mardi 8 septembre 2015

Statistiques sur l'école publique du Québec

On entend souvent que l’école publique québécoise est en déshérence, qu’elle manque de moyen.

Or, si en 1997/1998, les dépenses s’élevaient à 9 024 $/élève, en 2012/2013 celles-ci s’élevaient désormais à 14 322 $/élève ! C’est une augmentation sur 15 ans, après inflation, de 5 299 $/élève (+59 %).




(Source MELS Québec, Ressources humaines Canada, graphiques Antagoniste)


Depuis 2006, le positionnement des élèves québécois en sciences aux épreuves PISA a dégringolé passant de la 10e à la 14e position en 2009 pour finalement aboutir à la 24e place en 2012.


Québec en bas de la liste ci-dessus (résultats PISA 2012 en sciences)

De même en lecture, les résultats des élèves du Québec sont demeurés stables, ils se classent sous la moyenne canadienne, à la 26e position des épreuves PIRLS. Nombreux graphiques.


Sources :
MEQ
Rapport élèves/enseignants dans les commissions scolaires
Ressources humaines et Développement des compétences Canada
Apprentissage – Décrochage scolaire

lundi 7 septembre 2015

Professeurs voulaient interdire à leurs étudiants les mots « immigrants illégaux », « mâle », « femelle », etc.

À l’université de l’État de Washington aux États-Unis, on ne badine pas avec le vocabulaire. À la fin du mois d’août, les étudiants de plusieurs cours d’éthique et de théorie critique se sont vu notifier que l’emploi des expressions « immigrants illégaux », « personnes de couleur », « femelle », « mâle » ou « homme blanc » devenait passible de sanctions pouvant aller d’une mauvaise note jusqu’à l’annulation des résultats obtenus au cours du semestre.

L’objectif de la mesure étant de lutter contre les discriminations, « l’utilisation de termes racistes, sexistes, homophobes, transphobes, xénophobes (…) en classe ou dans les travaux ne sera pas tolérée », précise Selena Lester Breikss, l’une des deux professeures à l’origine de ces nouvelles règles.

La seconde, Rebecca Fowler, a expliqué au site d’information « Campus Reform » que l’emploi générique d’expressions comme « immigrants illégaux » pour parler de situations humaines très diverses incitait « à la déshumanisation systématique » des personnes visées. Les étudiants devront lui préférer par exemple l’expression « migrant sans papiers », jugée moins stigmatisante.

Cette interdiction s’inspirerait directement du AP Stylebook, le célèbre guide de rédaction de l’agence de presse américaine Associated Press (AP). Depuis 2013, l’agence recommande (elle n’interdit pas) de ne plus parler de « migrants illégaux » ; l’adjectif « illégal » ne pouvant pas qualifier une personne, mais uniquement une action comme le fait de vivre ou d’entrer illégalement dans un pays. On ne sait pas si criminel peut encore désigner des gens ou uniquement des actes. Un corset lexical que préconise aussi l’ONG militante Human Rights Watch, pour qui l’emploi de ce terme « renforce également les préjugés envers les ressortissants de certains pays ».

Malgré ces cautions issues du correctivisme politique, à l’université de Washington State, la nouvelle règle lexicale n’a pas plu à tout le monde. Des étudiants ont contesté la mesure, jugeant qu’elle contrevenait à leur liberté d’expression. Une position rapidement soutenue par des médias conservateurs, révèle le Washington Post. La polémique grandissant, la direction de l’établissement a publié un communiqué pour la désamorcer, assurant « qu’aucun élève ne pourra se voir retirer des points d’examen à cause de l’emploi de termes jugés offensants pour certains ».



samedi 5 septembre 2015

Des parents pourraient refuser le cours d’éducation sexuelle pour leurs enfants

Les parents qui ne sont pas d’accord avec le retour du programme d’éducation à la sexualité dans les écoles du Québec pourraient décider de garder leurs enfants à la maison, prévient l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ). « Le ministre peut bien radoter ce qu’il veut, si un parent décide que son enfant n’assistera pas au cours d’éducation sexuelle, il peut exercer son droit de le retirer », fait valoir Marie Bourque, vice-présidente de l’APCQ. « Cette position, nous la recommandons en tout temps aux parents qui nous consultent. L’autorité parentale doit primer la structure scolaire », dit-elle. En 1992, l’APCQ avait demandé et obtenu du ministère de l’Éducation le droit à l’exemption du cours d’éducation à la sexualité, rappelle Mme Bourque. « L’éducation sexuelle de l’époque incitait les jeunes à l’émancipation sexuelle. Comme s’il était normal et banal qu’un enfant soit actif sexuellement, alors que l’on sait que ce n’est pas une bonne chose quand on est jeune ; ça déséquilibre toute notre vie », plaide-t-elle. Pour l’instant, l’APCQ n’aurait pas la « masse critique » de parents, pour exiger à nouveau une exemption du cours d’éducation à la sexualité.

Les sexologues ignorés

Le projet pilote d’éducation à la sexualité déployé dans 15 écoles du Québec inquiète également l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ), dont aucun membre n’a été consulté par le ministère de l’Éducation dans l’élaboration du programme. « Nous sommes les spécialistes de la sexualité humaine au Québec. Notre rôle est la protection du public. Qui va donner l’enseignement aux jeunes ? Comment seront-ils formés ? Sauront-ils interagir avec les élèves ? Nous sommes inquiets », confie Nathalie Legault, présidente de l’OPSQ. La responsable du dossier au ministère de l’Éducation a décliné notre demande d’entrevue. Un porte-parole a toutefois fait savoir qu’on estimait, en s’appuyant sur un énoncé de l’UNESCO, que « les personnes qui feront l’éducation à la sexualité n’ont pas besoin d’être des experts de haut niveau ».

Source


jeudi 3 septembre 2015

Québec — Nombre de naissances pour les six premiers mois de l'année à nouveau en baisse

Pendant les deux premiers trimestres de 2015, le Québec a vu naître 42 100 enfants. C’est la 7e baisse consécutive dans le nombre de naissances pour cette période de l'année. Il faut, en effet, remonter à 2007 pour retrouver moins de naissances de janvier à juin (41 236 nouveau-nés).

Rappelons que la population a crû entre 2007 et 2015, principalement grâce à une des immigrations les plus nombreuses au monde par rapport à la population.

En 2007, la population du Québec était d’environ 7 692 700 personnes au 1er juillet 2007 alors qu’à la même date en 2015 on l’estimait à près de 8 245 000. Ceci signifie que le taux de natalité a baissé en conséquence pendant ces six premiers mois de l’année.

Voir aussi

Fécondité du Québec : 6 années de baisse consécutives malgré des dépenses croissantes dans les CPE


« Garderies québécoises » de Mulcair: les provinces ne débordent pas d’enthousiasme


Selon le Devoir,
« la promesse électorale de Thomas Mulcair de créer un million de places en garderie à travers le pays n’est pas assurée de se réaliser, loin de là. Une deuxième province indique qu’elle n’a pas d’argent supplémentaire à injecter dans ce domaine, tandis que les quatre provinces maritimes attendent d’en savoir davantage avant de se prononcer.


Une des promesses électorales phares du NPD pendant la campagne électorale est de créer un million de places en garderie, d’ici huit ans, qui coûteraient 15 $ par jour ou moins aux parents. “Nous sommes à une élection d’avoir des places en garderie à 15 $ par jour”, répète inlassablement Thomas Mulcair lors de ses événements publics. Mais sa promesse comporte une condition de taille : les provinces devront payer 40 % de la facture. Or, celles-ci ne débordent pas d’enthousiasme.


La Colombie-Britannique, troisième province la plus populeuse au pays après l’Ontario et le Québec, ferme la porte à toute injection de fonds supplémentaires. “La Colombie-Britannique accueillerait favorablement tout appui fédéral à des programmes comme les garderies, mais pas des programmes fédéraux qui engendreraient de nouveaux coûts non abordables pour les contribuables de la province”, indique au Devoir Sheldon Johnson, le porte-parole du ministre de l’Enfance et de la Famille.


En coulisses, on explique qu’il n’est pas du tout dans l’intention de Victoria de bonifier les sommes déjà consacrées à cette fin. Selon une compilation effectuée par le Ottawa Citizen, une place en garderie en Colombie-Britannique coûte en moyenne 10 860 $ par année, ce qui en fait la deuxième province la plus chère à ce chapitre, juste derrière l’Ontario à 11 648 $. »
Rappelons que les garderies québécoises sont très coûteuses, monopolisent une énorme partie du budget du Ministère de la famille, sont au mieux peu efficaces sur le plan pédagogique, pas du tout sur le plan démographique et privent les parents de choix (ils confient leurs enfants à des tiers syndiqués le plus souvent ou ils ne reçoivent pas d’aide, surtout pas les femmes au foyer).

Voir aussi

Les CPE québécois ne sont pas un exemple à suivre

Le coût des garderies québécoises

Étude sur les garderies qui se paieraient d’elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Les éducatrices en milieu familial travaillent plus qu’en CPE pour un salaire équivalent

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

Moins les familles sont riches, moins elles utilisent les services de garde subventionnés

« Le fractionnement du revenu : une mesure plus équitable pour les familles canadiennes »

Russie — le mariage, les LGBT, les mères porteuses et la laïcité

Xavier Moreau explique la manière dont les Russes se positionnent sur les questions du mariage homosexuel, de la GPA (gestation pour autrui) ou encore de la laïcité.



Xavier Moreau est saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA (« maîtrise ») de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. Il est l’auteur de la « Nouvelle Grande Russie ».

Voir aussi

La Russie et sa relation apaisée avec la religion

Éducation, démographie : la surprenante Russie (Emmanuel Todd)

Démographie russe — le solde naturel est redevenu positif

Russie — la démographie expliquerait-elle le retour au conservatisme ?

Malgré les prédictions des Cassandre occidentales, la démographie russe se stabilise

L’enseignement de la culture religieuse en Russie, le patriarche se plaint

La Russie rend obligatoire l’enseignement religieux dans les écoles



France (CNED) : le cours d'histoire/géo détourné ?

Un parent québécois dont les enfants suivent le programme français du Centre national d’éducation à distance (CNED) nous a fait part de la table des matières du cours de 5e secondaire (secondaire II au Québec) pour 2015-2016.

Pour ce parent,
Visiblement la gauche bobo est passée par là. Tout le cours n’est que politiquement correct :
  • il est multiculturaliste,
  • vante l’immigration de manière inconditionnelle,
  • mythifie la « diversité » (le programme assène qu’elle est d’office un enrichissement, vraiment ?),
  • parle d’abord (séquence n° 2) de l’islam,
  • probablement pas de l’absolutisme en France (séquence n° 12 jamais vue en fin d’année), il est vrai que ce n’est que la France donc de peu d'importance,
  • écologiste (développement durable à toutes les sauces, la crise de l’eau, etc.),
  • socialiste (« les inégalités sociales, la pauvreté, solidaire »),
  • opportuniste politique (une séquence sur le sommet pour le climat que prévoit le gouvernement).

On a détourné le programme d’histoire/géo. C’est devenu de la propagande éhontée.








mercredi 2 septembre 2015

« L’éducation sexuelle : une autre intrusion de l’État »

Pour Éric Lanthier (M. Ed.) dans le Héraut de Prince Arthur :
Peu importe la religion que l’on pratique, qu’elle soit théiste, athée ou agnostique, l’éducation sexuelle appartient aux parents et non à l’État, c’est une question de droit et de liberté. Chaque famille a sa façon de voir la sexualité et c’est bien que ce soit ainsi parce qu’une société se bâtit par la force de ses familles. Ce n’est donc pas à l’État d’enseigner quand commencer nos premières relations sexuelles, avec qui et dans quel contexte.

Un programme qui éveille prématurément

Le programme d’éducation sexuelle en Ontario n’a rien d’inspirant et celui du Québec veut s’en inspirer ; plus ça change, plus c’est pareil. Au contraire, ce programme sexualise hâtivement les enfants ; plutôt que de cheminer avec l’enfant, il l’éveille prématurément. Chaque enfant a son rythme et c’est le parent, règle générale, qui est le mieux placé pour discerner quand l’enfant est prêt à en discuter.

Le rôle de l’État : équiper le parent

L’État n’a pas à usurper le rôle du parent. C’est pourquoi le rôle de l’État, en matière d’éducation sexuelle, devrait se limiter à la formation des parents. Est-ce extrémiste comme souhait ? Est-ce extra-terrestre comme requête ? Aujourd’hui, avec la technologie, l’État peut renseigner les parents, les accompagner, répondre à leurs questions et les équiper à remplir leur rôle plus efficacement. L’État pourrait mettre ses meilleurs spécialistes à la disposition des parents pour guider ceux qui ne réussissent pas à créer un climat de confiance chaleureux pour parler du sujet. Ainsi, le gouvernement devrait accompagner les parents à remplir convenablement leur rôle et non leur usurper leur responsabilité.

L’intimidation

Il est faux de prétendre que l’école est le meilleur milieu pour éduquer les jeunes en matière de sexualité. C’est beaucoup plus intimidant pour un élève de poser des questions devant des élèves qui vont se moquer de lui que dans un milieu de confiance avec des personnes avec qui il est à l’aise d’échanger. Avec les ressources dont le milieu scolaire dispose, pourquoi ne pas les engager à une mission bien précise : aider les parents à créer ce climat de confiance avec son enfant. C’est là le nerf de la guerre… Malheureusement, l’État ne veut pas aborder le sujet, ce n’est pas politiquement payant.

Limiter l’intrusion en équipant les parents : une question de valeurs

J’ai enseigné au primaire, au secondaire, à l’université, en milieu urbain, en milieu rural, dans les écoles publiques, dans les écoles privées. J’ai constaté une chose : plus l’école prend de l’espace, moins le parent exerce son rôle. Ce qui me fait sourire le plus c’est que les partisans d’un État moins lourd approuvent cette intrusion de l’État croyant que le cours qu’on donnait dans les années 70-80 serait le même qu’on donne aujourd’hui.

Les parents doivent, non seulement, apprendre à leur enfant comment composer avec la sexualité, mais surtout à leur communiquer une vision plus inspirante que ce qu’ils vont voir sur la toile. [Note du carnet : ou de la salle de classe...] C’est pourquoi j’opte pour un partenariat plutôt que l’usurpation des rôles. Que l’État mette des ressources à la disposition des parents et qu’il laisse ceux-ci remplir leurs responsabilités ; ainsi l’objectif sera sainement atteint. Ce n’est pas une question religieuse, c’est une question de valeurs, de rôle et de liberté.
Ou comme le disait Pierre Trudeau : « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ». Ah, mais cela ne s’appliquait que lorsque l’État était conservateur et les « progressistes » n’étaient pas encore aux manettes.

Retour de la discipline et du silence : diminution de l'intimidation, gain de temps, moindre violence

Pas besoin de campagne anti-homophobie (en fait anti-hétérosexisme) pour faire baisser l’intimidation. Quand les vieilles méthodes (l’honnie discipline, les rétrogrades récompenses et le totalitaire silence) sont réinventées et font l’objet d’un article dans Le Soleil.
À l’école primaire Notre-Dame-du-Canada, les élèves défilent en silence dans les corridors. Une règle toute simple qui a permis de réduire l’intimidation et d’améliorer la discipline.

Même remplis, les corridors de cette école du quartier Vanier, à Québec, sont étonnamment silencieux. Des élèves y défilent même avec un doigt sur la bouche, pour montrer qu’ils sont bien silencieux. D’autres, beaucoup plus rares, chuchotent en cachette.

Lorsque Madeleine Piché est arrivée dans cette école, il y a une quinzaine d’années, le climat était « assez violent », raconte-t-elle. « Il y avait beaucoup de bataille dans la cour d’école et dans les corridors. Au retour en classe, ça prenait beaucoup de temps pour gérer les conflits », raconte la directrice, qui a pris sa retraite en juin.

Le silence dans les corridors s’est donc rapidement imposé, ajoute-t-elle. « C’était nécessaire. » Et il n’a fallu qu’un an pour en faire une habitude, dit-elle.

Système de récompenses

Pour encourager les élèves à respecter les règles de l’école, Mme Piché a aussi instauré au fil des ans un système de récompenses, avec des coupons privilèges qui permettent aux enfants de faire des activités spéciales avec un adulte de l’école. « C’est un ensemble, ça ne tient pas tout seul cette affaire-là », lance-t-elle.

Et les résultats sont au rendez-vous. Annie Vaillancourt, qui a enseigné l’an passé pour la première fois dans cette école, n’en revient pas. « Je suis médusée, lance-t-elle. On gagne du temps, on n’a plus à calmer les élèves lorsqu’on revient de récréation », dit-elle.

Mme Piché va même plus loin. Elle croit que cette règle, en plus d’autres changements qui ont été implantés dans l’école au cours des dernières années, a contribué à réduire l’intimidation et la violence dans l’école.

« Ça joue beaucoup sur le climat de l’école », dit-elle.


mardi 1 septembre 2015

Jean-Paul Brighelli: « La fabrique des crétins fonctionne à plein régime »

Professeur en classes préparatoires à Marseille et essayiste à succès, Jean-Paul Brighelli est l’un des principaux contempteurs de la réforme de Najat Belkacem.

Dans un entretien incisif, il fait un réquisitoire implacable contre le système éducatif français actuel.
Pour Brighelli, la « fabrique des crétins » atteint, aujourd’hui, son paroxysme.