dimanche 19 décembre 2010

« Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Extraits du blogue du Québécois libre où Martin Masse se penche sur la future police religieuse dans les garderies :

Au 20e siècle, l'un des principaux objectifs des États totalitaires a été d'éliminer les religions conventionnelles dans les écoles pour les remplacer par leurs propres dogmes officiels, fondés sur l'étatisme, la vénération des leaders et des théories bizarres comme le communisme et le fascisme justifiant leur pouvoir.

Sniffingdog Au 21e siècle, l'État totalitaire soft du Québec fait la même chose. Nous avons eu, en l'espace de quelques années, l'abolition des commissions scolaires confessionnelles et le remplacement des cours de religion dans les écoles par un cours d'endoctrinement au multiculturalisme et à la bien-pensance féministe et gauchiste.

On apprend ces derniers jours que la croisade antireligieuse s'étend. Le gouvernement provincial s'apprête en effet à éradiquer la religion dans les Centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. L'État a, depuis une douzaine d'années, nationalisé l'ancien système de garderies libres qui existait et créé une nouvelle classe de fonctionnaires syndiqués pour s'occuper des enfants. Non content d'embrigader les enfants de 5 à 22 ans dans ses institutions primaires, secondaires, collégiales et universitaires, il vise maintenant à le faire à partir du berceau.

[...]

Chaque nouvelle extension du pouvoir de contrôle étatique s'accompagne évidemment de la création d'un nouveau bras armé pour imposer les nouvelles règles et sanctionner les récalcitrants. «À cette fin, le ministère est en train de procéder à l'embauche d'une quarantaine d'inspecteurs, qui s'ajouteront aux 18 déjà en fonction. Ils recevront tous une formation spéciale destinée à les rendre aptes à déceler les manquements à la directive.»

Ces chiens renifleurs se promèneront donc dans les garderies pour aller intimider tout le monde, vérifier si l'on permet à un enfant de dessiner un ange ou si on parle trop d'Allah pendant la période du Ramadan. En arrondissant les coûts de cette brigade à 100 000 $ par année en salaires, avantages sociaux, formation, déplacement et autres dépenses pour chaque molosse, ça fait 4 millions $ de plus par année que Québec dépensera pour empêcher les bambins d'être influencés par les croyances de leurs parents pendant que l'État s'occupe d'eux. Voilà sans doute une autre « fonction essentielle » de l'État qui en vaut le coût pour tous nos amis étatistes.

L'État n'aime pas la compétition. Les doctrines qui font découler la morale et le sens de la vie d'une autre source que les diktats des politiciens et des bureaucrates sont une menace à l'autorité de ceux-ci. Et plus un régime politique est autoritaire, plus il a tendance à brimer la liberté de croyance et à imposer ses propres dogmes. C'est une tendance qui s'observe depuis des siècles. Qu'on adhère à une religion spécifique, qu'on soit panthéiste, agnostique ou athée, nous sommes tous menacés par cette nouvelle offense étatiste.

Voir aussi

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vendredi 17 décembre 2010

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

L'enseignement religieux sera désormais interdit dans les centres de la petite enfance (CPE) et les services de garde subventionnés au Québec. Il existe, en effet, une centaine de garderies communautaires catholiques, coptes, musulmanes et juives qui enseignent quelques rudiments religieux aux jeunes enfants qui les fréquentent. D'après nos renseignements, au moins 3 garderies seraient tenues par des communautés religieuses catholiques. Ce sont des CPE à 7$. Deux appartiennent aux sœurs salésiennes dans l’Est de Montréal.

La ministre de la Famille (!), Yolande James, a fait l'annonce de cette nouvelle politique, ce vendredi matin, lors d'un point de presse. « On n'enseignera pas de dogme ou de croyance ou de pratique religieuse spécifique aux enfants de 0 à 5 ans et ce, peu importe la religion », a déclaré la ministre.

« On ne sortira pas les sapins de Noël des CPE ».
Mme James explique que peu de services de garde dispensent actuellement un enseignement religieux. Elle évalue ce nombre à une centaine de garderies.

Les services de garde subventionnés par l'État et les CPE auront jusqu'au 1er juin 2011 pour se conformer à cette directive. S'ils refusent, ils se verront « suspendre, réduire ou carrément annuler leurs subventions ». Par contre, il n'est pas pour l'instant question de supprimer les subventions des écoles privées confessionnelles qui elles aussi pourtant enseignent des pratiques religieuses et sont subventionnées.

Le gouvernement québécois a déclaré qu'il n'hésitera pas à sévir.

La directive n'interdit pas l'explication d'une « manifestation culturelle liée à une fête à connotation religieuse », comme la crèche sous le sapin ou la ménorah, ni l'enseignement de la diversité des croyances religieuses. Les garderies peuvent conserver des objets religieux en autant qu'ils ne soient pas trop nombreux — qui jugera ? — et ne soient pas utilisés dans les activités d'apprentissage. Un ministre du culte peut faire des activités pour les enfants, en autant qu'elles n'aient pas de caractère religieux. Les employés peuvent prier, tout comme les enfants, en autant qu'ils ne soient pas « supervisés » par les éducatrices.

Les responsables de garderies apprendront qu'il ne sera plus toléré qu'on « encourage, supervise, fasse mémoriser ou réciter une prière, un chant religieux ou une bénédiction afin d'amener les enfants à intégrer une croyance liée à une religion spécifique ».

Selon l'ancienne ministre de l'immigration, « Il y a une différence entre enseigner la religion et souligner une tradition culturelle. Avec cette directive, il sera toujours permis de souligner les aspects culturels d'une fête. »

« Autrement dit, on ne sortira pas les sapins de Noël des CPE », conclut Mme James.

Quarante inspecteurs et un comité de plus

Il reste à savoir si la nouvelle orientation sera respectée et appliquée. À cette fin, le ministère est en train de procéder à l'embauche d'une quarantaine d'inspecteurs, qui s'ajouteront aux 18 déjà en fonction. Ils recevront tous une formation spéciale destinée à les rendre aptes à déceler les manquements à la directive.

Un comité spécial tranchera les cas litigieux.

Certaines garderies appartiennent à des organismes religieux et sont dirigées par eux. Ils pourront les conserver, en autant qu'ils adaptent leur programme éducatif aux nouvelles exigences « laïques ».

Pour l'heure, après avoir mené au cours des derniers mois une série de consultations auprès des premiers intéressés, le gouvernement du Québec dit ne pas s'attendre à ce que sa directive soit défiée ou contestée en cour, a-t-on appris.

Selon La Presse Canadienne, certains ont quand même dit craindre l'arrivée d'une « police religieuse ».

Brèches

L'Association québécoise des CPE (AQCPE) a salué les mesures annoncées par Québec. Selon l'AQCPE, les mesures « pourront corriger un bon nombre de situations problématiques existantes ».

L'Association soutient que la directive laisse toutefois une importante brèche, car « elle ne s'applique pas aux services de garde en milieu familial subventionnés », qui représentent près de la moitié des places dans la province.

L'AQCPE soulève également la question de l'admission des enfants et qu'il sera possible pour une garderie de privilégier l'entrée d'enfants sur une base confessionnelle ou ethnique.


Craintes d'une application inepte et maladroite

Dans un article du National Post intitulé « Les tout-petits peuvent voir des symboles religieux, mais ils ne peuvent demander qu’on les leur explique », Daniel Weinstock, professeur de philosophie à l'Université de Montréal, déclare qu'il est logique que les enfants qui fréquentent une garderie subventionnée par l'État [en réalité par des contribuables dont ces parents] ne soient pas endoctrinés dans une religion particulière, même si c'est ce que leurs parents souhaitent. Ces parents perdent ainsi tous les droits à choisir l’enseignement de leurs enfants parce que leurs impôts transitent par le fisc avant d’être distribués à leur garderie…

Toutefois, M. Weinstock craint une mise en œuvre « bureaucratique, exagérée et maladroite » lorsque les inspecteurs visiteront les garderies à la recherche de preuves d’instruction religieuse. « Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire, non seulement du Québec, mais également du Canada, que de bonnes intentions tournent mal à cause d’une mise en œuvre stupide par une politique à taille unique » a déclaré le professeur.

Contestation en justice à venir ?

Le Conseil musulman de Montréal espère contester en justice cette nouvelle politique : « Nous considérons qu’il s’agit d’une discrimination explicite des droits des communautés religieuses d’éduquer leurs enfants conformément aux valeurs et préceptes qui leurs sont chers » de déclarer Salam Elmenyawi, le président du conseil.

Addendum semaine suivante

Religion à la garderie : membres d'un comité-conseil disent avoir été ignorés

Répression religieuse plus sévère dans les garderies que dans les écoles

« Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Religion banned in Quebec’s government-funded daycares


Documents officiels

DIRECTIVE sur les activités ayant pour objectif l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique d’une religion spécifique dans un centre de la petite enfance ou une garderie subventionnée

GUIDE d’application de la Directive relative aux activités ayant pour objectif l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique d’une religion spécifique dans un centre de la petite enfance ou une garderie subventionnée




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jeudi 16 décembre 2010

Facal et les résultats PISA : et si on évaluait les connaissances et la culture générale ?

Joseph Facal revient sur l'autosastifaction sans doute déplacée de certains après la publication des résultats des tests PISA 2009. Extraits.


Les derniers résultats du test PISA, mené à tous les trois ans par l’OCDE, classaient les jeunes Québécois de quinze ans dans le peloton de tête mondial en mathématiques et en lecture. On a surtout retenu leur bonne performance en lecture : 496 points pour les Français et 522 points pour les Québécois. Tiens-toé ! Beaucoup, beaucoup de « pétage » de bretelles dans la dernière semaine.

J’ai tout de suite soupçonné qu’il y avait anguille sous roche.

Prenons d’abord une grande inspiration. Nos enfants demeurent bien classés, mais perdent quelques rangs depuis que les Asiatiques participent à l’épreuve. Pas très grave en soi.

Scores moyens estimés et intervalles de confiance des pays, provinces et économies :
lecture, échelle globale

Au-dessus de la moyenne canadienne en 2000, les jeunes du Québec sont maintenant en dessous d’elle. C’est déjà moins drôle. Le plaisir de lire recule aussi de façon notable au fil des ans. On ne peut ici évoquer les jeux vidéo et autres excuses habituelles puisque ce goût grimpe ailleurs.

Les partisans de la réforme ont évidemment claironné qu’elle n’avait pas entraîné la catastrophe appréhendée. Ses détracteurs ont répondu qu’elle devait permettre des progrès que l’on ne voit guère. Mais mon malaise est ailleurs.

Allez sur le site Internet de l’OCDE et regardez en quoi consiste le test de lecture. Parmi les courts textes que l’épreuve impose de lire, on trouve une facture et une posologie de médicaments. Autrement dit, le test mesure en bonne partie les aptitudes à être fonctionnel dans la vie de tous les jours.

Qu’on ne me comprenne pas de travers : je ne dis pas que ce n’est pas important.

À l’évidence, notre système éducatif réussit, dans l’ensemble, à outiller les jeunes pour se débrouiller dans la vie, à les mouler pour être fonctionnels sur le marché du travail. Mais nous échouons dans quelque chose que PISA ne mesure pas et qui met en cause toute notre société, pas seulement notre système scolaire.

Je parle d’avoir un vocabulaire assez riche pour exprimer toutes les nuances de la pensée. Je parle de la capacité à construire une argumentation et pas seulement à émettre une opinion. Je parle de curiosité intellectuelle et de culture générale. Je parle de tout ce qui permet justement à quelqu’un d’être plus qu’un petit rouage du système économique.

Ce ne sont pas des difficultés de plomberie éducative que nous avons. C’est un problème plus profond, plus diffus, moins mesurable de rapport à la culture, toujours vue chez nous comme quelque chose de non essentiel, réservé à une élite, et non comme un air que tout enfant devrait respirer naturellement.

Et c’est à l’université qu’on s’aperçoit que l’anguille du début s’est métamorphosée en éléphant.

À chaque automne depuis sept ans, j’enseigne, à HEC Montréal, un cours de sociologie à des étudiants qui arrivent tout juste du niveau collégial. J’en ai donc vu plusieurs centaines. Comme nos critères d’admission sont assez exigeants, nos étudiants ont donc eu de bonnes notes jusque-là. Il y a beaucoup de Français parmi eux.

Mon cours les oblige à analyser, oralement et par écrit, des questions d’actualité. Pour aller au-delà du bavardage, ils doivent construire un raisonnement, savoir l’exprimer et avoir un certain bagage de culture générale.

Je suis obligé de constater que, dans mes classes, quand les Français s’expriment, ils ont, en général, une maîtrise de la langue écrite et parlée indiscutablement supérieure à celle des jeunes d’ici. Je ne parle pas ici d’accent pointu, mais d’un vocabulaire plus étendu, qui leur permet de s’exprimer non plus intelligemment, mais plus subtilement. Leur coffre à outils linguistique est mieux garni et davantage maîtrisé.

Quand j’évoque la Révolution américaine ou la Guerre froide, les Français savent généralement de quoi il est question. Les nôtres ont entendu ces expressions, mais ils n’en connaissent habituellement ni le contenu ni la signification.


Quand il est question d’histoire ou de politique, les faits ne sont pas non plus ordonnés chronologiquement, et l’importance des uns par rapport aux autres ne ressort pas. Dans leur tête, tout est mélangé comme dans une poche de linge plutôt que bien classé sur des étagères.

Régulièrement, les Français me citeront aussi des auteurs classiques, comme Jean-Jacques Rousseau ou Adam Smith. Les nôtres, jamais. Nous devons maintenant les obliger à citer au minimum deux livres dans leurs travaux de session. Sinon, ils n’utiliseraient que l’Internet et ne mettraient jamais les pieds à la bibliothèque.

Inutile de me dire qu’il y a des exceptions : il y en a toujours. Je le sais.

Bref, vous aurez beau me mettre sous le nez tous les tests PISA du monde, vous ne me ferez JAMAIS avaler que nos enfants ont une maîtrise de la langue écrite et parlée supérieure à celle des Français, pour ne rien dire de la culture générale. Je parle ici – je l’ai dit plus tôt – de ce niveau de langue et de culture qui permet d’aller au-delà des nécessités de base de la vie. Et je n’aborde même pas le décrochage scolaire.

Je ne blâme personne en particulier, et surtout pas nos enseignants, généralement dévoués et compétents. L’explication est historique : notre société est jeune, nord-américaine, matérialiste et peu confiante. L’école est donc simultanément utilitariste et thérapeutique. Elle veut outiller pour le marché du travail et fabriquer des petits citoyens politiquement corrects.

Il y a deux ans, en Suisse, sur les ondes de TV5, j’ai vu un téléroman québécois sous-titré en français. Le diffuseur a voulu s’assurer que nous serions compris dans le reste de la francophonie.

C’est tout un climat de société, toute une mentalité qui sont ici en cause. Chez nous, la culture classique est vue comme une vieillerie élitiste et dépassée, et la richesse langagière est considérée comme un snobisme prétentieux.

Nos enfants sont peut-être performants en mathématiques,[note du carnet : ce n'est pas nécessairement vrai au-delà des compétences de base, voir le cas de la Finlande ou encore Ce qui est vraiment évalué par PISA en mathématiques. Ce qui ne l’est pas.] mais ils ignorent d’où ils viennent. Ils ne savent pas qu’ils se posent des questions auxquelles d’autres avant eux ont déjà répondu. Leurs idées et leurs sentiments peinent à se frayer un passage à travers les « tsé » et les « genre ».

Réjouissons-nous de nos progrès, mais de grâce, gardons-nous une petite gêne.




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mercredi 15 décembre 2010

Philippe Muray contre l'homo festivus et les mutins de Panurge

Philippe Muray, essayiste et romancier français, est mort trop tôt à 61 ans... Damien Le Guay se propose de lui rendre justice à travers cette chronique qui rappelle son parcours et les thèmes (à contrecourant du politiquement correct) qu’il a développés. Pour donner envie de lire la prose classique et mordante, acide et jubilatoire, de Philippe Muray.

Il est mort au moment même ou il commençait à être célèbre, le 2 mars 2006. Philippe Muray, scrutateur implacable et inclassable des travers de notre époque, est sorti, en 1999 et 2001, de l’anonymat dans lequel la bienpensance l’avait confiné, à l’occasion de la sortie de Après l’histoire I et II. Et, en 2002, les attaques violentes et incertaines de Daniel Lindenberg pour démonétiser tous ceux qu’il rangeait hâtivement sous le terme-étouffoir de « nouveaux réactionnaires », lui donnèrent une évidente consécration médiatique.

Il faut donc lire et relire Philippe Muray dans le prolongement du spectacle que Fabrice Lucchini vient de lui consacrer. « Il a une plume », il a un « coup d’œil » – comme on dit. Une plume effilée, acérée comme la rapière de Cyrano de Bergerac, qui s’en va jusqu’à la jointure de nos bizarreries festives. Un « coup d’œil » pour regarder à la loupe, dans le détail des situations, les inventions parfois hallucinantes du « parti festif » qui cherche à « gaver d’optimisme un monde désespéré » - comme le dénonçait déjà Bernanos.

Style de Philippe Muray

Le style de Philippe Muray est le plus souvent copieux, ardent et drôle. Il aimait créer des néologismes assassins, comme « Artistocrate » pour décrire les artistes qui prêtent serment d'allégeance aux politiciens et aux fonctionnaires et dont l'activité artistique devient une charge, comme il en existait sous l'Ancien Régime, ou encore « rebellocrate » pour ceux qui posent en rebelles tout en étant en réalité proches du pouvoir, « mutin de Panurge »  réservés aux individus dont la rébellion est factice et en accord avec l'air du temps ou le « maton de Panurge » pour les individus qui tentent par tous les moyens de faire taire les voix qui s'opposent au consensus politiquement correct. (Le maton est en argot un gardien de prison).

Écoutez l'émission de Canal Académie sur Philippe Muray (23 minutes) :




Écoutez l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut avec Philippe Muray et Philippe Meyer « Le futur ne manque pas d'avenir » (58 minutes) :





Les thèmes chers à Philippe Muray

Quels sont les thèmes mis en lumière par Philippe Muray ?

  • La « fin de l’Histoire », d’une Histoire comme nous y étions habituée,
  • la mise en place d’un « nouvel ordre moral » par la Loi,
  • l’abolition forcenée de la « différence sexuelle » au profit des sexualités d’une incertitude nombreuse,
  • la mise en place d’une « nouvelle police de la pensée », la multiplication des « mutins de Panurge » — ces rebelles de pacotille qui participent du système tout en faisant croire qu’ils le critiquent ?

Nous libérer de nos supposées libérations

Philippe Muray souhaite, à contre-courant d’une modernité toujours plus moderne, nous libérer de nos supposées libérations et déconstruire nos déconstructions. Il souhaite sortir du diktat du politiquement correct, (avec ses orgies d’euphémismes et de mots cache-misères) défini par lui comme le « désir de se venger sur les mots » quand « la réalité échappe de plus en plus. » Car, pour lui, la liberté accouche de nouvelles servitudes. Mais énoncer les thèmes de sa dénonciation ne suffit en rien à rendre compte du plaisir de lire Philippe Muray. Vient de paraître, en un seul volume, ses principales œuvres (Essais, les Belles lettres, 2010).




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mardi 14 décembre 2010

Secondaire II (13 ans) : l'art de la fellation et du cunnilingus

Après le questionnaire sexuel concocté par une enseignante de la Rive-Sud, voilà qu'un document expliquant comment effectuer une fellation ou un cunnilingus a été distribué en classe à des élèves de 13 ans, une initiative qui indigne certains parents et observateurs.

Il y a quelques jours, un père de famille a contacté le Journal pour se plaindre de cette situation. L'homme et sa conjointe ont été bouleversés lorsqu'ils ont lu ce dépliant qui se trouvait dans l'agenda de leur fille de 13 ans.



Une trentaine d'ados de secondaire II auraient reçu ce document portant sur la pratique « sécuritaire » du sexe oral, dans le cadre d'un cours de sciences donné à l'école Mgr-A.-M.-Parent de Saint-Hubert.

Les parents, qui ont demandé à ce que leur anonymat soit conservé pour éviter à leur fille d'être ostracisée, ont été particulièrement outrés par certaines explications « détaillées » figurant dans ce dépliant. On y précise notamment qu'il faut « faire attention aux dents », lorsqu'on pratique une fellation, car « peu de gars aiment sentir les dents sur leur pénis ». Le document énumère aussi certaines expressions vulgaires pour qualifier le sexe oral, en soulignant, par exemple, qu'on peut dire « brouter la touffe », pour parler du cunnilingus.

La Commission scolaire Marie-Victorin défend l'initiative de ce professeur.

L'organisme fait valoir que le document « a été présenté aux élèves dans le cadre d'un cours de sciences pour la prévention du VIH et de l'hépatite ». La porte-parole de la Commission scolaire, Catherine Giroux, ajoute que le dépliant, qui comporte une section traitant des risques associés au sexe oral et des moyens de s'en protéger, provient de CATIE, le Centre canadien de prévention du VIH et de l'hépatite.

Mais l'organisme CATIE ne partage pas du tout le point de vue de la Commission scolaire. « Ce document n'aurait pas dû être distribué à des jeunes de 13 ans dans une classe », tranche Véronique Destrubé, du siège social de CATIE à Toronto, qui se dit « désolée » par cette situation.

« Je suis étonnée qu'il ait été distribué dans une classe, confie-t-elle. Ce n'est pas quelque chose qu'on aurait fait. »

Mme Destrubé ajoute que le dépliant est destiné « plutôt à des jeunes adultes de 18 ou 20 ans ».

La sexologue Julie Pelletier juge également le dépliant inapproprié pour des adolescents de 13 ans.

« J'ai tendance à être d'accord avec les parents, dit-elle. Le matériel est très explicite pour des jeunes de cet âge-là. Je n'aurais pas distribué ça à tout le monde. »




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Alberta — Parents condamnés à la prison et mis à l’amende pour avoir fessé leur fille de 14 ans

Les parents d'une fille de 14 ans ont  été condamnés à dix jours de prison chacun et à une amende de 500 $ le 9 décembre pour avoir utilisé une ceinture alors qu’il tentait de corriger leur fille. Ils avaient été reconnus coupables de voies de fait en juin de cette année, mais la peine avait été reportée à une date ultérieure.

La peine d'emprisonnement a été considérée comme purgée puisque le couple avait passé cinq jours sous les verrous après leur arrestation.

Laurent Zachow, 60 ans, et son épouse Aida Calagui-Zachow, 54 ans, avaient à l’origine été inculpés d'agression à main armée pour la correction qu’ils avaient infligée à leur fille le 15 janvier. Toutefois, le juge Michael Stevens-Guille les a reconnus coupables d’une infraction moindre de coups et blessures, en disant qu'il comprenait les parents qui avaient corrigé leur jeune fille conformément à leurs croyances religieuses, et non simplement sous la colère.

« Quelle que soit votre croyance en une autorité supérieure, habitant au Canada, vous êtes soumis aux lois du Canada telles interprétées par les tribunaux, dans ce cas, la Cour suprême du Canada », a déclaré Stevens-Guille dans la décision. « Qui aime bien châtie bien » (« Épargnez la trique et gâtez l'enfant » dans l’original) n’est plus la maxime qui s’applique quand on corrige des enfants dans ce pays en 2010, a-t-il ajouté.

Selon l’agence de presse QMI, le tribunal a appris que cet incident avait suivi une confrontation entre les parents et la fille, à l’époque en neuvième année, quand celle-ci avait avoué avoir des relations sexuelles avec son petit ami. Elle a alors rejeté la demande de ses parents de rompre cette relation. La jeune fille avait alors défié l'ordre de ses parents et avaient avoué le lendemain avoir revu le garçon après être rentrée tard dans la nuit.

Les parents n'avaient pas accepté cette désobéissance et le père avait emmené sa fille dans sa chambre en la tenant par la nuque où il avait administré une fessée à l'aide d'une ceinture.

Après la fessée, la jeune fille — qui déclaré devant le tribunal qu’elle ne lui avait pas fait mal – a dénoncé ses parents à un responsable d'école qui a appelé la police.

En 2004, la Cour suprême du Canada a interdit la fessée administrée aux enfants de moins de 2 ans et de plus de 12 ans et il criminalisé toute correction à tout âge administrée avec un quelconque instrument tel qu’une cuillère en bois.




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lundi 13 décembre 2010

France — les débats en classe sur l'avortement excluent-ils la présentation des arguments des pro-vie ?

Le professeur français Philippe Isnard qui avait montré une vidéo sur les conséquences de différents avortements et qui fut suspendu par sa hiérarchie pour ce faire s'explique :

« On nous demande, en éducation civique, juridique et sociale [cette matière est en partie reprise par le cours d'éthique et de culture religieuse au Québec] d’organiser des débats contradictoires sur des sujets de société, notamment sur le droit de la famille. Pourtant, ma hiérarchie tente de m’empêcher depuis des années d’introduire un débat sur l’avortement [ce « débat » est abordé par plusieurs cahiers d'ECR au Québec, parfois de manière caricaturale], en arguant que cette pratique est légale : je dois donc laisser les officines de mort, Planning familial en tête, en assurer la propagande au lycée. Je rappelle qu’aux Etats-Unis – et au Royaume-Uni, me semble-t-il –, les associations pro-vie interviennent parfois dans les établissements scolaires, comme le Planning familial d’ailleurs. En France, le ministère de l’Éducation nationale distribue des millions de brochures aux lycéens pour faire l’apologie de l’avortement, dogme repris dans les manuels scolaires où cet acte de mort est présenté uniquement comme un droit et un progrès. Je précise que les instructions en ECJS demandent que le débat ait lieu entre les élèves, mais aussi entre le professeur et les élèves. Tous mes élèves ont pu s’exprimer librement. D’ailleurs, je ne leur donne pas de note en ECJS, car cela reviendrait à noter les opinions politiques, religieuses ou philosophiques des élèves, ce qui est la marque d’un Etat totalitaire désireux d’imposer la culture de mort à l’ensemble de la population. [...] J’ai été inspecté en ECJS, de façon non réglementaire, car ni mes élèves, ni moi n’avions été prévenus. J’attends ma note avec impatience…

[...] Les élèves ont aussi eu droit aux cours d’éducation sexuelle de l’infirmière, ou encore de la cellule de « soutien psychologique », le tout pour nier la réalité de l’avortement. En effet, une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour les élèves. Il a été dit que le film que vous avez diffusé était violent ; qu’en est-il ? D’abord, j’ai utilisé aussi d’autres documents : le discours prononcé par Mme Veil à l’époque du vote de la loi légalisant l’avortement, le texte de la loi Veil, deux clips vidéo, SOS maman en détresse et Sois un homme, pris sur dailymotion… et une image d’un foetus de 12 semaines. Concernant No need to argue, ce n’est pas le film qui est violent, mais les avortements qui y sont décrits. Y sont présentées les différentes procédures d’avortement en usage en France et à l’étranger, dont la méthode dite par « aspiration », la plus utilisée dans notre pays.

Je rappelle qu’à 12 semaines, le foetus, qui mesure près de 10 centimètres, a une activité cérébrale, un coeur qui bat, ressent la douleur et des émotions et cherche à échapper au danger. Bref, il est notre prochain, à qui nous devons protection et respect. Il n’est pas étonnant que les élèves aient pu être choqués qu’un État massacre des millions d’innocents, et cela sans anesthésie ; j’en suis, moi aussi, horrifié. Moi aussi, je préférerais ne pas voir ces images, ni les montrer. Mais, puisque les élèves sont considérés comme majeurs sexuellement au lycée – et que les jeunes filles peuvent avorter, sans l’accord des parents-, il est normal qu’ils sachent ce qu’est un avortement. 
[...]

J’ai respecté tous mes élèves, y compris celui dont les deux parents professeurs m’ont dénoncé par haine anti-catholique, intolérance et fanatisme. Ce qui ne les a pas empêchés d’utiliser les services de l’Église pour inscrire leur fils au collège catholique local !… »




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Les faibles frais de scolarité appauvrissent les universités québécoises et ne garantissent pas un meilleur accès

Voici la situation des frais de scolarité universitaire au Canada pour l’année 2009-2010 :
Frais de Scolarité
Est-ce que les bas frais de scolarité au Québec entraînent un taux de diplomation universitaire plus élevé ? Voici la réponse :
Frais de Scolarité


Sources via Antagoniste :
Statistique Canada


Frais de scolarité universitaires / Tableau 282-0004

Voir aussi

Plus d'inscrits pour l'an prochain (2012-2013) à l'Université de Montréal malgré la hausse de droits annoncée


dimanche 12 décembre 2010

Le cannabis affaiblirait les défenses immunitaires

Le fait de fumer de la marijuana diminue les fonctions immunes de l'organisme et augmente ainsi les risques d'avoir un cancer ou une autre infection, montre une étude américaine.

Le Dr Prakash Nagarkatti et ses collègues de l'Université de Caroline du Sud ont étudié au microscope des cannabinoïdes, un groupe de composés présents dans le cannabis.

Ces cannabinoïdes sont aussi présents dans le THC (delta-9 tétrahydrocannabinol), utilisé dans le domaine médical en tant qu'analgésique.

Le Dr Nagarkatti pense que la clé de cette inhibition est un type unique de cellules immunes, qui n'ont été découvertes que récemment par des immunologistes, appelées cellules suppressives dérivées de myéloïdes (MDSC ou Myeloid-derived suppressor cell).

Contrairement à la plupart des cellules immunitaires qui luttent contre les infections et protègent contre les cancers, les MDSC participent activement à la suppression du système immunitaire. La présence de ces cellules est connue pour augmenter chez les patients cancéreux et on pense que les MDSC peut supprimer la réponse immunitaire au traitement du cancer et favoriser le développement du cancer. L'équipe du Dr Nagarkatti a démontré que les cannabinoïdes peuvent déclencher un nombre massif de MDSC par l'activation des récepteurs des cannabinoïdes. Cette recherche révèle, pour la première fois, que la marijuana peut bien affaiblir le système immunitaire.

« Le cannabis est l'un des stupéfiants les plus consommé dans le monde pourtant des études ont déjà suggéré son effet de suppression de certaines fonctions immunitaires, rendant l'utilisateur plus sensibles à certaines infections », explique le Dr Nagarkatti.

Ces résultats soulèvent la question d’une susceptibilité accrue à certains types de cancers ou d’infections. Dans une étude connexe, également publiée dans la même revue, le Dr Christian Vosshenrich de l'Institut Pasteur (Paris), révèle que lorsque les cellules cancéreuses se développent, elles produisent une molécule appelée interleukine-1 β (IL-1β), qui déclenche également les MDSC.

Il a été démontré que la présence des MDSC s'intensifie chez les patients atteints de cancer et qu'ils seraient aussi responsables de l'inhibition du système immunitaire dans le traitement du cancer, favorisant la croissance de la tumeur.

Les auteurs de ses travaux publiés dans l'European Journal of Immunology ont démontré que les cannabinoïdes stimulaient les MDSC en activant les récepteurs cannabinoïdes.

Voir aussi

Cannabinoid receptor activation leads to massive mobilization of myeloid-derived suppressor cells with potent immunosuppressive properties (en anglais)




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samedi 11 décembre 2010

Les traits du système finlandais que copie l'étranger n'expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes

Nathalie Bulle revient sur le succès des Finlandais aux tests PISA. Extraits sur ces aspects trop souvent ignorés.

Le modèle éducatif finlandais fait figure d’exception par sa réussite qui le détache nettement des autres systèmes éducatifs. Certains caractères du système finlandais, qui satisfont les orientations préconisées par l’OCDE, sont d’autant plus aisément valorisés à l’étranger que ce petit pays de cinq millions d’habitants, situé à l’extrême nord de l’Europe, isolé par sa langue, le finnois, dans l’espace européen, tend à se soustraire aux explorations approfondies. Or les caractères du système éducatif finlandais qui inspirent les politiques scolaires dans le reste du monde, non seulement ne rendent pas raison du succès de la Finlande à PISA, mais sont au contraire à la source de graves problèmes. Pour expliquer ce succès, il s’agit de comprendre ce qui démarque le modèle finlandais du modèle nordique dans son ensemble, et les jeunes finlandais des jeunes scandinaves.

PISA évalue, avons-nous défendu, un certain potentiel académique de la population scolaire. Ce potentiel ne dépend pas, ou peu, des compétences académiques spécifiques effectivement développées par les systèmes éducatifs. Il est dépendant de la faiblesse de l’échec scolaire précoce et, corrélativement, de la réussite des premiers apprentissages. Or, des facteurs institutionnels et culturels expliquent l’avance importante et relativement stable de l’école finlandaise sur ces deux plans.

Élèves finlandais
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Notons, par ailleurs, que l’apprentissage de la lecture pose moins de problèmes en Finlande que dans d’autres contextes linguistiques et culturels. La correspondance graphèmes/phonèmes très forte en finlandais facilite les premières phases de l’apprentissage. Elle engage à faire appel à des méthodes de nature syllabique, utilisées également pour l’apprentissage de la lecture dans d’autres langues maternelles comme le suédois, et prévient toute querelle de méthodes à cet égard.

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La culture de discipline de la population finlandaise la démarque en effet des autres sociétés nordiques. La Finlande a toujours été un pays frontière entre l’est et l’ouest. La naissance de la nation finlandaise a été réalisée sous l’Empire Russe au XIXe siècle. D’où la présence d’éléments de l’est un peu partout en Finlande qui ne rend pas paradoxale sa situation aux côtés de la Corée et du Japon dans les comparaisons internationales. Mais encore, le passage très rapide d’une société agricole à une société industrielle, puis postindustrielle, rend compte du caractère particulier de l’Etat providence finlandais : d’un coté industriel et individualiste, de l’autre agraire et collectiviste. La culture finnoise connaît, pour ces raisons, un caractère discipliné et un esprit collectif forts.

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Les enseignants sont décrits comme pédagogiquement conservateurs, en dépit du tournant progressiste pris par la philosophie scolaire finlandaise dans les années 1980s. En 1996, un rapport britannique a révélé le caractère traditionnel de l’organisation de l’enseignement dans les écoles malgré la réforme du curriculum. Ce dernier était dans la majorité des cas de type frontal (voir relation frontale), destiné à toute la classe avec peu de formes individualisées, « centrées sur l’élève ». [Note du carnet : Bref, les profs ne sont pas de gentils animateurs, ils enseignent surtout à l'ancienne, en maîtres.]

Il n’y a pas de « miracle » finlandais conclut Simola : le modèle d’élève décrit dans PISA 2000, très fortement orienté vers le futur, semble reposer en Finlande largement sur le passé, un monde en train de disparaître, une société préindustrielle et agraire, une éthique d’obéissance peut-être la plus forte parmi les sociétés européennes. La réforme de l’école unique pédagogiquement progressiste a par ailleurs été véhiculée en Finlande par des professeurs plutôt conservateurs, avec des résultats plus satisfaisants qu’ailleurs.

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Bons résultats aux tests PISA, insuffisance à l'arrivée à l'université

Ce succès en termes de potentiel académique ne se traduit pas de manière comparable en performances académiques. Comme le souligne le professeur George Malaty, PISA ne nécessite pas l’apprentissage des mathématiques comme structure : « Nous savons que nous n’aurions aucun succès à PISA si on demandait aux élèves une compréhension des concepts ou des relations mathématiques. Le plus difficile pour nos élèves est de faire une démonstration, ce qui est compréhensible puisqu’on n’apprend pas les mathématiques comme structure dans nos écoles [finlandaises]. » Au XXe siècle, jusqu’à la fin des années 1960s, le curriculum de mathématiques comportait de l’algèbre et de la géométrie.

Puis vint la réforme des mathématiques modernes et, à partir des années quatre-vingts, le mouvement de contre-réforme. Ce dernier a conduit à une focalisation sur les seules « compétences », notamment arithmétiques [note du carnet: compétences orientées ici vers la vie quotidienne, ce qui prépare bien à ce qu'évalue PISA], pour faire face aux critiques développées contre les mathématiques modernes. L’opposition de la transmission de compétences à celles de connaissances, à l’apprentissage des structures mathématiques, a conduit à inculquer simplement des règles pratiques aux élèves en les entraînant à les utiliser et à « donner les bonnes réponses ».

Le Basic Education Act de 1998 a défendu par ailleurs l’idée que l’« éducation de base » devait procurer à chaque enfant les connaissances et compétences nécessaires à la vie quotidienne. Comme cet enseignement ne suppose pas un apprentissage des fondements des mathématiques, les élèves ne peuvent conduire des démonstrations,ni développer des bases nécessaires à la poursuite ultérieure des études dans l’enseignement supérieur. C’est pourquoi les résultats des élèves finlandais à PISA, au niveau de l’enseignement obligatoire, contrastent avec l’avis porté par les professeurs de mathématiques de l’enseignement supérieur. Il y a un consensus parmi eux quant à la faiblesse des élèves dans cette discipline.

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 Les traits du système finlandais qui inspirent les politiques scolaires à l’étranger ne sont pas à l’origine du succès de la Finlande à PISA. Ces traits sont au contraire à la source de problèmes rencontrés par les élèves finlandais, notamment au niveau de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, l’affaiblissement des élèves français est directement lié aux politiques éducatives menées notamment depuis deux décennies en France, politiques qui suivent certaines orientations dominantes de la philosophie scolaire promue par l’OCDE.




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