samedi 16 avril 2011

Et l'aide aux parents qui choisissent l'école privée et le principe de subsidiarité, M. Legault ?

Éthique et Politique se demande si deux des propositions de M. Legault en matière d'éducation sont vraiment louables.

« D'abord, la proposition de geler les subventions aux écoles privées au niveau actuel.  M. Legault prétend qu'il y a là des économies à faire, 60 millions selon lui...

Ou bedon il est un bien mauvais économiste ou il fait de la bien petite politique... Les pauvres parents qui envoient leurs enfants au privé paient deux fois pour l'éducation.  Une fois par leurs taxes, comme tout le monde et une deuxième fois pour la portion non couverte par le gouvernement, près de 50 % dans la réalité.. Ainsi, chaque enfant envoyé au privé représente une économie pour l'État ! Et si on continue à presser le citron du contribuable, on arrivera au point de rupture (on s'en approche croyez-moi) où les pauvres parents ne pourront se permettre cette dépense d'à peu près 3000 $ par tête de pipe par année présentement, et ces nouveaux arrivés au public feront enfler les coûts d'opération du système !

Mais ici, on s'est promis qu'on se baserait sur des principes pour établir nos opinions. Alors, voyons ce qu'on peut lire à l'article 241 du Compendium de la doctrine sociale de l'Église:
Les parents ont le droit de fonder et de soutenir des institutions éducatives. Les autorités publiques doivent faire en sorte que « les subsides publics soient répartis de façon telle que les parents soient véritablement libres d'exercer ce droit sans devoir supporter des charges injustes. Les parents ne doivent pas, directement ou indirectement, subir de charges supplémentaires qui empêchent ou limitent indûment l'exercice de cette liberté ».548 Il faut considérer comme une injustice le refus de soutien économique public aux écoles privées qui en ont besoin et qui rendent service à la société civile: « Quand l'État revendique le monopole scolaire, il outrepasse ses droits et offense la justice. (...) L'État ne peut sans injustice se contenter de tolérer les écoles dites privées. Celles-ci rendent un service public et ont en conséquence le droit à être économiquement aidées »549.
Voilà, c'est limpide.

M. Legault a cédé aussi à la tentation actuelle de promettre d'éliminer les commissions scolaires.  C'est à la mode ça.  C'est devenu l'ennemi à abattre les commissions scolaires...

Eh bien ! selon moi, ça contrevient ici encore (désolé François) à un des principes fondateurs, un des piliers de la doctrine sociale de l'Église, le principe de subsidiarité.

Commençons par le définir et retournons au Compendium.
De même qu'on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s'acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d'une manière très dommageable l'ordre social, que de retirer aux groupements d'ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d'un rang plus élevé, les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mêmes. L'objet naturel de toute intervention en matière sociale est d'aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber ».186
 J'en comprends que les paliers supérieurs ne doivent s'occuper que de ce que les paliers inférieurs, en commençant par les individus, les familles et ce qu'on appelle les corps intermédiaires,  ne peuvent accomplir.   Continuons notre lecture...
Sur la base de ce principe, toutes les sociétés d'ordre supérieur doivent se mettre en attitude d'aide (« subsidium ») — donc de soutien, de promotion, de développement — par rapport aux sociétés d'ordre mineur.
d'accord, mais encore
À la subsidiarité comprise dans un sens positif... correspond une série d'implications dans un sens négatif, qui imposent à l'État de s'abstenir de tout ce qui restreindrait, de fait, l'espace vital des cellules mineures et essentielles de la société. Leur initiative, leur liberté et leur responsabilité ne doivent pas être supplantées.
OK, ça suffit, vous irez lire le reste (passionnant par ailleurs) directement sur le site ou mieux encore, achetez le bouquin !

J'interprète ici et je suis prêt à admettre qu'une commission scolaire, un autre organisme public, ne correspond pas exactement à ce qu'on entend par corps intermédiaire. Mais il faut interpréter, tous les cas de figure possibles ne sont pas nécessairement envisagés dans le document ! Et une commission scolaire est une société bien plus proche du citoyen que le MELS, et parfaitement en mesure de s'occuper de la gestion du système scolaire au niveau local. La proposition de Legault ? Transférer les responsabilités et tâches des commissions scolaires au ministère, réparti sur le territoire en directions régionales non élues (non élues ? Taxation without representation ? Ici aussi ça accroche non ?)

En ce qui me concerne, je préfère de beaucoup l'approche d'un Gary Caldwell. » 


[Note du carnet : pour Gary Caldwell les écoles doivent être gérées par la société civile, les parents locaux.]




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 15 avril 2011

Directeur du collège Loyola : la perspective prescrite en ECR est relativiste

Fronton du collège Loyola à Montréal
Comme on le sait, le collège Loyola a gagné en première instance son procès contre le Monopole de l'Éducation du Québec qui lui interdisait d'enseigner le cours d'éthique et de culture religieuse selon une perspective catholique.

Son directeur, Paul Donovan explique dans un bref et très accessible article paru dans l'ouvrage collectif  La religion sans confession (Médiaspaul, 2011) pourquoi il rejette la perspective « neutre » prescrite par  le gouvernement pour enseigner ce programme. Nous reproduisons ci-dessous deux extraits qui nous paraissent éloquents.


Viser à l'harmonie sociale en altérant ou en évacuant les convictions religieuses

« En fait, l'idée qui sous-tend le volet « culture religieuse » du programme n'est pas simplement que l'État doit demeurer neutre, mais bien qu'il faut enseigner aux étudiants, et les entraîner, à être eux-mêmes « neutres » par rapport à la religion.

Puisque les croyances exprimées ont une valeur « absolue » du point de vue de l'État et donc des professeurs, on ne peut en débattre ni les remettre en question.

Paul Donovan
Bien que les étudiants demeurent libres d'accepter leur propre système de croyances, on leur enseigner que même des croy­ances contra­ dic­­toires ont la même « valeur absolue ». Un étudiant qui assimile vraiment cet ensei­gnement adhère au rela­tivisme, puisque ses croyances ne lui appa­raissent ni plus vraies ni moins vraies que celles des autres. Ou bien, cet étudiant devient « neutre » par rapport à la croyance religieuse en général. L'approche du cours ECR vise l'harmonie sociale, mais elle entend y arriver en altérant ou en évacuant les convictions religieuses.

Notre approche [celle enseignée au collège Loyola] consiste plutôt à poursuivre l'objectif de la reconnaissance de l'autre par la reconnaissance absolue de chaque personne, quelles que soient ses croyances. Autrement dit, ce ne sont pas les croyances qui ont une valeur absolue, mais la personne qui les professe. Bien sûr, cela implique un respect total de l'autre, même en cas de désaccord sur les croyances.

[...]

Qu'on doive discuter et débattre de différents points de vue en s'appuyant sur la raison et l'expérience, cela s'inscrit tout à fait dans notre compréhension de ce qu'est le dialogue interreligieux. Par contre, la séparation de la « raison » et de la foi opérée par le programme ECR diverge de la vision catholique. Comme l'indique le Catéchisme de l'Église catholique

39 En défendant la capacité de la raison humaine de connaître Dieu, l’Église exprime sa confiance en la possibilité de parler de Dieu à tous les hommes et avec tous les hommes. Cette conviction est le point de départ de son dialogue avec les autres religions, avec la philosophie et les sciences, et aussi avec les incroyants et les athées.

Il est essentiellement réducteur de présenter la foi comme étrangère à la raison. Si l'idée d'une valeur « absolue » des croyances religieuses peut donner l'impression que celles-ci sont traitées avec le plus grand respect, ultimement, on les considère comme de simples préférences de nature culturelle, comme celles qui portent certaines personnes à manger de la dinde plutôt que du jambon lors des célébrations importantes.  »
(pp. 58-60)

L'idée d'une éthique évolutive n'est pas neutre, pourtant on l'inculque

« La neutralité proposée est exprimée différemment quand il s'agit du volet éthique du programme. Leroux tente ici de distinguer le pluralisme du relativisme :

Le pluralisme est donc distinct du relativisme, en ce qu'il ne doute pas de la possibilité de progresser rationnellement, par le moyen de l'éthique, vers une morale rationnelle, mais invite à constater qu'historiquement, elle n'est pas disponible et à tenir compte de la pluralité pour enrichir l'éthique. C'est en ce sens que les théoriciens parlent di PLURALISME NORMATIF, une expression qui désigne le fait que la pluralité des normes et des valeurs doit servir de critère pour la réflexion éthique.

(rapport d'expert gouvernemental de Georges Leroux, p. 22)

Cette distinction est à la fois importante et peu pertinente. Elle est importante en ce qu'elle révèle une conception « évolutionniste » de l'éthique, et peu pertinente parce qu'en pratique, dans les classes de niveau primaire et secondaire, il est impossible de différencier pluralisme et relativisme.

L'idée d'une nature « évolutive » de l'éthique telle qu'elle est comprise dans le pluralisme normatif, n'est pas une position neutre ; c'est une conception philosophique particulière de ce qui rend une chose bonne ou mauvaise. L'important ici n'est pas d'être d'accord ou non avec cette conception, mais de bien voir qu'un point de vue particulier est présenté comme celui à inculquer à tous les jeunes citoyens québécois. Malgré la distinction de Leroux, le pluralisme normatif prône en pratique le relativisme devant toute question sur laquelle l'histoire n'a pas encore tranché ou sur laquelle les idées sont jugées sujettes à évoluer. En effet, aucune position ne peut alors être considérée comme plus valable que les autres, au moins jusqu'à nouvel ordre.  »
(pp. 62, 63)




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Le multiculturalisme aurait-il atteint ses limites ?

Mathieu Bock-Côté c. Jocelyn Maclure - Le multiculturalisme aurait-il atteint ses limites ?

Extrait : « […] la population ne veut pas se faire reprogrammer multiculturellement parlant à une "ouverture à l’autre" qui en vient à se confondre avec le reniement de soi ».

On notera avec intérêt la grimace de Marie-France Bazzo quand Mathieu Bock-Côté évoque une des fonctions du cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) en citant Georges Leroux. En effet, pour ce « charmant sophiste » qu'est Leroux comme le nomme Jacques Dufresne, le programme ECR « doit inculquer le respect absolu de toute position religieuse »1 et fournir « une éducation où les droits qui légitiment la décision de la Cour suprême [sur le kirpan], tout autant que la culture religieuse qui en exprime la requête, sont compris de tous et font partie de leur conception de la vie en commun »2.



[1] Leroux, G. Éthique, culture religieuse, dialogue : Arguments pour un programme, Montréal : Fides, 2007, p. 9

[2] Leroux, G. Éthique, culture religieuse, dialogue : Arguments pour un programme. Montréal : Fides, 2007, p. 46




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

jeudi 14 avril 2011

Laïcisme en folie ? École renomme les œufs de Pâques des « sphères printanières »

Seattle (États-Unis) —  Jessica, 16 ans, étudie dans une école privée de Seattle. Elle a raconté à un animateur de radio locale que, une semaine avant les vacances de Pâques (appelée les vacances du printemps aux États-Unis), les élèves doivent participer pendant une semaine à un projet communautaire. Elle a décidé de se porter volontaire et participer à un projet d'une classe de 3e année du primaire d'une école publique locale multiethnique. Jessica souhaite préserver l'anonymat de cette école.

« À la fin de la semaine, j'ai eu l'idée de remplir de petits œufs en plastique avec des friandises et bonbons haricots (dragibus en France) et autres sucreries, mais je ne savais pas ce qu'en penserait le prof », a-t-elle déclaré.

« Je suis allé voir l'enseignante pour d'obtenir son approbation, elle m'a dit qu'elle voulait demander à l'administration pour voir si c'était acceptable » a expliqué Jessica. « Elle m'a dit que je pouvais le faire pour autant que j'appelle ces friandises des sphères de printemps. Je ne pouvais pas les appeler des oeufs de Pâques. »

Plutôt que de contester la décision, Jessica a choisi de « faire avec ». Mais les élèves de la troisième année de l'école publique n'étaient pas du même avis.« Quand j'ai sortis les friandises du sac, l'enseignante a dit, "Oh, regardez, des sphères de printemps !" et tous les enfants se sont exclamés "Chouette ! des œufs de Pâques !" Ils étaient donc au courant » de conclure Jessica.

Écoutez le témoignage de Jessica (en anglais)





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

« Les parents » sont contre les réformes Legault affirme la FCPQ... sans consulter les parents

On se rappellera que les médias avaient affirmé tout de go comme une vérité que « les parents » s'élevaient contre les propositions globalement intéressantes mais en rien révolutionnaire de François Legault.

Radio-Canada titrait sans guillemets ni aucune distance :

« Les parents, les syndiqués et les commissions scolaires s'indignent »
Pas des parents, ni plus justement des organisations qui disent représenter des parents, mais les parents, tous les parents.

Le Devoir pour sa part commençait son article (ce qu'on appelle le chapeau ou « chapô ») par :
« Sitôt dévoilée, la plateforme éducation de la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) s'est heurtée à un mur. Celui des enseignants, des commissions scolaires et des parents qui n'ont pas tardé à rejeter la totalité des propositions «pour les meilleures écoles au monde» de François Legault et son équipe. »
À nouveau, une généralisation abusive, un manque de distance évident.

Mais qui parlait donc ainsi au nom des parents québécois ?  C'est la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ).

Mme Lyne Deschamps en 2007
Mme Lyne Deschamps est aujourd'hui la directrice générale de la FCPQ. Elle a siégé à la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, sur la Rive-Nord, entre 1998 et 2007. Mme Deschamps aurait occupé un poste d'élu scolaire pendant 20 ans, d'après un article paru dans l'hebdomadaire local Le Courrier en septembre 2007.

Le conseiller aux communications de la FCPQ, David Lemelin, a confirmé que cette information était exacte, hier, sans préciser à quel moment Mme Deschamps avait amorcé cette « carrière » de commissaire scolaire.

Affirmant parler au nom de « tous les parents », le président de la FCPQ, François Paquet, a dénoncé mardi les propositions de M. Legault aux côtés des représentants des syndicats et des commissions scolaires. Il a soutenu qu'elles conduiraient au «chaos».

La veille, c'est Lyne Deschamps qui avait annoncé cette prise de position à François Legault, a appris le Journal de Montréal.

Plusieurs observateurs jugent « invraisemblable » qu'une ex-commissaire scolaire se prononce ainsi « pour le statu quo au nom des parents » et estiment que cela « soulève beaucoup de questions » quant à la représentativité de la FCPQ.

Parler au nom des parents sans les consulter...

Outré que Mme Deschamps agisse « sans avoir consulté les parents » et « sans avoir lu » les propositions finales de sa coalition, François Legault l'a prévenue qu'il « prendrait les moyens pour informer la population de ses façons de faire » de déclarer son proche collaborateur, Martin Koskinen.





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Marcel Pagnol : la neutralité de l'école n'a jamais existé

Marcel Pagnol, fils d’instituteur de la IIIe République, ne croyait guère à cette supposée neutralité, expliquant dans son ouvrage La Gloire de mon père que « tous les manuels d’histoire du monde n’ont jamais été que des livrets de propagande au service des gouvernements », ce que je peux aisément confirmer au regard de ma propre expérience, autant comme élève qu’aujourd’hui comme professeur…

Dans ce même livre, Pagnol dénonce cette subjectivité républicaine qui, pourtant, a été un outil important de ce que l’on nomme aujourd’hui « l’identité nationale », identité qui se voulait collective mais oubliait la part provinciale de ce qui formait « l’identité de la France », et maquillait les aspects les plus sombres de cette République qui se voulait « universelle » à défaut d’être « plurielle » comme on dirait aujourd'hui : « Les écoles normales primaires étaient à cette époque de véritables séminaires, mais l’étude de la théologie y était remplacée par des cours d’anticléricalisme […]. Les cours d’histoire étaient élégamment truqués dans le sens de la vérité républicaine. […] Les normaliens frais émoulus étaient donc persuadés que la grande Révolution avait été une époque idyllique, l’âge d’or de la fraternité poussée jusqu’à la tendresse : en somme, une expérience de bonté. Je ne sais pas comment on avait pu leur exposer – sans attirer leur attention – que ces anges laïques, après vingt mille assassinats suivis de vol, s’étaient entreguillotinés eux-mêmes […]. »

Via Le Post



Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mercredi 13 avril 2011

L'âme des pédagogos

Lu sur le carnet du Prof qui fesse :
« Ça bouge dans le milieu de l'éducation ces jours-ci. Ça discute, ça débat, ça rue dans les brancards avec ses œillères et ses sabots bien ferrés. D'abord à Radio-Canada, chez Christiane Charrette, où François Legault discute des propositions de sa coalition avec Loraine Pagé, qui reprend son rôle d'ancienne maîtresse d'école pour l'occasion, mais, on le comprendra assez vite, sans non plus complètement perdre de vue son passé de syndicaliste.

Et puis, parce que c'est bientôt Pâques et qu'il est bon de se mettre une petite gâterie sous la dent, une pléiade d'universitaires issus des facultés d'éducation nous offre son Manifeste pour une école compétente (lien  ici pour un extrait en format PDF) dans lequel ladite pléiade se désole (voir l'intitulé de la préface, qui fait pleurer : L'âme des universitaires au cœur de la réforme) de voir sa réforme chérie contestée de toutes parts. »




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Augmentation de 44 % des subventions aux garderies en milieu familial

Le Ministère de la Famille a annoncé aujourd'hui avoir scellé une entente avec les quelque 15 000 responsables de services de garde en milieu familial (RSG). Cette ratification survient près de cinq mois après la conclusion d'une entente de principe entre le gouvernement provincial, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).

« C’est une belle journée pour ces femmes qui travaillent au quotidien avec nos tout-petits ! Notre gouvernement souhaitait pouvoir augmenter leur revenu et leur donner accès à différentes protections sociales, c’est chose faite avec cette entente collective. Leurs subventions quotidiennes augmenteront de 44 % ! Dès cette année, leur prestation passera de 19 $ à 25,84 $ par jour, par enfant. Cette somme leur permettra, entre autres, de se bâtir un fonds de retraite et d’avoir accès à 16 jours de congé, en plus de 8 jours fériés payés par année. C’est du jamais-vu pour des travailleuses autonomes ! », a déclaré la ministre de la Famille, Mme Yolande James.

À l'échéance de leur convention collective, en avril 2013, cette subvention passera à 27,43 $.

Ni le communiqué du Ministère ni la dépêche de la Presse canadienne qui n'en est grosso modo qu'un copier-coller ne précisent le prix supplémentaire de cette politique de retour au bureau des femmes du Québec. Toutefois, l'on sait que ces services de garde en milieu familial accueillent près de 92 000 enfants au Québec. L'augmentation, à partir d'avril 2013, de la subvention gouvernementale devrait probablement être de l'ordre de 155 millions de dollars par an : 8,43 $ d'augmentation par jour et par enfant * 92 000 enfants * 200 jours de garde.


Voir aussi :

Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 12 avril 2011

L'éducation selon Legault : pas de réelle révolution, des pas dans le bon sens mais au moins un négatif




M. François Legault et son regroupement ont proposé des mesures pour réformer le monde de l'éducation au Québec. Les syndicats poussent déjà des cris d'orfraie, déchirent leur chemise en public. Les médias relaient consciencieusement ces cris stridents, parlent d'une « révolution », de front commun, de levée de boucliers, de mur « des enseignants, des commissions scolaires et des parents qui n'ont pas tardé à rejeter la totalité des propositions pour les meilleures écoles au monde de François Legault et son équipe ». Tous les parents ? Pas ceux qui animent ce carnet en tout cas.

Pourtant, cette « révolution » nous laisse sur notre faim : rien sur la liberté de programme des établissements ou sur une révision des programmes « thérapeutiques » obligatoires comme l'éthique et la culture religieuse et même le programme d'histoire actuel. Personnellement, nous pensons que ces programmes thérapeutiques devraient être optionnels. Selon nous, seul un socle commun et réduit de matières importantes à enseigner devrait être imposé dans les écoles publiques sans en prescrire la méthode d'apprentissage. Quant aux écoles privées, elles devraient, selon ce carnet, avoir une liberté totale de programme, de pédagogie et de recrutement pour autant qu'il y ait transparence dans ces domaines (les parents devront notamment pouvoir connaître les programmes choisis et les diplômes du personnel enseignant) et un respect de normes minimales. Si les programmes de l'État et ses examens sont bons, ces écoles privées les utiliseront très probablement pour des raisons évidentes de coûts et de reconnaissance auprès du public et des employeurs. 

Mais, revenons aux réflexions de M. Legault, elles contiennent des propositions positives : une apparente plus grande autonomie des enseignants et des établissements, une évaluation de ceux-ci et un possible licenciement des enseignants peu performants, une obtention plus facile du certificat d'enseignement dans une discipline pour les diplômés  dans cette discipline, mais on est loin d'une liberté totale dans l'embauche des professeurs par les écoles publiques comme privées.

Enfin, une mesure nettement mauvaise : le gel pour quatre ans du montant des subventions versées par Québec aux écoles privées. Rappelons que ces « subventions » ne sont en réalité que les impôts déjà payés par les parents et leur famille. Ces parents qui envoient leurs enfants à l'école privée paient donc deux fois  : une fois pour l'école publique que leurs enfants ne fréquentent pas et une autre fois pour l'école privée qu'ils utilisent. On ne voit pas pourquoi il faut que seuls les riches puissent choisir leur école et pourquoi le choix est en réalité découragé par un monopole d'État qui casse les prix.

Pour des idées vraiment originales et révolutionnaires, voir ce que David Cameron a mis en place en Angleterre : les écoles libres. La nouvelle législation anglaise permet la création d'établissements scolaires qui échappent à la tutelle des collectivités locales, mais sont financés par l'État. Elle leur donne une grande liberté dans des domaines jusque-là réglementés : rémunération des enseignants, programme scolaire, zone de recrutement des élèves, heures de cours et calendrier des vacances. Les parents ont également un poids plus important dans l'établissement de ces écoles (voir les reportages ici). 







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

dimanche 10 avril 2011

Washington (D.C.) — Des bons scolaires pour les pauvres plutôt que des subventions pour avorter

Tard dans la nuit de vendredi à samedi, un accord entre les républicains et les démocrates a été conclu aux États-Unis sur les dépenses budgétaires pour 2011, après de laborieuses négociations de plusieurs jours pour éviter une paralysie de l'administration.

Ce compromis autorisera le fonctionnement du gouvernement fédéral jusqu’à la fin de l’exercice financier en cours (30 septembre 2011) et évitera donc la cessation de ses activités, moyennant des coupes budgétaires de 37,8 milliards de $ pour les cinq mois à venir, ce qui constituerait le volume de réductions budgétaires le plus important de l’histoire américaine. C’est moins que ce qu’exigeaient encore la veille les Républicains, soit 61 milliards, mais plus que les 32 milliards avant des amendements de la part de membres du Tea Party.

À l'origine les Démocrates n'acceptaient aucune coupe budgétaire, puis 6,5 milliards, ensuite 33 $ milliards, avant d'accepter avant-hier soir des réductions de 38,5 milliards de $.

Ce compromis devra être voté par la Chambre des Représentants et le Sénat la semaine prochaine pour devenir, une fois signé par Obama, loi.

Le compromis restaure notamment une disposition interdisant le financement avec l’argent des impôts fédéraux de l’avortement dans la capitale de la nation, disposition qui avait été abolie dans un précédent budget par le président Obama et les idéologues du parti démocrate quand ils contrôlaient les deux chambres du Congrès. En revanche, un système d’aide financière grâce à des bons scolaires permettra à plus d'élèves issus de familles à faibles revenus du District fédéral de s’inscrire dans des établissements privés.

Il ne s'agit que d'une mesure budgétaire temporaire, de nouvelles batailles autour du budget déficitaire des États-Unis sont à prévoir dans les mois à venir au Congrès américain.




Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)