lundi 17 avril 2023

Anglo-saxophonie — « Bonjour, les filles » : une enseignante forcée de s’excuser pour cette salutation

L’enseignante de philosophie et d’éducation religieuse d’une école privée pour filles a été forcée de s’excuser après avoir salué son groupe en les appelant « les filles », alors qu’un des élèves ne s’identifiait pas comme tel. 
 
Les élèves de l’école privée pour filles aux frais d’inscription de 20 000 £ par an ont déclaré que tout le monde dans la classe ne s’identifiait pas comme fille.

Une enseignante affirme avoir été humiliée après avoir dû s’excuser auprès des élèves d’une école privée britannique pour les avoir appelées « filles ».

Les élèves de cette école de 20 000 £ par an se sont plaintes et ont déclaré que toutes les élèves de la classe ne s’identifiaient pas comme des filles.
 
C’est ce qu’ont rapporté The Mail on Sunday et Le Daily Telegraph.

C’est du moins ce que l’enseignante aurait confié la semaine dernière dans le cadre d’une étude sur les soins de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents, dirigée par une pédiatre, la Dre Hilary Cass.

Selon ses dires, l’incident se serait produit en 2021, dans une classe d’élèves de 11 à 12 ans.

Dès le cours suivant, chaque membre d’un groupe aurait inscrit son nom et ses pronoms sur le tableau pour forcer l’enseignante à les utiliser. Parmi le groupe, un des élèves s’identifiait « they » et « them », selon le média britannique.

Devant les refus de l’enseignante à utiliser les pronoms, les élèves auraient ensuite tenu une manifestation sur l’heure du dîner pour faire entendre leur mécontentement.

De son côté, l’enseignante aurait finalement rétorqué qu’elle devait d’abord s’entretenir avec les parents d’une élève si elle préférait employer des pronoms différents de son sexe biologique.

« Avant la fin de la semaine, j’étais dans une espèce de processus de discipline et le chef d’année me disait que je devais m’excuser aux filles », a-t-elle témoigné, en demandant l’anonymat pour protéger ses élèves.
 
L’enseignant a déclaré que les problèmes avaient commencé moins d’une semaine après que les préfètes — des élèves de dernière année élues par leurs camarades — « diversité et inclusion », typiquement âgés de 17 ou 18 ans, eurent organisé une réunion de l’école sur le genre et les pronoms.

Au cours de cette séance, ces élèves de 17 et 18 ans ont projeté une vidéo sur les identités de genre et le sexe assigné à la naissance.

La tutrice estime que son refus de capituler devant les exigences de ses élèves en matière de genre lui a valu d’être « évincée ».

Elle a déclaré que le directeur de l’école avait rejeté sa demande de rester à l’école après la fin de son contrat à durée déterminée.

La Fondation indépendante de l’école de jour pour filles, chargée de son contrat, n’aurait pas répondu aux demandes des deux médias anglais

France — Cri d’alarme contre les « absurdités scientifiques » du Planning familial

« La diffusion subventionnée de [..] contre-vérités scientifiques auprès d’adolescents en souffrance, en attente d’aide, est un véritable scandale ». Dans une tribune publiée par le journal Le Point, un collectif d’intellectuels et de médecins [1] pousse un « cri d’alarme » et dénonce les dérives du Planning familial.

« Le dogme antiscientifique de l’intersectionnalité »

« C’est avec le plus grand sérieux que le Planning familial, organisme d’éducation populaire, nous assène des absurdités scientifiques » s’indignent les signataires de la tribune.

Campagne d’affichage montrant deux hommes et titrant : « au Planning, on sait que des hommes aussi peuvent être enceints » (cf.
Campagne publicitaire [subventionnée] de l’homme « enceint » dénoncée par des féministes), lexique trans présentant une liste de « termes à ne pas utiliser » parmi lesquels « mâle/femelle » ou « masculin/féminin ». C’est à partir de « ce dogme antiscientifique de l’intersectionnalité » que le planning familial prétend « éduquer » les enfants et les jeunes.

« Nos enfants, nos adolescents sont en danger » alertent les signataires. L’adolescence est une « période critique, l’adolescent est fragilisé, en proie au doute », rappellent-ils. L’adolescent « recherche des appuis auprès de ses pairs, mais aussi auprès de sources diverses, malheureusement pas forcément fiables ou bien intentionnées » (cf. Genre : 140 médecins et intellectuels appellent à informer les jeunes objectivement).

« Danger pour la santé publique »


Les réseaux sociaux exploitent cette fragilité. Ils véhiculent des messages incitant les jeunes à changer de sexe (cf. Changement de sexe chez les enfants : « C’est comme si mon fils était sous emprise » d’une secte). D’où la multiplication de demandes de transition dans les pays occidentaux, surtout chez les filles, depuis quelques années. Certains pays font marche arrière (cf. Genre : deux projets de loi pour protéger les mineurs américains), mais la France pas plus que le Québec ne semblent pas encore prendre conscience de « ce nouveau scandale sanitaire » (cf. Changement de sexe chez les enfants : « un des plus grands scandales sanitaire et éthique »).

Elon Musk s’oppose véhémentement aux « thérapies » de transition de genre chez les mineurs

« Comment peut-on laisser un organisme tel que le Planning familial se fourvoyer dans une politique qui est à l’opposé de sa vocation originelle ? » s’indignent les signataires. « Depuis 2018 et sa conversion à l’intersectionnalité, ce n’est plus une dérive, mais un naufrage. Le Planning est devenu le refuge de militants transactivistes ». « Les formations du Planning familial constituent un danger pour la santé publique » déplorent-ils.

« Le Planning familial s’est disqualifié et ne devrait plus être autorisé à intervenir auprès des écoliers, des collégiens et des lycéens », « tout du moins tant que l’organisme ne pourra pas garantir la scientificité rigoureuse de ses propos » considèrent les signataires

À ce scandale social s’ajoute également un scandale financier selon le collectif d’intellectuels et de médecins. Le Planning est un organisme financé chaque année à hauteur de 2,8 millions d’euros par l’État et diverses collectivités rappellent-ils. « Il est urgent de conditionner les subventions du Planning familial au respect strict de ses orientations et finalités originelles » clament-ils.

 

[1] Liste des signataires :

Claudio Rubiliani  (physiologiste de la reproduction, docteur d’État et ancien inspecteur de l’Éducation nationale), Céline Masson (professeur des universités en psychopathologie clinique), Caroline Eliacheff (pédopsychiatre), Élisabeth Badinter (philosophe), Jean-François Braunstein (professeur émérite de philosophie à la Sorbonne), Nathalie Heinich (sociologue), Xavier-Laurent Salvador (maître de conférences HDR, président du LAIC), Pierre Vermeren (historien et président du conseil scientifique du LAIC), Pierre-André Taguieff, (philosophe et politiste, CNRS), Jean Szlamowicz (linguiste et professeur des universités), Claude Habib (professeur émérite de littérature), Marie-Jo Bonnet (historienne, féministe, écrivaine), Nicole Athea (gynécologue endocrinologue), Gérard Rabinovitch (philosophe, essayiste), Leonardo Orlando (docteur en science politique), Jean-Pierre Winter (psychanalyste, essayiste), Béatrice Guilbault Finet (enseignant chercheur), Caroline Valentin (avocat), Israël Nisand (professeur émérite de gynécologie obstétrique), François Richard (professeur émérite à l’université Paris Cité, psychanalyste membre formateur de la Société psychanalytique de Paris), Patrick De Neuter (professeur émérite de l’université de Louvain), Marianne Baudin (professeur émérite de psychopathologie), Nicole FARGES (psychologue, psychanalyste), Christian Godin (philosophe), Louise L. Lambrichs (écrivain), Nadia Geerts (militante laïque et auteur belge), Stanislas Korczynski (assistant spécialiste en psychiatrie au CPN Nancy), Catherine Jongen (thérapeute de couple et sexothérapeute), Caroline Calba (professeur agrégé), Robert Naeije (médecin, ancien professeur des universités), Maurice Berger (pédopsychiatre, ex-professeur associé de psychopathologie de l’enfant), Fadila Maaroufi (directrice de l’Observatoire des fondamentalismes à Bruxelles), Hala Oukili (journaliste), Paul Denis (neuropsychiatre, membre de la Société psychanalytique de Paris), Véronique Segonne (psychanalyste, ancienne attachée des hôpitaux de l’AP-HP), Michaël Saada (psychiatre, psychothérapeute), Jean-Marie Lacroix (professeur des universités ,microbiologiste), Monette Vacquin (psychanalyste), Nora Markman (psychanalyste-psychologue clinicienne), Sonia TIMSIT (psychiatre et psychanalyste), Anne-Laure Boch (neurochirurgien), Beryl Koener (pédopsychiatre, MD PhD), Isabelle Denys (gynécologue médical, praticien hospitalier hôpital de Valenciennes), Michel Bruno (psychologue-psychanalyste), Laurent Le Vaguerèse (psychiatre-psychanalyste), Celine Pina (journaliste), Guillaume Gillet (psychologue clinicien, psychothérapeute), Jacqueline Schaeffer (membre titulaire formateur honoraire de la Société psychanalytique de Paris), Fabienne Ankaoua (psychanalyste-dramaturge), Dominique Hof Mouzin (psychanalyste), Jean-Daniel Lalau (PU-PH au CHU d’Amiens, endocrinologie-nutrition), Marie-Laure Léandri (psychanalyste membre titulaire de la SPP), Annie Sugier (présidente de la Ligue du droit international des femmes), Anne Paulsen (pédiatre endocrinologue), Yana Grinshpun (maître de conférences en sciences du langage), Georges Lecoq (psychologue), Anne Verheggen-Lecoq (psychologue), Houria Abdelouahed (psychanalyste), Geneviève Bourdellon (psychiatre, psychanalyste, membre formateur de la SPP), Assaf Gérard Fitoussi (psychologue médical et psychanalyste), Olivier Halimi (psychologue, psychanalyste, Membre de la Société psychanalytique de Paris), Rhadija Lamrani Tissot (psychanalyste), Caroline Calba (professeur certifié et agrégé d’anglais), Christian Mosbah (psychiatre, psychanalyste), Monique Lauret (psychiatre, psychanalyste, Membre de la SPF), Anne Santagostini (psychiatre et psychanalyste), Catherine Jongen (thérapeute de couple et sexothérapeute) , Sophie Audugé (déléguée générale et porte-parole SOS Éducation), Kérel Proust (psychologue), Michel Tibayrenc (généticien, directeur de recherche émérite institut de recherche pour le développement), Irène Nigolian (psychiatre, psychanalyste), Anna Cognet (psychologue clinicienne), Laetitia Petit (MCF-HDR Aix-Marseille université), Dany-Robert Dufour (philosophe), Marie-Pierre Sicard Devillard (psychanalyste – SPF), Frédéric Jongen (philosophe, thérapeute de couples et sexothérapeute), Dominique A. Crestinu (gynécologue), J-Y Chagnon (psychologue et professeur des universités), Joseph Ciccolini (professeur de pharmacocinétique), Patrice Lévy (psychologue clinicien), Jean Marie Brohm (professeur émérite des universités), Brice Couturier (journaliste), Brigitte Letombe (gynécologue médicale), Georges Lecoq (psychologue), Ghada Hatem-Gantzer (praticien hospitalier médecin-chef de la Maison des Femmes), François Roudaut (professeur des universités), Gilbert Abergel (Comité Laïcité République), Mikhaïl Kostylev (journaliste), Emmanuelle Hénin, Renée Fregosi (philosophe et politologue), Gilles J. Guglielmi (professeur de droit public), Pierre-Henri Tavoillot (philosophe), André Tira (professeur de sciences économiques émérite), Michel Fichant (professeur émérite, Sorbonne Université), Albert Dojan (professeur d’anthropologie, université de Lille), Mireille Quivy (universitaire), Michel Messu (sociologue, professeur honoraire des universités), Alain Silvestre (médecin), Catherine Louveau (sociologue, professeure émérite), Guylain Chevrier (formateur et enseignant à l’université. Ancien travailleur social), Frank Muller (professeur des universités émérite), Catherine Louveau (sociologue, professeure émérite), François Vazeille (directeur de recherche émérite), Dominique Triaire (professeur émérite, université de Montpellier), Jean-François Mattei (médecin, anc. ministre de la Santé), Anne-Marie Le Pourhiet (professeur émérite de droit public) François Rastier (linguiste, directeur de recherche, CNRS), Vincent Tournier (maître de conférences de science politique), Michèle Tribalat (démographe), Aurélien Marq (haut fonctionnaire), Jean-Pierre Sakoun (Unité Laïque), Michèle Vianès (présidente de Regards de Femmes), Pascale Belot Fourcade (psychiatre), Sophie Dechêne (psychiatre infanto-juvénile), Luis Fernando Macias Garcia (professeur de sciences sociales et de philosophie), Ypomoni (collectif de parents d’ados en questionnement de genre), Liliane Kandel (sociologue et essayiste féministe), Sylvie Zucca (psychiatre), Didier Sicard (médecin, ancien chef de service de médecine interne), Gilles Falavigna (auteur), Patrick Miller (psychiatre et psychanalyste), Laurent Jolissaint (physicien, PhD), Fabien Ollier (directeur des éditions QS et de la revue Quel Sport ?)

Source : Le Point

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! »

Mme Martine Biron, députée des Chutes-de-la-Chaudière, et ministre des Relations internationales et de la Francophonie et responsable de la Condition féminine s’est portée à la défense des hommes transgenres.

On ne voit pas très bien le rapport avec la condition féminine… Ou Mme Biron pense-t-elle que les hommes déguisés en femmes sont des femmes ?

On n’entend guère Mme Biron sur la francophonie internationale. Quelle action précise a-t-elle engagée d’ailleurs dans ce domaine et avec quels moyens ?

Mais dans le domaine des trans, l’argent ne semble pas manquer. Mme Biron annonce la dépense de près d’un million de dollars pour favoriser l’acceptation des trans et des LGBTQ+.

De quelle actualité Mme Biron veut-elle parler ? La tuerie dans une école de Nashville par un transgenre il y a quelques semaines ?

Les actions de propagande de cet « investissement » comprennent :   

  • le renforcement du milieu communautaire engagé dans la lutte contre l’homophobie et la transphobie en région ;
  • les initiatives qui ciblent la sensibilisation à la diversité sexuelle et de genre dans les milieux jeunesse ;
  • démystifier les réalités propres aux diverses identités de genre et orientations sexuelles et favoriser la reconnaissance de ces réalités.

Il semble que cette annonce de dépenses suit la protestation de parents par rapport à la mode occidentale récente qui voit des travelos lire des contes aux jeunes enfants. (Le Québec suit simplement les États-Unis, les progressistes québécois sont des « suiveux » de la gauche américaine après tout…)

Si ces actions de propagande (pardon de sensibilisation et de démystification) ne suffisent pas, si des parents continuent de s’étonner de cette volonté de déconstruction des rôles sexuels auprès de jeunes enfants, si certains persistent à voir dans ces spectacles de drag queens une caricature outrancière et avilissante des femmes, d’appropriation (pour parler comme les wokes) des attributs vestimentaires et sexuels des femmes par des hommes (un peu comme ces black faces où des blancs se déguisent en noirs). Dans ce cas-là, le gouvernement du Québec a un argument massue : « Vos yeules ! », comme l’a asséné Régine Laurent avec tant de verve et d’aplomb :

C’est évidemment un peu court comme « argumentation ». Un peu vulgaire. 

Régine Laurent apparaissait là sur TVA. Elle a été nommée en 2021 sur le conseil d’administration du Groupe TVA. Elle ne risquait donc pas d’être contredite. 

Née le 9 octobre 1957 à Port-au-Prince, Régine Laurent a été nommée en 2019 par le Premier ministre, François Legault,  présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse. Protectrice de la jeunesse, vraiment ?

Patrick Buisson : « Le patriarcat protégeait les femmes » [de la phallocratie, du patron exploiteur, de la solitude et de l'État tatillon]

Patrick Buisson sur CNews (avec Mathieu Bock-Côté) :

Version Odysee

Version Rumble (censurée dans la France de Macron)


 
 
Patrick Buisson est essayiste, journaliste, politologue, conseiller politique, sociologue et même anthropologue : il est un grand observateur des mutations sociales dans notre pays. Son dernier livre s’intitule Décadanse, comme le titre d’une chanson de Jane Birkin et Serge Gainsbourg, un couple emblématique de l’époque.


Après La Fin d’un monde, il poursuit sa déconstruction des déconstructeurs. « C’est au début des années 60 que commença à s’opérer une déliaison irrésistible entre le monde holiste du catholicisme et la culture moderne de l’autonomie individuelle qui allait tenir le haut du pavé à partir de mai 68. » Advient alors la société de consommation, du sexe comme des marchandises.

Dans La Fin d’un monde, il dépeignait le démontage, pierre par pierre, de la clé de voûte catholique, en France, en particulier dans sa dimension populaire. Dans Décadanse, il analyse le détricotage d’une autre clé de voûte : la femme. Détricotage de la femme en tant que mère, épouse, poutre maîtresse du foyer et femme tout court ; puisqu’on voit aujourd’hui, après cinquante ans de combat pour la libération de la femme, que les femmes sont invisibilisées par les trans. La libération sexuelle a libéré l’homme, et pas la femme, avec l’aide de l’idiot utile féminisme.

Un livre passionnant, et décapant, dont il n’est pas certain que le magazine Marie-Claire lui décerne la mention « solaire » et « inspirant »…

00:00 Intro
02:40 La libération des femmes : une entourloupe du patriarcat ?
6 h 22 Réforme des retraites : la natalité diabolisée
08:36 #BalanceTonPorc et le patriarcat : analyse
11:46 Les femmes des milieux populaires trahies par les bourgeoises
14:23 Le salariat, une fausse bonne idée pour les femmes ?
15:34 Une complicité de fait entre le féminisme et le capitalisme ?
18:50 Le fiasco des lois sur la contraception et l’avortement
21:44 La culture moderne, une « anthropofacture » ?
24:24 L’autonomie, ultime stade de la dépendance
26:59 Un nouveau patriarcat : le patriarcat d’État
29:21 Une lutte à l’intérieur du foyer ?
32:08 Les boomers : une génération maudite ?
36:45 Un rejet de l’héritage des boomers ?
38:57 La réussite de l’Occident liée à l’austérité de ses mœurs ?
43:11 L’immigration et le Grand Remplacement
46:40 Y a-t-il des raisons d’espérer ?
49:22 Reconstruire Notre-Dame : un motif d’espérance ?
52:06 Remerciements

Voir aussi
 
 
 
 
 

Iseul Turan et Anne Trewby, fondatrices du collectif Antigones et auteurs de « Femmes, réveillez-vous ! - Pour en finir avec les mensonges du féminisme » sur le sujet de  « Le patriarcat a-t-il vraiment sauvé les femmes du capitalisme ? » (vidéo ci-dessous) : 

 

dimanche 16 avril 2023

Damnés travelos lecteurs de contes...

Extraits d'une chronique de Christian Rioux:

On raconte même que la plus célèbre drag queen du théâtre québécois lirait des livres pour enfants dans une bibliothèque perdue entre Candiac et Saint-Constant, prêchant la bonne parole aux petits sans oublier de leur dire de ne pas se bousculer dans les rangs.

Qu’est-il donc arrivé à nos drag queens ? « C’est la mode », ânonnait un animateur de radio qui ne croyait pas si bien dire. Car, le phénomène n’est pas que québécois. Il est mondial. Il n’y a pas qu’à Sainte-Catherine que les « grandes folles » se sont recyclées dans le « conte » pour enfants. Chez l’Oncle Sam, il y a longtemps que la Duchesse de Langeais a troqué les ors de la scène pour les réfectoires de garderies afin de prêcher la bonne parole genrée.  

Selon le Times, sur l’île britannique de Man, une drag queen aurait expliqué à des enfants de 11 et 12 ans qu’il y avait 73 « genres » — pas un de plus, pas un de moins — et surtout comment on pouvait prélever à une fille un bout de peau pour lui fabriquer un pénis.

Lorsqu’il s’agit d’imiter les États-Unis, la France n’est jamais en reste. On a donc vu des drag queens dans une bibliothèque près de Rennes présenter, en partenariat avec le ministère de la Culture, un spectacle intitulé Uniques en son genre. À Paris, dans le XIIIe arrondissement, près de la Butte-aux-Cailles, un atelier de lecture en a invité une comme oratrice. À Bordeaux, dans le cadre du mois de la petite enfance sur l’égalité filles-garçons, l’une d’elles a organisé un atelier de « maquillage sensoriel » pour enfants de 18 mois à 4 ans. Même chose à Toulouse, où Shanna Banana et Brandy Snap ont lu des livres dans un centre pour jeunes du quartier Saint-Cyprien.

Chaque fois, cela fait évidemment du buzz. Et la presse de s’en étonner… et d’en faire ses choux gras. Comme s’il ne coulait pas de source que ces pseudo-spectacles n’étaient finalement que de médiocres séances de rééducation destinées à propager la plate morale de la théorie du genre. L’opération ne trompe personne. À quand des strip-teaseuses et des gogo boys pour apprendre aux enfants à se brosser les dents ?

Autrefois maîtresses de la subversion qui se riaient des genres et de l’ambivalence sexuelle, voilà nos drag queens transformées en tristes commissaires de la bonne parole genrée. Voilà l’« interdit d’interdire » métamorphosé en « fais-pas-ci-fais-pas-ça… et n’oublie pas de te laver les mains ». Quelle triste fin pour celles qui furent les maîtres du quiproquo, du second degré, de l’équivoque et de l’ambiguïté. Mais il faut bien gagner sa vie…

[...]

Étrange phénomène digne d’une époque puritaine qui voit les drag queens coloniser les garderies et la presse culturelle nous faire la morale. Quand la Duchesse de Langeais se prend pour Madame Bec-Sec et Hosanna pour un pasteur de la diversité, c’est peu de dire qu’on a changé d’époque.

« Les enfants doivent être indulgents envers les grandes personnes », me direz-vous avec les mots de Saint-Exupéry. On ne saurait si bien dire. De grâce, rendons leur neutralité aux écoles et aux bibliothèques, leur innocence aux enfants et leur fantaisie aux drag queens. Le mélange des genres n’est pas toujours un succès. Quand l’art dégénère en moraline, ce n’est bon ni pour l’art ni pour la morale


Elon Musk accuse la BBC de dissimuler les effets secondaires des vaccins et affirme qu'il n'a pas davantage de haine aujourd'hui sur Twitter

Elon Musk a accordé un entretien à la BBC au début de la semaine. Il fait suite à la polémique sur l’étiquetage de Twitter qui avait décidé d’ajouter la mention « financée par le gouvernement » sous l’avatar Twitter de la BBC.

L’interview surprise d’Elon Musk a porté sur la direction de Twitter par l’entrepreneur canado-sud-africain (la mère de Elon Musk est née Haldeman le 19 avril 1948 à Regina) et sur les affirmations de partialité de la BBC.

Elon Musk a accusé la BBC de dissimuler les effets secondaires des vaccins Covid et de diffuser des informations erronées sur les masques.

Le milliardaire a accusé la chaîne de télévision de faire du deux-poids-deux-mesures après qu’un journaliste de la BBC l’a interrogé sur les discours haineux et les fausses nouvelles sur Twitter au cours d’une interview combative.

M. Musk a déclaré : « La BBC se tient-elle pour responsable de la désinformation concernant les masques et les effets secondaires des vaccins ? Et de ne pas en parler du tout ? »

« Et que dire du fait que le gouvernement britannique a fait pression sur la BBC pour qu’elle modifie sa politique éditoriale ? »

L’entrepreneur n’a pas développé ses allégations, formulées lors d’un entretien surprise avec un journaliste de la BBC dans les bureaux de Twitter à San Francisco.

J’ai dit que la BBC pouvait venir sur Twitter [Space?], puis, à ma grande surprise, un journaliste s’est présenté.

– Elon Musk (@elonmusk) 12 avril 2023
Certains des premiers reportages de la BBC sur les masques, dans lesquels des experts remettaient en cause leur efficacité, comportent désormais des clauses de non-responsabilité concernant le reportage d’origine.

L’un de ces articles, publié en mars 2020, indique qu’il était « basé sur les conseils disponibles… à l’époque ».

Le mois dernier, le Guardian a rapporté que les rédacteurs de la BBC avaient demandé aux journalistes d’éviter d’utiliser le mot « confinements » au début de la pandémie, à la demande de Downing Street. La BBC affirmait à l’époque que ses décisions étaient indépendantes sur le plan éditorial.

La BBC a refusé de commenter les affirmations de M. Musk.

M. Musk a parlé d’« effets secondaires majeurs » après son deuxième rappel, qui lui a donné l’impression d’être « en train de mourir pendant plusieurs jours ».

Au cours de l’entretien avec la BBC, M. Musk a également accusé le journaliste de mentir après avoir affirmé qu’il y avait eu une augmentation des discours haineux sur Twitter depuis son rachat par la société pour 44 milliards de dollars l’année dernière.

M. Musk a déclaré : « Je vous dis, monsieur, que vous ne savez pas de quoi vous parlez… parce que vous ne pouvez pas me donner un seul exemple de contenu haineux, pas même un seul tweet. » Peu avant le journaliste de BBC décrivait des tweets haineux « comme ayant du contenu légèrement raciste, légèrement sexiste ». Musk avait alors demandé « donc si quelque chose est légèrement sexiste, cela devrait être interdit » ? Le journaliste avait refusé de répondre.

« Vous avez prétendu que les contenus haineux étaient nombreux. C’est faux, vous avez menti ».

James Clayton, journaliste à la BBC, a défendu sa ligne de conduite en citant une organisation qui a mis en garde contre l’augmentation des messages haineux sur le site.

Des groupes militants tels que l’Anti-Defamation League et le Center for Countering Digital Hate ont affirmé qu’il y avait eu une augmentation des remarques désobligeantes à l’encontre des Noirs américains depuis que M. Musk a pris le contrôle du site, tandis que d’autres groupes militants prétendent avoir assisté à une augmentation des propos anti-LGBT.

Depuis qu’il a pris le contrôle du site, M. Musk a annulé l’interdiction de centaines de comptes qui avaient été bannis pour avoir enfreint les règles de Twitter en matière de discours haineux ou de désinformation.

M. Musk a insisté sur le fait que le nombre d’expressions de discours haineux avait diminué, déclarant au sujet de ceux qui prétendaient le contraire sans preuve : « Les gens disent toutes sortes de bêtises. »

samedi 15 avril 2023

Québec — La haine du passé et de l'effort ? (alias les participes passés fatiguent des enseignants)

Chronique d’Antoine Robitaille paru dans le Journal de Montréal.

Dans les débats au sujet du déclin de la langue française et de la culture québécoise, un verbe revient souvent : « dépoussiérer ».

Cela pose selon moi une série de problèmes. Dernier exemple, un titre dans « La Presse » d’hier : « Les profs de français veulent dépoussiérer les participes passés. »

L’article portait sur les doléances des enseignants de français, transmises au ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

L’idée de ne plus enseigner les exceptions de l’accord des participes passés n’est pas nouvelle. En 2019, le Journal rapportait que des experts ès langue française, comme Mario Désilets, didacticien du français, et Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire, y étaient favorables. Peut-être faut-il en passer par là.

Face à la désaffection pour le français dans les jeunes générations, le réflexe est souvent de dire que notre langue est trop « complexe ». D’où l’engouement pour la simplification, un des avatars du « dépoussiérage ».

Il y a quelques années, la réforme de l’orthographe devait être embrassée au plus vite. Le passage d’« oignon » à « ognon », la suppression d’accents circonflexes (connaître, etc.), promettait de rendre le français illico irrésistible. Cela a-t-il fonctionné ? Qu’importe, on remet ça avec les participes passés.

Le coupable

 
Le « passé », la « poussière », justement, voici ce qui dérange, aujourd’hui : « Quand un élève me dit : “Madame, je ne comprends pas pourquoi on l’accorde comme ça”, la seule réponse que je lui donne est que des gens ont décidé des règles il y a 400 ans », témoignait une enseignante, dans « La Presse ».

Permettre de ne plus accorder « en genre et en nombre le participe passé employé avec avoir lorsque le complément direct est placé avant le verbe » va-t-il vraiment freiner le déclin du français ?

J’en doute. [Ce n’est pas la simplicité qui fait l’attrait d’une langue, mais son utilité, son poids économique, son prestige. Le français a été la langue de l’Europe cultivée au Grand Siècle grâce à la puissance démographique, culturelle, économique et militaire de la France, pas parce qu'il aurait été plus simple à l'époque. (En fait avec les vérificateurs d'orthographe c'est peut-être bien l'inverse.) Le latin qui n’est pas une langue particulièrement facile a conquis l’Europe… Ceci dit des complications inutiles dans l'orthographe ou la grammaire pourraient être éliminées, par exemple des lettres muettes irrégulières non étymologiques. Le participe passé avec avoir, par contre, se fait parfois entendre : les règles que j'ai apprises...] 

Il me semble que les sources profondes du déclin sont ailleurs. D’abord dans l’ubiquité et l’omnipotence des applications et plateformes numériques américaines ou anglophones, entre autres.

Mais aussi dans notre passion excessive pour le « dépoussiérage ». En mars, les ministres Drainville et Lacombe (Culture) se sont rendus dans une école pour échanger sur le français. Les élèves, paraît-il, ont accueilli favorablement l’idée de « recourir à des livres, des chansons et des films québécois pour l’apprentissage du français ». Oh joie ! Mais plusieurs jeunes auraient « insisté pour que les œuvres proposées soient contemporaines ». Le ministre Mathieu Lacombe s’est déclaré « sensible à ça ».

Notre époque a décidé qu’elle n’avait rien à apprendre du passé, sur lequel elle pose un regard méprisant : il s’agit pour elle d’une « grande noirceur », la seule altérité peut-être qui mérite une attitude de fermeture.

Pourtant, « étant donné que le monde est vieux, toujours plus vieux que [les élèves], le fait d’apprendre est inévitablement tourné vers le passé », soulignait la philosophe Hannah Arendt.

Dans le monde d’aujourd’hui, les adultes, les ministres, sont semble-t-il, prêts à céder à l’approche client (« c’est ce que les jeunes veulent »), jeter la culture avec le porte-poussière. Le contraire, s’intéresser au passé, aux œuvres qu’il nous a léguées, pourrait pourtant donner un sens riche aux apprentissages et développer l’esprit critique face à notre époque.

Devrait-on simplifier l’accord des participes passés dans la langue française ? C’est une question que soulève l’association des professeur. e. s [sic !] de français.

La question a initialement été scrutée par le Conseil international de la langue française qui propose une réforme afin de diminuer le temps qu’on y consacre en classe. L’AQPF appuie cette réforme et souhaite en profiter pour moderniser la langue française.


« En ce moment il existe un très grand nombre de règles de participe passé ainsi que d’exceptions », explique Alexandra Pharand, professeure de français et vice-présidente aux communications de l’AQPF.

Présentement, le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir s’accorde en genre et en nombre avec le pronom ou le nom noyau du groupe nominal qui occupe la fonction de complément direct si ce dernier est placé avant le verbe.

S’il n’y a pas de complément direct ou s’il est placé après le verbe, le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas.

« Avec la réforme, on ne se poserait plus cette question », affirme Mme Pharand. « Avec l’auxiliaire avoir, ça resterait invariable. »

Le français a-t-il besoin d’être dépoussiéré ?

L’AQPF a rencontré le ministre de l’Éducation Bernard Drainville la semaine dernière à ce sujet. Selon sa vice-présidente Alexandra Pharand, il est grand temps de moderniser la langue française.

« Pour que cette langue reste en vie et évolue, elle doit s’actualiser », estime-t-elle. « Les différentes règles de participe passé sont figées dans le temps et elles sont basées sur des règles d’accord qui ont été déterminées au quinzième ou seizième siècle. » 


vendredi 14 avril 2023

L'essor démographique de l'Afrique subsaharienne ralentirait



Le taux de natalité en Afrique diminuerait beaucoup plus rapidement que prévu. Même si la croissance demeure importante, cette évolution pourrait avoir un impact considérable sur la population totale de l’Afrique d’ici à 2100. Selon certains économistes optimistes, cette chute pourrait également donner un coup de fouet au développement économique du continent. « Nous avons sous-estimé ce qui se passe en termes de changement de fécondité en Afrique », a déclaré José Rimon II, de l’université Johns Hopkins interrogé par The Economist.

Les projections démographiques de l’ONU sont considérées comme les plus fiables. Son dernier rapport, publié l’année dernière, contenait des estimations pour l’Afrique subsaharienne nettement inférieures à celles d’il y a dix ans. Pour le Nigeria, qui compte la plus grande population d’Afrique avec environ 213 millions d’habitants, l’ONU a réduit ses prévisions pour 2060 de plus de 100 millions d’habitants (pour atteindre environ 429 millions). En 2100, le pays devrait compter environ 550 millions d’habitants, soit un total de 350 millions de moins que prévu il y a dix ans.

Pourtant, même les dernières projections de l’ONU pourraient ne pas suivre la baisse rapide des taux de fécondité (le nombre moyen d’enfants par femme) que révèlent certaines études récentes. La plus remarquable concerne le Nigeria, où une enquête financée par l’ONU en 2021 a révélé que le taux de fécondité était passé de 5,8 à 4,6 en cinq ans. Ce chiffre semble être globalement confirmé par une autre étude, cette fois soutenue par USAID, l’agence d’aide américaine, qui a trouvé un taux de fécondité de 4,8 en 2021, en baisse par rapport à 6,1 en 2010. « Quelque chose est en train de se passer », estime Argentina Matavel, du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Si ces résultats sont exacts, ils suggèrent que les taux de natalité diminuent à un rythme similaire à celui de certaines parties de l’Asie, lorsque cette région a vu ses propres taux de croissance démographique ralentir fortement dans le cadre d’un processus souvent connu sous le nom de « transition démographique ».

Une tendance similaire semble se dessiner dans certaines parties du Sahel, où les taux de fécondité sont encore parmi les plus élevés d’Afrique, et dans les régions côtières de l’Afrique de l’ouest. Au Mali, par exemple, le taux de fécondité est passé de 6,3 à 5,7 en six ans. Au Sénégal, le taux de 3,9 en 2021 équivaut à un bébé de moins par femme qu’il y a un peu plus de dix ans. Il en va de même en Gambie, où le taux a chuté de 5,6 en 2013 à 4,4 en 2020, et au Ghana, où il est passé de 4,2 à 3,8 en seulement trois ans.

Ces baisses rapprochent l’Afrique de l’Ouest des taux de fécondité plus faibles observés dans une grande partie de l’Afrique australe.



Les démographes sont partagés quant à l’interprétation à donner à ces enquêtes récentes, d’autant plus que les données qu’elles produisent peuvent être brouillées. « Lorsque l’on constate une chute brutale de la fécondité, le point de départ est que quelque chose cloche dans les données », de déclarer Tom Moultrie, de l’université du Cap. Certains soulignent que les réponses aux enquêtes menées en Afrique sur la taille souhaitée des familles ont peu diminué (les Africaines veulent toujours autant d’enfants), bien que toutes les enquêtes récentes ne posent pas cette question. 

jeudi 13 avril 2023

Décadanse, Libération piège à c... ?, nouveau livre de Patrick Buisson

Dans son précédent livre, La fin d’un monde, Patrick Buisson désirait convaincre que « c’était mieux avant ».

Dans ce nouvel ouvrage, intitulé Décadanse, il persiste en démontrant cette fois que le sacré est éclipsé et les mœurs traditionnelles totalement bouleversées. Avec l’apparition de l’hédonisme comme religion, il dénonce le culte de soi et du corps qui impose une nouvelle échelle des valeurs et de nouveaux comportements.

Cette société de consommation, qui est l’aboutissement des Trente glorieuses, remet en cause des siècles de morale dite traditionnelle, chrétienne, puis laïque. L’abondance commerciale impose une mentalité nouvelle fondée sur la dépense et le recours au crédit.

La cible de ce nouveau « capitalisme de la séduction » est en premier lieu les nouvelles classes moyennes, à qui la publicité apprend à consommer des signes et à considérer que l’épanouissement personnel passe par la jouissance des choses, laquelle, en dernière instance, s’identifie à la jouissance érotique : consommer, c’est faire l’amour.

Ce fut un temps déraisonnable : Serge Gainsbourg inventait la « décadanse », Tony Duvert réclamait la majorité sexuelle pour les enfants de six ans et Ménie Grégoire s’obstinait à vouloir faire des ménagères des machines à produire des orgasmes en rafales. Longtemps pourtant, la révolution sexuelle des années soixante-dix a été présentée comme le temps des merveilles.

Un nouveau marché a triomphé : celui du corps. Une nouvelle religion s’impose : l’hédonisme, soit le culte de l’ego qui impose une nouvelle échelle de valeurs, de nouveaux comportements, et remet en cause rien moins que des siècles de morale chrétienne puis laïque.

La crise de la reproduction de la vie s’accompagne d’une crise de la reproduction des grands systèmes qui lui donnaient un sens.

Et si les grandes lois soi-disant émancipatrices n’avaient été qu’un marché de dupes marquant à la fois l’abolition du patriarcat et le triomphe de la phallocratie ?

La révolte individualiste au nom de l’hédonisme aboutit à un monde délié, où les liaisons protectrices n’existent plus, où la prise en charge de la société par l’État va de pair avec la marchandisation des solidarités naturelles.

Après La Fin d’un monde, Patrick Buisson poursuit son œuvre de déconstruction de la modernité et montre en quoi les peuples ont été trahis par les élites au nom d’une illusoire libération des mœurs.

Décadanse
par Patrick Buisson
publié chez Albin Michel,
à Paris,
le 12 avril 2023,
528 pp,
ISBN-10 : 2 226 435 190
ISBN-13 : 978-2226435194

 Recension de Guillaume Perrault parue dans le Figaro Histoire

Les procureurs de la France de jadis sont légion, ses avocats plus rares. Des mœurs de la société traditionnelle, qui a disparu par étapes depuis l’après-guerre, Patrick Buisson se fait l’intransigeant défenseur dans son nouvel ouvrage, Décadanse (Albin Michel). Poursuivant le travail entrepris avec La Fin d’un monde, il soutient une thèse radicalement antipathique aux modernes, la supériorité du passé français sur son présent, et instruit dans ce volume le procès de la révolution des mœurs advenue lors des années 1960 et 1970. Tel un ténor du barreau chargé d’un dossier désespéré, l’auteur a choisi, pour son apologie des règles morales d’antan, une stratégie de rupture, s’attachant à ruiner les convictions les plus largement répandues chez nos contemporains. Il s’efforce de démontrer que tous les bouleversements d’ordinaire célébrés comme des progrès (avènement de la société de consommation, changement radical de la condition féminine) se payent de régressions désastreuses, qu’on se garde de relater et qui annoncent une catastrophe. Le titre du livre est d’ailleurs une référence provocatrice à une chanson de Serge Gainsbourg bien connue des baby-boomers, interprétée par le chanteur ainsi que Jane Birkin en 1971, et emblématique du climat licencieux de l’époque.

Ontario — Une députée de gauche dépose un projet de loi pour protéger les "événement travelos"

Une politicienne de l’Ontario propose de délimiter des zones entières de villes canadiennes dans lesquelles faire des « remarques offensantes » à l’encontre de la communauté homosexuelle serait un crime.

Le projet de loi « Keeping 2SLGBTQI+ Communities Safe Act », déposé à Queen’s Park (le parlement provincial) la semaine dernière par la députée néo-démocrate Kristyn Wong-Tam, permettrait au gouvernement de l’Ontario de délimiter des « zones de sécurité pour les communautés 2SLGBTQI+ » dans lesquelles la plupart des formes de dissidence publique seraient criminalisées.

Les « remarques offensantes » seraient interdites, même par écrit. Il en va de même pour la distribution de tracts, ainsi que pour tout rassemblement considéré comme « favorisant les objectifs de l’homophobie et de la transphobie ».

Toute infraction serait passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 dollars et d’une condamnation en vertu de l’article du Code pénal relatif au « tapage dans un lieu public ou à proximité ».

Bien que le projet de loi stipule que les zones existeront pendant une « période déterminée », aucune limite de temps n’est précisée. Les zones se composent d’une zone tampon de 100 mètres de part et d’autre d’une propriété précise. En fonction de la taille du lieu en question, cela pourrait représenter une surface équivalente à plusieurs hectares.
 
La députée Wong-Tam entourée des travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz lors de la conférence présentant ce projet de loi.


Lors d’une conférence de presse organisée cette semaine et à laquelle participaient les travelos Scarlett Bobo et Crystal Quartz, Marit Stiles, chef du NPD de l’Ontario, a déclaré que la loi était nécessaire pour freiner une « dangereuse tendance à la hausse » des « crimes haineux » contre les « drag-queens ».

Le projet de loi intervient dans un contexte de recrudescence l’activisme des travestis, en particulier ceux qui sont commercialisés spécifiquement à l’intention des enfants.

La semaine dernière, un « camp de travestis » pour enfants financé par le gouvernement du Canada à Vancouver a été critiqué dans un gazouillis viral par le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier. « Des camps endoctrinant des enfants de sept ans à l’idéologie du genre et à la confusion sexuelle sont maintenant encouragés et subventionnés par tous les niveaux de gouvernement », a-t-il écrit.

Au début du mois de mars, une « heure du conte drag queen » organisée à la bibliothèque publique de Nelson (Colombie-Britannique) a été annulée à la suite de ce que les bibliothécaires ont qualifié de « menaces et de tactiques d’intimidation » à l’encontre du personnel.

En décembre, 14 personnes se sont présentées pour protester contre une heure du conte drag queen à la bibliothèque publique de Brockville (Ontario), et la police locale a déclaré qu’une « vague menace » avait été signalée après l’événement, ce qui a entraîné une recherche d’explosifs sur les lieux, mais aucun n’a été trouvé.

Le 17 mars, 10 manifestants ont été dénombrés à l’extérieur d’un « d’une lecture de contes par un travelo » à Midland (Ontario). La veille, une manifestation organisée pour s’opposer à d’un événement semblable à Woodstock (Ontario) a été dépassée par le nombre de contre-manifestants.

La seule arrestation à ce jour semble provenir de Calgary où, en février, un habitant de la ville, Derek Reimer, s’est introduit dans une bibliothèque locale à l’occasion d’un événement de travestis intitulé « Reading with Royalty [Lecture avec Leurs Majestés… excusez du peu] » et a crié des slogans aux participants jusqu’à l’arrivée de la police.

Le projet de loi de Mme Wong-Tam a été déposé devant une assemblée législative dominée par le gouvernement majoritaire du Premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford. Il est donc peu probable qu’elle aboutisse.

Cependant, le projet de loi ontarien est la deuxième fois au cours des dernières semaines qu’un politicien canadien propose d’interdire les manifestations autour des événements de drague.

Une proposition de règlement rédigée le mois dernier par le conseil municipal de Calgary interdirait toute « manifestation spécifique » dans un rayon de 100 mètres autour des bibliothèques et des centres de loisirs de la ville.

Pour ce qui est de ce qu’implique une « protestation spécifique », le projet de règlement la définit comme une « objection ou une désapprobation à l’égard d’une idée ou d’une action liée à la race, aux croyances religieuses, à la couleur, au sexe, à l’identité sexuelle, à l’expression sexuelle, au handicap physique, au handicap mental, à l’âge, à l’ascendance, au lieu d’origine, à l’état matrimonial, à la source de revenus, à la situation familiale ou à l’orientation sexuelle ».

Voir aussi
 
 
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