mercredi 24 mars 2010

Intervention de Mme Marie Bourque sur l'imposition du programme ECR

Madame Marie Bourque de l'Association des parents catholiques du Québec passait la fin de semaine passée à l'émission Perspective hebdo de la chaîne Sel + Lumière. Cette émission était consacrée à l'identité religieuse du Québec.




Quelques remarques sur l'intervention de la professeur Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire Religion, culture et société à l'Université de Montréal quand le présentateur demande si le genre de cours imposé au Québec par l'État s'inscrit dans une tendance.

  1. Mme Lefebvre omet de dire qu'aucun autre pays démocratique n'impose un tel programme à la fois dans le secteur public, privé subventionné et privé non subventionné. Ce n'est pourtant pas anodin quand le Québec prétend être pluraliste, un parangon de tolérance et veut faire la leçon aux parents peu ouverts à la « diversité ».

  2. Mme Lefebvre dit qu'il y a « encore » des pays qui offrent des cours de religion confessionnels dans leurs écoles publiques, comme s'ils étaient rétrogrades alors qu'en fait on assiste en Europe de l'Est et en Russie à un retour très important de l'enseignement religieux dans les écoles publiques. On a l'impression que l'universitaire pense qu'il y a un sens de l'histoire, un progrès évident, en la matière : l'expulsion de la religion de l'école.

  3. Pour ce qui est de la France, il existe deux réseaux catholiques : un subventionné et l'autre non. Il est vrai que le réseau catholique subventionné n'est pas très confessionnel — Mgr Cattenoz s'en est amèrement plaint — mais cela n'a pas grand-chose à voir avec le fait que « dès que la clientèle devient pluraliste ça pose la question d'une éducation religieuse organisée vers une seule religion » comme le prétend la professeur. S'il est vrai que ces écoles subventionnées doivent accueillir tout le monde, rien ne les empêche de s'affirmer résolument d'une confession particulière. Les parents savent à quoi s'en tenir. En réalité, la dimension confessionnelle de ces établissements dépend principalement de la direction de ceux-ci. C'est ainsi que le lycée Stanislas de Paris, pourtant ville très « pluraliste », propose quatre messes par jour à ses élèves alors qu'un autre collège comme Sainte-Geneviève de Meaux (à 1 heure de Paris), dans un milieu plus homogène, ne met en valeur que quelques temps liturgiques forts pendant l'année. Le manque de maîtrise par les directeurs d'écoles privées subventionnées dans l'embauche du personnel pose également problème, les académies (nos commissions scolaires) décident de plus en plus. Mais cela n'a rien à voir avec l'obligation de pluralisme vis-à-vis des élèves. Il n'est pas rare que les parents musulmans envoient leurs enfants dans les écoles à forte identité catholique plutôt que dans des écoles trop agnostiques à leurs yeux.

  4. Si l'on comprend bien Mme Lefebvre, l'imposition du cours ECR, car il s'agit de cela, aurait rappelé aux parents qu'ils étaient les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. Comme c'est gentil de la part de l'État. L'école ne doit plus être un service éducatif rendu conformément aux vœux des parents, mais servir à réveiller les parents qui seront peut-être amenés à corriger le tir par rapport à ce que l'enfant apprendra à l'école. On n'arrête décidément pas le progrès.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Priorité du PQ : restreindre le choix en éducation ?

Nous avons reçu cette lettre ouverte du président la CLÉ, Sylvain Lamontagne. Selon nos informations, elle a également été envoyée au Devoir et à M. Pierre Curzi.

M. Pierre Curzi déclarait lors du dernier colloque du PQ, que les écoles confessionnelles privées ne devraient plus être permises d’enseigner la religion parce que, selon le critique péquiste en éducation, la religion devrait être réservée à la sphère privée de la vie.

Pourtant, les écoles privées – comme leur nom l’indique – ne font pas partie de la sphère publique, même si l’État y impose son régime pédagogique et qu’elles reçoivent des subventions partielles de l’État pour appliquer ce régime pédagogique. L’État n’y subventionne d’ailleurs pas les cours de religion, c’est une des raisons qui expliquent que ces écoles ne sont pas totalement subventionnées.

Il est vrai que ce n’est pas la première fois que le PQ cherche à museler les écoles privées et à limiter la liberté de choix des parents en matière d’éducation. En 2008, le prédécesseur de M. Curzi, Mme Malavoy, avait dénoncé le fait que les écoles privées conservaient une formation confessionnelle. À l’époque, le prétexte invoqué fut l’abolition des cours confessionnels dans les écoles publiques et l’imposition du cours d’éthique et de culture religieuse (ECR). En effet, pour Mme Malavoy, « Cela revient à permettre à des parents qui peuvent payer de continuer d'avoir accès à un enseignement religieux interdit aux autres. C'est inacceptable. »

Par le même raisonnement, on peut vouloir éliminer toutes les écoles privées (seuls les parents qui paient y ont accès) ou permettre l’enseignement religieux partout y compris dans les écoles publiques.

Mais voilà, sans que l’on sache en quoi cela fera un Québec plus riche, plus prospère, plus libre, le parti de M. Curzi pense qu’une de ses priorités doit être de chasser la religion de toutes les écoles, de priver les parents – y compris et surtout les Québécois de souche – de choix en matière d’éducation morale ou religieuse.

Rappelons que, dans de nombreux pays démocratiques, notamment l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, l’enseignement religieux n’est pas seulement permis dans les écoles privées, mais il l’est aussi dans les écoles publiques.

Prenant comme prétexte, cette fois-ci, l’affaire des garderies religieuses juives et musulmanes et l’angoisse identitaire des Québécois, M. Curzi désire bannir la religion des écoles privées. Il priverait par là les parents – principalement ceux de la majorité historique québécoise – d’un choix, choix plébiscité comme l’atteste le succès des écoles privées qui imposent pourtant un sacrifice financier important aux parents qui les préfèrent.

Pour M. Curzi, l’on pourrait sans difficulté appliquer sa conception d’une laïcité, plus étriquée encore que celle imposée en France, au réseau scolaire privé québécois « tout en respectant le droit des gens ou des communautés à pratiquer leur religion » reconnu dans les Chartes.

Nous sommes convaincus de l’inverse. Empêcher les écoles privées de donner des cours de religion, c’est violer un droit universellement reconnu : celui des parents de choisir pour leurs enfants une école hors du secteur public, si tel est leur vœu, et de « faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions » (Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux des Nations unies auquel a adhéré le Québec).

M. Curzi veut-il ouvrir une nouvelle et longue contestation judiciaire sur ce terrain alors que les procès contre l’imposition du cours ECR se multiplient ? Quel est l’avantage pour le Québec de s’engager dans cette voie et de priver les Québécois de choix en matière scolaire ?

Enfin, M. Curzi dit que « l’école devrait être essentiellement un lieu de connaissances ou de compétences » pour en tirer à nouveau la conclusion que la religion devrait être bannie des écoles qui ne relèvent pas directement de l’État.

Essentiellement ne veut pas dire uniquement. On ne voit donc pas en quoi quelques heures de religion modifieraient de manière essentielle le fait que des écoles privées enseignent surtout des connaissances et des compétences. En outre, la religion y est aussi souvent enseignée comme un ensemble de connaissances relatives à des textes ou des rites.

Finalement, le combat de M. Curzi ne devrait-il pas d’abord se porter sur les écoles publiques dont un des rôles actuellement est de « faciliter le cheminement spirituel de l’élève » (article 36 de la Loi sur l’instruction publique) sans qu’on sache de quelle vague spiritualité il s’agit, ni si elle s’inscrira dans les valeurs de la famille de l’élève ? Est-ce là un des rôles de l’école publique pour M. Curzi ? Que faut-il également penser du cours d’éthique et de culture religieuse dont le volet « connaissance » prescrit dans le programme officiel est singulièrement mince et dont le volet « compétence » consiste en un objectif idéologique : modifier l’attitude des élèves face à la diversité religieuse.

M. Curzi doit balayer devant la porte de l’école publique avant de vouloir étouffer un peu plus la liberté de choix des parents en chassant la religion de l’enseignement privé, même si les parents choisissent de leur plein gré cette option.

Quand le PQ et M. Curzi condamneront-ils clairement l’imposition du cours ECR et emboîteront-ils le pas des 76 % de Québécois qui demandent d’avoir le choix en matière d’éducation morale et religieuse comme le révélait encore un sondage de Léger-Marketing en mai 2009 ?

Sylvain Lamontagne
Président de la Coalition pour la liberté en éducation






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Le cardinal Ouellet et la réponse de Mme Courchesne face aux inquiétudes des évêques quant à la mise en œuvre du cours ECR

On se rappellera qu'en septembre 2009 les évêques catholiques du Québec, pourtant très modérés, avaient envoyé une lettre à la ministre Courchesne pour lui faire part de leur inquiétude quant à la mise en œuvre du programme ECR, se laissant même aller jusqu'à parler d'un échec possible.

Un peu plus de quatre mois plus tard, la ministre a répondu en des termes polis pour ne promettre aucun changement. Le cardinal Ouellet décrit cette réponse.



On trouvera la lettre ci-dessous.















Les résultats scolaires moins importants pour les futurs policiers que l'« ouverture à la diversité » ?

Comme le souligne Carl Bergeron à la lecture d'un article du Devoir, on peut se demander si désormais dans l'embauche la priorité sera donnée à « l’ouverture à la diversité », avant le dossier scolaire et la condition physique.

Extraits de l'article du Devoir :
Bien que l’on ne puisse être contre la vertu de la formation continue, il nous semble que les difficultés éprouvées par certains policiers quant à la diversité culturelle et le « problème » de leurs compétences à travailler dans des contextes socioculturels diversifiés ne peuvent pas se résoudre par quelques heures de formation annuellement. Pour que des policiers soient capables de servir la population dans des contextes divers sur les plans ethnoculturels, linguistiques, socioéconomiques, religieux, etc., et les amener à se rapprocher des citoyens, ils doivent être ouverts à la diversité.

Et ça, c’est une question d’attitude; c’est-à-dire une façon favorable ou défavorable d’être par rapport à quelque chose ou à quelqu’un. L’attitude prédispose à l’action et elle est parfois révélatrice des tendances comportementales futures d’une personne. Elle peut donc, dans certaines conditions, nous informer du comportement futur d’un individu. Bien que les attitudes d’une personne puissent être apprises et se développer au cours d’une vie, elles sont toutefois reconnues comme plutôt stables et conséquemment difficiles à modifier. Alors, si l’on veut « renforcer des compétences » en matière d’intervention dans des contextes sociaux diversifiés, l’idéal est que l’attitude positive soit présente chez un policier avant son embauche et avant même sa sélection pour la formation en techniques policières.

[...]

De plus, nous observons que le fait d’être un garçon ou une fille, le fait d’être en première, deuxième ou troisième année de formation, le fait d’être plus jeune ou plus vieux n’ont que très peu d’influence sur les perceptions des étudiants. Hors de tout doute, les résultats montrent que ce qui est important d’abord et avant tout, c’est l’attitude favorable relativement à la diversité.

Processus de sélection

D’aucuns demanderont ce que font des étudiants qui ne sont pas ouverts à la diversité dans un programme de techniques policières. Nous répondrons que la sélection des étudiants ne se fait pas sur des critères aussi précis et que le milieu collégial ne possédait pas jusqu’à présent d’outils spécifiques et adaptés à l’évaluation des attitudes des aspirants policiers. Pour l’heure, les principaux critères de sélection sont la qualité du dossier scolaire (les notes) et la performance à des tests physiques.
L'article est signé par Éric Richard et Marie-Christine Pacaud – respectivement anthropologue et psychologue, et tous deux enseignants et chercheurs en techniques policières au Campus Notre-Dame-de-Foy.

Une bonne note au cours ECR rassurerait-elle ces apôtres de l'ouverture à la diversité ?






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

mardi 23 mars 2010

Parents allemands demandent l’asile au Canada

Le Globe and Mail de ce lundi rapporte l’histoire de parents allemands qui se sont d’abord cachés de l’administration allemande, sont passés par le Danemark pour fuir l’Allemagne et qui, désormais, demandent l’asile politique au Canada. Et cela, simplement, pour pouvoir éduquer librement leurs propres enfants à la maison.

Cette famille allemande devait passer ce mardi devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié en Alberta afin de demander l’asile au Canada.

« Il est très rare de demander la protection contre l’Allemagne, un pays démocratique reconnu dans le monde pour la protection de ses citoyens. Mais pas dans ce cas-ci » de déclarer l’avocat de la famille, Mme Jean Munn.

Selon ces parents, ils seraient persécutés en Allemagne pour la simple raison qu’ils éduquent leurs enfants à la maison conformément à une loi allemande qui interdit toute éducation à la maison à quelques rares exceptions près. Les parents qui contreviennent à cette loi sont passibles de lourdes amendes, d’emprisonnement et de la saisie de leurs enfants par l’État.

Bien que nombre de parents allemands qui éduquent leurs enfants à la maison le fassent pour des raisons religieuses, selon Me Munn, ces parents qui ne désirent pas être nommés veulent instruire leurs enfants à la maison pour des raisons de conscience et le bien-être médical de leurs deux fils adolescents. Leurs deux enfants, nés quatre mois avant terme, souffrent de plusieurs complications médicales. Un des enfants souffre de difficultés pulmonaires et est sujet aux infections. L’autre serait très doué, mais souffre de la maladie de Lyme qui peut causer de l’arthrite chronique et d’autres symptômes neurologiques.

La mère des deux enfants a déclaré que sa fille aînée est allée à l’école en Allemagne, mais que l’indiscipline des élèves et les règles laxistes laissaient beaucoup à désirer.

Le gouvernement allemand a envoyé les deux garçons dans une école pour enfants handicapés, mais les parents considéraient qu’ils n’y recevaient pas la meilleure éducation et c’est pourquoi ils décidèrent de les instruire à la maison.

À la suite d’une lutte acharnée contre les autorités allemandes, celles-ci permirent à la famille d’instruire leurs enfants à la maison en 2006 avec l’aide d’une enseignante approuvée par l’État. À la fin de l'année scolaire, l’enseignante informa les parents qu’elle ne serait plus disponible l’année suivante et, selon la mère, elle conseilla à la famille de quitter l’Allemagne. Deux jours plus tard, la police s’est présentée à la maison du couple avec une lettre recommandée de la part des autorités pour les informer qu’ils devaient inscrire leurs deux enfants dans une école l’année suivante ou que les deux enfants leur seraient retirés.

Après s’être cachés pendant trois mois en Allemagne, les parents allemands et leurs enfants sont passés au Danemark où ils sont rentrés en contact avec la Home School Legal Defense Association (HSDLA) qui les a aidés à venir au Canada en avril 2007.

La première loi allemande à interdire l’éducation à la maison a été promulguée en 1938 par le régime hitlérien. Cette loi conservée après la défaite de l’Allemagne en 1945 a récemment été confirmée par les tribunaux. En 2006, le plus haut tribunal criminel du pays avait déclaré que le gouvernement pouvait saisir les enfants des parents qui tentaient d’éduquer leurs propres enfants à la maison pour des raisons de conscience. La Cour européenne des Droits de l'homme a également confirmé cette loi en affirmant que l'Allemagne avait le droit d'exiger l'inscription dans des écoles contrôlées par l'État (Konrad et autres c. Allemagne, affaire n° 35504/03, 11 septembre 2006).

Voir aussi : Juge américain accorde le statut de réfugiés politiques à des parents-éducateurs persécutés en Allemagne.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

samedi 20 mars 2010

Québec — « [re]Faire des élèves des perroquets »

Patrice Potvin, professeur-chercheur en didactique des sciences à l'UQAM, progressiste dans l'âme, a participé à une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire.
« Les fonctionnaires du MELS ont ces derniers temps travaillé sur une « commande » émanant du bureau de la Ministre les contraignant à produire ce qu’ils appellent la « Progression des apprentissages ». Ce document avait été annoncé initialement comme étant un outil permettant aux enseignants de mieux cerner les moments (la Ministre a même parlé récemment d’une progression « mois après mois » très réductrice et contraignante pour les enseignants) où ils doivent aborder les contenus et de savoir également jusqu’où ces contenus devaient être approfondis. Il était également présenté comme un moyen de réhabiliter la place des connaissances dans l’enseignement, ce qui n’est peut-être pas, a priori, une si mauvaise idée, étant donné l’état de confusion assez avancé dans lequel les enseignants sont plongés depuis quelques années. »
Pour M. Potvin, à la lecture des objectifs, ce nouvel outil constituerait une formidable régression qui simplifierait à outrance la transmission de connaissances et des compétences qui dépassent la simple restitution de faits.
« [...]

Premièrement, parce que la manière dont on présente les contenus nous renvoie vingt ans en arrière. On colle tout simplement un verbe à une connaissance. Exemple : « Nommer les différents groupes sanguins ». Cette façon de faire, pourtant abandonnée dans la plupart des pays du monde, pourrait encore se justifier par le choix de revenir aux anciens programmes, mais le véritable problème, c’est que les seuls verbes autorisés sont d’un niveau d’exigence médiocre : « nommer, identifier, associer, définir, choisir, reconnaître, etc. » Il s’agit ici uniquement d’apprentissages de très bas niveau qui ne présentent que la vertu de pouvoir être vérifiées facilement avec un test « papier-crayon » et pour lesquels le cours magistral suffit à les faire « apprendre ». Le document se suffit donc de faire de nos enfants des perroquets. Exit la réflexion ! Nivellement par le bas total.

[...]

Deuxièmement, le document est dangereux parce qu’il contredit explicitement les programmes de formation malgré la prétention qu’il a de les compléter. Par exemple, il ne fait aucune mention des compétences, les fonctionnaires ayant été explicitement interdits de les évoquer, alors que les programmes les présentent comme très importantes, bien que non exclusives. Confusion. De plus, il suggère que les connaissances doivent précéder chronologiquement leur mobilisation, ce qui est contraire aux nouveaux programmes où il est indiqué que les connaissances et leur utilisation doivent être abordées en concomitance. Confusion encore. Il est clair depuis longtemps que la Ministre souhaite revenir à ce qu’elle appelle l’« essentiel » (comme si les enseignants l’avaient oublié), mais les effets de son document ne seront pas ceux escomptés : en envoyant aux enseignants de tels messages contradictoires à répétition, elle alimente la confusion quant aux cibles que les enseignants doivent atteindre dans leur pratique.

Que l’on soit pour ou contre la réforme, on peut donc facilement anticiper les effets de cette dés-information et de ce recul sur les enseignants : simplification du travail de l’enseignant à des répétitions techniques, démotivation, perte de sens, ingrédients privilégiés du décrochage enseignant. Un phénomène qui n’a pas vraiment besoin d’être alimenté actuellement, puis-je ajouter.

Ce document ressemble de plus en plus à un testament que la Ministre semble vouloir laisser derrière elle (sans consulter, comme d’habitude) et qui est à l’image de toute sa contribution au monde de l’éducation… Qu’elle n’a jamais très bien compris d’ailleurs et qu’elle admet avoir hâte de quitter. Le plus vite possible s’il vous plaît… »






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie

L'École domine le débat politique français depuis deux cents ans. Longtemps perçue comme un instrument d'émancipation sociale et politique, elle connaît, depuis la massification des études secondaires et supérieures commencée durant la seconde moitié du XXe siècle, une crise qui souligne les contradictions existant entre sa fonction de reproduction des élites méritocratiques et le projet humaniste égalitaire dont elle se réclame, et, au-delà, les contradictions internes à l'idéal démocratique du peuple français.

L'École doit-elle rester le socle d'une république méritocratique instituant plus de justice dans les inégalités, ou devenir la matrice d'une société égalitaire ? Doit-elle avant tout transmettre le savoir de manière peu ou prou magistrale et impositive ou ouvrir des voies d'accès, diversifiées suivant les publics et les individus, à la connaissance ? Les hommes, égaux en dignité, sont-ils tous capables d'accéder au registre supérieur du savoir élaboré ? L'égalité de dignité et de raison implique-t-elle l'égalité devant le savoir ? Jusqu'à quel point la correction des inégalités sociales et culturelles par l'École s'accorde-t-elle avec la fonction de promotion individuelle (impliquant de tirer parti des inégalités) que l'on attend d'elle ? Ces questions, posées de façon cruciale par l'unification du système éducatif et l'accès de tous les jeunes aux études secondaires, voire supérieures, les Français ont voulu les éluder.

D'intérêts opposés, les parents et les syndicats d'enseignants ont imposé au pouvoir politique la passivité devant la submersion démographique des enseignants secondaire et supérieur, le statu quo, le refus de choisir entre une orientation méritocratique repensée et une option privilégiant la recherche de l'accès de tous à la connaissance au moyen d'une pédagogie différenciée et d'accompagnement. Les uns et les autres ont concouru à rendre impossible la nécessaire réforme de l'institution scolaire et à un immobilisme qui a contraint à un enseignement de masse une institution conçue pour un public restreint et homogène. Notre système éducatif, dès lors privé de tout projet cohérent, de toute politique clairement définie, s'efforçant de tenir la balance entre des exigences contradictoires, incapable de canaliser les flux de sa population d'élèves et d'étudiants, est devenue une organisation gigantesque, contradictoire dans ses initiatives et ses directives, ingérable, productrice d'effets pervers et autres dysfonctionnements, et plus que jamais incapable de corriger les inégalités sociales. Les professeurs du secondaire ont eu une lourde responsabilité dans ce marasme. Représentants d'une conception aristocratique du savoir remontant à l'antiquité classique, et héritiers d'une tradition corporative apparue dès le Moyen Age et consolidé par l'État jacobin, ils n'ont pas voulu renoncer à leur statut de maîtres dépositaires du savoir qui leur conférait une puissance certaine aux yeux de leurs contemporains. Maîtres, ils n'ont pas voulu devenir des éducateurs, et ont subi, souvent dans la plus grande souffrance, l'enseignement de masse. Se réclamant d'idéaux démocratiques avancés, ils n'ont pas voulu faire les frais de la démocratisation de l'enseignement.

L'idéal scolaire français : de l'utopie à l'entropie
par Yves Morel
263 pages
Éditions Bellier, Paris, octobre 2007
ISBN-13 : 978-2846311908

Biographie de l'auteur

Yves Morel, docteur en Histoire (EHESS, Paris), titulaire d'un DEA de Sciences de l'Education, certifié d'Histoire-Géographie, travaille à la Délégation académique à la Formation des personnels (DAFOP) du Rectorat de Lyon.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

vendredi 19 mars 2010

Les campagnes de publicité crues du gouvernement du Québec...

Après la campagne du gouvernement du Québec très crue sur le chlamydia que l'on retrouve sur les abribus et qui est parfois interprétée dans les cégeps par des acteurs fonctionnaires, voici les publicités sur internet...

Dans l'extrait audio ci-dessous, Marie-Paul Ross, sexologue invitée de Christiane Charette ce vendredi sur la chaîne d'État, fait plutôt l'éloge de l'érotisme et dénonce la campagne publicitaire du gouvernement qui coûterait 500 000 $ et dont l'efficacité est très douteuse.

Ces derniers jours est apparu un nouveau pan de la campagne de publicité du gouvernement du Québec contre les maladies sexuellement transmissibles. Cette fois-ci il s'agit de parler de la gonorrhée. La campagne se fait sur Dailymotion, service d'hébergement, de partage et de visionnage de vidéos en ligne et concurrent français de Youtube. La publicité destinée aux utilisateurs québécois précède pendant 15 secondes les vidéos de Dailymotion vue directement sur son site. Cette vidéo où l'on voit deux homosexuels mâles s'embrasser joue en alternance, grosso modo une fois sur trois, avec une vidéo où apparaît un couple hétérosexuel.

Le site Dailymotion est ouvert à tous, y compris les écoliers.


Voir aussi

Autre campagne (2013)  : Priorité de l'État : vous devez trouver homosexuels, bisexuels et transsexuels « normaux » !







Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Agressions sexuelles dans une garderie laïque ?

Sordide histoire à Magog où trois enfants auraient été agressés sexuellement par le conjoint de l’éducatrice d’une garderie en milieu familial.

Les gestes à caractère sexuel auraient été commis sur les bambins à l’heure de la sieste, et ce, à l’insu semble-t-il de l’éducatrice.

La garderie demeurera ouverte tant qu’il n’y aura pas d’accusation portée contre l’homme.

Un procureur aux poursuites criminelles étudie en ce moment la preuve recueillie par les policiers et le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ).

Source TVA Nouvelles






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Éric Zemmour : Mélancolie française ou l’idéal romain dans l'Histoire de France

Très controversé, le livre d’Éric Zemmour n’en reste pas moins un travail érudit. Il offre une réflexion inédite sur la transmission de l’héritage romain à travers notre histoire. Un livre au carrefour de l’histoire de France et européenne, de la géopolitique et de la psychologie des peuples.



Éric Zemmour s'entretient avec Christophe Dickès de Canal académie (49 minutes)


Cette émission vous propose de découvrir un ouvrage qui veut donner un sens à notre histoire et tout particulièrement à l’histoire de France. Un ouvrage qui tente de déceler les moments où les destins basculent dans un sens ou dans un autre, tant il est vrai que l’histoire est faite de causes et de conséquences, parfois de constantes ou de nécessités, rarement de hasard…

Dans son ouvrage Eric Zemmour pose un regard sur notre Histoire de France à travers le prisme de l’héritage romain. Paris, dit-il, a souhaité perpétuer Rome de la chute de l’empire jusqu’à nos jours. Notre pays sut parfois répondre à ce rêve et imposer à l’Europe la fameuse paix romaine mais en face, l’Angleterre souhaita aussi tirer son épingle d’un jeu diplomatique et géopolitique complexe. Aujourd’hui ce rêve romain s’évanouit dans une Europe qu’Eric Zemmour considère comme démesurée. Il tire de ce constat une mélancolie. Une mélancolie française.






Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)