jeudi 23 février 2017

Zemmour sur Bock-Côté : l'avenir de l'Occident visible dès maintenant au Québec

Recension du dernier ouvrage de Mathieu Bock-Côté, Le Nouveau Régime, par Éric Zemmour dans Le Figaro.

Quand j’étais enfant, je croyais que tous les Ca­nadiens français étaient bûcherons ou chanteurs. Depuis lors, les bûcherons ont appris à dissi­muler leurs mains calleuses dans les poches de leurs costumes Armani et les chanteurs à textes pour un concert à Bobino sont devenus des chanteuses pour beuglants de Las Vegas. Les paysans français de Louis XV sont désormais citoyens du monde. Ils ont troqué la religion catholique pour celle des droits de l’homme. Le Premier ministre canadien, le sémillant Justin Trudeau, est l’incarnation du destin qu’on leur réserve — le destin qu’on nous réserve : ses ancêtres sont français, mais il prononce son prénom à l’anglaise. En 2014, le Québec a voté une loi autorisant le suicide assisté. Une Pakistanaise en octobre 2015 a prêté serment en niqab avec l’accord des tribunaux. La commission scolaire de Montréal a supprimé les réfé­rences aux mots « père » et « mère ». Le Parti libéral a débattu de la reconnaissance possible d’un troisième sexe.

Le destin du Québec montre comment l’immigration peut être un instrument redoutablement efficace pour détruire l’identité d’un peuple. En 1970, le leader québécois indépendantiste, René Léves­que, avait fait scandale en déclarant : « On s’est donné un ministère de l’immi­gration. L’autre à Ottawa, pour lequel on paye, il a le droit de continuer à nous noyer, c’est lui qui a le pouvoir. Mais on en a un au Québec pour enregistrer la noyade. » René Lévesque avait tout compris. Le Québec ne pourra plus jamais voter en faveur de son indépendance, car les Canadiens français ne sont plus seuls sur leur terre. Certains parlent de « groupe démographique majoritaire » pour les désigner et le français est langue facultative à Montréal. Là où l’on criait naguère « Vive le Québec libre », des policières règlent la circulation en voile islamique.

Le Canada est le pays dont rêvent nos élites, de Juppé à Macron, d’Attali à Ber­ger. Le Québec était notre passé oublié ; il est devenu notre avenir annoncé. L’avion qui transporte les passagers de Montréal à Paris est aussi machine à remonter le temps.

Avec sa culture classique, sa passion pour l’histoire et la politique, son libéralisme aronien, son amour de la France en particulier et des nations en général, Ma­thieu Bock-Côté incarne « l’infâme réac » au Québec tandis qu’a Paris il devient Cassandre nous décrivant la prochaine catastrophe qui nous tombera dessus. Cassandre, mais rond, jovial, sympathi­que, chaleureux. Cassandre qui a troqué l’incantation prophétique pour l’analyse subtile de l’idéologie dominante, ses non-dits et sa tyrannie. Tout y passe : le « multiculturalisme de droit divin », la théorie du genre qui n’existe pas tout en existant, la prétendue « fin des idéolo­gies », le suicide assisté transformé en droit de l’homme, etc.

Le style de notre auteur est comparable à une vague qui frappe inlassablement la roche pour mieux l’user et l’éroder. Il abuse des adverbes, ose un « vastement », et met des « conséquemment » à toutes les sauces qui perdent de leur charme à l’écrit, lorsqu’ils ne sont plus enrobés dans le papier chatoyant de l’accent qué­bécois. Il excelle à la fin de ses raisonnements, quand il lâche enfin ses coups : « La référence au populisme a ceci d’intéressant qu’elle réintroduit, en la dia­bolisant, le peuple dans la démocratie... La nouvelle vocation messianique de la civili­sation occidentale : s’extraire elle-même de son histoire, pour permettre l’avène­ment de l’humanité mondialisée... Dès lors qu’on ne définit plus la nation comme une réalité historique, mais comme une communauté de valeurs, on tombe dans ce piè­ge qui la condamne à l ’impuissance parce qu’elle ne parvient plus à expliciter son identité... »

Tout en ressort concassé, démantibulé : Bock-Côté déconstruit avec efficacité les déconstructeurs. Il le fait à sa manière, ja­mais de front, tou­jours de biais. Il concède avant de rejeter. On a l’impression qu’il a besoin de s’échauffer avant de frapper. Comme s’il avait malgré lui inté­riorisé les interdits du politiquement cor­rect, et qu’il devait les endosser avant de s’en débarrasser. Donner des gages pour pouvoir être audible dans un univers in­tellectuellement cadenassé [Note du carnet : Zemmour a bien compris le Québec-qui-pense-avec-les-sous-du-contribuable : cadenassé, étriqué, peu original et incestueux]. Ainsi. dit-il, « l’islam n’est pas l’islamisme », avant de traiter le voile islamique ou le burkini de « formes d’exhibitionnisme identitaire ».

Une seule vache sacrée de l’époque échappe à sa verve iconoclaste : le féminisme. Ce qu’il appelle avec enthousias­me « l’émancipation féminine ». Notre auteur, soudain désarmé, semble avoir oublié ses lectures et ses repères. Lui qui a critiqué sévèrement le « contractualis­me » forcené de notre temps oublie que le féminisme en est, selon Christopher Lasch, un des plus flamboyants. Il se mo­que de la théorie du genre et de son por­te-voix le plus célèbre, Judith Butler, mais il ne voit pas — ou ne veut pas voir — que Judith Butler est tout entière dans Simone de Beauvoir, comme Staline est tout entier dans Lénine. La théorie du genre est une interprétation pédantesque à prétention scientifique de sa phrase célèbre : « On ne naît pas femme, on le de­vient. » La rupture du lien entre la féminité et la maternité, dénoncée aujour­d’hui par notre auteur est revendiquée par Simone de Beauvoir. « Selon la théorie du genre, tout homme est un violeur bar­bare en puissance », se plaint Bock-Côté ; mais c’étaient déjà la vision et le slogan des féministes des années 1970.

Tous les adversaires de notre auteur aujourd’hui furent hier les alliés privilé­giés des féministes : alliance politique en­tre Beauvoir (et Sartre) et le FLN dans les années 1950 ; alliance tactique des mou­vements féministes et gays contre l’hom­me blanc hétérosexuel dans les années 1970 ; alliance idéologique et universitaire entre féministes et déconstructeurs à la Foucault ou à la Bourdieu dans les an­nées 1980.

Notre auteur devient alors passionnant à double titre, dans ce qu’il dénonce, mais aussi dans ce qu’il ne dénonce pas. Com­me une borne générationnelle de ce que même un tempérament rebelle, un esprit subtil et iconoclaste ne veut et ne peut remettre en cause de l’héritage légué par le progressisme des quarante dernières années

Le Nouveau Régime
par Mathieu Bock-Côté
publié chez Boréal
dans les « Papiers collés »
en 2017
à Montréal
314 pages
29,95 $





Voici la fin de la recension de David Leroux du même livre qui aborde la critique de Zemmour sur l’oubli par Bock-Côté d’une vache sacrée : le féminisme (triomphant au Québec tant à l’école, les médias de plus en plus féminisés ou dans l’orientation des politiques prétendûment familiales) :

On pourrait reprocher à Bock-Côté, comme l’a fait Eric Zemmour, de ne pas aller au bout de sa pensée en restant trop attaché au libéralisme. La critique, d’un point de vue strictement idéologique, est tout à fait légitime. Il faut cependant différencier l’espace politique français de l’espace québécois. Dans ce dernier, beaucoup plus étouffant que l’espace français du point de vue des idées, Bock-Côté libère une parole conservatrice culturelle essentielle à la santé intellectuelle de la nation. Il éveille nombre de jeunes patriotes qui, autrement, se désintéresseraient de la chose politique par dédain naturel pour l’asepsie intellectuelle proposée par l’ordre actuel des choses. Ce livre, de ce point de vue, est une libération de plus pour la pensée québécoise et, en ce sens, même si l’on comprendra et approuvera même la critique zemmourienne, on ne l’importera pas au contexte québécois.

L’ouvrage, par ailleurs parsemé de références à des livres qu’on aura envie de courir se procurer, se termine en effet sur quelques hommages magnifiques à des écrivains et penseurs de la dissidence s’inscrivant en faux des dogmes berçant notre étrange époque tels que Raymond Aron, Chantal Delsol, Michel Houellebecq, Julien Freund et Éric Zemmour et sur un touchant éloge de l’amitié. On fermera le livre un sourire aux lèvres. On aura envie de continuer à réfléchir avec tous ces auteurs édifiants, d’étoffer notre bibliothèque de leurs œuvres, puis de partager nos lectures avec nos amis autour d’un repas rabelaisien, occupés que nous serons à tenter de conserver la beauté du monde de nos parents, « qui ne méritait pas qu’on en dise tant de mal. »

Voir aussi

Effet de l’école québécoise sur le sentiment nationaliste des jeunes ?

Le Québec tolérant à l’œuvre : Mathieu Bock-Côté entarté (m. à j. vidéo)

mercredi 22 février 2017

France — Un nouveau modèle d'école basé sur la tradition

Poignée de main, vouvoiement des élèves et regard dans les yeux, dans cette école élémentaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), la discipline s'applique avant même de pénétrer dans la cour. Quelques rituels bien ancrés puis les élèves les plus méritants vont hisser les drapeaux français et européens avant d'entonner une Marseillaise à pleins poumons.

Un financement issu du mécénat

Il faut afficher ses attachements aux symboles et c'est la même chose dans les classes. Les garçons portent un uniforme vert et les filles un uniforme bordeaux. Ouverte en septembre dernier, cette école élémentaire fait partie des huit établissements du réseau Espérance banlieues financées par du mécénat. Des écoles privées hors contrat qui visent à redonner confiance aux élèves en difficulté. Les détracteurs de ces nouvelles écoles y voient le retour d'un enseignement archaïque. Ces écoles ne sont pas tenues de suivre le programme gouvernemental ni les méthodes pédagogiques imposées par le gouvernement. Elles ont aussi une grande liberté de recrutement du personnel enseignant (d'où la présence de cette jeune institutrice l'année précédente encore dans la finance). Ces libertés en éducation n'existe pas au Québec.

Résultats équivalents à l'école publique

Le reportage de France 2 affirme que les écoles de ce réseau obtiennent des résultats similaires à ceux d'une école publique secondaire (« collège » en France) locale. Le reportage ne dit rien sur la progression de ces élèves et si ceux évalués au collège étaient, comme il le semble dans le reportage pour cette école primaire, des élèves difficiles ou peu studieux auparavant.



Nouvelle offensive de la Manif pour tous sur l'éducation sexuelle

Le site onsexprime.fr est dans le collimateur de la Manif pour tous.

Le collectif d'associations s'inquiète d'un site, placé sous la tutelle du ministère de la Santé, qui répond aux questions que se posent les adolescents sur l'amour, la sexualité, la contraception, l'avortement, etc.

La Manif pour tous vient de lancer, lundi 20 février, un site d'alerte sur l'éducation à la sexualité. «En quoi consiste l'éducation sexuelle? Vers quels livres et sites internet sont renvoyés les élèves? À quel âge commence la sensibilisation des enfants à la sexualité?», indique en préambule le site ecoleetsexe.fr qui affirme publier des «directives officielles et des supports mis à disposition des élèves pour faire leur éducation sexuelle». Il s'agit d'un «site d'alerte et d'information vis-à-vis des parents». Après avoir longtemps bataillé contre le programme «ABCD» de l'égalité du ministère de l'Éducation nationale et sur les questions de genre, les quatre créateurs du site, tous proches de la Manif pour tous, s'attaquent particulièrement à onsexprime.fr.

Cette plate-forme créée en 2009 et remaniée en 2012 par l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), placé sous la tutelle du ministère de la Santé, est présentée par les pouvoirs publics comme «la plus complète en matière d'éducation à la sexualité» s'inscrivant au-delà d'une approche santé, comme en attestent les rubriques: Sexe anatomy / Premières fois / Sexe & Santé /Plaisir / Sexe & Sentiments / Sexe & Égalité. Le site est censé répondre «de manière claire et simple» aux questions que se posent les adolescents sur l'amour, la sexualité, la contraception, l'avortement, les infections sexuellement transmissibles (IST), le Sida et les préservatifs.


Esther Pivet, toujours très vigilante sur les questions liées au genre via son site Vigigender et Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, estiment que ce site «trop technique» ne «parle pas d'amour»: «On y lit une vision de la sexualité technique, hygiéniste, mécanique. On met le corps d'un côté, le cœur de l'autre», juge Esther Pivet. Toutes deux s'indignent du luxe de détails descriptifs et techniques concernant différentes positions sexuelles: levrette, bateau ivre, cunnilingus, 69. Esther Pivet ne voit pas non plus l'utilité de représenter des actions sexuelles par des figurines en papier ou des fruits et légumes: «La sexualité est belle. Ici, on la réduit à des recettes de cuisine. Pourquoi ces représentations? Ma génération s'est passée de dessins. Après tout, c'est naturel!» Pour Ludovine de la Rochère «ce site surinforme. Il va bien au-delà des questions des adolescents. On entend parler de digue dentaire, tribaldisme. Ne peut-on pas garder un peu de mystère? On est uniquement dans la fonctionnalité du corps».

Source : Le Figaro

samedi 18 février 2017

Baisse inquiétante du QI en Occident, selon plusieurs études



Url de la vidéo, si elle ne s’affiche pas ci-dessus.

C’est un phénomène inquiétant. Depuis un siècle, le quotient intellectuel des sociétés occidentales avait tendance à toujours s’élever dans nos sociétés au fil des générations. Mais voici que plusieurs études récemment réalisées montrent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains mettent en cause les pollutions chimiques, d’autres, notre monde hyper connecté. D’aucuns accusent l’éducation ou même l’afflux de populations peu formées du Tiers-Monde. Mais ces problèmes sont présents aussi en Asie et n’empêchent pas là-bas le QI moyen de progresser.

Le reportage de la télévision publique belge ci-dessus commence à la Faculté de psychologie de l’Université libre de Bruxelles. Laurence y réalise ce qu’on appelle un test de QI. Ces tests évaluent notre logique, notre raisonnement, notre rapidité d’action. En gros, nos facultés intellectuelles. Elles ne tiennent pas compte de notre socialisation ou encore de notre intelligence émotionnelle.

« Cerveaux Google »

Depuis la fin de la guerre jusque récemment, les tests de QI montraient que notre cerveau évoluait plutôt bien. Mais au tournant des années 2000, plusieurs études attestent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains incriminent notre monde hyper connecté. Pour Axel Cleeremans, responsable du centre de recherche cognitive à l’ULB, ces technologies que sont internet et les iPhone ont pris une telle place dans notre environnement que notre mémoire s’externalise.

Les journalistes ont fait un test sur un campus universitaire. Tous les étudiants interrogés étaient bien en peine de leur citer un seul numéro de cellulaires de leurs proches. Tout est dans leur téléphone intelligent. Lorsque les journalistes leur demandent à quoi correspond la date de 1515, ils s’empressent de faire une recherche sur Google pour nous répondre enfin : « Bataille de Marignan ».

Sommes-nous devenus paresseux ? Pour Emmanuel De Becker, chef du service pédiatrie infantojuvénile à l’hôpital universitaire Saint-Luc, nous sollicitons simplement d’autres zones de notre cerveau. Le fait d’être devant un écran stimule certaines zones cérébrales et pas d’autres.

En fait, la « génération Google » a tellement intégré les nouvelles technologies que son cerveau s’est transformé. Son hippocampe, la zone de la mémoire s’est atrophiée alors que les lobes préfrontaux — les zones de la synthèse se sont développées.

Pour Emmanuel De Becker, les tests de QI devraient prendre en compte désormais ces transformations de notre environnement et mieux intégrer les nouvelles technologies. Mais comment expliquer, dans ce cas, les performances étonnantes réalisées en Asie alors qu’eux aussi sont hyperconnectés ? À Hong Kong et Singapour, le QI moyen est de 108, la Corée du Sud 106. Le premier pays européen à se hisser à la 5e place, c’est l’Italie avec 102.

Pour Laurent Alexandre, prospectiviste également à la tête d’une entreprise de haute technologie : « Les petits Singapouriens nous dépassent dans tous les domaines. Ce n’est pas qu’ils nous dépassent, ils nous écrasent. Probablement avons-nous renoncé à notre leadership technologique, éducatif et scientifique tel que nous l’avions il y a encore 50 ans. À l’inverse, en Asie, des sommes considérables sont investies dans l’enseignement [traditionnels et conservateurs, ajoutons-le]. »

Améliorer notre enseignement, c’est ce que prône ce spécialiste convaincu que c’est la manière d’intégrer le monde de demain. Un monde où nos jeunes devront rivaliser avec l’intelligence artificielle.

mardi 14 février 2017

Italie — Les étudiants ne connaissent plus leur langue maternelle

L'Académie de la Crusca, à Florence
Plus de 600 professeurs d’université lancent un SOS au gouvernement en réclamant des mesures urgentes pour lutter contre les carences linguistiques des étudiants, qui ne cessent de s’aggraver.

Tous unis contre le déclin de la langue de Dante. Outre des recteurs et professeurs des universités de toutes les régions du pays, des membres de l’Académie de la Crusca, institution fondée en 1582 à Florence pour la défense de la langue italienne, figurent parmi les 615 signataires d’une lettre ouverte adressée la semaine passée au gouvernement et au parlement.

On doit cette initiative au « Groupe de Florence », une association d’enseignants et d’intellectuels créée en 2005, dont l’objectif est de remettre au centre de la vie familiale, scolaire et universitaire les principes du mérite et du respect des règles.

« Si un Italien ne sait pas parler ou écrire correctement sa langue maternelle, il perd son identité », se désole Giuseppe Scaraffia, professeur de littérature à l’université La Sapienza de Rome. Le problème n’est pas récent. Mais il ne cesse de s’accentuer. De fait, selon l’Institut national de statistiques (Istat), 58 % des Italiens n’ont pas lu un seul livre en 2016, alors qu’ils étaient 46 % en 2000.


Un vocabulaire qui s’appauvrit

D’un ton ironique, le professeur Scaraffia cite en exemple le récit récent d’un de ses collègues, qui a dû expliquer à une étudiante de 22 ans la signification du mot « penultimo » (avant-dernier). « Cela illustre bien les carences de nos jeunes, ils ont un vocabulaire très pauvre car ils lisent peu ou pas du tout, déplore-t-il. Ils écrivent comme s’ils rédigeaient des SMS. Avec des fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe… Un vrai désastre ! »

Emma Nardi, enseignante en pédagogie à l’université Roma Tre, lui fait écho. « Depuis 2010, explique-t-elle, j’ai pris l’initiative de créer un projet de réapprentissage de la langue italienne pour mes étudiants. Ils sont incapables de bien rédiger un courriel ! »

Un besoin d’une plus grande exigence

Si l’on en croit le texte de l’appel, de très nombreux étudiants, en particulier ceux des régions défavorisées du sud du pays, ont une connaissance de la langue italienne équivalente à celle d’un élève en fin de cycle primaire. Mais cela ne les empêche pas d’obtenir un diplôme universitaire.

La lettre insiste également sur l’absence de prise de conscience de ce déclin de la langue italienne par les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1990 : « Des mesures ont été prises pour la formation continue des enseignants mais aucune réforme n’a affronté ce problème dans toute sa gravité. L’Italie a besoin d’une école plus exigeante et plus efficace. Sans quoi, ni l’engagement de tant d’enseignants compétents, ni l’introduction de nouvelles méthodologies ne suffiront. »

Agir au niveau du début du secondaire

Des contrôles réguliers des compétences de base, durant les cycles du primaire et du début du secondaire, à travers des dictées, des résumés et des tests de compréhension, font partie des propositions que font les professeurs alarmés. Giuseppe Scaraffia estime qu’il faudrait aussi introduire un examen d’italien lors de l’inscription universitaire. « Parmi mes 250 élèves, les meilleurs en italien sont des Chinois, c’est un comble ! » s’exclame-t-il.

La nouvelle ministre de l’instruction, Valeria Fedeli, promet de rencontrer des signataires de l’appel dans les plus brefs délais. Dans sa réponse, elle précise que « les écoles primaires fonctionnent bien en Italie ». Mais reconnaît la nécessité d’« agir au niveau des collèges, en augmentant les activités de lecture et d’écriture et en renforçant la capacité de synthèse ». La ministre a aussi annoncé un projet de collaboration avec la Fédération nationale de la presse pour la distribution de quotidiens dans les établissements scolaires.

Source


lundi 13 février 2017

La liberté d'expression à l'UQAM

Selon certains, la liberté d'expression serait en danger dans les universités... Marie-Ève Tremblay a mené une expérience à l'UQAM et les résultats sont assez particuliers.

La liberté d'expression en danger dans les universités? | Cord...

Selon certains, la liberté d'expression serait en danger dans les universités... Marie-Eve Tremblay a mené une expérience à l'UQAM et les résultats sont assez particuliers.

Publié par ICI Grand Montréal sur 13 février 2017

(Hyperlien de la vidéo si elle n'apparaît pas ci-dessus)

Ou comment moins de 50 militants peuvent avoir un impact sur plus de 42.000 étudiants.

Nous avons beaucoup aimé la correction révélatrice d'une des militantes condamnant d'abord les propos « hétérosexistes » (terme militant LGBTQ2S désignant ceux qui considèrent que l'hétérosexualité est plus normale que l'homosexualité) pour ensuite utiliser le terme plus stigmatisant d'« homophobes ».

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Lutte à « l'hétérosexisme » : manque de modestie constitutionnelle du gouvernement québécois


dimanche 12 février 2017

« Repli identitaire » ou « ouverture sur le monde » ? Fausse alternative...


Extraits d'une chronique de Mathieu Bock-Côté :

Mais comme d’habitude, ces termes qui circulent dans les médias et qui relèvent du petit bêtisier propre à la rectitude politique ne sont pas vraiment définis. Qu’est-ce que le «repli identitaire»? On serait bien en peine d’en avoir une définition minimalement rigoureuse. D’autant que le repli identitaire est toujours couplé à un autre concept, celui de l’ouverture à l’autre, qu’on ne prend pas davantage la peine de définir, mais qui est connoté positivement – on parle aussi de l’ouverture au monde, mais là-aussi, la définition est plus souvent qu’autrement manquante. Ceux qui s’en réclament se croient moralement auréolés. Ils sermonnent leurs contemporains qui seraient encore dans les ténèbres à la lumière de la révélation diversitaire. Ils représentent le camp du bien. Même si cette alternative domine le système médiatique, elle n’a aucun sens. Elle a une seule fonction en fait: présenter le multiculturalisme comme la traduction politique et éthique de la part la plus généreuse de l’esprit humain. Ceux qui s’y rallient représenteraient la meilleure part de l’humanité. Il s’agirait de meilleurs humains. C’est d’ailleurs un des avantages stratégiques d’un certain progressisme qui domine aujourd’hui les sciences sociales et la philosophie telles qu’on les pratique en milieu universitaire: le simple fait de s’en réclamer donne à ceux qui y adhèrent un sentiment de supériorité morale.

Il faut pourtant se déprendre de cette alternative intellectuellement débilitante entre le repli identitaire et l’ouverture au monde pour penser sérieusement la question identitaire, qui nous connecte aux fondements de la communauté politique et nous permette de penser à partir de quelle réalité un peuple s’institue et se constitue. Disons-le autrement: nos sociétés ne sont pas travaillées d’un côté par les forces des ténèbres et d’un autre par celles de la lumière. [...]

On ne saurait enfermer la nature humaine dans un simple système idéologique qui la recouperait parfaitement: l’homme a à la fois besoin d’enracinement et de cosmopolitisme, il a autant besoin de frontières pour le protéger que de la possibilité de les franchir pour ne pas se laisser avaler par la communauté à laquelle il appartient. On pourrait aussi dire qu’il a besoin de liberté et d’égalité. Il y a dans le cœur humain des aspirations contradictoires, mais également nécessaires, et la vocation du politique ne consiste pas à éradiquer un des deux pôles en question mais à trouver une synthèse pratique, qui n’est jamais définitive, et qui s’accorde à la conjoncture globale d’une époque, entre ces aspirations, en sachant et en reconnaissant que jamais le conflit entre ces philosophies ne s’éteindra. La vocation du politique, autrement dit, ne consiste pas à écraser la complexité humaine dans une idéologie mais à faire droit aux nombreuses facettes de l’humanité qui se projettent dans la cité et qui, inévitablement, s’entrechoqueront lorsqu’elles se rencontreront. En fait, une communauté politique qui se montrerait étrangère et même hostile à la pluralité irréductible des valeurs et des philosophies s’exprimant dans la cité se condamnera à une extrême pauvreté existentielle ou à la tyrannie.

Il n’y aura pas, au terme de l’histoire humaine, la découverte d’une société idéale (d’ailleurs, il n’y aura pas de terme à l’histoire humaine). Il faut se délivrer du fantasme utopiste qui laisse croire à une réconciliation totale, un jour prochain, du genre humain, qui grâce à une doctrine politique idéale, pourrait enfin se délivrer des querelles de la cité, l’humanité pouvant enfin s’adonner aux bonheurs privés pendant que des technocrates de bonne volonté administreraient la chose commune. Le conflit est au cœur de la condition humaine, de la nature humaine, et la vocation du politique consiste justement à régulariser et civiliser ce conflit, sans pour autant l’étouffer, car il est aussi créateur de sens. Le politique consiste à transcender cette conflictualité irréductible, qui toujours peut dégénérer en une lutte à finir entre factions chacune persuadées d’avoir le monopole du bien et du vrai. C’est pourquoi les passions doivent être cultivées sans pour autant se déchainer. On ajoutera que la civilisation libérale a aussi pour vocation de traduire ce conflit de philosophies en échange argumenté. Mais la délibération politique n’est pas une délibération universitaire transposée dans la cité : ceux qui s’y adonnent veulent non seulement convaincre mais vaincre.
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Multiculturalisme, « hybridation », « métissage culturel », une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales


vendredi 10 février 2017

Église catholique et l'immigration — le grand malaise

Laurent Dandrieu est le rédacteur en chef des pages « Culture » de Valeurs actuelles pour lequel il suit également l’actualité religieuse. Il vient de publier un ouvrage qui suscite la polémique et le débat.

Laurent Dandrieu dénonce le grand malaise de nombreux catholiques qui n’arrivent plus à suivre l’Église sur des questions aussi complexes que l’immigration, l’Islam et l’identité. Pendant que l’Europe, qui n’a déjà pas réussi à intégrer les précédentes générations d’immigrés, est soumise à un afflux de migrants sans précédent. L’Église catholique, plus que jamais, martèle l’unique impératif de l’accueil, donnant l’impression de se faire complice de ce que le pape a lui-même qualifié « d’invasion ».

Pour l’auteur, cette incompréhension n’est pas une fatalité. On peut réconcilier les impératifs de la charité authentique et la défense de la civilisation européenne.



Extrait du livre (pp. 90-93)

Quelques lignes plus loin [La Croix le 16/V/2016], interrogé sur le fait que le rejet des migrants par une partie de l’opinion se nourrit d’une crainte de l’islam, François se livrait à un bel exercice de déni : « Je ne crois qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. »

Pour récuser l’idée que cette conception violente de l’islam pourrait très largement déborder le cas particulier de Daech, le pape se livre ensuite à une parallèle pour le moins douteux entre celui-ci et le christianisme : « L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. »

Étrange parallèle entre un Dieu qui commande à ses disciples : « Allez, donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28, 19-20) et un Dieu qui dit, selon le Coran : « Et tuez-les où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où qu’ils vous ont chassés : l’association1 [ou la sédition, selon les traductions] est plus grave que le meurtre » (sourate 2, [« La Vache », versets] 190-193) ; un Dieu qui veut « exterminer les incrédules jusqu’au dernier » (sourate 8, [« Le Butin », verset 7]), et dont le Prophète déclare « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône2. » Dans son livre Penser l’islam3, Michel Onfray a pu remplir trois pages de ces commandements violents ou intolérants, en se contentant de les citer.

Parallèle objectivement scandaleux, et insultant pour la religion que le pape a pour mission d’incarner, entre une religion, l’islam qui s’est objectivement propagée par les armes, et un christianisme qui s’est répandu à vive allure à travers le monde par le seul témoignage, poussé jusqu’au sacrifice de leur vie, des disciples de Jésus. Entre une religion musulmane dont la conception du martyre est de gagner le paradis en répandant le sang des autres et une religion chrétienne où il consiste à témoigner de la miséricorde de Dieu en acceptant de donner sa propre vie pour l’amour des autres...


Notes

1 — Le texte vise les associationnistes, c’est-à-dire ceux qui associent Dieu à d’autres divinités, dont font partie les chrétiens en vertu de leur foi trinitaire.

2 — Cité dans Rémi Brague dans « Les religions et la violence : ne pas renvoyer dos à dos islam et christianisme », Le Figaro, 24 mai 2016. Sur la question de l’islam et de la violence, voir Anne-Marie Delcambre, L’Islam des interdits, Desclée de Brouwer, 2003.

3 — Michel Onfray, Penser l’islam, Grasset, 2016, pp. 80-82.




Voir aussi

L’entretien de Laurent Dandrieu avec le site Le Rouge et le Noir.

L’Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

Manuel d’histoire — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

« Un Dieu, trois religions »

Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux

Les jeunes apprennent vite grâce au cours d'ECR : toutes les religions sont bonnes

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

« L’arrivée de Muhammad [Mahomet], au VIIe siècle, améliore la situation de la femme », mais « Les femmes [dans le catholicisme] ont une place importante, mais ne peuvent devenir prêtres. » in Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

jeudi 9 février 2017

Démographie : même taux de natalité au Canada qu'au Québec, sans « politique familiale »

Une proportion croissante des Canadiennes choisissent de n’avoir qu’un seul enfant, ou même aucun.

Cette tendance se reflète dans l’indice de fécondité du Canada, que les données du recensement de 2016 dévoilées mercredi ont établi à 1,6 enfant/femme, légèrement au-dessus de l’indice de 1,59 publié par Statistique Canada il y a trois ans. C’est le même taux de fécondité (1,6 enfant/femme) que celui-ci du Québec en 2015. En 2013, le taux de fécondité au Québec était encore de 1,65 enfant/femme. Notons également que le Québec a mis en place une ambitieuse « politique familiale » très coûteuse qui ne semble avoir eu à peu près aucun effet à long terme sur la natalité depuis sa mise en place en 1997 avec sa mesure phare : des garderies fortement subventionnées.

Le Nunavut présente la fécondité la plus élevée du Canada. Les femmes y donnent naissance à 2,9 enfants par femme en moyenne, lui permettant d’afficher le taux de croissance démographique le plus élevé au pays, à 12,7 pour cent.

L’indice de fécondité réfère au nombre d’enfants qu’aurait hypothétiquement une femme au cours de sa vie reproductive, calculé pour les femmes de 15 à 49 ans.

Au Canada, cet indice chute de façon constante depuis les dernières décennies : l’année 1971 fut ainsi la dernière où le nombre moyen d’enfants atteignait 2,1, soit le seuil nécessaire pour permettre à la population de se renouveler sans l’aide de l’immigration.



La directrice générale de l’Institut Vanier de la famille, Nora Spinks, rappelle toutefois qu’il s’agit d’une moyenne et qu’il existe toujours des familles qui ont cinq ou six enfants, mais aussi de plus en plus de familles qui n’en ont pas.

« L’une des principales raisons expliquant pourquoi les gens ont moins d’enfants est une combinaison de circonstances et de biologie », a-t-elle expliqué. Plus de femmes choisissent de fonder une famille plus tard, comparativement aux générations précédentes. Dans les années 1960, par exemple, l’âge moyen pour avoir un premier enfant était d’environ 22 ans.

De nos jours, les femmes attendent souvent la trentaine avant d’avoir un premier enfant.

« Plus on retarde l’arrivée du premier enfant, moins on a de temps pour en faire plus, souligne Mme Spinks. Il arrive un moment où on ne peut plus concevoir ou concevoir aussi facilement que lorsqu’on était plus jeune. »

Le coût associé aux enfants — de la garderie à l’éducation postsecondaire, en passant par les activités parascolaires — est un autre élément qui peut venir dicter la taille de la famille, affirme la sociologue et démographe Susan McDaniel, de l’Université de Lethbridge.

C’est exact, mais c’est aussi une question de priorité des parents et des gouvernements. Pour ce qui est des gouvernements, il peut décider d’aider tous les parents ou uniquement ceux qui confient leurs (rares) enfants à des tiers comme le Québec dont la politique familiale se résume principalement à aider les femmes à retourner au bureau et non à alléger la charge fiscale de toutes les familles.


« Les deux tiers de la croissance de la population sont dus à l’immigration, et on sait que les immigrants vont plus s’établir dans les grands centres », fait remarquer Johanne Denis. L’immigration « contribue beaucoup » à l’urbanisation grandissante du Canada, signale-t-elle.

On est cependant bien loin, à Montréal, d’avoir constaté une explosion démographique aussi fulgurante que dans les deux principales villes albertaines, qui dominent leurs rivales de partout au pays : la région de la ville de Calgary a enregistré une croissance de 14,6 pour cent, et celle de la capitale, Edmonton, de 13,9 pour cent.

À l’inverse, la région de la ville néo-brunswickoise de Saint-Jean s’est vidée de ses habitants. Entre 2011 et 2016, la population y a diminué de 2,2 pour cent, alors qu’elle avait pourtant enregistré un bond de 4,4 pour cent au cycle de recensement précédent, entre 2006 et 2011.

L’agence fédérale dévoilait mercredi matin les premières données brutes tirées du recensement réalisé en 2016, année qui marquait le retour du formulaire long obligatoire qui avait été aboli sous le précédent gouvernement conservateur.

Au cours des prochains mois, Statistique Canada révélera une série d’autres trouvailles concernant l’âge, la scolarité, l’immigration ou encore la langue, entre autres indicateurs, qui permettront de brosser un portrait de la société canadienne.

Croissance démographique : le Canada champion des pays industrialisés à cause de l’immigration

Même s’il a enregistré un recul de son taux de croissance démographique entre 2011 et 2016 par rapport à celui du précédent recensement, le Canada demeure en tête de liste des pays du G7 à ce chapitre.



Le taux de croissance annuel moyen de 1 pour cent permet au Canada de « devancer » l’ensemble de ses partenaires du groupe des sept. Il est suivi, dans l’ordre, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, puis du Japon, selon Statistique Canada. 

Le Canada était au premier rang de ce palmarès au cours des deux périodes intercensitaires précédentes, soit de 2001 à 2006 et de 2006 à 2011, d’après les données de l’agence fédérale.

Le Canada devance également de pays qui ne font pas partie du G7 comme l’Argentine, la Corée du Sud, la Russie, le Brésil ou la Chine. Pourquoi les gouvernements du Canada pensent-ils que le Canada doit connaître une telle croissance démographique ? En effet, cette croissance rapide change l’équilibre entre les provinces (le Québec perd sans cesse du poids). En outre, l’augmentation rapide de la population a un impact non négligeable sur l’environnement (le Canada étant un grand consommateur d’énergie par tête d’habitant, plus que les pays dont sont originaires ces immigrants). Qu’en pensent les écologistes ? Sont-ils pour cette croissance rapide ?


 


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mercredi 8 février 2017

« Vivre ensemble » : association musulmane demande plus que le programme ECR

Une coalition de groupes musulmans réclame des gestes concrets en réaction à la tuerie dans une mosquée de Québec.

Ces groupes veulent, entre autres, que les policiers de toutes les municipalités du pays reçoivent des formations sur les crimes haineux et que les ministères de l’Éducation de toutes les provinces ajoutent au curriculum un cours obligatoire sur le racisme systémique.

Haroon [Haroun ?] Bouazzi, de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL-Québec), estime que le cours d’éthique et de culture religieuse qui se donne dans les écoles du Québec ne suffit pas.

« Ce cours-là parle de tolérance. Nous, on ne pense pas qu’on est là pour se tolérer. On est ici pour [...] construire un avenir ensemble égalitaire et juste », a exposé M. Bouazzi.

« On pourrait y ajouter explicitement la question du racisme, du sexisme, de l’homophobie, toutes les questions de domination sociale envers des groupes. Aujourd’hui, on parle de vivre ensemble sans expliquer qu’il n’y a pas de vivre ensemble possible sans véritable égalité et justice », a-t-il dit.

Une quarantaine de groupes signent une lettre ouverte qui s’adresse aux trois ordres de gouvernement.

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