dimanche 1 septembre 2019

Priorité : Des écoles s’adaptent aux élèves « trans »

Des écoles de la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud de Québec, devront mettre en place des mesures pour mieux accueillir les élèves transgenres et non binaires, une première dans la région.

Le conseil des commissaires a adopté hier soir la Politique relative aux mesures d’ouverture et de soutien aux élèves trans et non binaires.


L’objectif est d’établir des règles claires entourant l’accueil des élèves dont l’identité de genre ne correspond pas à leur sexe biologique et de ceux qui ne s’identifient ni au sexe masculin ni au sexe féminin, explique la directrice des services éducatifs, Pascale Girard-Toupin.

Cette politique n’a pas été élaborée en réponse à des questions provenant des directions d’école, mais plutôt pour se préparer à faire face à ces enjeux, précise-t-elle. Comprendre : imposée par la hiérarchie et non la réalité de terrain.

« Ça nous permet d’être proactifs, afin que notre personnel se sente plus outillé et à l’aise d’intervenir » face à ces réalités [euh... certainement pas biologiques], a-t-elle affirmé lors d’un entretien avec Le Journal.

Désigner l’élève par le sexe qu’il s’attribue

La politique repose d’abord sur le principe d’auto-identification : les élèves transgenres devront être identifiés par le prénom et le sexe qu’ils ont choisis, même si aucun changement n’a été fait au dossier administratif de l’élève.

Les élèves transgenres ou non binaires devraient aussi pouvoir utiliser les toilettes et les vestiaires dans lesquels ils se sentent le plus à l’aise.

Il est aussi recommandé d’éviter que les codes vestimentaires ciblent un sexe en particulier. Plutôt que d’écrire « les filles ne doivent pas porter de jupes courtes », il est préférable d’opter pour la formule « les jupes courtes ne sont pas permises », peut-on lire dans le document.

Lors de différentes activités, les écoles doivent aussi éviter de séparer les élèves selon le sexe.

Endoctrinement

Des activités de formation devront aussi être offertes au personnel scolaire. Déjà l’an dernier, toutes les directions d’établissements — au primaire, au secondaire, en formation professionnelle et à l’éducation des adultes — ont participé à un atelier de « sensibilisation » sur « ces réalités » [à nouveau ! alors qu’il s’agit d’idéologie !].

Mme Girard-Toupin précise par ailleurs que les élèves transgenres ou non binaires sont habituellement secondés de professionnels qui les accompagnent dans leur démarche, ce qui « réduit les risques » d’entreprendre une démarche non fondée.

La CSDM pionnière

La commission scolaire de Montréal (CSDM) a été la toute première à adopter des directives qui visent à répondre aux besoins des élèves transgenres, dès 2016.

Depuis, d’autres commissions scolaires ont emboîté le pas, notamment au Lac-Saint-Jean et à Trois-Rivières.

L’an dernier, un guide rédigé en collaboration avec le ministère de l’Éducation a aussi été publié afin de soutenir les élèves transgenres en milieu scolaire.

D’autres changements à venir

Après avoir aménagé 45 toilettes non genrées sur son campus, l’Université Laval a amorcé des travaux qui visent à modifier ses systèmes informatiques et ses documents « pour permettre à toutes les personnes d’être identifiées selon le genre souhaité », indique sa porte-parole Andrée-Anne Stewart.

Des cases additionnelles pourraient être ajoutées sur des formulaires, par exemple.

L’administration universitaire espère terminer ces travaux d’ici deux ans.

Des toilettes neutres dans les cégeps

Dans le réseau collégial, plusieurs établissements ont des toilettes neutres, identifiées comme telles, depuis déjà quelques années.
Ces installations existent dans tous les cégeps de la région de Québec.

Des formations sur la « réalité » des personnes transgenres ont aussi été données dans la majorité des cégeps.


Source : TVA, mais cela pourrait être Radio-Canada, La Presse ou Le Devoir... pourquoi subventionner des médias qui adoptent tous le même point de vue sur cette nouvelle « réalité » ?

Davantage d'éducation sexuelle réduit-il les infections sexuellement transmissibles ?

L’imposition de davantage d’heures consacrées à l’éducation à la sexualité pour lutter contre un regain dans le nombre de cas de maladies vénériennes est devenue une vieille scie. On l’utilise depuis que les cours d’éducation sexuelle ont été introduits dans les années soixante sans que ces infections ne diminuent...

D’emblée, clarifions les choses : la question n’est pas vraiment de savoir si « les cours d’éducation sexuelle ont leur place à l’école » (même sous Duplessis des prélats catholiques y souscrivaient). Il faut aussi souligner qu’il est faux de prétendre que ces cours avaient jamais vraiment disparu au Québec, ils variaient plutôt d’une école à une autre, voir ci-dessous une capture d’écran du site du ministère en janvier 2017 qui nous le rappelait.




La question est de savoir si davantage d’éducation sexuelle sous la forme proposée par le Monopole de l’Éducation du Québec (et plus généralement dans les écoles progressistes en Occident) réduit les infections liées à la sexualité. En d’autres mots, parler de prophylaxie alors qu’on insiste en même temps sur la liberté sexuelle, sur le plaisir individuel dès le plus jeune âge, sous toutes ses formes, avec de nombreux partenaires, n’est-ce pas contradictoire ou pour le moins peu efficace ?

Poser la question dans les termes « pour ou contre l’éducation sexuelle », c’est fausser le débat. C’est vouloir rallier le commun des mortels à la position du « oui, bien évidemment » et mettre la table en de tels termes que ceux qui s’opposent à CE programme d’éducation à la sexualité passent pour des olibrius attardés.

Les associations comme la Coalition pour l’éducation à la sexualité prétend qu’il faut davantage d’éducation à la sexualité pour lutter contre la recrudescence des maladies vénériennes : « Les maladies transmissibles sexuellement sont aussi en hausse. Les cas déclarés d’infection à la chlamydia ont doublé chez les 15 à 24 ans depuis 2008. »

L’idée qu’il y a un rapport entre la fin des cours de formation personnelle et sociale (mais pas la fin de cours sur la sexualité, rappelons-le) et l’augmentation des infections transmises sexuellement n’est pas fondée. Rien ne prouve qu’il y ait causalité. En effet, d’une part, il y avait encore des cours d’éducation à la sexualité (variables d’une école à l’autre) mais, d’autre part, il y a eu une recrudescence des IST dans les pays occidentaux ces dernières années sans qu’il y ait eu de changement dans l’éducation à la sexualité (États-Unis, Suède, Pays-Bas). Voir le graphique ci-dessus sur l’augmentation rapide et soutenue de cas de chlamydias, de gonorrhées et de syphilis aux États-Unis tous états confondus, on ne sache pas que des cours d’éducation à la sexualité y aient été abolis.


L’Ontario a déjà, depuis de nombreuses années, un cours d’éducation sexuelle (un cours à part et non enseigné de manière transversale) où l’on informe les élèves des maladies vénériennes et des moyens de s’en protéger. Est-ce que cela veut dire que l’Ontario a connu une moindre augmentation dans les infections transmises sexuellement que le Québec ? La réponse courte est non. Ces infections sont en hausse dans tout le Canada, avec une plus grande fréquence pour la chlamydia et la gonorrhée dans certaines régions peuplées par de nombreux Amérindiens et Inuits. Et bien sûr ces infections touchent toujours d’abord les jeunes dans nos sociétés à la sexualité permissive et précoce. Ce n’est pas une nouveauté ni une « catastrophe » récente.

Les cas d’infections sexuellement transmissibles augmentent dans les milieux homosexuels (mâles). Qui peut prétendre que c’est par « ignorance » des moyens prophylactiques ?

Taux et cas signalés d’infection à Chlamydia trachomatis, d’infection gonococcique et de syphilis infectieuse (pour 100 000 habitants) 2002, 2010 et 2011, Canada
Année  Infection à Chlamydia   Infection gonococcique   Syphilis infectieuse 
Cas Taux Cas Taux Cas Taux
2002 56 266   179,5  7 365   23,5 482  1,5 
2010 93 329   273,7  10 743   31,5 1 698  5,0 
2011 100 044   290,4  11 397   33,1 1 757  5,1 

Des augmentations similaires des taux d’infections transmissibles sexuellement à déclaration obligatoire étaient observées en Australie, en Angleterre et aux États-Unis des pays avec des programmes scolaires et d’éducation sexuelle très divers. Les campagnes de prévention hédoniste comme celle de 2009 ci-dessous ne semblent pas avoir d’effet, ce n’est pas étonnant.


Extrait de Chlamydia au menu (vos impôts québécois à l’œuvre !)



Hausse de 35 % des cas de chlamydia en Ontario entre 2008 et 2012...


La hausse du taux d’infection est constante depuis de nombreuses années


Chlamydia frappe les jeunes en Ontario aussi

Il en va de même pour la gonorrhée en Ontario, malgré (?) les cours d’éducation sexuelle


Forte augmentation des cas de syphilis infectieuse en Ontario depuis 2008 (près de deux fois plus en 2012 qu’en 2007)

De même en Suède, malgré l’éducation sexuelle très explicite, on assiste à une recrudescence des maladies vénériennes.



Intégrer l’éducation à la sexualité dans le cours d’éthique et culture religieuse

Le ministre Jean-François Roberge envisagerait d’intégrer l’éducation à la sexualité dans le cours d’éthique et culture religieuse (ECR), qui fera l’objet d’une réforme au cours des prochains mois.

En entrevue avec Le Devoir, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a dit que cette hypothèse fera partie du vaste chantier sur la révision du cours ECR qu’il compte lancer prochainement.

 
Le ministre Roberge (à droite)

« Il y a déjà des gens qui m’ont dit : “Vous allez revoir ce cours-là [ECR] qui traite du savoir-être, des valeurs, du respect de soi, de l’acceptation de l’autre. Est-ce qu’on pourrait intégrer ça [l’éducation à la sexualité] au contenu ?” Je suis très ouvert à ça. L’éducation à la sexualité pourrait en faire partie. Ce n’est pas réglé, je lance un chantier sur la réforme du cours éthique et culture religieuse dans les prochains mois. On va le faire pour vrai », a dit le ministre, rencontré à son bureau de Montréal.

L’éducation à la sexualité est obligatoire pour une deuxième année dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. L’implantation du programme s’est faite de façon inégale d’une école à l’autre, selon les syndicats d’enseignants.

Notons que le programme d’ECR aborde déjà depuis plus de dix ans les problèmes éthiques liés à la sexualité ou à la bioéthique. Voir Cahier ECR : « je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore », Activité en éthique pour des enfants de 13-14 ans (limites et désirs sexuels), Omissions et critiques pédagogiques du chapitre sur le clonage d’un livre d’ECR pour la 2e secondaire. Le collège Loyola s’était d’ailleurs opposé en Cour suprême au fait que lors de ces discussions en classe d’ECR les enseignants de cette école catholique devraient rester neutres devant des propos qui iraient à l’encontre des principes catholiques (l’exemple donné était une vie dissolue de Don Juan). Bref, il n’y a rien de bien neuf dans l’intégration de discussions à la sexualité en ECR.

Pour l’instant, le programme d’éducation à la sexualité n’est pas un cours en bonne et due forme, mais plutôt une série de « contenus » qui doivent être livrés dans l’enseignement d’autres disciplines. La matière doit être enseignée entre cinq et quinze heures par année, selon le niveau scolaire. Chaque école doit trouver — ou désigner — des volontaires pour enseigner l’éducation à la sexualité. Les profs sont souvent mal à l’aise de parler de sexualité aux élèves.

« L’idée d’avoir des contenus [d’éducation à la sexualité] qui appartiennent à un vrai cursus, avec des professeurs dont le mandat est de donner des notions spécifiques et qui sont formés pour ça, je pense que c’est porteur. Ça va faire partie des choses sur lesquelles on voudra consulter », affirme Jean-François Roberge.

« Le cours est bon, j’y tiens »

Quand on demande au ministre de faire un bilan de la première année du programme d’éducation sexuelle, il répond : « Il y en a dans toutes les écoles, il y a de plus en plus de profs qui sont formés et le programme est bon. J’y tiens. »

Campagne contre les IST en 2010
La Coalition pour l’éducation à la sexualité a critiqué cette semaine le peu de ressources consacrées au programme. Cette sortie faisait suite à l’agression présumée homophobe subie dans Charlevoix par le designer Markantoine Lynch-Boisvert et son conjoint, qui ont reçu des coups à la sortie d’un bar. Le nombre de crimes haineux homophobes rapportés au Québec a bondi de 12 à 42 entre les années 2015 et 2017, selon la Coalition.

On notera donc que l’école ne doit pas impartir des connaissances dans ce domaine, mais réformer des comportements.
C’est déjà le but du volet religieux : imposer une vision de la multiplicité religieuse : la valoriser du moment que les gens ne sont pas trop religieux, ne croient pas trop en leur religion. Voir à ce sujet cet aveu : « Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale... »

Le Devoir reproduit ensuite diligemment l’argument de la Coalition usé jusqu’à la corde « Les maladies transmissibles sexuellement sont aussi en hausse. Les cas déclarés d’infection à la chlamydia ont doublé chez les 15 à 24 ans depuis 2008. Ça témoigne de l’importance de l’éducation à la sexualité à l’école. » Or, d’une part il est faux que les enfants depuis 2008 n’étaient pas informés des infections liées à la sexualité (voir ECR, voir les campagnes comme celle de 2010 illustrée ici). Ils ne le seront guère plus avec le nouveau programme puisqu’on y a surtout ajouté des aspects comme la théorie du genre, le sextage ou la cyberintimidation.

D’autre part, il y a eu une augmentation des infections liées à la sexualité ailleurs en Occident alors qu’il n’y avait pas eu de changement dans les programmes d’éducation à la sexualité. Cet argument galvaudé, pris pour argent comptant par tous les médias québécois, mériterait d’être reproduit avec plus de scepticisme. Voir Malgré l'éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède, Le cours d'éducation sexuelle ontarien évite-t-il l'augmentation du nombre de maladies vénériennes ? , Sexologue clinicienne : « les cours de sexualité en milieu scolaire font fausse route »



Campagne subventionnée en 2009/2010 contre les maladies vénériennes dans les cégeps


Aucune exemption accordée selon le ministre

Combien d’élèves ont été exemptés de cette formation à la demande de leurs parents ? « Aucune demande d’exemption n’a été portée à mon attention », répond le ministre Roberge. Plus tard, son cabinet a précisé que les demandes d’exemption se règlent dans chaque école. Le Ministère ne serait informé qu’en cas de désaccord entre l’école (ou la commission scolaire) et les parents. Cela n’est pas arrivé, selon le ministre.

Pas de nouveau programme ECR pour septembre 2020

Le cours éthique et culture religieuse a été introduit en 2007 par le gouvernement libéral de Jean Charest. Il vise notamment à faire aux élèves un portrait des grandes religions, après la déconfessionnalisation des écoles publiques du Québec. Le cours a été critiqué par les tenants de la laïcité comme une plateforme de promotion des religions, ce que conteste le ministère de l’Éducation.

« Si je pensais que le cours éthique et culture religieuse était parfait, je n’y toucherais pas, nuance le ministre Roberge. Je ne parle pas de l’abolir, mais je suis prêt à en faire une révision en profondeur. »

La consultation portera sur ce qu’il faut garder du cours ECR, ce qu’il faut exclure et ce qu’il faut ajouter, précise le ministre. « Éthique, je le garde. Citoyenneté, il va y avoir des éléments de connaissance de l’autre, dont la religion de l’autre, ça fait partie de ça, je ne veux pas l’évacuer au complet. »

Le ministre de l’Éducation exclut que la nouvelle mouture du cours ECR soit prête pour la prochaine rentrée scolaire, en septembre 2020. Il prévient que le processus prendra plusieurs mois.

« On parle d’élaborer un cours qui part du primaire et qui se rend jusqu’à la fin du secondaire. Quand tu changes un cours, il faut que tu le testes, tu ne peux pas faire ça tout seul dans ton bureau. Il faut former les gens. On ne peut pas demander à des gens qui ne savent pas ce qu’est le cours de l’enseigner. Ça va prendre un certain temps. C’est un chantier important. Ça touche les valeurs, ça touche des choses qui sont sensibles [sic : épineux, délicats], alors on va prendre le temps de bien le faire. »

Voir aussi

Thèse doctorale — Des enseignants d’éthique loin d’être neutres ?

« Le sexe à l’école. L’amour nulle part. »

Éducation sexuelle : « les pompiers pyromanes »

Avortement — « le débat est clos » selon les médias et l'intelligentsia autoproclamée (rediff)

Certains chroniqueurs ont récemment affirmé avec l’aplomb qui les caractérise que le débat sur l’avortement était clos, il existait un « consensus canadien » sur ce sujet. Aucun chiffre ou sondage ne venait étayer cette affirmation péremptoire. Nous croyons donc opportun de republier ce billet qui indique bien que dès qu’on se penche dans le détail, dès qu’on nuance, dès qu’on pose des questions, le « consensus » médiatique sur cette question n’est pas certain. Rappelons que d’innombrables pays légifèrent sur l’avortement interdisant par exemple les avortements au-delà de 24 semaines, au Canada ce serait un tabou « consensuel », mais apparemment pas dans la population.

Billet originel du 11 mai 2012

20.000 manifestants à Ottawa, selon les organisateurs, pour la Marche pour la vie 2012

Il y a quelque chose d'admirable avec les « progressistes ». Dès qu'ils obtiennent une victoire politique, souvent à la suite de nombreux passages par les tribunaux, le débat est clos, on ne peut revenir en arrière. Étrange conception de la démocratie où le peuple décide pourtant et peut toujours revenir sur une décision.

Dernier exemple : l'avortement. Le débat serait inopportun car clos, nous répètent les médias et les autres membres de l'intelligentsia autoproclamée.

Or, tous les sondages semblent indiquer que la population désire revenir sur la situation actuelle en matière d'avortement.

Voici donc quelques chiffres.

L'avortement sélectif en fonction du sexe devrait-il être encadré ?


Sondage Angus Reid, janvier 2012

Vaste majorité des Canadiens contre le statu quo juridique

Rappelons que dans un autre sondage, pan-canadien et réalisé en avril 2011 cette fois, Abacus Data avait avait trouvé que 59 % des Canadiens pensaient que la Loi devrait restreindre l'accès à l'avortement (27 % interdit dès la conception, 32 % interdit après 3 ou 6 mois) et que seuls 22 % des Canadiens sont favorables à la politique actuelle d'avortement illimité.

Notons que 63 % des femmes étaient pour des restrictions à la mi-grossesse, comparativement à 57 % des hommes.

Quand la vie humaine devrait-elle être protégée ?


Selon un sondage réalisé par la firme AbacusData, la majorité des Ontariens s'oppose à ce que des fonds publics financent les avortements effectués dans leur province. Plus de six Ontariens sur dix s'opposent au statu quo et refusent que l'État continue de rembourser tous les avortements dans la province alors que seuls trente pour cent soutiennent cette subvention.

L'Ontario ne publie pas de chiffres précis sur le nombre d'avortements annuels dans la province et le coût associé au financement public de ceux-ci. On estime que l'Ontario dépense au moins 30 millions de $ par an à ce poste.

Saviez-vous que l'Ontario dépense au moins 30 millions de $ par an pour subventionner les avortements ?
Le sondage a en outre révélé que 48 pour cent des Ontariens veulent que toutes les informations sur l'avortement —  le nombre d'avortements et le coût associé à ceux-ci — soient divulguées, alors que seuls 21 pour cent ne pensent pas que ces chiffres devraient être publiés. Par ailleurs, 91 pour cent des répondants n'avaient aucune idée que la province dépense au moins 30 millions de dollars sur l'avortement. Cela est sans doute lié au fait que l'Ontario ne publie pas de chiffres à ce sujet. Pourquoi ce manque de transparence de la part du gouvernement ?

Laquelle de ces options se rapproche-t-elle de votre sentiment ?

Bien que l'immense majorité (81 %) des Ontariens soient contre l'interdiction de tous les avortements, seuls 30 %  pensent que la province devrait payer les frais liés à tous les avortements,  par contre 41 % sont prêts à ce que la province paie pour les avortements qui présentent une urgence médicale.

Voir aussi

De l'avortement à l'infanticide... pour le bien-être de la famille

Dérapage en ECR : enfant prône élimination des trisomiques, devant le frère d'un tel enfant, silence complice de l'enseignant

Le paiement de la contraception et de l'avortement imposé aux établissements confessionnels

« Taire le sexe des foetus pour sauver des fillettes »

Cour de justice de l’Union européenne : respect de l'embryon humain dès fécondation

Débat sur l'avortement : l'ainée est pro-avortement et défend l'ordre établi, la cadette pro-vie veut dialoguer

Denise Bombardier : « On paie des avortements » et dans un cas d'espèce une même femme a avorté « 23 fois » aux frais du contribuable québécois

Seuls 30 % des Ontariens pensent que l'État devrait continuer à rembourser tous les avortements

Complément cour d'ECR — avortements tardifs en Russie, en Espagne et au Québec

Réactions à la suite des propos de Mgr Ouellet sur l'avortement

Erreurs et imprécisions dans le chapitre sur le clonage d'un livre d'ECR pour la 2e secondaire

Omissions et critiques pédagogiques du chapitre sur le clonage d'un livre d'ECR pour la 2e secondaire 






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 30 août 2019

Interculturalisme — jeunes adoptent pratiques de l’islam, comme le ramadan, sans se convertir

Un nouveau phénomène apparaît au Québec : des jeunes qui adoptent certaines pratiques de l’islam, comme le ramadan, sans se convertir, par solidarité avec leurs amis. L’anthropologue Géraldine Mossière en parlait hier, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), lors d’un congrès sur les religions. Les adeptes du ramadan sans conversion sont plutôt neutres au sujet du débat sur le voile.

Géraldine Mossière a tout d’abord comparé des converties à l’islam au Québec et en France, publiant un livre sur le sujet en 2013. L’anthropologue de l’Université de Montréal s’est ensuite penchée sur 44 jeunes, surtout des femmes, qui n’étaient pas musulmanes de naissance, mais fréquentaient les associations musulmanes universitaires de Montréal et des cafés associés à ces associations. « Je me suis rendu compte que beaucoup de ces jeunes adoptaient des pratiques de l’islam sans se convertir, dit Mme Mossière. Le ramadan, des prières, l’interdiction du porc parfois, aussi certaines façons de parler, dire “salam” au lieu de “bonjour”. Ce sont des jeunes qui ont connu à l’école un brassage culturel propice à l’intégration de certaines croyances culturelles. » [Et une valorisation « propice » de cette « richesse » et de cette « diversité », voir le programme ECR...]

« Parfois, ils le font par solidarité avec leurs amis musulmans. Ceux qui ne vont pas jusqu’à la conversion voient les pratiques musulmanes comme du développement personnel, comme le yoga ou la méditation. »

Femmes à la maison, le paradis aux pieds des mamans

Certaines allaient parfois jusqu’à la conversion, souvent par désir de retrouver des rôles féminins plus traditionnels. « Elles se voient comme Québécoises et musulmanes, dit Mme Mossière. Elles adoptent un “islam des origines” épuré du système patriarcal qu’elles associent à la culture des pays musulmans d’aujourd’hui. Souvent, c’est une critique du féminisme de seconde vague où les femmes voulaient s’émanciper. Pour ces converties, les femmes ont beaucoup perdu en accédant au marché du travail, parce que le soir, elles rentrent trop tard pour bien s’occuper de la famille. Elles voient l’islam comme un moyen de revenir au modèle familial de leurs grands-parents, mais en étant plus valorisées que leurs grands-mères, parce que dans l’islam, le rôle de mère et d’épouse est sacralisé et reconnu par Dieu. »

Pour elles, la possibilité de se consacrer au foyer et aux enfants, de faire du bénévolat et d’étudier si elles le désirent, sans obligation de travailler, n’est pas du tout vu comme un modèle machiste. Qu’est-ce qui est machiste alors pour ces converties ? « C’est une bonne question. Des hommes irrespectueux qui considèrent les femmes comme des objets sexuels ou ne valorisent pas leur rôle à la maison. Elles citent très fréquemment le hadith [recueil de paroles attribuées à Mahomet] qui dit que le paradis est aux pieds des mamans. » Pourquoi étudient-elles si elles n’envisagent pas de travailler ? « Travailler, peut-être, quand les enfants sont grands, mais sans obligation. Elles voient leur instruction comme quelque chose qu’elles pourront transmettre à leurs enfants. » Mme Mossière précise que son échantillon ne contenait pas de « radicalisés » voulant imposer l’islam à la société québécoise.

[...]

Ils deviennent musulmans parce qu’ils croient à une vision alternative de la société, une économie de troc, une sensibilité écologiste très forte. Ils veulent une éducation particulière pour leurs enfants, à la maison souvent. Ils voient en l’islam un outil pour développer cette culture alternative. Ça finit par inclure une alternative au modèle féministe dominant. L’islam devient une forme de contestation. [...]

Durant cette deuxième étape de sa recherche sur les conversions à l’islam au Québec, Mme Mossière a remarqué que le phénomène est souvent lié à l’étranger. « On voit beaucoup d’Européens, d’origine maghrébine ou non qui, une fois au Québec, voient que la réaction envers l’islam y est moins négative qu’en France. Ou alors des Québécoises de souche qui découvrent l’islam lors de voyages à l’étranger, de voyages humanitaires parfois. »

Source

jeudi 29 août 2019

La Révolte des élites de Christopher Lasch

Dès 1994, alors que la mondialisation heureuse semblait triompher, le sociologue américain Christopher Lasch avait tout vu des fractures sociales et culturelles que celle-ci allait provoquer. Dix jours avant sa mort, il achevait un testament politique qui dit tout des bouleversements démocratiques actuellement à l’œuvre.

La Révolte des élites a paru il y a près de vingt-cinq ans et semble avoir été écrite avant-hier. Plus qu’aucun essai contemporain, le chef-d’œuvre posthume de Christopher Lasch permet de saisir les ressorts des bouleversements que traversent les démocraties occidentales. À tel point que certaines pages décrivent littéralement l’Amérique divisée de Donald Trump, mais aussi la France à l’heure de Macron et des « gilets jaunes ». Le sociologue avait achevé ce qui restera comme son testament politique le 14 février 1994, dix jours avant de succomber d’une leucémie à 62 ans. La conscience aiguë que son temps était compté lui avait permis d’accéder à une forme de lucidité absolue et d’écrire un texte visionnaire. Car lors de sa parution, La Révolte des élites, sous-titrée Et la trahison de la démocratie, apparut complètement à rebours de son temps.

Les « élites » contre les « masses »

Cinq ans auparavant, la chute du mur de Berlin, suivie de la disparition de l’Union soviétique, semble marquer le triomphe définitif et planétaire de la démocratie libérale. Au moment où Christopher Lasch écrit son manuscrit, Bill Clinton, dont le mandat va coïncider avec la plus longue période d’expansion économique en temps de paix de l’histoire américaine, entre à la Maison-Blanche.

Aux yeux de la plupart des observateurs, le nouveau président, qui ira plus loin que Reagan en matière de dérégulation économique et financière, incarne une gauche réformiste décomplexée et convertie, avec succès, au libre-échange. Christopher Lasch, philosophe d’inspiration marxiste, y voit, lui, toute autre chose : le symptôme d’une sécession.

Déjà à l’époque, il propose de dépasser le clivage droite-gauche pour revenir aux sources de la démocratie américaine qu’il n’hésite pas à placer sous le signe du « populisme » des « élites » qui se prétendent « éclairées » et le début d’une nouvelle lutte des classes menée par ces dernières contre le « peuple » perçu comme « ignorant ». Le titre du livre fait référence à La Révolte des masses d’Ortega y Gasset paru en 1930.

Sur fond de montée des totalitarismes, le philosophe espagnol voyait dans « les masses » le plus grand danger pour la civilisation occidentale. Cinquante ans après, pour Lasch, la principale menace vient désormais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie. Le sociologue fait un portrait sans concession des « élites » américaines des années 1990. Ces classes managériales et intellectuelles — « celles qui contrôlent le flux international de l’argent et de l’information » — représentent les 20 % les plus aisés de la population. Contrairement aux notables d’autrefois qui s’enracinaient dans une communauté, leur maître mot est la « mobilité ». Tandis que le peuple continue à s’ancrer dans un territoire et une culture nationale, à se sentir lié par un destin commun, elles vivent dans « le royaume sans frontières de l’économie mondiale où l’argent a perdu tous ses liens avec la nationalité ».

Un parfum de sécession

La mondialisation des échanges, la mobilité du capital, les nouvelles technologies, la croissance des grandes métropoles les ont conduits à se replier dans l’entre-soi. « Elles envoient leurs enfants dans des écoles privées, s’assurent contre les problèmes de santé en adhérant à des plans financés par les entreprises où elles travaillent et embauchent des vigiles privés, note Lasch.

Ce n’est pas seulement qu’elles ne voient plus l’intérêt de payer pour des services publics qu’elles n’utilisent plus. Une grande partie d’entre elles ont cessé de se penser américaines. »

Bien avant que Christophe Guilluy ne théorise l’opposition entre France périphérique et France des métropoles, Lasch comprend que cette coupure culturelle et sociale s’accompagne d’une coupure géographique : « Les nouvelles élites sont en rébellion contre “l’Amérique du milieu” telle qu’elles se l’imaginent : une nation technologiquement arriérée, politiquement réactionnaire, répressive dans sa morale sexuelle, ennuyeuse et ringarde. » Ce sont, avant la lettre, les « déplorables » d’Hillary Clinton, auxquels la « nouvelle aristocratie des cerveaux » tourne le dos en se regroupant sur les côtes où sont situées les grandes villes des États-Unis.

La démocratie confisquée

Lasch détaille tous les aspects de cette triple fracture, pointant déjà nombre de dérives que d’autres ne constateront que bien plus tard. L’envahissement par le marché de toutes les structures sociales traditionnelles, y compris la famille, conduisant à l’atomisation de la société. La disparition de la conversation dans les villes, conséquence de la ghettoïsation de certains quartiers et du remplacement des lieux de rencontre transcendant les rapports de classe (cafés, petits commerces, etc.) par des centres commerciaux. L’effondrement de l’école publique, qui a troqué la transmission des savoirs fondamentaux contre une vague morale bien-pensante ne préparant absolument pas à surmonter les obstacles de la vie. L’enfermement du monde universitaire dans un « pseudo-radicalisme » ne menaçant aucun intérêt établi ainsi que dans un univers de concept éloigné des réalités matérielles du reste de la société. La promotion par ce même monde universitaire d’une idéologie diversitaire qui, sous couvert de justice, se révèle en réalité fondamentalement inégalitaire et ne fait qu’alimenter la concurrence victimaire.

L’abandon du journalisme d’opinion au profit d’un journalisme dit d’information, censément plus objectif, mais qui, selon Lasch, se fait simplement le relais du point de vue des élites au mépris de la confrontation réelle des idées. Le débat est ainsi confisqué par des « experts » qui s’adressent à eux-mêmes dans une novlangue qui leur est propre. Pour le sociologue, la controverse, de par sa fonction éducative, est intimement liée à la démocratie : elle permet « la diffusion de l’intelligence » et non son « accaparement » par « une classe professionnelle ».

Et le sous-titre de l’essai, La trahison de la démocratie, de prendre progressivement tout son sens. Dans la mesure où les élites, censées représenter les citoyens, se sont affranchies des contraintes de « l’homme ordinaire » comme de leurs devoirs envers la communauté nationale, sommes-nous toujours vraiment en démocratie ? Pour Lasch, l’élite se perçoit comme une aristocratie légitime fondée sur le talent.

Les personnes en haut de l’échelle hiérarchique mériteraient leurs privilèges, car elles sont les plus brillamment diplômées et donc les meilleures dans ce qu’elles entreprennent. Plus tard, Obama comme Macron afficheront avantageusement leur parcours éclatant. Mais, dans la vie, peut-on vraiment dire que l’on doit tout à son seul talent ? Et la méritocratie est-elle vraiment synonyme de démocratie ?

N’a-t-elle pas été dévoyée pour devenir un simple système de reproduction des élites fonctionnant de manière invisible ? s’interroge Lasch. In fine, pour le sociologue, ce système menace la démocratie, car il aboutit à la destruction de la classe moyenne, véritable colonne vertébrale de la société, et à la domination d’une petite minorité qui gouverne dans ses seuls intérêts au nom d’une majorité qu’elle méprise.

Noblesse du populisme

Pour Lasch, c’est l’idéal démocratique américain qu’admirait Tocqueville qui est remis en cause. Non pas celui d’une ascension fulgurante pour quelques autodidactes, mais celui d’une société sans classes. C’est-à-dire une société où les privilèges héréditaires ont été abolis, mais aussi où chaque citoyen est suffisamment bien informé et instruit pour être capable de s’exprimer sur les affaires publiques, où le peuple, débarrassé de toute mentalité servile, est en mesure de s’autogouverner et y est encouragé. Déjà, à l’époque, Lasch propose de dépasser le clivage droite-gauche pour revenir aux sources de la démocratie américaine, qu’il n’hésite pas à placer sous le signe du « populisme ».

Le terme, sous sa plume, n’a pas le sens péjoratif que beaucoup lui prêtent aujourd’hui. Il traduit une volonté de remettre le « sens commun » au cœur de la politique.

Si Lasch avait tout vu, y compris le retour des peuples, il ne se doutait probablement pas du visage qu’il prendrait. Comment imaginer, en effet, que la révolte des peuples contre la révolte des élites serait incarnée, entre autres, par un milliardaire new-yorkais dont les Clinton ne manquaient jadis aucune des fêtes ? Reste à connaître les conséquences de cette recomposition paradoxale. Conduira-t-elle au sursaut civique espéré par Lasch ou précipitera-t-elle, au contraire, la partition qu’il redoutait ?

Source : Figaro Magazine, août 2019

mercredi 28 août 2019

France — le ministre Blanquer veut des éco-missionnaires « éco-délégués » dans les écoles

Au cours de la conférence de presse de rentrée, ce mardi 27 août, Jean-Michel Blanquer (ci-contre) a annoncé la nomination de 250 000 écodélégués, dans chaque classe des collèges et lycées français.

C’est l’une des nouveautés de cette rentrée 2019. Lors de la traditionnelle conférence de presse de rentrée scolaire, ce mardi 27 août, Jean-Michel Blanquer a annoncé la généralisation du statut d’écodélégué dans les collèges et lycées. Il y en aura désormais un par classe dans tous les établissements, ce qui portera leur nombre à 250 000. L’objectif ? « Qu’il y ait des actions pour l’environnement dans chaque classe », a renseigné le ministre de l’Éducation nationale, ajoutant, dans une petite métaphore : « Nous ne sommes plus un mammouth [surnom parfois donné au ministère de l’Éducation nationale], nous sommes un peuple de colibris [nom valorisant dont s’affuble un mouvement qui encourage chacun à faire sa part pour contribuer à la transition écologique] ».

À la fin du mois de septembre, toutes les classes de collège et de lycée éliront un écodélégué

« Nous proposons aux élèves d’être des acteurs à part entière pour faire des 60 000 implantations scolaires de notre pays des espaces de biodiversité, à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique. Ensemble, nous pouvons indiquer un chemin et initier [sic, amorcer, instaurer, entreprendre en français] des changements profonds. Ici ce sera un potager, des plantations d’arbres, là le tri des déchets, partout une réflexion sur la consommation d’énergie », a expliqué le ministre de l’Éducation nationale.

Dès la fin du mois de septembre, toutes les classes de collège et de lycée éliront donc un écodélégué. Leur rôle sera totalement différent de celui des délégués de classe, porte-paroles des élèves auprès des professeurs et de la direction de l’école.

De véritables « ambassadeurs de l’environnement et du développement durable »

La mission de l’écodélégué sera de sensibiliser ses camarades aux gestes quotidiens qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique comme éteindre les lumières ou encore trier les déchets dans la classe. Il devra également mener des projets contribuant à améliorer la biodiversité, diminuer l’impact énergétique de l’établissement, promouvoir les gestes écoresponsables de l’ensemble de la communauté éducative ou encore lutter contre le gaspillage. En bref, ces écodélégués seront de véritables « ambassadeurs de l’environnement et du développement durable auprès de leurs camarades de classe », comme le résume une fiche technique mise en ligne par le ministère.

Une fonction qui pourra d’ailleurs être favorable au parcours scolaire des élèves qui décident de s’y engager. Dialogue avec les professeurs et les autres élèves, organisation de projets, etc. : cette fonction leur permettra d’« enrichir d’une manière originale leurs apprentissages civiques ainsi que leur connaissance des réalités de leur établissement et de leur territoire », précise la fiche technique du ministère.

Ces délégués au développement durable existent déjà dans certains établissements français. En rendant cette démarche obligatoire, le ministère entend « favoriser une sensibilisation des élèves » à ces sujets. « Tous ces projets doivent permettre aux écoles et aux établissements d’être à la fois les acteurs et les lieux effectifs de la transition écologique », précise le dossier de presse du ministère. Les collèges et lycées sont d’ailleurs invités à acquérir le label E3D (école/établissement en démarche globale de développement durable), que 4 500 d’entre eux possèdent déjà.

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Perspective : où y a-t-il des incendies aujourd’hui sur la Terre ? (m-à-j)


mardi 27 août 2019

« Fuir le Québec » : Radio-Canada prise en flagrant délit de désinformation ?

Frédéric Lacroix revient sur « une information » mise à la une du site d’opinion Radio-Canada (subventionné à coup de plus d’un milliard de dollars par an...).

Le titre original de l'article de la société fédérale


Notons que ce carnet n’est pas un grand partisan de la Loi 21 pour plusieurs raisons dont la principale est qu’il s’agit d’un cautère sur une jambe de bois. Son imposition ne changera pas grand-chose à un problème identitaire qui est d’abord démographique : l’immigration de populations de plus en plus diverses et nombreuses dans un Québec francophone historiquement catholique qui ne fait plus assez d’enfants pour remplacer sa population depuis plus de quarante ans. Il s’agit ensuite d’un problème sociologique et religieux que la laïcité ne résout pas. Si la France doit servir de modèle laïc, on voit bien que la laïcité n’assimile pas et n’empêche pas la croissance du communautarisme. Entretemps, cette laïcité aboutit à chasser la composante religieuse (même purement culturelle) traditionnelle du Québec. Voir toute la saga sur la laïcisation des écoles au Québec, l’imposition du cours d’éthique et de culture religieuse, l’interdiction de prières religieuses chrétiennes dans les instances publiques, le retrait du crucifix de l’Assemblée nationale malgré des promesses électorales de ne pas y toucher, etc. Cette laïcité procure à bon compte un faux sentiment de résolution d’un problème identitaire qui prend d’abord sa source dans la démographie. En outre, elle aboutit, en fin de compte, à une société paradoxalement vidée d’une partie de son identité.

Ceci dit nous partageons l’analyse de Frédéric Lacroix sur la mise en avant suspecte du parcours de cette militante sikhe par l’organe massivement subventionné qu’est Radio-Canada. Militante qui n’a jamais été intégrée à la société québécoise (éducation en anglais et même hors Québec après un cégep anglophone — bien sûr ! — québécois).




« Une enseignante sikhe quitte le Québec en raison de la loi sur la laïcité » titrait Radio-Canada le 23 août dernier. Dans un article qui fleurait bon la charge à fond de train contre la laïcité, le bras médiatique du gouvernement d’Ottawa nous enfilait une série de clichés, d’insinuations et d’omissions qui en ont laissé plusieurs éberlués. Voici quelques morceaux choisis.

On commence à expliquer que cette jeune femme « quitte » le Québec (à noter que le terme choisi originalement était « fuir » et que Radio-Canada l’a modifié) : « Amrit Kaur explique les raisons qui l’ont poussée à quitter le Québec et sa Loi sur la laïcité de l’État, et à commencer une nouvelle vie en Colombie-Britannique. »

On y va ensuite plus explicitement en disant qu’elle a « dû » quitter  le Québec (comprendre « sous la contrainte ») en mettant une bonne couche de pathos : « Elle regrette cependant d’avoir dû quitter ses amis et la province où elle habitait depuis l’âge de 5 ans afin de poursuivre la carrière qu’elle aime. »

Titre modifié
Puis on en rajoute une couche en imaginant une scène digne d’un film Hollywoodien en utilisant la technique de la fausse synchronicité : « Nouvellement diplômée en enseignement, Mme Kaur a appris que la Loi sur la laïcité de l’État avait été adoptée le 16 juin, le soir même où elle célébrait la fin de ses études. »

Vers la fin de l’article, le chat sort cependant du sac : « Amrit Kaur n’est pas seulement une enseignante ; elle est aussi une militante. Elle est vice-présidente pour le Québec de l’Organisation mondiale des sikhs du Canada, qui a ajouté sa voix à la contestation de la loi 21 devant les tribunaux. » Voilà.

Avec ce « reportage », Radio-Canada prête en fait sa tribune — financée à même nos impôts — à une organisation qui conteste la loi 21 du gouvernement du Québec — votée démocratiquement — devant les tribunaux. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les standards de rigueur journalistique ont pris le bord à Radio-Canada. Comme c’est souvent le cas quand il est question du Québec. Cela n’est pas du « journalisme » et de « l’information ». La société d’État verse tout simplement dans la propagande. La correction subséquente du titre (« quitte » au lieu de « fuir ») est un aveu.

La consultation de la page Linkedin de Mme Kaur nous fournit une partie de l’éclairage que Radio-Canada refuse de nous fournir. On y apprend que Mme Kaur est diplômée de John Abbott College avec un DEC en 2011. De Concordia University avec un « Bachelor of Arts (anthropology and sociology) » en 2015. Ensuite de la University of Ottawa avec un « Bachelor of Education » en 2019.

La jeune femme que Radio-Canada nous présente comme un modèle d’intégration ayant dû « fuir » le Québec avait donc déjà choisi de quitter le Québec en 2017 pour effectuer sa formation en anglais en éducation en Ontario. Formée en Ontario, elle n’a donc pas l’autorisation automatique d’enseigner au Québec, comme il est expliqué ici. Notons que son déménagement à Vancouver est un heureux hasard : cette ville est une des bases principales de l’activisme sikh au Canada. Mme Kaur est d’ailleurs, autre heureux hasard, une des vice-présidentes du World Sikh Organization, basé principalement à Vancouver.

Résumons : Cette « enseignante », qui n’enseignait pas, avait déjà quitté le Québec depuis longtemps au moment du reportage. Radio-Canada se livre donc, à nos frais, à une séance de « Québec bashing ».

Notons aussi, parce que ce n’est pas anodin, que Mme Kaur a fait toute sa formation postsecondaire en anglais. Soyons justes en notant cependant que ce choix n’est pas exclusif à Mme Kaur et est fait par la majorité des allophones et par un nombre grandissant de francophones. Rappelons qu’à Montréal, presque la moitié des inscriptions au préuniversitaire se font maintenant dans les cégeps anglophones. À tel point que les anglophones sont maintenant minoritaires… dans les cégeps anglophones !

Le combat contre la laïcité livré actuellement par la coalition des intégristes religieux et des multiculturalistes ressemble à s’y méprendre à celui livré contre la loi 101 : comme jadis, les camps sont séparés largement selon la langue, les opposants à la laïcité étant souvent (mais pas toujours) des anglophones.

Des anglophones ? Oui. Même si, comme Mme Kaur, ils ont été scolarisés sous le régime de la loi 101.


lundi 26 août 2019

Perspective : où y a-t-il des incendies aujourd'hui sur la Terre ? (m-à-j)

Selon la NASA, l’Afrique subsaharienne est davantage en proie aux flammes que l’Amazonie :

Un examen plus approfondi permet même de se rendre compte que l’étendue des feux semble généralisée sur l’ensemble de pays comme l’Angola, la Zambie ou la Tanzanie, et très présents au Congo. Pourtant, on ne trouve aucune mention de ces incendies, que ce soit dans la presse locale africaine, ou dans la presse internationale. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un phénomène habituel, et régulier. Mais qui n’en reste pas moins inquiétant. Explication.

Au mois de juin dernier, la NASA elle-même expliquait que les incendies étaient monnaie courante en Afrique à cette période de l’année. Et ils ne sont pas dus à la sécheresse ni à la pollution, mais bien aux pratiques agricoles. [La] « culture sur brûlis », une technique peu coûteuse et facile à appliquer : le bois est coupé puis brûlé, et la couche de cendres fournit aux terres défrichées une couche riche en nutriments pour aider à fertiliser les cultures […]

Une partie de ces incendies sont donc maîtrisés… mais pas tous, précise la NASA : « les feux allumés peuvent souvent devenir incontrôlables lorsque les vents ou les tempêtes déplacent le feu hors de la zone à défricher ».

Et de toute façon, ces incendies ne sont pas sans conséquence : l » Agence spatiale européenne (ESA) a publié un article sur les incendies en Afrique, qui estime que les incendies représentent actuellement 25 à 35 % des émissions annuelles totales de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Et si le monde a actuellement les yeux tournés vers l’Amazonie, l’ESA estime que l’Afrique subsaharienne représente environ 70 % de la superficie brûlée dans le monde, selon les bases de données satellitaires mondiales…

Source : RTBF

Si les feux de forêt en Amazonie sont effectivement plus importants en 2019 qu’en 2018, une analyse des données satellites indique que le total des feux dans le bassin de l’Amazonie cette année est proche de la moyenne de ces 15 dernières années (source) :

[…] un autre article de la NASA sorti le 22 août indique qu’à la date du 16 Août, le total des feux détectés en Amazonie est dans la moyenne des 15 dernières années, et selon Martine Droulers, chercheuse émérite au CNRS interviewée par le Nouvel Obs le 23/08, il y a 20 ans ont y observait beaucoup plus de feux de forêt qu’aujourd’hui, car on était alors en phase d’ouverture de l’Amazonie. Enfin, selon l’institut brésilien INPE, la déforestation a diminué de 73 % entre 2004 et 2018 au Brésil.

Il n’y a pas qu’au Brésil que la forêt ou la brousse amazonienne brûle :

L’Amazonie, région naturelle de 5,5 millions de km², se répartit sur neuf pays : le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Surinam et la Guyane française. Le Brésil est au centre des discussions sur les incendies en cours, à la fois car 60 % de l’Amazonie se trouve sur son territoire et, car les politiques environnementales de Jair Bolsonaro sont très critiquées des ONG. Pourtant, selon Michel Dubouillé, Secrétaire général d’EELV Guyane, « les feux arrivent déjà en bordure de la Bolivie et du Pérou ». Des propos confirmés par Jérôme Frignet, qui ajoute que « de nombreux feux ont été recensés à la frontière avec le Paraguay, les incendies concernent donc aussi les pays voisins “.

Quant à la phrase de Macron, elle ne rallie pas les scientifiques, car ce sont en réalité les océans qui fournissent la majorité du dioxygène présent dans l’atmosphère, en outre une forêt ancienne comme l’Amazonie produit nettement moins de dioxygène (et consomme moins de CO2 qu’une forêt jeune en pleine croissance.

La formule est belle, mais elle n’est pas scientifique”, tranche Philippe Ciais, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. “Présenter la chose de cette manière, c’est n’avoir rien compris à comment fonctionne la forêt”, lance Pierre Thomas, professeur émérite à l’École normale supérieure de Lyon (…)

Sauf que… l’Amazonie ne se contente pas d’émettre de l’oxygène, elle en absorbe également. “Cette forêt est à l’équilibre, ce qui signifie qu’elle n’est plus en phase de croissance avec de nouveaux arbres, décrit Marc-André Selosse, professeur au muséum d’histoire naturelle de Paris. Donc, certains de ses arbres fabriquent de l’oxygène, mais d’autres meurent et se décomposent, des insectes consomment des feuilles, des champignons croissent sur les souches mortes et les bactéries prospèrent : tout cela consomme de l’oxygène.” “20 %, c’est peut-être vrai à l’échelle d’une feuille, abonde Jérôme Chave, directeur de recherche au CNRS. Mais pas sur l’Amazonie prise dans son ensemble.”

“Pour faire simple, le bilan de la forêt en elle-même est nul quand elle est à son état d’équilibre, poursuit Pierre Thomas. L’impact de l’Amazonie sur la production d’oxygène est neutre. Si elle en créait autant sans en consommer, la quantité d’oxygène sur notre planète aurait grimpé en flèche. Or, son taux reste le même depuis plus de 20 millions d’années : 21 %”. Ce sont en réalité les océans qui fournissent la majorité du dioxygène présent dans l’atmosphère.

Pour être précis, la forêt fabrique indirectement plus d’oxygène qu’elle n’en consomme. En cas de tempête, le fleuve Amazone charrie sur ses flots des arbres déracinés qui finissent par couler. Au fond de l’eau, ils se transforment en charbon qui absorbera du CO2 et produira de l’oxygène.

[...]

Pour résumer, nous ne perdrions pas subitement un cinquième de ce qui nous permet de respirer si l’Amazonie disparaissait du jour au lendemain. “Ça aurait des conséquences désastreuses d’un point de vue écologique et environnemental, glisse Philippe Ciais. Mais ça ne changerait pas le taux d’oxygène dans l’atmosphère.”

Le ministre des Affaires étrangères du Brésil a répondu, non sans ironie, dans les colonnes du Figaro, aux accusations des écologistes et d’Emmanuel Macron, qui jugent Jair Bolsonaro défaillant face aux incendies qui frappent l’Amazonie et émeuvent l’opinion dans le monde entier :
Les incendies en Amazonie brésilienne sont un phénomène en partie naturel et en partie d’origine humaine, qui a lieu tous les ans surtout pendant la saison sèche, entre juin et octobre. Le nombre de ce type d’incendies en 2019 (entre le 1er janvier et le 23 août) est supérieur de 84 % à celui de 2018, mais inférieur de 47 % à leur nombre (sur la même période de l’année) en 2005 par exemple, et très proche – en fait légèrement inférieur – de la moyenne des vingt-deux dernières années. En Bolivie, le nombre de ces incendies en 2019 est de 115 % supérieur à celui de 2018, et au Pérou, supérieur de 105 %.

La Guyane française, pour sa part, a connu un accroissement de 120 % du nombre d’incendies détectés en 2019, par rapport à la même période en 2018.

De même, en termes d’étendue soumise au feu, les chiffres de 2019 au Brésil sont plus élevés que ceux de 2018 mais inférieurs à la moyenne historique. Tous ces chiffres sont disponibles sur le site de l’Institut national de recherche spatiale du Brésil (Instituto nacional de pesquisas espacias, Programa Queimadas).

La situation nous préoccupe, bien sûr, et le gouvernement brésilien actuel ne s’en accommode pas. Contrairement aux gouvernements de la période 2003-2016, qui ont assisté à des incendies beaucoup plus importants sans presque rien faire, nous mettons en place une énorme opération, qui mobilise les forces armées et d’autres agents des forces de l’ordre et qui, au-delà des efforts d’extinction du feu, commence déjà à identifier certains cas d’incendies criminels.

[...]

Curieusement, les pratiquants modernes de la « pensée sauvage » se disent favorables à la science et accusent leurs opposants d’obscurantisme anti-scientifique. Mais ce sont eux qui préfèrent agir à partir d’images aléatoires et de quelques stéréotypes primaires plutôt que d’examiner les chiffres et d’étudier la complexité du problème des feux de forêt, avec ses causes multiples. Cette fois, il faut écouter Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

En plus de présenter la situation sans considérer ses réelles proportions, pour enflammer les esprits, on l’attribue aux actions du gouvernement brésilien, en oubliant que le phénomène est semblable chez les voisins du Brésil où gouvernent d’autres autorités. Est-ce que l’augmentation du nombre de ces incendies en Guyane, par exemple, est due à une négligence du gouvernement français ? Est-ce que la France encourage la déforestation en Guyane ? Certainement pas. Pourquoi, alors, traiter différemment ce qui est semblable ? Il s’agit en somme d’une attitude fort peu cartésienne.

Le gouvernement brésilien reconnaît le problème des incendies. Il est en train de mobiliser toutes ses ressources pour y faire face. Nous sommes aussi déterminés à identifier la partie des incendies qui est due à des actions criminelles de déforestation illégale, et à punir les coupables.

Le président Bolsonaro a d’ailleurs confirmé que sa politique de tolérance zéro envers la criminalité comprend, évidemment, les crimes contre l’environnement. Il faut combattre le feu avec de l’eau, combattre le crime avec l’application de la loi – et non pas avec des paroles agressives envers le Brésil, des slogans périmés ou des photos vieilles de vingt ans.

Si le président du Brésil a dénoncé par le président Macron et par la presse française (voir la une de Libération ci-contre), la Bolivie socialiste et indigéniste n'a pas subi les mêmes attaques. Or, le 9 juillet, un mois avant la saison des feux de brousse, la Bolivie a ratifié le décret 3973 qui, non seulement autorise le défrichage systématique de la forêt par brûlis (aussi appelé écobuage ou essartage), mais les encourage de façon massive. Le président de gauche de la Bolivie, Evo Morales, a annoncé cette offensive par le feu dans une posture quasi héroïque et il s’est fait acclamer par des paysans. Le peuple bolivien a le droit d’utiliser ces terres communes afin d'« éclaircir » la jungle. C’est pourquoi il autorise fièrement la « quema controlada » — le brûlis maîtrisé. La Bolivie pourrait ainsi connaître « une croissance économique, en particulier dans l’agriculture ».

Depuis le décret, des centaines de grands incendies ont été déclenchés dans la forêt, pour créer à partir de vastes surfaces utilisables par l’agriculture. Le journal « El Deber » sonne l’alarme et indique que ces derniers jours au moins 500 000 hectares de forêt ont été anéantis. Des appels au secours proviennent de Puerto Suarez dans l’est de la Bolivie ainsi que de Chiquitania. Mais, selon NTV, quiconque émet des critiques est attaqué par le régime socialiste de Bolivie.

Evo Morales (au centre) avec deux agriculteurs le jour de la ratification du décret 3973

Billet du 23 août

Voici l’état actuel (le 23 août) des incendies sur la planète, selon les satellites de la NASA. (Cliquez pour agrandir, ou allez sur le site.)


Plus il y a de points rouges sur la carte, plus il y a d’incendies. Remarquez le très grand nombre d’incendies dans le bassin congolais et angolais où l’écobuage, aussi appelé essartage, est commun et traditionnel. Afrique centrale dont on ne parle jamais.



La situation en Amérique du Sud ce 23 août. De nombreux incendies au sud de l’Amazonie et hors du Brésil.


Ce n’est donc pas “l’Amazonie” qui est en flammes. Il y a des incendies tous les ans en Amazonie, dont beaucoup de feux dus au défrichage, et à l’exploitation de la forêt. Il y en a davantage cette année que les années passées, mais il est difficile d’avoir une perspective historique sur le sujet puisqu’apparemment le nombre de feux en Amazonie n’est comptabilisé par l’Institut national de la recherche spatiale (INPE) du Brésil que depuis 2013...



Interrogée par l’Obs, Martine Droulers, chercheuse émérite au CNRS, explique que “La crise économique de 2008 a encore accentué le retour à une politique développementaliste d’exploitation à court terme des ressources de l’Amazonie. Quant à Dilma Rousseff [présidente socialiste de 2011 à 2016], c’est elle qui, en tant que ministre des Mines et de l’Énergie, a relancé la construction d’usines hydroélectriques en Amazonie.” Pour la chercheuse “il est important de rappeler que ces feux sont tout sauf nouveaux et que beaucoup d’entre eux sont des opérations de nettoyage de zones déjà déboisées.”

Martine Droulers ajoute qu’“Environ 50 % de la forêt est désormais sous un statut de protection nationale. Cette surface est partagée entre réserves indiennes et écologiques. Donc la moitié de l’Amazonie ne sera pas, ou très peu, sujette à la déforestation. Certains s’y risquent, mais les amendes sont sévères. Cette politique de préservation, mise en place depuis vingt ans, a eu des résultats indéniables. Pour le reste, une partie est privée, constituée des réserves arborées obligatoires prévues par le code forestier ; l’autre est formée de terres dites publiques. C’est là sans doute que le risque d’incendie est le plus élevé.”

Selon Global Fire, notamment financé par la NASA, si l’on tient compte de son outil de compte des feux, au 23 août, l’on comptait (cumulativement) 105 508 feux sur l’ensemble de l’Amazonie (neuf pays), pour 112 773 le même jour de 2016. Si l’on compare au 31 août (qui fournit des chiffres depuis 2003), 2019 serait toujours loin derrière les années 2003, 2004, 2005, 2007, 2010 et juste en dessous de 2016. En 2005, on a compté 250 018 feux de forêt fin août, soit le double de la projection à la même date pour 2019 (ce n’est pas une certitude, mais une projection). Certes, l’augmentation de 84 % par rapport à 2018 (données par plusieurs médias) est impressionnante, mais elle cache le fait que 2018 était une des années les plus calmes des deux dernières décennies — selon le GFED du moins.

Il y aurait donc eu sept années où les médias, les politiciens, les activistes auraient dû s’inquiéter encore plus... Il faut dire que le Brésil n’était pas aux mains d’un vilain “extrémiste de droite” (Bolsonaro) à l’époque, mais dirigés par des socialistes (Lula et Roussef), cela expliquerait-il le silence. Comme les nombreux feux, cette année en Bolivie, ne semblent intéresser personne, mais la Bolivie est dirigée par un homme qui se dit de gauche (bolivariste et indigéniste)...


dimanche 25 août 2019

Le 25 août : la Saint-Louis

Roi « très chrétien » par excellence, qui était vraiment ce monarque ? On le dépeint souvent sous son chêne en train de rendre la justice ou lors de ses derniers instants sur son lit de mort à Tunis pendant la huitième croisade. Quelle fut sa vie ? Pourquoi a-t-il été canonisé ? A-t-il vraiment exercé le pouvoir conformément à l’Évangile ? Comment a-t-il concilié son devoir de roi, d’époux et père de famille, et de serviteur du Christ ? Deux spécialistes viennent retracer le parcours du saint capétien pour l’occasion : Élisabeth Lalou, professeur d’histoire médiévale à l’université de Rouen et spécialiste de la société politique au XIIIe siècle en France, et Xavier Hélary, maître de conférences en histoire médiévale à l’université Paris IV (Sorbonne).




Voir ce qu’en retient un manuel d’histoire approuvé par l’État québécois : Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part