vendredi 13 avril 2012

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec, voici ce qu'il pense de l'étude de Pierre Fortin et al. sur les garderies :

Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. Le faible coût des frais de garde ? Oui. Grosse différence.

Une nouvelle étude des professeurs Luc Godbout, Pierre Fortin et Suzie Saint-Cerny révèle que le système de garderies subventionnées est « payant » pour Québec. La logique est la suivante  : les garderies à 7 $ permettent à des milliers de mères de participer au marché du travail. Ces mères (et pères) gagnent des salaires et payent des impôts, ce qui gonfle les revenus de l’État. Au-delà de ce que coûte le programme.

[...]

[I]l existe une nuance dans le débat sur les garderies à 7 $. Nuance qui échappe à beaucoup de monde. Mais vendredi matin à la radio, l’animateur Paul Arcand a eu l’intelligence de poser LA question à Luc Godbout en début d’entrevue :

« Est-ce que toute forme d’investissement, de crédits d’impôt, ou des montants versés directement aux familles auraient le même effet ? » Réponse de M. Godbout : « l’effet pourrait être similaire, oui. » De l’avis du fiscaliste, c’est le faible coût des services de garde qui permet aux mères d’accéder au marché du travail. Et non pas le système de garderies en tant que tel.

L’argent aux parents

Autrement dit, ce ne sont pas les CPE qui permettent à ces femmes d’aller sur le marché du travail. Mais plutôt le faible coût des services de garde. C’est-à-dire les subventions, gracieuseté de vous, contribuables.

Comme j’ai déjà écrit, si on prenait ces milliards $ pour donner une allocation directement aux familles afin qu’elles placent leur enfant dans une garderie de leur choix, on verrait grosso modo les mêmes effets sur le taux d’activité des femmes. Et sur les rentrées fiscales du gouvernement.

Et qui sait ? Les rentrées fiscales seraient peut-être plus élevées. Puisqu’avec le système actuel, les enfants de milliers de femmes végètent sur des listes d’attente (car l’État freine la création de nouvelles places). Il y a donc beaucoup de femmes qui ne peuvent joindre le marché du travail.

Surtout : en donnant un bon de garde aux parents (pas pour acheter des chips [Note du carnet: et pourquoi ne pas pour payer le parent s'il éduque son enfant à la maison ? Il n'y a pas que le PIB dans la vie !], mais pour des services de garde seulement), on épargnerait sur le complexe bureaucratique-syndical qui fait exploser les coûts (trois fois plus vite que le nombre de places). Et qui, tous les 2 ou 3 ans, prend les parents — et les contribuables — en otage.

Bref, les défenseurs du système actuel peuvent vanter ses mérites financiers. Mais ils devraient considérer que si l’on donnait l’argent aux familles, au lieu de le donner au système, ce pourrait être encore plus « payant » pour l’État.

Source

Voir aussi

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire


« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Mise à jour du 18 avril 2012

Critiques de l'étude de Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie Saint-Cerny :



Mise à jour du 13 avril 2012

L'étude de Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie Saint-Cerny dont il est fait mention ci-dessous est enfin parue. Mais apparemment pas dans une revue scientifique, uniquement sur internet, ici. Rappelons que cette étude prétend que, pour l'année 2008, environ 70 000 mères sont retournées au travail grâce au programme québécois des services de garde à contribution réduite et que cet afflux de femmes en emploi a entraîné une majoration d’environ 5,1 G$ (5,1 milliards) du revenu intérieur (PIB) du Québec dans la même année.



La semaine passée, la troisième version de l'étude Le point sur la petite enfance a été publiée. Les médias canadiens ont en fait grand cas, sans aucune distance. C'est ainsi que le quotidien Métro titrait, par exemple, sans guillemets et sans conditionnel : « Le Québec, leader en matière de petite enfance ». La première phrase de l'article continuait sur le même ton : « Avec ses garderies à 7$, le Québec est le leader canadien des politiques en matière de petite enfance. » Quant à Radio-canada, elle titrait avec la même confiance en citant la même étude : « Piètre performance de la Saskatchewan en éducation à la petite enfance ».

Notons tout d'abord que cette étude a été rédigée par des militants de longue date, comme feu Fraser Mustard, d'un programme gouvernemental pancanadien de garderies subventionnées. L'étude en elle-même n'apporte rien de neuf en termes scientifiques : il ne s'agit pas d'une nouvelle étude fondamentale, ni même d'une nouvelle métaétude rigoureuse. Il s'agit plutôt d'un long plaidoyer partisan, militant, dont la nouveauté est un classement des provinces en matière de petite enfance selon les critères choisis par ces partisans de programmes gouvernementaux.

Disons d'emblée, pour qu'on ne nous méprenne pas, que nous ne sommes pas opposés à des garderies pour certaines familles, selon leur besoin. Ce que nous défendons c'est le choix des parents et que la garde à la maison des jeunes enfants par les parents ne s'accompagne pas d'un coût prohibitif (de forts impôts pour financer les programmes subventionnés et une forte subvention accordée uniquement aux familles qui confient leurs bambins à des tiers).

L'« étude », il faudrait sans doute mieux parler du manifeste, n'hésite pas à afficher ses couleurs « progressistes ». C'est ainsi que, sans rire, ce manifeste déclare avec grandiloquence l'importance des services de garderie universels car « Comment les citoyens peuvent-ils participer à la prise de décisions en matière de changement climatique et de l’avenir de l’espèce humaine sans avoir les aptitudes nécessaires pour comprendre la complexité du problème ? » ou encore « Aujourd’hui, notre tâche, en fait, notre survie même en tant qu’espèce,  consiste à réduire la différence entre les pays riches et les pays pauvres et à s’assurer que les prochaines générations détiennent la capacité de mettre sur pied des sociétés démocratiques, pluralistes et prospères. » La survie de notre espèce dépendrait des services de garde gouvernementaux. Excusez du peu.

Mais comment le Québec a-t-il atteint sa première place et la Saskatchewan sa mauvaise note ? Par un effet de système qui favorise les provinces dépensières dans le domaine, pas par une mesure réelle de l'efficacité quelconque des sommes dépensées.

Voici le tableau utilisé :


Ainsi sont favorisées les provinces qui paient le plus les gardiennes d'enfants, ainsi que les provinces où celles-ci sont accréditées par l'État, ont des « qualifications » et les provinces qui dépensent au moins 3  % de leur budget à l'éducation de la petite enfance. Il s'agit de critères bureaucratiques : plus les parents gardent eux-mêmes leurs enfants dans une province, plus cette province aura de mauvais points. Peu importe si les enfants de ces provinces (ou ces familles) sont moins stressés et réussissent mieux que ceux des provinces dépensières. Les provinces peu étatisées seront moins bien classées. Rappelons que les jeunes d'Alberta réussissent mieux que les jeunes Québécois  dans les études internationales comme le PISA ou le PIRLS alors que l'Alberta a une « très mauvaise note » dans le classement de cette étude sur les garderies. (Il existe bien une étude interprovinciale où les jeunes Québécois font mieux que les jeunes Albertains, mais elle est entachée par un absentéisme très important chez les élèves du Québec).

Ignorer les désagréments et les désavantages

Notons aussi que les enfants des CPE connaîtraient une épidémie de détresse. Mais l'« étude » Le point sur la petite enfance ne s'encombre pas de ce genre de détails. L'étude en général ne s'embarrasse guère plus des études qui affirment que la maternelle publique et gratuite est sans effet sur les résultats au primaire, ou encore de l'étude de chercheurs américains (qui ne dépendent donc pas des munificences de l'État québécois) sur le système de garderies québécois. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants:
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »
Ignorer les vœux des parents

Le manifeste Le Point sur la petite enfance s'inquiète peu de ce genre de choses, il a également tendance à passer par pertes et profits ce que les parents préfèrent : avoir de l'argent pour garder eux-mêmes leurs enfants comme plusieurs sondages l'ont déjà montré. On comprend bien que l'avis des parents ne pèse pas lourd quand la « survie de l'espèce est en jeu » et face à des bureaucrates qui savent, eux ! Peu importe donc si 77,9 % des parents canadiens préféraient en 2006 qu'un parent reste à la maison plutôt que de l'envoyer en garderie toute la semaine.

Au Québec, un sondage de Léger Marketing de 2010 a permis de constater que, dans les deux tiers des familles québécoises, l'un des parents serait prêt à rester à la maison pour prendre soin des enfants d'âge préscolaire si l'État lui versait une allocation équivalente à la subvention qui est accordée pour une place en garderie subventionnée (CPE ou autre). On parle ici d'une subvention annuelle d'environ 9 000 dollars.

« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Affiche soviétique des années 30
La « logique » étatiste... confrontée à la réalité

À la base de ce rapport, on retrouve les mêmes raisonnements simplistes et implicites : il existe des cas (extrêmes) d'enfants mal entourés, des immigrants qui connaissent mal la langue locale, des enfants mal nourris, peu sollicités intellectuellement, les parents ne sont pas formés à leur métier de gardes d'enfant. De cas regrettables et très minoritaires, on tire une conclusion hâtive : le mieux est de confier l'éducation de vos bambins à des tiers et d'aller travailler. On a l'impression que les auteurs de ce rapport pourraient facilement dire aux parents : « Félicitations, c'est une fille ! Merci, vous pouvez nous la donner maintenant, à partir d'ici l'État s'en chargera. N'oubliez pas de payer vos factures et impôts ! »

Pierre Lefebvre, professeur au Département de sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) précisait pourtant récemment qu'« [i]l y a un sérieux problème de qualité. J'irais même jusqu'à dire que la qualité est très basse, dans les garderies, que ce soit au niveau de la formation du personnel ou, encore, des interactions entre les éducatrices et les enfants ».

Toute l'expérience le l'État Nounou nous montre bien que l'État n'est pas en moyenne un meilleur parent que les parents biologiques. Les enfants instruits à la maison s'en tirent très bien. Après tout, les masses d'argent dépensé depuis des décennies sur les services sociaux, l'éducation, la « prévention » par l'État-providence n'ont pas corrigé la nature humaine.

Des services de qualité

« Ah, mais si seulement les services de garde étaient de qualité ! » de nous dire les défenseurs de garderie. On ne peut évidemment pas s'opposer à une meilleure qualité. L'ennui c'est qu'on se demande si la qualité ne coûtera pas finalement plus cher que de laisser un des parents s'occuper lui-même de ses enfants en bas âge. On voit bien la tendance au Québec où les coûts des CPE et autres garderies augmentent nettement plus vite que l'inflation ou le nombre de places disponibles. Selon Antagoniste, « les budgets des CPE sont passés de 417 millions à 1 898 millions de dollars, soit une augmentation de… 355 %. Vous avez bien lu, pour augmenter le nombre de places de 188 %, les budgets ont été augmentés de 355 %.  »

Aucun effet prouvé sur la natalité

Un des plus grands partisans des milliards dépensés dans les garderies du Québec est Pierre Fortin, pour lui revenir sur l'énorme réseau de garderies étatisées serait « rétrograde ».  Pierre Fortin déclarait encore en décembre 2010 :
« La fécondité est maintenant plus élevée au Québec qu'ailleurs au Canada. L'an dernier, il y a eu 64 naissances par tranche de 1 000 femmes de 18 à 44 ans au Québec, et 61 dans les autres provinces canadiennes. Les Québécoises ont aussi été les plus actives : 80 % des femmes de 25-44 ans occupaient un emploi au Québec, contre 77 % ailleurs au Canada. Conciliation travail-famille, vous dites ? »
Notons d'abord que le taux de fécondité est bien supérieur dans les provinces « mauvaises élèves » selon le manifeste Le Point sur la petite enfance comme l'Alberta, le Manitoba ou la Saskatchewan. La fécondité de ces provinces de l'Ouest continue d'augmenter alors que celle du Québec plafonne au mieux malgré des sommes de plus en plus importantes consacrées à la politique dite « familiale » (mais uniquement certains types de familles, celles où les deux parents travaillent et confient leur enfants à des tiers).

L'Institut de la statistique du Québec admet d'ailleurs que :

« [O]n a toujours refusé de parler d’un baby-boom. Il y a eu un report des naissances – les femmes se sont mises à avoir leurs enfants plus tard, a-t-elle expliqué à mon collègue Gabriel Béland. On a donc connu un creux au début des années 2000. Les hausses des dernières années s’expliqueraient par le rattrapage. Mais ce rattrapage s’essouffle et ne semble plus faire augmenter les chiffres.

[...]

Or, absolument rien ne prouve que l’augmentation des naissances au Québec soit due aux mesures pro-famille mises en place au cours des dernières années. En effet, le nombre de naissances et l’indice de fécondité ont également crû dans les autres provinces du pays. La hausse semble avoir été un peu plus prononcée ici, mais il faudra du recul pour évaluer si la politique familiale a joué et comment. »

Pertes de liberté

Rappelons que la « politique familiale » étatiste du Québec s'accompagne d'une perte de liberté et de choix des parents. C'est ainsi qu'on interdit désormais tout acte religieux ou explication d'un fait religieux dans les garderies subventionnées et que l'on songe à faire de même dans les garderies en milieu familial ! Alors que, si les parents recevaient directement des allocations de garderie (ou étaient moins imposés) égales aux subventions perçues par les garderies, ils pourraient plus facilement choisir des garderies religieuses ou non, selon leur préférence.

« Les garderies se paient d'elles-mêmes »

Dernier argument en faveur du programme de garderies québécois : il ne coûterait rien. Notons d'abord que, si la qualité des services est très médiocre comme l'affirme le professeur Pierre Lefebvre (voir ci-dessus), on peut se demander si, même gratuit, un tel programme est opportun. Ne parlons pas du fait que les parents voient moins leurs enfants grandir (comment quantifier cela ?) et que l'État limite l'éducation de ceux-ci (pas de religion, par exemple ! ).


C'est à nouveau Pierre Fortin (voir ci-dessus) qui avance cette idée de « gratuité » pour l'État de ces services. Selon lui, grâce aux CPE, lancés en 1997, le marché du travail peut en effet maintenant compter sur 70 000 Québécoises de plus qui engendrent toutes sortes de revenus et d'économies pour la société. Ce chiffre de 70 000 femmes supplémentaires qui travailleraient est basé sur le fait qu'en 1996 (une année avant la mise en place des garderies dites à 7 $), le taux d'activité des femmes québécoises mères d'enfants de moins de six ans se chiffrait à 63 %, comparativement à 67 % en Ontario. En 2008, ce même taux d'activité se chiffrait à 74 % au Québec, et à 71 % en Ontario. Ces 70 000 femmes auraient ajouté 5,2 milliards de plus dans l'économie québécoise.

Pour les auteurs de cette étude (mise à jour en avril 2012), « comme les 69 700 mères de plus au travail ont fait augmenter l’emploi total du Québec de 1,78 %, c’est de 95,6 % [la productivité de ces jeunes mères par rapport à la moyenne selon d'aucuns] de 1,78 %, c’est-à-dire de 1,7 %, que le programme a finalement dû faire augmenter le revenu intérieur (PIB) du Québec en 2008. L’augmentation du PIB induite par le programme des services de garde à contribution réduite est finalement estimée à 5,1 G$ ».

Quelques objections semblent pouvoir être faites à cette étude très souvent citée :
  • 5,2 milliards cela fait beaucoup : un surprenant 74.000 $ de plus par femme dans l'économie québécoise ! La majorité des mères sont relativement jeunes et gagnent donc relativement moins que la moyenne des salaires et sont donc sans doute nettement moins productives que la moyenne des employés. D'ailleurs, un calcul sur la moyenne comme le font Fortin et al. a-t-il même un sens  ?
  • Dans quelles mesures ces jeunes mères n'occupent-elles pas des postes que d'autres auraient pu occuper sans ces subventions ?
  • Est-ce que l'argent donné directement aux parents pour qu'ils choisissent eux-mêmes la forme de garde ou la garderie de leurs enfants n'aurait pas eu le même effet ? Peut-être un effet supérieure puisqu'on aurait court-circuité la bureaucratie des CPE actuelle ?
  • Le taux d'activité des Québécoises entre 1996 et 2008 a également augmenté parmi les femmes qui n'ont pas d'enfants en bas âge et là encore nettement plus vite qu'en Ontario. Il est désormais de 87 % pour les Québécoises (contre 84 % pour les Ontariennes) dont l'enfant le plus jeune à plus de 6 ans. Dans quelle mesure l'augmentation n'est-elle pas le résultat d'autres variables que la disponibilité de garderies à bon marché ?
  • Selon le même organisme Le Point sur la petite enfance, les dépenses totales pour l’éducation de la petite enfance (garderie, maternelle, prématernelle) s'élèvent en 2010-2011 à 3 349 431 000 (3,35 milliards de dollars). Cela revient à 47 849 $ par femme employée supplémentaire...
  • Quel est le coût d'opportunité ? Quels autres emplois l'État (ou les contribuables) pourrait-il faire de ce même argent ?
  • Pourquoi la comparaison avec l'Ontario ? Que donneraient ces mêmes comparaisons avec l'Ouest  ? Ou avec les provinces Atlantique où l'on a aussi pourtant assisté à un rattrapage dans le taux d'emploi des femmes mais sans garderies subventionnées ! Qu'est-ce qui permet de penser que les choses sont comparables, que les femmes veulent autant travailler en Ontario qu'au Québec, que les emplois disponibles sont les mêmes, que les qualifications des femmes sont restées les mêmes ?

Nous ne sommes pas les seuls à demander à voir ces données mieux étayées que par un PowerPoint, et comme le disait l'Institut du mariage et de la famille Canada,  « Que l'on accepte ou non les calculs qui sous-tendent ces prétentions  — ce qui est loin d'être certain — il demeure qu'un système de garde universel gouvernemental n'a de sens que si la qualité de celui-ci est haute. » Et c'est loin d'être prouvé comme on l'a vu...


Voir aussi :

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits »

Lien avéré entre les femmes qui travaillent hors du foyer et l'obésité de leurs enfants

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école

Les enfants de mères au foyer sont en meilleure santé

The Child care debate (en anglais)




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Raymond Boudon et l'inégalité des chances scolaire

Le sociologue Raymond Boudon sur l'inégalité des chances scolaire : c'est en s'assurant que l'école est le lieu privilégié de la transmission des savoirs (et non de socialisation et de vivre-ensemble !) qu'on lutte le mieux contre l'inégalité des chances. Il revient sur l'opposition des « experts » quant à l'évaluation des enfants. S'il exclut le rôle des parents biaisés dans l'orientation scolaire des enfants (ils idéalisent leurs enfants, l'ambition des parents est inégale), il ne privilégie pas toutefois l'État, mais plutôt le rôle des enseignants proches des enfants.








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jeudi 12 avril 2012

Bock-Coté : le multiculturalisme, l'anthropologie des progressistes et son refus du péché




« Le libéral pense que l'homme est médiocre, le conservateur croit qu'il est mauvais, le réactionnaire qu'il est terrifiant et le progressiste croit qu'il est bon. »
Pour le progressiste, la cité avilit l'homme qui est foncièrement bon. Il faut donc transformer la culture pour délivrer l'homme. Le délivrer des institutions, de la culture, qui développent chez lui des pulsions mauvaises. Il nous faut rencontrer l'homme originel.

Aujourd'hui, dans la sociologie héritée du marxisme, puisque l'ouvrier ne veut plus jouer le rôle de l'exclu par excellence — c'est la découverte du XXe siècle : l'ouvrier préfère l'abondance à la révolution — on s'est donc retourné vers un ouvrier de remplacement : c'est l'exclu, le marginal, le minoritaire. La majoritaire est alors toujours coupable, le minoritaire légitime. Pour le progressiste, il faut donc condamner les institutions et la culture majoritaire.

Si l'on croit comme les conservateurs et les libéraux que l'homme est un peu médiocre, les institutions ne répriment pas, bien au contraire, elles civilisent, elles refoulent en nous la part d'ombre.

L'authenticité, la transparence, est un mythe étrange chez les progressistes. Car, si tout est transparent, ce qui apparaîtra n'est pas nécessairement beau. Les cloisons sont nécessaires dans une vie.

« Les intellectuels ont les mains pures, mais ils n'ont pas de mains » disait Charles Péguy.

Bock-Côté se penche ensuite sur l'Éloge du sens commun par le sociologue Raymond Boudon et Marc Crapez. Dans Défense du bon sens, Marc Crapez définit le sens commun comme l’appréciation logique que porte la sagesse ordinaire. Il est combattu par un parti-pris scientiste dépréciant la perception spontanée.

La « règle du demi-savoir », fondée par Érasme, enseigne qu’une zone à risque sépare les connaissances courantes des connaissances savantes. Ceux qui méprisent le bon sens cèdent au dogmatisme d’un personnage bien connu de la philosophie et de la littérature : le pédant ou Trissotin de Molière.

Marc Crapez distingue les intellectuels, dénonciateurs du bon sens, des hommes d’étude et de réflexion que le bon sens préserve de l'esprit systématique.







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« On récolte ce que l’on sème »

Nathalie Elgrably-Lévy revient sur le boycott des collégiens et étudiants au Québec :

Le bras de fer se poursuit entre les étudiants et le gouvernement du Québec. Dans ce dossier, l’État bénéficie de la sympathie de la majorité des citoyens. Pourtant, il est partiellement responsable de l’attitude des étudiants, car il a lui-même, jadis, semé les graines du mécontentement.

En 1997, la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, avait annoncé son plan d’action pour la réforme de l’éducation. Ses intentions étaient claires : passer de « l’accès du plus grand nombre au succès du plus grand nombre ». Elle avait même fixé des cibles pour le taux de diplomation.

Puis, en 2000, c’était au tour de son successeur, François Legault, de dévoiler sa Politique québécoise de financement des universités et d’annoncer l’instauration de contrats de performance.

Dans ces contrats, l’État obligeait les universités à se fixer des cibles de performance (dont les grands thèmes étaient imposés par le ministère de l’Éducation) et, en contrepartie, il s’engageait à augmenter le financement des institutions qui atteignent leurs objectifs.

La hausse du taux de diplomation était l’un des critères de performance.

Nivellement par le bas

Ne soyons pas naïfs ! Le nivellement par le bas est le moyen le plus simple et le plus rapide d’augmenter les taux de réussite et c’est précisément l’avenue empruntée par de nombreux établissements d’enseignement. Aujourd’hui, les nouveaux analphabètes fonctionnels ont en fait fréquenté l’école jusqu’à 16 ans. Voilà qui en dit long sur la qualité de l’enseignement au secondaire !

Comme les élèves qui terminent le secondaire sont moins bien formés, les cégeps doivent ensuite adapter leurs program­mes à cette nouvelle clientèle.

Ensuite, c’est au tour des universités de revoir leurs exigences à la baisse, d’une part pour tenir compte des capacités des étudiants et, d’autre part, pour atteindre le taux de diplomation visé. C’est ainsi qu’au lieu de réformer l’éducation, notre ministère l’a plutôt déformée.

Le nivellement par le bas est d’ailleurs confirmé par ce qu’il est convenu d’appeler « l’inflation des notes », un phénomène amplement documenté.

Deux chercheurs canadiens, James Côté et Anton Allahar, ont d’ailleurs montré que la note moyenne qui était de C il y a 30 ans oscille aujourd’hui entre B+ et A-. [voir Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?]

Dévalorisation des diplômes

La classe politique voulait démocratiser l’éducation. Force est de constater que ses initiatives se sont soldées par la dévalorisation des diplômes.

Or, les employeurs ne sont pas dupes, ils ont ajusté les salaires en conséquence. L’Annuaire québécois des statistiques du travail indique d’ailleurs que, de 2000 à 2010, des diplômés universitai­res ont vu leur rémunération horaire croître plus lentement que n’importe quel autre groupe. C’est aussi le groupe où le nombre de chômeurs a augmenté le plus vite.

Nul doute que les étudiants doivent payer pour leur éducation. Mais, de grâce, ne banalisons pas les diplômes ! Quand les établissements d’enseignement ne seront plus obligés de privilégier le taux de diplomation, quand ils abandonneront le nivellement par le bas et qu’ils privilégieront la qualité des diplômes plutôt que le pourcentage de diplômés, les étudiants pourraient alors accepter plus facilement une hausse des frais de scolarité !




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Québec — À nouveau une légère baisse de la fécondité en 2011

Comme nous l'avions déjà mentionné, selon les données démographiques provisoires de l'Institut de la statistique du Québec, 88 500 enfants sont nés au Québec en 2011, un nombre à peu près semblable à celui enregistré en 2010 (88 300). Le nombre de naissances a entamé un lent déclin après avoir connu une sommet en l’année 2009 pour atteindre 88 891 naissances. Rappelons que la population du Québec a continué de croître pendant cette période (principalement en raison de l'immigration) et que, en conséquence, même avec 200 naissances supplémentaires en 2011 par rapport à 2010, le taux de natalité a légèrement baissé.

L’indice synthétique de fécondité est estimé à 1,691 enfant par femme en 2011, loin du taux de remplacement des générations fixé à 2,1 enfants par femme.

En 2010, il était de 1,704 alors qu'en 2008 et 2009 il s'élevait à 1,738 enfant par femme.

Seules trois régions québécoises ont un indice supérieur ou égale à 2,1 enfants par femme : Nord-du-Québec (2,8), Abitibi-Témiscamingue (2,1) et Côte-Nord (2,1). Toutes des régions à forte population autochtone.



Entretemps, le nombre de décès au Québec ne fait qu'augmenter :

20072008200920102011
   56 748 57 14957 20058 40059 300



Voir aussi

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Deuxième baisse successive de la fécondité au Québec, les coûts de la politique dite familiale ne font qu'augmenter

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

L'État-providence québécois insoutenable sans les transferts fédéraux

Natalité québécoise toujours à plat, plus de vieux que de jeunes désormais

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Assurance parentale : la facture explose de 400 millions de $

Québec — taux de natalité baisse, coûts de la politique dite familiale augmentent sans cesse





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mercredi 11 avril 2012

France — Forte croissance des écoles juives

En soixante ans, les écoles juives ont connu en France un développement tout à fait remarquable. En 2010, le Fonds Social Juif Unifié répertoriait 102 groupes scolaires, soit 283 établissements, dont 148 en cours de contractualisation. Ces écoles accueillent aujourd’hui plus de 30 000 élèves dont 15 % dans le hors-contrat, non subventionné et moins soumis au programme d'études de l'école publique.

« Grâce et avec l’école, la communauté active s’est renouvelée, s’est développée, s’est rajeunie, est revenue à ses sources identitaires », explique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’Enseignement du Fonds Social Juif Unifié et animateur du réseau des écoles juives en France.

Source




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France — Enseignement catholique : « 30 000 à 40 000 demandes d’inscription » non satisfaites en 2011-2012

30 000 à 40 000 demandes d’inscription ne peuvent toujours pas être satisfaites. Le phénomène s’aggrave, gagnant aujourd’hui les régions à forte implantation de l’enseignement catholique (Vendée, Morbihan…)

Source : AEF




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Allemagne — Un éminent juriste veut donner une voix aux enfants qui paieront demain

Paul cimetière - les avocats de droit constitutionnel et de l'impôt et l'ancien juge fédéral, dans un entretien avec Volker Zastrow à Schliersee
Paul Kirchhof
Un éminent juriste et ancien membre du Conseil constitutionnel allemand prône un droit de vote aménagé pour les enfants afin qu'ils puissent peser « à temps » sur leur avenir dans un pays vieillissant.

Dans une tribune publiée mercredi par la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le juriste Paul Kirchhof appelle de ses voeux une réflexion sur le droit de vote en Allemagne, afin de voir « comment les enfants, qui seront les plus durablement touchés par les décisions politiques prises aujourd'hui, pourraient gagner à temps une influence sur la politique ».

Pour Kirchhof, l'avenir des systèmes sociaux ne dépend pas de la performance économique abstraite, mais surtout de la présence d'enfants. Il publie un plaidoyer contre l'économisme aveugle.

Les impôts indirects, les taxes, frappent particulièrement les familles. Les familles ont besoin de dépenser leur revenu familial et sont fortement taxées même lorsque leurs revenus sont humbles. Les couples sans enfant sont favorisés et ont nettement plus de chances d'épargner une partie de leurs revenus et de constituer un patrimoine tout en payant peu de taxes grevant la consommation de biens de première nécessité. Il faut rétablir l'équilibre et ne plus favoriser financièrement à titre individuel l'absence d'enfants.

Pour Paul Kirchhof, le système électoral favorise les options des couples sans enfants. En effet, ceux-ci ont autant de poids électoral que les couples avec enfants alors que ceux-ci exercent une fonction essentielle à la société : sa reproduction et sa pérennité. Les couples sans enfants profiteront en outre des enfants des autres à leur retraite car non seulement la retraite est payée par répartition des actifs (et donc des enfants des autres), mais ces enfants participeront en général à une demande soutenue de l'économie et des biens (y compris les investissements mobiliers par exemple des retraités). L'éminent juriste suggère donc d'attribuer un poids supérieur aux familles fécondes et que les enfants qui sont concernés par les politiques prises en leur nom exercent leur droit de vote par l'intermédiaire de leurs parents, en attendant leur majorité : « Chaque membre du couple disposerait d'une demi-voix supplémentaire par enfant mineur. Dans les familles monoparentales, le parent obtiendrait une voix en plus », explique-t-il.

Dans sa tribune, M. Kirchhof détaille toute une série de mesures destinées à favoriser les familles, l'Allemagne luttant depuis plusieurs années contre une natalité en berne. Parmi ses propositions figurent par exemple de nouveaux avantages fiscaux pour les parents.

Depuis 2003, la population de l'Allemagne diminue en raison de la faiblesse du nombre des naissances. Son taux de fécondité, parmi les plus faibles d'Europe, stagne à 1,4 enfant par femme en moyenne et l'Office fédéral des statistiques prévoit que ce pays ne comptera plus qu'entre 65 et 70 millions d'habitants en 2060, contre 81,7 millions actuellement.

Rappelons que certains observateurs pensent que le modèle social-démocrate s'écroulera sous ses propres contradictions (comme disaient les marxistes) : il encourage une faible natalité en mutualisant les pensions et les risques à la société entière, mais nécessite une forte natalité (toujours individuelle) pour maintenir ses généreux programmes sociaux. C'est ce qui fait penser à certains que le patriarcat a de beaux jours devant lui.







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Chine — La politique de l'enfant unique va continuer malgré les critiques

La Chine vise à stabiliser sa population à environ 1,39 milliard d'habitants d'ici 2015 en poursuivant son actuelle politique de planification des naissances selon un plan que le gouvernement central a publié sur son site Web, hier. Elle amenuise ainsi les espoirs des experts d'un allègement des règles strictes.

Selon les projections du gouvernement central, au cours des prochains cinq ans, la population du pays va croître plus lentement en raison de la baisse du nombre de femmes dans la vingtaine en âge de procréer. Le nombre de personnes âgées continuera d'augmenter, et la population active atteindra un pic avant de décliner lentement. La population âgée augmentera rapidement d'abord, étant donné que les personnes nées lors du premier baby-boom du pays, dans les années 1950, entament leur vieillesse.

L'année dernière, la Chine a atteint une étape importante lorsque le gouvernement a annoncé que, pour la première fois, la population urbaine avait dépassé la population rurale.

Actuellement, les couples peuvent avoir un deuxième enfant dans certaines conditions, notamment lorsque les deux conjoints sont issus de familles à enfant unique ou lorsque le premier enfant a une maladie non héréditaire. Dans certaines provinces, on permet aux couples ruraux d'avoir un deuxième enfant si le premier est une fille.

Cependant, des experts en démographie de Shanghai ont dénoncé cette politique de planification des naissances en soulignant qu'elle ne correspond plus à un besoin actuel de la Chine, particulièrement dans les grandes villes où les taux de natalité sont extrêmement bas.

Wang Guixin de l'Institut de recherche démographique de l'université Fudan, a indiqué que modifier la politique de planification des naissances stricte aiderait à résoudre certaines difficultés : « La planification des naissances est efficace quand la population augmente très rapidement et que le taux de natalité est élevé; d'ailleurs, elle a montré ses effets au cours des 30 dernières années », dit-il. Désormais « la situation a changé, car les couples, particulièrement ceux dans les grandes villes, ne veulent pas avoir d'enfants ou abandonner le droit d'avoir légitimement un deuxième enfant en raison du coût élevé d'élever un enfant et de la forte pression au travail. »




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