jeudi 12 mai 2016

« L’esprit conservateur est le souci de ce qui tient ensemble le monde de manière invisible »

Conserver ce qui est, « empêcher que le monde ne se défasse »… Le philosophe Jacques Dewitte nous a fait l’honneur d’un long entretien sur l’esprit conservateur de la pensée d’Albert Camus. Première partie, la suite sur revuelimite.fr la semaine prochaine.

Max-Erwann Gastineau — La pensée d’Albert Camus révèle, selon vous, la prégnance d’un « esprit conservateur ». Comment définiriez-vous cet esprit ?

Jacques Dewitte — L’« esprit révolutionnaire » se manifeste par une non-adhésion au monde, un désir inextinguible d’en découdre avec le donné, ce que j’appelle le déjà-là. A rebours, l’esprit conservateur se manifeste par un souci du monde, une sollicitude envers des êtres et des choses qui le façonnent. Cette disposition affective est fondamentale, car elle implique que certaines choses méritent d’être conservées : la culture, la langue, des paysages, des traditions. Mais conservation ne signifie pas une simple préservation ; il s’agit d’entretenir et de prolonger ce qui a été légué.

Cette sensibilité apparaît chez Albert Camus de plusieurs manières. Dans L’Homme révolté, il part de ce postulat : l’homme est un être de révolte. « Je me révolte, donc je suis ». Mais ce « Non » ontologique s’adosse chez Camus à un « Oui », c’est-à-dire à un attachement à la beauté intrinsèque du monde et de la vie. Chez Camus, il s’agit d’un « oui » au soleil, au midi, aux plages d’Alger, à cette beauté qui, dans sa jeunesse, le comblait alors qu’il vivait dans une immense pauvreté.

Ce souci du monde est au fondement même de la pensée écologique. Pourtant nombre d’écologistes continuent de raisonner en termes de changement et de progrès, notamment sur les questions dites sociétales. N’y a-t-il pas là contradiction ?


Je ne connais pas dans le détail ce mouvement. Il y a en tout cas une incompatibilité évidente entre l’inspiration générale, qui devrait être ce souci du monde, et une adhésion à différents mouvements d’émancipation radicale, d’ordre anthropologique. Si le mouvement écologique est une prise de conscience de la démesure technologique, cette conscience devrait s’étendre aux limites inhérentes à la condition humaine et ne pas adhérer aux projets divers, mais convergents, qui voudraient s’en prendre à la condition sexuée, à l’énigme de la naissance et à la condition mortelle, qui favorisent le caractère interchangeable de toute chose et de tout être. Je constate aussi qu’une autre branche de l’écologie, qui s’exprime chez les défenseurs de la « cause animale », manifeste fréquemment une véritable haine de l’humanité.

La pensée écologique devrait réfléchir davantage sur l’expérience historique du XXe siècle, et en particulier celle du communisme, qui a montré qu’un projet révolutionnaire d’émancipation radicale, cherchant à réaliser un nouveau Paradis sur terre, avait conduit à un Enfer pire que ce que l’on cherchait à dépasser. D’où, chez ceux qui ont médité sur ce destin, notamment Leszek Kolakowski, une réhabilitation de l’idée chrétienne de péché originel, idée certes « réactionnaire », mais que l’on peut comprendre comme la conscience de la finitude et de la faillibilité humaine.

mardi 10 mai 2016

La « radicalisation » à Maisonneuve : la faute aux méchants préjugés et aux médias qui risquent de renforcer la « radicalisation »

Le Devoir s’est fait l’écho complaisant d’une étude (l’article ne comprend aucune critique de l’« étude ») portant sur « la radicalisation religieuse conduisant à la violence ».

Rappelons les faits : au cours de l’automne 2014 et de l’hiver 2015, le Québec a fait face à un phénomène inédit et inquiétant : le départ de plusieurs jeunes vers la Syrie, a priori pour rejoindre les rangs de l’État islamique.

Une douzaine de jeunes issus de l’immigration et de l’école québécoise « du dialogue » et « du vivre ensemble » fréquentant le collège de Maisonneuve avaient été arrêtés par la Gendarmerie royale du Canada.

Aujourd’hui encore, afin de lutter contre la radicalisation islamique et le climat d’intimidation qui règne dans ce cégep multiethnique, le gouvernement du Québec a décidé de dépenser, d’investir 400 000 $ au Collège de Maisonneuve pour y « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble ». Quand on parle de climat d’intimidation, il faut bien comprendre que les plaintes émanaient de membres du personnel qui dénonçaient l’intimidation mise en place par des groupes d’élèves qui avaient pris le contrôle de certains secteurs de l’établissement, notamment un coin de la bibliothèque...

Revenons au rapport que le Devoir résume aimablement. Pour ceux-ci (Le Devoir et le rapport), les « récents cas de radicalisation d’étudiants du Collège de Maisonneuve ont eu des conséquences négatives sur la communauté du cégep. Au point que, si rien n’est fait, d’autres cas de radicalisation pourraient survenir, conclut un rapport rendu public mardi par un institut de recherche collégial et dont Le Devoir a obtenu copie. »

« La manière dont la société traite de la radicalisation peut entraîner la radicalisation. On ne dit pas que ça crée mécaniquement la radicalisation, mais qu’un de ses effets collatéraux est que ça peut conduire certaines personnes à se radicaliser », explique au Devoir Frédéric Dejean, chercheur à l’Institut de recherche sur l’intégration professionnelle des immigrants (IRIPI) et auteur du rapport Les étudiants face à la radicalisation religieuse pouvant conduire à la violence.

[Frédéric Dejean est aussi partie prenante : il enseigne au Collège de Maisonneuve et les excellents services interculturels dont il parle (voir ci-dessous) sont aussi ceux où il travaille... Il n’est pas un observateur externe. Est-il vraiment un rapporteur objectif ?]

[...]

Les étudiants, qu’ils soient réellement musulmans ou portant simplement un nom ou un accessoire (hijab, barbe) associé à cette religion [on porte le hijab sans être musulmane ?], ont vécu une stigmatisation sans précédent. « Comme si le fantôme [des récents événements] était encore dans les couloirs », note M. Dejean. « Ils ont vécu un choc. »

[...]

Ça fait une trentaine d’années qu’on fait de l’interculturel et on a d’excellents services, très dynamiques, mais il y a des outils de prévention qui devront avoir une coloration nouvelle », souligne M. Dejean.

[...]

Le rapport insiste également sur le fait que la marginalisation, qu’elle soit socioéconomique ou culturelle, contribue à créer un terrain propice à la radicalisation. « On a remarqué que le sentiment d’appartenance au Québec chez plusieurs jeunes, notamment ceux issus de l’immigration, était absent », indique le chercheur.


Fallait-il ne pas parler dans les médias des élèves radicalisés pour favoriser l’interculturalisme ?

Le rapport pointe aussi le rôle des médias (la commission Bouchard-Taylor avait déjà trouvé identifier les médias comme bouc émissaire mal pensant) :

« Les intervenants rencontrés ont expliqué les conséquences des événements, et de leur traitement par les médias, sur les étudiants. L’un d’entre eux affirme qu’il “en résulte une perte totale de confiance en ces jeunes, un climat de suspicion” (intervenant 5) qui peut se traduire par une détérioration de l’image de la religion musulmane, un rejet — ou du moins une craite [sic] — de toute forme de différence culturelle, des préjugés ou des amalgames sur n’importe quel citoyen musulman ou arabe. »

Résumons :
  • il n’y a pas vraiment de radicalisation islamiste (au mieux elle est globalement « religieuse » due à une marginalisation socioéconomique ou culturelle), et s’il y en a, c’est de notre faute.
  • Aucune critique de l’école interculturelle québécoise que le monde entier nous envie... Et pourtant tous ces cours d’éthique et de culture religieuse, de « dialogue », d’exercices interculturels constants de vivre ensemble ? Combien de temps faudra-t-il encore consacrer à la « thérapie » des jeunes dans les écoles et cégeps ? Où est ce fameux enrichissement interculturel ?
  • La provenance religieuse des élèves n’aurait que peu d’effet sur le sentiment d’appartenance au Québec, c’est au mieux une question de marginalisation socioéconomique (!!) ou « culturelle ». Est-ce que tous les pauvres ou toutes les cultures connaissent ce même manque d’identification ? Et si la marginalisation était volontaire dans certains cas et non subie par les pauvres immigrants rejetés par les Québécois soupçonneux et perclus de préjugés ? Certaines pratiques religieuses ne visent-elles pas précisément à séparer la « Oumma » des autres (les mécréants) ? Voir le sociologue Gilles Kepel qui parle de « sécession culturelle » volontaire.
  • L’immigration récente n’aurait pas d’effet sur l’augmentation de la radicalisation « religieuse » ou alors comment comprendre le silence entourant la question ? Pourquoi on ne demande pas de réduire un certain type d’immigration afin de mieux intégrer ceux qui sont déjà là ?
  • Les médias et les préjugés idiots envers les différences culturelles, voilà un coupable facilement trouvé à de futures nouvelles radicalisations alors que des acteurs de terrain, comme le rapporteur Dejean, offrent d’excellents services au cégep de Maisonneuve.
  • Entretemps, si rien n’est fait (par ici les subventions et les plans d’action pilotés par des sociologues de l’interculturel ! c’est vrai que l’immigration est enrichissante pour d’aucuns), on risque plus de radicalisation (ça ressemble à un chantage ou une défausse).

Voir aussi

Novlangue : « implanter des mesures d’appui au vivre ensemble »

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

L’effacement du réel

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l’augmentation du nombre d’étrangers




SRC larmoyante : « L'intégration d'une élève [dite] transgenre freinée par la bureaucratie »

Autre article larmoyant de la SRC (après un hier sur les toilettes transgenres aux États-Unis) sur les élèves dits transgenres.

Voilà, une fille de 14 ans a annoncé l’été dernier à toute sa famille et à ses amis Facebook qu’elle était un garçon. Ses parents ont alors contacté son école secondaire avant la rentrée scolaire pour prévoir la rentrée.

Selon la SRC, les élèves de l’École d’éducation internationale de McMasterville, en Montérégie, accueillent la fille habillée en garçon à bras ouverts à la rentrée. Les problèmes viendront d’une autre source, froide, administrative : son ancien nom féminin se retrouve un peu partout sur les listes de l’école.

La SRC écrit ensuite « C’est que le ministère de l’Éducation attribue un code permanent à chaque élève, qui révèle le nom et... le sexe de l’élève. Il peut seulement être modifié par Québec ; pas par une école. Et, bien que le Directeur de l’état civil permette aux enfants transgenres de changer de nom, elle interdit le changement de sexe avant d’atteindre la majorité. Les semaines passent et chaque fois qu’on prononce son ancien nom ou qu’on le projette sur un écran, la douleur s’accumule. »

Pour être francs, nous ne comprenons pas ce paragraphe : le sexe ne peut pas être changé (pour de bonnes raisons à notre avis : éviter un mauvais choix lors d’une crise passagère adolescente ou sous des pressions parfois militantes, voir Garçon gardé par un couple de lesbiennes subit un traitement hormonal pour bloquer sa puberté). Mais le prénom peut être changé, or la SRC dit que c’est le prononcer de ce prénom qui accumule la douleur... Qu’est-ce qui bloque donc ? Il y a peut-être blocage, mais le paragraphe nous semble pour le moins mal rédigé. Peut-être que le nom ne peut-être modifié que pour les gens ayant vraiment changé physiquement et superficiellement de sexe (les chromosomes restent toujours mâles ou femelles)... et non pas simplement pour ceux qui prétendent avoir une autre identité sexuelle sans en avoir les attributs externes ?


Puis, la SRC poursuit avec le couplet habituel sur les toilettes précédé de ce paragraphe troublant :

« Sa mère, Odette Plante, voit l’état de son fils [comprendre fille] se détériorer. Il faut dire que sa transition a commencé, il [elle] prend des bloqueurs d’hormones d’œstrogène et de progestérone. L’impact sur son métabolisme est grand. »

On parle donc ici d’une mineure de 14 ans. On ne la laisserait pas fumer, boire ou avoir un tatouage ou même acheter de la malbouffe à l’école. Mais un docteur lui aurait prescrit un traitement hormonal qui « a un grand impact sur son métabolisme » alors qu’elle serait en pleine santé physique...

« La problématique des toilettes le gêne aussi. David James aurait souhaité utiliser les toilettes pour garçons. La direction va plutôt lui rendre disponible une toilette neutre, habituellement destinée au personnel, où [elle] pourra aussi se changer. Mais la confusion règne parfois [alors que dans les toilettes pour garçons !], des surveillants lui demandent ce qu’[elle] fait là. [La nouvelle nommée] David James va alors éviter à tout prix d’aller aux toilettes pendant la journée. »

Cette « nouvelle » sur une école qui nous semble assez accommodante fait la une du site de la SRC. On a l’impression que c’est la dernière lutte progressiste, il faut que Radio-Canada utilise nos impôts et apporte ainsi sa contribution « au combat ».

On aimerait avoir une idée du nombre de ces élèves dits transgenres (il y a environ un million d’élèves au Québec...)

De vrais chiffres, pas ceux d’études militantes que la SRC utilise dans le dossier LGBT (voir Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite...)






UQAM aurait une mauvaise réputation, à cause de ses professeurs intolérants ?

Denise Bombardier s'en prend à l'UQAM et à certains de ses professeurs :

C’est un chargé de cours à l’UQAM. Marc-André Cyr enseigne en sciences politiques. Il se veut anarchiste et milite dans tout ce qui perturbe socialement.

Cyr se déploie autant sur Facebook que dans sa salle de cours et il lance des fatwas de son cru en se croyant doué pour l’écriture. Or, c’est un hargneux qui appartient à la cohorte des habitués de la pollution intellectuelle.



Il attaque ceux qu’il vomit. Mon confrère Richard Martineau lui sert de défouloir dans la haine qu’il porte à tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Dans la revue bon chic bon genre d’extrême gauche, Ricochet, le chargé de cours a choisi un dessin de chiens qui pissent sur la stèle mortuaire de Richard Martineau. Et il décrit sa mort où Dieu jette son cadavre à la poubelle.

La table ronde de la FPJQ

Ce soir, il participe à une table ronde sur la liberté de la presse et organisée par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Au même titre que Lise Ravary et Michel Lacombe entre autres.

Voilà pour la contextualisation, comme on dit à l’université.

Mais qu’enseigne à ses étudiants Marc André Cyr, l’intimidateur? Quelle distance établit-il avec ses opinions, ses combats et ses haines compulsives, dont celle à l’endroit de Richard Martineau dépasse l’entendement?

Cyr est le prototype des universitaires qui depuis des années éclaboussent la réputation de l’UQAM. Ses écrits de pyromane permettent de comprendre que les étudiants délinquants qu’on retrouve dans cette université sont des disciples de Marc André Cyr et d’autres enseignants qui dévalorisent par leur fanatisme la noble profession de transmettre le haut savoir, ce qui est la nature même des études supérieures.

L’UQAM a mauvaise réputation à cause de ces enseignants qui n’ont aucune éthique. Cependant le cas de Marc André Cyr relève du grand-guignol.

L'épouse de Richard Martineau, Sophie Durocher, s'est également exprimée :

Un certain Marc-André Cyr a écrit, en février, sur le site Ricochet, une chronique nécrologique de mon mari, imaginant qu’il soit mort en 2016 et que sa dépouille était laissée au coin de la rue pour être picorée par les oiseaux.

Son texte était illustré d’un dessin de la tombe de mon amoureux, avec deux chiens qui pissent dessus.

Sur un autre dessin, on voit Dieu, découvrant Richard Martineau qui vient d’arriver au ciel, et jetant sa dépouille aux poubelles.

[...]

Je n’en ai pas parlé jusqu’ici, parce que je ne voulais pas lui faire de la publicité.

Mais quand j’ai appris que la FPJQ avait invité Marc-André Cyr à un «cabaret» sur la liberté de presse, j’ai été estomaquée.
Pourquoi la FPJQ, Fédération professionnelle des journalistes du Québec, lui donne-t-elle une tribune? Si un troll anonyme avait pondu un texte aussi haineux et des dessins aussi violents, jamais la FPJQ ne l’aurait invité.

Mais Môsieur est prof à l’UQAM, alors ça lui donne le droit à s’asseoir à la table?

Môsieur écrit dans Ricochet, magazine branchouillard, ouh la la, vous comprenez, ma chère!

Le pire, c’est que Bell Média est un des commanditaires de la FPJQ.

Quelle ironie!

Bell Médias congédie un animateur qui a écrit un tweet débile, mais s’associe à un événement où un troll de première classe va pouvoir faire rigoler la salle en leur racontant la fois où il a imaginé la mort de mon mari?

[...]

Et pourtant à la FPJQ on trouve ce gars, Monsieur Cyr, tellement pertinent qu’on l’invite à un petit «cabaret» animé par Pat Lagacé où Yves Desautels va jouer de la zizique.

Ils devraient renommer leur cabaret: J’irai cracher sur vos tombes.

Et combien on parie qu’à son prochain congrès la FPJQ va dénoncer les radios poubelles?

Mais les médias poubelles de gauche où un prof de l’UQAM imagine la mort du père de mon enfant, ça, la FPJQ ne les dénonce pas?


dimanche 8 mai 2016

Critiques de conservateurs « responsables » — Le pape François, fossoyeur de l'Europe ?

Les critiques contre la pensée et les actes du pape François en matière d’immigration s’accumulent dans les cercles conservateurs francophones. En voici deux.

D’abord celle de Paul-Marie Coûteaux, écrivain et ancien député européen.

« Quelques esprits simples aimeraient nous faire croire que l’immigration massive est une fatalité : démographie, guerres, persécutions, tremblements de terre et autres misères la rendraient inévitable, et nous n’aurions le choix qu’entre le généreux accueil de millions de personnes venues de loin, souvent très loin, ou son refus honteux. En fait, la plupart des migrants ne tenteraient pas une aventure si onéreuse, jusqu’à donner l’essentiel de leurs biens aux passeurs, aléatoire et dangereuse, s’ils n’avaient l’espoir d’être accueillis, de sorte que les belles âmes qui entretiennent des illusions vite déçues (avec quelquefois, en prime, la mort en route, souvent la déchéance, toujours le déracinement et la solitude) sont, sous couvert d’une générosité paresseuse, des criminels qui s’ignorent.

On pourrait comprendre que les gauches, voulant détruire (pardon, “déconstruire”) le monde ancien et, comme Bruxelles, créer un nouveau peuple par un vaste creuset à l’américaine, chantent le refrain de l’immigration heureuse. Mais comment comprendre que l’Église participe à cette nouvelle traite internationale et à la dislocation de l’Europe dont elle se veut la matrice ?

C’est pourtant ce qu’elle fait en toutes ses échelles, des prêtres critiquant en chaire les lois limitant l’immigration jusqu’au pape allant à Lesbos soutenir les migrants, geste où médias et politiques dans le vent, Jean-Luc Mélenchon compris, virent d’autant mieux un soutien au principe même de migration qu’il déclara : “Nous sommes tous des migrants.”

Je suis chrétien, je crois au Dieu du Christ, j’admire la miraculeuse rupture introduite dans l’histoire des hommes par la religion de l’amour, comme j’admire l’incomparable civilisation qu’elle a produite sur le continent européen. Mais j’aimerais encore dire à la messe que “je crois en l’Église catholique et apostolique”. Et, pour cela, que s’élève au sein de cette Église une voix de raison et d’équilibre qui regarde en face la réalité : que les drames en Méditerranée se multiplient à mesure qu’on attire de pauvres hères en promettant un accueil de plus en plus problématique et illusoire ; que ce sont là des questions compliquées (songeons au jeu de l’État turc) que d’abstraits principes, sublimes par leur inspiration, mais simplistes quant à leur application, ne peuvent régler au petit bonheur ; qu’il est écrit que les hommes doivent aussi rendre à César, en premier lieu, la garde des frontières, responsabilité politique pure ; que l’amour du prochain n’est pas une facile prime au lointain quand tant d’êtres près de nous souffrent d’une forme ou une autre de misère, due à l’incurie politique, comme ces paysans, pour lesquels l’Église n’a pas un mot ; que l’on doit aimer son prochain “comme soi-même”, et non “plus” que soi-même, et que celui qui ne se respecte pas lui-même et se laisse détruire n’aura plus rien à donner ; que charité bien ordonnée commence par soi-même et qu’il y a aussi de la charité à protéger et servir les siens, sa famille et son peuple.

Je voudrais qu’un travail d’exégèse éclaire ceux qui ne font qu’appliquer mécaniquement des préceptes : Matthieu rapporte que les brebis qui sont parmi les loups se doivent d’être “simples comme les colombes”, mais aussi “prudentes comme les serpents” : cette prudence, c’est l’esprit de responsabilité, nul chrétien n’étant affranchi de la considération des conséquences de ce qu’il dit ou fait. Pie XII l’a héroïquement montré. Dans la cité terrestre, le mal et le bien sont à ce point imbriqués qu’il entre souvent dans le bien un point d’excès où il change de nature : le “tu ne tueras point” n’empêche pas les aumôniers militaires...

Que l’Europe soit chrétienne donne à Rome une responsabilité devant ce continent, faute de quoi — angoisse peut-être inconcevable pour un pape venu du continent américain — elle pourrait sombrer avec lui. »

Puis celle de l’essayiste Éric Zemmour :



Le pape François « abandonne l’Europe à son destin islamique », selon Éric Zemmour

La visite du pape François en Grèce sur l’île de Lesbos a eu un succès retentissant, d’autant qu’il en est revenu avec 12 migrants syriens qu’il a accueillis au Vatican. « Ce pape est un maître. Un maître en politique, un maître en communication. Il fait honneur à la réputation légendaire de machiavélisme des Jésuites », analyse Éric Zemmour. Après avoir suggéré qu’il donne des cours à François Hollande, Éric Zemmour qualifie le voyage du pape de « sans faute ». Mais en ayant ramené des réfugiés musulmans, le pape aurait-il vu sa charité se retourner contre lui ?

Ainsi, Éric Zemmour y voit un pape qui « a fait une croix sur l’Europe, terre chrétienne. Il refuse de privilégier la défense des chrétiens d’Orient persécutés, et abandonne l’Europe à son destin islamique ». Pour le journaliste, les ponts que le souverain pontife veut édifier favoriseront toujours la civilisation la plus conquérante, et la démographie la plus vigoureuse ». Éric Zemmour pense que le pape voit l’Europe comme un monde rongé par l’argent, et qu’après tout « que la volonté de Dieu soit faite, même si le dieu s’appelle Allah ».

Voir aussi

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L’immigration « remède imaginaire » au déclin démographique, mais gain électoraliste

Extraits d'un article du Devoir qui n'étonneront pas les lecteurs de ce carnet (nous avions déjà consacré plusieurs billets sur ce sujet et notamment sur les travaux de Guillaume Marois). C'est pourtant un bon résumé des faits et des études publiées sur le sujet.

Comme la population n’assure pas sa propre survie par la natalité [voir La fécondité continue de chuter au Québec (depuis 7 ans, fécondité désormais sous le niveau de la Russie)], le Québec « a besoin d’un moteur de croissance démographique plus important. Et l’immigration, c’est un de ces moteurs », disait le 8 mars dernier le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Le Québec [aurait dû] accueillir 10 000 immigrants de plus par année, précisait-il, faisant passer leur nombre total de 50 000 à 60 000.

« C’est un mythe de croire une chose pareille, déclare le démographe Guillaume Marois, chercheur postdoctoral à l’Université de Montréal. L’immigration augmente l’effectif, mais, à long terme, elle n’est pas une solution à la dénatalité et aux conséquences du vieillissement de la population. »

Coauteur avec Benoit Dubreuil du Remède imaginaire, paru en 2011 chez Boréal, M. Marois a étudié cette question [...].

Sa conclusion : non seulement la hausse de l’immigration ne freine pas le vieillissement démographique, mais elle pourrait même avoir l'effet inverse! Le «remède imaginaire» consiste à hausser les seuils d’immigration en donnant l’impression que le vieillissement va cesser. Une politique qui fait image et à laquelle il est difficile, politiquement, de s’opposer, comme l’a constaté le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, accusé par le premier ministre [dont le parti le PLQ a une forte base électorale anglophone et allophone, comme par hasard...] de souffler «sur les braises de l’intolérance». [Rappelons que seuls 21% des francophones mais une masse de 72% de non-francophones soutiennent le PLQ au pouvoir, selon un sondage Léger en date du 24 mars 2016.]

Même si la ministre de « l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion »MC [intitulé orwellien s'il en est], Kathleen Weil, a affirmé par la suite que cette augmentation était impossible à court terme, Philippe Couillard n’a pas officiellement reculé sur la question.

Politiques natalistes sont plus efficaces

Les recherches en démographie sont consensuelles : les politiques natalistes comme l’instauration d’un régime de garderies à bas tarifs et les crédits d’impôt aux familles [pour toutes les familles et pas uniquement les moins nanties...] ont une incidence beaucoup plus significative sur la lutte contre le vieillissement de la population. «Il apparaît contre-intuitif de penser que l’immigration ne freinera pas le vieillissement démographique à long terme au Québec. C’est pourtant un fait», assure le professeur émérite du Département de démographie de l’Université de Montréal Jacques Légaré, qui dirigeait l’Équipe de recherche sur le vieillissement de la population [...].

D’abord, l’âge moyen des immigrants qui arrivent au Québec (30 ans) est si élevé qu’une bonne partie d’entre eux n’auront pas d’enfants. Ensuite, une grande proportion d’immigrants (au-delà de 20 %, selon certaines estimations) choisissent de quitter le Québec une fois leur statut régularisé. En outre, plusieurs études mentionnent que les immigrants adoptent très vite les mœurs de leur pays d’accueil en matière de natalité; ils ont donc moins d’enfants que s’ils étaient restés dans leur pays d’origine.

Résultat : le taux de fécondité reste pour ainsi dire inchangé. L’effet pourrait même être négatif.

L’annonce du premier ministre Couillard, appuyée par un document du ministère de l’Immigration, étonne d’autant plus les démographes qu’elle entre en contradiction avec les recommandations de deux économistes qui ont déposé un rapport sur cette question il y a 18 mois. «Nous recommandons de maintenir les niveaux d’admission actuels, soit autour de 50 000 immigrants permanents par an. Rien ne prouve que l’économie a besoin de beaucoup d’immigrants pour se développer», écrivent Brahim Boudarbat, chercheur à l’Université de Montréal, et Gilles Grenier, du Groupe de recherche sur l’économie de l’immigration de l’Université d’Ottawa, dans le document intitulé L’impact de l’immigration sur la dynamique économique du Québec et daté du 12 novembre 2014.

[Comme le soulignait Mathieu Bock-Coté personne n'ose même mentionner ce qui semble évident devant le manque de moyens pour les franciser et leur donner du travail : diminuer le nombre d'immigrants.

Rappelons ce que déclarait récemment le démographe de l'Université de Montréal Marc Termote : «Toutes les études montrent que l'impact économique de .

«Il y aura des pénuries, mais ce seront des pénuries très ponctuelles, dans des secteurs bien spécifiques. Et ce n'est pas en ajoutant 10 000 immigrants de plus qu'on va régler cette pénurie-là. (...) Ce n'est pas par une politique générale qu'on règle le problème», a-t-il ajouté.

Montréal a du mal à intégrer les immigrants qu'elle a déjà accueillis, alors que le taux de chômage pour les résidants nés à l'extérieur du pays se situe à 11 %, comparativement à sept pour cent pour ceux qui sont nés au Canada.]

Quand on parle des conséquences du vieillissement de la population, c'est surtout l’accroissement de la proportion de gens âgés qui inquiète : plus de dépenses, moins de personnes pour payer. Sur ces éléments, l'immigration a une influence limitée, d'autant plus que les difficultés d'intégration économique rendent la contribution des néo-Québécois aux finances publiques encore plus incertaine.

Jacques Légaré soutient aussi que la hausse du nombre d’immigrants est une erreur qui témoigne de la méconnaissance des études démographiques. «C’est essentiellement une déclaration partisane et électoraliste», affirme-t-il. Même le nombre actuel d’immigrants semble élevé pour notre capacité d’accueil, à son avis. «À 30 000 nouveaux arrivants par année, l’intégration se déroulait de manière plus efficiente», estime-t-il. Et il ne faut surtout pas réduire les ressources allouées à l’intégration.

D’autres raisons d’accepter l
immigration

M. Marois signale que ses études se penchent principalement sur la question de la lutte contre le déclin démographique dans une société vieillissante. Or, indique-t-il, «il y a d’autres raisons d’accueillir des immigrants».

La crise des réfugiés que l’on connaît depuis quelques années force les pays d’accueil à ouvrir leurs frontières et à reconsidérer leurs critères de prise en charge pour des raisons humanitaires. À son avis, les seuils d’immigration eux-mêmes devraient être abandonnés au profit d’objectifs d’intégration. « Le problème auquel il faut s’attaquer, c’est l’intégration des immigrants à la société d’accueil. Il y a des lacunes à corriger de ce côté avant de se lancer vers de nouvelles cibles », conclut-il.

Voir aussi

La fécondité continue de chuter au Québec

L'immigration, le remède imaginaire

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Les universités anglophones du Québec seraient démesurément financées

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Les immigrés de 2e génération réussissent mieux en moyenne que les Québécois de souche et préfèrent nettement le CEGEP anglophone (2008)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Pologne — Allocation familiale universelle pour lutter contre l'implosion démographique

Le coût des garderies québécoises

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L'utilité du français pour un emploi est-elle quasi nulle à Montréal pour les immigrants récents ?

Québec — Le français perd de plus en plus de terrain au travail

L'anglais intensif est optionnel en 6e au Québec, il progresse peu malgré les fonds supplémentaires (l'État pousse à la bilinguisation généralisée des francophones)

Québec — Toujours pas de plan pour l'amélioration du français à l'école

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Histoire — Léon XIII crut apaiser l’anticléricalisme républicain par le ralliement, au nom d’un “réalisme” chimérique

L’historien italien Roberto de Mattei raconte comment Léon XIII crut apaiser l’anticléricalisme républicain par le ralliement, au nom d’un “réalisme” chimérique.

Lorsque Léon XIII est élu pape en 1878, la IIIe République est en train de mettre en place sa politique anticatholique : la “République des républicains” est aussi une “République du Grand Orient” dont le but est, dit Ferdinand Buisson, de créer une « religion laïque » pour « libérer les consciences » du christianisme, ce “phylloxera” des esprits selon Paul Bert. Pourtant, le nouveau pape rompt avec la politique de ses prédécesseurs : à l’affrontement, il préfère la diplomatie et croit fermement qu’il n’est aucune opposition qui ne puisse être surmontée par un dialogue sincère et généreux. Il a aussi une obsession : recouvrer les États pontificaux, confisqués par l’Italie en 1870. On ne comprend pas le ralliement sans ce souci brûlant, qu’il ne pensait pouvoir mener à bien sans une alliance avec la France. La réconciliation avec la IIIe République est donc avant tout un impératif diplomatique. Pour lui, l’hostilité de celle-ci n’est qu’une conséquence de l’opposition des catholiques à la forme républicaine du gouvernement : convaincre les catholiques français d’abandonner leur attachement à la monarchie, c’est donc se réconcilier immanquablement avec le pouvoir.

Laïcisation brutale de l’instruction, dissolution des Jésuites, mise sous tutelle des congrégations, expulsion des milliers de religieux qui ne voulurent pas s’y soumettre : les catholiques français avaient pourtant de solides raisons de s’opposer à une République dont l’anticatholicisme constituait le cœur idéologique. On comprend leur atterrement lorsque Léon XIII, en 1892, préconisa le ralliement à la République par l’encyclique Au milieu des sollicitudes. Deux jours plus tôt, Clemenceau avait pourtant réaffirmé avec force qu’entre la République et l’Église, « la lutte est engagée : il faut qu’elle se poursuive. L’avenir dira le vainqueur ».

L’avenir dit clairement, en tout cas, que malgré l’effondrement du parti monarchiste français consécutif à sa condamnation par Léon XIII (des fidèles se voyaient refuser l’absolution pour “péché de monarchie”), le ralliement n’empêcha pas l’anticléricalisme de s’intensifier. Il culmina avec Émile Combes, qui imposa une seconde vague d’expulsions aux congrégations à partir de 1903, l’année même de la mort de Léon XIII, qui ne sera donc pas témoin du démenti le plus cinglant à sa politique d’apaisement : la crise des inventaires et la dénonciation du Concordat. Pie X, lui, imposa sans délai une politique de combat qui obtint des résultats immédiats, la République renonçant à appliquer la loi de 1905 dans toute sa dureté, pour éviter de créer des martyrs. Aristide Briand lui rendit cet hommage : « C’est le seul qui ait vu clair […] et qui travaillait pour l’avenir. »

Dans un ouvrage limpide et étayé sur de nombreux documents inédits, Roberto de Mattei met en lumière les paradoxes de Léon XIII : un pape à l’enseignement antilibéral (la plupart de ses 86 encycliques sont des condamnations des idées modernes) mais à la pratique libérale, d’accommodement avec les adversaires de l’Église ; un pape qui publia des textes sans appel contre la maçonnerie et ses prétentions à « la séparation absolue de l’Église et de l’État », et qui pactisa avec une République qui ne cachait aucunement ses affiliations avec les loges, ce qui revenait, comme le notait le cardinal Masella, « à vouloir réconcilier le diable avec l’eau bénite » ; un pape qui, au nom du réalisme, condamna une restauration qu’un parti monarchiste puissant rendait encore possible, dans l’espoir d’obtenir une restitution des États pontificaux, qui était une pure chimère ; un pape qui n’avait pas été partisan de l’infaillibilité pontificale mais en réalisa une spectaculaire extension, en imposant brutalement aux catholiques une obéissance sans faille à des positions qui, étant purement politiques, ne relevaient pourtant pas du domaine du magistère infaillible. Ne serait-ce que sur ce dernier point, on le voit, l’ouvrage remarquable de Roberto de Mattei n’est pas seulement un livre d’histoire mais un utile outil de réflexion pour aujourd’hui.


Source

Le Ralliement de Léon XIII,
L’échec d’un projet pastoral,
de Roberto de Mattei,
aux éditions du Cerf,
paru à Paris,
le 22 janvier 2016,
480 pages,
29 €.
ISBN-13: 978-2204105552

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Le crépuscule du mouvement réchauffiste ?

Le mouvement écologiste et politique autour du réchauffement climatique devrait radicalement se remettre en cause au plus vite, c'est le constat de plusieurs chercheurs aux Etats-Unis.

Voici des extraits du long article intitulé Green Idols : Twilight of the Climate Change Movement écrit pour The National Interest par Mario Loyola, associé de recherche principal au Wisconsin Institute for Law and Liberty :

La face cachée de l’accord de la COP21

Le sommet climatique de l’ONU à Paris fin 2015 s’est achevé par un feu d’artifice. Les gouvernements du monde ont promis des coupes radicales dans les émissions de carbone. Les pays riches ont promis un coup de main aux pays pauvres avec 100 milliards de dollars par an pour les aider. Tout le monde est d’accord pour voir là un résultat historique majeur.

Puis vint le croustillant : l’accord n’est pas contraignant. Le secrétaire d’État américain John Kerry assura sur Meet the Press de la NBC que la conformité serait imposée par « l’arme puissante » de l’humiliation publique, impliquant apparemment une politique de confrontation verbale avec les États défaillants. Le scientifique danois Bjørn Lomborg qualifia l’accord de Paris comme « le plus coûteux de l’histoire » si appliqué. [Bjørn Lomborg est l’auteur de L’Écologiste sceptique ]

Selon Lomborg, l’accord « réduirait les températures d’à peine 0,05 degré Celsius d’ici 2100… » ; c’est tout simplement du théâtre politique, destiné à nous convaincre que nos chefs s’attellent sérieusement à la tâche… un geste incroyablement coûteux, mais presque inopérant. Jim Hansen, scientifique de la NASA, un des premiers partisans de l’idée que le réchauffement global est d’origine humaine, qualifia l’accord de « foireux, contrefait » et « d’escroquerie ».


Échec de la COP21 : la faute à qui ?

L’évaluation de Hansen est probablement proche de la vérité ; et lui et ses amis n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Bien que ceux qui remettent en cause l’existence même d’un réchauffement planétaire puissent être directement mis de côté, les alarmistes ont été bien trop prompts à écarter les questions légitimes sur l’importance du réchauffement climatique. En fait, ils ont fréquemment qualifié de telles questions d’hérésies à persécuter, adoptant une mentalité encore plus agressivement anti-scientifique que ce dont ils accusent les autres.

En même temps, du côté politique, la demande des alarmistes pour un contrôle économique mondial, y compris un plafonnement des carburants fossiles, est largement recyclée des précédentes modes scientifiques catastrophiques, comme la peur de la pénurie de pétrole de la fin des années 70. En dépit des énormes coûts qu’imposeraient ces politiques, particulièrement sur les pays pauvres, elles ne feraient pratiquement rien pour stopper le changement climatique d’origine humaine, et encore moins protéger quiconque de l’incessant changement climatique naturel qui est l’une des principales et inévitables caractéristiques de notre planète. Elles détournent aussi l’attention des investissements qui rendraient la société moins vulnérable au changement climatique.

Ne vous laissez pas avoir par la fanfare parisienne : le mouvement du changement climatique va se voir confronté à de gros problèmes. Ses propositions principales contiennent deux erreurs majeures qui ne deviendront que davantage voyantes avec le temps. D’abord, dans un contraste saisissant avec la croyance populaire et les déclarations publiques des officiels gouvernementaux et de nombreux scientifiques, la science sur laquelle sont basées les terribles prédictions de changement climatique anthropique est très loin du niveau de compréhension ou de certitude que le discours populaire lui attribue. Ensuite, et concomitamment, l’adoption par le mouvement d’une forme absolue de principe de précaution dénature l’analyse rationnelle coût-avantage, ou la met totalement au panier.

La bonne stratégie pour faire face aux défis environnementaux devra être basée sur des incitations et des mécanismes de marché, une analyse coûts-avantages rationnelle, et un large consensus sur l’importance vitale d’une économie efficace. Les stratégies qui faussent l’analyse coûts-avantages rationnelle (ou la science sur laquelle elle est basée) pour faire passer un ordre du jour antiéconomique ne marcheront pas et ne peuvent maintenir l’illusion d’une légitimité que jusqu’à ce qu’elles soient discréditées.

Le changement climatique est réel, questions hérétiques

Dans le discours politique, il est souvent nécessaire de simplifier des sujets politiques pour les rendre accessibles au débat public. Mais trop de simplification peut avoir pour effet de troubler le débat public, comme cette malencontreuse déclaration lors du discours sur l’État de l’Union du Président Obama : « Le débat est clos. Le changement climatique est réel. » Bien sûr, le changement climatique est réel. Le climat change perpétuellement. Seul le plus sot des détracteurs du Président pense autrement, et cela n’aide pas sa cause de démontrer qu’il peut être aussi idiot.

Il est parfaitement évident que la planète s’est refroidie et réchauffée au long des siècles. Il est aussi irréfutable qu’au moins une part significative de ce réchauffement est attribuable au dioxyde de carbone issu de la combustion des carburants fossiles depuis le milieu du XXe siècle. Il y a une bonne raison scientifique de croire que cet accroissement de la concentration de gaz à effet de serre constitue presque certainement une contribution nette au réchauffement planétaire. Mais des questions cruciales demeurent à propos de l’importance relative des facteurs naturels qui influencent le climat. Le Président a cependant tort en ce sens que pour ce qui est des questions scientifiques les plus importantes, le débat ne fait que commencer.

Le débat public est dominé par des déclarations simplistes affirmant que le « changement climatique est d’origine humaine » ce qui amène chacun à penser que toute la tendance actuelle au réchauffement est due à l’homme. Mais presque tous les scientifiques du climat s’accordent pour dire que de nombreux facteurs influencent les températures, y compris des variations majeures dans la circulation océanique, des variations de l’orbite de la Terre, de l’activité solaire et de l’activité volcanique. La « déclaration d’attribution » dans le dernier rapport d’évaluation du GIEC est prudemment formulée : « Il est très probable que plus de la moitié de l’augmentation observée de la température moyenne globale de 1951 à 2010 a été causée par l’augmentation des GES et autres forçages anthropiques. »

La différence entre « plus de la moitié » (le résumé de la littérature scientifique du GIEC) et « tout » ou « presque tout » est cruciale du point de vue de la politique publique. Si seulement la moitié environ du réchauffement observé est due à l’activité humaine, l’analyse coûts-avantages des politiques actuellement proposées est plus que douteuse, et révèle un autre problème : si pratiquement la moitié de la tendance actuelle (quelle qu’elle soit) au réchauffement est due à des causes naturelles, les politiques actuelles seront sans effet.

Ceci met en lumière une fonctionnalité autocorrective importante dans le développement de la science du climat. Oui, il est vrai que nombre de journaux rejettent les articles critiquant le consensus ambiant, et que des priorités de financement renforcent lourdement ce consensus. Mais même le puissant biais en faveur de conclusions pressantes, qui a été introduit dans la recherche scientifique par la politisation persuasive du problème, ne peut inventer facilement de fausses données. Chaque année apporte plus de données brutes que l’année précédente, et l’écart entre les nouvelles données et les simples modèles climatiques augmente.

Les alarmistes disent qu’on doit s’attendre à des écarts, et que les modèles peuvent être affinés. Mais ils se sont eux-mêmes enfermés à tort dans des certitudes alors que des incertitudes considérables demeurent. L’incertitude sur les risques n’est pas nécessairement fatale à une politique de précaution, mais revendiquer de fausses certitudes finit par l’être tôt ou tard. Rappelons-nous la guerre d’Irak et la non-existence des armes de destruction massives de Saddam.



Il y a une grande différence entre admettre que le dioxyde de carbone anthropique est une cause du réchauffement global actuel, et affirmer qu’il est responsable de pratiquement tout le réchauffement global en cours. Nombre de scientifiques du climat qui admettent que l’homme contribue au réchauffement global sont sceptiques quant aux pronostics de changement climatique catastrophique.

Ce flou des limites entre recherche et plaidoyer trouble le public et laissent les scientifiques désarmés face à des accusations de malhonnêteté professionnelle. Le fait que la vision apocalyptique d’une catastrophe imminente fasse partie de l’orthodoxie obligatoire donne au mouvement une tonalité quasi religieuse, et amène à la persécution des « sceptiques » comme hérétiques.

Des politiques révolutionnaires contre le changement climatique

[…]

Les Américains de l’ensemble du spectre politique pourraient admettre que les preuves scientifiques du changement climatique justifient certaines mesures de précaution, et que la nature est une valeur importante. Mais avec tant d’alarmistes, de Bill McKIbben à Naomi Klein appelant à la fin du capitalisme comme nous le savons, le débat tend à dérailler dès le départ.

Les alarmistes du climat veulent-ils éliminer l’impact humain sur le climat, quel que soit ce que ferait le climat autrement ? Ou essayent-ils d’éliminer le changement climatique lui-même, quelle qu’en soit la cause ? Les paroles confuses d’Obama pour sauver la planète semblent éluder plutôt que clarifier si c’est réellement la planète qui a besoin d’être sauvée de l’humanité, ou l’humanité qui a besoin de se sauver d’elle-même.

La question n’est pas passée inaperçue. Sur Slate, Joseph Romm concède que la planète se portera bien quoi que nous fassions, donc nous devrions être plus inquiets pour nous-mêmes. Nous vivons sur une planète où l‘adaptation est une compétence nécessaire.

Imaginons que c’est parfaitement possible — qu’une seule percée technologique nous permette de contrôler la température moyenne globale. Pourrions-nous nous mettre d’accord sur ce que devrait être la température idéale ? La température moyenne globale actuelle est-elle idéale ? Beaucoup voudraient considérer cela comme admis, et les alarmistes du climat semblent le présupposer, mais la proposition ne va pas du tout de soi.

En lisant les rapports du GIEC, les alarmistes trouvent l’idée de s’adapter au changement climatique bien moins satisfaisante que celle de le prévenir. Mais leur fixation sur un contrôle économique mondial se ramène à une sorte d’ingénierie climatique parce que cela présuppose que l’humanité n’apprendrait pas à vivre avec une planète en changement. Ainsi nous devons croire que l’espèce la plus adaptative qui ait jamais existé, une espèce si sophistiquée qu’elle peut survivre dans l’espace, exige une température moyenne et un niveau marin absolument stable pour survivre. C’est un défi au sens commun.

La civilisation humaine fait face à de nombreux défis. Nous sommes face à un risque toujours présent de changement climatique dangereux dû à des causes naturelles. Nous faisons face à une crise immédiate de perte rapide de l’habitat le plus précieux et essentiel, principalement en raison de l’agriculture et de l’abattage. Le futur nous apportera des défis supplémentaires pour lesquels nous nous trouverons bien moins préparés que nous n’aurions pu l’être. Ce qui est terrible c’est que nous n’accordons que très peu d’attention à ces risques, pour la simple raison qu’ils ne rentrent pas confortablement dans le programme essentiellement anti-industriel des écologistes.

La conférence de Paris est parvenue à un accord sur un Fonds Climatique Global de $100 milliards pour aider les pays en développement à réduire leur empreinte carbone. L’argent serait bien mieux dépensé dans une assistance à l’adaptation, pour s’assurer que les sociétés pauvres préservent leur habitat essentiel tout en améliorant leur accès à ce dont elles auront besoin en cas d’événement climatique vraiment catastrophique : nourriture, eau, et carburants fossiles.

Commentaires de Judith Curry

J’ai sélectionné environ le tiers de l’article de Loyola, surlignant les parties que j’ai trouvé les plus pertinentes. Cet article démontre une compréhension remarquable du débat public sur le changement climatique.

Je n’ai pas sélectionné les parties scientifiques. Loyola a mis en lumière la plupart des problèmes importants qui contribuent à l’incertitude majeure de la compréhension du changement climatique. Il a bien vu l’ensemble du tableau, sinon tous les détails.

J’ai mis en gras les remarques que j’ai trouvées les plus pertinentes, voici mes favorites.

L’incertitude sur les risques n’est pas nécessairement fatale à une politique de précaution, mais déclarer de fausses certitudes finit par l’être tôt ou tard.

La différence entre « plus de la moitié » (le résumé de la littérature scientifique du GIEC) et « tout » ou « presque tout » est cruciale du point de vue de la politique publique.
Ce sont deux points extrêmement importants que j’ai aussi essayé de faire, mais hélas pas aussi succinctement ou élégamment.

Il est bon de voir des autorités telles que Mario Loyola donner un point de vue sur le débat du changement climatique.

[Judith A. Curry (ci-contre) est une climatologue américaine, présidente de la School of Earth and Atmospheric Sciences au Georgia Institute of Technology.]

Source

Voir aussi

Enquête sur le réchauffisme (l'auteur, monsieur Météo pendant 20 ans à France 2, sera viré à la suite de cette enquête...)

Coûts de l'écologisme éolien au Québec : 23 milliards de $

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Le 8 mai 1794 : la Révolution exécute le savant Lavoisier

Antoine-Laurent Lavoisier, qui par la découverte d’une nouvelle théorie chimique a rendu son nom immortel, naquit à Paris le 16 août 1743. Après avoir terminé ses humanités avec éclat, il conçut tant de goût pour les sciences mathématiques et physiques, qu’il résolut de s’y consacrer tout entier. À cet effet, au sortir du collège, il s’occupa d’approfondir la science du calcul et l’astronomie, pratiqua la chimie, et apprit la botanique.

Il avait à peine atteint sa vingtième année, lorsqu’il fit pressentir ce qu’on devait attendre un jour de lui. L’Académie des sciences avait mis au concours la question de trouver, pour la ville de Paris, un mode d’éclairage à la fois plus efficace et plus économique que celui dont on s’était servi jusqu’alors. Lavoisier obtint le prix ; mais trop désintéressé pour le prendre, il le fit distribuer à trois artistes qui avaient entrepris des expériences dispendieuses pour arriver à la solution du problème.

Lavoisier fut chimiste, philosophe et économiste. Il est souvent présenté comme le père de la chimie moderne, qui se développera à partir des bases et des notions qu'il a établies et d'une nouvelle exigence de précision offerte par les instruments qu'il a mis au point. Il a inauguré la méthode scientifique, à la fois expérimentale et mathématique, dans ce domaine qui, au contraire de la mécanique, semblait devoir y échapper.

Au delà de la découverte de l'oxydation, des composants de l'air et de l'eau, de l'état de la matière, ses contributions à la révolution chimique sont à la fois techniques, expérimentales et épistémologiques. Elles résultent d'un effort conscient d'adapter toutes les expériences dans le cadre d'une théorie simple dans laquelle, pour la première fois, la notion moderne d'élément est présentée de façon systématique. Lavoisier a établi l'utilisation cohérente de l'équilibre chimique, a utilisé ses découvertes sur l'oxygène, dont il a inventé le nom ainsi que ceux de l'azote et de l'hydrogène, pour renverser la théorie phlogistique, et a développé une nouvelle nomenclature chimique qui soutient, ce qui se révélera inexact, que l'oxygène est un constituant essentiel de tous les acides. Précurseur de la stœchiométrie, il a surtout traduit des réactions dans les équations chimiques qui respectent la loi de conservation de la matière, donnant à celle-ci une solide assise expérimentale.

Expériences de Lavoisier sur la composition de l’air

Financier de son métier, soucieux d'établir des statistiques précises utiles à ce qu'il appelle à la suite de Condorcet l'arithmétique politique, il a été sollicité par l'administration royale puis révolutionnaire sur de très nombreux sujets depuis l'instruction publique jusqu'à l'hygiène en passant par le système monétaire. Il a aussi produit dans la lancée de Joseph Black la première théorie expérimentale de la chaleur, à travers l'étude non seulement de la combustion mais aussi de la respiration et de la fermentation des sols.

Après avoir enrichi la science d’une foule de découvertes et d’observations de détails sur lesquelles nous ne pouvons nous appesantir, Lavoisier se proposait de coordonner tous ses travaux, et d’en former un corps complet de doctrine ; il s’était, à cet effet, associé, à Armand Seguin, qui l’avait déjà aidé à employer la théorie nouvelle pour l’explication des phénomènes de la respiration et de la transpiration. Il marchait à grands pas vers l’exécution de ce louable projet, lorsque, pour employer encore les expressions de Cuvier, « une vie si belle et si utile fut terminée par un des crimes atroces qui ont déshonoré cette époque. Au fond de sa prison, lorsqu’il n’ignorait pas que l’on préméditait son assassinat, Lavoisier s’occupait encore, avec calme et sérénité, de suivre l’impression de son ouvrage, qui devait avoir huit volumes. Les bibliothèques ne possèdent pas de monument plus touchant.

Ces dernières lignes d’un homme de génie écrivant encore à la vue d’un échafaud, ces volumes mutilés, ces discours interrompus au milieu d’une phrase, et dont la suite est perdue pour toujours, rappellent tout ce que les temps affreux dont nous parlons produisirent d’horreur et d’effroi. La catastrophe qui a mis fin aux jours de Lavoisier fut une suite de sa carrière administrative, qu’il avait cependant parcourue avec non moins d’honneur et de talent que sa carrière scientifique. Il avait été fermier général en 1769. Malgré les préventions que devaient exciter contre lui, dans une telle compagnie, ses occupations savantes, il y obtint promptement un crédit proportionné à l’habileté qu’il y développa, et devint en peu de temps l’un des membres les plus actifs du corps, celui que l’on chargeait des affaires les plus difficiles.

Les hauts taux tuent les totaux

Ses vues étaient éclairées ; il savait combien une fiscalité excessive nuit quelquefois aux recettes, et en plusieurs occasions il fit supprimer des droits qui, fort onéreux pour le peuple, n’étaient pas très lucratifs pour l’Etat. Que la fiscalité excessive nuise aux recettes n'était pas une découverte cependant. Au XVIe siècle déjà, l’économiste français et conseiller de Henri IV, Barthélémy de Laffemas, avait déjà constaté que plus on taxe les riches, moins ils paient d’impôts. C’est d’ailleurs lui qui serait l’auteur de la formule « les hauts taux tuent les totaux ». Puis, en 1844, ce fut au tour de Jules Dupuit, ingénieur et économiste français, d’observer le même phénomène. Plus récemment, pendant les années Reagan, l’économiste américain Arthur Laffer s’est fait connaître pour sa formule « trop d’impôt tue l’impôt ».

La communauté des Juifs de Metz lui donna un témoignage honorable de gratitude pour la décharge qu’il avait obtenue en leur faveur d’un péage à la fois vexatoire et ignominieux... Lavoisier faisait aussi des recherches particulières d’agriculture et d’économie domestique. Comme grand propriétaire dans la généralité d’Orléans, il fut nommé, en 1787, membre de l’assemblée provinciale, et il ne se borna point, pour remplir cette honorable mission, à des conseils et à des travaux lors des intempéries de 1788, il avança à la ville de Blois une somme de cinquante mille francs pour acheter des blés, et il en dirigea si habilement l’emploi, que cette ville échappa, sans qu’il lui en coûtât rien, aux effets de la famine qui mirent le désordre et produisirent des séditions dans tant de lieux...

À cette époque, la France entière, provoquée par son roi, s’occupait des améliorations dont le gouvernement et l’administration paraissaient avoir besoin : Lavoisier crut devoir payer son tribut, et son Traité de la richesse territoriale de la France est une sorte de modèle de la manière dont on pourrait exposer les faits de l’économie politique... Le choix que l’Académie fit de lui, en 1790, pour être un des membres de la commission chargée de fixer les nouvelles mesures, lui offrit encore une occasion d’appliquer à la fois son génie pour les expériences et son esprit pratique... Tant de services, et des services si divers, ne lui obtinrent point de grâce auprès des hommes de 1793...

La République n'a pas besoin de savants

Traduit au tribunal révolutionnaire avec les autres fermiers généraux, il fut du nombre des vingt-huit condamnés à mort. On espéra encore un moment que sa renommée dans les sciences inspirerait de l’intérêt ; on se reposait sur les instances que quelques-uns de ses anciens confrères paraissaient à portée de faire en sa faveur ; mais la terreur glaça tous les cœurs ; personne n’osa en parler aux décemvirs... Un citoyen courageux, Hallé, osa seul tenter un effort public ; il se hâta de faire au Lycée des Arts un rapport sur ce que les découvertes de ce grand homme avaient d’utile, et ce rapport fut produit au tribunal.

Lavoisier est traduit devant le Tribunal révolutionnaire

Ayant demandé un sursis pour pouvoir achever une expérience, il s’entend répondre par le président du tribunal révolutionnaire, Jean-Baptiste Coffinhal : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes ; le cours de la justice ne peut être suspendu. ». Il est guillotiné place de la Révolution le 8 mai 1794, à l'âge de cinquante ans, en même temps que l'ensemble de ses collègues de la Ferme. Son corps, dépouillé, est empilé dans la fosse commune des Errancis.

Le lendemain de l'exécution de Lavoisier, le grand mathématicien Louis de Lagrange commente : « Il ne leur a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable ».

Son matériel et ses notes sont saisis mais ses travaux d'économétrie, dont il avait fait don à l'Assemblée constituante, peuvent être repris et publiés en 1796 par Lagrange.

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population

Alors que le taux de fécondité poursuit son déclin et que le vieillissement de la population s’accentue au Québec, l’enjeu de l’accueil des immigrants est placé à l’avant-plan, suscitant des débats sur l’économie, l’identité, la culture et la langue dans la province.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a annoncé à la fin du mois dernier que l’indice synthétique de fécondité s’était établi à 1,6 enfant par femme en 2015 – une baisse de 1 % par rapport au niveau de 2014 -, marquant un recul pour la sixième année consécutive.

Bien que ce chiffre ne semble pas anormalement bas, la province doit aussi tenir compte du vieillissement de la population et du manque de main-d'œuvre qualifiée.

Québec estime qu’environ 1,1 million de travailleurs auront pris leur retraite entre 2013 et 2022, et selon un document récemment publié par le ministère de l’Immigration, cette situation «souligne la nécessité de réaffirmer le rôle de l’immigration et de sa contribution au Québec».

Cependant, les immigrants ne sont pas répartis équitablement partout dans la province. Selon Statistique Canada, d’ici 2031, les minorités visibles représenteront 31 % de la population de Montréal, mais pas plus de 5 % ailleurs au Québec.

[…]

M. Termote s’est par ailleurs désolé que tous les gouvernements répandent le «mythe» voulant que l’augmentation des niveaux d’immigration aide à combler le manque de main-d'œuvre.

M. Termote s'est par ailleurs désolé que tous les gouvernements répandent le «mythe» voulant que l'augmentation des niveaux d'immigration aide à combler le manque de main-d'œuvre.

«Toutes les études montrent que l'impact économique de l'immigration est nul», a-t-il soutenu.

«Il y aura des pénuries, mais ce seront des pénuries très ponctuelles, dans des secteurs bien spécifiques. Et ce n'est pas en ajoutant 10 000 immigrants de plus qu'on va régler cette pénurie-là. […] Ce n'est pas par une politique générale qu'on règle le problème», a-t-il ajouté.

Montréal a du mal à intégrer les immigrants qu'elle a déjà accueillis, alors que le taux de chômage pour les résidants nés à l'extérieur du pays se situe à 11 %, comparativement à sept pour cent pour ceux qui sont nés au Canada.

« Le bassin d’immigration francophone, ce n’est pas la France, la Belgique ou la Suisse francophone. Le bassin francophone, c’est essentiellement l’Afrique francophone – l’Afrique subsaharienne et le Maghreb –, ce qui a des implications (culturelles) », a-t-il indiqué. […]

« Avec 50 000 à 60 000 immigrants par année, nous allons changer le visage culturel du Québec. Les défis de maintenir une société francophone qui est distincte culturellement augmenteront », a constaté M. Weinstock.

Source

Voir aussi

L’immigration « remède imaginaire » au déclin démographique, mais gain électoraliste (pour le PLQ)

La fécondité continue de chuter au Québec

L'immigration, le remède imaginaire

Montréal : en 2031 les minorités visibles représenteront 31 % de la population

Les universités anglophones du Québec seraient démesurément financées

Québec — Plus bas nombre de naissances depuis 8 ans, record de décès [mars 2016]

Les immigrés de 2e génération réussissent mieux en moyenne que les Québécois de souche et préfèrent nettement le CEGEP anglophone (2008)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Pologne — Allocation familiale universelle pour lutter contre l'implosion démographique

Le coût des garderies québécoises

L'histoire évacuée du 375e de Montréal en faveur du festivisme officiel bilingue ?

L'utilité du français pour un emploi est-elle quasi nulle à Montréal pour les immigrants récents ?

Québec — Le français perd de plus en plus de terrain au travail

L'anglais intensif est optionnel en 6e au Québec, il progresse peu malgré les fonds supplémentaires (l'État pousse à la bilinguisation généralisée des francophones)

Québec — Toujours pas de plan pour l'amélioration du français à l'école

ECR — Un cours réducteur qui rate la cible

Étude — Baisse de « solidarité » corrélée à l'augmentation du nombre d'étrangers