vendredi 8 novembre 2013

Débat sur l'anglicisation de Montréal


L'anglicisation du Québec étant au cœur du documentaire La langue à terre, OPEN télé a invité les deux réalisateurs du film ainsi que plusieurs intervenants, dont Pierre Curzi, Christine St-Pierre, Mathieu Bock-Côté et Beryl Wajsman, à débattre sur la question de la semaine: Faut-il s'inquiéter du recul du français au Québec ? Sophie Durocher les invitera également à répondre à d’autres questions telles que : « Jusqu'où la Loi 101 protège-t-elle le français au Québec? À partir de quand la tolérance peut-elle s’apparenter à de l’inertie ? La réalité est-elle la même partout au Québec ? »

Si la vidéo n'apparaît pas : http://matv.ca/montreal/mes-emissions/open-tele/videos

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jeudi 7 novembre 2013

Loyola : le ministère nous empêche d'être ce que nous sommes


Le directeur de Loyola, une école secondaire privée anglophone de Montréal impliquée dans une bataille juridique que la Cour suprême entendra le 24 mars 2014, a récemment effectué une tournée à travers le Canada. Objectif de cette tournée : discuter du laïcisme crispé croissant au Québec qui, selon lui, forcera les chrétiens à taire leurs opinions religieuses dans l’espace public et même, dans le cas du programme d’éthique et de culture religieuse (ECR), dans les écoles privées.

« Le Québec se dirige maintenant vers une « laïcité fermée » où le gouvernement se dit non seulement laïc, mais où la société elle-même doit aussi être laïque. La religion doit alors se cantonner à la maison et à l’église et totalement disparaître de l’espace public », a déclaré Paul Donovan (ci-dessus), directeur de l'école secondaire Loyola, dans un entretien avec le National Post.

Le collège Loyola se bat depuis cinq ans devant les prétoires contre le gouvernement du Québec afin de conserver le droit d'enseigner un cours obligatoire provincial sur les religions du monde et la morale appelé éthique et culture religieuse (ECR) d'un point de vue conforme à son identité catholique.

La Cour d’appel du Québec a récemment confirmé que l'école devait enseigner le programme ECR dans sa version « laïque » gouvernementale. Elle a aussi statué que le gouvernement était dans son droit quand il a refusé de déclarer équivalent au programme ECR le cours de religions du monde et de morale du collège catholique.

Le gouvernement du Québec prescrit que le programme ECR doit s’enseigner de manière « neutre » tant dans le domaine de la religion que de la morale. L’enseignant n’a plus qu’un rôle d’animateur « objectif » impartial qui ne peut intervenir que dans de rares cas où les limites de la civilité ou du politiquement correct seraient dépassées. Dans son volet éthique, par exemple, le cours devra aborder l'homosexualité en la présentant comme un choix parfaitement normal. Même dans une école catholique. Le programme ECR est obligatoire pour toutes les écoles primaires et secondaires, publiques et privées, et — en théorie — pour les enfants qui sont scolarisés par leurs parents à la maison.

Loyola a fait appel à la plus haute cour du Canada en février après la décision de la Cour d'appel du Québec.

Le directeur Paul Donovan a déclaré dans une vidéo YouTube que la décision de justice qui interdit à son école d'enseigner un programme équivalent signifie que le gouvernement prétend qu’une école confessionnelle est « incapable d'enseigner la reconnaissance de l’autrui – la tolérance et la compréhension – et la recherche du bien commun. » Le ministère du Québec pour sa part dit que son programme doit être enseigné de manière laïque dans toutes les écoles, mais que rien n'empêche que Loyola revoie des thèmes dans une perspective catholique, mais dans un cours séparé.

« Du point de vue du ministère de l’Éducation, confirmée par la Cour d'appel, nous ne pouvons [enseigner ces choses] qu’en tant que laïcs, que dans une perspective laïque », a ajouté M. Donovan.

Dans sa tournée pancanadienne, Donovan parle de la situation dans laquelle se trouve Loyola et insiste sur la pertinence de son cas pour tous les Canadiens qui croient que la liberté religieuse est un droit assuré, protégé et irrévocable.

Apparaissant lors d'un colloque organisé par l'Université McGill à Montréal, Donovan a déclaré à ses auditeurs que l'action de Loyola devant la Cour suprême est un dernier recours devant le refus persistant du gouvernement de permettre à son école de fonctionner en conformité avec son caractère, ses valeurs et sa mission catholiques.

« Le Québec veut exclure toute explication lors [d’un cours ECR sur] les raisons pour lesquelles les gens croient ce qu'ils croient », a déclaré Donovan au National Post.

« Vous êtes censé dire voilà ce que les gens croient et c'est tout. Le gouvernement exige que, lorsqu’on discute d’autres religions en classe, l'enseignant se désolidarise complètement de toute perspective religieuse ou de toute valeur religieuse. On ne peut donc jamais dire: "En tant que catholiques, nous voyons cela comme ceci..." »

« Le gouvernement veut que les enseignants présentent les croyances religieuses de façon absolue. Il ne faut pas en discuter, les remettre en question. Il ne faut pas les considérer comme rationnelles. Pourtant, dans la tradition catholique, saint Thomas d'Aquin dit que la raison est la première étape de la foi. Nous ne sommes donc pas autorisés à être qui nous sommes. »

Pour le gouvernement, « si vous avez une vision religieuse, vous ne pouvez pas servir le bien commun. En tant que catholique vous êtes donc incapables d’informer vos élèves au sujet des autres religions », de déclarer le directeur de Loyola.

« Je pense qu’on est en réalité plus objectif quand on avoue honnêtement ses a priori ou son point de vue que lorsqu’on prétend ne pas en avoir », a-t-il précisé.

La possibilité d’être neutre est une chose, l’opportunité de l’être en est une autre d’ajouter Donovan. « Ne pas être neutre ne signifie pas que vous n'êtes pas juste. Aucun être humain ne vit de manière neutre, mais l’on peut être équitable dans nos échanges. Vous pouvez tout à fait être en désaccord avec quelqu'un, tout en le respectant et en le traitant équitablement. »

Loyola ne s’oppose pas au cadre conceptuel du programme ECR dont l’objectif, selon Paul Donovan, est de fournir un minimum de culture religieuse, de prendre en compte l'histoire religieuse du Québec et de garantir le respect et la tolérance entre les religions. Mais il s’oppose à l’insistance du programme ERC qui impose que les enseignants soient « neutres » et muets quant à leurs opinions.

Pour le directeur de Loyola, cette façon de faire dans un domaine moral ou religieux reviendrait en classe de mathématiques à lancer un tas de nombres en l'air et à demander aux élèves de les trier tout seuls.

L'école Loyola enseigne depuis 35 ans un programme de religions du monde. La province prétend que le «  seul moyen d’atteindre le cadre conceptuel est de le faire est à la manière imposée par ECR », de déclarer Donovan. « Si le concept est celui du pluralisme, il existe un problème quand on souhaite promouvoir le pluralisme tout en insistant que tout le monde doit penser et agir d’une manière précise. »

« Ce que nous enseignons déjà présente une vision d’ensemble plus complète [que le programme ECR] de ce que sont les religions », précise le professeur montréalais. Ce que Loyola enseigne sur le bouddhisme ou le judaïsme serait considéré comme un portrait objectif par un moine bouddhiste ou un rabbin », ajoute-t-il.

Le programme ECR entend enseigner les différentes religions en comparant de petites « facettes » de celles-ci, telles que les vêtements religieux, les rituels ou les jours fériés, sans les mettre en contexte, et « beaucoup des éléments religieux finissent de la sorte par avoir l’air idiot. »

Même quelque chose comme l'Eucharistie peut paraître ridicule si, comme dans le cours ERC, on ne parle que de personnes qui reçoivent une hostie ou un morceau de pain sans expliquer la nature des sacrements ou l'importance de l'Eucharistie dans la vie de Jésus, d’expliquer Donovan.

Selon le procureur général du Québec, ces arguments ne sont pas pertinents puisque Loyola serait une entreprise et qu’elle ne jouirait donc pas de liberté religieuse.

Pour Paul Donovan, l'affaire Loyola pourrait aboutir sur une décision de la Cour suprême qui établit que des institutions bénéficient également de liberté religieuse ou, au contraire, que seuls les particuliers en jouissent.

« Depuis le début, le procureur général du Québec a fait valoir que Loyola n'a pas droit à la protection constitutionnelle sur la liberté religieuse parce que notre école est une personne morale et que seules les personnes physiques jouissent de ce droit ou de cette liberté », de rappeler le directeur de l’école.

L'issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes à travers le Canada pour la liberté religieuse des écoles, églises, synagogues, mosquées, organismes de bienfaisance ou autres institutions religieuses constituées en entreprise, en personne morale, d’avertir Paul Donovan. L'archidiocèse de Montréal, par exemple, une personne morale, pourrait très bien être considéré comme ne bénéficiant d’aucune liberté religieuse en tant que telle.

« C’est important pour notre pays », a constaté le directeur de Loyola.

Historiquement, la liberté religieuse est un droit collectif ainsi qu'un droit individuel, affirme-t-il. La Cour suprême du Canada n’a toutefois jamais statué directement sur ce sujet. Cette décision pourrait affecter la  place des religions dans la société.

Considérer la liberté religieuse comme un droit qui ne s’applique qu’aux particuliers consisterait à émasculer ce droit, opine Donovan.

Sept cent quarante garçons de la 7e à la 11e année fréquentent Loyola. Sur les 100 employés de l’école, 60 sont des enseignants.

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Religious Freedom in Education Symposium: Secularism, Religion, and Societal Values

In this panel discussion from Oct. 2013, McGill professor emeritus Charles Taylor and Université de Montréal’s Daniel Turp consider Quebec’s controversial Charter of Values and the role of religion in secular societies (mostly in English, some French).


Short 4-minute highlights video from their talk:


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mercredi 6 novembre 2013

Montréal — Qui intègre qui ?



Extraits d'un billet de Tania Longpré : 

« Enseignant à Montréal depuis 2008, surtout dans les quartiers à forte densité migratoire, j’en suis à même de constater que les réalités montréalaises détonnent un peu de ce qui se déroule ailleurs au Québec, et ce, pour deux raisons particulières : bien sûr, les réalités de la pauvreté urbaine, mais aussi la grande présence d’enfants immigrants, très souvent allophones.

En juin 2013, le Journal de Montréal rendait publique une étude qui démontrait que les élèves allophones étaient plus nombreux que les élèves francophones au sein de l’île de Montréal. La réalité se chiffre et le constat est clair : 80 % des écoles de la Commission scolaire de Montréal ont une population de plus de 50 % d’allophones. Plusieurs problématiques en découlent, par exemple, le manque de modèles d’étudiants québécois. On peut alors se poser la question suivante  : qui intègre qui ?

Plusieurs collègues se rendent compte qu’enseigner le programme régulier est ardu dans des classes où la majorité des élèves ne sont pas francophones et se voient souvent dans l’obligation de niveler vers le bas, ou de différencier de plus en plus, ce qui consiste, selon la réforme, à adapter l’enseignement au niveau de chaque étudiant et non plus d’exiger la même chose de tous.

[...]

Les enfants qui ne maîtrisent pas le français fréquentent quant à eux des classes d’accueil, qui ont pour vocation de franciser les jeunes allophones, pour une période maximale de vingt mois (deux années scolaires). Les réalités y sont parfois bien dures : certains enfants ont de lourds vécus dans leurs pays d’origine et d’autres sont sous-scolarisés. Très rares sont les cas où l'on permet à un enfant de fréquenter une classe d’accueil pour une troisième année alors que certains ayant des langues maternelles très éloignées du français en auraient bien besoin.

Plus préoccupant encore, on se rend compte que de plus en plus de classes de maternelle dites « d’accueil » francisent de jeunes enfants qui sont pourtant nés ici, au Québec ! Des enfants dont les parents n’ont pas cru bon les mettre en contact avec la langue de la société d’accueil. Plusieurs de ces enfants n’ont jamais quitté le milieu familial, étant restés à la maison avec leurs parents, n’ont pas fréquenté la garderie ni la pré-maternelle ou ont fréquenté une garderie tenue dans une autre langue. On ne parle pas d’un niveau de français universitaire, mais d’un niveau de langage de niveau préscolaire permettant à un enfant d’apprendre à lire et à écrire. Est-ce normal que des enfants qui sont nés ici, en 5 ans, n’aient jamais été exposés au français ? Pas même minimalement, en se mêlant dans leurs jeux aux enfants francophones de leur quartier, au parc, dans les camps de jour ou même en regardant certaines émissions pour enfants à la télévision ? La réalité, c’est que plusieurs habitent des quartiers à forte densité ethnique où il n’y a pas de francophones pour jouer avec eux et où ils n’entendent même pas le français dans la rue.

En outre, les communications avec la maison sont souvent ardues, du fait que plusieurs parents ne parlent pas du tout français, bien que ce ne soit pas le cas de tous. Plusieurs commissions scolaires de l’île de Montréal et des environs offrent une formation de francisation aux adultes « pour communiquer avec l’école » souvent donnée en matinée, la fin de semaine. Mais malgré cette offre gratuite, plusieurs parents n’apprennent pas, voire n’apprendront jamais le français. Je ne compte plus le nombre de réunion entre un enseignant et un parent qui doivent être tenues avec des interprètes coûteux ou même avec la présence de l’enfant lui-même – ce qui n’est pas du tout souhaitable puisqu’on ne sait pas si l’enfant traduit la bonne chose à son parent ou si certains enseignants se censureront – lorsqu’il est temps d’annoncer, par exemple, que les résultats scolaires laissent à désirer ou que les devoirs ne sont pas faits. Comment demander à un enfant de réussir à l’école s’il n’a aucune aide à la maison et qu’aucun de ses parents ne s’intègre lui-même, ni à la langue et ni à la société ?

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mardi 5 novembre 2013

Peu de naissances illégitimes en Europe depuis des générations


De nombreuses études indiquent qu’aujourd’hui environ 1 à 3 % des enfants nés sont illégitimes. Mais notre époque en est une de contraception efficace et à la paternité coûteuse, de sorte que nombre de biologistes  et de sociologues pensent que, s'ils pouvaient seulement remonter quelques siècles, les choses auraient été très différentes et que les taux d'illégitimité étaient plus importants par le passé.

Les résultats d’une étude récemment publiée dans les Proceedings of the Royal Society suggèrent toutefois que le taux d’enfants illégitimes en Europe n’était pas plus important il y a quelques siècles. Si Maarten Larmuseau et son équipe à l'Université catholique de Louvain (KUL) en Belgique ont raison, alors les naissances illégitimes n’ont jamais été communes en Flandre, car dans les siècles passés seul un homme marié sur 50 portait des cornes.

Le docteur Larmuseau (ci-contre) est arrivé à cette conclusion en étudiant les chromosomes Y d’hommes dont la généalogie officielle est bien connue. Les chromosomes Y portent le gène responsable du processus d’androgénisation du fœtus. Ils sont exclusivement transmis de père en fils. Ils sont également spéciaux parce que la plus grande partie de leur ADN demeure intact, car il n’est pas affecté par le processus d’enjambement (ou d’entrecroisement) qui contribue au brassage génétique lorsque le sperme (ou les ovules) se forme. On peut donc facilement les retracer au fil des générations à l’aide de marqueurs ADN appelés polymorphismes nucléotidique (SNP).

Après avoir étudié la généalogie officielle de plus de 1.000 hommes et comparer, quand c’était possible, les chromosomes Y d’hommes qui avaient officiellement un ancêtre paternel commun il y a au moins sept générations, le docteur Larmuseau et son équipe ont été en mesure de confronter cette généalogie de papier avec la réalité biologique grâce à ces SNP. Le résultat de ce dépouillement est que seul près de 1% des hommes (et donc, vraisemblablement, des femmes aussi) étaient des bâtards, même à une époque où la contraception moderne n'était pas disponible.

Dans une deuxième étude du docteur Larmuseau portant sur les descendants d'immigrés français du XVIe siècle dans les Flandres, ce taux d’illégitimité était à nouveau de 2 %, une valeur similaire au taux de « paternité hors couple » moderne. Ce qui suscite des questions pour certains sociologues. Car si l’adultère était aussi répandu à l'époque que les données actuelles suggèrent qu'il l'est aujourd’hui, comment se fait-il qu’ils aient conçu aussi peu d’enfants illégitimes ?

Il se pourrait que l’hypothèse que nos ancêtres aient été aussi adultères que nos contemporains soit fausse et que l'un des effets de la contraception moderne ait été de libérer des instincts réprimés par le passé par crainte des conséquences. Ou se pourrait-il que l’efficacité de la contraception moderne soit surfaite et que  les anciennes méthodes de planification familiale, comme le respect du cycle menstruel de la femme, étaient plus efficaces qu’on ne le pense aujourd’hui.




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Europe — Défense de la famille : la mobilisation paie


Passé inaperçu des médias, le renvoi en commission, mardi 22 octobre, à l’issue d’un débat agité au Parlement européen, de la « résolution Estrela » sur « la santé et les droits sexuels et génésiques » constitue pourtant une victoire importante, «un pas, parmi beaucoup d’autres, dans la promotion de la dignité humaine», selon les termes de la Fédération des associations familiales catholiques en Europe.

Présentée par la députée portugaise Edite Estrela, membre de l’« Alliance progressiste des socialistes et démocrates » et vice-présidente de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, cette résolution proposait un « fourre-tout » idéologique fortement inspiré des thèses d’associations pro-avortement ou de la Fédération internationale du planning familial. S’y trouvaient également des recommandations sur l’éducation sexuelle obligatoire des enfants de 0 à 4 ans ou la prétendue importance de leur donner le droit d’explorer les « identités de genre ».

L’alerte avait été lancée par le réseau européen One of us (Un de nous), qui milite pour le droit à la protection de chaque vie humaine dès la conception et dont la pétition a déjà reçu 1,5 million de signatures (100 000 en France), relayée par différentes associations, et « dopée par la force de frappe » des réseaux nés des « Manifs pour tous ».

De nombreux électeurs ont ainsi pu interpeller leur député et contribuer au renvoi in extremis de cette résolution.




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lundi 4 novembre 2013

La sieste favoriserait l'apprentissage chez les enfants


Dormir est essentiel pour conserver la santé. Une étude récente vient conforter cette idée, et démontre le rôle primordial de la sieste chez les tout-petits. Elle améliorerait leur capacité de mémorisation et les aiderait à se souvenir des leçons apprises pendant la journée.

Nous passons plus d’un tiers de notre vie à dormir et ce n’est pas du temps perdu, loin de là. Pendant le sommeil, le corps recharge ses batteries et se prépare à affronter une nouvelle journée. Le cerveau, en revanche ne se repose jamais et réalise un certain nombre de fonctions essentielles pendant que nous dormons. Il sécrète par exemple des hormones pour aider l’organisme à bien grandir pendant l’enfance et trie toutes les informations acquises pendant la journée. Après une bonne nuit, on se rappelle généralement beaucoup mieux d’une leçon apprise la veille.

Le sommeil est donc primordial pour garder un bon équilibre de vie. Lorsqu'il manque ou qu’il est de mauvaise qualité, les conséquences peuvent être graves. Selon les spécialistes, cela augmenterait le risque de développer certaines maladies comme le diabète, les problèmes cardiovasculaires, l’obésité et la dépression.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’université du Massachusetts à Amherst (États-Unis), viennent rappeler l’importance de ménager le sommeil des tout-petits. Leurs résultats, publiés dans la revue Pnas, démontrent le rôle essentiel de la sieste pour les apprentissages chez les jeunes enfants.

Des enfants mieux reposés et plus concentrés

Pour ces travaux, les scientifiques ont comparé les capacités de mémorisation de 40 élèves de maternelle âgés de 3 à 5 ans, au cours d’une journée d’école entrecoupée ou non d’une heure de sieste. Pendant la matinée, les enfants ont joué avec une grille contenant des images positionnées à différents endroits. Les auteurs ont ensuite testé ce que les petits avaient retenu de ce jeu éducatif. Leurs résultats montrent que les enfants faisant la sieste retiennent 10 % d’informations en plus et ont de meilleurs résultats aux exercices de visualisation dans l’espace que les autres. D’autre part, même après une bonne nuit de sommeil, le bénéfice du petit somme de la veille est toujours visible.

Cette étude souligne l’intérêt de la sieste chez les enfants. « Les tout-petits ont besoin de dormir entre 11 h et 13 h par jour, car cela leur laisse le temps de décompresser et d’être en forme pour une nouvelle journée, explique Rebecca Spencer, directrice de l'équipe. Notre étude montre que la sieste compte pour beaucoup. Sans elle, les enfants sont fatigués, grognons et luttent pour se concentrer. » Ces résultats devraient en tout cas ravir les parents qui préconisent de conserver la sieste pendant les années de maternelle.







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« Le combat pour la liberté scolaire est un combat pour la démocratie »

Anne Coffinier (ci-contre), directrice générale de la Fondation pour l’école, est intervenue en Espagne sur le thème de la liberté scolaire. Retranscription de son discours donné récemment en Espagne.

« La liberté d’enseignement (comprise comme la liberté des parents de choisir l’école de leurs enfants ainsi que la liberté des professeurs d’enseigner les enfants selon leur conscience) est cruciale pour l’avenir de notre société. Plus qu’on ne le croit souvent. Sans elle, les libertés politiques fondamentales (à commencer par les libertés d’opinion, d’expression, de conscience, de religion, d’association, d’initiative) demeurent tristement formelles : en effet, à quoi bon être libres par exemple de se forger et d’exprimer ses propres idées politiques, de choisir son parti ou son journal, si l’on n’est pas libres d’éduquer ses enfants selon sa conscience, de les rendre héritiers de ce que l’on tient pour vrai et qui nous fait vivre, bref de « rendre témoignage à la vérité » ? De même, si les esprits sont formés « dans le même moule de l’école unique », sur quelle pluralité d’idées et de convictions la vie démocratique pourrait-elle bien se fonder ? On voit donc que la liberté d’enseignement constitue en fait la condition sine qua non d’une démocratie véritable.

Bien qu’elle soit affirmée sans ambiguïté par le droit international, cette liberté d’enseignement est rognée sans cesse sur le terrain. Dans tous les pays où le libre choix n’est pas financé par l’État (lequel préfère organiser la gratuité des écoles publiques et la rareté et la cherté des écoles libres), le libre choix demeure le privilège d’une minorité. C’est contraire à l’égalité des citoyens, c’est contraire à l’égalité des chances ; c’est injuste car les parents des écoles libres paient des impôts et font réaliser par leur choix du privé d’importantes économies au budget de l’État . C’est donc l’État qui décide délibérément de pénaliser les familles qui optent pour la liberté scolaire, ce droit constitutionnel que l’État est pourtant supposé garantir. Par sa politique discriminatoire, l’État empêche les populations ayant de faibles moyens financiers de jouir du libre choix et donc, en pratique à notre époque, d’accéder aux meilleures écoles. Il est important de souligner cette responsabilité de l’État dans l’injustice scolaire et par conséquent de cesser d’en tenir pour responsables les écoles libres.

D’où viennent ces préventions de l’État à l’encontre des écoles libres, fondées par ou à la demande de familles particulièrement conscientes de leurs responsabilités éducatives ? Il nous semble qu’au fond, elles découlent de la défiance structurelle qu’a l’État à l’égard des familles. Ces dernières sont toujours suspectées d’être des vecteurs de valeurs non-conformes aux valeurs et principes promus par le parti au pouvoir ou du moins par la mouvance qui tient le ministère de l’éducation nationale. Jadis, les écoles libres étaient suspectes d’être trop religieuses ou pas assez républicaines. Puis, on leur a reproché dans les années 1968 (cf. P. Bourdieu) d’être causes d’inégalités des chances en ce qu’elles transmettaient nolens volens un patrimoine culturel forcément inégal d’une famille à l’autre. Aujourd’hui, ce sont encore pour des raisons nouvelles qu’elles sont montrées du doigt. Pôle de stabilité, d’enracinement, de tradition dans une société qui ne valorise rien tant que le changement, l’individualisme, le droit à choisir ses propres référentiels identitaires, la famille dérange. Fondamentalement, c’est son indépendance naturelle par rapport aux idéologies dominantes successives qui la rend suspecte. À l’heure où la transmission d’un patrimoine, l’enracinement dans une tradition, est vécue comme un violence et une aliénation insupportables , la famille a mauvaise presse car elle est transmissive et conservatrice par vocation. Alors que le droit international classique – désireux de prévenir l’apparition de nouvelles barbaries totalitaires – affirme que la famille est la cellule fondamentale de la société et qu’elle est la principale éducatrice et responsable des enfants, l’Etat tient in petto qu’il est en réalité plus à même de servir l’intérêt de l’enfant. Le prétexte varie selon les époques : lutte contre les préjugés sexistes, contre l’obscurantisme religieux, contre les dérives sectaires ou contre la reproduction sociale… Dans tous les cas, l’État- instrumentalisant à l’envi des dérives ultraminoritaires – se pose en protecteur de l’enfant face à sa famille. Il ne ressent nul trouble à se poser en juge et partie, oubliant qu’il est un pouvoir lui-même, structurellement aux ordres de l’idéologie dominante. Lui qui échoue à maintenir des écoles de qualité en France se fait juge de la qualité et du droit à l’existence des écoles libres qui font concurrence à son réseau public. Cette réalité serait comique si elle n’était pas si dangereusement liberticide.

Il est temps que l’évaluation de la qualité de l’éducation soit confiée à des instances indépendantes de l’État. Il est temps aussi que l’on cesse d’avoir peur de la diversité des initiatives de la société civile, et que l’on reconnaisse que l’État est souvent au service d’une idéologie et qu’il ne peut donc pas prétendre être au-dessus de la mêlée en ce domaine non-régalien qu’est l’éducation. La tentation d’une école unique ou d’un État juge de la liberté scolaire est totalitaire ; il convient d’en protéger la société. Donner les moyens financiers à chaque famille de pouvoir choisir librement son école et veiller à la variété et la qualité suffisantes des écoles constituent des actions politiques essentielles pour prévenir l’évolution de notre société vers une société conformiste, béatement matérialiste et dogmatiquement relativiste et pour permettre le développement d’une société créative, libre, et ouverte à la transcendance.

Dans ce contexte, il nous semble que le renforcement de la liberté scolaire est une action de défense de la liberté de la société, de l’avenir de la démocratie. Renforcer la conscience de l’importance de la liberté d’enseignement chez les parents comme chez les professeurs est dans cette circonstance une priorité. Obtenir un financement public du libre choix (« bon/chèque scolaire ») pour faire de la liberté non pas le privilège menacé d’une minorité de privilégiés mais le bien de tous est une action politique qui s’impose. Notons qu’il ne faudra alors pas se satisfaire d’une approche formelle de la liberté. Les programmes et l’esprit de ces écoles doivent être substantiellement différents de l’école dominante pour que la liberté ait du sens. À cet égard, le modèle humaniste d’éducation, fondé sur Athènes, Rome et Jérusalem, doit être assumé et actualisé de manière décomplexée dans ces écoles pour qu’elles soient à même d’engendrer à la liberté les enfants qu’elles éduquent. »

Anne Coffinier participera au Colloque international sur l'éducation catholique le 7 décembre 2013 à Montréal. 

Plus de détails, ici.


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mercredi 23 octobre 2013

Angleterre — École libres d'un nouveau genre pour forger des caractères bien trempés


Un ex-conseiller de Cameron sur les questions éducatives va ouvrir une trentaine d’écoles primaires libres. Leur promesse : enseigner la force de caractère. C’est ce qu’explique un article du Point.

« Les vertus chevaleresques enseignées à l’école primaire ? C’est ce que propose James O’Shaughnessy, co-auteur du programme électoral des conservateurs en 2007 et responsable de la mise en place du programme de la coalition gouvernementale en 2010 et en 2011. L’ancien conseiller de David Cameron prévoit ainsi d’ouvrir une trentaine d’écoles primaires dans le sud de l’Angleterre où l’enseignement de qualités telles que le courage, la persévérance et l’altruisme sera inclus à part entière dans le programme.

« La formation d’un caractère bien trempé permet aux jeunes de prendre leur destin en main, a ainsi récemment déclaré cet ancien étudiant d’Oxford, par ailleurs père de deux enfants. Si j’analyse mon propre parcours, ce ne sont pas tant mes résultats scolaires qui m’ont permis de réussir, mais la force de caractère que j’ai pu acquérir grâce à ma famille et à mes professeurs. »

Le roi Arthur comme modèle

Son projet se fonde sur une étude menée par l’université de Birmingham, qui encourage les jeunes enfants à comparer leur attitude à celle de figures héroïques telles que les chevaliers de la Table ronde et le roi Arthur : « Les enfants seront encouragés à penser aux conséquences de leurs actes en basant leur comportement sur des qualités telles que la ténacité, la bravoure et la compassion », ajoute James O’Shaughnessy dans le Sunday Times.

Depuis le lancement par le ministère de l’Éducation britannique des premières « écoles libres » en septembre 2011, ce type de méthodes expérimentales s’est multiplié. Cette réforme éducative majeure, l’un des éléments-clés du programme de « grande société » promus par les conservateurs, permet à des individus, tels que des groupes de parents d’élèves, des compagnies privées et des associations caritatives ou religieuses, d’établir des écoles primaires ou secondaires financées directement par le gouvernement, mais gérées de façon autonome par leurs fondateurs.

Si ces écoles doivent adhérer aux programmes et examens communs, elles ont par contre beaucoup d’indépendance en termes d’organisation horaire, de choix éducatifs et de recrutement des enseignants comme des élèves. Abondamment critiquée par les syndicats d’enseignants et par les conseils municipaux, qui avaient jusque-là le monopole de la gestion des écoles, cette réforme est cependant très bien accueillie par une majorité de parents. Vingt-quatre écoles libres avaient ainsi ouvert en 2011, soixante-douze en 2012, et plus de cent nouvelles écoles ouvriront cette semaine. »

Source : Le Point, via Liberté scolaire.




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jeudi 17 octobre 2013

Le milliardaire Xavier Niel : « Le système éducatif ne marche pas »

Le patron ultra médiatique de Free (entrepreneur internet milliardaire et actionnaire du journal Le Monde) ne mâche pas ses mots quand il parle des écoles en France. Face à l’inertie du pays, il a décidé de lancer lui-même son école, sur des bases complètement innovantes. Présélectionner 4 000 candidats (sans aucune qualification, mais simplement des aptitudes intuitives au langage) après un test en ligne, puis les intégrer un mois dans « la piscine » et les faire travailler sur des projets afin de n’en garder au bout du compte que les 1 000 meilleurs qui feront trois ans d’études intensives entièrement gratuites : tel est le concept de cette école bien particulière. L’objectif ? Pouvoir former et ensuite recruter les talents de demain.

« Je travaille dans l’Internet depuis 20 ans. Et depuis 20 ans le principal problème de mon métier est toujours le même : comment recruter des talents, comment trouver les développeurs dont nous avons besoin pour concevoir les logiciels qui vont nous permettre de créer des produits innovants ». C’est par ces mots que Xavier Niel a commencé sa vidéo expliquant qu’il avait lancé sa propre école d’ingénieurs, qui s’intitule « 42 ».

Ce n’est hélas pas le seul patron à avoir fait ce triste constat. La France forme de plus en plus mal ses élèves. Et même ses professeurs. Si les pouvoirs publics se désintéressent de ce problème, que faire ? Réponse : se retrousser les manches comme Xavier Niel et 37 autres personnes qui, cette année, qui ont créé une école. Si le patron de Free s’inquiète de l’état de l’enseignement professionnel et innove en ce domaine, d’autres créateurs se concentrent sur les acquis fondamentaux et créent des établissements scolaires libres allant de la maternelle au baccalauréat général. La création d’écoles concerne de plus en plus de personnes en France. La Fondation pour l’école observe ainsi un nombre croissant de créations d’écoles généralistes depuis quelques années : 19 en 2010, 31 en 2011, 35 en 2012 et 37 en 2013. « Modifier le système, c’est d’abord apporter une formation différente qui ne repose plus sur les choses classiques que l’on voit depuis toujours, c’est-à-dire un professeur et des élèves, qui s’ennuient, qui en ont marre », explique Xavier Niel.

Avec une école indépendante, il est possible de réaliser une formation de haut niveau et parfaitement adaptée à un besoin bien particulier. La France manque par exemple de plus en plus d’ingénieurs en informatique capables de faire un travail d’excellence pour que nos entreprises rivalisent enfin avec la célèbre Silicon Valley. Et pourtant, ce ne sont pas les cerveaux qui manquent. Xavier Niel a donc décidé de les former lui-même : « Le système français ne marche pas. Il est coincé entre d’une part l’université, qui propose une formation pas toujours adaptée aux besoins des entreprises, mais qui est gratuite et accessible au plus grand nombre, et d’autre part les écoles privées, chères, dont la formation est assez qualitative, mais laisse sur le côté de la route le plus grand nombre de talents, voire de génies, que nous pourrions trouver en France ». L’école de Xavier Niel est donc gratuite, mais en tant que patron, il sait que le recrutement d’hommes et de femmes talentueux n’a pas de prix.

Pour en savoir plus, voir la vidéo :


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