mercredi 6 mars 2013

Un diplôme universitaire pour tous ?

Extraits d'un article intéressant de Nathalie Elgrably-Lévy sur le sommet de l'éducation.

[...]

Pendant plusieurs mois, Mme Marois et M. Duchesne se sont gargarisés de grandes déclarations et se sont drapés dans la vertu en appelant inlassablement au « dialogue », à « l’ouverture » et au « consensus ». En réalité, tout était déjà décidé. Il ne restait plus qu’à manipuler les intervenants et la population pour leur faire croire qu’ils avaient une influence. Sinon, comment expliquer que les éléments qui apparaissaient dans le « Cahier du participant », sous la rubrique Le gouvernement souhaite discuter des éléments suivants lors du Sommet, se soient rapidement transformés en annonces officielles avant même la clôture de l’événement ?

[Note du carnet: qui croit encore dans la moindre influence du public sur les conclusions de ces sommets montés par les gouvernements successifs ? Voir la Commission Bouchard-Taylor, l'euthanasie, les sommets sur de l'éducation précédents, etc. Les résultats sont prévus d'avance, les mémoires qui vont dans le sens du gouvernement sont mis en avant, sans refléter ceux présentés par le public... Voir aussi le témoignage de Gary Caldwell qui avait participé comme commissaire à un autre Sommet : « Hors de Montréal, aucun des mémoires ne la [déconfessionalisation du réseau scolaire] réclamait. Il y eut beaucoup de témoignages en faveur de la pastorale scolaire. » Les résumés "exécutifs" préparés par la bureaucratie minimisaient l'opposition aux visées gouvernementales et faisaient ressortir les mémoires qui allaient dans le sens voulu par le gouvernement. Ces résumés furent repris par les médias. C'est ainsi que dans le cas de l'euthanasie même si les mémoires (voir graphique ci-dessous) opposés à celle-ci étaient majoritaires, on fit grand cas de ceux qui prônaient l'« aide médicale à mourir », ce que le gouvernement cherchait à imposer depuis le début.]





Annonce inquiétante

L’une de ces annonces est particulièrement inquiétante. Il s’agit de l’intention du gouvernement de lier une part du réinvestissement dans les universités à l’atteinte de certains objectifs. En pratique, Québec ne propose rien d’original. Il se contente de réchauffer l’approche des contrats de performance déjà introduite par François Legault, en 2000, lorsqu’il était ministre de l’Éducation. Il faut donc s’attendre à ce que les universités voient leur aide financière subordonnée à la hausse de leur taux de diplomation. Pour un gouvernement qui prétend vouloir construire une société du savoir et miser sur l’excellence, imposer aux universités une telle obligation de résultats pour obtenir le financement public est bien la pire mesure à adopter!

Fermer les yeux

Pour augmenter leurs taux de diplomation, les universités devraient pouvoir compter sur de nouvelles cohortes d’étudiants mieux préparés aux études supérieures. Toutefois, vu les problèmes qui affligent les niveaux primaire et secondaire, problèmes sur lesquels Québec préfère d’ailleurs fermer les yeux, cette avenue n’est pas envisageable pour l’instant.

[Note du carnet: On ne voit d'ailleurs pas l'intérêt que tous les jeunes québécois soient diplômés de l'université, il existe d'autres carrières, d'autres formations : voir ces indications que des diplômés des collèges communautaires américains (2 ans d'études) commencent à gagner plus d'argent que les diplômés issus de programmes universitaires généralistes de 4 ans.]

Dans ce contexte, comment les universités s’y prendront-elles pour décerner davantage de diplômes au cours des prochaines années ? En mettant davantage l’accent sur la pédagogie ? C’est possible, mais peu probable. D’abord, parce que cette option n’offre aucune garantie de résultat. Ensuite, parce qu’elle exigerait des sommes dont les universités ne disposent pas.

Pour être certaines de respecter leurs contrats de performance, les universités n’auront qu’une seule solution : baisser les exigences! Examens plus faciles, seuils de passage révisés à la baisse, normalisation des notes, les moyens sont nombreux pour faciliter l’obtention des diplômes. [Et clamer haut et fort que le Québec fait de mieux en mieux...]

[Voir : Inflation des notes dans les universités nord-américaines ?


et Les étudiants universitaires américains de plus en plus nombreux à se croire au-dessus de la moyenne, impression qui défie la définition statistique du terme de moyenne quand 60 % pensent être au-dessus de cette moyenne.


]

Contrats de performance

Il est certes légitime de vouloir permettre à tous d’entrer à l’université. [sous condition de compétences...]  En aucun cas, l’instruction ne devrait être réservée à quelques privilégiés. Toutefois, il ne faut pas confondre la démocratisation de l’université avec la démocratisation des diplômes.

En imposant des contrats de performance, Québec fera de nos universités de vulgaires usines à diplômes et de nos diplômes, de vulgaires bouts de papier. Non seulement ce n’est pas ainsi que nous construirons une société du savoir, mais les étudiants seront les premiers à payer le prix de diplômes obtenus à rabais.

«L’enseignement supérieur pour tous» ne devrait pas sous-entendre «un diplôme pour tous»! Espérons que le comité qui sera chargé d’étudier la question des contrats de performance saisira mieux la nuance que l’équipe de Mme Marois !

Voir aussi

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Mark Steyn et l'université américaine

Recension de Economic Facts and Fallacies de Thomas Sowell

Universités québécoises : « diplômes au rabais, notes gonflées, cours inutiles »





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Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?

Le juge Rothstein (72 ans)
Les avocats de Bill Whatcott lors de leur audience devant les magistrats de la Haute cour d’Ottawa avaient demandé si la lecture des passages de la Bible qui condamnent l’homosexualité était désormais interdite au Canada.

Le juge Rothstein (ci-contre) a essayé de répondre à cette question sans se contredire. Joe Carter de l’Acton Institute tente de suivre les méandres de la pensée tortueuse de l’avocat en robe rouge Rothstein.

La Cour suprême s’est penchée sur une citation de Matthieu 18:6 utilisée par Whatcott pour déterminer si elle pouvait être considérée comme des « propos haineux ». Il s'agit de « Mais si quelqu'un scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât une meule au cou, et qu'on le jetât au fond de la mer. »


Le tribunal a décidé que ce passage n'était pas haineux et il a ajouté :
« Bien que le renvoi à la Bible en tant que source crédible à l’appui de propos haineux ait été considéré comme une caractéristique de la haine, seules des circonstances et un contexte exceptionnels pourraient faire en sorte que la simple lecture ou publication d’un texte sacré soit objectivement perçue comme un discours haineux. »
Propos, bien évidemment, tout à fait farfelus au regard du reste de ce même arrêt Whatcott. En effet, selon ce jugement, le verset du Lévitique (18:22) « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination » devrait justifier que l’on considère la Bible comme un document haineux. En effet, la cour a aussi clairement déclaré que
« Si des propos ciblant certains comportements sexuels sont formulés de manière à exposer des personnes dont l’orientation sexuelle est identifiable à ce que l’on peut objectivement considérer comme des propos empreints de détestation et de mépris, on ne saurait affirmer que de tels propos ne visent que les comportements. Ils visent de toute évidence le groupe vulnérable. Par conséquent, une interdiction qui englobe des propos de cette nature n’a pas une portée excessive. » [nous soulignons]
Si la simple critique du comportement homosexuel en le désignant comme abominable, abject est interprétée comme une critique des homosexuels comme le prétend le juge Rothstein alors une « simple lecture » de Lévitique 18 et de son contexte démontre clairement que « l’on peut objectivement considérer comme des propos empreints de détestation et de mépris » ce passage de la Bible, selon les critères du juge Rothstein.

Comme le souligne Joe Carter, il semble bien que le juge Rothstein – par manque de culture biblique ? – se contredise dans ce jugement. S’il affirme, d’une part, que la simple lecture ou citation de la Bible ne peut constituer un discours haineux en soi (on comprend qu’il se sentait obligé de dire cela explicitement), les critères, d'autre part, qu’ils utilisent condamnent implicitement, mais mécaniquement, des citations de la Bible sur lesquels le juge Rothstein n’a pas cru devoir se pencher.

Notons que Rothstein avait l’air parfois un peu perdu à l’audience, ne sachant pas très bien, par exemple, quelle pouvait être la distinction entre « buggary » et « sodomy ». La juge en chef lui avait précisé le sens de ces mots, le tout sur fond de gloussements de la part de la galerie. S’en est suivi une discussion peu ragoutante sur les pratiques homosexuelles comme l’anulingus que Whatcott réprouve, les juges semblaient être en terrain inconnu.

Décisions précédentes

En 1997, la commission des droits de la personne de la Saskatchewan a instruit une enquête pour se pencher sur des plaintes similaires. Elle avait alors statué que citer des portions de la Bible était haineux.

En effet, cette commission avait décidé qu'une simple publicité dans un journal qui ne faisait que citer les références à des passages de la Bible (voir ci-dessous) condamnant l'homosexualité associées aux silhouettes de deux hommes inscrites dans un cercle d'interdiction constituait une forme de discours prohibé. Elle avait condamné l'auteur de cette publicité, Hugh Owens de Regina, et le journal qui l'avait publiée, le Saskatoon StarPhoenix, à payer 1.500 $ à trois activistes homosexuels.

La publicité jugée haineuse par la Commission saskatchewannaise

Hugh Owens comme Bill Whatcott utilisent des passages bibliques pour s'opposer à l'homosexualité. Ceux auxquelles faisait référence la publicité de Hugh Owens sont ceux-ci :

« [...] Voilà pourquoi Dieu les a livrés à des désirs sexuels honteux, car leurs femelles ont changé l’usage naturel [de leur corps] en celui contre nature ; et pareillement les mâles aussi ont laissé l’usage naturel de la femelle et se sont enflammés dans leur passion les uns pour les autres, mâles avec mâles, faisant ce qui est obscène et recevant en eux-mêmes le plein salaire que méritait leur égarement.  »
Romain 1 [extrait : 26-27]
« Et tu ne dois pas coucher avec un mâle comme on couche avec une femme. C’est une chose détestable. »
Lévitique 18,22
« Lorsqu’un homme couche avec un mâle comme on couche avec une femme, tous deux ont fait une chose détestable. Ils doivent absolument être mis à mort. Leur sang est sur eux. »
Lévitique 20, 13
« Comment ! Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous égarez pas. Ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères, ni hommes qu’on entretient à des fins contre nature, ni hommes qui couchent avec des hommes, ni voleurs, ni gens avides, ni ivrognes, ni insulteurs, ni extorqueurs n’hériteront du royaume de Dieu. »
I Corinthiens 6, 9-10

Cette décision de la commission fut renversée en 2006 par la Cour d'appel de la Saskatchewan, le tribunal avait trouvé que ces publicités ne constituaient pas des propos haineux.


Voir aussi

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (bref, on peut censurer la vérité au Canada).

Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

Reproduire une annonce d'une revue homo et un verset biblique : un discours haineux ?

Cour suprême du Canada — limites aux propos chrétiens « haineux » « homophobes » ?

Selon la Juge puinée Deschamps de la Cour suprême : l'église catholique en faveur du créationnisme (C'est faux.)





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Tribunaux suprémacistes (arrêt Whatcott, suite)

Bénéficiant d'un exorbitant pouvoir pour un pays qui se dit libre,
 on comprend que ces avocats soient de bonne humeur.
Pour le chroniqueur canadien Mark Steyn, il ne fait aucun doute que la décision de la Cour du suprême du Canada la semaine passée (voir notre dossier) est un sérieux revers pour les partisans de la liberté d’expression.

L’intimé, William Whatcott, n'est pas très favorable envers les partisans de l’homosexualité. Si l’on est d’une autre persuasion, on peut facilement être offusqué par les remarques désobligeantes et crues de Whatcott. Mais, pour l’auteur à succès Mark Steyn, il est tout à fait déraisonnable de  criminaliser ces propos.

Bruce Bawer, qui fait partie du groupe protégé par la Loi au nom de laquelle les juristes outaouais ont dit agir, affirme clairement que ces juges peuvent prendre leur finement équilibré, raisonné et nuancé jugement et « se l'enfoncer » :
Ne me faites pas de faveurs. Je me sens beaucoup moins menacé par des gens de l’acabit de Whatcott que par les tribunaux qui croient avoir le droit de resteindre les libertés d'un peuple libre, d’une façon aussi arrogante. Ces magistrats ne semblent pas comprendre – ou ne pas vouloir comprendre – que si l’on veut vivre dans une société vraiment libre, on doit être prêt à côtoyer des concitoyens qui vous considèrent comme une abomination et qui se sentent obligés de crier leurs opinions sur tous les toits.
Mark Steyn partage ce point de vue : Bill Whatcott est bien moins une menace à la liberté que ces six juges. Ce qui est bizarre dans cette histoire, c'est que, partout dans le monde, des peuples qui se disent libres sont ravis de concéder à une haute cour (même à une haute cour aux arguments aussi contradictoires que celle d’Ottawa) un monopole sur toutes les grandes questions de société. Alors même que toutes les autres institutions en Occident – l'Église, la monarchie – ont perdu de leur morgue et de leur autorité, quelques pékins en robes rouges en ont accumulé de plus en plus.

Au sud de la frontière, Paul Mirengoff a écrit un article hier sur ce qu'il appelle « l'empire de la Cour suprême » – c'est-à-dire, l'idée que cinq juges auraient le pouvoir de redéfinir le mariage. En effet, une institution antérieure aux États-Unis de plusieurs millénaires sera définie (ou redéfinie) pour un tiers de milliard d’humains selon l’humeur d’Anthony Kennedy (le juge non marqué politiquement) un beau matin. Cette déférence universelle envers la suprématie de quelques magistrats est curieuse et indigne de la part d'un peuple libre.

Mark Steyn, en tant que « sujet de Sa Majesté au Canada », ne rejette pas tant la décision de la Cour suprême que sa prétention à pouvoir décider quoi que ce soit dans ce domaine. Il conseille à ses compatriotes de faire de même. Si vous rencontrez par hasard « un de ces guignols de juges » lors d'une réception et qu’il veut vous expliquer comme son raisonnement est subtil et nuancé, dites-lui : « Eh bien, tu as droit à ton opinion. Et moi à la mienne. »

Voir aussi


Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction » (bref, on peut censurer la vérité au Canada).

Arrêt Whatcott : la Bible pas « haineuse », mais le juge Rothstein a-t-il tout lu ?





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mardi 5 mars 2013

Apprendre à écrire à la main ne sera plus obligatoire dans les écoles de 45 États américains

L'apprentissage de l'écriture à l'école ne sera peut-être plus qu'un lointain souvenir, prévient la journaliste Émilie Lanez dans l'édition du Point de la semaine passée.

À l’heure où nous envoyons des courriels, des textos ou nous clavardons au détriment de belles lettres manuscrites, est-il toujours légitime d’apprendre à écrire de sa main à l’école  ? La question peut surprendre.

Pourtant aux États-Unis, elle a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, on privilégiera l’apprentissage de … Word.

Après tout, en Grande-Bretagne d’après un sondage, 40 % des citoyens déclarent n’avoir rien écrit à la main depuis 6 mois.

Pour Monica Baerg, 16 ans, élève au lycée d’Arcadia en Californie, écrire en lettres attachées, ça ne sert à rien. Les devoirs sont systématiquement tapés à l’ordinateur. Quand Monica est forcée d’utiliser un stylo, elle écrit en lettres d’imprimerie. « Personne ne nous a jamais forcés à utiliser l’écriture cursive, donc c’était pénible de mémoriser les lettres », raconte cette adolescente… qui a cependant des difficultés à déchiffrer ce que ses parents écrivent.

Savoir écrire à la main, c’est savoir lire

Car comme l’expliquent les chercheurs du CNRS Jean-Luc Velay et Marieke Longchamps, savoir écrire à la main, c’est savoir lire.

Tous deux ont étudié la lecture par imagerie cérébrale. « Quand l’œil lit, le cerveau écrit à la main. Lire, c’est écrire », expliquent-ils. Quand on lit, plusieurs zones du cerveau simulent l’acte d’écriture manuscrite. Lorsqu’on écrit à l’aide d’un clavier, c’est différent  : quelle que soit la lettre choisie, le geste est identique : frapper une touche.

Écrire à la main aide à exprimer ses émotions

En outre, une écriture manuelle reste très personnelle, et permet de retranscrire ses émotions, note Jacques Gilbert, maître de conférence en littérature à l’université de Nantes, interrogé par Le Point.

« Dans l’écriture manuelle, le corps s’exprime, on voit si le scripteur était en colère, heureux, pressé. Le lecteur peut imaginer la personne et reconnaître dans sa graphie manuscrite dans quel contexte émotionnel elle a été produite. L’écriture sur écran renvoie une image distante.&nbsp:»

Mais taper sur un clavier « libérerait » notre écriture

Pour d’autres, taper sur une machine à écrire puis sur un clavier aurait une influence bénéfique sur le mode de notre écriture.

 Dans son livre Internet nous rend-il bête ? (Robert Laffont), l’essayiste américain Nicholas Carr raconte l’achat par le philosophe Friedrich Nietzsche d’une machine à écrire  :
« Une fois qu’il eut maîtrisé la frappe, il fut capable d’écrire les yeux fermés, utilisant uniquement le bout de ses doigts. Les mots pouvaient de nouveau couler de son esprit à la page. Mais la machine eut un effet plus subtil sur son travail. Un des amis de Nietzsche, un compositeur, remarqua un changement dans son style d’écriture. Sa prose, déjà laconique, devint encore plus concise, plus télégraphique. […] ‘Tu as raison, répondit Nietzsche, nos outils d’écriture participent à l’éclosion de nos pensées” ».

En outre, la facilité d’effacer son texte, de le réécrire, le découper via le traitement de texte informatique permet à un amateur de désinhiber son écriture : « Le couper-coller a libéré le geste d’écrire de l’enjeu de la décision. Avec un clavier, on pense un mot plus gratuitement, plus légèrement », analyse Roland Jouvent, psychiatre et directeur du centre émotion du CNRS.

Quitte à moins réfléchir au mot juste, ou à enrichir son vocabulaire, agrémenter son texte de figures de style   « Les outils de la création de l’esprit se perfectionnent, mais ne se substituent pas au talent  : Léonard de Vinci aurait probablement peint ‘La Joconde’ avec autre chose qu’un pinceau », tempère le psychiatre.

Pour lui, quoiqu’il arrive, les nouvelles générations n’auront plus la patience d’écrire avec de l’encre. « Je crois que, dans vingt ans, un maître d’école ne pourra plus tenir vingt bambins dans sa classe en leur faisant reproduire des pleins et des déliés ».

Mais à six ans (âge d’apprentissage de l’écriture en France), un enfant ne préfère-t-il pas montrer à ses parents les jolies courbes de couleurs écrites de sa main hésitante représentant son prénom, aux caractères universels tapés sur un clavier ?

Notons, toutefois, que si l'écriture cursive ne sera plus obligatoire, elle est encore enseignée dans de nombreux districts scolaires, voir les résultats d'un sondage dans le New Jersey à ce sujet ci-dessous.






Source Le Point du jeudi 21 février 2013.




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Robert Ménard sur l'instinct grégaire bien-pensant des journalistes


Robert Ménard est le fondateur de Reporters sans frontières.






Est-ce que cela peut être vraiment différent au Québec dans un monde des médias encore plus petit que la France ? N'y règnent-ils pas ici aussi au Québec le même panurgisme bien-pensant, la même endogamie et la même cooptation incestueuse ? Quel journaliste professionnel envisage ne plus être invité par Radio-Canada, ne plus écrire dans le Devoir ou la Presse ?

Quel est le dernier journaliste professionnel a avoir dit qu'il trouve l'avortement moralement répréhensible, l'immigration (55.000 personnes par an) nettement trop importante au Québec, le réchauffement climatique un problème mineur qui ne justifie pas des politiques ruineuses, l'homosexualité ou la transsexualité peu désirables, de dire comme Ménard qu'il ne souhaite pas que sa fille soit homosexuelle mais qu'il l'aimerait quand même si elle l'était, peut-être même plus car c'est un fardeau ? Quel journaliste d'un grand média québécois oserait dire que la Grande Noirceur est en partie un mythe, un épouvantail, que l'État-providence crée des problèmes sociaux, déresponsabilise, est intenable ne fût-ce que pour des raisons démographiques ? Que voir deux homosexuels s'embrasser en public est gênant (apparemment 40 % des Québécois le pense) ? Que les chiffres sur la violence conjugale sont tronqués (André Arthur n'a plus de micro) ? Tiens, que le cours ECR n'est pas une bonne chose et qu'il faudrait permettre aux parents de choisir la formation morale de leurs enfants ?

Il ne s'agit pas ici d'apporter des réponses positives aux questions précédentes, mais plutôt de savoir pourquoi les journalistes répondent tous de la même manière, trouvent qu'il n'y a aucune matière à débat. Une question de formation à l'université, puis de pressions conformistes au sein de la profession, de cooptation, d'un manque de courage ?

L'unanimisme règne chez les journalistes québécois autant que ceux de France. Philippe Muray les nommait des Mutins de Panurge, des conformistes qui se rêvent rebelles courageux, qui deviennent vite des Matons de Panurge, des gardiens du temple du correctivisme politique. Souvent de bonne foi, parfois hargneux,  peu courageux, mais toujours formatés à l'identique sur les questions sociales. Ils croient incarner le bien, ceux qui pensent différemment sont nécessairement des salauds rétrogrades. Pourtant l'inculture et leur superficialité des journalistes sont souvent manifestes comme le révèle de l'intérieur Robert Ménard.

Rappelons que l'ombudsman de Radio-Canada, Mme Miville-Deschênes, avait déjà dénoncé en mai 2009 le manque de diversité d'opinions des invités à la SRC.

Pour Robert Ménard, la seule chose qui tuera ce conformisme des journalistes, qui comblera le gouffre qui existe entre leurs valeurs et leurs réflexes et ce que pensent les gens du commun, c'est la confrontation avec le réel, parce que le réel donne tort aux journalistes des grands médias.





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lundi 4 mars 2013

La moitié des centres de la petite enfance en déficit


Un nombre croissant de centres de la petite enfance (CPE) n'arrivent plus à joindre les deux bouts. La moitié d'entre eux seraient en situation de déficit.

La Presse nous apprend que plusieurs CPE sont contraints de réduire leurs services. Certains ont aboli les postes de conseillère pédagogique. D'autres envisagent de réduire leurs heures d'ouverture. Certains ont même changé le menu qu'ils présentent aux enfants. On sert davantage de tofu et de légumineuses et moins de viande, de façon à réduire les frais liés à l'alimentation.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) avait sondé ses membres en 2009-2010 et en 2010-2011. Il y a deux ans, 41 % des CPE étaient en déficit. L'an dernier, ce chiffre avait grimpé à 51 %.

Cette année, les échos des membres laissent croire que «la situation s'est encore détériorée», affirme Xavier de Gaillande, directeur général adjoint.

Les subventions de fonctionnement versées par Québec ne suivent pas la réalité sur le terrain. Qu'il s'agisse des frais liés aux locaux, aux dépenses non salariales ou à la progression salariale des employés, les barèmes n'ont pas été indexés depuis plusieurs années, explique M. de Gaillande.

Rappelons que les coûts liés à ce programme ne font que grimper, mais qu'ils sont un échec sur le plan pédagogique, comportemental et démographique. Quant aux prétendues vertus économiques de cette politique ruineuse elles seront remises sévèrement en cause par plusieurs économistes (ici, ici et ).






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Pas facile de concilier multiculturalisme et lutte contre l'homophobie en classe d'ECR

Lise Ravary raconte cette histoire:
Cette anecdote est arrivée à un membre de ma famille, un jeune de 17 ans qui termine son secondaire. Dans le cours d’Éthique et culture religieuse, le prof parlait d’homophobie, que ce n’était pas acceptable, etc. Un garçon a fait valoir devant tout la classe que chez lui, en Haïti, on coupait la tête des homos et qu’il ne comprenait pas pourquoi ce n’était pas comme ça au Canada.
Je ne sais pas si les gais [homos] haïtiens font face à ce genre d’attaque mais chose certaine, l’homosexualité est illégale dans ce pays. 
Vous savez-vous quoi ? Le prof n’a rien dit ! Il a laissé passer ça comme du beurre dans la poêle.
Ce n'est pas sans rappeler cet autre incident :

[...] Enseignant de philosophie dans les cégeps puis d'histoire et du cours d'Enseignement moral et religieux au secondaire, Jacques Tobin reconnaît d'emblée le potentiel explosif d'un tel cours. La politique, la religion et le sexe, susceptibles de se retrouver dans son contenu, sont trois thèmes qui sèment la chicane au Québec, croit ce médiéviste et théologien de formation. « Il y a des éléments du programme qui sont très chargés émotionnellement et existentiellement », note cet enseignant du cours d'ECR à l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, une école publique réservée aux filles dans l'est de Montréal.

Aborder les questions des menstruations ou de la séduction devant un auditoire plutôt multiethnique lui a valu des reproches de ses élèves qui l'ont sommé de se mêler de ses affaires. Et M. Tobin a suscité de plus vives réactions encore à la présentation du film C.R.A.Z.Y., de Jean-Marc Vallée, dont il s'est servi pour parler de l'homosexualité et des valeurs du Québec dans les années 60-70-80. « Deux gars qui s'embrassent, c'était pour elles "dégueulasse" », a raconté M. Tobin, en admettant avoir reçu quelques appels téléphoniques de parents.




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dimanche 3 mars 2013

Priorité de l'État : vous devez trouver homosexuels, bisexuels et transsexuels «normaux» !

Ce trois mars 2013, le gouvernement québécois du PQ, par l’entremise du ministre responsable de la lutte contre l'homophobie (oui, oui, c’est une priorité), monsieur Bertrand St-Arnaud, a lancé une première campagne de sensibilisation pour lutter contre « l'homophobie ». Il s’agit d’une campagne de publicité qui présente des transsexuels, des bisexuels, des homosexuels si sympathiques, si gentils, si aimables qui nous côtoieraient.   Un couple d'homosexuels, tout mignon tout plein, s’embrassent tout tendrement. Attention, pas de geste réprobateur instinctif ! Le gouvernement nous apprend d'ailleurs que 40 % des Québécois osent encore dire aux sondeurs qu'ils trouvent gênant de voir deux homosexuels qui s'embrassent en public. Il y avait donc pour le gouvernement « nationaliste » urgence.




« Phobie », médicaliser les différences d'opinion

Notons d’emblée l’emploi du mot homophobie qui s’accorde bien avec l’ambition thérapeutique de l’État mêle-tout : les gens qui n’approuvent pas l’homosexualité comme orientation auraient une « phobie », une peur maladive... Est-ce que les homosexuels qui sont dégoûtés par l’idée d'une liaison hétérosexuelle sont des hétérophobes ? Quelle est cette manie de médicaliser les préférences des gens ?

Le gouvernement minoritaire du Québec va donc dépenser de l’argent du contribuable pour convaincre ces mêmes contribuables que l’homosexualité, la bissexualité et la transsexualité sont normales. Une priorité apparemment alors que l'économie québécoise est toujours en pleine convalescence, les résultats des écoliers québécois descendent doucement dans les classements internationaux  (ici aussi) et interprovinciaux, la dette ne fait que croître...

On est donc passé en quelques années de la condamnation de la sodomie à la tolérance de l’homosexualité (c’est leur vie privée, ça fait moins de concurrents) à la volonté de rendre ce choix privé acceptable en public, tout aussi normal que l’hétérosexualité, et cela avec les deniers du Trésor public. Il s’agirait là d’une première mondiale.  Bien évidemment les thérapeutes étatistes québécois en conçoivent un certain orgueil.

Pourquoi l’État doit-il se mêler à ce point de la perception de l’homosexualité ? Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas sentir un certain inconfort devant l’homosexualité ? Ce n’est jamais qu’une aversion historique  pour l’immense majorité des cultures, sans doute pour des raisons historiques évidentes de reproduction de celles-ci.

Priorité pour l'État : régir les consciences ?

L’État doit-il vraiment régir les consciences et forcer les gens à dire en public que l’homosexualité est normale alors qu’au fond d’eux-mêmes ils n’en penseront pas moins. Quarante pour cent des Québécois qui avouent toujours ne pas être à l’aise à la vue de deux hommes qui s’embrassent en public, c'est trop visiblement. L'État pense devoir intervenir. Le retour des directeurs de conscience et des Tartuffes, payés à même nos impôts… ?

Il est d’ailleurs amusant de voir les gouvernements de gauche successifs, chantres de la diversité, de l’acceptation de l’Autre (l’immigrant, le musulman) se faire également, en reprenant leur rhétorique vis à vis des « xénophobes »,  les défenseurs du Même (l’homo), du repli nombriliste sur une sexualité identique et de vouloir normaliser le manque d’ouverture envers l’Autre sexe.

Pourquoi ces campagnes gouvernementales pour faire en sorte que les homosexuels se sentent mieux ? Beaucoup d’autres gens sont intimidés ou offensés dans la vie pour des raisons souvent indépendantes de leur volonté : ils sont trop petits, trop gros, plutôt idiots, bègues, chauves, etc.  Ils sont nettement plus nombreux que les homosexuels. Mais voilà ! Ils ne bénéficient d’aucune campagne gouvernementale, leurs lobbies sont inexistants.

Notons que, lorsque la science psychiatrique qualifie les transsexuels de malades, cela n’empêche pas le gouvernement québécois de présenter une charmante « mère » quinquagénaire transsexuelle (ci-dessous) qui fait ses courses et de nous demander si ça nous choque. Toujours agir sur l'émotionnel...




Trouble de la santé mentale, mais ça vous dérange, sale transophobe ?

Sur ses sites lancés à l’occasion de cette campagne thérapeutique le gouvernement bobo du PQ se fend d’une explication : « Bien que le manuel utilisé en pratique psychiatrique considère encore le transsexualisme (dysphorie de genre) comme un trouble de santé mentale, il est communément reconnu que c'est le corps des personnes transsexuelles qui n'est pas conforme à leur genre, nécessitant ainsi un processus de changement de sexe.  » On  ne saura pas qui est ce « on » qui reconnaît communément cette théorie. Toujours l'insinuation, l'émotion.

Cette campagne est l'une des « mesures phares » du Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie 2011-2016, lancé par les libéraux (il n'y a pas de réelles différences avec le PQ sur les enjeux moraux, sociaux ou éducatifs). Le plan prévoit une deuxième phase à cette « campagne de sensibilisation » en 2014-2015. Ainsi, il sera possible d'aborder d'autres sujets, dont l'homoparentalité. Quel bonheur ! Encore un peu plus de propagande, euh, d’éducation citoyenne sortie directement d'officines militantes.

Prébendes pour officines

Lobbies qui ne sont bien sûr pas oubliés par le gouvernement péquiste (ah, le nationalisme et l’indépendance sont si loin !) Parmi les autres mesures déjà mises de l'avant par le ministère de la Justice du Québec, mentionnons la création d'une chaire de recherche universitaire sur l'homophobie, l'augmentation de l'appui financier aux organismes de promotion et de défense des droits des personnes de minorités sexuelles, et la mise en place d'un bureau de lutte contre l'homophobie.

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samedi 2 mars 2013

Cour suprême — « toutes les déclarations véridiques » ne doivent pas « être à l’abri de toute restriction »

Nuage sémantique de l'arrêt Whatcott
Mise à jour le 2 et 3 mars

Ajouté les réactions de Karen Selick : « Indigne de la plus haute cour du pays, décision liberticide basée sur des critères subjectifs » et de Rory Leishman : « Les chrétiens modérés doivent-ils être rassurés par ce jugement ? »

Table des matières

Article du 28 février

Fort financement des universités anglophones, faible rendement pour le Québec

Les citoyens québécois ayant l’anglais comme langue maternelle représentent environ 8,3 % de la population.

Les établissements anglophones du Québec reçoivent 29 % de l’ensemble des revenus qui sont alloués aux universités.

Une étude réalisée par l’Institut de recherche sur le français en Amérique (IRFA), parue en 2010, a fait la lumière sur les taux de rétention des finissants de différents programmes et universités du Québec. Il en ressort que les diplômés issus des universités anglophones quittent le Québec dans une proportion cinq fois plus grande que les étudiants formés dans les universités francophones. Les universités anglophones forment donc une main-d’œuvre plus encline à travailler à l’extérieur du Québec. Cela s’explique en partie par le fait qu’au sortir de leur formation, plusieurs étudiants ne maîtrisent pas la langue de Molière et savent encore moins l’écrire, par conséquent, ils sont tentés, ou même forcés, de quitter le Québec.

C'est ainsi que dans le cas des facultés de médecine, environ 50 % des médecins de l’université  McGill travaillent au Québec tandis que c’est plus de 90 % pour les finissants de l’Université de Montréal. Or les diplômés en médecine sont parmi les plus chers à former... et bénéficient donc d'énormes subventions de la part de Québec. Dans le cas de la santé, les investissements peu rentables ne s’arrêtent pas là. Même avec un aussi faible pouvoir de rétention et alors que la population anglophone ne représente que 8 % de la population du Québec, l’université McGill s’est vue financer un « mégahôpital» tout comme la communauté francophone très majoritaire (80 % de la population) aura aussi son unique « mégahôpital ».  Pour des professeurs qui s'insurgent de ce faux équilibre qui n'existe qu'au Québec, cela « a eu non seulement pour effet de priver les autres régions québécoises d’investissements considérables et essentiels en santé, mais aussi d’institutionnaliser l’anglicisation du réseau de santé au Québec ».





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