samedi 12 décembre 2015

L’Université du Tennessee veut « interdire » Noël

« Afin d’être plus inclusif », le bureau de la diversité et de l’inclusion à l’Université du Tennessee à Knoxville a publié 10 recommandations qui bannissent l’aspect religieux et culturel des célébrations de Noël du personnel sur le campus.

Ces recommandations, publiées sur le site web du bureau, ont pour but de permettre aux employés de « célébrer et bâtir sur les relations de travail et le moral de l’équipe ».

Un par un, les points énoncés dépouillent les fêtes de Noël de leurs pratiques traditionnelles. Selon ce guide, les cartes de Noël et les décorations ne devraient pas comporter d’éléments « confessionnels ».

De plus, la nourriture et les boissons servies lors des célébrations ne devraient pas appartenir à une religion ou à une culture spécifique.

Ces accommodements raisonnables ont soulevé un tollé, si bien que certains législateurs de l’État ont demandé la démission du chancelier de l’université, Jimmy Cheek.

Depuis cette controverse, le bureau de la diversité et de l’inclusion a publié une « clarification » sur son site web.

« Nous reconnaissons que Noël est l’une des célébrations de la saison et de la naissance de Jésus. Il s’agit d’une fête chrétienne qui figure sur notre calendrier culturel des fêtes religieuses. Les pratiques que nous avons publiées sont une ressource en ligne pour les professeurs et le personnel afin de créer des célébrations plus inclusives au sein de leurs départements et de leurs unités administratives », est-il écrit.
VOICI LES 10 POINTS ÉNONCÉS :

1) Les célébrations des fêtes devraient être un moment pour renforcer les relations de travail et le moral de l’équipe sans mettre l’accent sur la religion ou la culture. Assurez-vous que votre fête de Noël n’est pas une fête déguisée.
2) Envisagez d’organiser une fête du Nouvel An en incluant un décor et de la nourriture inspirée par plusieurs religions et cultures. Utilisez cet événement pour redynamiser votre équipe et pour déterminer vos objectifs et priorités pour la nouvelle année.
3) Les superviseurs et les gestionnaires ne devraient pas endosser ou être perçu comme un endosseur d’une religion particulière ou d’une religion en général.
4) Si une personne choisit de ne pas venir à une fête, n’exercez pas de pression afin qu’elle soit présente. La participation doit être volontaire.
5) Encouragez les employés à apporter de la nourriture qui reflète leur religion et leur culture. Utilisez ces célébrations comme une occasion de partager nos différentes cultures.
6) Si vous comptez envoyer des cartes de Noël, assurez-vous qu’elles sont non confessionnelles.
7) Si vous aviez l’intention d’organiser des jeux ou un échange de cadeaux, assurez-vous qu’ils ne portent pas un nom à connotation religieuse ou qu’ils comportent des éléments culturels précis.
8) La décoration choisie ne doit pas appartenir à une religion ou à une culture particulière. Établissez des dates précises pour les installer et les enlever.
9) Les boissons servies lors des fêtes ne doivent pas appartenir non plus à une religion ou à une culture spécifique.
10) Le plus important est de célébrer de façon respectueuse et inclusive avec les étudiants et vos collègues de l’Université.

Réaction de Richard Martineau

Cette décision a suscité cette réaction du chroniqueur Richard Martineau.
Comme vous avez pu le lire hier, l’Université du Tennessee à Knoxville veut bannir l’aspect religieux et culturel des célébrations de Noël.
Ça, c’est comme si je voulais bannir l’aspect carnivore du Festival des côtes levées, du bacon et de la viande.

« Vous avez le droit de célébrer Noël pourvu que ça ne soit ni religieux ni culturel. »

Euh... c’est quoi, d’abord ?

La fête des sapins ? La célébration des boules ?

L’Université a publié 10 recommandations sur son site Web pour aider les employés à célébrer Noël... sans parler de culture ni de religion.

Recommandation 5 : « Encouragez les employés à apporter de la nourriture qui reflète leur religion et leur culture. Utilisez ces célébrations comme une occasion de partager nos différentes cultures. »

Donc, les Arabes musulmans ont le droit de célébrer leur culture, les Chinois bouddhistes ont le droit de célébrer leur culture, les Grecs orthodoxes ont le droit de célébrer leur culture... mais pas les Américains de souche protestants ou catholiques !

Ben coudonc...

Si tu fais partie d’une minorité, la société doit t’encourager à célébrer ta différence. Mais si tu fais partie de la majorité, ferme ta gueule et prends ton trou.
Plus tu es dans la marge, plus t’es cool. Plus tu te rapproches du centre, plus tu es suspect.

[...]

Extrait d’un texte publié par France Info, le 14 juin 2013 : « La population américaine change. Selon les données du dernier recensement, le nombre de naissances des Américains blancs est inférieur à celui des décès. Dans quelques décennies, les minorités auront la charge du pays... »

Donc, ça veut dire que dans quelques années, les Américains blancs pourront CÉLÉBRER leur culture et leur héritage sans se faire regarder de travers ?

Ils pourront même apporter de la dinde et des bûches de Noël à l’Université du Tennessee ?

Euthanasie — Où sont passés le deuxième côté de la médaille et les soins palliatifs ?

Texte d’Aubert Martin, Directeur général de Vivre dans la dignité

Depuis le jugement de la Cour supérieure du Québec, on assiste dans les médias à une montée aux barricades pour crier à l’injustice.

Il est déjà loin le temps où on justifiait la position en faveur de l’euthanasie en se basant sur des jugements juridiques pour servir d’autorité morale. C’est à croire que l’autorité n’est conférée qu’aux institutions qui pensent dans le sens voulu... Ce qui est particulièrement choquant dans ce traitement public, c’est qu’on dénonce aussi cette décision comme une attaque à la démocratie, alors que dans le paysage démocratique, mis à part quelques exceptions notables, on ne voit qu’un seul côté de la médaille. Mais « le débat est clos », nous répond-on en guise de dialogue.  

[Note du carnet : c’est assez typique du débat « progressiste ». Tant que l’opinion « progressiste » est minoritaire ou non imposée par des juges, le débat doit rester ouvert, la liberté de pensée importante, il faut être « tolérant », il faut valoriser la « diversité ». Une fois que des juges auront décidé pour la population, le débat est clos, le consensus établi, les adversaires sont des rétrogrades, des intolérants qui devraient se taire, car la Lumière illumine enfin le monde.]


Pourtant, il reste tellement de questions cruciales à poser qu’on pourrait certainement écrire des articles sur le sujet deux fois par jour jusqu’au 6 février 2016. Ainsi, pourquoi attaquer le gouvernement fédéral qui ne fait que rappeler les règles qui régissent le pays dont fait toujours partie le Québec, et ne pas s’insurger contre l’Assemblée nationale du Québec qui a cautionné une loi en sachant pertinemment, comme le rappelle la Procureure générale du Canada dans le jugement, que cette loi serait incompatible avec le Code criminel ? Pourquoi crier au scandale devant le report d’une date d’échéance, et ne pas relever la témérité d’un gouvernement qui cherche à tout prix à devancer la mise en application du jugement de la Cour suprême sur lequel il s’appuie pour militer en faveur de son choix ?

Pourquoi avoir accusé tous les médecins qui refusent cette « aide médicale à mourir » en les affublant (encore) de tous les noms, sans jamais leur en demander les motifs professionnels en tant qu’experts sur la première ligne ?

Pourquoi écrire de longs articles sur les deux seules maisons de soins palliatifs (donc des exceptions par rapport au consensus des soignants palliatifs), et ne pas avoir donné un droit de parole serein à chacune des maisons qui n’a pas voulu de cette mort intentionnelle de leurs patients ?

Pourquoi ne pas s’interroger sur l’inquiétude de la Procureure générale du Canada « face aux dispositions de l’article 31 de la Loi qui impose aux médecins qui ne voudraient pas accéder à une demande d’“aide médicale à mourir” de participer, malgré leur objection », et en profiter pour soulever cette incohérence hallucinante avec le principe de liberté de choix évoqué par les défenseurs de l’euthanasie ?

Pourquoi s’étonner du jugement de la Cour supérieure du Québec qui ose enfin remettre les pendules à l’heure en affirmant que l’« aide médicale à mourir » constitue de l’euthanasie (une évidence criante) et ne pas critiquer le manque total de transparence du gouvernement du Québec qui, contrairement à tous les autres pays du monde qui traitent leur population en adulte, utilise des subterfuges pour diluer les effets qui désavantageraient sa position ?

Pourquoi commencer à dire que, de toute façon, la décision Carter légalisera bientôt l’« aide médicale à mourir », alors qu’il n’a jamais été question de ce vocable dans le jugement de la Cour suprême et qu’il se pourrait fort bien que la loi fédérale ne permette que des exceptions au Code criminel pour le suicide assisté, mais non pour l’euthanasie ? [Là, Aubert Martin nous semble naïf face aux idéologues du parti de Trudeau, fils.]

Et finalement, pourquoi ne pas applaudir l’entrée en vigueur de tous les autres articles de cette Loi concernant les soins de fin de vie qui ont trait aux soins palliatifs et à la sédation palliative continue, et qui sont censés donner un soulagement réel et apporter un début de réponse à la sempiternelle question de la souffrance en fin de vie ?

La croissance de la population du Québec ralentit pour une cinquième année consécutive

Cela ne surprendra pas les lecteurs de ce carnet, mais il est bon qu’une démographe gouvernementale le rappelle. Notons que tous les chiffres préliminaires pour 2015 semblent indiquer que le nombre de naissances baissera une nouvelle fois (un déficit de 850 naissances sur les 9 premiers mois) malgré une population en croissance et que le nombre de décès augmentera une nouvelle fois (un excédent de 1750 trépas par rapport aux neufs premiers mois de 2014).

La population du Québec a augmenté de 60 500 personnes en 2014, soit un taux d’accroissement de 7,4 pour mille (0,74 %). [La population du Québec est estimée à 8 240 500 personnes au 1er janvier 2015 en regard de 8 180 000 au début de 2014. Cette augmentation est principalement due à l’immigration.] Ce taux connaît un cinquième repli depuis le sommet de 11,0 pour mille (1,1 %) enregistré en 2009, indiquant un ralentissement de la croissance de la population québécoise. L’augmentation du nombre de décès et la diminution des nombres de naissances et d’immigrants nouvellement admis expliquent cette croissance moins rapide. La population québécoise s’établit à 8,26 millions d’habitants au 1er juillet 2015. La part des 65 ans et plus continue d’augmenter et se situe à près de 18 %. Les moins de 20 ans représentent 21 % de la population et les 20‑64 ans comptent pour 62 %. Ces résultats sont tirés de l’édition 2015 du Bilan démographique du Québec publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec.

Le nombre de naissances peut-être trompeur : avec une population croissante, un nombre constant de naissances indique en fait une baisse de la natalité.

Un peu moins de naissances et un peu plus de décès

Le nombre de naissances s’établit à 87 700 en 2014, un niveau inférieur à ce qui a été enregistré entre 2009 et 2013, alors que le nombre de naissances s’était maintenu au-dessus de 88 000. L’indice synthétique de fécondité est de 1,62 enfant par femme en 2014 ; il poursuit une légère tendance à la baisse, après avoir progressé de 1,45 enfant par femme en 2000 à 1,73 en 2008 et 2009. Le nombre de décès s’élève à 63 000 en 2014, soit une augmentation de 2 200 décès par rapport à 2013. Cette hausse est particulièrement marquée quand on la compare à l’augmentation annuelle moyenne de 600 décès enregistrée au cours des dix années précédentes. La saison grippale exceptionnellement hâtive et sévère de l’hiver 2014-2015 a entraîné un nombre de décès très élevé en décembre 2014, ainsi qu’un pic record en janvier 2015. Le grand nombre de décès du mois de décembre 2014 plombe le bilan global d’une année autrement fidèle à la tendance récente. La hausse du nombre de décès n’a pas empêché l’espérance de vie à la naissance de se maintenir au même niveau qu’en 2013, soit 80,2 ans chez les hommes et 84,1 ans chez les femmes. Le Québec a affiché pendant très longtemps la plus faible espérance de vie de toutes les provinces canadiennes. Au cours des trois dernières décennies, c’est le Québec qui a connu la plus forte amélioration, si bien qu’il se situe maintenant dans la moyenne canadienne.

L’indice de fécondité (le nombre d’enfants par femme) est lui insensible à l’accroissement de la population


Un peu moins d’immigrants et des pertes migratoires interprovinciales qui demeurent élevées

Le Québec a accueilli 50 300 immigrants en 2014, une baisse comparativement à 2013 (52 000) et au sommet de 2012 (55 050). L’Iran (11,6 %) arrive au premier rang des pays de naissance des nouveaux arrivants de 2014, devant la France (7,0 %), l’Algérie (7,0 %), la Chine (6,8 %) et Haïti (5,7 %). Plus de 60 % des immigrants admis en 2014 sont âgés de 20 à 44 ans. Le solde migratoire interprovincial du Québec est estimé à -  13 800 personnes en 2014, un résultat semblable au niveau enregistré en 2013. Il faut remonter aux années 1996 à 1998 pour trouver un déficit migratoire plus prononcé. C’est principalement avec l’Ontario, mais aussi avec l’Alberta et la Colombie-Britannique, que le Québec connaît des déficits migratoires notables.

Déjà très faible, la nuptialité montre encore des signes d’affaiblissement

On estime à 22 400 le nombre de mariages célébrés au Québec en 2014. De ce nombre, un peu moins de 600 (3 %) ont uni deux conjoints de même sexe. La propension à se marier demeure très faible : si les conditions de nuptialité de 2014 demeuraient constantes, seulement 27 % des hommes et 30 % des femmes se marieraient au moins une fois avant leur 50e anniversaire. La nuptialité a connu une légère diminution pour une deuxième année, alors qu’elle était demeurée plutôt stable entre 2001 et 2012. Les mariages religieux continuent de perdre en popularité (45,5 %), alors qu’on note une progression importante des mariages civils célébrés par une personne désignée (parent, ami, etc.). Par ailleurs, la moitié des mariages célébrés en 2014 ont eu lieu un samedi d’été.

Bilans régionaux

L’édition 2015 du Bilan démographique du Québec contient 17 fiches régionales offrant un aperçu de la situation démographique récente dans chacune des régions administratives du Québec. L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le coordonnateur statistique pour le Québec et la pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

[Au Canada comme au Québec, plus une région a une population autochtone plus son taux de fécondité est haut]
Voir aussi

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »


Québec — Plus petit nombre de naissances depuis 7 ans

Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises


Démographie — Triste record pour l’Allemagne

Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif

France — Ministère socialiste de l'Éducation cible l'école libre

Élèves d’une école libre catholique
Une vingtaine d’établissements hors contrat sont sous la loupe des enquêteurs du ministère de l’Éducation socialiste depuis la mi-novembre et jusqu’à la fin janvier. Les établissements sont inspectés parce qu’ils suscitent des inquiétudes (signalements par des parents, des enseignants…) ou bien parce qu’ils n’avaient pas été contrôlés depuis longtemps. Ils sont de toutes confessions, pas uniquement musulmanes, a-t-on souligné.

Sur cette vingtaine d’établissements, huit seront contrôlés d’ici ce vendredi 11 décembre par des équipes d’inspecteurs qui sonnent à la porte des écoles sans prévenir. Ils vérifient avec le directeur les programmes scolaires, les livres, les cours et parlent aux enseignants et aux enfants. Ces inspecteurs font immédiatement un rapport détaillé et en cas d’atteinte majeure aux « valeurs » de la République, le ministère envisage des fermetures d’établissement.

La France compte aujourd’hui près de 700 écoles indépendantes qui restent libres de leur pédagogie et de leurs programmes (contrairement aux écoles québécoises privées même si elles ne reçoivent aucune subvention) ; elles scolarisent environ 60 000 élèves.

« La démarche est engagée depuis une bonne année. On s’était rendu compte, quand Najat Vallaud-Belkacem est devenue ministre, que le cadre réglementaire des établissements hors contrat était assez flou et les contrôles limités ».

Les inspecteurs arrivent « en nombre important », sans prévenir. L’objectif est de « ne laisser prospérer aucun enseignement contraire aux valeurs de la République ».

Mais qu’est-ce que les valeurs de la République ? La lutte contre l’hétérosexisme, les mères porteuses pour tous, le sans-frontiérisme, la défense des « sans-papiers » devenus « migrants » puis « réfugiés », la promotion des drogues douces, la subvention par l’État de l’avortement, le « mariage » homosexuel ?

L’on peut, en effet, craindre que les écoles traditionalistes chrétiennes soient dans la ligne de mire, rappelons que le Parti socialiste au pouvoir (grâce aux élections à deux tours et à l’absence de scrutin proportionnel) considère que trente pour cent des électeurs (30 %) auraient voté pour un parti qui conduirait à la « guerre civile » (voir Manuel Valls, le Premier ministre socialiste enfiévré), qu’il faut défendre les valeurs de la « République » en érigeant barrage républicain (idem).


La ministre socialiste de l’« Éducation » en France, Najat Belkacem

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France — Les coupes socialistes dans la politique familiale expliquent-elles la baisse de la natalité ?

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Pour le ministre de l’Éducation français, le socialisme est une religion

L’école de l’État « n’a pas suffisamment travaillé sur les mentalités »

vendredi 11 décembre 2015

Un site pour aider à choisir les livres pour les 5 à 16 ans

Comment faire pour choisir des livres pour les 5-16 ans ? Comment s’y retrouver parmi les milliers de livres proposés ? Et surtout, quels livres méritent d’être lus par de jeunes lecteurs, quand leur vision du monde et leur sensibilité se développent ? Liberté scolaire s’est intéressé au site Bibliothèque Familiale. Disponible sur abonnement via PayPal (20 €/an), Bibliothèque familiale recommande des livres qui développent l’imagination, l’esprit critique et les connaissances des plus jeunes, dans le respect de principes solides.

Bibliothèque familiale fait découvrir des livres de référence, des classiques, des livres fondateurs, comme d’autres, plus récents, moins connus et très appréciés, en articles concis. L’accès par âges et thèmes facilite les recherches ; et avec les listes de livres lus et à lire, l’abonné sait toujours où il en est dans ses lectures.

Maintenant, c’est facile, pratique et rassurant. Quand un de mes enfants (qui sont tous de gros lecteurs) me dit : « Maman, qu’est ce que je peux lire ? »(Avant, je n’avais pas forcément d’idée comme ça immédiatement ; ou je les avais toutes épuisées !) ; maintenant, je lui réponds : « va sur Bibliothèque familiale, trouve un titre ou deux et je te l’achèterai sur Internet ». Au moins, je suis sûre qu’ils ne me demanderont pas un bouquin nul !!!
Anne, maman de 4 enfants.

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Rémi Brague — Sur le « vrai » islam

Extraits d’un texte de Rémi Brague (photo ci-dessous), historien de la philosophie, universitaire, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive, et connaisseur de la philosophie grecque. Il enseigne la philosophie grecque, romaine et arabe à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilian Universität de Munich. Il est membre de l’Institut de France.

Le 26 novembre 2013, le Pape François a écrit :
Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence.
(Exhortation apostolique Evangelii gaudium, § 253)

L’intention est excellente et le texte a été bien accueilli de toutes parts. Reste qu’il contient une question de taille.

Rémi Brague
Distinguons un point de fait et un point de droit.

Quant au fait, chacun prétend représenter l’islam « vrai ». Les terroristes eux aussi ; ils se réclament d’un islam intransigeant, accusent ceux qui ne les suivent pas de tiédeur, voire d’avoir trahi leur religion. La question de droit est plus vaste : comment faire pour distinguer l’islam vrai de celui qui ne l’est pas ? Il faudrait avoir un critère permettant de faire le départ entre le vrai et sa contrefaçon.

Qui possède la compétence et donc le droit de procéder à une telle distinction ? Ce n’est certainement pas le Pape. Que dirait-on si le Dalaï-lama se permettait de distinguer le « véritable christianisme » de ses contrefaçons ?

Je suis bien incapable de fournir un tel critère, et encore bien plus de désigner un ou des juge(s) compétent(s). Je voudrais ici tout simplement faire prendre conscience de la largeur de l’éventail sémantique que recouvre l’expression « islam vrai » et mettre en garde contre son ambiguïté.

Les sens du mot

Il faut commencer par distinguer les sens du mot « islam ». Je propose de les répartir en trois significations principales : l’islam comme religion, l’Islam comme civilisation (histoire, géographie), l’Islam comme populations.

« Islam » signifie d’abord une religion. Celle-ci est caractérisée par son attitude spirituelle fondamentale : l’abandon sans reste de toute la personne entre les mains de Dieu. Le mot arabe islâm signifie exactement cela. Pour les Occidentaux, l’islam est la religion qui fut prêchée par Mahomet dans l’Arabie du VIIe siècle de notre ère. Pour les musulmans, nous verrons qu’elle est beaucoup plus ancienne.

En un second sens, « Islam » désigne une civilisation comme fait historique pourvu d’un début dans le temps et circonscrit dans l’espace. Ce que les historiens et géographes constatent de l’extérieur correspond d’ailleurs à un sentiment éprouvé de l’intérieur. Cette civilisation se comprend en effet elle-même comme se distinguant de ce qui n’est pas elle : dans le temps, elle se distingue de l’époque qui la précède, ce que nous appellerions le paganisme, avec son polythéisme, et que l’islam préfère appeler l’« ignorance » (jâhiliyya). Elle a son calendrier propre, qui commence en 622, date de l’Hégire, interprétée traditionnellement comme celle du départ de Mahomet de La Mecque pour la ville qui allait plus tard s’appeler Médine.

Dans l’espace, cette civilisation constitue le « domaine pacifié » (dâr as-salâm), lequel se distingue du « domaine de la guerre » (dâr alharb) qui l’entoure. Cette dernière dénomination, qui désigne traditionnellement les pays qui ne sont pas dominés par l’islam, n’est aujourd’hui plus utilisée aussi volontiers, sauf par les islamistes avoués. Les modérés lui préfèrent d’autres expressions plus discrètes, comme « monde de la mission » (ou « appel », da ‘wa) ou « monde du témoignage ». La civilisation islamique englobe des personnes dont toutes n’adhéraient pas à la religion musulmane. Ainsi, le grand médecin Razi (mort en 925) était un libre-penseur qui se livrait à une critique acerbe de l’idée de prophétie (2). Le grand astronome Thabit ibn Qourra (mort en 900) était originaire d’une petite communauté tolérée, celle des Sabéens. Et ne parlons pas des traducteurs qui, dans la Bagdad du IXe siècle, firent passer l’héritage grec en arabe, et qui étaient presque tous chrétiens.

En un troisième sens, on entend aujourd’hui par « Islam » l’ensemble des peuples qui ont été marqués par l’islam comme religion et qui ont hérité de la civilisation islamique. On parle ainsi du « réveil de l’Islam » et l’on entend par là les luttes de libération contre les puissances coloniales. Là aussi, les musulmans n’étaient pas seuls. Par exemple, les meneurs des mouvements nationalistes arabes étaient souvent des chrétiens qui espéraient que le principe des nationalités leur permettrait d’obtenir un statut légal à égalité avec celui des musulmans.

Les langues européennes distinguent à propos du fait chrétien d’une part la religion, d’autre part la civilisation comme relevant de l’histoire et de la géographie. Les langues romanes disent en ce sens « christianisme » et « chrétienté », cristianismo et cristiandad, cristianesimo et cristianità, l’anglais christianity et christendom, l’allemand Christentum et Christenheit, etc. Dans le cas de l’islam, il est gênant que nous ne disposions que d’un seul mot pour les deux réalités.

Le français peut avoir recours à un moyen commode, au moins à l’écrit : en bonne grammaire, les noms communs ont la minuscule, et les noms propres la majuscule. Certains savants écrivent donc « islam » avec une minuscule quand le mot désigne une religion, et « Islam » avec une majuscule quand il vaut pour la civilisation et les hommes qui y participent.

Mais l’orthographe arabe ne connaît pas la majuscule. Et l’arabe n’a pas séparé à propos du fait islamique les deux sens, comme les langues européennes l’ont fait là où il est question de ce qui est chrétien. Cette indistinction ne relève d’ailleurs pas uniquement de la linguistique, mais reflète peut-être une difficulté de fond.

Une fois distingués les sens principaux que prend le substantif « islam », il conviendrait de pratiquer la même opération sur les adjectifs qu’on lui attribue. Or, « vrai » n’est pas le moins ambigu de ceux-ci. Si donc on combine le substantif « islam », qui est déjà ambigu, avec l’adjectif « vrai », qui l’est encore plus, on se trouve en face d’un foisonnement de sens qui échappe à tout contrôle.

Au moins neuf (9) sens de « vrai islam »

Je propose de mettre dans ce fouillis un peu d’ordre, de façon évidemment provisoire. Je classerais donc les principales acceptions de « vrai » sous trois groupes principaux : intégrité, commencement, réalité. Chacun comportera à son tour trois catégories. On obtiendra de la sorte neuf sens [de vrai islam], pas toujours compatibles.

jeudi 10 décembre 2015

Musulmane laïque : « Éthique et culture religieuse: un programme à revoir »

Lettre de Nadia El-Mabrouk, professeur à l’Université de Montréal, membre de l’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (arguments similaires au MLQ) :

Monsieur François Blais,

Ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,

Pour faire suite à la lettre que vous envoyait en mars dernier PDF Québec concernant le cours Éthique et culture religieuse (ÉCR) dispensé aux enfants du Québec, j’aimerais vous faire part de mes constatations suite à une analyse approfondie que nous avons menée sur l’ensemble des manuels scolaires du primaire pour ce cours. Comme il s’agit de manuels qui ont reçu l’approbation officielle du ministre de l’Éducation, il nous semble important de vous en informer.

Cette étude a été motivée par la constatation que le volet « culture religieuse » du cours ÉCR avait pour effet de stigmatiser nos enfants en les incitant à s’identifier à des pratiques religieuses stéréotypées, sexistes et souvent fondamentalistes.


« Parle de ta religion ». Voici le genre de devoirs auxquels doivent se soumettre nos enfants. N’est-ce pas une atteinte à leur vie privée ? Ni les enfants ni les parents ne devraient avoir à révéler leur croyance ou leur non-croyance publiquement.


Mais en tant que néo-Québécoise de culture musulmane, j’ai été particulièrement scandalisée par l’image de l’islam transmise à nos enfants. Nous avons été plusieurs à nous exprimer publiquement à ce propos au cours des dernières semaines. « Tu n’es pas musulman puisque ta mère n’est pas voilée ». Voici le genre de commentaire à l’égard de son fils, que rapportait un Québécois d’origine syrienne, à TVA nouvelle le lundi 23 novembre 2015 en parlant de l’impact du cours ÉCR sur sa famille.


C’est ce genre de constatations qui nous a amenées à analyser les manuels scolaires pour le cours ÉCR. Il en ressort une vision stéréotypée et folklorique de toutes les cultures religieuses : le chrétien porte une croix, le juif une kippa, l’autochtone des plumes, l’hindoue un bindi (point rouge sur le front) et un beau sari et le bouddhiste un habit orange de moine.


Pour ce qui est de l’islam, c’est le voile islamique de la femme qui a été choisi comme marqueur pour cette religion. Il apparait comme la norme vestimentaire pour la femme, et le symbole de l’islam. Dans presque toutes les images illustrant l’islam et représentant une femme, ou une petite fille, celle-ci est voilée. Des petites filles voilées, qui n’ont clairement pas l’âge de la puberté, se retrouvent un peu partout dans les manuels scolaires et cahiers d’exercices. Le texte, quant à lui, parle d’obligation religieuse, de pudeur, ou d’une façon d’exprimer son attachement à sa religion. Quelle sorte de conditionnement transmet-on aux petites filles musulmanes ? Ce choix d’images et de textes s’apparente à une promotion du voile islamique. Comment expliquer cette orientation idéologique, d’autant plus que la majorité des musulmanes du Québec ne porte aucun signe distinctif ?


Le niqab quant à lui est banalisé du fait qu’il est présenté comme un code vestimentaire parmi d’autres pour l’islam. Les auteurs des manuels ne semblent pas saisir que ce voile intégral est une coutume qui va à l’encontre de l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui stipule que « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Le voile intégral est sans contredit un traitement dégradant et un instrument de maltraitance envers les femmes.


De plus, il est associé au wahhabisme pratiqué en Arabie saoudite, laquelle met en pratique la version de la charia la plus radicale et la plus discriminatoire envers les femmes. De cela, bien sûr, les manuels pour le cours Éthique et culture religieuse ne parlent jamais.


En fait, aucune réserve n’est formulée à l’égard d’aucune pratique religieuse ou culturelle. Ce cours, qui est sous la responsabilité du Comité sur les affaires religieuses, ne présente qu’une vision positive des religions. En fait, le « dialogue de respect » prôné par les concepteurs du programme pour le volet « culture religieuse », exclut toute critique vis-à-vis des croyances et des pratiques religieuses. Cela mène bien souvent à une autocensure qui dissimule la ségrégation sexuelle et la position inférieure des femmes dans la plupart des religions.


Cependant, les images sont révélatrices. Elles sont d’autant plus importantes qu’elles s’adressent à de tout jeunes enfants. Alors que, dans le volet « éthique », il y a un réel souci pour contrer les stéréotypes sexistes et équilibrer les représentations d’hommes et de femmes, dans le volet « culture religieuse », les hommes sont davantage présents que les femmes et les rôles stéréotypés sont omniprésents.


C’est le cas notamment du judaïsme et des religions autochtones où la représentation masculine est presque dix fois supérieure à la représentation féminine. Dans le cas de l’islam, il est remarquable de constater le peu d’images illustrant une mixité, soit la présence d’hommes et de femmes dans la même image. Bien que la distribution des rôles soit très marquée de ségrégation sexuelle, cette notion n’est jamais, ni évoquée, ni dénoncée, contrairement, par exemple, à la ségrégation raciale dont il est largement question.



Pis encore, cette posture de respect absolu des religions mène bien souvent à un relativisme culturel dangereux pour nos enfants. Un exemple choquant se retrouve dans le manuel Vers le monde (Manuel B, CEC, 2009, p. 100). On y voit une petite fille de 7 ou 8 ans en habit de mariée — à faire rêver bien des petites filles — avec la légende « Jeune mariée berbère, en Tunisie, dans le nord de l’Afrique ». Rien dans le texte ne vient dénoncer les mariages précoces ou les mariages forcés. Bien au contraire, une phrase à l’effet qu’au Moyen-âge en Europe, les femmes se mariaient à 14 ans et que c’est toujours la coutume dans certaines régions d’Afrique, vient banaliser cette coutume. N’est-ce pas invalider de nombreuses tentatives pour éradiquer cette pratique illégale au Québec qui handicape le développement physique, psychologique et social de la jeune fille ?


Après avoir parcouru toute la documentation disponible pour ce cours, il nous semble évident, Monsieur le Ministre, que le volet « culture religieuse » ne permet pas d’atteindre les objectifs du « vivre ensemble » initialement visés. Bien au contraire, il pousse au cloisonnement des individus dans des groupes identifiés par des pratiques religieuses, parfois très contraignantes et discriminatoires envers les femmes.


Alors que la majorité des nouveaux arrivants ne demandent qu’à s’intégrer, le cours ÉCR pourrait les conduire au repli identitaire. En outre, il amène les enfants à se distancer des « autres » qui autrement, sans leur étiquette religieuse, seraient exactement comme eux. On apprend ni plus ni moins à nos enfants à faire du profilage ethnico-religieux.


Il faudrait plutôt s’assurer que l’école soit un milieu d’épanouissement pour les enfants. Les enfants, qu’ils soient noirs, blancs, juifs, musulmans, autochtones, sont d’abord des enfants. Plutôt que de les amener à mettre en relief ce qui les différencie, il faudrait plutôt les faire converger vers ce qui les rassemble.


À la lumière de ce que nous venons de vous présenter, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de revoir en profondeur le cours Éthique et culture religieuse, et d’envisager le retrait de la compétence « culture religieuse » au primaire.

Voir aussi

ECR : Des musulmans modérés dénoncent le contenu des manuels


mardi 8 décembre 2015

Étude — Le latin agit comme un accélérateur de réussite pour les élèves défavorisés


Voilà une étude que la ministre socialiste de l'Éducation française, Najat Belkacem s'est bien gardée de populariser. Réalisée par la très sérieuse direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), cette note d'information s'intitule : « Le latin au collège : un choix lié à l'origine sociale et au niveau scolaire des élèves en fin de sixième ». Un titre trompeur, car elle dément en vérité tous les préjugés de la ministre de l'Éducation nationale sur le latin comme discipline réservée à l'élite. Que nous apprend cette étude ? Qu'il y a certes plus d'enfants d'enseignants que d'ouvriers qui choisissent cette option. Mais elle démontre surtout que le latin agit comme un accélérateur d'égalité, puisque son apprentissage aide davantage les élèves issus de milieux défavorisés. En observant le destin de 35 000 jeunes entrés en sixième [Secondaire I au Québec] en 2007, ses deux auteurs ont découvert que le succès aux examens des élèves latinistes vivant dans une famille modeste est supérieur de 21,5 % au brevet [examens à 14-15 ans], et de 23 % au bac [D.E.C. au Québec, vers 18 ans en France] à celui de leurs congénères non latinistes. Pour les enfants de cadres ou d'enseignants, cet écart est moins important : 5,6 % pour le brevet, 18 % pour le bac.

De l'illettrisme à la classe prépa

Plus surprenant, l'enseignement du latin joue un rôle pour préserver la mixité sociale dans les collèges les plus problématiques : « À milieu social et niveau scolaire identiques […], les élèves choisissent plus souvent le latin lorsqu'ils sont scolarisés en éducation prioritaire [c'est-à-dire principalement dans les banlieues « difficiles »], écrivent les auteurs de l'étude. » L'enseignement du latin est donc une manière de « retenir » les enfants de familles privilégiées dans les réseaux d'éducation prioritaire.

Les professeurs de lettres classiques sont enchantés de ces résultats au moment où le latin et le grec sont menacés par la réforme du collège. Enchantés, mais pas étonnés. L'un d'entre eux, qui enseigne dans un collège de l'académie de Créteil, raconte ainsi comment le latin a permis à un de ses élèves, qui ne maîtrisait pas le français au début de la cinquième, de rejoindre après le bac une classe préparatoire [à la rentrée dans les hautes écoles d'élite] parisienne. Un parcours exemplaire que la transformation du latin et du grec en « enseignement pratique interdisciplinaire » [dernier projet de la calamiteuse Belkacem] risque de rendre impossible demain.

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« C'est en écrivant qu'un enfant enregistre »

Pour Liliane Lurçat, spécialiste de la psychologie de l’enfant, l’ordinateur trouble l’apprentissage de l’écriture. Depuis quarante ans, les travaux de Liliane Lurçat, directrice de recherche honoraire en psychologie de l’enfant au CNRS, s’intéressent au lien entre lecture et écriture et au danger des écrans sur le cerveau des plus jeunes.

LE FIGARO. – Vous êtes très réticente quant à l’introduction des ordinateurs à l’école. Pourquoi ?

Liliane LURÇAT. – Il faut distinguer différentes étapes suivant l’âge des enfants. Mais l’ordinateur trouble l’apprentissage de l’écriture. Celui-ci se fait par le lien entre le geste et le centre du langage dans le cerveau. Il nécessite une posture déterminée pour libérer le tronc, qui entraîne ensuite la main. L’apprentissage du geste se fait à la maternelle. L’écriture en script [lettres séparées], par exemple, est à bannir, car elle crée une discontinuité qui trouble la perception des mots. Ensuite, à l’école primaire, le geste devient peu à peu porteur à la fois de forme et de sens. Le processus s’achève en début de collège avec l’acquisition de la rapidité. Malheureusement, on a abandonné la pédagogie systématique du geste. On a fabriqué des dysgraphiques, à l’écriture illisible.

– Mais si l’on introduit l’ordinateur au collège, le problème est-il le même ? 

– Les enfants d’aujourd’hui, justement parce qu’ils sont victimes d’une carence dans l’apprentissage premier, sont moins aptes à passer à l’ordinateur. En effet, c’est au collège que se révèlent les problèmes de dysgraphie accumulés à l’école primaire. Ce n’est pas parce qu’ils savent jouer avec l’ordinateur qu’ils peuvent le maîtriser. Dans l’apprentissage normal, le dessin, la trajectoire, la rapidité et l’orthographe sont automatisés. Seul le contenu sémantique ne l’est pas. C’est en écrivant qu’un élève enregistre et accède au sens. Si ces automatismes ne sont pas acquis, il ne peut y avoir de maîtrise du sens. Et il ne peut y avoir de mémorisation.

– D’où vient cette destruction de la pédagogie de l’écriture ? 


– J’ai vu aux États-Unis, en 1967, les débuts de l’introduction des claviers à l’école. Il y avait des enfants qui refusaient tout simplement d’apprendre à écrire avec un stylo. D’autres le faisaient, mais allongés par terre, dans des postures impossibles. L’Institut national de la recherche pédagogique a ensuite introduit en France cette idéologie de l’écriture-dessin. Un jour, une institutrice à qui je conseillais d’accompagner le geste des élèves me répondit qu’il était « fasciste de leur tenir la main pour leur donner un modèle ». Tout était dit.

Source

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dimanche 6 décembre 2015

« Une orientation activiste de l'enseignement des sciences »

Texte révélateur d'une doctorante en « didactique » des sciences (pas nécessairement une scientifique donc, mais qui serait une spécialiste dans l'enseignement des sciences) publié dans Le Soleil, le 3 décembre 2015 :
La lutte aux changements climatiques représente un défi majeur pour l'humanité, un constat appuyé par un consensus scientifique inégalé. S'engager dans cette voie relève donc davantage de la lucidité que de l'utopie. Elle est devenue une lutte sociale et elle demandera une prise en charge de notre pouvoir citoyen. Le mouvement collectif inspire et entretient la réflexivité de notre société sur elle-même. Il est grand temps de reconnaître que chaque citoyen peut s'avérer créatif, intelligent et réfléchi lorsqu'on le considère comme tel, lorsqu'on lui offre l'occasion de comprendre la complexité des enjeux et lorsqu'on lui donne le droit de s'exprimer librement.

Pour ce faire, il me semble que les enseignantes et les enseignants de sciences jouent un rôle important lorsqu'il s'agit d'amener les jeunes citoyen(ne)s à mieux comprendre les racines sociopolitiques [note du carnet : c'est de la science ça ?] et technologiques des problématiques environnementales qui caractérisent le monde actuel. Aujourd'hui plus que jamais, l'enseignement scientifique et technologique doit tenir compte de la justice, de l'équité et des pouvoirs économiques [note du carnet: de la science, ça ?]  qui sont à la base de la non-durabilité. Il faut prendre le temps d'articuler les liens entre sciences et société, ce qui est devenu un élément clé de la dynamique des sciences.

Une orientation activiste bien fondée de l'enseignement des sciences à tous les niveaux apparaît donc nécessaire. Nous devons faire appel à des approches innovantes et critiques pour enseigner comment l'humain est parvenu à comprendre que les changements climatiques représentent une des plus grandes menaces auxquelles il aura à faire face et que sa survie dépend des écosystèmes. Des solutions existent, mais elles demandent de mettre de côté la langue de bois et le cynisme. Nous devrons être ambitieux, fier et fières, créatifs. Nous devrons reconnaître, valoriser et développer l'intelligence collective et citoyenne. Nous devons agir ensemble, ici et maintenant.


Une fois de plus (après l'histoire, l'éthique et la culture religieuse), le but de l'enseignement au Québec serait militant et idéologue, pour ce produit de l'Université québécoise.