jeudi 27 mars 2008

Julius Grey : « Au lieu de «populariser» notre système d'éducation, il faut le rendre plus intéressant et surtout plus libre »

Chronique intéressante du célèbre avocat canadien Julius Grey, spécialisé dans les questions de libertés individuelles :
« [...] depuis plusieurs décennies, nous négligeons l'histoire et nous enseignons des platitudes de rectitude politique qui reflètent nos propres valeurs. Quand le premier Juif, le premier Noir, la première femme ont-ils été élus ? Quels étaient les signes d'une démocratie en voie de développement au XIXe siècle ?

Nous éliminons systématiquement tout ce qui pourrait être controversé ou blessant et nous passons à côté des questions qui pourraient enrager des parents d'aujourd'hui et donc provoquer des plaintes de leur part. [Ce n'est pas exact en ce qui a trait aux parents qui ne veulent pas entendre parler de pluralisme religieux enseigné dès six ans, ni en ce qui concerne les parents qui ne partagent pas le prêt-à-penser politiquement correct préconisé par le Monopole !]

Pourtant, la meilleure façon d'encourager la lecture est de placer le lecteur dans le monde des romans, comme il a existé. Pour cela, il faut un cours d'histoire non édulcoré, moins préoccupé par la précision des dates et plus par l'analyse.

[...]

Les défauts dans l'éducation des jeunes et le déclin de la lecture ne sont pas un phénomène particulièrement québécois. À quelques nuances près, les mêmes commentaires s'appliquent au Canada anglais, à l'Europe et aux États-Unis. Un dommage additionnel nous guette ici — le danger de l'enseignement d'un français « québécois ». Tout écart aux normes du français international aura pour effet de rendre les classiques encore moins pertinents et surtout moins compréhensibles.

Au lieu de « populariser » notre système d'éducation, il faut le rendre plus intéressant et surtout plus libre. Avec une bonne préparation, nos jeunes liront à la fois pour le plaisir et pour le savoir. »
On ne peut qu'être d'accord avec Me Julius Grey quand il recommande plus de libertés dans le domaine scolaire, malheureusement il semble qu'à Québec, dans les couloirs du Monopole de l'éducation, on fasse la sourde oreille et l'on veuille renforcer la centralisation et le contrôle sur les écoles confessionnelles et, en général, sur les « valeurs » enseignées aux enfants quoi qu'en pensent leurs parents.

mercredi 19 mars 2008

Les manuels scolaires québécois d'histoire...

Attaque en règle dans le numéro de l'Actualité du 1er avril 2008 contre les nouveaux manuels québécois d'histoire du secondaire par Christian Rioux et Magali Favre. Selon ces deux auteurs, ces manuels proposent une vision nombriliste inféodée à l’éducation civique plutôt qu'un point de vue réellement historique.

Quelques extraits :
« Vous pensiez que la construction et la chute du mur de Berlin étaient des moments marquants du 20e siècle ? Au moins deux des six nouveaux manuels d’histoire générale destinés aux élèves du premier cycle du secondaire n’en font même pas mention.

[...]

Avant le renouveau pédagogique [la mode du socioconstructivisme récemment imposée aux écoliers québécois], l'histoire avait pour fonction de répondre à la question « D'où venons-nous ? » Elle avait pour rôle de saisir la séquence complexe des évènements qui nous avait engendrés. Dorénavant, elle a pour but essentiel d'« amener [l'élève] à développer des compétences qui l'aideront à comprendre les réalités sociales du présent à la lumière du passé ». Il ne s'agit donc plus de comprendre le passé, mais bien le présent !

La différence est de taille et les éditeurs de manuels ont saisi le message. Dans le chapitre sur la Rome antique de L'Occident en 12 événements (éditions Grand Duc), on commence par demander aux élèves de 1re secondaire de « formuler des hypothèses concernant l'influence des États-Unis sur la société québécoise et canadienne ». On ira ensuite puiser dans l'histoire de Rome quelques renseignements, souvent hors contexte, pour montrer que les États-Unis sont aussi un empire.

[...]

Il ne s'agit plus de comprendre la dynamique de l'Antiquité ou les causes de la Révolution française. Il s'agit de voir si, au supermarché de l'histoire, il n'y aurait pas quelque chose d'utile à nos débats sur le réchauffement climatique ou le mariage homosexuel.

[...]

Le manuel D'Hier à demain — supervisé par l'un des principaux concepteurs de programmes, le didacticien Christian Laville — se termine d'ailleurs sur un chapitre inédit, où l'on pose la question suivante : « Sommes-nous satisfaits de notre présent ? Serait-il mieux autrement ? Pouvons-nous le changer ?» Une première dans un manuel d'histoire ! [À n'en point douter, on nous dira que le Québec innove et est, à nouveau, à l'avant-garde de la conception de manuels scolaires...]

[...]

la méthode est celle d'un aller-retour entre le présent et le passé. Ce zappage tient plus du mauvais journalisme que de la méthode historique. Et le saucissonnage de l'histoire qui en découle peut difficilement éviter de sombrer dans le simplisme et le nombrilisme.

« Aurais-tu aimé être une femme vivant à Athènes ?» demande naïvement le manuel Regards sur les sociétés. Comme s'il y avait le moindre intérêt historique à s'interroger sur l'égalité des sexes... au Ve av. J.-C. !

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Certains auteurs obsédés par le présent ne craignent pas le ridicule. Le manuel L'Occident en 12 événements pousse la prétention jusqu'à citer le renouveau pédagogique québécois parmi les expressions modernes de l'humanisme... juste à côté du préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme !

Le manuel Histoire en action (Modulo) accuse nos ancêtres du néolithique d'avoir causé la plus grande catastrophe écologique de l'humanité. « Dès le 4e millénaire av. J.-C., les populations agricoles de l'Europe de l'Ouest dévastent d'immenses forêts de chênes. [...] Jusqu'à nos jours, ce sont les plus importants dommages que le sol de cette région ait connus ! » Notez le point d'exclamation et le titre, dignes de la presse à sensation : « La forêt assassinée ».

[À la lecture de ces extraits de manuels, on se demande si la seule fonction de ceux-ci n'est pas de former de futurs bobos, dont l'archétype pourrait être le fiston Glucksmann, Raphaël, lui qui ne peut concevoir que des choses aient pu être mieux dans le passé. Dans la vidéo ci-dessous, il reste sans voix et lève les yeux quand Éric Zemmour lui rétorque que les choses étaient mieux dans les années soixante — époque que le jeune Gluckmann n'a pas connue — qu'aujourd'hui.]



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Les manuels sont truffés de ces jugements péremptoires. L'effet recherché est particulièrement évident dès que l'on aborde la chrétienté. Le « crois ou meurs de la chrétienté » (D'hier à demain) annonce la couleur. le Moyen Âge apparaît comme une époque particulièrement austère et noire. Au point que l'on se demande si les auteurs ont lu les grands historiens Jacques Le Goff, Georges Duby et Régine Pernoud, qui ont depuis longtemps rompu cette vision manichéenne héritée des Lumières. Pour noircir un peu le portrait, certains manuels n'hésitent pas à situer au Moyen Âge la grande chasse aux sorcières (Réalités, ERPI), alors qu'elle a été principalement le fait de la Renaissance. Ce détail risquait de contredire la sombre description des auteurs.

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Ne cherchez pas, vous ne trouverez à peu près rien sur l'invasion de l'Espagne par les musulmans au VIIIe siècle. Mais on insiste lourdement sur le fait qu'ils s'en font chasser 800 ans plus tard. On passe sous silence les razzias et la pratique de l'esclavage, courantes chez les populations arabes. Toutefois, les manuels ne manquent pas une occasion de citer Les Milles et une nuits et le philosophe [musulman] du XIIe siècle Averroès. [Suspecté d’hérésie, mais le manuel n'en dit rien, il n’aura pas de postérité en terre d’Islam. On aurait pu choisir une figure plus représentative de l'islam...] Par contre, Dante, les troubadours, l'amour courtois et la renaissance carolingienne sont aux abonnés absents. Les Arabes sont en quelque sorte devenus les « bons sauvages » du Moyen âge.

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Multicultarisme oblige, chaque fois qu'un auteur français est nommé, son nom doit aussitôt être suivi de celui d'un Anglais ou d'un Chinois. Avec pour résultat que la France est le plus souvent noyée dans l'Europe. On ne trouve presque pas trace de François Ier et d'Henri IV qui envoyèrent Cartier et Champlain au Canada. La célèbre ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), par laquelle François Ier amorçait la généralisation d'un état civil en français n'y figure pas.

[...]

À la fin du chapitre sur l'Antiquité [pour les 12-13 ans], L'Occident en 12 événements propose quelques références pour « approfondir » le sujet. Ni L'Iliade, ni L'Odyssée n'en font partie, contrairement à Astérix aux Jeux olympiques et à Troie, péplum de Wolfgang Peterson — dont le philosophe Luc Ferry disait récemment qu'il dénaturait complètement la compréhension que les hommes de l'Antiquité avaient de la guerre de Troie, puisque les dieux en étaient absents ! Mais comment en vouloir aux auteurs ? Parmi la vingtaine de textes littéraires cités comme « repères culturels » dans le programme officiel, on ne trouve ni les chefs-d'œuvre d'Homère, ni la Bible. Le Coran et Tintin et le Lotus bleu ont pourtant droit à cet honneur.

[...]

Losqu'on sait que la moitié des profs d'histoire du secondaire [au Québec] n'ont pas la moindre formation dans ce domaine, on comprend l'importance des manuels. Or, l'hécatombe ne semble pas terminée. La révision du cours Histoire du XXe siècle (aujourd'hui facultatif en 5e secondaire [16 ans]) augure du pire. Certes, ce cours deviendra obligatoire, mais les puissants didacticiens songent à en faire un cours centré sur l'actualité du « monde contemporain », où l'histoire sera dissoute dans les matières dites de « l'univers social » en général (géographie, économie, sociologie...). »

« Je suis un homme du passé et de l'avenir lointain. Je n'habite pas le présent, car j'ai compris la nécessité de combattre la mémoire courte. »
Pierre Legendre

Menaces sur l'instruction à domicile au Québec ?

Le bulletin de l'ACPEQ signale quelques signes menaçants de la part du Monopole de l'Éducation (MELS) qui pourraient bien annoncer de nouvelles restrictions aux libertés parentales dans le domaine de l'instruction à domicile. Nous les reprenons ci-dessous en les commentant.

En effet, le Monopole de l'Éducation manifeste depuis au moins 2002 l'intention de restreindre davantage la liberté des parents dans la pratique de l'instruction à domicile. Les trois éléments suivants viennent étayer l'opinion de ceux qui pensent que le MELS s'apprête à empiéter encore un peu plus sur la liberté de choix des parents québécois.
  1. Adoption en juin 2005 de la Loi 95: Loi modifiant diverses dispositions législatives de nature confessionnelle dans le domaine de l'éducation. L'adoption de cette loi permettra l'enseignement du nouveau cours Éthique et culture religieuse dans les écoles publiques et privées du Québec à partir de septembre 2008. Ce cours pourrait être aussi éventuellement imposé aux familles qui font l'école à la maison en prétextant que ce cours est dans l'intérêt de tous enfants et que l'État protège l'enfant en lui donnant accès aux lumières dispensées par ce cours. Rappelons que l'État restreint désormais la liberté fondamentale des parents d'enseigner leurs convictions morales et religieuses, car il ne protège ce droit que pour pour autant que cet enseignement se fasse dorénavant « dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci » (cette restriction a été ajoutée à l'article 41 de la Charte québécoise des droits et libertés en 2005 sans aucun débat public). Évidemment, l'État s'arroge en réalité de la sorte la tutelle spirituelle des enfants, car qui décidera si les parents respectent les droits et l'intérêt moral et spirituel de leurs enfants ?

  2. L'apparition sur le site du MELS en septembre 2007 de balises pour la scolarisation à la maison. Bien qu'il n'y ait pas encore de nouvelle politique officiellement émise de la part du MELS, nous retrouvons l'extrait suivant sur leur site :
    « Bien que la fréquentation scolaire soit obligatoire jusqu'à 16 ans, certains parents peuvent vouloir choisir l'enseignement à la maison. Cela est possible en autant [sic, calque] que certaines exigences soient respectées. Ainsi, l'enfant peut être dispensé de fréquenter un établissement scolaire s'il reçoit à la maison un enseignement scolaire et y vit une expérience éducative équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école. Afin de s'assurer de l'atteinte par leur enfant des objectifs d'apprentissage des programmes d'études en application dans les écoles du Québec, les parents auront à présenter à leur commission scolaire, un plan de scolarisation conforme au Programme de formation de l'école québécoise. Ils devront également décrire les moyens d'évaluation employés, présenter le matériel didactique utilisé et soumettre l'enfant à une évaluation par la commission scolaire. Cette dernière a la responsabilité de procéder à l'évaluation et de s'assurer que l'enfant peut intégrer ou réintégrer à tout moment le système scolaire public ou privé. La commission scolaire doit conserver les preuves de réussite ou d'échec dans le dossier de l'élève. »
    On voit que l'on passe d'un « équivalent » à un « conforme », à une restriction donc des choix, le tout bien sûr maquillé sous le voile d'un intérêt altruiste de l'État à l'égard de l'enfant qui doit pouvoir retourner à tout instant à la normalité scolaire, enfin telle que la conçoit le Monopole.

    On remarquera l'absence de mention explicite au sujet du rôle des commissions scolaires dans le suivi des familles, qui sont convoquées de plus en plus fréquemment à des rencontres. On ne précise rien non plus des circonstances pouvant amener une famille à être signalée à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). On remarquera également la différence qui existe avec l'Ontario où prévalent la liberté de choix dans le programme d'études et aucune obligation en ce qui a trait à l'évaluation sans que l'on puisse dire que cette liberté supplémentaire menace la richesse de la première province canadienne. Pourquoi ces contrariétés et ces contrôles supplémentaires au Québec ?

  3. La recommandation par le Comité consultatif sur l'intégration et l'accommodement raisonnable en milieu scolaire pour retrouver les élèves non inscrits par un recoupement des banques de données. Ce comité constitué de plus de 20 personnes généralement proches du MELS, fait la recommandation qui suit, à l'Annexe A de son rapport en date du 15 novembre 2007 à l'intention de Michelle Courchesne, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport :
    « couplage de données informatisées entre ministères et organismes gouvernementaux, conditionnel à l'autorisation de la Commission d'accès à l'information et à la protection des renseignements personnels. Une concertation interministérielle permettrait d'établir les bases d'une telle démarche. »

Qui va gérer les formulaires d'exemption ?

Selon la Voix de l'Est de ce mardi 19 mars, la commission scolaire du Val-des-Cerfs ignore ce qu'elle fera des formulaires d'exemption au cours d'éthique et de culture religieuse. Celle-ci attend les directives du Monopole de l'Éducation (MELS), qui lui renvoie la balle.

Au cours d'une manifestation organisée par des membres de la Coalition pour la liberté en éducation de la Haute-Yamaska, samedi dernier, des dizaines de ces formulaires ont été distribués tant pour les écoles privées que publiques. Des centaines de personnes ont participé à cette marche populaire afin de dénoncer l'implantation du cours d'éthique et culture religieuse. Ce dernier sera obligatoire pour tous les élèves du primaire et du secondaire dès cet automne. Les opposants réclament que ce cours soit optionnel.

Selon la Voix de l'Est, le formulaire d'exemption a été rédigé par Jean-Yves Côté, un avocat de Sainte-Julie. En réalité, plus d'un avocat a participé à sa rédaction, bien que Me Côté ait tenu un rôle de premier plan dans celle-ci. Parmi les autres rédacteurs, on peut citer Me Sylvie Fortin.

« Pour l'instant, nous recevons les demandes. Nous attendons les indications du Ministère. Il n'y a pas de ligne claire encore », note la coordonnatrice des communications à Val-des-Cerfs, Sandra Thibodeau, en précisant que près d'une dizaine de formulaires ont été reçus.

La Voix de l'Est continue en affirmant que Val-des-Cerfs risque toutefois d'attendre longtemps les fameuses directives. « C'est vraiment du côté de la commission scolaire que l'exemption peut être acceptée ou refusée selon l'article 222 de la
Loi sur l'instruction publique. Cette exemption ne se fait toutefois pas juste sur la base d'un formulaire. Le parent doit démontrer qu'il y a préjudice », a fait
savoir Stéphanie Tremblay, agente de communication au MELS.

Est-ce que le Monopole de l'Éducation était aussi exigeant quand il s'agissait d'exempter en vertu du même article les enfants de parents réfractaires aux cours de religion ?

lundi 17 mars 2008

L'encyclique Affari Vos de Léon XIII

Remplacer Manitoba par Québec...

« L’acte d’union à la Confédération avait assuré aux enfants catholiques le droit d'être élevés dans des écoles publiques selon les prescriptions de leur conscience : or, ce droit, le parlement du Manitoba l’a aboli par une loi contraire. C'est une loi nuisible. Car il ne saurait être permis à nos enfants d’aller demander le bienfait de l’instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa doctrine est méprisée, et ses principes fondamentaux répudiés. »

[...]

Le passage suivant de l’encyclique est intéressant quand on considère le cours d'éthique et de culture religieuse que veut imposer le gouvernement du Québec :

« Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d'avoir ou non de saines doctrines, d’adopter la vérité ou l’erreur. »

On se rappelera ce que disait une formatrice universitaire au cours d’éthique et de culture religieuse :
« Et c’est là qu’intervient l’école et le rôle des intervenants scolaires c'est d'apprendre à cet enfant de composer avec des enfants qui ont d’autres croyances religieuses et dire qu’elle est tout aussi légitime que la leur ou, des enfants qui n’ont pas de croyances religieuses et que cette position-là est tout aussi légitime que la leur. »

Texte intégral de l'encyclique.

Conférence au centre Santa Famiglia de Montréal : inquiétude face à l'imposition du cours Éthique et culture religieuse

Le 14 mars en soirée une centaine de personnes se sont réunies au Centro Santa Famiglia à Montréal pour entendre parler, en anglais, des dangers du nouveau cours d'éthique et culture religieuse qui sera imposé à tous les élèves du Québec dès septembre 2008. Les conférenciers et organisateurs de la soirée ont encouragé les parents à agir en vue de préserver leurs droits démocratiques et leur rôle et devoir de parents en tant que premiers éducateurs de leurs enfants surtout en ce qui concerne l'éducation morale et religieuse. Cette soirée était animée par Marco Polcaro de la communauté italienne.

Le professeur Douglas B. Farrow de McGill a présenté les dangers du pluralisme normatif promu par ce cours. Son point de vue a paru dans le dernier Catholic Insight et est disponible sur le site web de cette revue; il paraîtra en français dans le prochain numéro de la revue Égards. Le sociologue protestant Gary Caldwell a insisté sur le rôle de la société civile et l'usurpation de ce rôle par l'État avec l'imposition de ce nouveau cours. Ses opinions sont aussi disponibles dans la revue Égards. Dre Jean Morse-Chevrier, psychologue et présidente de l'Association des parents catholiques du Québec (APCQ) a démontré les lacunes et dangers du programme qui, selon elle, ne permet pas une connaissance du christianisme et peut avoir un effet néfaste sur les enfants en les contraignant à apprendre un ensemble de religions et visions morales dans un contexte relativiste. L'APCQ a soumis un mémoire à ce sujet à la Commission sur les accommodements à la diversité culturelle (Bouchard-Taylor); ce mémoire est disponible sur le site de la Commission. Me Jean-Yves Côté a expliqué aux parents leur droit de demander l'exemption de ce cours en vertu de la Loi sur l'instruction publique et leur a soumis un formulaire d'exemption qui peut servir à cette fin. Ce formulaire est disponible sur le site web de la Coalition pour la liberté en éducation ainsi que sur ce carnet. Monsieur Angelo Polcaro, oragnisateur de la soirée et Madame Diane Joyal, présidente de la section de Montréal de l'APCQ ont encouragé les parents à agir en fonction de leur droit de veiller à l'éducation morale et religieuse de leurs enfants.

Plusieurs questions de parents, enseignants et grand-parents ont permis de constater le malaise ressenti face à la perte de droits par les parents et enseignants par l'imposition de ce nouveau cours.

Un DVD sera produite suite à cette conférence et sera disponible sur demande au prix de 10,00 $ le disque. Renseignements auprès de la Coalition.

dimanche 16 mars 2008

Granby — des centaines de personnes manifestent pour la liberté de choix

Granby, le 15 mars 2008 — Des centaines de personnes — près de 400 selon la Voix de l'Est, 500 pour les organisateurs — ont participé à une marche de protestation aujourd'hui à Granby, répondant ainsi à l'appel de la Coalition pour la Liberté en Éducation (CLÉ).

banderole grandby 15 mars 2008

D'une seule voix, ces parents de diverses confessions religieuses, dont certains athées, ont dénoncé l'imposition du cours obligatoire d'éthique et de culture religieuse qui sera enseigné dans les écoles primaires et secondaires en septembre prochain. Et ceci y compris dans les écoles confessionnelles ! Ils ont réprouvé l'attitude de l'État qui se substitue à la volonté parentale et ils ont réclamé l'exercice d'un droit fondamental : celui de choisir pour leur enfant un enseignement conforme à leurs convictions et croyances.

La représentante de la CLÉ dans la région de la Haute-Yamaska, madame Marie-Josée Croteau, était ravie du succès de l'évènement: « Voir autant de gens qui se déplacent pour venir exprimer leur mécontentement, voilà qui lance un message clair au gouvernement : nous parents, voulons défendre notre liberté de choisir comme premiers éducateurs de nos enfants. »

Une des personnes ayant pris la parole sur le podium, monsieur Patrice Gagnon, enseignant de confession protestante, abondait dans le même sens ajoutant que « le gouvernement manque réellement d'éthique dans cette démarche, nous avions un droit de choisir ! »

Lors de son intervention, la présidente de l'Association des parents catholiques du Québec, Mme Jean Morse-Chevrier, a renchéri en soutenant que « cela consiste en une négation du droit à la liberté religieuse et de conscience et en un accommodement qui brime l'ensemble des parents. » Car selon elle, « bien que ce cours se présente comme un cours de culture religieuse, les éléments du contenu de ce cours sont en large partie comparables aux contenus que l'on retrouverait dans un cours d'enseignement religieux et à ce titre, selon nous, consiste en une initiation à diverses religions. Ce fait va à l'encontre de la liberté de religion et bon nombre de parents catholiques ou autres s'opposent à l'introduction obligatoire de leurs enfants et adolescents à d'autres religions et à une approche relativiste face aux questions morales. »

devant la commission scolaire grandby 15 mars 2008

Me Jean-Yves Côté, avocat membre de la CLÉ, a présenté aux parents présents un formulaire d'exemption s'appuyant sur l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique § 2 : « L'article stipule qu'il est permis aux parents de présenter une demande d'exemption s'ils estiment que le cours peut porter préjudice à leur enfant » a précisé Me Côté.

Pour exiger une exemption, les parents doivent avoir un motif valable. L'avocat en propose six sur le formulaire :
  1. Perte du droit de choisir une éducation conforme à leurs propres principes moraux et religieux ; brimer les libertés fondamentales de religion, de conscience, d'opinion et d'expression de l'enfant et de ses parents en forçant l'enfant à suivre un cours qui ne correspond pas aux convictions religieuses et philosophiques dans lesquelles ses parents ont le droit et le devoir de l'éduquer;
  2. Être mis en situation d'apprentissage par un enseignant non adéquatement formé en cette matière et qui a été dépouillé de sa liberté de conscience, parce qu'on l'oblige à effectuer cette tâche;
  3. Perturber l'enfant en l'exposant trop jeune à des convictions et croyances différentes de celles privilégiées par ses parents;
  4. Aborder le phénomène religieux dans le cadre d'un cours qui prétend à la « neutralité »;
  5. Être exposé, dans le cadre de ce cours obligatoire, au courant philosophique mis de l'avant par l'État : le relativisme moral et religieux;
  6. Porter atteinte à la foi de l'enfant.
Dans les établissements publics, les parents devront signer le formulaire puis le remettre à la commission scolaire. Dans les écoles privées, le formulaire sera remis à la direction. Le cas échéant, les dirigeants devront transmettre pas écrit les conditions de refus. Ensuite, une demande de révision pourra être formulée. « Si c'est encore refusé, peut-être devrons-nous nous tourner vers les tribunaux » a avancé Me Côté.

La CLÉ, qui regroupe des parents catholiques, protestants et athées, invite les parents voulant soustraire leur enfant à ce cours à remplir ce formulaire d'exemption et à l'acheminer à leur école d'ici la fin de la présente année scolaire.

Le formulaire est disponible sur le site internet de la Coalition pour la Liberté en Éducation à l'adresse : www.coalition-clé.org.

jeudi 13 mars 2008

Demande d'exemption au cours d'ECR (école privée)

formulaire d'exemption

GUIDE D’UTILISATION D’UNE DEMANDE D’EXEMPTION
  1. Le parent ou son mandataire, s’il est d’accord avec l’énoncé des motifs évoqués, signe la demande d’exemption.
  2. Cette demande d’exemption signée doit être remise au directeur d’école.
  3. Une copie de la demande peut être envoyée par télécopieur à la Coalition pour la liberté en éducation.
  4. Si la demande est acceptée, l’enfant sera dirigé vers une activité autre que le programme ÉCR durant l’heure de classe.
  5. Dans une école PRIVÉE, le directeur d’école a l’autorité pour décider d’accorder ou non l’exemption.
  6. Dans une école PUBLIQUE, la décision provient de la commission scolaire. Si la réponse est négative, le ou les parents peuvent s’adresser au conseil des commissaires pour obtenir une révision de la décision.
  7. Si le parent qui s’est vu refuser la demande d’exemption par les autorités d’une école publique ou d’une école privée n’est pas satisfait, un recours peut être intenté en Cour Supérieure du Québec pour demander un jugement déclaratoire sur la validité des motifs invoqués par le parent. La CLÉ n’entreprendra pas cette procédure, mais peut aider le parent dans sa démarche.
Certains lecteurs se sont demandés ce qui passerait si une école privée confessionnelle exemptait ses élèves. Est-ce que le Monopole de l'Éducation (MELS) pourrait retirer le permis à l'école confessionnelle ? Selon certaines sources juridiques, un tel retrait de permis ne peut que rappeler l'arrêt très important Roncarelli c. Duplessis : abus de pouvoir de la part de l'État ou de fonctionnaires condamné par la Cour suprême.

Introduction de cours de religion musulmane à l'école allemande

Le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble a proposé d'introduire des cours de religion islamique dans les écoles :
« Nous recourons à tous les moyens contre les prédicateurs de la haine. Avec des cours de religion islamique, nous leur faisons pour ainsi dire concurrence. Car, si nous envoyons les enfants à des cours de religion dans des écoles d'Etat, cela nous conduira à un changement de l'exercice de la religion dans les mosquées ».
Ces cours devront être donnés en allemand. Cette proposition s'inscrit dans le cadre de la 3e Conférence sur l'islam qui se tenait à Berlin. En Allemagne, la Constitution garantit le droit d'organiser des cours de religion dans les écoles, qui sont des « matières officielles ». Le contenu doit être déterminé « en concordance avec les principes des communautés religieuses ».

Le gouvernement du Québec lui semble préférer imposer un point de vue laïciste et pluraliste à tous (ah! si tous les enfants pouvaient devenir athées !), plutôt que de respecter les différentes religions dans leur particularisme.

France — le retour de l'internat ?

Aujourd'hui, seuls 4,1 % des élèves sont internes. Une proportion qui n'a cessé de baisser ces vingt dernières années. Mais les temps changent. Les ministres de l'Éducation souhaitent, les uns après les autres, relancer l'internat.

Le ministère de l'Éducation national met en place un « annuaire des internats » contrôlés par l'État qui permet d'obtenir des informations sur les offres d'hébergement proposées aux élèves par les établissements publics et privés sous contrat. Les établissements libres hors contrat ne sont pas répertoriés.

L'explosion des familles décomposées, l'échec scolaire et les problèmes de discipline semblent réhabiliter l'internat scolaire.