lundi 4 août 2008

La tyrannie de l'État qui vous veut du bien

« De toutes les tyrannies, celle qui vise le bien de ses victimes est sans doute la plus oppressive. Il est sans doute préférable de vivre sous le joug de pillards impudents que sous celui de moralistes excités et omnipotents. La cruauté du pillard s’endort parfois, sa cupidité se rassasie, mais ceux qui nous tourmentent pour notre propre bien n’auront jamais de cesse puisqu’ils ont la bénédiction de leur conscience. »

C.S. Lewis, God in the Dock

dimanche 3 août 2008

Dialogue (bien sûr fictif) autour de la famille avec des élèves de 7 ans...

Fais l'inventaire de tous les modèles familiaux que tu connais. Que remarques-tu ?


(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)


— Voyons voir... Oui, Pierre-Alexandre ?

— Les familles avec un papa et une maman.

— Très bien. D'autres encore ? Steeve ?

— Avec une maman et pas de papa à la maison ?

— Oui, on appelle cela, une famille mo-no-pa-ren-tale. Qu'est-ce qu'il y a Michael ?

— C'est pas une vraie famille ça ! Mon père dit que c'est pas bien pour les enfants.

— Ah, vraiment Michael ? Regarde bien la page suivante...

(Cliquer sur l'image pour en afficher une version plus grande)

Marco est triste. Pendant la récréation, Olivier s'est moqué de lui et l'a traité de vaurien parce qu'il n'a pas de papa. Marco habite seul avec sa maman. Il ne connaît pas son papa. Marco pleure.


— Tu comprends que tes paroles peuvent être blessantes, Michael ? Voyons comment résoudre ce problème. Regardez en bas de la page 32 de votre manuel.

(2) Propose une piste de solution et nomme un effet possible.

[3] De quoi a-t-on besoin pour former une famille  ? Discutes-en avec tes camarades [de 7 ans !].



(Longue discussion érudite)

— Bien, d'autres familles ?

Les familles décomposées, m'dame !

— On dit « recomposées », Shanny-Lynn; mais oui c'est bien. Encore ?

Les familles avec deux papas.

— Oui, c'est juste ; ce sont aussi des familles.


Source : pages 31 & 32 du manuel Mélodie B destiné aux enfants de 7 ans, publié par Modulo et agréé par le MELS pour le cours d'ECR.

vendredi 1 août 2008

ECR — Ouverture au dialogue ou pédagogie du conflit pour ébranler l'identité de l'enfant et introduire une dissonance ?

Les lecteurs de ce carnet se rappelleront que le 8 janvier 2008 à 18 h 45 M. le professeur Jean-Pierre Proulx avait laissé le commentaire suivant :
« Vous me faites par ailleurs trop d'honneurs en me qualifiant de "père" du cours d'éthique et de culture religieuse.

Le groupe de travail que j'ai présidé de 1997 à 1999 a repris une idée qui avait déjà été proposée par le professeur Fernand Ouellet de la faculté de théologie de l'Université de Sherbrooke, spécialiste des religions des Indes au début des années 80. Son idée fut d’ailleurs mise en œuvre pendant un certain temps avec l'approbation du Comité catholique du CSE dans les années 1980. L'idée fut reprise par le Conseil supérieur de l'éducation dans un de ses avis de la décennie 1990 puis par les États généraux sur l'éducation de 1995-96. »
Qui est ce Fernand Ouellet et quels sont donc les principes qui devraient guider un cours de culture religieuse ou d'éducation à la citoyenneté (intégré désormais au cours d'histoire) selon lui ?

Dans l’article intitulé « L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ? »[1], Fernand Ouellet commente ainsi les assertions d’un autre auteur sur les pratiques pédagogiques à privilégier dans le cadre d’un tel cours :
Dans le contexte actuel, il ne suffit pas d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs  :

« On saisit à partir de là les principes de ce que pourrait être une éducation à la citoyenneté et à la responsabilité. Le problème n’est pas d’inculquer telle valeur ou ensemble de valeurs plutôt que tel autre. Il est de permettre l’émergence d’un questionnement, d’une inquiétude qui arrache l’enfant ou l’adolescent au confort d’un plein et serein accord avec soi-même et de l’acceptation passive de l’altérité d’autrui : « Lui, c’est lui, moi c’est moi ». Il est donc moins de « construire une identité » que, à l’inverse, d’ébranler une identité trop massive et d’y introduire la divergence et la dissonance; il n’est pas de préparer à la coexistence et à la tolérance, mais au contraire, de mettre en scène l’incommensurable abîme qui me sépare d’autrui et m’oblige (au sens moral du terme) à m’intéresser à lui. C’est donc une « pédagogie du conflit » à la fois entre les individus mais aussi en chacun. » (p. 146)

La pédagogie du conflit que propose ici Galichet comme solution à la crise de légitimité des valeurs dans les sociétés contemporaines s’inscrit dans une conception de l’éducation la citoyenneté où « l’enseignement des questions controversées » (Crick, 1998; Lorcerie, 2002, p.181-182) occupe une place centrale. Une approche de l’éducation à la citoyenneté apparaît particulièrement bien adaptée à la situation de tension entre plusieurs conceptions légitimes de la citoyenneté qui a été évoquée plus haut.
[1] Ouellet F., L’enseignement du fait religieux dans l’école publique ?, Carrefours de l’éducation 2002/2, n° 14, p. 40-58.

Méli-mélo — si les manuels agréés le disent !

Les manuels d'ECR agréés par le Monopole de l'Éducation commencent à paraître. Parmi ceux-ci, Diapason publié par Modulo. Ce livre est destiné aux enfants du 2e cycle du primaire.

On se rappellera que de nombreux opposants à ce cours, imposé à tous les élèves du Québec depuis la première année du primaire, se plaignaient du grand nombre de concepts introduits superficiellement et sur un pied d'égalité dès le plus jeune âge. Ces détracteurs craignaient que le cours soit « mélant ».

Fait-il voir un aveu de ce caractère confus et superficiel dans le titre de la page 51 : « Méli-Mélo »?



Au fait qui est Muhammad ? Les dictionnaires français donnent depuis des siècles Mahomet. Mais bon, le Québec est toujours « en avance » d'une mode. Il semble en tirer un certain orgueil.

mercredi 30 juillet 2008

Espagne — Ne recule pas d'un pas !

On trouvera ci-dessous une vidéo de l'association espagnole « Professionnels pour l'éthique » qui milite pour la liberté de choix en éducation et le droit à l'objection de conscience face au nouveau programme d'Éducation à la citoyenneté imposé par le gouvernement socialiste espagnol.

lundi 28 juillet 2008

« Le monde moderne est plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles. »

Gilbert Keith Chesterton

Université de Californie : pas de mention à Dieu dans vos écoles si vous voulez que vos diplômés soient admis

L’Université de Californie, un des réseaux universitaires publics de Californie répartis dans 10 villes avec une clientèle de 190 000 étudiants, a adopté une politique l’an dernier qui stipule que les écoles qui utilisent les manuels de sciences, d’histoire et de littérature des grands éditeurs chrétiens ne verront plus leurs diplômés acceptés sur présentation de dossier. En cause : l’inclusion dans ces manuels d’une perspective chrétienne.

Robert Tyler qui représente l’école chrétienne Calvary Chapel et cinq étudiants dans l’affaire qui les oppose à l’Université de Californie a déclaré que la politique discriminatoire de l’université équivaut à un ultimatum : « Si vous voulez que vos cours privés soient reconnus et que vos diplômés puissent être admis dans le réseau universitaire public, vous devez adopter une perspective laïque dans vos écoles. »

« Les écoles chrétiennes devront décider : enseigner en adoptant une perspective chrétienne et priver leurs élèves de la possibilité d’étudier dans une université publique ou adopter une perspective laïque pour qu’ils puissent poursuivre leurs études dans les universités subventionnées de l’État » a-t-il expliqué.

« Ceci revient à dire que l’Université de Californie doit approuver à l’avance les matières enseignées dans nos écoles secondaires » d’ajouter Tyler. « C’est scandaleux, car les représentants de l’Université nous ont déclaré qu’il s’agisse de l’anglais, de l’histoire ou de la science, l’addition d’une perspective chrétienne rend ces cours inacceptables ».

Conditions d’admission dans le réseau universitaire public

Les règles d’admission de l’Université de Californie permettent aux étudiants résidant en Californie d’être reçus s’ils réussissent à se classer parmi les 2 ou 3 pour cent supérieurs à des examens d’aptitude normalisés ou s’ils ont réussi le programme de base des classes préparatoires approuvées.

Selon le dossier présenté par les écoles chrétiennes lors du procès qu’elles intentent actuellement contre l’Université de Californie, plus de 90 pour cent des étudiants du réseau universitaire public ont été admis en réussissant les classes préparatoires.

Enlevez les versets bibliques au début de chaque chapitre et ça ira

Les règles contestées en justice indiquent, toutefois, que les classes préparatoires qui utilisent des manuels qui mentionnent Dieu ou la Bible n’entrent pas en ligne de compte, ce qui revient à rendre l’éducation laïque obligatoire pour avoir être admis.

Les représentants de l’Université de Californie ont rejeté les manuels des principaux éditeurs chrétiens, Bob Jones University Press et A Beka Books, parce qu’ils complémentaient le matériel de base d’un point de vue chrétien.

Burt Carney, dirigeant auprès d’Association of Christian Schools International, a déclaré — à l’issue d’une rencontre avec les employés du réseau universitaire — qu’on lui avait dit qu’aucun fait relié à la physique ne posait de difficulté dans les manuels de physique de BJU Press qui ont cependant été désapprouvés.

En effet, un rapport de l’ASCI précise que les représentants de l’Université auraient confirmé « que, si les versets bibliques au début de chaque chapitre étaient supprimés des manuels, ceux-ci seraient probablement approuvés… » C'est ce que rapporte également Naomi Schaefer Riley dans le Wall Street Journal : « Barbara Sawrey, un professeur de chimie à l'Université de Californie à San Diego qui a conseillé l'université dans ce dossier, a affirmé à Burt Carney [...] que l'utilisation des versets bibliques à elle seule justifiait le refus d'approbation du manuel. »

Alors que les perspectives juives, musulmanes, hindoues sont admises…

« Et cette même université nous parle de liberté d’enseignement » de dire Carney. « C’est très discriminatoire. Ils n’interdisent pas les manuels à thème musulman, hindou ou juif, uniquement ceux à thème chrétien. »

Selon les documents de la poursuite, l’université publique a accepté un ensemble de manuels avec des sensibilités et perspectives différentes – mais pas ceux ayant une perspective chrétienne.

Parmi les manuels acceptés, on retrouve « La Civilisation occidentale : une expérience juive » et « Questions en histoire africaine », par contre « L’influence du christianisme sur l’histoire américaine » a été refusé. « Les rôles féminins en littérature », « Le genre, la sexualité et l’identité en littérature » et « Littérature de la dissidence » ont été approuvés alors que « Christianisme et moralité dans la littérature » ne l’a pas été.

Le manuel « Christianisme et moralité dans la littérature » comprend des extraits de Mark Twain, Stephen Crane et Nathaniel Hawthorne ; l'Université de Californie l'a cependant rejeté car, selon elle, « il ne présente pas cette matière de façon objective ». À quoi ressemble donc un cours objectif ? L'Université de Californie a accepté les manuels « Perspectives féminines en littérature » et « Expériences ethniques en littérature » qui eux sont utilisés dans les écoles publiques de Californie.

Encore plus frappant, « Intro au bouddhisme », « Introduction à la pensée juive », « Études féminines et féministes » et « Études sur la raza [hispanique] » sont des cours facultatifs approuvés tandis que « Providence spéciale : le gouvernement américain » n’a été approuvé ni comme cours d’instruction civique, ni comme cours facultatif.

Le dossier du greffe déposé par les associations chrétiennes résume leurs griefs : « En d’autres mots, les universités publiques californiennes approuvent couramment des programmes qui ajoutent des perspectives non chrétiennes, féministes, ethniques, politiques ou multiculturelles ou qui se concentrent sur une religion comme le judaïsme ou le bouddhisme, mais elles désapprouvent les programmes qui y incorporent une dimension conservatrice chrétienne. »

Emprise grandissante de l’Université d’État sur les programmes scolaires

Ce même dossier accuse « les facultés de l’Université de Californie d’exercer de manière méthodique et menaçante une emprise grandissante sur les écoles secondaires en Californie en imposant de plus en plus de conditions aux diplômés des écoles privées s’ils veulent être admis à l’Université de Californie (et, dans les faits, également à [l’autre réseau public de] l’Université d’État de Californie). Sans aucun mandat dans ce sens, l’Université de Californie est passée de l’établissement des règles d’admission à l’établissement des sensibilités philosophiques ou religieuses qui peuvent être enseignées dans les classes des écoles secondaires et à l’approbation ou non des manuels qui peuvent y être utilisés avec comme conséquence que certains élèves ne seront pas admis à l’Université de Californie alors qu’ils ont les mêmes résultats scolaires que ceux qui y seront admis. »

L’ACSI, avec l’aide d'Advocates for Faith and Freedom, un bureau d’avocats sans but lucratif voué à la protection des libertés religieuses devant les tribunaux, prétend que les règles discriminatoires d’admission de l’Université de Californie sont anticonstitutionnelles pour plusieurs raisons, parmi lesquelles une intrusion illicite du gouvernement dans les affaires de l’Église.

Le dossier de l’ASCI déposé au greffe affirme que « Le fait que l’Université et l’État inspectent les manuels et l’enseignement des écoles chrétiennes pour en supprimer une sensibilité ou perspective religieuse particulière que l’État désapprouve alors que les résultats des élèves qui utilisent ces manuels aux tests standardisés n'en pâtissent pas constitue une intrusion dans le domaine religieux. »

« Chaque enseignant adopte un point de vue » a déclaré Tyler à WorldNet. « Nous avons tous une sensibilité et enseigner une matière d’une perspective laïque, c’est aussi adopter un point de vue. »

« Selon nous, le gouvernement doit demeurer neutre quant à la perspective adoptée dans les manuels scolaires. »

dimanche 27 juillet 2008

Ici l'intolérance ne sera pas tolérée !

Implantation du cours d'ECR : « Si on veut que ça parte tout croche, on est bien parti pour ça. »

Le Soleil a publié ce samedi deux articles où des partisans du programme d'éthique et de culture religieuse — et uniquement des partisans, mais c'est la presse professionnelle du Québec, hmmm — s'inquiètent des dérapages possibles dans la mise en œuvre du cours d'ECR.

La plus grosse difficulté, comme le soulignaient déjà la CLÉ, des pédagogues et certains universitaires, vient du gouffre béant qui sépare les ambitions et la formation dérisoire reçue par les enseignants commis d'office (ils n'ont plus le droit d'invoquer l'objection de conscience). Des institutrices du primaire vont devoir après deux jours de formation enseigner cette matière qui traitera de plusieurs religions, alors qu'elles ne connaissent souvent plus que superficiellement leur propre tradition religieuse.

Nous présentons quelques extraits de ces articles ci-dessous.

J.-P. Proulx : pratiquement impossible que les enseignants soient prêts
« Si les programmes seront prêts, les enseignantes et enseignants concernés ne le seront pas en septembre 2008. C’est pratiquement impossible. [...] » écrit [Jean-Pierre Proulx] dans l’ouvrage collectif Les défis de la formation à l’éthique et à la culture religieuse, publié récemment aux Presses de l’Université Laval.

[...]

M. Proulx rappelle que le ministère a agi rapidement pour des raisons stratégiques. À partir de 1984, le gouvernement a eu recours à des clauses dérogatoires pour éviter que l’enseignement de la religion catholique et protestante ne soit contesté sur le plan juridique, en vertu du droit à l’égalité et à la liberté de religion conféré par les chartes canadienne et québécoise. Au début des années 2000, le gouvernement s’est retrouvé coincé entre le mouvement laïc, qui s’opposait à la reconduction des clauses dérogatoires, et les groupes catholiques, qui demandaient leur maintien. Québec a fini par couper la poire en deux en reconduisant pour trois ans seulement (plutôt que cinq comme le permet la Charte canadienne des droits et libertés) ces dispositions dérogatoires.
Étrange manière de couper la poire en deux !

D'une part, le besoin d'utiliser les clauses dérogatoires est le fait même du pauvre gouvernement « coincé ». En effet ce besoin n'existait pas avant que Stéphane Dion, à titre de ministre des Affaires intergouvernementales, ne déposât en 1997 à la demande du Québec une résolution permettant d’amender la Constitution de telle façon que la loi provinciale abolissant le système scolaire confessionnel au Québec puisse devenir effective. Rappelons que l'Ontario finance toujours les écoles catholiques publiques sans qu'il n'ait besoin d'invoquer une quelconque clause dérogatoire. Ici, il semble bien que M. Proulx occulte la réalité historique pour faire croire en l'inéluctabilité de ce programme dont il est un des pères reconnus.

D'autre part, attendre trois ans avant de céder aux exigences d'une seule des parties (supprimer les cours de religions dans les écoles publiques) n'est pas un partage équitable ou un compromis, mais simplement être partial et pragmatique. Pragmatique, car il était tout simplement impossible de faire plus vite, puisque comme on le voit aujourd'hui la mise en œuvre du programme semble précipitée.

Deux jours de formation pour six religions...
Sur le terrain, les craintes sont aussi vives. Dominique Chabot, qui a longtemps enseigné les cours de religion et de morale au secondaire, fait partie de l’équipe des 400 formateurs envoyés dans les écoles du Québec pour initier les enseignants au cours d’ECR. La formule varie selon chaque région, mais les professeurs ont reçu en moyenne deux jours de formation, indique le ministère.

[...]

« [...] les enseignants sont formés dans des conditions épouvantables, affirme-t-elle. On a vraiment l’impression que le programme est garroché. Imaginez-vous les aberrations qui peuvent se dire si les profs sont mal formés. »
Demandes par les partisans de mesures tout au long de l'année
« On n’est pas équipé pour mettre en place ce cours et on trouve ça un peu affolant », affirme Claire Mercier, enseignante à l’école des Quatre-Vents à Beauport.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) est quant à elle davantage préoccupée par le suivi qui sera mis en place cet automne que par les deux jours de formation qui ont été donnés jusqu’à maintenant. « Il faut que des mesures soient mises en place tout au long de l’année pour voir comment on peut améliorer le cours », a indiqué Sylvie Lemieux, porte-parole de la FSE.
Ça promet ! Contrôle permanent, formation continue des enseignants ? Combien coûtera en fin de compte ce programme imposé pour des raisons idéologiques à tous les élèves ?

Inquiétude d'une association partisane du cours
De son côté, la présidente de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (anciennement l’Association des professeurs de morale et de religion) juge que la formation est jusqu’à maintenant trop mince. « On est inquiet, a lancé Lynda Berthiaume. Si on veut que ça parte tout croche, on est bien parti pour ça. »
Informations erronées ou carrément inventées
« On n’est pas des experts en la matière, affirme Isabelle Grimard, enseignante en troisième et quatrième année [d'une école-pilote ayant donné ce cours et où les enseignants ont bénéficié d'une formation cinq fois plus longue qu'ailleurs au Québec, soit dix jours]. Quand on n’a pas la réponse, il faut accepter de dire aux élèves qu’on va s’informer et qu’on va en reparler. Il faut vraiment être prudent, parce qu’on ne connaît pas tout. »

En classe, les élèves peuvent être prompts à rapporter des informations parfois erronées, parfois… carrément inventées ! Lorsque les élèves de Mme Grimard ont présenté leurs travaux de recherche sur les religions à leurs camarades d’une autre classe, certains en ont profité pour inventer des histoires sur la vie du prophète Mahomet ou pour affirmer que Bouddha était... une femme.
Bourde de l'école pilote : apportez des portraits de Mahomet
Pascale Guéricolas a par exemple été bien surprise lorsque sa fille Alice, en sixième année l’an dernier, est revenue à la maison en lui disant qu’elle avait besoin d’images de Mahomet pour une pièce de théâtre. Selon les préceptes de l’islam, le prophète ne peut être représenté. « L’intention de s’ouvrir sur le religieux est bonne, mais on ouvre aussi une boîte de Pandore. Il faut être capable de transmettre les bonnes informations et de les mettre en contexte », affirme Mme Guéricolas. La pièce de théâtre n’a finalement pas eu lieu.

Vision « judéo-chrétienne » dans la correction des copies, la faute comme écart par rapport à la norme orthographique « divine »

Petit rappel estival d'une perle du Monopole de l'Éducation du Québec.

Richard Berger, dans un rapport produit en 2007 pour le Ministère de l'Éducation, qualifiait d'« approche judéo-chrétienne » « punitive » la méthode de correction actuelle, en fonction de laquelle un élève qui commet plus de 30 erreurs échoue automatiquement en français. « On devrait mesurer ce qui est réussi et non ce qui est raté », affirmait-on dans le rapport.

Et c'est à ces gens, eux qui associent punition et christianisme pour les réprouver, qu'il faudrait faire confiance pour enseigner objectivement les religions juive et chrétienne dans le cours d'Éthique et de culture religieuse...

Dans le texte (p. 103) cela donne :
De toute manière, cette norme ne se manifeste jamais également d’une copie à l’autre et rien n’assure qu’une quantité de fautes ou de « non-fautes » témoigne bel et bien d’une maîtrise de la langue écrite131
131 Dire qu’il y a une erreur, c’est aussi dire qu’il y a commission d’un écart par rapport à une norme (« divine ») qu’il faut suivre. Faire le décompte des écarts, c’est aussi dire qu’on les tolère dans une certaine mesure. Or, cette mesure ne saurait être la même d’une personne à l’autre puisque ces écarts ne sont pas les mêmes d’une copie à l’autre. L’approche, judéochrétienne, est punitive, l’idéal à atteindre étant une sorte d’état angélique duquel il faut s’éloigner le moins possible.