vendredi 27 avril 2018

Québec — Des parents inquiets du contenu du cours d'éducation à la sexualité

Même si le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec affirme que les adolescents sont favorables à l’implication de leurs parents dans ce domaine de la sexualité, le ministre de l’éducation ne veut pas impliquer les parents dans ce processus éducatif. Éric Lanthier en parle :



Lettre de Jean-Léon Laffitte, Président de l’Association des parents catholiques du Québec, parue dans Le Droit de Gatineau :

Le docteur Réjean Thomas a rappelé la montée fulgurante des maladies transmissibles sexuellement lors d’une entrevue à l’émission Les Francs-tireurs, sur les ondes de Télé-Québec, le 1er novembre dernier. À son avis, cela est dû en grande partie à l’absence de cours d’éducation sexuelle dans nos écoles. [Note du carnet : cette explication nous semble simpliste, on a assiste à une hausse des MTS dans des États et provinces qui enseignent l’éducation à la sexualité, voir les liens ci-dessous. En outre, les nouveaux cours d’éducation à la sexualité proposés au Québec vont beaucoup plus loin que l’enseignement de la prophylaxie...] Et ce dernier d’ajouter que ce qui le choquait le plus, c’était l’opposition de groupes de parents à la mise en place de ce cours.

Également, avec les scandales sexuels rapportés dans les médias ces dernières semaines, plusieurs ont évoqué l’importance de ce cours comme panacée miracle, que le ministère de l’Éducation aimerait imposer à toutes les écoles du Québec, de la première année du primaire au 5e secondaire.

Je doute que le Dr Thomas connaisse quelques-unes des raisons pour lesquelles les parents s’opposent à ce cours. Les parents ne s’opposent pas à l’éducation sexuelle en soi. Au contraire. Mais ils ne veulent pas que l’on impose un cours de « carriérisme » sexuel (comme le dénommait une sexologue avec fierté) comme étant de l’éducation à l’amour et à la sexualité humaine.

Dans la mouture actuelle, on ne trouve aucune référence à la fidélité et à la responsabilité nécessaire pour former un couple et fonder une famille. Or, l’un des rêves les plus importants des enfants partout à travers le monde, c’est d’avoir une famille. On ne trouvera aucun outil préparant à l’établissement d’une famille durable dans ce cours. Parce que la capacité pour un amour mature, responsable, permettant de respecter la personne de l’autre, de s’engager dans un amour véritable et fidèle, demande une préparation du cœur et de l’intelligence totalement absente de ce cours incitant à de multiples expériences sexuelles.

Certains avanceront que nos jeunes vivent déjà une carrière sexuelle, ce qui est plutôt faux, la majeure partie des jeunes n’ayant pas eu de relations sexuelles avant le cégep.

Enfin, nous sommes choqués de voir que l’on ne respecte pas la responsabilité première des parents qui, mieux que quiconque, connaissent et aiment leurs enfants, et seront sensibles au rythme de chacun de leurs enfants dans leur éveil à l’amour et à la sexualité. Un cours donné sans aucune attention à ce rythme de l’enfant est une forme d’agression sexuelle et psychologique.

Si l’on juge que les parents n’ont pas toutes les connaissances nécessaires pour bien outiller leurs enfants, ceux-ci peuvent acquérir les notions qui correspondent à leurs valeurs, qu’ils dispenseront à chacun de leurs enfants, dans le respect de leur développement et de leur enfance, de leur curiosité. Laissons les enfants être des enfants !

Mais nous ne voyons rien dans le cours actuel qui permet d’affirmer que l’on apportera ici une éducation à l’amour et à la sexualité. Apprendre à coucher en se protégeant et en ayant au moins le consentement de l’autre est très loin d’une éducation à l’amour véritable et à une sexualité fondée sur le respect et la responsabilité.

Une « carrière sexuelle » pour nos enfants ? Ce n’est pas leur rêve ni le nôtre pour eux. Nous avons trop souffert de nos échecs familiaux pour leur souhaiter de vivre eux aussi la souffrance des familles divisées et des pertes affectives énormes qui en résultent. Parce que nous les aimons, forts de notre expérience de familles brisées, mais aussi de familles qui sont restées unies pour la vie, donnons à nos enfants ce qu’il y a de meilleur et croyons aussi à leur rêve d’une famille unie, pour la vie. Pour qu’ils aillent jusqu’au bout de leur rêve, soutenons-les.

L’auteur est Jean-Léon Laffitte, Président de l’Association des parents catholiques du Québec.

Voir aussi

Québec — Retour de la syphilis congénitale, hausse de toutes les maladies sexuellement transmissibles

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?

Sexologue clinicienne : « les cours de sexualité en milieu scolaire font fausse route »

Trois fois plus de gens infectés au Québec par les infections transmissibles sexuellement en 15 ans

Étude sur les maladies liées à l’activité homosexuelle masculine (MST, cancer)

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

Peter Hitchens : Plus d’éducation à la sexualité cause plus de maladies sexuelles et de grossesses parmi les adolescentes (exemples en Angleterre), vidéo (en anglais) devant audience à Norwich.


jeudi 26 avril 2018

Plus de conflits interethniques rapportés à l’école québécoise

Les élèves du Québec observent de plus en plus de conflits entre groupes ethniques. Les cas restent relativement peu nombreux en chiffres absolus, mais c’est l’une des tendances préoccupantes qui se dégage d’une étude dévoilée jeudi, à Québec.

La violence en général est en baisse dans les écoles québécoises, mais les insultes par texto au primaire sont en hausse et il y a davantage de conflits entre groupes ethniques, révèle une enquête panquébécoise.

L’« Enquête sur la violence dans les écoles québécoises » s’est penchée sur l’évolution de certaines caractéristiques liées à la violence dans les écoles primaires et secondaires de la province entre 2013, 2015 et 2017.

La professeure et titulaire de la Chaire de recherche sécurité et violence en milieu éducatif de l’Université Laval, Claire Beaumont, précise toutefois que les changements positifs observés sont survenus surtout entre 2013 et 2015 ou entre 2013 et 2017 ; presque aucun changement n’a été observé entre 2015 et 2017. Mme Beaumont précise que ces quelques changements positifs masquent une sombre réalité : la baisse du nombre global de comportements violents ne signifie pas que les gestes posés sont moins graves.


L’enquête note par ailleurs une augmentation des insultes et des humiliations par texto au primaire.

Au fil des années, on a noté un accroissement important de l’usage d’appareils technologiques comme des cellulaires par des élèves du primaire et du secondaire.

Au secondaire, cette progression n’a pas été accompagnée d’une hausse des déclarations de cyberagressions de la part des élèves. Au primaire, cependant, les élèves de 4e, 5e et 6e années ont mentionné recevoir plus d’insultes et de messages humiliants par texto en 2017, comparativement à 2013.

La professeure Beaumont souligne que les élèves sont moins témoins d’impolitesse envers les adultes et voient moins d’élèves se présenter à l’école sous l’influence de drogue ou d’alcool. Les conflits entre groupes ethniques ont toutefois été davantage observés au fil des ans par les élèves du primaire et du secondaire.

La professeure affirme qu’à ce moment-ci, il est difficile de dire s’il y a carrément plus de conflits entre groupes ethniques dans les écoles du Québec, ou si les jeunes sont simplement plus aux aguets en raison de l’actualité.

On intervient plus sur le vivre-ensemble et l’acceptation des communautés différentes. Tout ça peut faire en sorte qu’on est peut-être plus sensible à parler d’un conflit ethnique.

L’enquête a été réalisée auprès de 24 000 élèves du primaire et du secondaire, de 3700 parents et de 1600 membres du personnel de 84 établissements scolaires de la province.

Tableaux extraits de l’Enquête sur la violence dans les écoles québécoises
(Cliquer sur les images pour les agrandir)







mercredi 25 avril 2018

Californie — vers une interdiction de livres prônant une sexualité traditionnelle ?

Dans la série « admettre avec tolérance les LGBTQ2SAAI+ ne changera rien à votre vie », considérons le projet de loi californienne AB-2943 Unlawful [goods and] business practices : sexual orientation change efforts (Pratiques commerciales [et biens] illégales : efforts de changement d’orientation sexuelle). Le projet de loi a été approuvé en commission bicamérale. Nous avons ajouté « [et biens] », car même si ces deux mots n’apparaissent pas dans le libellé du projet de loi, le texte du projet de loi les mentionne très clairement (plus de détails ci-dessous).

De quoi s’agit-il ? L’Assemblée législative de l’État de Californie est sur le point d’approuver un projet de loi qui interdirait, entre autres choses, la vente de livres qui viseraient à convaincre ses lecteurs de la justesse des croyances chrétiennes orthodoxes au sujet de la moralité sexuelle. Ils visent aussi à interdire, et c’est surtout cet aspect qui est mis en avant par les partisans de ce projet de loi, les controversées thérapies de conversion pour homosexuels, aussi appelées thérapies de réorientation sexuelle. Ces « thérapies de conversion » ont été interdites en Ontario par le gouvernement de la militante LGBT Kathleen Wynne en juin 2015.

Il reste que ce projet de loi interdirait la vente de tout bien lié à tout effort de changement d’orientation ou de genre. Et donc qu’il peut logiquement, selon le National Review, mener à interdire la vente des livres. Oui, interdire la vente de livres.

Le projet de loi AB 2943 de l’Assemblée législative assimilerait à une « pratique commerciale illégale » le fait d’effectuer « une transaction destinée à aboutir ou qui aboutit à la vente ou à la location de biens ou de services » qui fait de la publicité, offre de s’efforcer ou s’efforce de modifier « l’orientation sexuelle d’une personne ».

Le projet de loi définit ensuite les « efforts de changement d’orientation sexuelle » comme « toute pratique visant à modifier l’orientation sexuelle d’une personne. Cela comprend les efforts visant à changer les comportements ou les expressions de genre, ou à éliminer ou à réduire les attirances ou les sentiments sexuels ou romantiques envers les personnes du même sexe. » [Nous avons ajouté le gras.]

Nombre d’enfants référés à la clinique du genre (GIDS) en Angleterre par année et par sexe
Lire prof. Jordan Peterson : «  Nous sommes en pleine épidémie psychologique. Cela se produit régulièrement. »


Ce projet de loi est radical et contraire à la tradition occidentale. L’orthodoxie chrétienne est simple — indépendamment des désirs d’une personne (leur « orientation »), la norme de conduite correcte est limpide. Le sexe est réservé au mariage entre un homme et une femme. Quant à « l’expression du genre », il n’y a pas de différence entre « sexe » et « genre », et la réponse chrétienne à la dysphorie du genre est la compassion et le traitement, et non l’indulgence et la mutilation chirurgicale (voir le cas de Thomas illustré ci-dessous).

Thomas entre Pauline Moreno et Debra Lobel (ses deux « mères » lesbiennes)
qui affirment qu’il n’a pas subi de pressions
dans sa décision de devenir une fille



En d’autres termes, il existe une différence fondamentale entre la tentation et le péché. La loi californienne s’immiscerait directement dans cet enseignement en interdisant même l’argument selon lequel, quel que soit le désir sexuel, le comportement sexuel d’une personne devrait être conforme aux normes bibliques. Notons que la Cour suprême du Canada va dans le même sens que le projet de loi californien affirmant que l’orientation sexuelle est en quelque sorte consubstantielle à l’identité des personnes et que s’y attaquer est analogue à la couleur de la peau des gens. Voir entre autres sur le sujet le sidérant arrêt Whatcott. Notons, incidemment, la contradiction des points de vue des partisans de la théorie du genre (pour qui la sexualité et l’identité de genre sont très fluides et changeantes) et de ceux pour qui l’identité homosexuelle est en quelque sorte innée (je n’y peux rien, je suis né ainsi).

Les chrétiens trouvent leur identité dans le Christ, pas dans leur genre et pas dans leur orientation sexuelle. L’État de Californie s’oppose à cette vision. Votre sexe et votre orientation sont votre identité, et vous devriez vous engager dans des actions qui célèbrent et confirment cette prétendue essence. Pour les religieux conservateurs, l’État est en train de créer une nouvelle religion de libertinage sexuel, déclarant que les religions qui s’y opposent sont non seulement fausses, mais nuisibles et qu’il faut donc interdire « les biens et les services » qui viseraient à lutter contre cette nouvelle religion libertine.

Entre-temps à l’école québécoise
Personne ne doute que l’orthodoxie chrétienne soit controversée aujourd’hui. Personne ne doute que ses enseignements sur la morale sexuelle soient de plus en plus impopulaires. Mais ils restent constitutionnellement protégés aux États-Unis (c’est moins sûr au Canada), et aucune législature d’État ne devrait être autorisée à interdire un « bien » (comme un livre) ou un « service » (comme le conseil) qui défend cette vision conservatrice et les fournit à des consommateurs consentants. En fait, la loi de l’État promulguerait une nouvelle orthodoxie sexuelle officielle en interdisant sa contestation. Elle y enfermerait aussi des jeunes qu’elle prétend pourtant vouloir protéger.

Pour ne prendre qu’un exemple, un grand nombre d’enfants qui présentent une dysphorie de genre finissent naturellement par revenir à la norme. Leur dysphorie disparaît avec l’âge. En effet, une étude sérieuse indique qu’il s’agit-là du « résultat le plus probable » pour un enfant atteint de dysphorie de genre. En vertu du projet de loi AB 2943, le simple fait de communiquer cette vérité porteuse d’espoir pourrait très bien mener à être poursuivi...

Malgré les problèmes constitutionnels évidents et malgré son intolérance patente envers l’éthique chrétienne de millions de ses citoyens, le projet de loi est en passe d’être adopté — il a été approuvé deux fois en comité bicaméral à 8 contre 2 puis 8 contre 1. Il pourrait être soumis aux voix à l’Assemblée législative californienne dès demain, jeudi.

Et bien sûr, la Californie est loin d’être un État marginal. Il est considéré comme le centre de l’opposition à Trump et appelé « l’avenir de la politique américaine ». C’est le modèle progressiste, même pas celui de l’extrême gauche.


Voir aussi

Détourner la lutte contre l’intimidation et intimider les hétérosexistes

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Priorité éducative du Québec — Urgence : « Adapter [sic] l’école aux écoliers transgenres »

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (arrêt Whatcott)

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

Le syndicat (majoritaire dans l’enseignement) CSQ suggère des livres homosexuels et transgenres aux garderies et écoles primaires

Le Québec « en avance » dans la formation des enseignants à la lutte contre l’hétérosexisme

À l’école, la lutte contre « l’homophobie » doit-elle se faire par la promotion de l’homosexualité ?

Intimidation à l’école : insultes sur le physique, les notes, l’origine culturelle et linguistique bien avant « l’homophobie »

Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l’hétérosexisme en classe de français, d’anglais, d’histoire et de mathématiques

Conférencier anti-intimidation insulte et intimide des élèves chrétiens

Couple homosexuel invité en cours de mathématiques, euh ECR, exercice de « français » sur le « mariage homosexuel »


Jordan Peterson sur Trudeau et son « peoplekind », les danses père-fille annulées et les enfants de 3-4 ans à qui ont dit qu'ils peuvent choisir leur genre


Pétition pour amender le nouveau programme québécois d'éducation à la sexualité (m-à-j)

Une association de parents inquiets du nouveau programme obligatoire (et unique) du gouvernement québécois a lancé une pétition en ligne après avoir rassemblé plus de 3000 signatures sur des formulaires papier. Plus de 9240 Québécois ont signé cette pétition à ce jour (25 avril 2018). Le Journal de Montréal et TVA Nouvelles ont évoqué cette pétition aujourd'hui.





Pour signer la pétition, allez ici.
Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité
ATTENDU QUE le Gouvernement du Québec compte introduire, en Septembre 2017, un nouveau programme d’éducation à la sexualité, à caractère explicite et obligatoire, débutant dès la maternelle et ce, sans possibilité de droit de retrait de l’élève;
ATTENDU QUE ce programme ne s’inscrira pas à l’intérieur d’un cours spécifique, mais sera intégré dans la grille horaire des matières déjà existantes;
ATTENDU QUE ce programme est silencieux quant à la méthode d’enseignement à utiliser, permettant à quiconque de l’enseigner, en fonction de leurs interprétations personnelles, opinions subjectives, et choix de techniques « innovatrices »;
ATTENDU QUE ce programme est ni neutre ni impartial, et qu’il porte atteinte aux droits des parents à fournir à leurs enfants une éducation sexuelle compatible avec leurs valeurs familiales, croyances et mœurs;
ATTENDU QUE ce programme fait la promotion de l’ « exploration de nouvelles valeurs et normes en matière de sexualité, au-delà de celles de la famille » (Apprentissages en éducation à la sexualité au secondaire, page 3);
ATTENDU QUE ce programme ne fournit aucune flexibilité permettant de s’adapter aux besoins ou au développement propre à chaque enfant;
ATTENDU QUE ce programme fait présentement l’objet d’un projet pilote dans des écoles situées principalement en dehors de la région de Montréal, représentant ainsi inadéquatement la diversité culturelle et religieuse de la société québécoise;
Pour ces motifs, NOUS, soussignés, demandons au gouvernement du Québec ainsi qu’au Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, de retarder l’implantation du nouveau programme d’éducation à la sexualité et d’y apporter les amendements suivants;
1) Réviser le contenu du programme afin d’y refléter la diversité des valeurs, croyances, cultures, et religions de la société québécoise pluraliste;
2) Introduire l’éducation à la sexualité à l’intérieur d’un cours spécifique, inscrit dans une plage horaire définie, et qui n’affecterait d’aucune façon le temps alloué à l’enseignement des autres matières;
3) Exiger que les personnes appelées à enseigner le contenu du programme soient des professionnels certifiés en la matière;
4) Informer les parents par écrit, avant qu'un tel cours soit donné, du contenu et thèmes d'apprentissage, en spécifiant la date et l’heure auxquels ils seront enseignés, par qui, où, utilisant quels matériel et outils pédagogiques, et permettre l’accès aux parents à ce matériel et outils pédagogiques;
5) Permettre aux parents d’exercer le droit de retrait de leur enfant pour le cours, ou pour l’un de ses thèmes, par simple avis écrit, et ce sans devoir justifier quelconque motif ou rencontrer quelconque critère, tel droit existant dans d’autres juridictions canadiennes et américaines, et prévoir un cheminement ou une activité alternative pour cet élève;  
(Références:
Voir aussi

Éducation à la sexualité : pourquoi aucune école pilote dans la ville de Montréal ?

Québec — Le nouveau programme d’éducation sexuelle prônerait l’exploration sexuelle...?

L'éducation à la sexualité imposée à la maternelle

Projet pilote d'éducation sexuelle : aucune exemption du cours ne sera tolérée

Pape condamne les écoles qui enseignent qu'on peut choisir de devenir homme ou femme

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Enfants élevés par des couples homos deux fois plus susceptibles d'être déprimés et obèses

Étude suédoise : les « mariés » de même sexe sont trois fois plus susceptibles de commettre un suicide

Dizaines de parents de Montréal retiennent leurs enfants pour protester contre futur cours d’éducation à la sexualité

Selon TVA Nouvelles, des dizaines de parents de la région de Montréal ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école lundi afin de protester contre le futur cours d’éducation à la sexualité. Certains critiquent son manque de clarté, d’autres son aspect « pornographique ».

« C’est trop vulgaire pour de jeunes enfants, trop explicites », explique Omar, père de deux enfants de 6 et 10 ans qui ne sont pas allés à l’école lundi. L’homme, qui préfère taire son nom de famille, en a contre le programme d’éducation à la sexualité, qui sera implanté dans tous les établissements du Québec dès l’automne prochain.

Omar a décidé d’embarquer dans un mouvement qui s’intitule « Sex Ed Sit Out », qui a consisté à retirer les enfants de l’école le temps d’une journée, soit le 23 avril, en envoyant une note à l’école pour montrer son désaccord.

Le Journal de Montréal s’est entretenu avec quatre parents hier qui avaient pris cette décision. Les commissions scolaires de Montréal, de Laval et Lester B. Pearson ont confirmé avoir reçu des lettres et noté des absences qui pourraient être reliées au mouvement. Elles n’étaient toutefois pas en mesure de chiffrer le phénomène hier.

« Cause importante »

« C’est sûr qu’ils ont manqué de l’école et qu’ils ne pourront pas reprendre ces matières, mais c’est pour une cause que je crois qui est importante. C’est pour leur éducation », explique un père de Laval qui a préféré taire son nom.

Selon lui, le principal problème du futur programme est le manque de précision sur le contenu et la façon dont il sera enseigné. « Les enseignants disent qu’ils ne seront pas prêts à donner le cours, et on balaie ça », soupire-t-il.

Pour justifier l’absence de ses deux enfants, il a donc envoyé une lettre qui demande à ce que le programme soit donné par des « professionnels certifiés en la matière ». Ces parents réclament aussi un droit de révocation pour que leurs enfants soient retirés de la classe lorsque le programme sera enseigné.

Une autre lettre obtenue par Le Journal de Montréal et qui aurait été envoyée par des parents semble avoir été calquée sur un modèle en anglais trouvé sur le site internet de « Sex Ed Sit Out ».


Extrait d’une allocution de Jordan Peterson tenue à l’université de Toronto le 19 novembre 2016 qui décrit la véritable chape de plomb qui s'abat désormais à l'université quand il s'agit de parler de la théorie du « genre »

Endoctriner ou éduquer ?

Elle reproche au programme de chercher à « endoctriner » les enfants et de les pousser à « remettre en question leur genre ».

Ces affirmations ne sont toutefois pas fondées, a affirmé le ministère de l’Éducation hier. Faisant appel au « sophisme d’appel à l’autorité » ou ad verecundiam pour les latinistes, Bryan Saint-Louis, responsable des relations de presse auprès du Monopole de l’Éducation, a indiqué que le programme se base sur les recommandations de l’UNESCO, de l’Organisation mondiale de la santé et d’« experts universitaires ». On ne voit pas en quoi cela empêcherait le programme d’avoir un biais idéologique bien particulier !

Plusieurs personnes s’insurgent contre ces recommandations de l’UNESCO et de ces « experts universitaires » et pas uniquement au Québec :



Les « connaissances » (pourtant fort débattues) en matière de genre qui seront présentées « n’orientent pas les choix des enfants » et sont adaptées à leur âge, d’avancer le relationniste.

Quant à savoir si des parents pourront demander une révocation pour leur enfant, le ministère refuse de répondre indiquant « qu’aucune demande n’a été formulée à cet égard pour l’instant ». Rappelons qu’en 1992, à la suite de la mise en place d’un cours d’éducation à la sexualité par le monopole de l’Éducation du Québec, des parents avaient obtenu, par écrit, de la part du Ministère, la possibilité de voir leurs enfants dispensés de ce programme pour peu qu’ils reçoivent un cours équivalent à la maison. Voir ce billet.



Ce que des parents ont dit
« Le gouvernement doit prendre en considération l’avis des parents [...] peut-être qu’on est mal informés, mais qu’on nous donne des séances d’information »
Amina Souldi, une mère de Montréal
« Est-ce vraiment nécessaire de l’introduire [les notions de conception et de grossesse] à la maternelle ? [...] Comment elle va expliquer la conception à un enfant de 5 ans ? »
Lilia, une mère de Laval
« Il y a un manque de transparence dans le contenu du cours. C’est l’an prochain et ce n’est pas clair [...] Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement est si pressé »
Omar, un père de deux enfants



L’avis de Jordan Peterson aux parents (en anglais) : retirez vos enfants des classes où l’on aborde la diversité, l’inclusivité, l’équité, le racisme systémique ou le genre (ou cette licorne du genre). « Certains partisans de l'inclusivité et de l'équité vont être plus raisonnables que d'autres, mais cela ne change rien au fait que la philosophie qui sous-tend la volonté de discuter [à l'école] de ces sujets est essentiellement idéologique et propagandiste. »

Deux lettres et une pétition contre le cours

Deux lettres à adresser aux autorités scolaires pour justifier les absences des enfants circulaient sur les réseaux sociaux, de même qu’une pétition en ligne qui dépassait les 9000 noms ce matin.



« Nous envoyons nos enfants à l’école [...] pour que ceux-ci apprennent la lecture, l’écriture, la science et l’histoire, et non pour remettre en question leur genre », peut-on lire dans la première lettre du mouvement « Sex Ed Sit Out » qui a circulé dans plusieurs écoles de la région de Montréal.

« Sex Ed Sit Out » [« ne pas prendre part au cours d’éducation sexuelle »] a germé récemment aux États-Unis et s’est étendu en Ontario et en Australie.

Le mouvement estime que le « programme dangereux » serait « mis de l’avant à travers le monde pour endoctriner nos enfants ».

« Nos enfants [...] méritent d’être protégés contre des corporations sataniques et des activistes radicaux », lit-on également.

Amendements

La seconde lettre qui accompagne la pétition contient quant à elle des demandes plus précises :

  • Révision du programme reflétant la diversité des valeurs, des croyances et des cultures ;
  • Mise en place d’un horaire spécifique qui n’empiéterait pas sur le temps alloué aux autres matières ;
  • Obligation d’informer les parents de l’heure et du contenu de chacun des cours du programme ;
  • Possibilité pour les parents de ne pas envoyer leurs enfants au cours par un simple avis écrit, entre autres ;
  • Exigence que les personnes appelées à enseigner le contenu du programme soient des professionnels certifiés en la matière. (Le Journal de Montréal omettait cette demande dans son article...)

Ce qui achoppe avec le futur programme

Le bilan de la première année du projet pilote implanté dans de nombreuses écoles a révélé plusieurs écueils officiels : manque de formation et de ressources, malaise vis-à-vis du contenu chez certains formateurs. Apparemment, l’opinion des parents plus prudes ou conservateurs n’est pas un écueil officiel, la machine bureaucratique doit avancer selon ses propres critères.

Le matériel pédagogique n’est pas prêt.

Des enseignants ne se sentent pas outillés pour enseigner cette matière et craignent que des écoles peinent à trouver des volontaires.

Le Journal de Montréal a obtenu les canevas pédagogiques fournis aux enseignants en février. La réalité des transgenres et l’avortement n’apparaissaient pas dans les documents du secondaire. Le ministère a depuis précisé au « Journal de Montréal » que ces deux thèmes seront inclus. Voilà qui va vraiment rassurer les parents les plus conservateurs...

Ce carnet dénonce une fois de plus le manque de choix dans la mise en œuvre de ce programme, l’idée d’une taille unique pour tous les parents et leurs enfants.

Voir aussi

Québec — éducation sexuelle : dispense en 1992, aucune exemption en 2015.

Québec — Hypersexualisation des romans à l’école primaire, des parents sonnent l’alarme

Cours d’ECR : les enseignants « marchent sur des œufs » (projection du film [LGBTQ] CRAZY suscite de vives réactions dans les classes multiethniques face à l’homosexualité valorisée à l’écran).

Éducation à la sexualité — les professeurs et syndicat hésitants auraient raison

Québec — Le prochain programme d’éducation à la sexualité sera-t-il obligatoire ou facultatif ?

Du grand journalisme : « Les Ontariens et le sexe » 

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l'augmentation de ceux-ci)

Jordan Peterson sur l'écart salarial, l'imposition des pronoms trans et la gauche radicale


Le genre et l'université : une chape de plomb s'abat

lundi 23 avril 2018

Éducation à la sexualité — les professeurs et syndicat hésitants auraient raison

Selon Réjean Parent dans le Journal de Québec,

[...]

Les syndicats et leurs représentants ont souvent le mauvais rôle, car ils sont appelés régulièrement à réagir aux décisions des autorités, que ce soit celles des employeurs ou des gouvernements. C’est encore plus vrai quand ils ne sont pas associés aux décisions des dites autorités dans un processus de consultation et qu’ils sont confrontés à l’autoritarisme de ces dernières. C’est ainsi qu’on leur accole la réputation d’empêcheur de tourner en rond et de continuellement chercher à faire obstacle aux projets de l’employeur ou du gouvernement, comme dans le cas ci-dessus mentionné. Pourtant la FSE est d’accord pour que soit instauré un tel programme d’éducation à la sexualité, mais elle considère que les conditions pour le mettre en œuvre immédiatement ne sont pas réunies.

[...]

Il me semble que les débats qui ont entouré la question chez nos voisins ontariens devraient inciter à une certaine prudence et faire en sorte que le ministre s’assure de conditions optimales pour l’implantation. Cela, c’est sans compter que l’école est un fourre-tout depuis belle lurette et qu’il y a des limites à ce qu’on peut demander au personnel sans les délester d’autres responsabilités. Après tout, il suffit d’une seule goutte d’eau pour faire déborder le verre.

Le premier responsable de cette résistance des enseignants s’avère le ministre qui fait la sourde oreille aux demandes de rencontres et à la convocation du comité de travail. Occupé à soigner les apparences et à avoir l’air d’agir, le ministre annonce la mise en place de ce programme, sans trop se soucier de la qualité d’exécution, à seule fin de pouvoir faire un crochet supplémentaire dans sa liste d’accomplissements qui nourrira sa campagne électorale. Comme d’habitude, le ministère mettra un peu plus de pression sur les enseignants et pourra même leur imputer les torts d’un échec éventuel. C’est le genre de ritournelle qui ressemble à celle servie sur les échecs de la réforme de 97.

Il va de soi pour beaucoup de monde que l’éducation à la sexualité est une nécessité, cependant il n’est pas certain pour plusieurs personnes qu’elle doit se donner à l’école. En plus de devoir éventuellement gérer des cas d’abus sexuels qui pourraient être révélés par un de leurs élèves, les enseignants seront également confrontés aux résistances et aux interrogations de nombreux parents sur la teneur du programme et leur façon de le dispenser. On comprend rapidement que les enseignants doivent avoir la formation conséquente, le matériel nécessaire et les ressources d’accompagnement pour apaiser les appréhensions de certains parents et pour soutenir des élèves en souffrance.


[...]

Certains parents voulaient connaître les valeurs sur lesquelles se fondait mon enseignement de la morale et j’étais seul à en répondre. J’imagine qu’avec la question délicate de la sexualité, le questionnement sera encore plus insistant et nécessitera des enseignants bien formés pour éviter que l’aventure se transforme en fiasco.


[Note du carnet : si tant est qu’une même réponse d’un « enseignant bien formé » puisse satisfaire tous les parents, la meilleure solution est de donner le plus de liberté aux écoles pour qu’elles enseignent cette éducation à la sexualité d’une façon qui satisfasse leur clientèle. Pour être clair, laisser les écoles catholiques ou protestantes décider de la manière d’inscrire ce programme dans leur tradition confessionnelle.]

dimanche 22 avril 2018

Donner le goût d'écrire aux enfants

Le constat est sans appel, les élèves sont à la peine quand il s’agit de rédiger. Comment surmonter leurs peurs et leurs blocages ?

Écrire un mot d’amour, envoyer un message, écrire une lettre de motivation qui accompagne une candidature, donner des instructions à des collègues, partager son opinion sur les réseaux sociaux. Nous avons besoin de savoir rédiger dans notre vie et ce savoir nous le tenons de l’école. Mais aujourd’hui il y a de quoi s’inquiéter, des rapports sur le système scolaire montrent que presque 40 % des élèves français écrivent très peu, voire presque pas au collège et qu’ils ont un bien trop faible niveau d’expression écrite. Attention, il ne s’agit pas d’orthographe (même si là aussi le niveau est faible) ou de grammaire, mais de la capacité à raconter, décrire, exprimer une opinion ou une idée en rédigeant. La tâche est fort complexe pour les élèves, elle les effraie, et de fait, écrire reste difficile tout au long de la vie, même les écrivains le confient quand on les interroge à ce sujet.

L’émission Rue des écoles de France Culture s’est emparée de ce sujet, car il est d’actualité avec une toute récente conférence sur le rapport du Conseil de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) et une note du Ministre de l’Éducation français lui-même sur l’enseignement du français.

Avec :

Jean-Paul Bronckart, professeur de psychologie à l’université de Genève, membre du Grefe (groupe de réflexion sur le français enseigné), président de la conférence de consensus « Écrire et rédiger : comment accompagner les élèves dans leurs apprentissages ? » (mars 2018).

L’apprentissage de l’écrit et des pratiques de l’écrit pour lui-même n’a que peu été thématisé, en France, dans les programmes scolaires.

Stéphanie Rotary, professeure des écoles, membre de l’AFEF, Association française des enseignants de français

Le travail de l’apprentissage de l’écrit passe essentiellement, en France, par l’École, c’est pourquoi nous devons y consacrer du temps.

Barbara Malenfant Hertog, Professeure de lettres en collège dans l’académie de Versailles et formatrice.

Quand on est sportif, on a un entrainement avant la compétition, sans être noté, pour l’écriture et l’apprentissage en classe, c’est important que cela existe aussi.



(59 minutes)

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Les bienfaits de la lecture sur le cerveau

Les bienfaits de la lecture sur le cerveau

Stanislas Dehaene, psychologue cognitiviste et neuroscientifique préside aujourd’hui le Conseil scientifique de l’Éducation nationale française. C’est en grande partie sur la base de ses travaux que la réforme de l’Éducation nationale française.

Installé dans un bureau confortable du Collège de France où il enseigne, Le Figaro de Paris l’a interrogé.


Il évite d’entrée de jeu la chausse-trape : « ce qu’on appelle intelligence est un concept peu clair du point de vue des sciences cognitives. Il y a de l’intelligence dans beaucoup de choses, dans la main du sculpteur, l’intuition mathématique… Face à la lecture, nous sommes sûrs de peu de choses sauf que sa maîtrise reste indispensable pour un bon apprentissage. Nous avons malgré tout beaucoup d’exemples d’enfants dyslexiques qui se révèlent vers 10 ou 11 ans de brillants mathématiciens, physiciens ou informaticiens. On peut en déduire qu’un enfant qui, à cause d’une dyslexie, a des difficultés à lire n’est pas pour autant inintelligent ».

Stanislas Dehaene n’est pas du genre à faire de long discours sur des thèmes qu’il ne connaît pas. Sans doute un signe d’intelligence. En revanche, dès qu’il s’agit d’évoquer la lecture et le cerveau, c’est autant le passionné que le chercheur qui s’exprime, s’inquiétant d’abord de tout ce qui reste encore à découvrir face aux énigmatiques effets de la lecture. « Nous aimerions savoir, par exemple, si lire augmente l’espace de représentation du cerveau. C’est assez mystérieux, mais la lecture vous plonge parfois dans un état que Marcel Proust a merveilleusement bien décrit. Vous êtes absorbé pendant des heures si le bouquin est bon. Le temps s’efface, tandis que notre esprit est envahi d’images, de dialogues… La lecture peut même induire la perception de certaines odeurs par le cerveau ! Le lecteur est littéralement emporté dans l’esprit d’un autre. Or, on sait aujourd’hui qu’un réseau composé de différentes régions corticales appelé le “réseau de théorie de l’esprit”, correspond à la représentation que nous avons, dans nos cerveaux, de l’esprit des autres. Et je me demande si ce système ne peut pas être considérablement augmenté par la lecture de bons livres… »


Des problèmes à élucider comme celui-là, Stanislas Dehaene, malgré ses nombreuses années de recherches, en tire encore des wagons. Pourtant, l’imagerie cérébrale qui permet de mesurer l’activité des différentes zones du cerveau a accéléré nos connaissances sur les mécanismes cérébraux. Grâce à ces nouveaux outils, nous découvrons que notre cerveau se révèle une formidable machine à s’adapter, trier et traiter des informations. Ce que les scientifiques appellent sa plasticité lui permet de développer des circuits dédiés à une activité. C’est ainsi que Stanislas Dehaene a découvert avec le neurologue Laurent Cohen, que la lecture développe une aire de la forme visuelle des mots, cachée dans la région du cortex occipito-temporal de l’hémisphère gauche. Dans cette région, les circuits neuronaux, conçus pour la reconnaissance des objets et des visages, se recyclent pour déchiffrer l’écriture. « Une reconversion lente, partielle et difficile qui éclaire les échecs de certains enfants, explique le cognitiviste. La comparaison du cerveau de personnes alphabétisées et d’autres qui ne savent pas lire a démontré que cette région, mais également certaines aires visuelles et auditives et leurs connexions, se modifie radicalement au cours de l’apprentissage de la lecture. En fait l’enfant, avant d’apprendre à lire, possède déjà un traitement du langage parlé très élaboré. L’apprentissage de la lecture met simplement en place une interface nouvelle, une porte d’entrée vers le langage qui passe par la vision plutôt que par l’audition. »

La lecture n’est donc pas inscrite dans nos gènes. Rien de surprenant vu qu’un pourcentage réduit d’humains sait lire depuis fort peu de temps. « Nous avons inventé cette nouvelle manière d’utiliser notre cerveau, une sorte de bricolage qui date de quelques milliers d’années à partir de la représentation sonore des mots », rappelle Stanislas Dehaene.

La première erreur est de penser que chaque enfant est différent.

Ce qui reste incroyable, c’est que cette zone de la lecture est la même pour tout le monde. Elle dépend de connexions spécifiques préexistantes dans l’hémisphère gauche pour 96 % des humains. Pour les autres, dont un tiers des gauchers, elle se localise dans l’autre hémisphère, en un point exactement symétrique, suivant ainsi la latéralisation du langage parlé. Malgré sa plasticité, le cerveau ne peut pas faire feu de tout bois : son organisation est contrainte, et seul un circuit bien précis peut se recycler pour la lecture. Pourquoi ? Encore un mystère.

En revanche, ces découvertes devraient permettre d’éviter certaines erreurs dans l’enseignement futur de la lecture. La première est de penser que chaque enfant est différent. Ce n’est pas vrai puisque c’est le même circuit qui fonctionne de la même manière pour tous pendant l’apprentissage de la lecture. « L’idée que les enfants possèdent différents styles d’apprentissage, par exemple l’un visuel et l’autre auditif, est un “neuromythe” ; tout le monde apprend de la même manière, il existe juste des différences de vitesse d’apprentissage, résume notre neuroscientifique. Ce qui est bénéfique en général pour l’apprentissage de la lecture est donc bénéfique pour tous les enfants. »

Essayer de passer directement du graphisme au sens est une autre erreur. « Cette méthode de reconnaissance globale de la forme des mots, que j’ai beaucoup dénoncée, fonctionne mal, car elle ne fait pas appel aux circuits cérébraux normaux de la lecture qui, dans l’hémisphère gauche, mettent en relation les graphèmes et les phonèmes », explique Stanislas Dehaene. « Même si l’enfant parvient à mémoriser quelques mots, l’approche globale ne lui permet pas de décoder des mots nouveaux. » Or c’est un système de décryptage complet, avec toutes ses nuances, qu’exige la lecture efficace. L’enquête de Roland Goigoux l’a confirmé récemment : plus les premiers mois d’école se concentrent sur ce décodage, plus l’enfant progresse vite.


Dans bien d’autres domaines, les effets de la lecture ont été expérimentés, révélant ses étranges qualités. C’est par exemple un formidable outil de distraction. Au sens de divertissement, bien sûr, mais aussi, et c’est ce qui intéresse plus les scientifiques, dans sa faculté à « occuper le terrain ». En effet, explique Stanislas Dehaene, « notre espace de travail, dans le cortex préfrontal, ne peut pas réfléchir à deux choses à la fois ». C’est pourquoi se plonger dans la lecture dissipe les autres pensées, même les plus nocives.

Des chercheurs de l’université du Sussex ont ainsi conditionné des personnes volontaires dans un état de stress, puis testé sur celles-ci différentes méthodes de relaxation. Menée par le Dr David Lewis, cette expérience a montré que lire réduit de 68 % le taux de stress : mieux que la musique (61 %), boire une tasse de thé ou de café (54 %) ou marcher (42 %). « Lire est plus qu’une simple distraction, confirme le Dr Lewis. Cela implique une participation active de l’imagination, les mots stimulent la créativité modifiant l’état de conscience. Le temps s’arrête et cela débouche en à peine six minutes de lecture sur des bénéfices évidents pour la santé. »


Cette mobilisation de la conscience ne créerait pas seulement des espaces de détente pour l’organisme, mais aurait des effets bénéfiques sur le long terme. Il apparaît que les réactions cérébrales pendant la lecture sont proches des réactions en situation réelle. En ressentant ce que vivent les personnages, le cerveau vit des expériences vraies. Et, comme la lecture enrichit l’expression orale (on utilise des phrases plus complexes quand on est lecteur), elle alimente aussi la qualité de compréhension du monde et des autres, de leurs émotions comme de leurs comportements.



« Toute pensée consciente correspond à l’envahissement de l’espace du travail global du cerveau, décrypte Stanislas Deheane. Quand vous lisez, par exemple un roman policier, suivre l’histoire parfois complexe mobilise cet espace du travail conscient. Pendant ce temps, vous ne pouvez pas l’utiliser pour développer votre anxiété, par exemple. L’anxiété c’est l’inverse : c’est l’envahissement de ce réseau conscient par des pensées parasites et négatives. »

Contrairement aux idées reçues, la lecture n’isole pas et n’éloigne pas de la réalité. C’est même l’inverse que constatent les scientifiques. Des régions identiques du cerveau s’activent quand on lit ou quand on pratique la méditation en pleine conscience. Les six minutes de lecture dans le calme évoquées par le Dr David Lewis suffisent à ralentir le rythme cardiaque et soulager certaines tensions musculaires.

Dans les pays anglo-saxons, on développe depuis de nombreuses années des techniques de bibliothérapie, dont l’Américaine Sadie Peterson Delaney, qui a travaillé avec des malades mentaux, mais aussi avec des traumatisés de la guerre mondiale, fut une pionnière. En lisant des contes et des histoires oniriques à voix haute, a-t-elle remarqué, les soldats se sentaient mieux, sans savoir à l’époque qu’ils protégeaient ainsi l’espace du travail conscient de leur cerveau que les neuroscientifiques n’avaient pas encore découvert.

Ce caractère apaisant de la lecture a aussi été confirmé pour le sommeil. Il vaut mieux lire au lit avec une veilleuse. Et éviter également les ouvrages de 800 pages aux intrigues parfaites, au risque de ne lâcher l’ouvrage qu’au petit matin ! Mais en l’apaisant, la lecture prépare l’organisme à glisser dans un sommeil plus réparateur.

Le dernier point sur lequel les chercheurs se penchent énormément est l’utilité de la lecture face au vieillissement et aux maladies dégénératives. Sans surprise, lire aide à maintenir son cerveau en forme. Outre qu’elle entretient la mémoire, la lecture semble retarder aussi les symptômes de certaines maladies neurodégénératives. Une étude réalisée sur le long terme incluant 294 participants a ainsi révélé que des lecteurs réguliers présentaient 32 % de risques de dégénérescence mentale en moins que d’autres ayant une activité mentale moyenne. Pour des maladies comme Alzheimer, les résultats sont plus difficiles à analyser. Mais il semble que même si elle commence tard, la pratique régulière de la lecture, en mobilisant le cerveau, maintient un réseau de connexions plus redondant et donc plus robuste.

Dans son laboratoire, Stanislas Dehaene a pu voir concrètement ces différences, en comparant notamment des cerveaux de lecteurs et ceux de personnes ne sachant pas lire. « On s’aperçoit très clairement que leur cerveau est différent, certaines connexions corticales à longue distance sont nettement plus efficaces chez les lecteurs. D’autres travaux, chez l’animal, montrent à quel point l’enrichissement de l’environnement augmente les arborisations dendritiques des neurones. Pour moi, c’est une métaphore de l’impact de l’école et de la lecture. L’enrichissement extraordinaire que la scolarisation apporte à l’enfant modifie littéralement son cerveau. »





CIA en 2001 prévoyait que population russe serait de 130 millions en 2015, elle était de plus de 143 millions

La CIA en 2001 prévoyait que la population russe serait de 130 à 135 millions en 2015, elle fut en réalité de plus de 143 millions. Elle est désormais de près de 147 millions depuis le référendum en Crimée qui ramena celle-ci dans le giron russe. Que s’est-il passé pour que cette prévision à court terme se soit révélée fausse à ce point ?

Extrait de la page 19 du rapport Global Trends 2015 de la CIA
(publié le 13 décembre 2000)


C’est à cette question que répond Alexandre Latsa dans la vidéo ci-dessous.



En résumé :
  • la fécondité est passée de 1,19 enfant par femme en 1999 à 1,76 enfant par femme en 2016 (en 2017 la fécondité a baissé à 1,61 enfant/femme en raison d’une chute catastrophique des naissances pendant les années Elstine) ;
  • l’avortement est passé de 2 millions en 2000 à 700 000 en 2016 ;
  • la mortalité due à l’alcool, aux meurtres, aux accidents de la route, aux suicides a fortement baissé ;
  • l’immigration est basse (environ 200 000 personnes/an, soit 11 000 immigrés/an ramenés à la population du Québec), il s’agit principalement des Russes ethniques qui quittent les anciennes républiques soviétiques pour revenir à la Mère Russie ;
  • le gouvernement russe a lancé un programme fédéral de soutien aux naissances, dont le volet principal était le Matkapital, une aide financière de 453 026 roubles, soit 10 000 $ canadiens ou 6 471 euros, pour la naissance d’un second enfant (cette somme correspond à 12 salaires mensuels moyens du pays et 5 fois le salaire mensuel moyen de la capitale Moscou) ;
  • les vedettes du spectacle ont montré l’exemple en montrant qu’elles avaient des enfants et que c’était important ;
  • le gouvernement a lancé une campagne « patriotique » nataliste (l’amour de la patrie commence avec la famille) ;
  • depuis le gouvernement a voté de nouveaux volets complémentaires pour stimuler la naissance du premier enfant, via notamment une allocation mensuelle de 10 500 roubles (30 % d’un salaire moyen du pays) pendant une période de 18 mois et des fortes diminutions des taux d’intérêt sur les hypothèques pour l’achat d’un bien immobilier pour des périodes de 5 ans ;
  • modernisation des hôpitaux et des polycliniques pour enfants ;
  • une situation économique qui s’est grandement améliorée depuis l’an 2000 (malgré des sanctions américano-européennes depuis quelques années) ;
  • résurgence de l'église orthodoxe et de son message vitaliste : 3 églises s'ouvrent chaque jour en Russie.

Le président Poutine présente la médaille de la Gloire parentale aux parents de plus de 7 enfants

Le Matkapital

Le gouvernement de Vladimir Poutine a instauré, en 2006, le capital maternel. Cette politique familiale nataliste a été mise en place dans le but d’encourager les familles à avoir plus d’enfants. En 2015, le montant du capital maternel alloué aux femmes était de 453 000 roubles, soit l’équivalent de 8 915 dollars canadiens, selon le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS). Cette politique définit une norme reproductive qui suggère un minimum de deux enfants.

Bien que l’argent soit dédié aux femmes, ces dernières ne peuvent l’utiliser à leurs propres fins. « Il n’y a que trois possibilités d’utilisation : l’amélioration des conditions de logements, le financement de l’éducation des enfants et l’investissement de l’épargne-retraite de la mère », remarque Svetlana Russkikh. Ce capital qui doit être utilisé comme un coupon est uniquement destiné aux femmes. Les hommes ne peuvent qu’en bénéficier dans des cas d’exceptions, notamment si l’épouse décède ou s’il y a déchéance des droits parentaux.

Le montant global attribué par le gouvernement ne fait toutefois pas l’unanimité. « La somme que l’État octroie ne stimule pas la croissance des naissances, mais [elle] appuie plutôt les mères qui ont décidé d’avoir deux enfants et plus », considère Inga Arshavskaïa, une gynécologue qui a elle-même bénéficié du capital maternel. Selon la résidente de Saint-Pétersbourg, la somme est insuffisante pour réellement peser dans la balance.

Svetlana Russkikh affirme qu’une famille doit employer des ressources supplémentaires pour tirer profit du capital en ville. « [Pour se loger à Moscou], la somme du capital maternel ne permet que d’acheter quelques mètres carrés », enchaine-t-elle. De l’autre côté, les plus riches peuvent s’en passer. « Notre hôpital s’occupe des patientes plutôt aisées et leur décision d’avoir des enfants ne dépend pas de celui-ci », rectifie Inga Arshavskaïa.

Pour Yakov Rabkin, ce capital permet de redorer l’image de la femme. « Elles ont souffert le plus dans cette transformation politique et ce capital est une façon de leur donner une place d’honneur dans la société même si elles ne travaillent pas », constate-t-il. Cette valorisation en tant que mère ne date pas d’hier. « Lors de la période soviétique, les mères qui avaient plus de cinq enfants avaient un titre, ajoute-t-il. Elles étaient appelées “mères héroïnes”. »

Le rôle « traditionaliste » de la femme prend de plus en plus d’ampleur dans la société russe. Le gouvernement milite en faveur de la natalité, mais accorde aussi une réelle importance au rôle central de la mère, considérée comme le noyau de la famille. « Dans la vision traditionnelle, l’image d’une femme sans enfant, c’est l’objet de pitié, de compassion et de protection », explique Yakov Rabkin. Plusieurs autres mesures sont employées pour faire la promotion de la femme mère, telles que des affiches publicitaires et des concours.

À titre d’exemple, Mets au monde un patriote au jour de la Russie est un concours riche en popularité qui a lieu le 12 septembre, soit neuf mois précédant la fête nationale de la Russie. « Le 12 septembre est défini comme un “jour de conception” en vue d’un accouchement symbolique le 12 juin, jour de l’adoption de la Déclaration de Souveraineté de la Russie », complète Svetlana Russkikh. Les grands gagnants bénéficient de prix insolites tels que des voitures neuves. Une panoplie de concours de ce type a été mise sur pied pour illustrer le modèle familial à suivre.
Campagne nataliste gouvernementale : « Le pays a besoin de votre record »

Voir aussi

Québec : L’indice synthétique de fécondité à 1,54 enfant par femme en 2017 (même indice qu’en 1997)

Russie — généreuse prime à la naissance, allocation mensuelle et hypothèque moins chère pour les familles

samedi 21 avril 2018

L'État-providence : une pompe aspirante pour tous les immigrants « illégaux »

Chronique de Mathieu Bock-Côté sur la crise des immigrants illégaux au Québec. Le texte en italique est de ce carnet.

On veut nous faire croire que le Québec s’apprête à connaître une vague sans précédent de réfugiés à la frontière américaine, par le désormais célèbre chemin Roxham. Mais c’est faux. À jouer avec les mots, on fausse notre perception de la réalité.

Gendarme au chemin Roxham transformé en porteur et voiturier

Réfugiés ?

Comme l’été passé, mais en de plus vastes proportions, le Québec subira une vague d’immigrants illégaux, traversant la frontière avec la complicité du gouvernement fédéral et la bénédiction du système médiatique. Ce dernier nous les présente comme les damnés de la terre auxquels nous serions obligés d’ouvrir nos portes, sans quoi nous manquerions de cœur.


Ils seront 400 à arriver quotidiennement, et c’est le Québec qui devra payer les infrastructures nécessaires à leur accueil. À Montréal, les écoles débordent. Évidemment, nous avons des responsabilités humanitaires, et personne ne les renie. Mais ce n’est plus de cela qu’il s’agit. Notre système social fonctionne à la manière d’une pompe aspirante pour les illégaux, et le droit des réfugiés, complètement détourné et instrumentalisé, ouvre une nouvelle vanne pour favoriser une migration massive et continue.

Nous le savons, la grande majorité de ceux qui traversent la frontière sont de faux réfugiés qui se fichent du système légal canadien et des règles mises en place pour accueillir ceux qui veulent vivre ici ou demander notre aide. Ils trichent et prennent la place de ceux qui suivent les règles. Nous le savons aussi, le système de renvoi de ceux qui voient leur demande refusée est terriblement inefficace.


Frontière


Le commun des mortels se demande : pourquoi le gouvernement fédéral ne fait-il pas respecter la frontière, qualifiée par François Legault de « passoire » ? Pourquoi est-ce le Québec qui doit prendre la facture pour les « invités de Justin Trudeau » — je cite Jean-François Lisée. L’immigration illégale heurte les fondements de notre société. L’essentiel n’est pas d’en atténuer les effets négatifs, mais de l’arrêter.



Les écoles pleines à craquer, qui paie ?

Dans l’ensemble du Québec, 2500 enfants sont venus s’ajouter au réseau scolaire l’été dernier, a estimé le Premier ministre Philippe Couillard hier.

« Ça, c’est comme cinq écoles de plus d’un coup. Ce n’est pas vrai que tu peux ajouter cinq écoles chaque été. »

Au-delà des locaux, il faut aussi trouver plus de profs spécialisés en francisation alors qu’une pénurie de personnel sévit. « On se les arrache tous », dit Mme Guillemette.

Les écoles de la région de Montréal ne voient pas comment elles pourront trouver l’espace et les profs pour accueillir le double d’élèves migrants l’an prochain. La vague d’entrée à la frontière de cet été s’annonce encore plus grosse que celle de l’an passé.

« Ça suffit », soupire Maryse Maheux-Dion, directrice de l’école primaire Saint-Noël-Chabanel, dans l’arrondissement de Saint-Michel à Montréal.

L’an passé, elle avait cinq groupes de jeunes qui ne parlent pas encore français. En quelques mois à l’automne, ce nombre a presque triplé.

Son école de plus de 1000 élèves compte maintenant 14 classes d’accueil.

Rappelons que chaque élève coûtait déjà en moyenne 12 000 $ au Trésor public en 2010 chaque année... L'instruction de ces 2500 enfants coûtera donc 30 millions par an aux contribuables. Or les parents de ces jeunes « réfugiés » sont le plus souvent sous-diplômés, c’est pourquoi ils n’émigrent pas par le système d’immigration régulière. Ils ne paieront donc jamais ce simple poste de dépenses annuelles avec leurs impôts.

Justin Trudeau avait déclaré, le 7 septembre 2017 : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. »

Étonnamment le Premier ministre au Québec, Philippe Couillard, l’avait applaudi sans rien demander en retour. Pourtant, il savait que l’arrivée au Québec, d’un flux aussi massif de demandeurs d’asile allait nécessiter des ressources financières et matérielles supplémentaires.

Pour Mario Dumont, Justin Trudeau après avoir fait ce vibrant appel est en train de créer des masses de futurs clandestins au Québec. Rappelons que le Canada rejette ainsi 90 % des demandes d’asile faites par des Haïtiens.

Des années en attente

À la base du problème, la hausse fulgurante des temps d’attente avant que soit traitée une demande. La loi prévoit qu’un demandeur d’asile au Canada devrait voir son dossier traité en 60 jours. Présentement, les gens sur le terrain nous parlent plutôt de délais de l’ordre de 23 mois. La machine est engorgée par le nombre de cas.


Le gouvernement Trudeau nous promet de nouvelles ressources pour réduire ces délais. Avec la hausse prévue du nombre de demandeurs d’asile cette année, ce sera déjà beau s’ils parviennent à empêcher la détérioration des délais. Aux 23 mois pour voir sa cause entendue, il faut ajouter le temps d’obtenir le jugement, puis les délais d’appel pour ceux dont la demande est rejetée.

En somme, une personne qui ne respecterait aucun des critères pour obtenir le statut de réfugié au Canada pourrait néanmoins passer des années au pays. Trois, quatre, cinq. La famille pourra aussi s’être agrandie durant cette période. Des enfants qui seraient nés au cours de ces années seraient par définition des citoyens canadiens ayant vu le jour sur notre sol. Vous voyez la situation se compliquer...

Les personnes qui ne répondent pas aux critères pour devenir réfugiés finiront par se faire dire non par les autorités canadiennes. Quels seront alors les choix disponibles ? Retourner dans leur pays d’origine, après quelques années vécues au Canada, risque d’être peu tentant.

Bien des gens ne se présenteront tout simplement plus aux autorités et choisiront de vivre clandestinement au Canada. Une vie sous le radar. Un travail au noir, une vulnérabilité terrible. Mais une vie en sol canadien sera malgré tout perçue comme une meilleure chance de réussite pour leurs enfants.

Jouer le système

Ne soyons pas naïfs : c’est exactement ce que les passeurs vendent. Je te rentre au Canada. Tu n’obtiendras pas le statut de réfugié, mais les délais sont longs et tu vas pouvoir vivre là pendant quelques années. Ensuite, on verra.

Le Canada se retrouvera devant le terrible dilemme : expulser des familles ou passer l’éponge sur des années de lois bafouées, comme si les lois du pays étaient une farce.

Justin Trudeau veut-il vraiment laisser un nouveau problème d’immigration clandestine en héritage ? J’y réfléchirais à deux fois.

Bonus


Reportage publicitaire de la société radiotélédiffusion d’État (CBC) filmé dans deux écoles de Winnipeg (Manitoba). Les derniers qui encouragent les Jets (de Winnipeg) sont les francophones (majoritaires au Manitoba quand celui-ci s’est joint à la Confédération), ils ne donnent ni leur origine ni la langue qu’ils utilisent, contrairement aux autres élèves. Ils disent « Vas-y Jets », il faudrait sans doute dire « Allez les jets ! »