dimanche 20 janvier 2019

Histoire du Québec : multiculturalisme expiatoire, esclavage et colonisation américaine d'esprits incultes

Chronique intéressante de Mathieu Bock-Côté sur une tendance récente au Québec. L’école québécoise est-elle vraiment innocente dans cette dérive, cette culpabilisation, cette inculture ? Voir « Nos ancêtres, les Amérindiens », Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part, ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes.




Qui s’intéresse à l’histoire du Québec est bien obligé de le constater : toute une mouvance idéologique, essentiellement l’extrême-gauche identitaire et racialiste, cherche à définir la Nouvelle-France, soit le moment fondateur de la nation québécoise, à partir de la question de l’esclavage. On comprend la manœuvre, qui n’a même pas le mérite de la subtilité : il s’agit de dire que dès ses origines, notre peuple entretenait un rapport coupable avec la diversité, ce qui devrait l’amener à se convertir à un multiculturalisme expiatoire. Ces militants qui s’acharnent contre l’histoire du Québec, en prétendant en révéler la part masquée, se prennent souvent pour de grands érudits parce qu’ils ont lu Marcel Trudel et qu’ils ont eu l’impression d’avoir eu une révélation.

[Note du carnet : L’historien Marcel Trudel a répertorié l’existence au Canada d’environ 4 200 esclaves entre 1671 et 1834, année de l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique. Environ les deux tiers d’entre eux étaient Amérindiens et le tiers, des Noirs. L’utilisation d’esclaves s’est faite de façon très inconstante au cours de cette période. Pour tout le XVIIe siècle, on n’en dénombrait que 35, dont 7 Noirs. Entre 1700 et 1760, fin du Régime français, on en a recensé quelque 2 000, Amérindiens et Noirs compris. Pas tous au Québec, ni même au Canada actuel : Détroit, aujourd’hui aux États-Unis, a eu ainsi plus d’esclaves (de Panis) que Québec sous le Régime français. Marcel Trudel a compté au total 402 esclaves noirs pendant tout le Régime français.]

Ils conjuguent inculture, obsession idéologique et lectures sélectives. C’est la parfaite recette pour fabriquer des sermonneurs fanatiques et haineux, souvent prisés sur les ondes publiques et qui bénéficient d’un traitement de faveur médiatique.

Je ne dis évidemment pas qu’il n’y a pas eu d’esclavage en Nouvelle-France — c’est une réalité plus que malheureuse, bien qu’il s’agisse d’une réalité marginale [Note du carnet : aucun navire négrier n’a accosté dans un port du Saint-Laurent sous le régime français...!], aucunement structurante dans le développement de la colonie et qui n’a rien à voir avec le système esclavagiste américain. On ne saurait plaquer sur notre histoire des concepts issus de l’histoire américaine sans la déformer et sans la rendre incompréhensible. Qui fait de cette réalité la marque distinctive de l’histoire de la Nouvelle-France révèle qu’il n’en connait pas grand-chose et qu’il veut surtout disqualifier moralement la mémoire d’un peuple. On ne sous-estimera pas les effets de l’américanisation mentale de la société québécoise, sous la pression conjuguée de l’industrie du divertissement et de la pression idéologique exercée par les sciences sociales universitaires. Nous devons nous décoloniser mentalement de l’empire américain et nous affranchir d’une lecture de l’histoire et des rapports sociaux qui ne correspond en rien à notre réalité collective. « Appropriation culturelle », « racisme systémique », « personnes racisées » : ces termes doivent être déconstruits et congédiés.

Car il y a une autre dimension à cette réécriture culpabilisante de l’histoire, comme on l’a vu cet été lors de l’affaire SLAV, quand de jeunes militants racialistes qui se définissent par leur couleur de peau (et qui ont le culot de se faire passer pour des antiracistes) se présentent comme les victimes historiques d’un système discriminatoire qui aurait traversé l’histoire québécoise et qu’il faudrait désormais nommer comme tel. Sauf que c’est faux. Concrètement, ils transposent ici la mémoire américaine de l’esclavage et se présentent eux-mêmes comme des descendants du système esclavagiste québécois, qui continuerait de peser sur les rapports intercommunautaires à travers les siècles. Pour emprunter les catégories du jour, on aurait envie de les accuser d’appropriation de conscience historique.

[Note du carnet. L’immense majorité des esclaves en Nouvelle-France (Canada) ne fut pas africaine, mais amérindienne, des prisonniers de guerre, les Panis. Le plus souvent vendus aux Français par des alliés indiens des Français. Selon Pierre Georges Roy, ils « étaient plutôt employés au service domestique qu’à la culture de la terre, pour laquelle ils n’avaient aucune aptitude. » À notre connaissance, il n’existe aucune illustration de l’époque du régime français qui montre des Panis esclaves en Nouvelle-France. À titre d’illustration, nous reproduisons ci-dessus ce dessin des années 1990 représentant la fuite d’un Panis et d’une mulâtresse peu après la Défaite et, donc, au début du Régime anglais. ]


Il faut alors rappeler un fait élémentaire : l’essentiel de la « communauté noire » québécoise (je confesse encore une fois mon malaise devant ce vocabulaire racialiste) est arrivée ici dans un tout autre contexte, essentiellement dans la deuxième moitié du XXe siècle, pour trouver une société libre et prospère où s’installer — et le peuple québécois s’est effectivement montré accueillant, ce dont nous pouvons être fiers collectivement. En d’autres mots, nous ne sommes pas devant des « descendants d’esclaves noirs au Québec », mais devant des descendants d’immigrés et/ou de réfugiés arrivés ici au fil des dernières décennies et qui ont trouvé une société généreuse pour leur tendre la main. Mais apparemment, rappeler cette évidence historique vaudra à celui qui s’y risque une pluie d’injures — on risque même de vous accuser de racisme et de complaisance pour la suprématie blanche. Et on ne saurait sérieusement expliquer les difficultés d’intégration inévitables de telle ou telle communauté par un racisme systémique fantasmé.

Revenons-y : ces militants qui prétendent œuvrer à la décolonisation du monde contribuent paradoxalement à la colonisation mentale du Québec par l’imaginaire américain. Cette américanisation mentale du Québec a aussi pour triste effet de déréaliser notre histoire. Faut-il vraiment rappeler que malgré que le peuple québécois soit historiquement un « peuple blanc » (je note encore une fois le délire absolu et la régression phénoménale que représente la réintroduction de la race comme catégorie politique), cela ne l’a pas empêché d’être dominé suite à la Conquête. Les Britanniques ne nous ont pas épargnés par fraternité raciale. On aurait envie de faire lire aux militants de l’extrême-gauche identitaire et racialiste certains classiques de la Révolution tranquille. Affirmer qu’il existe au Québec une « majorité blanche », consiste à réunir artificiellement la majorité historique francophone et la minorité anglaise (qui est l’extension de la majorité canadienne-anglaise au Québec) en oubliant que la première a été dominée par la seconde et que cette histoire de dépossession n’est pas complètement terminée.


Le peuple québécois n’est pas maître chez lui-même s’il préfère désormais faire semblant de ne pas s’en rendre compte. Les Québécois, faut-il le dire, sont souvent obligés de s’expatrier mentalement chez eux en passant du français à l’anglais pour travailler — le discours médiatique dominant présente cela comme une simple adaptation à la mondialisation. Et faut-il rappeler que s’ils contrôlent un État, cet État lui-même a des marges de manœuvre plus limitées qu’on ne le pense et qu’il doit demander la permission à Ottawa pour prendre des décisions essentielles le concernant. Et quand certains militants « inclusifs » écrivent que les Québécois francophones expriment une inquiétude irrationnelle par rapport aux « minorités », ils oublient que le régime canadien, qui s’est refondé à travers le multiculturalisme d’État, a toujours su utiliser et instrumentaliser les communautés issues de l’immigration pour les retourner contre la majorité historique francophone et la diluer démographiquement chez elle, ce qui n’est pas sans effet comme on l’a vu au dernier référendum et comme on le voit dans la séparation de plus en plus marquée entre Montréal et le reste du Québec.

D’ailleurs, on se rappellera que l’été dernier, plusieurs militants anti-SLAV manifestèrent en anglais devant le TNM contre cette pièce, comme s’ils refusaient spontanément ou consciemment le principe fondateur de la loi 101 qui veut que le français soit la langue commune du Québec. Au Québec, l’extrême-gauche identitaire et diversitaire considère que le primat du français relève d’un privilège colonial et d’une discrimination illégitime à l’avantage du « groupe blanc, francophone et catholique » majoritaire. Le groupe SLAV Resistance avait ainsi exigé que le gouvernement du Québec, au nom de la diversité, traduise en anglais sa récente politique culturelle. Les Québécois qui ont un peu de mémoire y auront vu un paradoxe étonnant : c’est au nom de l’antiracisme, désormais, qu’on leur disait Speak White. Disons les choses plus largement : l’anglicisation de Montréal passe en bonne partie par l’immigration massive.



Terminons sur une note moins négative. Je note néanmoins, à travers tout cela, que l’histoire est susceptible d’intéresser même les plus jeunes générations, pour peu qu’elle porte une charge existentielle. Et nous ne devrions pas hésiter à replacer l’histoire du peuple québécois au cœur de la vie publique. Nous sommes les héritiers d’une grande aventure, qui est à la fois celle de l’exploration d’un continent, de la fondation d’une nation, d’une résistance obstinée, passive ou héroïque selon les époques, contre la volonté du conquérant de nous faire disparaître, et d’une entreprise de renaissance nationale qui demeure inachevée, mais qui reste riche d’une promesse de pleine liberté. Cette histoire, si on l’enseignait vraiment, pourrait contribuer à une forme de réaffirmation identitaire et nationale. Cette grande aventure, nous sommes appelés à la poursuivre. Mais pour l’instant, la majorité historique francophone, qui n’a plus qu’une mémoire informe, se laisse culpabiliser et dérive vers la haine de soi, comme si elle devait avoir honte de ses 400 ans d’histoire.

Voir aussi

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques

Histoire — la traite esclavagiste a-t-elle permis le décollage économique de l’Occident ?

Le génocide voilé (traite négrière musulmane)

Manuel d’histoire québécois approuvé par le Ministère (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

L’école doit-elle faire connaître une histoire honnête du pays ou du monde ou former des historiens ?

BIEN : Actrice noire joue Marguerite d’Anjou : nécessaire diversité, MAL : chants d’esclaves chantés par une blanche

375e de Montréal, récupération multiculturaliste ? (m-à-j)



samedi 19 janvier 2019

Appropriation culturelle ou racisme ? La BBC attribue le rôle du méchant Javert à un Noir

Javert par Gustave Brion, 1862.
La BBC produit une nouvelle version des Misérables, d’après l’œuvre de Victor Hugo, avec le rôle de l’Inspecteur Javert joué… par un acteur noir, en l’occurrence David Oyelowo. Il est un inspecteur de police sévère, cruel et injuste même. C’est l’ennemi juré de l’ex-forçat Jean Valjean en rupture de ban et que de ce fait il pourchasse sans trêve. Il se suicide quand il comprend que Jean Valjean est un homme bon qui a tout fait pour se racheter, regrettant de l’avoir traqué.

On se demande si l’on doit condamner la chose parce qu’il s’agit là de racisme (le rôle du méchant est tenu par un noir) ou pour appropriation culturelle (un rôle de blanc joué par un noir).

Après une actrice noire quadragénaire qui joue la blonde et jeune Marguerite d'Anjou, Petit jean (Robin des Bois) incarné par Jamie Fox, après Achille en acteur noir, après la mise en avant d’un acteur noir dans une resucée du Roi Arthur – voici donc l’Inspecteur Javert et Les Misérables passés à la moulinette du politiquement correct. Prochaine étape : un acteur noir pour incarner Adolf Hitler ?




Voir aussi

Actrice noire joue Marguerite d'Anjou : nécessaire diversité, chants d'esclaves chantés par une blanche : horrible appropriation culturelle

L'éducation sexuelle précoce pourrait être traumatisante

Un texte de Martin TAMPIER de Correct Maple

Ce mois de janvier 2019, le ministère de l’Éducation du Québec est en train d’introduire le nouveau curriculum à la sexualité dans toutes les écoles du Québec, avec l’appui de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) et – supposément – des parents. Pourtant, tous ne sont pas d’accord. Le curriculum québécois, créé sous le gouvernement libéral (PLQ) d’après le modèle de l’UNESCO, est similaire aux autres programmes d’éducation « complète » à la sexualité introduits dans les dernières années à travers le monde. Posons donc un regard à ce qui se passe au niveau mondial.

L’information précoce nuit aux enfants

Le professeur Raphael Bonelli, psychiatre autrichien, nous alerte au sujet de la sexualisation précoce, considérant que certaines notions sont introduites dès la maternelle. Or, la sexualisation précoce serait, selon lui, une stratégie typique des pédophiles. Ils commencent leur séduction à visée sexuelle en passant de l’information de type sexuel pour ainsi susciter un intérêt élevé, lequel ne correspond pas à l’âge de l’enfant. Ils essaieront d’inciter les enfants à des pratiques autoérotiques et les jeux sexuels avec leurs pairs, avant de lancer leur attaque. Plusieurs patients du Dr Bonelli qui luttent avec une dépendance à la pornographie ont en commun une exposition précoce à la sexualité, dans une forme qu’ils ne pouvaient pas encore digérer à leur âge. Le trauma s’installe lors des sessions d’éducation : « En groupe, les enfants de huit ou neuf ans qui sont victimes d’abus démontrent souvent un intérêt élevé. Pourtant, ce même intérêt frappant est malsain et un symptôme de leur traumatisme. » Et cette pathologie est donc forcée aux enfants encore innocents. On parle du pénis comme du nez, sans gêne (naturelle) ni restriction : la désensibilisation institutionnalisée. Des problèmes psychologiques à long terme jusqu’à l’âge adulte peuvent en résulter. Dr Bonelli recommande donc de laisser l’information et la prévention aux parents. Seuls les parents peuvent donner une réponse individualisée à l’enfant. En groupe, il y en aura toujours un qui aura plus de questions que ses camarades, et tous seront donc exposés à la même information sans le vouloir. Le Dr Johannes Huber, gynécologue autrichien, s’oppose également à une confrontation prématurée des enfants à la sexualité dans les écoles. Selon lui, cela nuirait aux enfants et démolirait les efforts de prévention d’abus. Ironiquement, le programme propagé par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, viserait à réduire les abus sexuels. Serait-on en train de chasser les démons au nom de Belzébuth ? Écoutons Dr Huber, qui élabore que ce sont les hormones qui déterminent le moment où un enfant commence à s’intéresser à la sexualité – soit au début de sa puberté. « Il y en a qui commencent à dix ans, d’autres à onze ou même plus tard. C’est ici qu’on devrait fournir de l’information, ni avant, ni après. Une discussion précoce de la sexualité crée un rejet parmi les enfants. » De plus, il a constaté que les femmes qui commencent à utiliser des moyens de contraception à un âge précoce, soit 15 ans ou plus tôt, se retrouvent plus tard, soit vers l’âge de 25-30 ans, dans sa salle d’attente et se font traiter pour des troubles hormonaux.

La France se mobilise

Toujours en Europe, le Réseau des professionnels pour la protection de l’enfance et l’adolescence (RPPEA) en France a lancé une pétition contre l’introduction de l’éducation complète à la sexualité. Ses préoccupations se résument comme suit : « Nous rappelons que les conséquences pour les enfants d’une entrée précoce dans la sexualité des adultes, qu’elle soit actée dans des abus réels (attouchements, viols) ou vécue à cause d’un climat transgressif (qui par des suggestions, des allusions, des informations données trop précocement, font baigner l’enfant dans une ambiance sexualisée), sont bien connues […] Or quand un adulte, qui plus est en situation d’autorité, parle à un enfant de sexualité en dehors de toute demande de sa part, l’intrusion qu’il réalise dans la vie psychique a une tonalité incestueuse : l’adulte mêle l’enfant à ses propres pensées sur le sexe et il est alors dans le registre de la séduction et non de l’information. »

« Maman, c’était tellement horrible ! Tellement horrible ! Je me sentais tellement mal, je voulais sortir mais je sentais qu’ils ne m’auraient pas laissée. Je me suis bouchée les oreilles, je parlais avec mes collègues autours de moi, tout pour ne pas entendre le sujet, j’ai refusé d’entendre ou de voir. » – Fille de 5e primaire en France, tiré du livre Dangers de l’éducation à la sexualité pour les enfants et les adolescents, de Maurice Berger et Eugénie Izard.

Le Dr Maurice Berger pédopsychiatre athée (il insiste dès le début) et les dangers de l'éducation à la sexualité (moderne) des enfants

Cette pétition fut signée par 36 000 personnes, dont 20 % des professionnels de l’enfance, de la psychologie ou de la santé, y inclus 92 psychiatres et pédopsychiatres, 90 médecins ou pédiatres, 900 psychologues/psychothérapeutes et 1 200 enseignants. En raison de la discussion publique, la ministre de l’Éducation française a au moins enlevé le cours de la maternelle, alors qu’ici au Québec, il s’agit maintenant de parler de sexualité aux enfants dans les garderies. En France, on a observé dans une classe de formation par une information sur la sexualité avec nomination et description des organes génitaux que certains enfants se bouchaient les oreilles et baissaient la tête pour ne pas voir – signe fort qu’ils étaient choqués et que, pour eux, cette information n’était pas adéquate à leur âge (8 ans). Le curriculum du Québec commence avec ce type d’information en première année de primaire (5-6 ans). Comme en France, on s’attend donc à la même situation décrite par le pédopsychiatre Maurice Berger : « nous recevons de nombreux témoignages d’enfants choqués, traumatisés, présentant des insomnies, des cauchemars, des refus de retourner en classe, etc. » Donc, on se demande pourquoi ici, nos experts en psychologie de l’enfance n’ont toujours rien dit sur le curriculum ou ne mettent pas leur poids derrière la pétition québécoise, laquelle compte aussi plus de 30 000 signatures à Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité

Les origines de l’éducation « complète »

Le portrait s’assombrit encore lorsqu’on réalise les origines de la sexualité dite « complète ». En Allemagne, c’était Helmut Kentler, professeur en pédagogie sociale à l’Université d’Hanovre qui, dans les années soixante, plaçait des orphelins avec des pédophiles notoires, tout en sachant qu’est-ce qui se passerait. À la suite de son décès en 2008, sa cause a été reprise par M. Uwe Sielert, de la Gesellschaft für Sexualpädagogik (Société de la pédagogie sexuelle), lequel considère M. Kentler comme son « ami paternel ». Sielert ne s’est jamais distancé des tendances pédophiles de son patron. De plus, il y a de la pression politique en Allemagne en faveur de la pédophilie, soutenue par des lobbys importants des coalitions des partis rouges-verts. Le professeur derrière le curriculum en Croatie, M. Stulhofer, lui aussi travaillait avec plusieurs pédophiles. Aux États-Unis, l’évolution a été très similaire. L’équivalent de Kentler est Alfred Kinsey, lequel conduisait, dans les années quarante et cinquante, des « expériences » pour montrer au monde que des petits enfants pouvaient avoir ce qu’il appelait des « orgasmes ». Le documentaire de la BBC Secret History – Kinsey’s Paedophiles (YouTube video 51:02 min.) raconte ses actes détestables et parle des troubles sexuels qu’avait le « Dr. Sex ». En 1947, Kinsey créa l’Institut Kinsey, lequel s’est joint avec le prestataire privé d’avortements Planned Parenthood (Planning familial) pour commencer SIECUS, le Conseil de l’information et éducation sexuelle, source des guides pour une éducation sexuelle « complète ». L’Institut s’est également fait accréditer auprès des Nations Unies (ECOSOC) et a travaillé au sein de l’UNESCO par le biais d’ETR Associates, le bras éducatif de Planned Parenthood. Basé sur ses essais abusifs [de pédophilie explicite], Kinsey a créé la fausse idée que l’enfant est « sexuel dès sa naissance ». Ce dogme, tellement convenable pour les pédophiles, se retrouve aussi dans le curriculum du Québec : « La sexualité débute avec la naissance » lit-on en position proéminente (p.5) dans la brochure Grand public du ministère de l’Éducation. Et d’ailleurs, la fausse idée que l’anus est un organe sexuel, partie de l’enseignement prévu en primaire, se trouve aussi dans le matériel de Planned Parenthood. Ce seront donc eux, une compagnie américaine, qui dirigeront désormais l’éducation de nos enfants ? La philosophie de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF, l’identité internationale de Planned Parenthood) est exprimée dans leur Déclaration des droits sexuels de 2008 (Article 6) : « Toute personne [cela inclut donc les enfants, d’âge indéterminé] a le droit d’explorer sa sexualité, de rêver et fantasmer sans peur, ni honte [c’est désormais mauvais de ressentir de la honte], ni culpabilité, ni fausses croyances [comme celles des parents ?] ou autre empêchement à la libre expression de ses désirs, ce dans le respect total des droits d’autrui. » L’article 5 de la Déclaration reflète exactement la demande d’une organisation pédophile, la North American Man Boy Love Association (NAMBLA) : « Toute personne a le droit […] de décider librement de ce qui touche à sa sexualité, de choisir ses partenaires sexuels » (donc y inclus des enfants qui « choisissent » des adultes comme partenaires). L’IPPF est encore plus franche dans son Guide des jeunes sur les droits sexuels (2011) : « Il existe une supposition commune que les jeunes sont incapables de décider par eux-mêmes, donnant donc aux parents ou aux autres adultes une autorité complète sur les décisions liées à leur sexualité. »



Le contenu du curriculum québécois est largement basé sur celui de l’UNESCO, lequel est inspiré par les idées de Kinsey et l’IPPF.

Il s’agit ici non seulement d’un encouragement ouvert à une vie sexuellement active chez nos jeunes, mais également d’une tentative d’enlever nos enfants de la protection et de la supervision des parents, ainsi que des valeurs liées à la sexualité qu’ils considèrent importantes. Lorsque les enfants sont inclus dans ces « droits sexuels », et qu'on considère que les enfants sont aptes à prendre des décisions d'ordre sexuel (très pertinent, vu que le curriculum québécois mise sur le consentement des mineurs vis-à-vis la sexualité), on peut deviner une normalisation rampante de la pédocriminalité sous le couvert de ces droits sexuels. Et encore… La sexualité, dans les approches d’éducation « complète », n’est pas vue comme faisant partie d’une relation stable comme un mariage, mais se discute plutôt comme un « droit », une expression d’identité, et dans le contexte de poursuivre ses désirs – tout en suggérant que le sexe entre adolescents devrait faire partie des apprentissages (p. 9 de la brochure Grand public) et que l’expérience limitée de ceux et celles qui ne veulent pas « explorer » aurait plutôt un impact négatif sur l’individu. La maîtrise de soi et le choix d’attendre jusqu’à un âge où la personne a achevé la maturité nécessaire ne sont pas au centre de la discussion, laquelle ne traite que des limites que chacun peut auto-définir et de l’utilisation du condom. L’éducation « complète » se base donc sur les « études » abusives d’un groupe pédophile aux États-Unis et d’autres pays, comme l’Allemagne. Elle compromet la prévention par une sexualisation précoce – en utilisant des stratégies de désensibilisation en ligne avec celles des pédophiles, et est aussi promue par des pédophiles. Meilleur exemple : le sous-ministre Benjamin Levin du gouvernement libéral de Kathleen Wynne en Ontario, lequel était co-auteur du curriculum extrême en Ontario (maintenant enlevé par le premier ministre Doug Ford) qui fut condamné pour possession de pornographie juvénile. Enfin, est-ce qu’il y a un fil rouge ici ? Pour être clair, malgré le fait que la pédophilie est un grand problème parmi les haut-placés dans plusieurs pays, on n’accuse pas ici notre gouvernement d’avoir de telles tendances. Pourtant, on constate auprès de nos dirigeants élus soit une naïveté par rapport à ce qui vient de l’UNESCO ou bien un manque de compréhension des côtés négatifs liés à l’éducation complète à la sexualité. Son efficacité préventive étant loin d’être reconnue, elle pose des risques importants pour nos enfants. On se demande pourquoi elle est introduite sans avoir un débat public sur le thème, sans consulter ni les parents ni les psychologues et autres experts, et sans prendre en compte les expériences d’autres pays, lesquelles suggèrent fortement une approche plus respectueuse qui commence à la puberté, stade naturel où l’intérêt s’éveille.

vendredi 18 janvier 2019

Sérotonine : modernité nue et inhumaine où la « carrière » des femmes et l'individualisme rendent impossible le bonheur

Michel Houellebecq revient aujourd’hui dans son dernier roman, Sérotonine, sur la question du sexe et de l’amour.

Bien plus qu’un « roman de la France périphérique » comme l’a vendu son éditeur, Sérotonine est le grand roman du couple, de son idéal éternel et de son impossibilité actuelle. Ses lecteurs attentifs l’avaient deviné depuis longtemps : Houellebecq est tout sauf un cynique, ou plus exactement, c’est un faux cynique, un cynique par dépit dont les personnages se réfugient dans le porno et le divertissement uniquement parce que la seule chose qui compte pour eux n’est plus possible en cette « période inhumaine et merdique ».

Et cette seule chose qui compte, c’est l’amour, ce « rêve à deux […] qui permet […] de transformer notre existence terrestre en un moment supportable — qui en est même à vrai dire le seul moyen ».

Les souvenirs de Florent-Claude des jours heureux passés avec son ex, Camille, et ses regrets sept ans après de n’avoir pas su la garder, sont parmi les plus belles pages jamais écrites par Houellebecq, dont on découvre le goût pour le bonheur, et le talent pour le partager. Michel Houellebecq, écrivain de l’amour et du bonheur ? Mais oui ! Sauf qu’il s’agit d’un amour et d’un bonheur constamment humiliés. D’un amour et d’un bonheur que la « carrière » que veulent désormais mener les femmes, leur individualisme, leur libertinage même, ont rendus impossibles. Tout s’oppose désormais à ce « modèle conjugal » idéal et pourtant détruit à jamais.

« J’étais heureux, jamais je n’avais été aussi heureux, et jamais plus je ne devais l’être autant […] J’aurais pu lui proposer d’arrêter ses études, de devenir femme au foyer, enfin de devenir ma femme, et avec le recul quand j’y repense (et j’y repense à peu près tout le temps), je pense qu’elle aurait dit oui […] mais je ne l’ai pas fait, et sans doute je ne pouvais pas le faire, je n’avais pas été formaté pour une telle proposition, ça ne faisait pas partie de mon logiciel, j’étais un moderne, et pour moi comme pour tous mes contemporains la carrière professionnelle des femmes était une chose qui devait être avant toute autre respectée, c’était le critérium absolu, le dépassement de la barbarie, la sortie du Moyen Âge. »


Le résultat de ce « critérium absolu », c’est une fille malheureuse qui élève seule son enfant ; c’est une femme qui a rêvé d’être comédienne et qui termine seule, elle aussi, et alcoolique, à animer des ateliers théâtre à destination des chômeurs de Pôle emploi ; c’est une autre femme, seule toujours, et bipolaire, qui vit enfermée dans sa résidence ultrasécurisée en ayant « peur de tout : du soja modifié, de l’arrivée au pouvoir du Front national, de la pollution aux particules fines » ; c’est un homme enfin, seul encore et toujours, bourré d’antidépresseurs, qui crève de solitude et de regrets, et rêve de se jeter par la fenêtre… La modernité est nue sous la plume de Michel Houellebecq. Elle n’est pas belle à voir.

Source : Valeurs actuelles





jeudi 17 janvier 2019

Les enfants se tournent vers le marché noir des hormones de changement de sexe pour « transiter »

Alors que le nombre d’enfants qui se disent comme transgenres grimpe en flèche — plus de 4000 % au Royaume-Uni — les experts commencent à souligner le fait que la promotion et l’intégration constante de la théorie de l’identité du genre déclenchent un phénomène social. En fait, de nombreux enfants ne sont même pas prêts à attendre qu’une clinique d’identité du genre veuille les prendre en charge — une enquête menée par le Daily Mail a révélé qu’un marché noir d’hormones pour changer de sexe a fait son apparition sur Internet.


Nombre d’enfants référés à la clinique du genre (GIDS) par année et par sexe
Lire prof. Jordan Peterson : «  Nous sommes en pleine épidémie psychologique. Cela se produit régulièrement. »

Le Daily Mail a découvert lors de l’enquête, publiée le 4 décembre, qu’ils pouvaient très facilement acheter une « gamme de médicaments transgenres », sans qu’aucune question ne soit posée, pour aussi peu que vingt-cinq livres sterling. Il n’y a pas de vérification de l’âge des personnes qui tentent d’acheter des médicaments hormonaux en ligne, et il y a apparemment un grand nombre de forums en ligne où les enfants peuvent s’expliquer mutuellement comment commander les médicaments et quels sites pharmaceutiques sont les meilleurs à utiliser.

Dans leur enquête, par exemple, le Daily Mail a découvert qu’il pouvait acheter un paquet de « bloqueurs d’hormones mâles », avec une « carte bancaire ordinaire », d’une pharmacie en Thaïlande au prix de seulement trente-quatre livres sterling (58 $ canadiens, 38 €), port compris. Les pilules étaient étiquetées comme contenant « des œstrogènes naturels pour favoriser la croissance des seins transgenres ». Il a fallu moins d’une minute à l’enquêteur pour trouver les pilules en ligne, et il n’y avait aucune condition d’âge ou d’ordonnance nécessaire pour les commander.

Cette pharmacie en ligne en Thaïlande n’était pas seule. Le Daily Mail a trouvé un autre site en Inde où ils ont trouvé qu’ils pouvaient acheter des « sachets de gel de testostérone » appelés « Cernos », lequel était commercialisé comme « thérapie hormonale transgenre pour les femmes en transition vers l’homme ». Sur le formulaire de commande, le site avertissait que les impacts de ces pilules, faciles à acheter, sur les filles, comme le fait d’atteindre une voix beaucoup plus basse, sont « irréversibles une fois obtenue ». Un site américain basé en Floride proposait au Daily Mail du Triptorelin, lequel « agit sur l’hypophyse pour interrompre le développement sexuel des garçons et des filles qui atteignent les premiers stades de la puberté » — pour seulement vingt-cinq livres sterling.

Ce qui donne encore plus à réfléchir, c’est le fait que ces entreprises profitent de la tendance transgenre parce qu’elle est rentable. Avec la prolifération des « célébrités transgenres » sur YouTube, Tumblr et Reddit, le transgenrisme devient un phénomène social et les enfants pensent donc qu’il est « chic » de devenir transgenre. Certains experts nous avertissent que des enfants sont amenés à être persuadés, dans les forums de discussion en ligne, qu’ils sont transgenres, même lorsqu’ils vivent qu’une angoisse adolescente tout à fait normale. Par conséquent, les listes d’attente pour les cliniques de genre sont extrêmement longues et les enfants cherchent des moyens de commencer la transition par leurs propres moyens.

Les enfants n’achètent pas seulement ces médicaments par eux-mêmes — une chose que même les militants transgenres disent être extrêmement dangereux — ils demandent à leurs amis adolescents plus âgés d’acheter ces médicaments pour eux au cas où ils auraient des problèmes. Une mère, qui croit que son fils a subi un lavage de cerveau à cause de la propagande transgenre en ligne, a trouvé dans sa chambre des pilules qu’il avait commandées dans une pharmacie en ligne américaine. Il avait commandé « l’hormone féminine œstrogène » et avait commencé à se développer des seins. Elles avaient simplement été postées au bureau de poste local, et il les avait ramassées tout seul. Les médicaments étaient si bon marché, disait la mère, qu’il aurait pu les acheter avec « l’argent de son anniversaire qui lui donne sa grand-mère ou son argent de poche ».

Les enfants sont notamment impatients, et avec l’augmentation des listes d’attente pour les cliniques, beaucoup prennent maintenant les choses en main. Ils ont été persuadés qu’ils peuvent être n’importe quel genre qu’ils décident d’être, et à ce titre, ils voient un changement sexuel irréversible comme leur droit. Des enfants se mutilent eux-mêmes, et ils ont reçu cette idéologie hideuse des militants transgenres qui accusent encore tout parent qui soulève des inquiétudes face à cela d’être un fanatique. Ces activistes font du mal aux enfants, et il faut les tenir le plus loin possible d’eux. Malheureusement, pour le moment, leur idéologie est aussi ascendante en influence que destructrice.


Voir aussi

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?

Québec — Clinique de changement de sexe débordée (épidémie psychologique sociale ?)

La priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres.

Étude suggère augmentation du nombre d’adolescentes transgenres est en partie un phénomène social

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Le genre et l’université : une chape de plomb s’abat

Chronique de la parentalité moderne : une femme qui se dit homme et qui accouche est-elle le « père » de son bébé ?

Carence de crimes haineux, il faut les inventer ?

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

mercredi 16 janvier 2019

France : la baisse des naissances est la conséquence d’une série de décisions politiques

Pour le démographe Gérard-François Dumont, la baisse des naissances est la conséquence d’une série de décisions politiques. Le recteur Gérard-François Dumont, géographe et démographe, est professeur à l’université de Paris-IV Sorbonne. Il préside aussi la revue Population et Avenir. Il répond aux questions du Figaro.

Mais d’abord un rappel des faits : selon le bilan démographique de l’année 2018, publié mardi par l’Insee, le solde naturel (différence entre le nombre de naissances et de décès) n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 2018, 758 000 bébés sont nés en France. C’est 12 000 de moins qu’en 2017, et c’est surtout la quatrième année consécutive de baisse. Natalité en berne et en même temps mortalité record : selon le bilan démographique de l’année 2018, publié ce mardi par l’Insee, le solde nature n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’indicateur conjoncturel de fécondité de la France s’établit à 1,87 enfant par femme en 2018, il était de 1,59 au Québec en 2017 (il faudra encore attendre 3 mois pour avoir des chiffres pour 2018 au Québec, il sera probablement légèrement en baisse au vu des chiffres publiés pour les 10 premiers mois de 2018).


LE FIGARO. — Comment s’explique cette quatrième année de baisse des naissances ?

Gérard-François DUMONT. — Cette baisse des naissances est avant tout liée à la diminution de la fécondité. Le bilan démographique de l’année 2018 confirme les effets de la détérioration de la politique familiale. Car la confiance dans la politique familiale joue un rôle dans la décision des couples d’agrandir leur famille. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans un cycle de baisse qui a débuté en 2015, après la mise sous condition de ressources des allocations familiales. [Note du carnet : politique du gouvernement socialiste (Hollande) qui n’aide plus toutes les familles quand elles ont des enfants, l’aide à avoir des enfants va prioritairement aux pauvres. Est-ce vraiment sain ?]. Depuis, toute une série de décisions s’est accumulée et a entraîné une perte de confiance. On peut y ajouter de nouveaux signaux négatifs, avec la revalorisation des plafonds de ressources et des allocations familiales à un niveau inférieur à celui de l’inflation. Ce genre de mesures touche tout particulièrement les Français des classes moyennes et inférieures. Enfin, la politique familiale a aussi été très durement touchée, de manière indirecte, par les 13 milliards d’euros de réductions des dotations aux collectivités territoriales. Beaucoup de collectivités qui avaient envisagé de créer de nouvelles crèches ou des relais d’assistantes maternelles ont dû suspendre leur projet. Le nombre de places de crèches a donc bien moins progressé qu’annoncé.

D’autres démographes évoquent l’influence de la crise économique et les maternités de plus en plus tardives pour expliquer cette baisse de la natalité. Vous ne partagez pas leur analyse ? Certains considèrent sans doute qu’il n’est pas politiquement correct d’étudier l’impact de la politique familiale sur la fécondité… Il n’y a pas eu d’effets de la crise économique de 2008 sur les naissances, car la France a maintenu une fécondité plus élevée pendant cette période difficile et jusqu’à 2014. Ces dernières années, il est vrai que les Françaises ont reporté les naissances, notamment en raison de l’allongement des études. Mais ce phénomène de retard de la maternité ne s’exerce plus guère. En effet, la fécondité ne remonte pas chez les femmes plus âgées comme par le passé. Enfin, le nombre de mariages n’a plus d’influence sur la fécondité. Contrairement à l’Italie ou à l’Espagne, où les couples se marient avant d’avoir des enfants, la France est « championne d’Europe » des naissances hors mariage.

La France reste tout de même « championne d’Europe » des bébés… Malgré des coups de rabot successifs, la France conserve une politique familiale nettement meilleure que la moyenne européenne. Là encore, on peut observer le lien entre fécondité et politique familiale. Les pays européens les moins généreux pour les familles — comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce ou le Portugal — affichent les indices de fécondité les plus faibles. L’Allemagne fait figure d’exception, car elle enregistre peu de naissances malgré un budget élevé consacré à la politique familiale. Cette particularité s’explique par un état d’esprit peu propice à la conciliation de la vie professionnelle et familiale. Les Allemands considèrent que les femmes qui ont un bébé doivent se consacrer uniquement à son éducation durant les premières années de sa vie. Celles qui reprennent un travail — traitées de « mères corbeaux » — restent mal jugées. Récemment, l’Allemagne a fini par prendre des mesures en faveur de l’aide à la garde d’enfant et la fécondité est remontée à 1,59 enfant par femme en 2016 [le même taux que le Québec].

[Cela coïncide cependant avec une forte natalité parmi les immigrants très nombreux en Allemagne. Si le nombre d’enfants nés de mères allemandes a augmenté de 3 % entre 2015 et 2016, dans le même temps, celui des enfants nés en Allemagne de mères étrangères a bondi de 25 %. L’indice de fécondité des mères étrangères est nettement plus élevé que celui des mères allemandes (2,28 enfants par femme contre 1,46). Les enfants nés de mère étrangère représentaient désormais 23,32 % de toutes les naissances en Allemagne (184 660 sur un total de 792 160 en 2016).

En outre, contrairement à ce que l’on pense souvent ce ne sont pas d’abord les femmes allemandes qui refusent d’avoir des enfants à cause de cette mentalité de « mère corbeaux », mais leurs « partenaires mâles ». « Dans un couple, c’est en général l’homme — et plus rarement la femme — qui refuse de faire un enfant », estimait Franziska Woellert, démographe berlinoise,
dans les colonnes de Libération. L’appel constant et un peu facile à « la conciliation travail-maternité » occulte des questions plus fondamentales : le modèle économique permet-il à une famille de vivre décemment avec un salaire à temps plein, quelles sont les priorités de la société, la maternité, la paternité, la famille y ont-elles une place importante ou est-ce plutôt la carrière et l’hédonisme, quelles valeurs familiales l’école d’État inculque-t-elle ? Voir Lutte gouvernementale à « l’hétérosexisme » : manque de modestie constitutionnelle du gouvernement québécois et Urgence gouvernemementale : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »]

Les Français voient dans la forte natalité un signe de confiance en l’avenir. La crise sociale des « gilets jaunes » pourrait-elle entraîner une nouvelle baisse des naissances ? Tout dépend évidemment des réponses apportées à cette crise. On peut imaginer que le gouvernement décide de revoir sa politique familiale. Dans les cahiers de doléances, certains ont déjà demandé que les allocations familiales soient revalorisées à hauteur de l’inflation ! Il faut aussi voir les « gilets jaunes » comme un mouvement créateur de liens sociaux. Des Français qui vivaient seuls se sont rencontrés, les ronds-points sont devenus de nouveaux lieux de sociabilité. Il n’est pas exclu que ce mouvement favorise la création de nouveaux couples et de nouveaux bébés !

Voir aussi

Les principaux dirigeants européens n’ont pas d’enfants (mis à jour)

Jordan Peterson : Arguments en faveur du mariage et impacts du divorce

Le secret des mariés : ils sont plus riches et plus heureux, on n'en parle pas...

dimanche 13 janvier 2019

Éducation sexuelle: l’archevêché appuie les initiatives de parents

L’archevêché de Montréal appuie les initiatives de parents qui souhaitent éduquer leurs enfants, mais n’a jamais été amené à se prononcer ou à évaluer le livre coécrit par l’un de ses abbés suggérant aux parents de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.

« Les auteurs ne m’ont pas demandé de me prononcer. Je n’ai pas été associé à ce livre-là. Ce qu’on a dit publiquement c’est la position de l’église dans un certain sens, c’est de soutenir les parents dans leur rôle de premiers responsables de l’éducation de leurs enfants », a réagi dimanche l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, qui participait au traditionnel dîner des rois à l’Accueil Bonneau.

L’ouvrage, intitulé « Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du Ministère de l’Éducation du Québec : de la maternelle à la 3e année du primaire », encourage les parents à donner eux-mêmes ce cours à leurs enfants afin de respecter « la pudeur naturelle » des jeunes.

« L’intention de communication, c’était de soutenir l’initiative des parents, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants. Ce n’est pas de se prononcer sur le programme lui-même ou le livre », a réitéré Mgr Lépine.

Source

vendredi 11 janvier 2019

Table ronde 16 janvier « L’éducation sexuelle au Québec, de la controverse à la solution »


Entraide Bois-de-Boulogne vous invite cordialement à assister à une table ronde sur :


« L’éducation sexuelle au Québec, de la controverse à la solution »


qui sera donnée par :


Raouf Ayas
Médecin

et

M. l’abbé Robert J. Gendreau
Directeur au Service de pastorale liturgique, Archevêché de Montréal



Le Gouvernement du Québec impose un programme d’Éducation sexuelle de la maternelle à la 5e année du secondaire. Plusieurs croient qu’un besoin existe. Pourtant, des milliers de parents ont signé une pétition pour s’y opposer. Les écoles n’arrivent pas à donner leurs cours face au refus des professeurs.

Pourquoi tant de résistance ?

Venez à cette table ronde pour comprendre la problématique et trouver des solutions.

Nous allons proposer une stratégie et un outil pour les parents qui se sentent interpellés.



Mercredi 16 janvier 2019

Au Centre des Loisirs de Saint-Laurent
1375, rue Grenet, salle 225AB, Saint-Laurent


19 h 30 : rafraîchissement
20 h : panel
20 h 45 : période de questions



Y a-t-il une meilleure façon de parler de l'éducation sexuelle ? Un parent montréalais le pense


On trouvera ci-dessous la traduction d’un article de CTV sur l’opuscule écrit par le Dr Ayas et l’abbé Gendreau. 

On remarquera la différence de ton et d’angle avec la presse francophone québécoise : CTV interroge le père de trois enfants (ci-contre) et le laisse parler... ! On n'insiste pas ici sur le fait qu'un curé a osé être le coauteur de l'opuscule en convoquant immédiatement des bataillons lubriques de curés pédophiles comme ceux qui hantent la « réflexion » hallucinée de Sophie Durocher. CTV ne produit pas un article partial et partisan comme Radio-Canada ou l’article indigent de la Presse.

Un parent montréalais a réécrit le programme d’éducation sexuelle du Québec pour refléter ses propres valeurs — et la version remaniée est classée en première place dans sa catégorie sur Amazon.ca.

Raymond Ayas, père de trois jeunes enfants, s’est dit préoccupé par le fait que de nombreux sujets liés à l’éducation sexuelle sont présentés à des enfants trop jeunes.

« En tant que parent religieux, je crains que la manière dont certains documents ou contenus de cours seraient dispensés puisse être contraire à ma foi ou à ma vision du monde », a-t-il déclaré à Global News.

Ces sujets sont importants et doivent être abordés, mais la façon dont le gouvernement veut le faire ne convient pas nécessairement à mes enfants. »

Il a recréé le document avec l’aide de son père, le docteur Raouf Ayas, et du père Robert J. Gendreau.

Le livre intitulé Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du ministère de l’Éducation du Québec : de la maternelle à la 3e année du primaire - n’est disponible qu’en français à l’heure actuelle, mais c’est déjà un succès de librairie sur Amazon.ca

Lors d’une conférence de presse à Montréal, le Premier ministre du Québec, François Legault, s’est dit en désaccord avec le guide alternatif. [Note de carnet : on ne peut que se demander s’il l’a lu...]

« Je suis très heureux de voir que nous aurons des cours d’éducation sexuelle dans toutes nos écoles et je pense que tous les enfants doivent suivre et suivre ces cours », a-t-il déclaré.

Ayas dit que le plan est également de publier des volumes pour la 4e à la 6e année, ainsi que pour le secondaire, dans les deux langues officielles.

« Une fois que nous avons étudié le programme, nous avons réalisé qu’il y avait des problèmes », a-t-il déclaré.

« Par exemple, essayez de trouver le mot “amour”. Il n’apparaît nulle part. Pour une personne croyante, je vois la relation [conjugale] comme étant fondée sur l’amour. Où est l’amour dans tout cela ? Où est la relation ? »

Ayas soutient que les parents doivent être davantage impliqués dans le dialogue sur le sexe avec leurs enfants.

« En tant que chrétien, l’amour est à la base de notre foi. Comment pouvez-vous retirer ceci de la partie la plus intime de la vie ? Nous avons dû le remettre [dans notre version du programme] », a-t-il expliqué.

« D’où vient un enfant ? Il est le fruit de l’amour. Ils viennent parce qu’ils étaient désirés. C’est l’élément qui manquait. »

Il insiste également sur le fait qu’il ne souhaite en rien interdire l’éducation sexuelle.

« Je pense que le gouvernement veut ce programme. Il y a un besoin d’éducation sexuelle, et nous le reconnaissons et voulons l’accepter », a-t-il déclaré à Global News.

« Nous n’incitons pas les gens à adopter cette attitude cavalière et à tout rejeter. Nous espérons que les parents parleront avec les enseignants et, surtout, avec leurs enfants. »

jeudi 10 janvier 2019

Radio-Canada et opuscule d'Ayas et Gendreau : article partial à charge, généralisations, omissions, manque de contexte

Article (vos impôts à l’œuvre !) assez typique et prévisible de Radio-Canada sur l’ouvrage de l’abbé Gendreau et du Dr Ayas.

Tout commence avec le titre de l’article :


C’est inexact. Il s’agit plutôt que les parents eux-mêmes enseignent l’éducation à la sexualité à leurs enfants (l’opuscule traite de la maternelle à la 3e primaire)  en accord avec l’école...

Deux heures plus tard, la société d’État corrigeait son titre pour le rendre moins inexact, mais pas complètement correct, car il s’agit de retirer des classes d’éducation à la sexualité pas tant de ne pas donner de cours d’éducation à la sexualité.


Extrait de l’article :
Le communiqué parle ainsi d’une « impasse », en présentant le manuel comme une porte de sortie. Le message indique également, de façon erronée, qu’« en bref, les parents peuvent parler avec les enseignants et prendre une entente spéciale pour donner la matière eux-mêmes ».

Les écoles du Québec devront obligatoirement offrir [c’est « imposer » pas « offrir » si l’on comprend bien le journaliste !] le programme du ministère de l’Éducation dans ce domaine à partir du mois de septembre, tant pour les élèves du primaire que du secondaire.

L’imposition de l’éducation à la sexualité dans la grille des matières à enseigner dans toutes les écoles du Québec empêche-t-elle tout dialogue et aux parents de donner la matière eux-mêmes ? Est-ce cela que le journaliste veut dire ? Sait-il qu’en 1992 cette possibilité avait été accordée par le ministre de l’époque pour le cours d’éducation sexuelle de l’époque ? Il devrait faire ses devoirs et demander au ministère ce qui a changé...

L’article poursuit
Au ministère de l’Éducation, on se dit surpris par cette sortie de l’abbé Gendreau.

Dans une déclaration transmise par courriel, on juge que « l’éducation à la sexualité est essentielle au bon développement de l’enfant », et que le retour de ces cours « est très attendu par les parents »
« Surpris  » — Cet étonnement n’en est pas un pour ceux qui ont suivi la pétition contre le nouveau cours d’éducation à la sexualité. Le ministère avait été informé des résultats de cette pétition (plus de 33 000 signatures sans aucune publicité dans les médias). Nous sommes plutôt étonnés de « cette surprise ».

« Essentielle » — Tout dépend de quelle éducation à la sexualité, à quel âge (à 5 ans ?) et comment. C’est toute la question, mais là le journaliste ne creuse pas, n’émet aucune réserve, il ne fait que relayer et être du côté du manche.

Quant à très « attendu par les parents »... Il faut croire le ministère sur parole, mais surtout une nouvelle fois cette affirmation n’est pas contextualisée :



  • Le cours n’est pas attendu par les parents (tous), mais visiblement des parents (certains, peut-être même beaucoup)
  •  On comprend que la machine gouvernementale parvient avec nos impôts à créer une certaine bienveillance auprès des parents pour le nouveau programme en insistant sur des nouveautés peu controversées (lutte au cyberharcèlement, au sexto, etc.), mais en ne parlant jamais des sujets plus controversés abordés par exemple par les auteurs de cet opuscule.

    L’article à charge continue :

    La réaction n’a pas non plus tardé du côté des enseignants. En entrevue à RDI, Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, un regroupement d’enseignants, a été formel : les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques.

    « Bien que l’on ait plusieurs problèmes avec l’implantation de ce projet, nous n’avons jamais été contre ça », a-t-il déclaré.

    À nouveau pas « des enseignants » (à savoir tous), mais « du côté d’enseignants ». Nous connaissons des enseignants qui ne sont pas d’accord avec le contenu ou qui sont inquiets de possibles dérapages par des enseignants idéologues.

    À nouveau « les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques », tout dépend lesquels, donnés par qui, à quel âge, comment, à quels enfants, etc.


    Il existe un consensus social sur le fait qu’il faut parler d’éducation à la sexualité aux jeunes. On a permis aux parents de le faire, et vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné.

    M. Gingras [président du Syndicat de Champlain] a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau, selon qui les jeunes vivent une période de « latence sexuelle » entre les âges de 6 et 12 ans.

    On a permis aux parents de le faire ? On a l’impression que les enseignants sont encore assez bons d'accorder aux parents la permission d’enseigner des choses à leurs enfants. Qui dit que « cela » n’a pas fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Selon quels critères ? Chez combien de parents ? Faut-il préciser que l’éducation à la sexualité est déjà enseignée depuis longtemps dans les écoles québécoises (sous des formes différentes) et que « vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné » non plus ?

    « M. Gingras a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau »... Quelle légitimité le syndicaliste Gingras a-t-il dans ce domaine ? Est-il pédiatre, psychologue, philosophe ? Peut-il imaginer que tous les enfants ne sont pas les mêmes ? Le journaliste de Radio-Canada a omis de signaler que l’abbé Gendreau s’appuyait sur l’avis du Dr Maurice Berger, professeur en psychologie de l’enfance. Pour combler cette innocente omission, nous incluons ci-dessous une brève vidéo du Dr Berger (il se dit clairement athée dès le début de la vidéo, ce n’est donc pas la raison de cette omission par la SRC).



    Pour sa part, le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, invite l’archevêché de Montréal à laisser la pédagogie « aux experts et aux expertes que sont les profs ».

    « Je pense que l’archevêché, sous couvert de soutenir les profs, veut promouvoir un ordre du jour religieux en instrumentalisant une question très sensible, et en se préoccupant peu de la charge de travail des profs et des besoins des élèves », a-t-il indiqué sur les ondes de l’émission Midi Info.

    Ce corporatisme devient risible.

    L’anthropologie ou la philosophie entourant la sexualité n’est pas de la « pédagogie » que seuls des diplômés des facultés d’éducation du Québec, dûment patentés, peuvent enseigner comme des techniciens qui suivent des recettes de pédagogie.

    La question est d’abord celle du contenu de ces cours, de conceptions anthropologiques, philosophiques, spirituelles qui peuvent varier. M. Mallette peut-il concevoir que tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs entourant la sexualité ? L’importance de la fidélité, de l’abstinence avant le mariage, la primauté de l’amour par rapport à la recherche du seul acte sexuel mécanique sont des sujets sur lesquels les gens peuvent légitimement être en désaccord. Pourquoi le gouvernement doit-il se mêler de lutter contre les « stéréotypes de genre » ? Les « pédagogues » ne sont que de petits soldats dans ces disputes en rien des autorités. Est-ce que la théorie du genre, la lutte contre l’hétérosexisme (officielle !) ou la bienveillance envers le mouvement trans sont des vérités révélées ? Ces aspects dans les programmes d’éducation à la sexualité « modernisés » ne pourraient-ils pas en fait faire plus de mal que de bien ? Même si cette matière est donnée par ces « pédagogues », ces « experts » (dès la maternelle !)

    Enfin, pourquoi cette crispation ? Pourquoi le ministère, les « pédagogues » ne peuvent-ils admettre la diversité des enfants, des sensibilités des parents ? Pourquoi ne pas permettre aux parents d’aborder ces questions de manière structurée à l’aide de ce genre de manuels ? 

    Pourquoi au Québec faut-il que ce soit toujours la taille unique pour tous ?



    Voir aussi

    Éducation sexuelle : retirez vos enfants des classes, propose l’archevêché

    Québec — Roberge (CAQ) veut que l’Éducation à la sexualité soit imposée à tous malgré couacs et difficultés

    La chronique hallucinante de Sophie Durocher sur le sujet : Que les curés s’occupent de leurs fesses !, le second auteur, le Dr Ayas, a-t-il, lui, le droit de parler ?

    Québec — le programme ECR serait là pour de bon selon le ministre Roberge

    Attitude de parent québécois face au ministère qui sourit et dit avec une belle constance « non ! »