vendredi 17 mars 2023

Québec — Roxham : ce n’est pas une crise de « réfugiés »

Un texte de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal.

Disons les choses clairement : ce n’est pas une vague de réfugiés qui traverse la frontière au chemin Roxham. C’est une vague massive d’immigrants illégaux, qui détournent le droit d’asile pour s’installer de force dans une société et bénéficier des avantages socio-économiques qu’elle offre. Un réfugié ne choisit pas sa destination en fonction des meilleurs avantages qu’elle propose pour s’y refaire une vie.

Roxham

Il se réfugie, le mot le dit, dans le pays sécuritaire le plus proche de chez lui, dans l’attente de repartir.

Si cet individu n’entend pas seulement trouver un refuge, mais changer de pays, ce qui se comprend et se respecte, évidemment, il doit respecter les procédures légales. Sans quoi, il y pénètre sans en avoir le droit et doit être refoulé à la frontière, puis retourné chez lui.

Évidemment, ce n’est pas du tout ce qui se produit en ce moment au Québec. Et Le Journal nous révélait cette semaine à quel point les autorités sont obligées de dépenser toujours plus pour ces migrants illégaux indifférents à nos lois.

Ils sont hébergés à l’hôtel. Ils seront pris en charge par les services sociaux. Ils créeront une pression de moins en moins soutenable sur les écoles et les hôpitaux. En fait, c’est déjà le cas.

On peut déjà se demander à quoi ressemblera Montréal cet été.

Verrons-nous les campements improvisés de migrants se multiplier, avec tous les problèmes sociaux qui accompagnent ces aménagements forcés de l’espace urbain?

Montréal

Le Québec, demain, pourrait connaître des problèmes semblables à ceux des pays européens.

Devant cela, évidemment, Ottawa ne fait rien: pire encore, il a institutionnalisé cette filière migratoire. Québec, de son côté, se contente de gérer un phénomène qui lui échappe et qui fragilise la cohésion sociale.

Les Québécois sont bafoués, mais qu’ils n’osent surtout pas le dire : on les traitera alors de racistes. Comme d’habitude.
 
[Joseph Facal s'interroge sur les coûts réels de cette immigration qui sont cachés:
 

Que sait-on exactement du rôle joué par la mégafirme de consultation McKinsey dans l’appareil fédéral?

Que sait-on des liens entre le gouvernement fédéral et Century Initiative, l’organisme de «charité» qui lui souffla dans l’oreille l’idée de doter le Canada d’une population de 100 millions d’habitants en 2100, d’où la hausse délirante des volumes d’immigration?

Que sait-on du coût réel des migrants arrivés par le chemin Roxham?

Il a fallu interroger l’Association des hôteliers pour apprendre qu’ils occupent 10 % de TOUTES les chambres d’hôtel dans la région métropolitaine! 10 %!

Voir aussi

Prof Michael Barutciski et le chemin Roxham : Trudeau ne comprend pas comment le droit international et national s'applique aux demandeurs d'asile [Ces gens qui veulent rentrer par Roxham peuvent être refoulés à la frontière]

Immigration irrégulière par Roxham — uniquement en aide de dernier recours, il en coûte 20 millions par mois à Québec 

Fonds publics américains utilisés pour amener des immigrants au chemin Roxham

Plus de 3000 migrants logés à l’hôtel à nos frais,  soit environ 10 % des 20 000 chambres de la région, selon l’Association hôtelière du Grand Montréal. Une vingtaine de ces hébergements de Montréal, Laval et la Rive-Sud sont pour les demandeurs du chemin Roxham.  Des sportifs se butent à des hôtels entièrement réservés par le fédéral pour les demandeurs d’asile, ce qui les oblige à changer leurs plans malgré la saison basse. «L’hôtelier est peut-être content de louer toutes ses chambres, mais moi, je ne peux pas accueillir personne quand il y a des tournois», regrette Andrée Bouchard, mairesse de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les participants doivent donc se tourner vers un hôtel en bordure de l’autoroute, ou encore se loger à Brossard, à 20 minutes de là, explique-t-elle. La facture pour héberger temporairement tous ces gens s’élève à plus de 90 M$ depuis l’élection de septembre 2021, selon des données obtenues par le quotidien Globe and Mail.

 

Québec — et si l'on faisait le bilan du renouveau pédagogique ?

Chronique de Christian Rioux parue dans le Devoir.

À trois jours de la Journée internationale de la Francophonie, on voudrait parler d’autre chose. Mais il faut bien que quelqu’un s’y colle.

Pendant que les élites françaises se vautrent dans le globish, il serait rassurant de se dire que de notre côté de l’Atlantique, les choses vont mieux. Et pourtant, que nenni ! N’est-ce pas ce que nous confirmait ce rapport sur la maîtrise du français au collégial commandé par l’ex-ministre Danielle McCann en 2021 et rendu public seulement la semaine dernière ? Les autrices y rappellent les médiocres résultats des élèves en français à l’entrée du cégep. Elles soulignent surtout combien cette maîtrise est déterminante pour la réussite scolaire à tous les niveaux.

Mais que proposent-elles sinon d’enseigner la grammaire et l’orthographe au cégep. Et pourquoi pas en maîtrise et au doctorat ? « C’est comme si on demandait à un professeur de mathématiques au cégep d’enseigner les tables de multiplication ! » a fort justement répliqué la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, Caroline Quesnel.

Car, à moins de dénaturer la mission du cégep, la grammaire et l’orthographe n’ont rien à faire dans ce qui demeure le seul lieu où la littérature a encore une petite place après avoir été expulsée de l’enseignement général. Mais, la chose la plus étonnante dans ce rapport, c’est que devant ce cuisant échec, jamais les autrices ne se penchent sérieusement sur les graves lacunes de l’enseignement du français au primaire et au secondaire. Comme si tout regard vers le passé leur était interdit. Pas un instant elles ne tentent de jeter un œil critique sur les réformes qui ont été faites il y a vingt ans et dont les résultats s’étalent pourtant aujourd’hui au grand jour.

Qui se souvient encore du « Renouveau pédagogique », cette vaste réforme mise en branle au début des années 2000 qui consistait à faire de l’enfant son propre maître ? À réduire les cours magistraux au profit d’une pédagogie par projets. À refuser de définir un socle de connaissances minimum au profit d’un butinage permanent. À mépriser les dictées, les notes et le redoublement jugés tyranniques. Et surtout à ne jamais brimer nos chérubins et leur « estime de soi ». [Voir à ce sujet les résultats de cette pédagogie par projets transversaux en Finlande : Finlande, depuis 20 ans le niveau scolaire n'y cesse de baisser : immigration et réforme pédagogique]

Un jour, remplie de fierté, la fille d’un ami m’avait montré les petits « romans » illustrés qu’elle écrivait à l’école. Souvent imaginatifs, ils étaient néanmoins pratiquement illisibles tant la graphie, l’orthographe et la grammaire laissaient à désirer. À l’école, on ne voulait pas freiner sa « créativité » en la corrigeant.

 

N’importe quel enseignant sait pourtant que la grammaire et l’orthographe sont des savoirs qui exigent un apprentissage rigoureux, systématique et répétitif. La correction, elle, doit être permanente, et cela dès le plus jeune âge. Certainement pas au gré des désirs de l’enfant. On ne développe pas de tels automatismes en dilettante, mais par une discipline soutenue comme savait le faire, malgré ses lacunes, l’école de nos parents et de nos grands-parents.

Au contraire, les textes du ministère se font une gloire de proclamer haut et fort qu’on n’enseigne plus la « grammaire traditionnelle », mais… la « grammaire nouvelle » ! Un peu comme, à une autre époque, le biologiste patenté Lyssenko parlait de « science bourgeoise » et de… « science prolétarienne ». Au lieu d’apprendre et d’appliquer des règles, les élèves sont invités à « observer » la place des mots, à « discuter » des diverses graphies, à faire des « dictées négociées » [sic] afin d’établir un « consensus », comme s’ils devaient redécouvrir eux-mêmes, à tâtons, des codes vieux de plusieurs siècles.

Il aura donc fallu « 20 ans de réforme pour arriver à une maîtrise du français inférieure à ce qu’elle a toujours été », affirmait récemment Lise Bissonnette en entrevue à Radio-Canada. Et l’ancienne directrice du Devoir de conclure que « cette réforme nous a menés à une impasse ».

Ceux qui regardent ailleurs sont complices, car les causes de cet échec ont été analysées depuis longtemps. Qu’on me permette de citer à nouveau notre ancienne directrice. « Pour que l’école soit un milieu de vie et d’apprentissage plus attrayant, on a privilégié les approches qui imposaient le moins de contraintes possible, qui valorisaient l’enfant en le faisant le “constructeur” de savoirs qu’il pouvait puiser dans son environnement immédiat. Pourquoi s’encombrer l’esprit du nom et de la description des continents quand on peut faire le tour de son propre quartier ? » (Lise Bissonnette, entretiens, Boréal).

En témoignent le jargon et le fouillis intellectuel des programmes. Vingt ans plus tard, les résultats sautent aux yeux. Mais nos experts persistent à ne rien voir. Il faudrait pour cela déloger l’idéologie qui règne en maître dans les « sciences de l’éducation ». Une idéologie et un jargon délétères qui, en voulant transformer en science « l’art de la pédagogie », disait il y a longtemps le professeur Gaëtan Daoust de l’Université de Montréal, en ont fait une triste technique bureaucratique émaillée de psycho pop. C’est ce qu’avaient magistralement dénoncé en leur temps l’écrivain Jean Larose et notre collègue Patrick Moreau (Pourquoi nos enfants sortent-ils de l’école ignorants ?, Boréal).

Vingt ans, c’est une génération. Peut-être serait-il temps de faire le bilan ? Nul doute que quelque part un nouveau ministre se prépare à lancer un énième « plan d’action » pour l’amélioration du français. Pourquoi pas ? Mais tout cela demeurera un vœu pieux tant qu’on ne remettra pas la transmission des connaissances au cœur de l’école.

[Christian Rioux a raison de se pencher sur le bilan du renouveau pédagogique. Il faut y ajouter la réduction des heures de français rognées par l'imposition de l'anglais intensif et précoce et des cours comme éthique et culture religieuse. Il n'aborde pas non plus l'impact de l'immigration allophone grandissante sur la qualité du français.]

Bonne Journée internationale de la Francophonie quand même…

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Renouveau pédagogique au Québec — les enfants de la réforme ont des difficultés au cégep (2018) 

Vu de France — Le fiasco de la réforme scolaire québécoise (2016)

Le pédagogiste, symbole de l'égarement intellectuel 

Québec : « La réforme scolaire ? À la poubelle ! »

Les ratés (et les succès) de la réforme scolaire au Québec

Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l'éducation sur du sable (2009) 

Un grand brouillard au Conseil supérieur de l’Éducation

L'anglais intensif au primaire, une mauvaise idée, imposée par Jean Charest 

Québec — Triplement du nombre d'heures d'anglais en une trentaine d'années

La naïveté québécoise face à l'immigration et à la dénatalité : l'anglais langue commune même à l'école en français...

Montréal — écoles privées ajoutent 12e année pour éviter aux élèves d'apprendre le français et aller ensuite à l'université anglophone

Exilés à la campagne pour fuir les immigrés, ceux-ci les rattrapent

À l’occasion de l’ouverture d’un centre d’immigrés dans le village de Bélâbre (900 habitants) dans le centre de la France, des habitants témoignent au micro de Valeurs actuelles avoir fui la banlieue parisienne, les cités de l’immigration, pour la tranquillité de la campagne…

Extraits:

Intégralité :

Le village de Bélâbre dans le Berry se déchire depuis que le conseil municipal a voté la vente d'une ancienne chemiserie située dans le centre du village afin de servir de centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA), sous l'impulsion du maire Laurent Laroche. Une polémique locale qui tend à devenir un centre régional de polarisation des tensions autour des questions de l'immigration.


Finlande, depuis 20 ans le niveau scolaire n'y cesse de baisser : immigration et réforme pédagogique

Les écoles finlandaises étaient autrefois les meilleures du monde. Leurs élèves arrivaient en tête des comparaisons internationales. Or, depuis 20 ans, leur niveau ne cesse de baisser. Article de Die Welt (Allemagne). Notons ici que, dès 2009, une chercheuse comme Nathalie Bulle prévenait que les traits du système finlandais que copie l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes.

Il y a des constats que les politiques peuvent difficilement enjoliver. « Nous ne sommes plus le pays proposant la meilleure éducation. Nos jeunes ne sont plus les plus intelligents. » C’est en ces termes qu’Anita Lehikoinen, secrétaire d’État au ministère finlandais de l’Éducation, a commenté les résultats d’une étude menée par son ministère. Par cet aveu, la femme politique a alimenté dans son pays un débat houleux sur les problèmes des écoles finlandaises.

Les élèves de l’école de Laakavuori (de gauche à droite) Ida, Abdullah, Johanna, Jenna et Eppu avec leur professeur Riku Viitanen.


Pour les observateurs allemands, la discussion a de quoi surprendre. Ici et ailleurs dans le monde, le système scolaire finlandais est toujours considéré comme l’un des meilleurs au monde, voire le meilleur, une renommée due aux excellents résultats obtenus par les élèves finlandais dans le cadre de l’étude comparative PISA de l’OCDE.

Pointant les résultats médiocres des élèves allemands, la première publication de la comparaison internationale fin 2001 avait déclenché de vives discussions en Allemagne et abouti à des réformes dans certains Länder. Ici comme ailleurs, la Finlande était considérée comme le « grand vainqueur » de l’étude comparative PISA. Les élèves y avaient obtenu des résultats supérieurs à la moyenne internationale en lecture, en écriture et en calcul. Les années qui ont suivi, des experts en éducation issus du monde entier ont afflué sur place afin de percer le secret de la réussite des écoles finlandaises.

Pourtant, en Finlande, malgré toute la fierté associée à cette renommée internationale, les écoles sont désormais considérées comme un problème. « Les performances du système scolaire finlandais se dégradent depuis 20 ans, et le déclin s’est accéléré ces dernières années », déclare Jaakko Salo, responsable du secteur de la politique éducative au sein du syndicat finlandais des enseignants OAJ. « On le voit clairement dans les évaluations nationales, mais aussi dans la comparaison internationale PISA. Que ce soit en lecture, en écriture ou en mathématiques, le tableau est le même partout. »

Que les syndicalistes déplorent la situation dans les écoles, il fallait s’y attendre. Or, même les experts internationaux confirment le constat. « La baisse des performances du système scolaire finlandais est flagrante. Cela fait quelques années que nous observons cette tendance dans les données comparatives internationales, et elle concerne tous les domaines de performance », explique Andreas Schleicher. Ce chercheur en éducation coordonne l’étude PISA, une position qui lui a valu le surnom de Mister Pisa.

« Les élèves finlandais ont perdu l’équivalent d’une à deux années scolaires au cours des dernières décennies »

D’après l’étude, le système scolaire finlandais est certes toujours bon, mais il n’est plus excellent. Le baromètre des performances de l’OCDE pour la Finlande indique lui aussi que les écoles finlandaises, autrefois considérées comme des modèles, font face à des problèmes. Ainsi, le niveau moyen de compétence en lecture, en mathématiques et en sciences est en baisse depuis le début du millénaire, et la proportion d’élèves performants en mathématiques et en sciences a fortement diminué au cours des vingt dernières années. En revanche, la proportion d’élèves peu performants ne cesse d’augmenter. Selon des études finlandaises, les élèves finlandais ont perdu l’équivalent d’une à deux années scolaires au cours des dernières décennies.

« Les résultats finlandais de l’étude PISA, qui ont impressionné le monde entier, correspondaient en fait à un coup d’œil dans le rétroviseur et ont donné dès le départ une image erronée de l’état du système scolaire », explique Jaakko Salo. « À l’époque, lorsque les superbes résultats de l’étude PISA ont été publiés juste après le passage au nouveau millénaire, le système scolaire finlandais était déjà sur le déclin. »

Selon l’étude, le groupe d’âge le plus instruit est celui des Finlandais nés en 1978, qui ont terminé leur scolarité au milieu des années 90 et qui ont aujourd’hui 44 ou 45 ans. Les groupes d’âge suivants n’ont plus jamais atteint ce niveau de réussite, précise l’étude.

Avis d’experts : l’immigration a surpris le système scolaire

Les causes du malaise du système éducatif finlandais font depuis longtemps l’objet de discussions parmi les experts. « L’immigration et la diversité croissante de la population scolaire qui en résulte sont clairement une des raisons de la baisse de régime du système scolaire finlandais », déclare Andreas Schleicher, qui coordonne l’étude PISA. Selon lui, après 2015, les pays nordiques ont été encore plus touchés par l’immigration que l’Allemagne. « La migration des réfugiés a pris le système scolaire finlandais par surprise », ajoute Andreas Schleicher. « Il n’avait pas les capacités nécessaires, une réalité à laquelle sont venus s’ajouter des problèmes d’ordre linguistique et un contexte culturel différent. La Finlande a été prise au dépourvu. »

Selon le chercheur en éducation, l’Allemagne doit également prendre cette évolution au sérieux. Le pays est en effet considéré comme mal placé en matière d’intégration scolaire des enfants de migrants. D’après Andreas Schleicher, les politiques allemands responsables de l’éducation pourraient s’inspirer du Canada, de la Norvège et d’autres pays bien cotés. Il met toutefois en garde contre une exagération des attentes. « La Suède était autrefois un modèle, mais les écoles sur place ont été littéralement envahies par les migrants et le système éducatif ne suit plus. » L’Allemagne est également confrontée à ce défi. « Dès que la proportion d’enfants issus de l’immigration atteint 40 ou 45 pour cent, cela devient difficile ; je ne connais aucun pays qui s’en sorte particulièrement bien », déclare Andreas Schleicher. Pour lui, seul le Canada fait un travail fantastique en matière d’intégration scolaire.

Des enseignants dépassés

Autre cause du malaise finlandais, qui fournit un avertissement supplémentaire aux politiques responsables de l’éducation à travers le monde : la réforme ambitieuse et précipitée des programmes scolaires finlandais a déstabilisé les enseignants, qui se sont souvent sentis dépassés. Il y a quelques années, le ministère de l’Éducation a opéré un tournant radical en passant d’un enseignement avec des contenus fixes à un apprentissage orienté sur les transversaux. Les matières scolaires ne sont plus enseignées séparément. Au lieu de cela, les enseignants enseignent des ensembles de thèmes qui sont abordés dans différentes disciplines.

« Le système scolaire finlandais n’était pas correctement préparé à l’apprentissage axé sur la transversalité », explique Andreas Schleicher. Entre-temps, des mesures ont été prises, et les programmes scolaires s’orientent à nouveau davantage vers l’apprentissage traditionnel.

Les données de l’OCDE montrent également que l’égalité des chances dans le système scolaire finlandais a diminué au cours des dernières années — un constat qui doit être particulièrement douloureux pour la Finlande. Les écoles finlandaises ont en effet toujours été saluées pour leur capacité à soutenir les enfants scolairement défavorisés de manière à ce qu’ils puissent rattraper les enfants plus privilégiés. Mais ça aussi, ça a changé. Pourquoi donc ? Parce qu’il y a moins d’argent pour l’éducation. Durant la crise bancaire et économique qu’a connue la Finlande pendant les années 90 et les années qui ont suivi, le gouvernement finlandais a fortement réduit les dépenses consacrées à l’éducation. « Les dépenses en matière d’éducation ont chuté d’un quart et n’ont jamais retrouvé leur niveau d’avant », explique Aleksi Kalenius, conseiller gouvernemental.

Conséquence : les écoles et les communes manquent d’argent pour offrir un soutien personnalisé. « Nous avons maintenant plusieurs enfants qui sortent de l’école primaire en ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter », explique Jaakko Salo, expert de l’OAJ. « C’était impensable il y a encore 15 ans. »

Source : Die Welt (traduction Figaro)

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mercredi 15 mars 2023

Les ides de mars (44 avant J.-C.)


César assassiné le 15 mars en 44 avant J.-C.

 

Les ides de mars (latin : Idus Martias) correspondent au 15 mars dans le calendrier romain. C’était un jour festif dédié au dieu Mars.

Jules César fut assassiné aux ides de mars, le 15 mars 44 av. J.-C., sans avoir tenu compte des multiples mises en garde lui étant adressées. L’haruspice étrusque Titus Vestricius Spurinna prédit le meurtre (« César, entre le faste et la gloire, je vous mets en garde contre les Ides de Mars. »), sa femme Calpurnia Pisonis a rêvé de sa mort la veille et a tenté de l’empêcher de se rendre au Sénat, puis l’un de ses informateurs, Artémidore, lui a tendu une supplique présentant les noms des conspirateurs, que César ignora. 

Un groupe d’une soixantaine de sénateurs, menés par Caius Cassius et Marcus Junius Brutus, lui aurait asséné 23 coups de couteau alors qu’il se trouvait dans la curie de Pompée, sur le Champ de Mars. Un seul de ces coups de couteau aurait été mortel, soit le deuxième reçu, selon l’autopsie du médecin Antistius. Les sénateurs étaient insatisfaits des changements apportés par l’homme politique, qui avait été nommé dictateur à vie à peine un mois plus tôt.

Le terme « ides » était utilisé dans le calendrier romain pour désigner le 15 des mois de mars, mai, juillet, octobre et le 13 des huit autres mois. 

 

Dramatisation de l'assassinat de César : Brutus donne le dernier coup de poignard, Marc-Antoine arrive trop tard, le jeune Octave (le futur empereur Auguste) et sa mère Atia, menacés par Servilia, la mère de Brutus et amante de César, dans ce feuilleton elle a été délaissée par César.

 

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France — « Toute une génération est prise entre wokisme et islamisme »

L’effondrement du niveau scolaire et les dérives idéologiques qui définissent désormais l’éducation nationale ne laissent pas indifférents. Et en dénonçant un « Grand Endoctrinement », Éric Zemmour a annoncé le moyen de le contrer : le réseau Parents vigilants. Ce n’est pas un chantier, mais un combat culturel qu’il est nécessaire de mener. Entretien avec Éric Zemmour.

Causeur. — Comment est née l’idée des « Parents vigilants » ?

Éric Zemmour. — Tout au long de ma campagne, j’ai été marqué, même surpris, par la récurrence de la question scolaire dans les discussions que j’avais avec nos compatriotes. Ici des grands-parents qui hébergeaient leurs petits-enfants pour contourner la carte scolaire, là un grand-frère qui devait aller chercher sa sœur au collège pour lui éviter le racket, ici encore une mère célibataire qui trimait pour payer une école privée à ses deux fils après avoir découvert la propagande dont ils étaient bombardés dès l’école primaire ! Il m’est donc paru évident que nous devions nous emparer du sujet de l’école. En septembre dernier, j’ai fait un discours pour dénoncer ce que j’appelle le « Grand Endoctrinement » et pour lancer un réseau de Parents vigilants à travers toute la France. Les parents, qui étaient jusqu’ici souvent démunis et isolés, peuvent désormais se rassembler et disposent chez nous d’une équipe qui les écoute, les soutient, les informe, met en lumière leur situation et essaie de résoudre leurs problèmes ou d’empêcher le scandale qu’ils nous signalent.

— Avez-vous été surpris par le succès du dispositif ?

Surpris, oui ! Nous n’avions pas anticipé à quel point la réaction allait être massive ! Six mois après le début de la campagne, nous avons réuni plus de 40 000 Parents vigilants et recueilli des milliers de témoignages.

— Ces témoignages sont-ils tous d’électeurs de Reconquête ?

Plus de la moitié ne vient pas de Reconquête, mais a été séduite par l’initiative. Aux États-Unis, l’exemple du gouverneur de Floride, Ron Desantis, montre à quel point le sujet scolaire rassemble : son combat contre l’idéologie woke à l’école a rendu ce Républicain extrêmement populaire jusque dans l’électorat démocrate afro-américain. Ce travail illustre la façon dont j’envisage l’action de Reconquête : celle d’un parti politique solide, mais pas seulement. Nous devons aussi peser sur le champ culturel dans la vie de tous les jours. La droite a trop longtemps abandonné ce terrain.

— Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans ces témoignages ?

Toute une génération est prise en tenaille entre propagande woke et offensive islamique ! Nous retrouvons à l’école presque tous les maux de notre pays : effondrement de l’état, haine de soi, pertes des repères les plus évidents, violence, offensive islamique, collapsologie pseudo-écolo. Sincèrement, je pense qu’on ne mesure pas la propagande qui est déversée sur nos enfants et qui fait son chemin à travers les manuels scolaires, les enseignants ou encore les intervenants extérieurs. Il faut savoir que de nombreuses associations sont ainsi agréées par l’état pour intervenir devant des enfants et défendre les migrants (SOS Méditerranée) ou évoquer des « troubles de l’identité » et des « changements de genre », au moment où leur notion du réel est la plus fragile, et la relation à leur corps la plus compliquée. Ce n’est pas un hasard si 22 % des 18-30 ans s’estiment non binaires. J’ajoute autre chose : dans notre analyse, nous pointons aussi l’effondrement du niveau scolaire — attesté par tous les classements internationaux — qui rend les élèves encore plus malléables face au Grand Endoctrinement.

— Pour vous, les premières responsabilités sont-elles celles des professeurs de plus en plus militants ou celles de l’institution ?

Les deux, mon général ! L’institution couvre bien trop souvent les professeurs militants et vit dans le « pas de vague »… J’en veux surtout aux responsables politiques qui nous ont conduits dans le mur, par idéologie ou par lâcheté. Quand le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, se donne pour objectif de « réduire les inégalités » à l’école, il dit à quel point la situation va continuer d’empirer… Il s’agit en plus d’un dévoiement des mots : ces inégalités « sociales » ne sont plus considérées que sous le prisme du genre ou de la race. Or, pour moi, ce sont les apprentissages fondamentaux — lire, écrire, compter — qui permettent d’échapper à sa condition sociale, pas le discours victimaire de la gauche !

— On découvre que même l’école privée catholique n’est pas à l’abri.

Exactement. Depuis des décennies, la lutte forcenée pour la prétendue mixité sociale a conduit beaucoup de parents à fuir le public. Rendez-vous compte : à Paris, 40 % des enfants sont dans le privé ! Mais le gouvernement risque d’empirer la situation, car la machine égalitariste entend désormais s’attaquer à l’enseignement privé en imposant, là aussi, des quotas de « diversité ». De la même façon que les millions de Français qui ont fui les banlieues, pour se réfugier dans le périurbain ou à la campagne, voient désormais Emmanuel Macron répartir les migrants jusque dans les villages, les parents qui ont fui l’école publique retrouvent le même égalitarisme destructeur dans le privé ! Nous avons de nombreux témoignages au sujet d’écoles catholiques où les enseignantes sont des femmes voilées, où la propagande fait rage et où le niveau chute… Des îlots préservés existent encore et le hors-contrat en fait sans doute partie, mais pour combien de temps ?

— Au-delà de lancer l’alerte, pensez-vous que Parents vigilants peut permettre de changer le cours des choses ? Avez-vous déjà réussi à faire reculer l’institution ?

Bien sûr ! En novembre dernier, par exemple, à Valenciennes, nous avons fait annuler une sortie scolaire dans un camp d’immigrés clandestins en informant simplement sur cette sortie et en révélant le cursus de la professeur impliquée, présidente d’une association pro-migrants. En réaction, un député d’extrême gauche est allé jusqu’à demander la dissolution des Parents vigilants et de Reconquête ! Depuis des décennies, la gauche a pris l’habitude d’endoctriner sans la moindre opposition, alors forcément, quand on se met en travers de sa route, elle hurle. Il va falloir qu’ils s’y habituent !

— Quel est l’avenir de Parents vigilants ? Comptez-vous les structurer de façon pérenne ?

Oui, et nous envisageons même de participer aux élections scolaires l’an prochain, notamment pour contrer la FCPE et sa dérive islamo-gauchiste. Avant cela, nous allons publier un recueil de témoignages, car ils valent le détour, et organiser un colloque sur la question scolaire au mois d’avril. Plus largement, nous continuons de structurer notre réseau à travers tout le pays. Aujourd’hui, chez Reconquête, une équipe composée de nos cadres, de parents d’élèves et de professeurs traite les témoignages, apporte des réponses, aide les parents qui témoignent. Des réunions entre Parents vigilants commencent même à voir le jour un peu partout en France. Que vos lecteurs n’hésitent pas à y contribuer et à nous rejoindre via le site www.protegeons-nos-enfants.fr.

— Comment expliquez-vous qu’un sujet aussi fondamental que l’école ne soit pas en tête des préoccupations des électeurs, donc des politiques ?

Je crois que ce sujet est bel et bien dans les préoccupations quotidiennes des parents et des grands-parents. Et le succès des Parents vigilants le prouve. Mais ce sont les politiques — et ceux de droite en tête — qui ont abandonné le sujet, comme si l’école devait être reléguée au rang de simple question technique. Songez-y : la dernière grande mobilisation de droite sur la question scolaire, c’est la mobilisation pour l’école libre en… 1984 !

— En lisant ces messages consternants, on se dit que c’est foutu et qu’il ne reste plus qu’à fermer la boutique France. Vous avez dix lignes pour nous redonner de l’espoir…

Vous connaissez l’histoire : regardez à quel point la situation peut changer en une génération. En moins de dix ans, la génération de nos enfants est devenue écolo. Ce qui est possible dans un sens l’est aussi dans l’autre. Les exemples ne manquent pas. Il suffit de voir à quelle vitesse les pays asiatiques ont atteint des sommets d’excellence scolaire, en imitant bien souvent les méthodes dont nous nous sommes débarrassés et qui fonctionnent. Nous connaissons le mode d’emploi : nous l’avons inventé ! Réutilisons-le ! Le combat pour l’avenir de nos enfants ouvre la voie d’un succès politique, électoral, mais surtout culturel et moral.

Source : Causeur

Fin discrète sur Netflix du dessin animé Ridley Jones avec son bison non binaire et un couple de papas homosexuels

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Le Daily Mail nous apprend que Chris Nee, la créatrice de la série « Ridley Jones », par ailleurs activiste lesbienne et mère de famille, vient d’annoncer sur Tweeter que Netflix avait « discrètement décidé d’annuler » la commande de nouveaux épisodes de la série après la diffusion de la cinquième saison du dessin animé woke et inclusif destiné aux enfants, sortie la semaine dernière.

Cette série, double lauréate du « Kidscreen Award » et sélectionnée aux Emmy awards a reçu de vives critiques sur internet au sujet de l’épisode 8 de la saison 5, « Herd Day », qui met en scène un jeune bison non-binaire.

« Cela ne me surprend pas que Netflix ait discrètement abandonné la première émission pour enfants intégrant un personnage non binaire après n’en avoir fait aucune promotion. Ils ont cédé à la pression populaire. Oh et oui, c’est la fin de la série. »


Avec son bison non binaire Fred aux pronoms « eux » et « ils », le dessin animé pour enfants de Netflix « Ridley Jones » se veut très « inclusif ».

Après Q-Force, le dessin animé homosexuel pour adultes de Netflix, voici Ridley Jones : la protectrice du musée, un dessin animé pour enfants très inclusif avec un personnage non binaire et un couple de papas homosexuels. Ridley Jones suit l’histoire de Ridley, une fillette de six ans qui agit en tant que gardienne du musée dans lequel elle vit, avec l’aide de sa mère et de sa grand-mère. Ridley Jones s’occupe de garder en sécurité les artefacts du musée… surtout lorsque les lumières s’éteignent et que les expositions prennent vie, des momies égyptiennes aux éléphants en fuite. 

Au fil des épisodes, Ridley découvre qu’être un grand leader et protecteur du musée signifie qu’il faut avoir des valeurs et respecter les autres, quelles que soient leurs différences.

Fred est un bison non binaire et Ismat, la princesse égyptienne a deux papas pharaons gais.

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mardi 14 mars 2023

Un Lavallois sur trois est né à l’étranger, 56 % des habitants sont des immigrants de première ou deuxième génération

Des 434 650 Lavallois recensés en 2021, 144 030 étaient nés dans un pays autre que le Canada, soit 33,1 % de la population de l’île Jésus.

Voilà ce qui ressort des données du dernier recensement relativement à la population immigrante au pays, dévoilées le mois dernier par Statistique Canada.

En cinq ans, il s’agit d’un bond de 3,8 points de pourcentage, équivalant à une hausse de 13 % en termes de poids démographique.

En 2016, ces résidents dits de «première génération» comptaient pour 29,3 % de tous les citoyens de Laval.

Entre 2016 et 2021, la population lavalloise a crû de 23 800 personnes, dont plus des deux tiers (68 %) étaient nés à l’étranger

16 155 nouveaux immigrants en 5 ans

Entre 2016 et 2021, la population lavalloise a crû de 23 800 personnes, dont plus des deux tiers (68 %) étaient nés à l’étranger. Ces 16 155 nouveaux arrivants représentent 8 % de tous les immigrants venus s’établir au Québec au cours des dernières années.

Laval est ainsi la 3e terre d’accueil derrière Montréal et Longueuil, qui ont accueilli respectivement 114 105 et 16 780 des immigrants admis de façon permanente entre le 1er janvier 2016 et le 11 mai 2021.

Dans la Belle Province, près d’un immigrant récent sur deux (46,4 %) a été admis en vertu d’un programme de travailleurs qualifiés, note l’agence fédérale chargée du recensement de la population canadienne.

Majoritairement de l’Asie

Tout comme c’est le cas à l’échelle du pays, les récents immigrants lavallois proviennent principalement de l’Asie, incluant le Moyen-Orient. Laval doit à cette région du monde plus d’un nouvel arrivant sur deux (52,6 %). Les deux principaux pays d’origine sont d’ailleurs la Syrie (27,2 %) et le Liban (5,9 %). Le 3e pays d’importance est l’Algérie (5,8 %).

Au Canada, près d’un immigrant récent sur 5 (18,6 %) est né en Inde, ce qui en fait le 1er pays de naissance de l’immigration récente en sol canadien. Mine de rien, 62 % de tous les immigrants admis au pays de 2016 à 2021 venaient d’Asie.

Langue parlée

Le Courrier Laval a tenté en vain de connaître la part de francophones, anglophones et allophones parmi ces 16 155 immigrants qui ont choisi de s’établir sur le territoire de l’île Jésus depuis 2016, ces données n’étant «malheureusement pas disponibles pour la ville de Laval», explique Statistique Canada.

Ce que l’on sait, toutefois, c’est qu’entre 2016 et 2021, le poids démographique des Lavallois dont le français est la première langue officielle parlée avait diminué de 3 points de pourcentage, passant de 71,9 à 68,9 %.

Lavallois de 2e génération

Si, l’an dernier, on recensait 144 030 Lavallois nés dans un pays autre que le Canada, ils étaient très précisément 101 745 Lavallois nés en sol canadien dont au moins un parent avait vu le jour à l’étranger.

Ces enfants d’immigrants, aussi appelés «Canadiens de deuxième génération», représentaient 23,4 % de la population lavalloise en 2021, en hausse de 3,4 points en comparaison à la situation qui prévalait cinq ans plus tôt.

Si bien qu’à Laval, les immigrants de première et de deuxième génération totalisent 245 775 personnes, soit 56,5 % de la population lavalloise.

À l’inverse, les Lavallois nés au Canada et dont les deux parents sont également nés au Canada étaient au nombre de 188 875 en date du 11 mai 2021, représentant un peu plus de 4 personnes sur 10.

En cinq ans, le poids démographique des Canadiens de «troisième génération ou plus» a fondu de plus de 5 points de pourcentage, passant de 48,7 à 43,5 %.

Extraits du nouveau livre d'Éric Zemmour : « Je n'ai pas dit mon dernier mot »

Les raisons d’une candidature

Les vacances ne sont pas terminées. C’est du moins ce que je crois encore. Je n’ai pas compris que je ne suis plus maître de mon calendrier ni de mon destin. Je suis désormais sous l’œil de l’opinion publique. J’ai accepté l’invitation d’un certain Rafik Smati, chef d’entreprise sympathique qui a participé à la campagne de François Fillon et que j’ai rencontré quelques mois plus tôt.

Nos ancêtres vivaient dans les mêmes contrées, au sud de la Méditerranée, et il m’explique que nous avons la même conception de l’assimilation à la française : ce sera l’objet de notre première conversation, chaleureuse et enthousiaste. Il est plus libéral, mais partage le diagnostic inquiet que je porte sur la France, tant et si bien qu’il souhaite me rejoindre et attend le bon moment. Nos équipes se rencontreront et feront un bout de chemin ensemble. Nombreux sont ceux de ses soutiens qui poursuivront l’aventure avec nous.

En cette fin du mois d’août, Rafik réunit les amis de son cercle de réflexion, Objectif France, à Aix-en-Provence. À peine suis-je arrivé que les médias commentent déjà ma tenue à l’antenne :
je porte un pantalon beige et une chemise blanche, teint hâlé et lunettes noires sur le nez. Les vacances ne sont pas tout à fait terminées… Je débats avec mon hôte, nous parlons de la France. Sur scène, il me qualifie de « décliniste » ; je lui réponds que 62 % des Français pensent que la France est en déclin — et quel amoureux de son pays peut dire le contraire ? Son public, emballé, m’applaudit.

À la fin de notre échange, les journalistes se pressent pour m’interroger. Devant les micros tendus, en réponse à l’une des questions que l’on me pose sur le Rassemblement national et le risque de division des voix, je lâche négligemment : « Il faut arrêter de mentir. Marine Le Pen ne gagnera pas la prochaine présidentielle. Elle ne peut pas gagner. Tout le monde le sait, y compris au Rassemblement national. »

C’est l’un des charmes de la société médiatico-politique qu’une vérité évidente, mais que personne ne dit, peut faire l’effet d’un orage dans un ciel serein. C’est la sempiternelle histoire du roi persuadé par des tailleurs charlatans d’être vêtu d’un costume chatoyant, qui en convainc toute la Cour extasiée, avant qu’un enfant innocent ne rompe l’illusion collective en s’écriant : « Le roi est nu ! »

Cette phrase, lâchée à la fin d’un été paisible, fait l’effet d’une bombe. Les chaînes d’info la diffusent en boucle. Une multitude de militants et de cadres locaux du RN rejoignent les rangs de la jeune association naissante Les Amis d’Éric Zemmour, comme s’ils avaient enfin entendu le verdict qu’ils s’interdisaient de poser. Cette vérité vient ajouter un argument au caractère logique, inéluctable, irrécusable de ma candidature.

On me demande souvent quel fut l’événement qui a entraîné ma décision de me présenter. Mes interlocuteurs ne me croient pas quand je leur réponds qu’il n’y en a pas. Je dis pourtant la vérité. Il n’y eut pas d’événement fondateur. Ou plutôt il y en eut une multitude. Petit à petit, la décision s’est imposée. Je me suis progressivement mis dans l’impossibilité de reculer. L’apostrophe sur le ton de l’évidence de mon fils : « Papa, le constat, tu l’as fait, il faut maintenant passer à l’action » ; le travail inlassable de Sarah ; la foule des soutiens qui affluait ; le nombre de plus en plus important de Français qui espéraient en moi ; la décision du CSA qui m’expulsait de la télévision ; les craintes du Figaro qui me forçait à quitter le journal ; Albin Michel qui refusait de me publier… On me jetait dans le vide mais on me reprochait de sauter. C’était maintenant trop tard : je ne me voyais plus commenter, de ma chaire télévisuelle, les péripéties d’une pièce que je jugeais d’avance médiocre, et dont je connaissais la fin.

L’attelage avec Laurent Wauquiez

Italie — Le gouvernement Meloni pourrait accueillir 500 000 immigrants légaux cette année (m à j)

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto (ci-contre), a déclaré que le nombre record et croissant de migrants traversant la Méditerranée faisait partie d’une « guerre hybride » menée par la Russie, qui utilise des mercenaires comme armes contre les pays qui soutiennent l’Ukraine.
 
Quelque 20 000 personnes sont arrivées en Italie depuis le début de l’année, contre 6 100 au cours de la même période en 2022, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, et la question de l’immigration fait monter la pression sur le gouvernement de droite.

Selon d’autres sources, l’augmentation des départs de migrants depuis la Cyrénaïque, dans l’est de la Libye, au cours de l’année écoulée est en réalité supervisée par le clan Haftar, il s’agit d’une des nombreuses activités commerciales illicites juteuses dirigées par la famille Haftar et son armée.

Ironiquement, peu avant les élections qui ont porté le parti de Guido Crosetto, Fratelli d’Italia, au pouvoir, la presse de gauche, notamment La Repubblica, considérait que les vagues d’immigrants venant de Libye étaient utilisées pour influer sur le vote et porter la droite anti-immigration illégale au pouvoir… Voir la reproduction de cet article du 29 juillet 2022 dont le titre se lit « L’arme des migrants sur le vote. Les bateaux poussés vers l’Italie par les mercenaires de Wagner ».


Billet du 11 mars

Lorsque Giorgia Meloni et sa coalition de droite ont pris le pouvoir, cela a suscité un grand enthousiasme et de l’espoir, même en dehors de l’Italie. Enfin, une droite qui ne se sentait plus gênée de déclarer son patriotisme et son désir de souveraineté avait atteint les plus hauts niveaux du gouvernement d’un des pays fondateurs de l’Europe. La fameuse « union des droites » avait finalement réussi quelque part ! Les gens étaient impatients de voir comment les questions de sécurité et d’immigration seraient enfin traitées par une « vraie droite ».

Sévèrement rappelé à l’ordre par les instances européennes, le nouveau gouvernement s’est contenté de quelques mesures symboliques conservatrices — comme rebaptiser les ministères (« ministère de la Souveraineté alimentaire », « ministère de la Famille et de la Natalité »…) — et a surtout brillé par sa timidité d’action et la multiplication des génuflexions face aux diktats de Bruxelles.

Il faut dire que Bruxelles tient le gros bout du bâton. En effet, l’Italie est le deuxième bénéficiaire du plan de relance européen post-covid « NextGenerationEU » (l’anglomanie est omniprésente à Brussels). Au total, elle est éligible à près de 192 milliards d’euros de subventions et de prêts jusqu’en 2026.

C’est d’ailleurs dans la capitale belge que Francesco Lollobrigida, le ministre de l’Agriculture, à l’occasion d’un point presse en marge d’une rencontre avec leurs eurodéputés, a donc expliqué que l’exécutif italien n’était pas « opposé à l’immigration », mais souhaitait simplement en gérer plus efficacement les flux. Les électeurs de base de Fratelli d’Italia et de la Lega apprécieront.

Vive l’immigration légale

Pour Francesco Lollobrigida, il faut mieux organiser l’immigration « pour donner la possibilité à ceux qui viennent en Italie d’avoir une offre de travail décent ». Les Italiens, confrontés à un chômage important et à une précarité économique croissante, seront sans doute ravis de tant de sollicitude pour les futurs arrivants. Le taux de chômage en Italie était stable en novembre 2022 par rapport au mois précédent, à 7,8 %, un chiffre quasi double du chômage au Québec. Le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans s’établissait à 23 %, un niveau très élevé. Le taux d’emploi général de la population active en Italie avait baissé de 0,1 point à 60,3 % alors que le nombre de personnes à la recherche d’un travail avait diminué de 0,8 % en novembre par rapport au mois précédent, soit 16 000 demandeurs d’emploi en moins.

Le ministre — très proche de Giorgia Meloni dont il a épousé la sœur — a poursuivi en annonçant que « cette année, nous travaillerons pour faire entrer légalement près de 500 000 immigrés, notamment en mettant en place des mécanismes bilatéraux ou multilatéraux avec d’autres nations. Nous avons accueilli plus que tout autre pays, nous continuerons à le faire. » Il s’est ensuite félicité du fait que cette politique migratoire allait faire taire ceux qui prétendaient que le gouvernement Meloni était contre l’immigration alors qu’il n’est en réalité opposé qu’à sa forme illégale. [Sources : la RAI, Corriere della Sera, L’Humanité qui extrapole et prétend que cela signifie ½ million d’immigrants chrétiens]

Former à l’étranger les immigrants à nos coutumes

Le ministre a en tête quelques différences par rapport au passé : « Je pense qu’il est inacceptable de laisser les gens rejoindre une entreprise et ensuite se désintéresser de ce qu’ils font. L’immigration est un phénomène physiologique, mais pour donner une dignité égale, nous devons encourager l’intégration. Pour cela, il faut garantir une formation sur place dans les pays de départ. Formation professionnelle, mais aussi par rapport à certains éléments culturels qui permettent à l’immigré qui arrive de Tunisie ou du Bangladesh d’être formé sur nos normes, sur nos coutumes ».

Considérant qu’il existe actuellement en Italie 660 000 allocataires du revenu de base définis comme « employables » et qu’ils ont signé un pacte pour le travail, le gouvernement pourrait immédiatement les former pour pourvoir ces postes vacants, mais, pour le moment, malgré la fin toute proche de leur allocation, les cours obligatoires pour ces Italiens n’ont pas encore commencé.

Dissensions au sein de l’alliance au pouvoir

Notons, cependant, que plusieurs chiffres circulent au sein même de l’alliance au pouvoir. Le ministre de l’Intérieur Piantedosi, membre de la Ligue, autre parti de la coalition, prépare le nouveau décret sur les flux, c’est-à-dire la disposition grâce à laquelle les immigrants non européens immédiatement embauchés pourront entrer régulièrement en Italie. Le quota fixé par Piantedosi est de 82 705 « visas » : le nombre le plus élevé depuis 2007, mais nettement inférieur à celui supposé par Lollobrigida. En outre, le palais du Viminale, siège du ministre de l’Intérieur, a l’intention de mettre un frein supplémentaire : l’embauche d’étrangers ne sera autorisée qu’après constatation de l’indisponibilité de résidents en Italie à occuper l’emploi particulier convoité par l’étrange extra communautaire.

« Trahisons » dès le début du mandat ?

Dans certains cercles, ce revirement sur le front de l’immigration n’étonne pas. Dès octobre 2022, peu après l’élection de Meloni, Le Courier du Soir se demandait : « L’Union des Droites Italiennes a-t-elle mené ses électeurs en bateau avec l’unique but d’arriver au pouvoir ? La question se pose moins d’un mois seulement après une élection qui aura tenu toute l’Europe en haleine en raison des positions très dures (et parfois anti-Europe) défendues par Giorgia Meloni tout au long de la campagne. »

Face à la presse, Meloni a mis fin au débat en faisant clairement savoir que son gouvernement est pro-OTAN, pro-Bruxelles et pro-Kiev. Un alignement complet sur les gouvernements italiens précédents.

Une nomination très controversée avait déjà mis les électeurs de Fratelli d’Italia dans une colère noire. Il s’agissait de la nomination de Orazio Schillaci, ministre de la Santé, très favorable au passeport sanitaire. Un choix d’autant plus étrange que durant la campagne, les membres de la coalition de Droite avaient menacé d’abroger le passeport sanitaire et l’obligation vaccinale.

Pour le journal romain La Notizia, Giorgia Meloni a remporté l’élection grâce à son opposition déclarée au gouvernement des Meilleurs, de l’Élite, mais son programme est identique à l’agenda de Mario Draghi, le technocrate bien sous tous rapports pour Bruxelles et Washington et précédent président du Conseil des ministres italien

Le journal ajoute : « Après avoir joué les grandes gueules avec le ministre de l’Intérieur Mattéo Piantedosi, Meloni a dû capituler face aux coups de boutoir de la France et aux leçons de solidarité de Bruxelles. Elle a dû ouvrir, il y a quelques jours, les ports italiens à certaines ONG [pro-immigration]. Et les électeurs qui avaient cru à la devise de Meloni : “une Italie libre, forte et souveraine” auront été déçus, comme le leur a fait remarquer le leader du Mouvement 5 étoiles (M5S), Giuseppe Conte, face à “la soumission à Washington” ».

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