mardi 2 février 2021

Les grandes orientations d'Éric Duhaime en matière d’éducation

Éric Duhaime se présente à la présidence du Parti conservateur du Québec, voici ses grandes orientations en matière d’éducation :

  • Implanter un système de bon d’études au primaire et au secondaire au Québec (Conforme à la résolution 42 du programme du PCQ)
  • Exiger que les cégeps et universités aient un respect scrupuleux de la liberté d’expression sur leurs campus.
  • Exiger que les écoles primaires et secondaires mettent résolument l’accent sur les apprentissages de base et que les élèves ne soient pas soumis dans les classes à de la propagande idéologique.
  • Pour l’abolition du cours éthique et culture religieuse.
  • Pour des écoles primaires et secondaires publiques autonomes.
  • Pour contrer le décrochage scolaire, favoriser au maximum les écoles à vocation particulière (ce qui sera d’autant plus facile que ces écoles seront autonomes) ainsi que les programmes de sport-étude, art-étude, codage-étude, etc.
  • Je chargerai mon comité de réévaluer notre politique prônant l’abolition de la formation préuniversitaire dans les cégeps (contraire à la Résolution 44 du programme du PCQ)
  • Contre le projet d’agrandissement du Cégep Dawson.
  • Pour la liberté des étudiants de l’enseignement supérieur d’adhérer ou non à une association étudiante. (conforme à la Résolution 46 du programme du PCQ).
  • Le droit de grève des étudiants n’existe pas : un étudiant n’a aucunement le droit d’empêcher un autre étudiant d’assister à ses cours.
  • Pour l’augmentation de la qualité de l’enseignement des langues, maternelles et secondes, à tous les niveaux d’apprentissage. Un élève diplômé d’une école secondaire québécoise devrait avoir une excellente maîtrise du français (même s’il a étudié dans une école anglophone), être bilingue français-anglais et être en processus d’apprentissage d’une troisième langue. ​

Ce carnet approuve plusieurs de ces propositions comme le système de chèque scolaire ou l’insistance sur les matières de base et non la propagande idéologique, la bonne connaissance du français, certaines mesures perdront assez vite de leur pertinence (c’est ainsi qu’appeler à l’abolition ECR est de peu de conséquences alors que le Monopole de l’Éducation du Québec a indiqué que ce programme devrait prochainement être remplacé par un autre cours dont on peut craindre qu’il reste idéologique), nous ne sommes pas non plus d’accord que tous les jeunes francophones doivent devenir bilingues (enfin, cela dépend du niveau de compétence demandé) et nous ne voyons rien pour libérer les programmes scolaires et laisser plus de choix pédagogique aux écoles et aux parents, libérer le recrutement des enseignants ou l’instruction à la maison (la DPJ s’implique de plus en plus dans ce dossier, il s’agit souvent d’une arme de pression de la part du ministère de l’Éducation). 

La fin du monopole scolaire n’est pas proche (les écoles privées ne peuvent choisir leur programme par exemple, voir la saga Loyola et le cours ECR), même avec Éric Duhaime, bien que ses propositions doivent globalement être saluées.


lundi 1 février 2021

Covid-19 : étude affirme que confinement et fermeture des commerces ont peu d'utilité une fois mesures plus douces prises

Scène de rue de Montréal confinée 


 

 

 

C’est un véritable pavé dans la mare. Alors que les gouvernements, sous la pression de certaines voix du monde médical et médiatique, réfléchissent à l’opportunité de nouvelles mesures restrictives, une étude, parue le 5 janvier dans « European Journal of Clinical Investigation », une revue scientifique de notoriété moyenne, est en train d’enflammer les réseaux sociaux — sinon dans le grand public, du moins dans la petite communauté des épidémiologistes, virologues et autres experts de la pandémie.

Ce qui lui donne tout son poids, c’est qu’elle est signée du Pr John Ioannidis, un ponte de l’épidémiologie à Stanford, dont les travaux font autorité (il est même l’un des scientifiques les plus cités au monde).

Or, que suggère l’étude qu’il vient de faire paraître ? Que le confinement et la fermeture des entreprises et commerces n’apportent rien de plus, en termes de baisse du nombre de cas de contaminations, que les simples mesures barrières du type port du masque, lavage des mains et distanciation sociale.

L’étude souligne que le confinement et la fermeture des lieux culturels, bars et restaurants n’ont été d’aucune utilité significative. Il n’aurait pas eu d’impacts sur le nombre de cas de contaminations et cela pourrait même être l’inverse. L’effet escompté par le confinement n’est pas là, selon cette étude, comme le révèlent les chiffres analysés par l’équipe de John Ioannidis.

Le confinement a favorisé les contaminations à l’intérieur des foyers.

Pour arriver à ces conclusions, l’équipe de John Ioannidis a mis en place un protocole. Parmi les 10 pays analysés par l’équipe : la France. Les scientifiques ont mis le nombre de contaminations dans l’hexagone — à partir du moment où le confinement a été déclaré — et les entreprises fermées, en face de celles de pays où le confinement n’a pas été prononcé. Comme cela a été le cas en Suède ou en Corée du Sud. Le résultat est sans appel. L’effet des mesures restrictives n’a presque pas apporté d’avantages en termes de contaminations.

Au contraire, même. Selon les chiffres collectés et analysés par John Ioannidis et son équipe, les deux confinements qu’a connus la France (17 mars-11 mai, 30 octobre-15 décembre), en favorisant les contaminations à l’intérieur d’un même foyer, n’auraient fait qu’aggraver un peu plus le bilan de l’épidémie — sans parler des innombrables effets collatéraux (économiques et sanitaires) de ces mises sous cloche. Des conclusions qui ne font évidemment pas consensus, très tant s’en faut, mais qui n’en constituent pas moins une pièce supplémentaire à verser au dossier.

En revanche, ce qui est certain, c’est que le confinement coûte très cher à l’économie française. Selon Capital qui se fait l’écho de l’AFP, un confinement d’un mois amputerait le produit intérieur brut d’environ un point (1 %). Ce serait 20 milliards que la France perdrait en l’espace de quatre semaines de restrictions strictes, avec la fermeture des entreprises.

« Des réductions similaires de la croissance des cas [de Covid-19] peuvent être obtenues avec des interventions moins restrictives » que le confinement, conclut l’étude.

Qui est John IOANNIDIS ?

C’est un professeur de Stanford, il est comme je vous le disais une sorte de terreur du monde de la science ; il avait déjà lancé un gros pavé dans la mare il y a presque 10 ans en publiant dans la revue PLOS Medecine un article qui s’intitulait « Pourquoi la plupart des découvertes publiées sont fausses ». Article consulté depuis plus d’un million de fois.

Il reprend aujourd’hui une partie de ces arguments pour attaquer de front le système de publication de la recherche scientifique — vous savez, ce système régi par la règle tacite dont je vous ai déjà parlé ici « publish or perish », publier ou périr, qui entraîne les chercheurs dans une surenchère de publications s’ils veulent obtenir reconnaissance, promotion et crédits pour leur laboratoire.

Que dit John IOANNIDIS ? Il dénombre déjà, entre 1996 et 2011 plus de 25 millions d’études publiées ; à comparer au très faible nombre d’avancées scientifiques concrètes et matérielles qui sont, elles, beaucoup moins fréquentes…

Et il explique que, dans cette course à la publication, eh bien de très nombreuses études sont tout simplement fausses : qu’il s’agisse de « faux positifs », c’est-à-dire de résultats biaisés par le protocole de recherche, de résultats impossibles à reproduire, d’échantillons de tests trop petits, donc pas significatifs, voire carrément de malhonnêteté intellectuelle.

Selon lui, dans son secteur de recherche, la biomédecine, jusqu’à 85 % des investissements faits dans ce secteur le sont à pure perte, soit un total de plus de 200 milliards de dollars jetés par la fenêtre.

Il dénonce, également, la technique dite « du salami », qui consiste à découper une seule recherche en plusieurs « tranches », et à proposer chacune de ces tranches à plusieurs revues, de façons à pouvoir attester de plusieurs publications, alors qu’il n’y a qu’une seule étude.

Le tout, à cause de ce système, ce cercle vicieux qui fait que les chercheurs sont poussés à la publication par leur laboratoire, par les investisseurs, dans un secteur dominé par la cooptation, le népotisme et le sexisme… bref, vous voyez, il n’y va pas de main molle comme disait ma grand-mère auvergnate.

Mais ce qui est intéressant, c’est que IOANNIDIS ne se contente pas de critiquer le système. Il propose plusieurs pistes pour le réformer. Un système assez radical, un barème qui attribuerait des points — positifs pour les études qui ont pu être reproduites ou qui se sont traduites par des avancées concrètes, négatifs pour les autres. Et c’est ce barème qui présiderait à l’attribution, ou non, d’avancement de carrière et de postes prestigieux.

Source : France Culture

À ce sujet lire : Comment publier un article scientifique en 2020

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L'UdeM cherche à ouvrir ses portes à plus d'étudiants noirs en médecine


MONTRÉAL — L’Université de Montréal (UdeM) veut plus d’étudiants noirs en médecine dans ses salles de classe.

L’objectif ultime est de contribuer à ce que le corps médical représente bien la population, certes, mais aussi d’offrir de meilleurs soins aux diverses communautés noires, espèrent les instigateurs des travaux de recherche et d’un grand forum citoyen qui doivent apporter des pistes de solution pour changer les choses — une première au Québec, disent-ils.

À l’origine de ces initiatives se trouve un constat : seuls de 1,5 % à 3 % des étudiants en médecine sont noirs. [Comment l’U de M sait-elle qui est noir par opposition à métis, hispanique, etc. ?]

Est-ce que parce qu’ils sont peu nombreux au Québec ? Le Dr Jean-Michel Leduc rejette cette hypothèse : les jeunes noirs de 15 à 24 ans, — le groupe dont font partie ceux qui sont généralement à l’âge de déposer une demande d’admission à l’université — représentent 8,4 % de la population à Montréal, signale celui qui est professeur et chercheur au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie.

« C’est la minorité visible la plus sous-représentée, dit le médecin qui est aussi responsable du comité équité et diversité au programme de médecine de l’UdeM. C’est le plus frappant ».

« Quand j’étais en première année de médecine, nous n’étions que six sur 300 », renchérit Nadège Zanre, une étudiante noire qui est actuellement résidante en obstétrique.

« Ça m’a un peu choquée », ajoute la Québécoise originaire du Burkina Faso, qui étudie à l’UdeM.

L’alternative est simple : soit ils ne sont pas nombreux à poser leur candidature, ou s’ils le font, ils ne sont pas retenus.

Pourquoi ? La réponse n’est pas simple [on pourrait croire cependant qu’il est simple de connaître la proportion de candidats noirs retenus et si c’est leurs résultats qui les excluent ou si ce n’est pas le cas, alors si c’est plus compliqué], d’où les travaux lancés par l’UdeM, à l’instar de ceux qu’elle a déjà réalisés pour les étudiants autochtones. L’institution d’enseignement organise aussi un forum le 14 avril — en collaboration avec l’Association médicale des personnes de race noire du Québec (AMPRNQ) — auquel s’est jointe l’Université McGill. Son but est de déterminer les contours des pistes de solution et de formuler des recommandations pour un plan d’action.

C’est la base, estime Édouard Kouassi, le président de l’AMPRNQ, aussi membre du comité équité et diversité de la Faculté de médecine.

« Il faut une volonté politique clairement exprimée, dit-il, et des politiques en place pour encourager cette représentativité ». Car là où il y en a une, « ça marche ». Un tel projet existe à l’Université de Toronto et a connu un succès « flamboyant », opine M. Leduc.

« C’est une question de responsabilité sociale importante pour nous de former des gens représentatifs de la population », ajoute ce dernier.

D’autres facultés vont participer au Forum, pharmacie, sciences infirmières, optométrie, etc. Discussions et partage de connaissances sont au rendez-vous.

« C’est une très belle initiative », juge M. Kouassi, surtout que les communautés ont été impliquées dès le départ.

Solutions à examiner

En médecine, le Dr Leduc reconnaît que la fameuse « cote R » joue encore un grand rôle dans la sélection des étudiants, et que celle-ci est le « reflet d’un parcours qui peut avoir été semé d’embûches », et qui reflète souvent le statut socio-économique des étudiants. Historiquement, les facultés de médecine étaient remplies d’étudiants blancs, bien nantis. [Comprendre les blancs issus de milieux défavorisés sont eux aussi sous-représentés… Que va faire l’école de médecine pour mieux les représenter ? Un plan d’action, car c’est choquant, etc. ?] Car lorsque l’on regarde les autres outils de sélection, dit-il, comme l’entrevue ou les tests de jugement, « on ne remarque pas de différence ».

Si la capacité d’apprentissage est essentielle pour les études ardues de médecine, d’autres qualités sont aussi requises, comme la capacité d’écoute, la résilience, l’empathie, énumère-t-il.

Les solutions pourraient être de diversifier les outils de sélection, d’accompagner les candidats dès qu’ils postulent ou d’avoir plus de diversité dans les comités d’admission et d’entrevues.

Nadège Zanre se souvient de cette journée : dans la salle d’attente, elle était la seule candidate noire pour son entrevue d’admission. Et ses intervieweurs étaient tous blancs. Elle n’a pas perçu de biais chez eux, mais s’est « sentie à part ».

Le curriculum pourrait aussi être examiné, pour qu’il soit exempt de préjugés, mais aussi afin qu’il reflète bien la réalité des personnes noires.

Les maladies de peau ne se présentent pas de la même façon chez les personnes noires que chez les blancs — elles sont d’ailleurs sous-diagnostiquées chez elles. Et certaines pathologies touchent davantage les personnes noires, comme la drépanocytose, fait valoir M. Kouassi. Il faut que les médecins soient bien au fait de ces différences. Et puis, une diversité d’étudiants va amener une diversité des connaissances qui sont partagées en classe, ce qui va bénéficier à tous ces futurs médecins.

Mme Zanre parle de ses patientes, dont une qui l’a particulièrement marquée : la femme d’origine haïtienne, sur le point d’accoucher, a éclaté en sanglots en lui confiant que cela la rassurait « d’avoir une personne comme elle » dans la salle.

« Je ne sais pas pourquoi ça l’a apaisée, mais je sais que ça l’a fait. Pour cette raison-là, je me suis dit qu’il est vraiment important qu’il y ait des Noirs en médecine ».

Pour qu’au moins la population québécoise soit représentée dans ses médecins et que le traitement des patients soit complet, explique-t-elle.


dimanche 31 janvier 2021

La fin du mandat présidentiel de Donald Trump rappelle le déclin de la République romaine

De David Engels sur le site de Valeurs Actuelles :

La fin du mandat présidentiel de Donald Trump rappelle le déclin de la République romaine, au Ier siècle avant Jésus-Christ, estime l’historien et essayiste belge.

Cicéron (debout) dénonce Catilina (assis, isolé) du parti des populares au Sénat
 
Déjà au début de la présidence de Trump, j’avais comparé son mandat aux dernières années de la République romaine, quand des tribuns de la plèbe tels que Catilina ou Clodius s’étaient rebellés contre l’oligarchie sénatoriale romaine (et ses liens étroits avec l’élite financière), dans un mélange de démagogie, de réformisme et de véritable préoccupation sociale — et échouèrent lamentablement. La fin de la présidence de Trump confirme cette hypothèse. La terreur des émeutes de Black Lives Matter, la chaotique prise d’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, et le contrôle total que son adversaire vient d’obtenir sur toutes les institutions de la République rappellent de manière dramatique ces affrontements sanglants entre Clodius, l’enfant terrible du patriciat romain, et son adversaire Milon, dont la terreur fut systématiquement promue par l’oligarchie sénatoriale afin d’éliminer Clodius et ses partisans.

De Rome à Washington

Certes, le populiste Clodius, contrairement à Trump, était loin de poursuivre un programme culturel conservateur et l’optimas [les optimates étaient le parti de l’établissement, de l’élite en place] Milon n’aurait probablement jamais tourné en dérision sa propre histoire culturelle comme le fait la cancel culture. Mais les parallèles morphologiques entre hier et aujourd’hui restent stupéfiants : l’érosion des antagonismes idéologiques entre les partis traditionnels par la formation de cartels ; l’exclusion systématique et donc la radicalisation politique de toute opposition interne ; l’incapacité d’un système caractérisé par une polarisation sociale inouïe à se réformer par lui-même ; et enfin l’instrumentalisation politique de la rue — et ce précisément non seulement par les populistes, mais aussi par les partis établis, qu’il s’agisse des voyous de Milon ou de l’antifa.

Mais ce qui est encore plus éclairant, c’est la conséquence politique ultime de la brève aventure populiste romaine, à savoir la volonté croissante d’une élite politique menacée de réaliser exactement ce dont elle accuse ses adversaires : l’instrumentalisation de l’état d’urgence. Ainsi, l’assassinat de Clodius, en 52 avant Jésus-Christ, fut suivi par la nomination de Pompée comme consul unique, fait inédit dans l’histoire de Rome, car négligeant un élément central de la séparation des pouvoirs et anticipant l’Empire. Pompée, bien qu’il ait secrètement alimenté le conflit entre Clodius et Milon, se présente comme un « médiateur » impartial entre populares et optimates ; mais sous prétexte de combattre les « fauteurs de troubles » par des forces de police spéciales et des tribunaux extraordinaires, il se débarrasse rapidement de ses propres adversaires. Et il faut s’attendre à ce que Joe Biden, lui aussi, sache tirer bon parti de ces sinistres listes des « trumpistes » compilées par ses supporters, tout comme il est à supposer qu’en Europe également, nous assisterons bientôt à une répression politique croissante du populisme conservateur.

Le cadavre de Publius Clodius Pulcher (mort en -52) retrouvé sur la via Appia à Rome

 Un flou idéologique salvateur ?

Cependant, quiconque croit que la victoire imminente de l’établissement politique sera définitive se trompe : les « déplorables » américains ainsi que les « gilets jaunes » français ou les « Wutbürger » allemands continueront à représenter un puissant capital politique précisément en raison de leur flou idéologique ; capital qui sera facilement accessible à tous ceux qui auront compris que la lutte politique de l’avenir ne sera plus décidée par des élections et des institutions, mais, tout comme dans la Rome républicaine tardive, par le charisme, le contrôle de l’opinion publique, le pouvoir financier et la pression de la rue. Dans la Rome antique, le bref calme imposé par Pompée fut rapidement suivi par la révolte de César, qui, en 49, entraîna le début de plus de vingt ans de guerre civile ouverte ou larvée, jusqu’à ce que les antagonistes fatigués se soumettent finalement au compromis impérial d’Auguste. D’où viendra le César européen ?

Liens connexes

Pro renovatione occidentis 

Michel Houellebecq : le suicide de l'Occident résultat de deux déclins, l'un démographique, l'autre religieux

Dans Le Déclin, à travers une étude comparative simple et factuelle, Davis Engels fait le récit de la situation, troublante de ressemblances, vécue par la République romaine tardive. De la question de la citoyenneté et des flux migratoires à celle de l'art ou des frontières, cette époque antique apparaît stupéfiante d'actualité et de modernité. 

 

Le martyre actuel des chrétiens d'Orient

Ce vendredi 29 janvier, l’AED (Aide à l’Eglise en détresse) a organisé à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre en huis clos la « Nuit des témoins » pour rendre hommage aux chrétiens persécutés dans le monde.

Le père Charbel Eid Rizkallah, moine maronite et coordinateur de l’AED au Moyen-Orient, revient sur la terrible situation des chrétiens d’Orient en Syrie et en Irak.


Radio-Canada renvoie dos-à-dos histoire factuelle « blanche » et tradition orale indienne

Radio-Canada (vos impôts à l’œuvre) s’est sentie obligée d’écrire un article pour défendre la théorie récente selon laquelle Montréal serait un territoire agnier non concédé. Défense, car elle met sur un même pied les prétentions des Agniers et les études des historiens « blancs », en présentant d’abord la tradition orale des Mohawks. (Agnier est le nom français des Kanien'kehá:ka, littéralement les Gens du Silex, Mohawk étant leur nom en anglais.)

Denis Coderre et Valérie Plante avaient déjà pris position en 2017 en déclarant que la métropole était un territoire autochtone, voire Mohawk, non cédé. La calamiteuse Valérie Plante avait fait la promotion de l’agnier en 2019 quand elle a fait rebaptiser la rue Amherst du nom d’Atateken (frères et sœurs, fraternité en agnier). Choix pour le moins étonnant : les odonymes inspirés de noms communs devraient être en français au Québec. Ce nom commun étranger a été préféré à Pontiac (chef indien ennemi d’Amherst) dont le nom a été souvent suggéré pour remplacer celui d’Amherst. Ajoutons que des Mohawks étaient les alliés d’Amherst contre les Français lors de la conquête de Montréal en 1760…

Plus récemment, cette prétention à une occupation de Montréal par les Agniers a refait surface lors du dévoilement du nouveau logo, fraîchement accueilli, de l’Impact de Montréal.  Justin Kingsley, ancien homme de confiance de Paul Martin, ancien premier ministre libéral du Canada et homme fort de Power, a voulu réinventer l’image de l’Impact de Montréal. La fleur de lys a donc été réduite à un discret signe de ponctuation. Le bleu et tout ce qui faisait le symbole du Québec et de Montréal ont reçu le traitement « diversitaire » : la dominante bleue du logo est devenue le noir, le blanc a été remplacé par le gris. Dans ce même esprit, le club a fait un court métrage mettant la ville en vedette « dans les trois langues présentes lors de sa fondation », soit d’abord l’agnier (mohawk), puis l’anglais et enfin le français. Voir ci-dessous.

 

« Les trois langues présentes lors de sa fondation ». Cette phrase nous paraît incompréhensible. À la fondation de Montréal, en 1642, il n’y a pas de Mohawk présent sur l’île. Pas plus que d’Anglais. Si l’on veut parler des gens dans la région, il faudrait inclure le néerlandais dans la vidéo. En effet, les Européens les plus proches de Montréal par voie fluviale étaient les Néerlandais (souvent francophones d’ailleurs, des Wallons) de la Nouvelle-Néerlande (ou Nouvelle-Belgique). Ils se trouvaient au bout de l’axe de pénétration de la rivière Hudson, du lac Champlain et de la rivière Richelieu. Les Mohawks furent d’ailleurs en contact régulier avec les Hollandais. Les Anglais de la Nouvelle-Angleterre (Boston) n’avaient pas un accès aussi direct à la région de Montréal. La Nouvelle-Néerlande capitule en 1664 devant les attaques des Britanniques.

 


C’est dans ce contexte que l’ancien ministre Joseph Facal a écrit un texte intitulé « Montréal n’a jamais été un territoire mohawk ». Nous en reproduisons un extrait ci-dessous :

C’est simple : il n’y a pas un seul historien sérieux qui soutient cette idée d’une présence mohawk sur l’île de Montréal lors de la fondation de la ville.

Cette ritournelle est celle de militants.

Paul Chomedey de Maisonneuve fonde Montréal en 1642.

Quels autochtones habitent sur l’île à ce moment ? Aucun, bien que certains y venaient pour chasser… mais pas les Mohawks.

Des autochtones avaient-ils déjà vécu sur l’île ? Oui, puisque Jacques Cartier, environ un siècle avant, en parle.

Mais c’étaient des Iroquoïens.

Que s’est-il passé entre Cartier et Maisonneuve qui expliquerait leur disparition de l’île ? Les historiens ont des hypothèses, mais aucune certitude.

Les Mohawks d’aujourd’hui disent que ces Iroquoïens sont leurs ancêtres, mais ces Iroquoïens ne parlaient pas la même langue. Hmm. . .

Où sont les Mohawks pendant ce temps ?

Ils sont chez eux, dans le nord de ce qui allait devenir l’État de New York [en Nouvelle-Néerlande/Nouvelle-Belgique], là où se trouve aujourd’hui la ville d’Albany [alors Fort-Orange].

Ils font la guerre à d’autres nations amérindiennes pour garder leur monopole sur la traite des fourrures avec les Hollandais, arrivés à New York [la Nouvelle-Amsterdam, Manhattan a été acheté par un Wallon protestant, Pierre Minuit] bien avant les Britanniques.

Pendant ces guerres livrées aux Mohicans, aux Algonquins, aux Attikameks, aux Innus, ils feront certes des incursions ici, mais rentrent chez eux après.

Forcément, quelques-uns étaient capturés. Ils devenaient des esclaves ou, s’ils étaient enfants, pouvaient être « adoptés » par des parents d’une autre nation.

Parmi eux, plusieurs furent convertis au christianisme par les missionnaires.

Ce sont des missionnaires venus de France qui fondent Kahnawake en 1667 et Kanesatake en 1705, bien après la fondation de Montréal.

Akwesasne ne voit pas le jour avant 1750.

Arrive ensuite la guerre d’Indépendance des États-Unis, qui commence en 1775 et se termine en 1783.

Les Mohawks choisissent le mauvais camp : celui de la Grande-Bretagne.

Après la victoire des Américains, leur position devient très inconfortable.

Ils quittent carrément le territoire. Beaucoup vendent leurs terres et viennent s’installer ici.

Montréal existe alors depuis plus d’un siècle. [140 ans]

Bref, les Mohawks du Québec d’aujourd’hui sont les descendants de ces Mohawks venus d’ailleurs, chassés par les guerres entre autochtones et entre Blancs.

La société de diffusion gouvernementale a donc cru devoir opposer à cette version, celle des Agniers : « Des points de vue opposés sur Montréal en tant que territoire mohawk ». Dans le titre comme dans l’article, Radio-Canada présente les deux points de vue comme égaux, aucun ne serait vrai ni erroné.

Radio-Canada affirme en introduction que « Selon lui [Joseph Facal], “il n’y a pas un seul historien sérieux qui soutient cette idée d’une présence mohawk sur l’île de Montréal lors de la fondation de la ville”. » 
 
L’article radio-canadien présente d’abord les prétentions des Agniers :
La réponse du Conseil Mohawk de Kahnawake [MCK en anglais] ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué de presse, il explique que cet article « ne réussit qu’à donner aux lecteurs du journal un faux sens de l’histoire qui vise, tout simplement, à discréditer une fois de plus notre peuple et notre histoire ». Encore une fois, le MCK affirme que « la région de Montréal a longtemps été le territoire des Kanien'kehá:ka et le restera, que certains écrivains veuillent l’accepter ou non ».

On suppose que ces « certains écrivains » désigne tous les historiens qui s’appuient sur des faits et qui réfutent les prétentions agnières.

L’article de la SRC se poursuit :

En entrevue, le chef Ross Montour de Kahnawake a détaillé la position mohawk qui se base selon lui sur des « faits et non pas des opinions ». Il rappelle d’entrée de jeu que son peuple était sur le territoire bien avant l’arrivée des Européens.

En effet, les Mohawks expliquent que leurs ancêtres, qui ont un moment vécu à Montréal, l’ont ensuite quittée, avant d’y revenir. Leur arrivée dans les missions catholiques était finalement un retour au bercail, ce que documente leur tradition orale.

Nous n’avons pas compris la raison du « En effet » placé par l’auteur de la SRC. Car quel est donc ce fait qui prouve que le territoire était occupé par les Mohawks ou leur appartenait quand les Français s’y sont installés ? La tradition orale…? C’est cela le fait probant ? Mais la tradition orale ne peut pas être une preuve en soi, sinon il faudrait croire à toutes les légendes et mythes. Cette histoire orale ne peut au mieux qu'indiquer des pistes possibles, éclairer des interpétations qui doivent être étayées par des preuves plus probantes.

Le Chef Montour sort alors la grosse artillerie (critiquer les prétentions mohawks c’est être raciste) :

Les propos de M. Facal sont l’une des premières manifestations de racisme systémique.

Chef Ross Montour

Et la fameuse « théorie iroquoise » sur laquelle s’appuie M. Facal est fondée sur de minces preuves archéologiques, d’après le chef Montour.

Le chef poursuit :

Par ailleurs, il estime que les Européens ont écrit l’histoire en se basant sur « leur propre ethnocentrisme » et qu’elle a été utilisée pour justifier leur présence sur ces terres.

On peut facilement retourner cet argument cousu de fils blancs : les Agniers utilisent leur « tradition orale » (qui remonte à quand, au fait ?) pour justifier leurs revendications territoriales.

Le grand chef Simon de Kanesatake (Oka) déclare :

Les Mohawks de l’État de New York ont conquis les Iroquois du Saint-Laurent et les ont absorbés. Si c’est le cas, nous sommes des descendants des Iroquois, donc nous avons le droit de revendiquer les terres qu’ils occupaient.

Cet argument est très intéressant : il légitime la propriété par le droit de conquête et le métissage avec les peuples conquis, à moins que ce soit la communauté de race (avant le métissage) des conquérants (Mohawks) et des vaincus (Iroquoiens). Mais les Français ont conquis (dans la vision des Mohawks) Montréal et se sont métissés avec les rares occupants des environs. Ils peuvent donc légitimement revendiquer Montréal ? Ou cela ne peut-il jamais s’appliquer à des Blancs ? Des Amérindiens qui conquièrent, massacrent et assimilent des peuples amérindiens, pas de problème; des Européens alliés à des Amérindiens qui conquièrent et assimilent des Amérindiens très mal. Ce ne serait pas cela le racialisme ?

L’article se poursuit par des historiens qui confirment les affirmations de Joseph Facal :

Pour ce qui est des occupations ancestrales, la revendication mohawk sur l’île de Montréal est fausse. On ne peut pas faire le lien entre les Mohawks de Kahnawake et les Iroquois d’Hochelaga.

Serge Bouchard, anthropologue

Il rappelle qu’à l’arrivée de Jacques Cartier sur le continent, deux nations iroquoïennes occupaient le territoire. « Malheureusement, Jacques Cartier n’a pas noté l’ethnonyme de ces peuples. »

M. Bouchard explique que deux appellations pour les populations autochtones ont été retenues à l’arrivée des Européens : les Canadiens iroquoïens et, à Montréal, les habitants du pays d’Hochelaga.

Cette théorie est partagée par l’historien de l’UQAM Alain Beaulieu qui souligne que, même si l’article de M. Facal peut sembler polémique, il n’en reste pas moins qu’il n’y a pas de preuve d’une présence mohawk à proprement parler à Montréal avant l’arrivée de Jacques Cartier.

« La création de villages mohawks dans la vallée du Saint-Laurent date d’après 1667, soit environ un demi-siècle après l’installation des Français. Avant, personne n’occupait Montréal de manière permanente », dit-il.

L’article du diffuseur gouvernemental se termine avec un brin de chantage émotionnel (ne pas accepter les demandes mohawks c’est être contre la réconciliation) et les propos vagues d'un historien prudent et conciliant qui ne veut pas se prononcer sur «les revendications» autochtones. De quelles revendications parle-t-il ? Des agnières ? Autour de Montréal ? Pas celles fondées sur une prétendue présence mohawk sur l’île de Montréal en tout cas.

Pour le MCK, soutenir la thèse de M. Facal remet en cause le travail de réconciliation entamé entre Autochtones et allochtones, et nie la responsabilité de la population québécoise quant à la dépossession du territoire mohawk.

[…]

Il insiste : « Je ne prends pas position contre les revendications autochtones. Je laisse les tribunaux trancher. À ce sujet, je pense qu’il faudrait d’ailleurs travailler sur les critères de la jurisprudence en ce qui a trait aux revendications territoriales ».

Mais voilà, on a la nette impression qu’il fallait finir l’article sur un ex-æquo et laisser croire aux lecteurs de cette plateforme massivement subventionnée que deux thèses d’égales valeurs s’affrontent, que les prétentions mohawks sur Montréal sont légitimes en faisant dire à un historien que les revendications autochtones ne doivent pas être rejetées, mais sans dire lesquelles. Ex-æquo historique pour déplacer la discussion sur le terrain émotif : remettre en cause les prétentions des Mohawk, c’est vouloir envenimer les choses, « remet[tre] en cause le travail de réconciliation ». C'est très vilain. Le début du racisme systémique, même.

Bref, si M. Joseph Facal n’a pas tort sur les faits historiques, ces faits sont de peu d’importance puisque issus de la science « blanche » et que M. Facal est une personne irresponsable qui attise les tensions.

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samedi 30 janvier 2021

Sondage : les Canadiens n'approuvent pas l'intention d'augmenter le nombre d'immigrants

Une étude commandée par le ministère de l’Immigration a révélé que la majorité des Canadiens ne sont pas d’accord avec le plan du gouvernement d’augmenter le nombre d’immigrants.

L’étude obtenue par Blacklock’s Reporter a révélé que 50 % des Canadiens sont d’accord avec cette affirmation : « Il sera difficile pour notre économie d’absorber de nombreux immigrants au cours de l’année prochaine. »

« Il y avait un certain nombre de participants qui étaient plus susceptibles de souligner les effets néfastes potentiels de l’immigration pendant la reprise économique du COVID-19 », ont écrit les chercheurs.

« Cela incluait un petit nombre de participants qui se déclaraient généralement pro-immigration, mais qui étaient incertains ou hésitants dans le contexte du COVID-19. »

Sur les 1 500 personnes interrogées, 57 % ont déclaré que le Canada devrait restreindre le nombre d’immigrants qui arrivent au Canada, et « très peu » pensent qu’il n’y a pas assez d’immigrants.

En octobre, le ministre libéral de l’Immigration, Marco Mendicino, a annoncé que le quota annuel d’immigration passait de 341 000 à 401 000 en 2021. Alors que les Canadiens sont confrontés à des niveaux de chômage sans précédent, Mendicino affirme que le Canada avait besoin de plus de travailleurs.

« En termes simples, nous avons besoin de plus de travailleurs et l’immigration est le moyen d’y parvenir », avait-il affirmé lors d’une conférence de presse.

« Les immigrants créent des emplois. À aucun moment de l’histoire récente, cela n’a été plus important. », ajoutait-il. M. Mendicino ne se demandait pas s’il augmentait la richesse réelle par habitant (et pas seulement la hausse du PIB brut, des loyers et des prix).

En juin, un sondage de la société ONE, nous apprenait que 77 % des Québécois désiraient pour suspendre l’immigration jusqu’à un vaccin COVID-19 et la résorption du chômage.

Une majorité de Canadiens, de toutes les régions, de tous les âges et de toutes les préférences des partis politiques — y compris 67 % des électeurs libéraux, soutient une pause totale de l’immigration.

Le chef de l’opposition du Parti dit conservateur canadien, le centriste Erin O’Toole, n’a pas commenté ce dossier ces dernières semaines (il parle des vaccins, des restrictions de voyage, d’Auschwitz, de l’attaque de la mosquée de Québec et de l’économie sur son fil Twitter). 

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Pologne : solde démographique négatif de 129.000 personnes en 2020

Les statistiques officielles polonaises pour 2020 montrent que les décès ont atteint un niveau jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale et que les naissances y ont fortement diminué — des tendances attribuées à la pandémie de COVID-19 et décrites par certains comme une crise démographique. Les données publiées mardi par le quotidien Dziennik Gazeta Prawna (la une du journal ci-dessous) provenaient de statistiques officielles qui reprennent les naissances et les décès hebdomadaires.

La Pologne, une nation de plus de 38 millions d’habitants, a enregistré 357 400 naissances l’année dernière, le nombre le plus bas depuis 2005, et quelque 486 200 décès de causes diverses, le nombre le plus élevé enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle la Pologne a perdu des millions de citoyens. Les données globales ont montré une perte de population de 129 000 personnes en 2020, contre une baisse de 36 400 l’année précédente. La population polonaise a connu un lent déclin au cours des deux dernières décennies, principalement en raison de l’émigration de jeunes à la recherche de meilleures conditions de vie.


 

Selon l’Associated Press (AP), le faible taux de natalité a surpris les observateurs, car certains experts prédisaient que les mesures de confinement que le gouvernement polonais avait imposées de façon intermittente depuis la mi-mars entraîneraient un regain de la natalité. Les restrictions de la loi martiale de l’ère communiste en Pologne au début des années 1980 avaient produit une telle augmentation des naissances.

L’expert en démographie Piotr Szukalski a déclaré à Dziennik Gazeta Prawna qu’il pensait que de profondes préoccupations (la psychose) concernant la propagation du COVID-19 en étaient la cause. La ministre de la Famille et de la Politique sociale, Marlena Malag, a attribué le taux de mortalité élevé à la pandémie et a déclaré qu’il faudrait beaucoup de temps pour que le programme gouvernemental actuel de prestations familiales destiné à augmenter le taux de natalité puisse inverser la tendance négative.

Commentant les données publiées par l’agence d’État Statistiques Pologne en décembre pour les onze premiers mois de 2020, l’économiste Rafal Mundry a déclaré que le nombre de décès était le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale et que le nombre de naissances était le plus bas en 15 ans.

« Nous avons une énorme crise démographique », a déclaré Mundry sur Twitter. En 2019, quelque 30.000 personnes sont mortes en Pologne chaque mois en moyenne. En novembre, lorsque les cas de COVID-19 ont augmenté, le pays a enregistré près de 60 400 décès.

Le taux de mortalité élevé s’est poursuivi au cours des trois premières semaines de 2021, avec près de 29 000 décès, contre quelque 24 800 décès au cours des trois premières semaines de 2020, avant la pandémie.


La population russe diminue d’un demi-million pour la première fois en 15 ans

Les chiffres du bureau national russe des statistiques Rosstat montrent que la population du pays a diminué de plus d’un demi-million au cours de l’année écoulée, la plus forte baisse depuis le milieu des années 2000.

Au 1er janvier 2021, la population russe s’élevait à 146,2 millions d’habitants, 510 000 de moins que l’année précédente et la plus forte baisse en 15 ans, a calculé Rosstat jeudi.

Photo d'une famille de colons russes dans la Russie impériale (entre 1905 et 1915). De 1840 à 1914, le taux de fécondité russe était parmi les plus hauts au monde, proche de 7 enfants/femme. La population de l'Empire russe passa de 129 millions en 1897 à 178 millions en 1914.


 Bien que l’agence n’ait pas fourni d’explication, la Russie, comme de nombreux autres pays, souffre actuellement d’une surmortalité en raison de la pandémie de coronavirus. La Russie a lutté au cours de la pandémie, établissant de nouveaux records quotidiens, et jusqu’à présent, le pays a enregistré un total de 71.651 décès dans lesquels le COVID-19 a été répertorié comme la principale cause de décès après une autopsie.

Mais à la fin du mois de décembre, le gouvernement a admis que le nombre de morts était en fait trois fois plus élevé selon une définition plus large de la cause du décès, comme l’a rapporté l’Agence France-Presse (AFP).

La population russe a été en déclin constant depuis l’effondrement de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1991 jusqu'en 2013 quand le solde naturel est redevenu positif. Voir Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif. Le solde naturel  (la différence entre les morts et les naissances) a été positive jusqu'en 2017.

La population russe a également augmenté de plus de 2,5 millions d’habitants, un an plus tard, en 2014 lorsque la Crimée a rejoint la Russie à la suite d'un référendum contesté par les pays occidentaux.

Si la Russie avait réussi à rehausser sa natalité pendant les années 2010 pour atteindre 1,8 enfant par femme (le niveau français actuel), il est récemment retombé parce que c’est désormais la génération peu nombreuse qui a suivi la chute de l’URSS qui commence à avoir des enfants. En effet, à la fin de l’Union soviétique et à l’avènement de Boris Eltsine, l’État russe peinait à payer ses pensions, l’économie se contractait, la corruption augmentait et la natalité s’écroulait. La fécondité atteignit un nadir de 1,19 enfant/femme en 1999, dernière année de la présidence calamiteuse d’Eltsine, sympathique ivrogne très apprécié par l’Occident.

En 2019, il était né 1 481 074 enfants en Russie alors que 1 798 307 personnes étaient mortes, soit un solde naturel de -317 233, partiellement comblé par une immigration positive de 285 103. 


100 millions pour Dawson College, l'anglicisation grâce à la CAQ

L’agrandissement du cégep Dawson coûtera finalement 100 millions de dollars. Comment interpréter cette décision de financement encore plus massivement qu’on ne le croyait ce cégep anglophone, qui confirme son statut de plus gros cégep au Québec? Mathieu Bock-Côté s'en entretient avec le chercheur indépendant Frédéric Lacroix.

Mathieu Bock-Côté: Radio-Canada nous apprenait il y a quelques jours que l’agrandissement du Collège Dawson coûtera finalement 100 millions de dollars. Que vous inspire cette nouvelle?

Frédéric Lacroix: Un reportage-choc de Radio-Canada nous révélait le 28 janvier dernier que Dawson College, cégep dont l’agrandissement a été priorisé par la CAQ dans le cadre de la loi 66 adoptée en décembre dernier, était en train de planifier une expansion majeure; alors que le coût était censé être chiffré à 50 millions de dollars, nous apprenons que l’agrandissement coûtera plutôt «plus de 100 millions de dollars». Une somme très importante donc.

Qu’une telle somme soit investie pour agrandir ce qui constitue déjà le plus gros cégep au Québec, alors que les besoins sont criants ailleurs, dépasse l’entendement. Manifestement, Dawson constitue, aux yeux du gouvernement du Québec, le joyau du réseau collégial québécois.

Le Collège anglophone Dawson a acquis les bâtiments de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal (institution francophone) fondée en 1659 à Montréal

 On apprend aussi dans le même reportage que la direction de Dawson travaille avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) pour faire augmenter son «devis», c’est-à-dire faire augmenter les effectifs étudiants autorisés. Ce devis devrait passer de 7075 étudiants temps plein (excluant la formation continue) à 7800 étudiants temps plein. La direction de Dawson évoquait même la possibilité de se rendre à 8580 étudiants, en profitant d’un mécanisme d’exception qui permet d’excéder le devis de 10% sans pénalités financières. En évoquant cette augmentation d’effectifs ouvertement, la nouvelle directrice de Dawson s’est mis les pieds dans les plats et nous a confirmé ce que plusieurs soupçonnaient, malgré le déni de l’ancien directeur («Dawson rectifie le tir. Il n'y aura pas de hausse du nombre d'étudiants», JdeM, 12 juin 2020); le but réel de l’agrandissement est d’augmenter la clientèle. Au détriment des cégeps francophones qui subissent une érosion de leurs effectifs à Montréal.

Au cours d’une entrevue plus tard dans la même journée, la ministre Danielle McCann a tenté de remettre le couvercle sur la marmite en affirmant qu’il n’y aurait pas d’augmentation de devis pour Dawson, malgré l’agrandissement prévu.

S’il n’y a pas d’augmentation d’effectifs, pourquoi payer pour un agrandissement? La direction de Dawson affirme être «tassée» et manquer d’espace depuis longtemps. Mais du même souffle, on apprend que Dawson accueille environ 7900 étudiants temps plein et plus depuis de nombreuses années (8285 étudiants temps plein et temps partiel en 2018). Peut-être que l’espace ne manquerait pas si Dawson respectait son devis actuel? Il tombe sous le sens qu’il n’y aurait nul besoin de procéder à un agrandissement de 100 millions de dollars pour accueillir 725 étudiants de plus si Dawson respectait son devis et accueillait 7075 étudiants au lieu de 7900 (soit 825 étudiants de moins!).

Il y a de nombreuses places d’études inoccupées dans les cégeps français, institutions qui subissent à Montréal, depuis des années, une érosion de leur clientèle au profit des cégeps anglophones. On pourrait donc accueillir ces 725 étudiants dans le réseau français et ce, à coût supplémentaire nul. Pris globalement, cet agrandissement de Dawson n’est donc absolument pas nécessaire. Au fond, ce que le gouvernement du Québec souhaite, c’est d’éviter à 725 élèves de devoir se scolariser en français au collégial. Pour cela, il est prêt à débourser de l’argent. Beaucoup d’argent.

Mathieu Bock-Côté: Quelles sont les conséquences concrètes de ces investissements pour la qualité de la formation collégiale?

Frédéric Lacroix: Dawson dépasse son devis de plus de 10% depuis 2011 (12% en 2011, 13% en 2012, etc.). Or, la règle du MEES spécifie que le dépassement peut être de «10% sous certaines conditions». Dawson enfreint donc cette règle du MEES depuis une décennie. Sans, semble-t-il, que le MEES n’intervienne. À la noblesse, ses privilèges?

Le bâtiment de six étages prévu dans le projet d’agrandissement doit regrouper des techniques dans le domaine de la santé et accueillir de nouveaux programmes en santé, comme par exemple, «Medical Ultrasound Technology». Dawson veut mettre sur pied l’équivalent du Michener Institute de Toronto, un centre de formation ultramoderne en santé. Les étudiants de Dawson auront accès à des conditions d’études, des programmes, des technologies, sans équivalents ailleurs au Québec. On ne trouve ou ne trouvera nul rival à ce futur centre dans le réseau collégial de langue française au Québec.

Les conditions offertes à un étudiant qui choisit de se scolariser en anglais au collégial seront supérieures aux conditions offertes à ceux qui se scolarisent en français. Le gouvernement voudrait lancer le message que le français est déclassé à Montréal, qu’un diplôme collégial en français est un diplôme de second rang, qu’il n’agirait pas autrement. Cela est tout de même ahurissant.

Ces programmes techniques, donnés en anglais, préparent les étudiants à travailler en anglais à Montréal. Or, le français comme langue de travail recule à Montréal. Cela est plus qu’une malheureuse coïncidence; le gouvernement du Québec lui-même finance massivement le recul du français au Québec.

Dans le dossier de l’agrandissement de Dawson, on assiste à un festival d’incohérences. Le MEES n’a manifestement aucune vision claire du développement du réseau collégial pris dans son ensemble et de l’arrimage à faire entre le développement de ce réseau et la vitalité du français au Québec et à Montréal. Et pour ajouter l’insulte à l’injure, la direction de Dawson nous a menti sur les fins visées par l’agrandissement.

Ce projet de Dawson est une sérieuse épine au pied du gouvernement de François Legault qui, d’un côté, aime se poser en défenseur du français et qui, de l’autre, travaille à miner le statut du français dans la métropole de par ses investissements gargantuesques dans le postsecondaire anglophone (rappelons le projet de faire don du Royal Victoria à McGill, un projet qui ira sûrement chercher dans le milliard de dollars). Qu’est-ce qui pousse François Legault à aller de l’avant avec des projets conçus par le PLQ de Philippe Couillard pour favoriser sa base électorale? Pourquoi la CAQ choisit-elle de prolonger l’ère libérale, du moins en ce qui a trait à la façon de concevoir et de financer le postsecondaire? Mystère.

En entrevue pour la dernière des Francs-tireurs avec Benoit Dutrizac en décembre dernière, François Legault a affirmé que pour ce qui était de la fréquentation du collégial anglophone par les francophones et les allophones, «ça commençait à exagérer». À l’heure où la moitié des places au préuniversitaire à Montréal sont maintenant dans les cégeps anglais et où les étudiants terminant un DEC s’inscrivent ensuite à 90% à McGill et à Concordia, c’est le moins qu’on puisse dire.

Dans une chronique surréaliste au 98,5 FM, l’ex-vice première ministre du Québec Nathalie Normandeau a affirmé le 29 janvier qu’il n’y avait aucun lien à faire entre la fréquentation grandissante des cégeps anglais et le recul du français à Montréal. Rappelons qu’une très importante étude réalisée par l’IRFA en 2010 avait prouvé noir sur blanc que les cégeps anglais étaient des foyers d’anglicisation pour les francophones et les allophones. Sans doute Mme Normandeau n’a-t-elle jamais eu le temps de la lire et de se mettre à jour sur ce sujet, ce qui ne semble nullement l’empêcher de nous dispenser ses «opinions».

Mais il faut inverser, toujours inverser; si la fréquentation du cégep anglais n’a pas d’incidence sur le français, alors l’inverse est aussi vrai. En suivant cette logique, on peut affirmer que l’abolition des cégeps anglais et la fréquentation du collégial français par les anglophones n’aurait pas non plus d’incidence sur l’anglais à Montréal. Mme Normandeau, vous êtes d’accord? Logiquement vous n’avez pas le choix de l’être.

Mathieu Bock-Côté: Ce discours n’est-il pas en complète rupture avec la réalité?

Frédéric Lacroix: Il faut comprendre que ce discours complètement décalé de la réalité est celui qui est servi aux francophones. En anglais, l’on dit autre chose. La journée d’avant, par exemple, The Gazette livrait en éditorial un vibrant plaidoyer sur l’importance des institutions d’enseignement anglophones, insistant sur l’importance vitale des institutions d’enseignement de la maternelle à l’université «A strong English-language education system, from kindergarten to university, is essential to the vitality of Quebec’s English-speaking community». The Gazette écrivait aussi que ces institutions fournissent des emplois en anglais aux anglophones et aident à préserver l’identité de la communauté. Ce dont The Gazette fait état ici, c’est de la «complétude institutionnelle» nécessaire à la préservation de l’identité linguistique d’un groupe. Il s’agit là du même prisme d’analyse que j’ai utilisé dans mon livre Pourquoi la loi 101 est un échec. Je constate avec satisfaction que The Gazette est d’accord à 100% avec moi sur l’importance vitale de la complétude institutionnelle pour une communauté linguistique. Encore un pas et The Gazette admettra, comme je l’ai démontré dans mon livre, que le réseau collégial et universitaire, de même que le réseau de la santé anglophone, est dimensionné environ au triple du poids démographique de la communauté anglophone. Ce sont les francophones qui, au Québec, sont privés en partie du réseau institutionnel «de la maternelle à l’université» nécessaire à leur vitalité, ce qui force des dizaines de milliers de francophones et d’anglophones à travailler en anglais à Montréal.

Mathieu Bock-Côté: Quelles solutions sont actuellement envisagées par le gouvernement pour contrer cette tendance?

Frédéric Lacroix: Mais tout en convenant que «ça exagérait», François Legault a aussi écarté brutalement, suite à la conférence de presse de son ministre responsable de la Charte de la langue française tenue en novembre dernier, Simon Jolin-Barrette, l’extension des clauses scolaires de la charte au niveau collégial, soit la fameuse «loi 101 au collégial». M. Legault ne veut pas cesser de financer, avec les fonds publics, le choix que font une grande proportion d’allophones et aussi beaucoup de francophones de s’angliciser ou de s’assimiler à la communauté anglophone à partir du collégial. Fort bien. Quelles autres solutions reste-t-il? Il reste deux mesures potentielles: 1) des mesures incitatives et 2) une forme de contingentement des places au collégial anglais. Examinons-les (on trouve un examen plus complet de ces mesures ici).

Les mesures incitatives

Ce qui conduit les étudiants à s’inscrire massivement au cégep anglais, c’est la «dynamique linguistique», c’est la plus grande valeur accordée au diplôme collégial anglophone au Québec comparativement au diplôme francophone. C’est le statut supérieur de l’anglais relativement au français au Québec qui est en train d’éroder l’attractivité des cégeps français. Et l’attractivité supérieure des cégeps anglais est financée et soutenue par le gouvernement du Québec lui-même (et aussi par Ottawa), comme le démontre éloquemment le projet d’expansion de Dawson. Ainsi, la seule mesure incitative susceptible de fonctionner serait de carrément payer les étudiants pour qu’ils choisissent de se scolariser en français au collégial, ce qui serait humiliant et ne contribuerait nullement à rehausser le prestige du français.

Les mesures incitatives sont vouées à l’échec. Camille Laurin écrivait déjà en 1977 «Les francophones, comme leur langue, sont dominés et menacés dans leur existence; les correctifs qui reposent uniquement sur la bonne foi, la bonne volonté sont impuissants à enrayer le danger» (p.21, Pourquoi la loi 101 est un échec). Ceci est encore vrai aujourd’hui.

Le contingentement

Le gouvernement pourrait aussi décider de limiter le nombre de places offertes dans les cégeps anglais avec une forme de contingentement (via une application stricte des devis par exemple). Cette idée semble à première vue être une solution «pragmatique» comme les aime François Legault. Mais le diable se cache dans les détails. Loin d’être une solution simple, le contingentement pourrait se révéler un cauchemar de relations publiques pour la CAQ, un peu comme les fameux «tests linguistiques» pour avoir accès à l’école anglaise de la loi 22 (l’ancêtre de la loi 101). Rappelons que ces «tests linguistiques» censés réserver l’école anglaise aux enfants ayant déjà une connaissance de l’anglais s’étaient révélés être une fausse bonne idée et avaient mené à la division des fratries, à la tricherie et à la falsification des résultats pour essayer d’obtenir une place. Pourquoi? Parce que la scolarisation en anglais avait un prestige supérieur à la scolarisation en français; ceux qui réussissaient à obtenir une place en anglais étaient avantagés. La seule solution équitable était d’imposer à tout le monde (sauf aux anglophones) le même «handicap», soit la scolarisation en français. On en est donc venu à formuler les clauses scolaires de la charte en 1977, une solution basée sur la fréquentation scolaire des parents, donc, en gros, l’appartenance à une «communauté anglophone» ou non. Ce fut une solution équitable qui préservait du même coup les droits des anglophones. Au collégial, nous sommes face à la même situation: celle qui prévalait au primaire et au secondaire avant la Charte de la langue française de 1977. La solution proposée par le gouvernement du Québec pour éviter l’effondrement du réseau collégial francophone à Montréal doit être du même type que celle retenue pour le primaire et le secondaire, c’est-à-dire équitable et transparente.

Mathieu Bock-Côté: Dawson ne devient-il pas, à travers tout cela, le cégep d’une élite qui se désaffilie du Québec français, ou marque son refus d’y lier son destin?

Frédéric Lacroix: Rappelons que le problème au collégial est de deux ordres: il est à la fois quantitatif et qualitatif. La fréquentation des cégeps français est en baisse (absolue et relative) et la qualité des étudiants qui s’inscrivent au collégial français est aussi en baisse. L’énorme volume de demandes d’admission dans les cégeps anglais (Dawson reçoit 11 500 demandes d’admission par année par exemple et refuse environ 6000 étudiants) fait en sorte que les cégeps anglais sélectionnent seulement les meilleurs étudiants, ceux qui ont la meilleure moyenne générale au secondaire. En sciences de la nature, par exemple, il faut avoir 85% et plus au secondaire pour pouvoir entrer à Dawson. Le collégial anglais est donc un réseau réservé à l’élite académique. Cette élite académique est majoritairement issue des écoles privées de Montréal et des écoles à programmes particuliers, donc les étudiants qui s’inscrivent au collégial anglais proviennent majoritairement de milieux socioéconomiquement favorisés (note: cela explique pourquoi une partie de notre élite n’appuie pas la loi 101 au cégep; ce sont les enfants de cette élite qui bénéficient du système inéquitable actuel au détriment des plus pauvres). Régler le problème quantitatif avec un contingentement ne réglera en rien le problème qualitatif; au contraire, il va l’exacerber. La sélection pour entrer à Dawson sera encore plus drastique; les cégeps anglais seront réservés à une «super élite»; le diplôme anglophone au collégial va gagner encore plus en valeur; on se bousculera encore plus pour y entrer. Le contingentement revient à sélectionner les élèves sur une base inéquitable, soit la moyenne générale au secondaire qui, en définitive, est étroitement corrélée au milieu socio-économique d’où provient l’élève. Pour le dire plus brutalement, le contingentement se fera, grosso modo, selon le revenu des parents. Il s’agit donc d’une mesure inéquitable. Il est prévisible qu’elle n’aura pas un large appui populaire.

De plus, pour avoir un impact sur la vitalité du français à Montréal, le contingentement devrait être très sévère. De simplement geler les places au niveau actuel signifierait que l’on concède au collégial anglais la moitié des places au préuniversitaire sur l’île de Montréal. Cela signifie que le français va continuer à reculer à grande vitesse dans toute la région de Montréal. Cette forme de contingentement serait donc inutile en plus d’être inéquitable et politiquement coûteuse. Pour être effectif et donner vraiment de l’oxygène au Québec français, un contingentement devrait viser à couper au moins de moitié les places dans les cégeps anglais (les anglophones représentent seulement 35% des élèves au collégial anglais). Un contingentement aussi fort pousserait sérieusement à la hausse la valeur du diplôme anglais, tel que discuté plus haut.

De plus, il faut se demander si nous considérons que les anglophones ont le droit de s’inscrire au collégial anglais. Actuellement, ce droit n’existe pas. Il y a des indications à l’effet que certains anglophones qui ont des moyennes académiques plus faibles au secondaire sont refusés dans le réseau anglais, car ils n’arrivent pas à compétitionner avec des francophones et allophones plus forts. Un contingentement sévère voudrait donc dire que de nombreux anglophones seraient forcés de s’inscrire dans des cégeps français suite à un refus par les cégeps anglais. Toute forme de contingentement devra donc incorporer des clauses pour prioriser les «ayants droit».

Politiquement, un contingentement qui vise réellement à rehausser la vitalité du français à Montréal sera donc une mesure inéquitable et aura un faible appui populaire. C’est une fausse bonne idée et une solution qui manque de pragmatisme et d’équité. Pour régler la question de la langue au cégep, il n’existe qu’une seule solution. Nous la connaissons tous.

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