relativisme woke, le discours de Jordan Peterson s’est dernièrement durci contre la gestion de la pandémie par les autorités canadiennes et en particulier contre le chef de file charismatique de l’autoritarisme mièvre, le Premier ministre Justin Trudeau.

Pays autrefois connu pour sa tolérance et son esprit de liberté, le Canada est devenu durant la pandémie l’un des États les plus stricts et brutaux dans l’application des mesures sanitaires. Le confinement des lieux publics en Ontario aura duré 382 jours, soit l’un des plus longs au monde.

Jordan Peterson a très vite apporté son soutien au convoi des camionneurs canadiens se réunissant à Ottawa pour réclamer la fin des mesures liberticides. Il dénonce régulièrement et de manière virulente le mépris des élites mondialistes à l’égard des peuples qu’ils gouvernent.

Camp de rééducation pour prof réac

Il ne lui en fallait guère plus pour être dans la ligne de mire des petits soldats de la cancel culture. Son compte Twitter fut supprimé sous l’ancienne direction du réseau social pour un tweet critiquant l’irresponsabilité de l’actrice transgenre Ellen Page (devenue Elliot Page) faisant la promotion de son ablation des seins effectuée lors de son changement de sexe. Le compte fut récemment « rouvert » avec tant d’autres par l’équipe d’Elon Musk, fraîchement arrivée à la tête de Twitter.

Les attaques proviennent à présent de son propre sérail: l’Ordre des Psychologues de l’Ontario, une faculté qui prépare à la licence de psychologie, menace Jordan Peterson de lui retirer la sienne [la lettre envoyée par l'Ordre est ici] s’il refuse de suivre (tenez-vous bien) une formation à l’éthique sur les réseaux sociaux… Une sorte de camp de rééducation pour intellectuels nouvelle génération, qui aura au moins l’avantage canadien d’être dans une pièce bien chauffée…

Les dernières prises de position de l’intellectuel médiatique ne sont visiblement pas du goût de l’institution qui lui a délivré sa licence et qui n’hésitera pas à détruire la carrière de Peterson d’une simple signature si d’aventure il décline leur formation au formatage. Ce dernier a reçu une lettre disciplinaire l’invitant à « revoir, réfléchir et améliorer son professionnalisme dans ses déclarations publiques ».

Les sociétés savantes nord-américaines continuent ainsi leur lente descente aux enfers, en courbant l’échine devant leurs membres les plus fanatisés et en adoptant une politique inquisitrice à l’égard des professeurs et praticiens sortant du cadre quand elles devraient, au contraire, promouvoir le débat, la contradiction rationnelle et la perpétuelle remise en question des idées reçues. Peterson a affirmé sur Twitter son « refus de se conformer », ce qu’il a fait en déposant une demande de révision judiciaire auprès de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Si Jordan Peterson se voit retirer sa licence à cause de la virulence de ses opinions politiques, nous aurons autorisé l’Occident à censurer les intellectuels qui dérangent et à les rééduquer pour rentrer dans le rang. Pourra-t-on toujours parler d’Occident ?

Source : Causeur

Voir aussi
 

 Florilège Jordan Peterson (vidéos sous-titrées en français) 

Contre le ressentiment qui hante notre époque, le manuel d’antiwokisme de Jordan Peterson 

Employés de Penguin RH en pleurs parce que l’éditeur publiera le prochain livre de Jordan Peterson (12 Nouvelles Règles pour une vie)

Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre

Faut-il abolir les frontières ?

Régis Debray fait son deuil du progressisme et des illusions de la gauche

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Jordan Peterson : Arguments en faveur du mariage et impacts du divorce (2 vidéos)

Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et ses capsules « éducatives » féministes

Faiblesse des revenus masculins, une des causes de l’effondrement du mariage ?  

Jordan Peterson : l’État ne devrait plus enseigner l’éducation sexuelle

Parution en français de Douze règles pour une vie de Jordan Peterson (son précédent livre)

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Jordan Peterson et l’égalité des sexes : députée et ex-ministre suédoise à du mal à comprendre 

Université Wilfred Laurier (Ontario) — S’opposer aux pronoms transgenres (Jordan Peterson), c’est comme Hitler…

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Église catholique s’inquiète du projet de loi C-16 punissant la liberté d’expression sur le genre

Jordan Peterson : La théorie du genre n’a pas sa place en classe (M-à-j : poursuite judiciaire) 

Le Canada vu de loin : un pays avec un singulier manque d’adultes

 

 
 

mardi 10 janvier 2023

Novlangue — Chirurgie du torse, Vaginoplastie

Chirurgie du torse, chirurgie du haut — Mastectomie, enlèvement des seins pour les filles qui se disent garçons.

Vaginoplastie, chirurgie du bas — Castration pour les garçons qui se disent filles.

lundi 9 janvier 2023

Canada — Les « réfugiés » concurrencent durement les citoyens les plus défavorisés

Si les [candidats] réfugiés étaient tous éduqués et s’ils travaillaient dans des domaines où il manque de la main-d’œuvre, ils ne feraient que passer devant tout le monde pour immigrer au Canada. Cela serait surtout vexant pour les autres immigrants qui mettent des années à monter leur dossier d’immigration et à attendre les réponses des gouvernements.

Mais tel n’est pas le cas. Les réfugiés mènent une dure compétition aux Canadiens et aux Québécois les plus défavorisés, d’autant plus que beaucoup de ceux qui sont refusés s’évanouissent dans la nature.

Les réfugiés, acceptés ou refusés, se retrouvent en grand nombre dans des institutions pour itinérants. Ils accentuent la crise du logement, en particulier dans le segment des logements bon marché. Ils sont soignés par notre système de santé qui est débordé. Ils abaissent les bas salaires.

Les probabilités que les réfugiés créent au moins autant de richesse que ce qu’ils coûtent sont faibles, d’autant plus que la pénurie de main-d’œuvre dont souffrent le Canada et le Québec devrait commencer à se résorber vers 2030. Ces gens seront alors les premiers à être licenciés, dès que l’économie ira mal. Moins de 30 % des réfugiés parviennent à rejoindre le salaire moyen au Canada après cinq ans.

En plus des défis linguistiques, les réfugiés qui sont des fondamentalistes religieux ou qui ont reçu des diplômes de complaisance ou qui proviennent de pays corrompus, posent des problèmes particuliers qui sont peu discutés.

Source

 

Universités — Méchants hommes blancs

Une tribune de Denise Bombardier dans le journal de Québec.

Voilà donc que des étudiants blancs inscrits en science à l’Université Laval dénoncent, comme le rapporte Le Devoir samedi, l’exclusion dont ils font l’objet et qui les empêche de poser leur candidature pour des postes de chaires de recherche du Canada dans les universités du pays. [Leur lettre est reproduite ci-dessous].

Déjà en 2021, cette politique de l’Université Laval avait été unanimement dénoncée par tous les partis politiques du Québec.

Qu’à cela ne tienne. Il faut être jovialiste pour croire que c’est la bonne façon de lutter contre la discrimination des femmes, des autochtones, des personnes handicapées et des minorités visibles pour qui ces postes sont réservés.

Les scientifiques blancs ont été des étudiants qui se sont distingués dès le secondaire et le collégial. Ils étaient doués et passionnés. Et ils ont réussi à être acceptés dans des secteurs contingentés. Et voilà que ceux qui préfèrent se consacrer à la recherche fondamentale ou à l’enseignement dans une université – postes moins payants que ceux que proposent les laboratoires pharmaceutiques – se heurtent à un mur.

Trudeauisme

Ne rêvons pas. Et surtout, soyons lucides. Nos universités sont devenues des lieux de censure à l’endroit des Blancs. C’est une politique, hélas, qui est appuyée par des Blancs déjà en place. Comme le recteur de l’Université d’Ottawa, personnage hautement controversé, qui a choisi son combat contre les Blancs « colonisateurs et discriminateurs » au profit des « victimes » à la mode du jour. C’est ainsi que le trudeauisme actuel a dépassé les rêves gauchisants de Trudeau père.

C’est faire insulte aux gens de couleur, aux autochtones, aux minorités sexuelles et autres qui ont subi une réelle discrimination que de pratiquer cette même discrimination à l’endroit des hommes blancs.

La Charte des droits et des libertés est en train de devenir prétexte pour transformer le Canada en un tribunal de censure et d’intolérance à l’endroit de certains citoyens relégués à un statut de deuxième classe, à savoir les hommes blancs.


La lettre des associations d'étudiants

Québec, 31 décembre 2022

Un document d’appel aux candidatures pour le poste de Chaire de recherche du Canada CRSNG niveau 1 a été publié par le Département de Biologie de la Faculté de Sciences et Génie de l’Université Laval le 13 septembre 2021. Ce document, le 29 mars dernier, a fait surface dans les médias et l’extrait suivant fait polémique depuis :

« [...] l’Université Laval a défini son plan d'action en matière d'équité, de diversité et d'inclusion en vue d’accroître la représentativité des femmes, des Autochtones, des personnes en situation de handicap et de celles appartenant aux minorités visibles aux postes de titulaires de Chaires de recherche au Canada (CRC) au sein de notre institution. Afin de respecter ces engagements, seules les personnes candidates possédant les compétences requises ET s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés seront sélectionnées au terme du présent concours. »

Cette controverse illustre parfaitement les limites d’une approche superficielle aux problèmes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les plus prestigieuses de nos institutions de recherche et d’enseignement supérieur. Ainsi, la présente est pour réclamer, au nom des associations signataires, l’abolition de ce critère de sélection pour le remplacer par des politiques qui adressent ces enjeux avec plus de profondeur, en sollicitant plus d’efforts et en s’attaquant à la racine du problème. Notre position est appuyée par les points suivants :

  1. L’approche d’exclusion nous paraît malsaine et réductrice. Adopter des mesures de discrimination positive aussi contraignantes ne nous approche pas de la situation souhaitée, soit celle où les candidatures seraient jugées uniquement à la hauteur de leurs compétences, indépendamment de leurs caractéristiques identitaires. Elle renforce plutôt l’idée que l’équité et l’inclusion sont un jeu à somme nulle où il est impossible de mettre fin aux discriminations sans en créer d’autres.
  2. Cette approche contredit explicitement la déclaration de l’Université Laval (écrite dans le même appel aux candidatures qui fait l’objet de cette critique) selon laquelle elle « [...] favorise l’excellence de la recherche et de la formation en recherche et garantit l’égalité des chances à toutes les candidates et tous les candidats ».
  3. Les mesures adoptées par le Programme des chaires de recherche du Canada (PCRC) (qui a fixé des quotas minimaux de représentation basés sur des données démographiques plus ou moins arbitrairement choisies) et l’Université Laval ne font rien d’autre que masquer la discrimination sans s’attaquer à ses sources complexes, en plus de négliger complètement la situation d’autres groupes démographiques qui subissent de la discrimination sans être ciblés directement par ces mesures. Pire encore, comme on le voit présentement, ces mesures soulèvent facilement la controverse et mènent à un contrecoup social qui ne peut que renforcer le statu quo.
  4. La discrimination systémique (telle que définie par la commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec1) envers certains groupes de personnes a une influence en recherche, et en sciences et génie en général. Nous croyons qu’il est impératif de mettre en place des mesures visant à réduire le plus possible ces tendances et de garantir à tous les groupes l’égalité des chances et les opportunités qu’ils méritent.
  5. Le plan d’action EDI de l’Université Laval révisé en 20202 identifie directement le tokenism3 perçu par les membres des groupes cibles comme un obstacle systémique à leur représentation équitable sur les CRC. En particulier, plusieurs témoignages de femmes de minorités visibles citées indiquent que les concours de nomination préférentielle ont été des désincitatifs pour elles à porter leur candidature, de crainte d’être stigmatisés si elles obtenaient le poste par un tel processus. Il nous paraît évident que l’approche que nous dénonçons ne peut que renforcer une telle stigmatisation et perpétuer cet obstacle que l’Université avait pourtant elle-même reconnu.
  6. De nombreuses pratiques institutionnelles et systémiques peuvent être adoptées pour favoriser l’EDI dans le processus de recrutement et d’octroi des CRC. Le plan d’action en EDI de l’Université Laval cible d’ailleurs de nombreuses mesures à cet effet, dont certaines (comme la diversification des comités d’évaluation recommandée à l’activité 4.3.1) pourraient même être bonifiées. À notre sens, les objectifs EDI imposés par le PCRC aux établissements de recherche devraient viser à promouvoir les meilleures de ces pratiques, plutôt que d’appliquer un système de quotas qui pousse les universités à adopter des procédures de nomination préférentielles ou exclusives néfastes.
  7. À titre d’exemple, depuis 2018, la CADEUL (Confédération des Associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval) publie annuellement un rapport sur l’implication des femmes dans les associations étudiantes de premier cycle à l’Université4, et a adopté de nombreuses mesures pour favoriser et faciliter la participation des femmes au sein de ses instances. Ces mesures5 ont porté fruit, et ce, sans qu’aucun quota ou qu’aucune discrimination positive ne soit mise en place. Les changements institutionnels ainsi apportés sont plus durables et conséquents puisqu’ils contribuent à promouvoir une vision inclusive du mouvement étudiant au sein de l’ensemble de la population étudiante et non pas seulement à changer la composition des instances. Cette réussite constitue la preuve que les objectifs d’EDI sont atteignables sans discrimination positive ni exclusion.

Ainsi, ce sont les principes d’équité, de diversité et d’inclusion partagés par les membres de notre collectif qui nous poussent à dénoncer la situation actuelle et à réclamer que les efforts soient concentrés autour de mesures réellement efficaces pour atteindre une représentation équitable des groupes ciblés au sein des CRC. L’objectif d’une représentation équitable en recherche en est un qu’on se doit de poursuivre en tant que communauté universitaire, mais donner l’apparence d’équité sans réellement éliminer les obstacles qui limitent la participation des femmes, des autochtones, des minorités visibles et des personnes handicapées en recherche ne permettra jamais de l’atteindre.

En espérant que vous tiendrez compte de nos revendications,

Association des chercheurs étudiants en biochimie et en microbiologie de l’Université Laval
Association des étudiants en chimie des cycles supérieurs de l’Université Laval
Association des étudiantes et étudiants en génie chimique
Association des étudiants en foresterie et environnement de l’Université Laval
Association des étudiant(e)s en géomatique de l’Université Laval
Association des étudiant.e.s gradué.e.s en sciences et génies de l’Université Laval


Notes

1 « La somme d'effets d'exclusion disproportionnés qui résultent de l'effet conjugué d'attitudes empreintes de préjugés et de stéréotypes, souvent inconscients, et de politiques et pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres de groupes visés par l'interdiction de la discrimination »

2 Accessible au : https://institutedi2.ulaval.ca/nouvelles/plan-daction-en-edi/

3 « Le tokenism consiste à faire des efforts superficiels d’inclusion vis-à-vis des groupes marginalisés afin d’échapper aux critiques, mais sans volonté réelle d’inclusion. » selon la définition utilisée par l’Université Laval dans son plan d’action EDI

4 Accessible au : https://cadeul.com/documentation-avis-et-memoires

5 Notamment l’organisation annuelle d’un « 5 à 7 Femmes engagées », la valorisation bisannuelle des accomplissements des femmes impliquées sur les réseaux sociaux, la révision des descriptions de postes afin d’en retirer toute connotation genrée, l’extension des périodes de mises en candidature, des efforts conscients de démarchages auprès de candidates potentielles prometteuses et la mise à jour annuelle de l’avis sur « L’implication des femmes dans les associations étudiantes de premier cycle à l’Université Laval ».

vendredi 6 janvier 2023

Québec — université verse 4000 $ à une correctrice qui aurait été exposée à un contenu raciste

Gaëlle Étémé Lebogo, sociologue à l’Université du Québec à Montréal (UAQM), aurait « été victime de harcèlement psychologique dans le cadre de son travail », selon la décision de l’arbitre du travail Robert Côté datée du mois dernier.

Mur couvert de slogans « antifascistes » à l’UQAM

L’UQAM devra indemniser une employée qui se plaignait d’avoir été victime de racisme en corrigeant les copies d’examens d’un cours portant sur les stéréotypes racistes.

La correctrice a dû lire des réponses contenant du contenu discriminatoire, a tranché un arbitre du travail. La sévérité de ses corrections a aussi été critiquée par des étudiants, l’un d’eux l’attribuant au fait qu’elle était « étrangère » et « de l’école française ».

Gaëlle Étémé Lebogo aurait donc « été victime de harcèlement psychologique dans le cadre de son travail », selon la décision de l’arbitre du travail Robert Côté datée du mois dernier. « L’employeur a failli à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser le harcèlement après en avoir été informé par la plaignante. »

L’arbitre n’hésite pas à poursuivre : « cette situation a privé la plaignante de son droit quasi constitutionnel à la sauvegarde de sa dignité […], mais aussi compromis son droit à l’égalité sur la base de son sexe et de son origine ethnique ». 

 

Autre mur de l’UQAM

L’UQAM devra lui verser 4000 $ en indemnisation. L’établissement défend ses politiques antiharcèlement. 

« Ambiance toxique »

Le cours au centre du dossier, intitulé Introduction au féminisme noir, remonte à l’année 2018-2019. Il était assuré par l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’UQAM, mais accessible aux étudiants de tous les programmes de l’université.

Mme Étémé Lebogo, une femme noire, a été choisie comme correctrice par la chargée de cours. La relation entre, d’une part, les étudiants et, d’autre part, la chargée de cours et la correctrice s’est dégradée après un examen de mi-session dont les résultats étaient particulièrement faibles.

« La réaction de certains étudiants aux résultats obtenus à la suite de ce premier examen constitue l’élément déclencheur des allégations de harcèlement que formule Mme Étémé Lebogo », explique la décision. Plusieurs copies contenaient des réponses « épousant les stéréotypes coloniaux », a assuré la correctrice.

La rencontre organisée ensuite avec la classe avait « un je ne sais quoi de pas propre », a continué Mme Étémé Lebogo, qui décrit une atmosphère toxique empreinte de discrimination. Ont suivi des courriels et des rencontres avec des étudiants mécontents, dont certains la tutoyaient. C’est à cette occasion qu’un étudiant lui aurait reproché sa correction inspirée « de l’école française » liée au fait qu’elle était « étrangère ».

La correctrice « bouleversée »

L’examen final demandait aux étudiants d’évoquer des stéréotypes raciaux associés aux femmes noires dans l’histoire. La correctrice a dit avoir été « bouleversée » par la lecture des réponses.

La plupart de ces réponses ne constituent pas de la discrimination, a tranché Robert Côté. L’une des copies, par contre, allait trop loin.

« L’étudiant farcit littéralement son texte de qualificatifs animaliers, en particulier canins, pour illustrer son propos », rapporte l’arbitre. « À propos d’Aunt Jemima, qui selon [l’auteure afro-américaine Patricia Hill] Collins est le stéréotype de la femme noire serviable et soumise, il mentionnera qu’elle “fait partie de la famille, comme le chien”. S’agissant de la figure mythique de la n [ou] nou, qui n’existe pas vraiment, mais est uniquement fantasmée par la majorité blanche, il affirme “Comme le chien du domicile auquel est parfois comparée la nanou, les afro-américaines peuvent mordre et refuser ce rôle” ».

La correctrice s’est dite bouleversée par cette lecture et a ajouté avoir beaucoup pleuré.

Cet évènement « est donc retenu comme une conduite vexatoire », a tranché l’arbitre.

En réaction à des plaintes des étudiants, l’UQAM a décidé de refaire entièrement la correction effectuée par Mme Étémé Lebogo. Prendre cette décision sans l’en informer était aussi une conduite vexatoire, selon M. Côté.

L’arbitre du travail Robert Côté conclut surtout que l’UQAM et l’IREF n’ont pas agi adéquatement face aux dénonciations de la correctrice.

« Plutôt que d’examiner et juger avec attention les allégations de la plaignante, que celles-ci s’avèrent ensuite fondées ou pas, les différents représentants de l’Université se sont, en quelque sorte, renvoyé la balle », a-t-il évalué.

« L’UQAM prend acte du jugement et est toujours soucieuse d’améliorer ses pratiques en ce qui a trait à ses interventions pour prévenir et faire cesser des situations de harcèlement, a affirmé Jenny Desrochers, responsable des communications de l’UQAM. En ce sens, une révision de la politique contre le harcèlement psychologique est entrée en vigueur en février 2020. »

Mme Desrochers a ajouté que l’IREF avait créé un nouveau cours intitulé Féminismes et antiracismes que les étudiants sont encouragés à suivre avant Introduction au féminisme noir. Gaëlle Étémé Lebogo avait recommandé que le cours qu’elle corrigeait ne soit accessible qu’aux étudiants inscrits en études féministes, plutôt qu’à tous.

Le Syndicat des étudiant·e·s employé·e·s de l’UQAM (SÉTUE), qui représentait Mme Étémé Lebogo, n’a pas voulu commenter le dossier.

Voir aussi

« Des associations étudiantes [de l’UQAM] militent donc activement pour l’anglicisation du réseau universitaire québécois »  (aussi baisse du nombre d’étudiants à l’UQAM, comparaison avec Concordia l’anglophone)

Québec — « La complaisance pour l’extrême gauche » (à l’université, dans les médias)

UQAM aurait une mauvaise réputation, à cause de ses professeurs intolérants ? (2016)

Legault parle de garantir la liberté de débat à l’université, Martine Delvaux de l’UQAM parle de « police » gouvernementale (2021)

Doctorants de l’UQAM — « Ceuzes qui sont contributeurices sont heureuxes » (2018)

Universités : après le mot « nègre » devenu tabou, le bannissement de « femme » et « homme » pour transphobie ? [UQAM] (2021) 

Longue confrontation lors d’un cours d’anatomie pour avoir rappelé l’importance biologique des différences sexuelles [UQAM] (2021)

Climat de violence à l’UQAM ? Commission Curzi Dumont : Menaces et vandalisme à l’UQAM : jusqu’où iront les étudiants et les syndicats ? (2013)

Les gouvernements surestiment-ils le rendement économique des diplômes universitaires ? 

La liberté d’expression à l’UQAM (2017) 

UQAM — Conséquence du boycott étudiant et de l’appui de profs ? Nouvelles inscriptions en forte baisse (2015)

Activistes font pression pour empêcher les anthropologues d’identifier les restes humains comme « masculins » ou « féminins » (2022)

UQAM — Débat sur ECR annulé suite à des menaces (m-à-j) (2017)

Remise en doute des origines autochtones d’une militante autochtone [UQAM] (2020)

mercredi 4 janvier 2023

Quand les Français s'acharnent à massacrer leur propre langue

Les entreprises ont de plus en plus de mal à trouver des noms de marque [en français] en France. L'hebdomadaire The Economist, souvent présenté comme la bible des « élites mondialisées » , en fait le constat dans sa dernière livraison avec des exemples truculents et navrants à la fois. Kiloutou, Kinougarde, Napaqaro, Izipizi, Yomoni, Mirakl, Lunchr, etc. Autant de marques apparues récemment qui semblent sorties de la bouche d'un enfant de trois ans. Autant de borborygmes qui ne nomment pas des start-up technologiques mais des produits et des services grand public.


 

Chacun de ces noms nécessite d'être traduit pour en saisir le sens. Kiloutou , « qui loue tout » , est la marque choisie par une entreprise de location de matériel du bâtiment. Kinougarde , « qui nous garde » , est un spécialiste de la garde d'enfants. Napaqaro , entendre « nappe à carreaux » , est le nouveau nom de la chaîne de fast-food Buffalo Grill. Pour décrypter Yomoni , un gestionnaire d'épargne en ligne, il faut passer par l'anglais et entendre « Your money » (votre argent). Plus hermétique encore, Izipizi ne désigne pas la quéquette d'un bébé ; le distributeur de lunettes qui a inventé cette riche allitération avait en tête « easy-peasy » , formule familière anglaise que l'on peut traduire par « facile fastoche » . N'épiloguons pas sur Mirakl , Heetcht , Lunchr et autre Swile , qui sonnent « british » tout en n'existant nullement dans la langue de Shakespeare.

De telles trouvailles dignes du mouvement lettriste des années 1950 relèvent d'une double démarche. Tout d'abord l'écriture phonétique des messages SMS et des chats qui modifient systématiquement l'orthographe et la grammaire habituelles : on écrira « koi » au lieu de « quoi » , ou encore l'abréviation phonétique « bjr Sava ? » remplacera « Bonjour, ça va ? » .

Ces pratiques se corsent quand elles s'anglicisent, devenant totalement obscures tant pour un Français que pour une oreille britannique, souligne The Economis t. Il décortique ainsi la nouvelle appellation de titres-restaurants Swile , un mix de swill (rincer) et bile (bile). C'est censé faire chic dit en anglais alors que le sens véhiculé est peu ragoûtant en français. Mais comme personne ne comprend le néologisme Swile , chacun reste dans sa docte ignorance.

La France quoi.

Comprenne qui pourra à ces galimatias. La recherche d'un nom pour une entreprise a toujours été délicate. Interdit de copier une marque déposée. La mondialisation oblige à trouver des mots prononçables sur tous les continents au risque de choisir des sons qui n'ont de sens pour personne. Tel l'assureur français devenu une multinationale avec AXA en 1985, acronyme qui ne veut rien dire. Sauf en japonais où le phonème « axa » signifie « la mort » , ce qui a obligé AXA à rester écrit à l'occidentale à Tokyo, sans transcription phonétique. Quant à Engie, l'ex-GDF Suez, la marque a été créée en 2008 parce qu'elle « évoque l'énergie dans toutes les cultures » , selon ses promoteurs. Un volapuk n'ayant de racine nulle part.

Avec Swile , Napaqaro et Izipizi, on n'en est plus aux dérives du franglais dénoncées depuis des lustres. Il s'agit désormais d'une sorte de « grand remplacement linguistique » . On jette par-dessus les moulins toutes les composantes de la langue, sa syntaxe, sa grammaire et son orthographe.

Lorsque le groupe Lagardère a repris Hachette il y a trente ans, il a cru bon de rebaptiser en « Relay » [en réalité en 2000] la chaîne « Relais H » qui a l'exclusivité de la distribution de la presse dans toutes les gares SNCF et les aéroports. [Cette forme anglaise a été vendue à l'origine vendu comme nécessaire à une « internationalisation » de ces kiosques. Comme si le nom ne pouvaient varier d'un pays à l'autre et avoir une couleur locale. Depuis, on ne peut pas dire que cette internationalisation soit un succès : « Lagardère Travel Retail France » a ainsi vendu en 2016 sa centaine de points de distribution en Belgique à la Poste belge [BPost]...] Cette anglicisation avait provoqué la fureur du philosophe et académicien Michel Serre. Résultat, plus personne ne sait la bonne orthographe ; des économistes bac+10 écrivent « relai ».

Ségolène Royal, candidate à la présidentielle en 2007, avait parlé de « bravitude » (bravoure) suscitant une rigolade générale. Mais quinze ans plus tard, de tels barbarismes sont encouragés. Nombre d'entreprises les considèrent comme un instrument de marketing leur permettant de créer leur propre champ linguistique. Ce que les linguistes appellent des « sociolectes » , des usages de la langue réservés à un groupe socio-économique à l'instar des dialectes propres aux communautés territoriales.

C'est un véritable massacre collectif de notre langue que The Economist déplore, sans agressivité ni moquerie, car cette mutilation délibérée pollue en même temps le français et l'anglais, regrette-t-il.

« L'écriture phonétique fait des ravages et devient totalement obscure en s'anglicisant, tant pour un Français que pour une oreille britannique

Source : Le Figaro


mardi 3 janvier 2023

Film Tirailleurs : La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce aux Africains « chair à canon »

Au total, la France eut entre 8 207 000 et  8 410 000 hommes mobilisés pendant la Première Guerre mondiale (source).

    1) Effectifs de Français de « souche » (Métropolitains et Français d’outre-mer et des colonies) dans l’armée française durant le premier conflit mondial :

  • Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20 % de la population française totale.
  • Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73 000 Français d’Algérie, soit 20 % de toute la population « pied-noir ».
  • Les pertes parmi les Français métropolitains furent de 1 300 000 morts, soit 16,67 % des effectifs.
  • Les pertes des Français d’Algérie furent de 12 000 morts, soit 16,44 % des effectifs.

    2) Effectifs africains

  • Le Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) fournit 218 000 hommes (dont 178 000 Algériens), soit 2,65 % de tous les effectifs de l’armée française.
  • Les colonies d’Afrique noire dans leur ensemble fournirent quant à elles, 189 000 hommes, soit 2,3 % de tous les effectifs de l’armée française.
  • Les pertes des Maghrébins combattant dans l’armée française furent de 35 900 hommes, soit 16,47 % des effectifs.
  • Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens (les Tirailleurs) sont imprécis. L’estimation haute est de 35 000 morts, soit 18,51 % des effectifs ; l’estimation basse est de 30 000 morts, soit 15,87 %.

Ces chiffres contredisent donc l’idée reçue de « chair à canon » africaine d’autant plus qu’au minimum, un tiers des pertes des Tirailleurs « sénégalais » furent la conséquence de pneumonies et autres maladies dues au froid, et non à des combats. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains, alors que les troupes métropolitaines se mutinèrent.

Exécution d’un soldat français (blanc) par un peloton français lors de la Première Guerre mondiale

Enfin, une grande confusion existe dans l’emploi du terme « Coloniaux ». Ainsi, l’héroïque 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments (pour 254 régiments et 54 bataillons composant l’Armée française), mais ces 16 régiments étaient largement formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

Autre idée reçue utilisée par les partisans de la culpabilisation : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.

Cette affirmation est également fausse, car, durant tout le conflit, la France importa 6 millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire et 170 millions du reste du monde.

Des Tirailleurs « sénégalais » ont courageusement et même héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Il était bon de rendre hommage à ces soldats, souvent enrôlés de force.

Cependant, il est malhonnête d’utiliser leur mémoire pour des buts idéologiques, car, durant la guerre de 1914-1918, ils ne composèrent que 2,3 % du corps de bataille français et leurs pertes furent du même ordre que celles des troupes métropolitaines.


Extraits de la critique du Figaro du film Tirailleurs :

Mathieu Vadepied, ancien chef opérateur de Jacques Audiard et de Nakache et Toledano, a choisi le didactisme et les bons sentiments. Omar Sy, également producteur, se retrouve donc sur la ligne de front en compagnie de son fils dont les autorités ne savent pas qu’il est son fils (vous suivez ?).

Il n’a qu’une idée : retourner chez lui. Le gamin ne l’entend pas de cette oreille. Il veut grimper dans la hiérarchie militaire, conquérir ses galons, être un vrai Français (vous suivez encore ?).

Un ensemble convenu

Le conflit de générations se déroule au milieu des tranchées. L’incompréhension grandit sous les obus. Le papa surveille son rejeton comme le lait sur le feu et personne ne se doute de leur relation. Ah, ces troufions, sans cesse occupés à racketter la solde de leurs compagnons. Les scènes de bataille sont d’une confusion rare. Les hommes piétinent dans la gadoue, sous un déluge d’explosions.

Les dialogues sont lourdement signifiants. Sous son uniforme bleu horizon, Omar Sy jette des regards affolés, comme s’il cherchait désespérément le fauteuil roulant d’Intouchables sur le théâtre des opérations. L’expression prend soudain tout son sens, tant l’ensemble paraît théâtral, convenu, amidonné.

Tout cela serait inoffensif si le réalisateur ne s’offrait, par moments, des embardées pseudo-poétiques, comme cette petite fille blonde avec sa poupée dans une maison abandonnée ou ce pauvre renard empêtré dans les fils barbelés que le héros libère courageusement sous le feu de l’ennemi. On retrouvera l’animal beaucoup plus tard sous l’Arc de Triomphe, dans une séquence qui pourrait être un hommage à la Fondation Bardot, car vous n’ignorez pas que le soldat inconnu est évidemment un tirailleur (vous suivez toujours ?).

Un suspense absent

Quant au suspense, il figure aux abonnés absents. La raison en est bien simple : fébrile et sûr de lui, le sous-officier ressemble à Emmanuel Macron. À ce détail, on devine que sa mission va virer à la catastrophe. La décence interdit de comparer le résultat aux Sentiers de la gloire, de Stanley Kubrick, longtemps invisible en France.

Le film, présenté au dernier Festival de Cannes en ouverture de la section Un certain regard, est donc plein d’humanité. On aurait préféré qu’il soit bourré de talent. Nos tirailleurs meurent au champ d’honneur pour la deuxième fois. Rompez !

La note du Figaro : 1/4.

Ajoutons au dossier, ce texte de Guillaume Perrault, rédacteur en chef au Figaro. Maître de conférences à Sciences Po, il enseigne l’histoire politique française et les institutions politiques. Il est l’auteur de quatre livres.

France — Aucun lien avéré entre « séparatisme » et instruction à la maison

Le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye
Le ministère de l’Éducation française a communiqué fin novembre, sur demande il y a plusieurs de l’association Les Enfants d’abord, les rapports bisannuels de la Dgesco sur l’instruction en famille (IEF) pour les années 2019/2020 et 2021/2022. Ils arrivent à la fin d’une procédure judiciaire en cours avec le ministère de l’Éducation nationale.

enquête 2019-2020

enquête 2021-2022

Dans un contexte où le gouvernement prétend que l’IEF représente une menace pour l’intégrité de la République, au point d’avoir mobilisé un temps, une énergie, et des moyens financiers considérables énormes sur le projet de loi, sur les différents recours, et sur la poursuite des familles, pour y porter la plus grande atteinte possible, l’association Les enfants d’abord se montre très étonnée que les rapports 2021/22 soient réduits à un document de 2 pages, ridiculement — et de plus en plus — pauvre en informations. La logique aurait voulu au contraire qu’il se donne les moyens d’une enquête approfondie. Mais le ministère sait pertinemment que ses allégations ne seraient pas confirmées par de telles enquêtes, comme elles ne l’ont jamais été par le passé. Cette réticence à la délivrance d’informations confirme une fois de plus son hypocrisie quant aux inquiétudes avancées.

Les rapports se suivent et se ressemblent depuis des années, voici les éléments que nous pouvons toutefois relever :

  • la courbe suit, depuis plusieurs années maintenant, une augmentation constante. Pour 2021/22, on note une hausse de 50 % du nombre d’enfants en IEF après le confinement.
  • au niveau sociologique, pour 2019/20 et comme par le passé, il y a toujours plus de garçons que de filles instruits en famille.
  • le nombre de jeunes hors CNED est toujours en croissance.
  • des contrôles pédagogiques réalisés en très grande partie et toujours aussi satisfaisants.
  • des mises en demeure et saisine du procureur à la marge et une administration qui a les moyens de faire le suivi de toutes les situations.
  • des chiffres absents en 21/22 sur les raisons ou motivations de l’IEF et le sexe des jeunes.
  • aucun chiffre ne vient étayer la thèse de « séparatisme » (euphémisme étrange) ou radicalisation en IEF.

[Note sur le terme de séparatisme : qu’est-ce que cet euphémisme recouvre exactement ? Est-ce que des gens qui refusent la société de consommation, qui veulent se séparer d’un monde matérialiste et superficiel font preuve de séparatisme ? Est-ce devenu interdit en France ? Plus de hippies ? Plus de moines ? De quel séparatisme veut-on parler ? De l’islamisme ? Mais celui-ci se porte très bien dans les écoles publiques de la République, car ce sont des quartiers entiers qui se sont séparés, bientôt des villes entières qui ne ressemblent plus à la France historique. Nul besoin d’enseigner l’école à la maison à ses enfants, les profs « laïcs » de la République ne heurtent pas sérieusement les préceptes des musulmans (ce serait islamophobe, voire raciste), de toute façon ces enseignants sont vus avec méfiance pour ce qui a trait à l’histoire, la morale, la religion. Que l’on sache les terroristes islamistes qui ont frappé la France et la Belgique n’ont pas été instruits à la maison… Voir Salah Abdeslam qui a fréquenté une école publique en Belgique, Abdelhamid Abaaoud qui lui a même été inscrit, un an, dans un collège catholique dans une banlieue huppée de Bruxelles, les frères Kouachi élevés dans des écoles publiques françaises, idem pour Karim Mohamed-Aggad, un des tueurs du Bataclan élevé en Alsace, etc.]

En 2019/20, 48 008 jeunes étaient déclarés en IEF, on passe à 72 369 jeunes en 2021/22. En France, comme dans le monde, le nombre d’enfants instruits en famille est en croissance régulière chaque année, mais reste toutefois très minoritaire (de l’ordre de 0,5 % des jeunes en âge d’être scolarisés) et de courte durée (50 % des enfants sont en IEF une année ou moins et 2/3 ne le sont plus au bout de deux ans.

Cette augmentation serait-elle le signe de la montée des « séparatismes » ? Il est à noter que la crise sanitaire est la raison majoritaire de cette augmentation. Cependant, elle ne peut à elle seule l’expliquer totalement. Les enquêtes indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Les contrôles sont toujours aussi satisfaisants, rien ne justifiait donc les préoccupations quant au droit à l’instruction qui ont été émises par le Gouvernement afin de légitimer les importantes restrictions. Ainsi, en 2019/20 : 92 % des 1ers contrôles sont satisfaisants et 90,4 % en 2021/22. En cas d’insatisfaction au premier contrôle, un second contrôle doit être réalisé.

Notons que l’instruction à la maison constitue une économie pour l’État en 2021/2022 de près de 400 millions d’économies pour l’État [7000 euros par écoliers]. Le rapport de 2019/20 permet de constater le nombre d’enfants concernés par les motifs prévus dans le questionnaire de l’administration :

Pour les familles inscrites au CNED réglementé :

  • 60,5 % des enfants sont itinérants
  • 26,9 % des enfants suivent des soins médicaux en famille
  • 6,8 % des enfants suivent des activités artistiques ou sportives
  • le handicap ne représente que 1,9 % et l’éloignement géographique d’un établissement scolaire 0,8 %.

Le CNED est le Centre national d’éducation à distance, il dispense des cours qui suivent le programme officiel français. En classe réglementée, les élèves suivent toutes leur scolarité à distance. Ces cours du CNED en classe complète permettent de préparer les examens nationaux, tels que le brevet et le baccalauréat. Cette inscription en classe réglementée est depuis peu soumise à autorisation [plutôt que simple déclaration]. On peut aussi s’inscrire au CNED en inscription libre pour un cours particulier ou même tous les cours d’une année [on ne satisfait pas alors à l’obligation scolaire en France, même lorsque l’on suit tous les cours du programme].

Pour les familles hors CNED réglementé dont les raisons invoquées sont prévues par l’administration [20,8 %] on trouve notamment : 5,9 % : inadaptation au système scolaire

  • 2,9 % : des problèmes de santé
  • 2,1 % : itinérance des parents en France
  • 1,8 % la phobie scolaire.
  • Le motif religieux ne représente que 0,6 %.

Tout cela montre que les exigences apparues progressivement au fil de cette attaque législative, puis réglementaire, puis judiciaire contre l’IEF n’ont jamais eu la vocation de préserver cette liberté pour les familles, mais bien au contraire de réduire toutes les possibilités leur permettant d’y recourir.

Intimidations et phobies en hausse, restrictions draconiennes de la part du CNED

Les enquêtes de l’association Les Enfants d’abord indiquent également que de plus en plus d’enfants [2/3] sont notamment victimes de harcèlement, phobie scolaire ou ont des difficultés d’apprentissage dans un système scolaire qui ne leur est pas adapté, et qui se dégrade, et de plus en plus de parents sont également soucieux de respecter le rythme de leur enfant et d’utiliser des pédagogies actives.

Ces raisons pédagogiques et liées au bien être de l’enfant expliquent sans doute également en partie l’augmentation du nombre de jeunes qui s’instruisent hors CNED réglementé versus CNED [65 % en 2019/20, 72 % en 2021/22], mais les motifs de cette augmentation sont également à rechercher en grande partie dans le fait que l’accès au CNED réglementé est de plus en plus rationné par l’administration, même pour les familles qui peuvent en bénéficier, en raison du déficit du CNED et de la baisse de la dotation publique. Le CNED réglementé est autorisé uniquement dans une situation de handicap, itinérance, pratiques sportives et artistiques de haut niveau, mais dans des conditions de plus en plus draconiennes.

Baisse du nombre d’élèves à la maison en 2022 ?

D’après des chiffres qui ont circulé officieusement cet été, il semble que les effectifs de jeunes en IEF aient baissé fortement à la rentrée 2022. Le ministère de l’Intérieur se félicite, dans son bilan de la loi séparatisme, d’une baisse de 30 % des effectifs pour cette rentrée scolaire.

Ce bilan n’est pourtant pas à mettre au bénéfice de la lutte contre le séparatisme, mais plutôt de l’atteinte aux libertés et à l’intérêt supérieur de l’enfant. Aucun refus d’autorisation relevé cette année par les associations n’a mis en évidence de cas problématique à ce niveau, les nombreux refus portant plutôt sur la négation de toute possibilité de choix, même pédagogique, de la part des familles, voire sur l’absence de démonstration d’une « impossibilité à scolariser ». Le nombre de refus d’autorisation pour les 1res demandes, motif 4 [correspondant à « la situation propre de l’enfant »] atteint en effet presque 100 % dans certaines académies, comme à Besançon, Nice, Toulouse, Orléans/Tours.

Concernant les familles qui étaient régulièrement en IEF l’année dernière et qui pouvaient bénéficier d’une autorisation de plein droit, on note que 20 % ont toutefois été rejetées selon notre enquête et dans les académies sus-citées, ce sont parfois plus de la moitié des demandes de plein droit qui ont été refusées.

Source

Voir aussi 

L’enseignement à domicile a doublé au Canada entre 2019 et 2021  

France — Des propositions de loi pour restaurer la liberté d’instruire à la maison vont être déposées  

Les centres d’apprentissage libre, dits « écoles démocratiques », se multiplient depuis trois ans ; le gouvernement cherche à légiférer [Québec] 

France — Victoire pour la liberté scolaire devant le tribunal administratif de Toulouse

France — Chute de 9100 à 4000 des nouveaux enfants instruits en famille 

France — École à la maison : comment faire pour obtenir une autorisation pour la rentrée prochaine ?

France, instruction à domicile : des décrets beaucoup trop restrictifs

France : décrets d’application de la loi sur l’école à la maison : carton rouge pour le ministère

France — Le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine » 

Le Macron nouveau : Ndiaye militant communauriste noir à l’Éducation nationale française

Bock-Côté sur Pap Ndiaye, le controversé nouveau ministre de l’Éducation en France