samedi 10 avril 2010

La famille décomposée mais festive dans la publicité


Publicité de Renault (France)






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Élèves indisciplinés, violents : supprimer les allocations aux familles monoparentales ?


Éric Zemmour et Nicolas Domenach sur l'autorité des professeurs et des parents — Ça se dispute, I>Télé, 9 avril 2010






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jeudi 8 avril 2010

Faible fécondité qui stagne, immigration massive : le Grand Montréal s'anglicise rapidement

Les francophones représentaient 59,9 % des résidents de l’île de Montréal en 1986, alors qu’ils ne sont plus que 48,8 % en 2006.

Ce n'est pas sorcier : il est difficile de travailler à Montréal sans connaître l'anglais, les Québécois ont une faible fécondité, l'immigration est massive à Montréal, immigration qui n'a pas le même attachement familial et identitaire au français que les Québécois de souche.

La fécondité des Québécois est très faible (1,73 enfant par femme en 2009 en faible diminution par rapport à 2008), mais les francophones Montréalais ont une fécondité (1,2 enfant par femme en 2001, les dernières données disponibles) ont une fécondité non seulement inférieure aux allophones (environ 1,76), mais également inférieure aux anglophones (plus de 1,47).

L'immigration a un poids énorme à Montréal. En 2006, 87 % des immigrants étaient établis dans la région métropolitaine de recensement de Montréal dont la très grande majorité, soit 75 %, vivait sur l’île de Montréal. Le nombre d’immigrés ne cesse de croître. Eric Charest et Marie-Thérèse Chicha de l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) estiment qu’en 2017, 21,7 % de la population de la région Montréal sera née à l’extérieur du Canada. Statistique Canada prévoit que ce pourcentage s’établira à 31 % en 2031.




Idée iconoclaste : la Révolution tranquille, sa libération des institutions comme le mariage, et sa dépendance sur l'État providence plutôt que la famille (les enfants hypothétiques des autres plutôt que les siens) ont marqué un déclin accéléré, non seulement économique du Québec (voir Révolution tranquille : Entre imaginaire et réalité), mais aussi du français ?

Commerce, rue Stanley à Montréal


Le rapport de Pierre Curzi (85 pages, PDF).

Lire aussi de Mathieu Bock-Côté : La bruxellisation de Montréal 
« Il y en a encore pour se dire surpris de la régression du français à Montréal. Les chiffres présentés par Pierre Curzi sont pourtant connus depuis un bon moment. À tout le moins, personne ne pourra prétendre ne pas avoir entendu l'alarme. Le point de non-retour est fixé : en 2016, Montréal sera majoritairement anglaise.


Hard Rock Cafe, rue Crescent à Montréal


Le Parti libéral s'est contenté de reprendre le refrain du politiquement correct avec une mise en garde contre la paranoïa identitaire. D'autres crieront probablement à l'alarmisme, surtout chez les praticiens d'une certaine démographie faisant pour neutraliser statistiquement la réalité de la régression du français en reconstruisant idéologiquement sans cesse les catégories permettant d'évaluer son état de santé.

Mais les faits sont têtus. Nous assistons effectivement à la désaffiliation progressive de la métropole par rapport à la société québécoise. Montréal comme Bruxelles accuse de plus en plus son contraste identitaire, linguistique et démographique avec la société dont elle est la métropole. On pourrait parler d'une bruxellisation de Montréal.

Panneau publicitaire près de la rue Sainte-Catherine, Montréal
Conséquence de cela: on demande moins aux immigrants de s’intégrer au Québec français qu’à une métropole multiculturelle qui n’exige plus d’aucune manière de prendre le pli identitaire de la majorité historique québécoise. Comment le demander, d’ailleurs, dans la mesure où cette dernière est de plus en plus une « minorité audible » dans la métropole ?

L’identité québécoise trouve sa base démographique en régression à Montréal. Sans surprise, le français n’est plus la langue qui s’impose, mais celle qu’on tolère. Et qu’on tolérera de moins en moins, d’autant plus que les francophones les plus en vue sont les premiers à consentir à cette forme de bilinguisme faussement cosmopolite qui masque bien mal la disparition du français comme langue d’intégration sociale.

Il n’est plus rare d’entendre, dans la jeune génération, une nouvelle forme de « parler bilingue » à la Justin Trudeau où l’anglais et le français s’enchevêtrent dans un jargon détestable sauf pour ceux qui font du bricolage identitaire un idéal émancipateur.

Chose certaine, sans une métropole moderne assurant une forme d’universalité francophone en Amérique, nous assisterons à la provincialiation de la société québécoise. D’ailleurs, les souverainistes devraient s’inquiéter de la dénationalisation de Montréal. »

Groove Jeans, sur Sainte-Catherine à Montréal








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Une association de pédiatres américains contre la promotion de l’homosexualité au collège

L’association de médecins pédiatriques américains, American College of Pediatricians (ACP) vient d’envoyer une lettre aux directeurs des écoles secondaires pour leur demander de ne pas faire enseigner aux jeunes dont ils ont la charge qu’il faut simplement accepter le fait qu’ils sont homosexuels s’ils éprouvent une attraction homosexuelle. Aux États-Unis comme en France, en effet, le dénominateur commun de « l’éducation sexuelle » est la déculpabilisation  : il s’agit de faire respecter à tout prix toutes les tendances qui se présentent à l’adolescence et encourager les jeunes à trouver leur orientation personnelle sans remise en question et sans jugement de valeur.

Les pédiatres américains estiment que cette manière de procéder encourage des jeunes qui sont temporairement dans une phase de confusion à propos de leur propre identité à s’installer dans une homosexualité qu’ils auraient probablement rejetée s’ils n’avaient pas été poussés à l’accepter.

Lire la suite

Voir aussi

Un plan de lutte contre l'homophobie méprisant pour la population

Cahier ECR : « Beaucoup de travail à faire aux groupes religieux pour accepter les homosexuels »

Lutte à « l'hétérosexisme » : manque de modestie constitutionnelle du gouvernement québécois








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mercredi 7 avril 2010

Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique

Nous avions déjà droit à la Journée de la Terre. Samedi 27 mars, nous avions la nouvelle Heure de la Terre. Il s’agit d’un évènement mondial écologiste annuel, créé en 2007 par le WWF (World Wide Fund for Nature, le Fond mondial pour la nature), qui consiste à couper les lumières et débrancher les appareils électriques non essentiels pendant une heure.

À cette occasion, l’école Wilfrid-Léger de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, en collaboration avec l'Atelier 19 et la maison des jeunes l’Exit (voir l’annonce) organisait une manifestation « artistique et communautaire ». Cette manifestation « par la magie du conte, la profondeur d'un rituel amérindien et la création d'un cercle de lumière » permettrait, selon les organisateurs, de poser « un geste significatif pour votre communauté et le reste de la planète ».

Nous avons donc envoyé un reporter qui pourrait témoigner de cette manifestation organisée par une école publique et laïque dans ses locaux.

Des jeunes élèves à l’accueil, aux tambours

Dès la porte principale de l’établissement, on est accueilli par une série de jeunes élèves de l’école Wilfrid-Léger grimés en vert. Un d’entre eux, un placier, écarte un grand rideau et découvre la « place centrale » de l’école. Au centre, un tapis oriental entouré de branches de sapin, devant quelques tatamis où viendront s’asseoir les jeunes enfants. Enfin aux quatre coins de cette scène des peintures trônent sur leur chevalet. Un énorme capteur de rêves pend au plafond. Au fond de la pièce, une dizaine de jeunes sous la conduite de leur chef battent du tambour. La pièce baigne dans une lumière verte. Une soixantaine de personnes sont assises, plusieurs arborent dans leurs cheveux gris un bandeau indien.




La manifestation va bientôt commencer. On invite les enfants à s’asseoir au centre. Environ quinze jeunes enfants prennent place sur les tatamis. On tamise les lumières. Les tambours entonnent différents chants. Voilà le rythme à quatre temps de la Terre, quatre temps pour les quatre éléments fondamentaux : terre, eau, feu et air. Ensuite un rythme plus rapide, celui de l’Homme. La pièce est envahie de ces résonnances viscérales, parfois assourdissantes même. Le public est invité à applaudir. Il applaudit.

Une jeune fille, élève de l’école Wilfrid-Léger, s’avance. Elle fait partie du Comité vert de l’école. Le comité est formé d’élèves qui « ont la protection de l’environnement à cœur ». La jeune écologiste annonce que la réunion est organisée par trois organismes : l’Atelier 19, la Maison des jeunes locale et l’école Wilfrid-Léger.



Maude Arsenault de l’Atelier 19 s’avance. Elle remercie l’école et ses jeunes. Elle annonce le programme et décrit l’Heure de la Terre : « C’est le plus grand rassemblement environnemental dans l’Histoire ».  Mme Arsenault rappelle qu’en 2010 le Canada sera l’hôte du G20 et que nous sommes réunis pour faire comprendre à nos dirigeants que l’environnement est important pour nous.

Hommage aux quatre directions de la Roue de médecine

Alors que l’année passée, lors de cérémonie pour la Journée de la Terre à Granby, l’animatrice avait ouvert la réunion par une prière aux quatre animaux totémiques, aux quatre éléments et aux quatre directions, cette année-ci elle insiste sur la dimension « artistique » de la cérémonie : on allume d’abord une chandelle entourée de quatre animaux totémiques, puis on passe en revue quatre « œuvres » artistiques qui étrangement ont les attributs associés aux quatre directions amérindiennes.

Réincarnation libératoire

Vient ensuite, la même conteuse, Michèle Rousseau, qui comme lors des cérémonies de la Journée de la Terre narra avec un talent certain un autre conte autochtone. Cette année-ci il s’agit de la souris qui à force de curiosité et de sacrifices devient « Souris-qui-bondit » puis enfin un aigle… L’histoire est emplie d’animaux aux pouvoirs magiques, bison et loup qui servent de guides vers les montagnes sacrées et le Lac de Grande médecine. Comme lors de son intervention à la Journée de la Terre dans son conte de la « femme chamane », Michèle Rousseau insista sur l’importance de la réincarnation et de la métempsychose. Pour elle, c’était visiblement ce qui comptait le plus dans son conte, car cette croyance serait libératrice : « Vous savez les enfants, on n’est jamais mort pour toujours. Quand on est mort, ce n’est pas pour toujours. On se transforme. On ne revient pas comme on était avant, mais on se transforme. C’est vraiment très intéressant de découvrir ça. Ça donne confiance. » La souris qui bondit se transforme finalement en aigle et de conclure la conteuse « Vous savez ce sont les autochtones qui savent nous faire comprendre ce que c’est que de devenir aigle. »

Applaudissements.

Prière sacrée

Samania, habillée d’une robe indienne en cuir à franges, et d’une paire de lunettes rectangulaires qui lui cernent les yeux de noir et de blanc, s’avance. Elle se dit amérindienne et d’un métissage du plus bel aloi : par sa mère elle serait un mélange d’Agnier (Mohawk) et d’Odjibway et par son père un quart abénaquis et un quart micmac.

Elle demande aux enfants-rois de s’approcher et de former un cercle sacré : « Je vais demander aux enfants de se lever et de venir avec moi. On va se donner la main. Chez nous les Amérindiens, les enfants sont nos maîtres… » « Je demanderais aux gens, s’ils veulent bien se lever debout… On va faire un petit cercle sacré juste autour »… « Je demanderais à mon groupe de chant (de venir). « On va faire une prière ensemble. » « On va donner la main aux enfants. On fait juste un cercle ».

Puis dans cette école laïque, vient la prière en cette Heure de la Terre : « Alors ce qu’on va faire, on va faire un cercle de prière. C’est un chant. Ça s’appelle « Wa wé wa wé o ». « Vous allez tous répéter avec nous. C’est une prière sacrée. » Alors, tous chantent « Wa wé waaaaaaa wa wé wa we ooooooo »… Le chant répétitif est entonné par l’assemblée pendant près de deux minutes.



Une fois la prière terminée, Maude Arsenault annonce que nous allons procéder à la cérémonie de purification et qu’ensuite nous réaliserons « une œuvre d’art collective ».



Heure de la Terre, école Wilfrid-Léger, le 27 mars 2010.


Feu sacré, cercle sacré, prière au Grand Esprit

Samania demande alors à l’assistance de former un serpent : « On va faire la danse du serpent ; quand on va sortir, tout le monde va se tenir la main. » On va aller à l’extérieur « allumer le feu sacré. »

En file indienne, parents et écoliers sortent pour aller sur le terrain de sport de l’école au centre duquel brûle un feu de camp. Une fille armée d’un grelot qu'elle secoue fortement clôt la longue file et invite à ne pas couper le serpent. « C’est très important ! » Un serpent à sornettes apparemment.

Une fois les participants assemblés autour des flammes, Samania annonce qu’il s’agit d’une « cérémonie sacrée alors nous allons faire le cercle de purification. » Elle présente Jacques et Jane « les gardiens du tambour sacré… qui a 300 ans ». « Les chasseurs ont fait de la chasse spirituelle, justement aux bisons. Les peaux qui sont dessus sont de la peau du bison. »

Suit une longue litanie de « sacré » : « Ce soir on va faire une cérémonie sacrée », « Sylvie, c’est la gardienne du tabac sacré. », « Renée gardienne de la sauge, une herbe sacrée. »

Samania continue : « Danielle est avec moi et va faire la moitié du cercle avec moi pour pouvoir purifier les gens...», elle fait appel à cinq femmes ou jeunes filles de l’assistance. Elle répète son laïus de l’enfant-maître et l’adulte-élève dans la société autochtone. « La cérémonie vient de commencer, moi je vais sortir à l’extérieur du cercle pour faire l’offrande au Grand Esprit avec ma coquille. » Elle présente aux gens le coquillage de mer avec la sauge. « La sauge c’est pour vous purifier. » Alors quand… on fait l’offrande aux quatre directions…c’est qu’on demande au Grand Esprit, que la fumée… les gens qui sont ici ce soir, qui se réunissent ensemble, que nos prières se réunissent et qu’ils demandent au Grand Esprit qu’elles soient exaucées. »

Moment de silence. Nouvelle prière. L’officiante invite les gens à crier « WAO ». Un grand « WAO » retentit. On prie pour la Terre et on demande pardon pour ceux qui n’en prennent pas soin.

L’office continue. La célébrante saupoudre le feu de sauge, demande le silence total. La prêtresse met le feu à la sauge dans son coquillage, elle s’encense de fumée sacrée.



Interruption de la cérémonie sacrée

Puis soudain, l’officiante s’interrompt : « Je viens d’avoir une information, on m’a demandé de ne pas faire le cercle au complet parce que… Où est-ce qu’elle est Maude ? » Francine Charland de l’Atelier 19 intervient : « Ce qu’on aimerait c’est si c’était possible que votre cérémonie de purification puisse être avec ceux qui sont dans le premier cercle, parce qu’après on va avoir à faire les cercles de lumières… et on sait qu’il y a peut-être des gens ici qui sont réticents quand même à ce qui se passe. C’est quand même nouveau. Ça appartient à votre culture amérindienne. Pour nous, ce serait de respecter les gens qui sont autour ».

Visiblement, cette cérémonie sacrée met mal à l’aise des personnes dans l’assistance comme l'avoue Mme Charland.



Cérémonie de purification des âmes par le Grand Esprit

Nonobstant cette intervention, le rituel de purification commence : l’officiante amérindienne se déplace d’une personne à l’autre en présentant le coquillage de sauge sacrée et les gens éventent la fumée sacrée autour du visage. La cérémonie dure 15 minutes. Les organisateurs allument ensuite des chandelles dans des boîtes de conserve, les disposent par terre pour former le cercle sacré de lumière.

Où Radio-Canada persécute l'auteur

Ayant déjà assisté à la même cérémonie des lumières l’année passée, votre reporter retourne à sa voiture. La route est encore longue. Il s’assied dans sa voiture, allume la radio et tombe sur Jacques Languirand, le gourou octogénaire du Nouvel Âge qui officie encore sur la chaîne d’État. Au menu, Le cinquième accord toltèque écrit par le fils d'une guérisseuse du Mexique et petit-fils d'un chamane. On n’y échappe décidément pas. Bienvenu à ce Québec laïque en pâmoison devant tout ce qui est amérindien et empreint d’une vague spiritualité écolo-nouvel-âgeuse.

Laïcité très variable

Rappelons que l’année passée un cégep de Sherbrooke avait tout fait pour empêcher un créationniste de parler à des étudiants après les heures de classe. Ici une école publique laïque et une maison des jeunes participent à une cérémonie au cours de laquelle on explique la dimension spirituelle d’« œuvres » d’inspiration autochtone, un grand capteur de rêves couronne l’auditoire, des tambours égrènent des sons répétitifs autochtones, on allume une chandelle ornée de quatre animaux totémiques, on insiste sur la réincarnation en la qualifiant de chose « très intéressante » à découvrir et dont la prise de conscience est libératoire, on participe à des prières où le sacré se bouscule : cercle, coquillage, sauge, tabac, tambour, feu, tout est sacré. On y prie même pour les pécheurs qui ne prennent pas soin de la Terre. Un office complet, et pas un mot de protestation de la part des professeurs ou de la direction de l’école. Non, on aide plutôt l’Atelier 19 qui n’en est pas à son premier office du genre à monter l’événement « artistique et communautaire ».

Voir aussi : Nos ancêtres, les Amérindiens







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mardi 6 avril 2010

Le mouvement féministe québécois est-il allé trop loin ?

Un livre qui souhaite déranger remet en question l'héritage du féminisme au Québec. Sept auteurs accusent le gouvernement du Québec de propager de fausses statistiques concernant le nombre de femmes battues pour diaboliser l'homme québécois. Entretien avec deux des auteurs.



Voir aussi :

Pourquoi la gauche française réchignait-elle à accorder le droit de vote aux femmes ?

« Le délit de violence psychologique est liberticide et contre-productif »

Supplément ECR : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes


La campagne gouvernementale sur la violence faite aux femmes que désirait Mme David









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Essoufflement du « mini baby-boom » ?

Mise à jour, 6 avril

Le nombre de naissances et la population estimés au Québec pour 2009 viennent d'être publiés par l'Institut de la statistique du Québec.

La population du Québec en 2009 est estimée à 7 828 879 habitants, le nombre de naissances en 2009 fut selon les estimations publiées le 2 mars de 88 700. En 2008, le nombre de naissances dénombrées avait été de 87 700. L'augmentation du nombre de naissances entre 2008 et 2009 a donc été de 1,1 % alors que celle entre 2007 et 2008 avait été de 3,8 %.



En 2009, le taux de natalité du Québec a donc atteint 11,33 ‰ (c'est-à-dire 11,33 naissances pour mille habitants), en 2008 ce taux s'élevait à 11,31 ‰. Chiffre que quelques journalistes qualifiaient de nouveau pic de natalité (« baby-boom »). À titre de comparaisons, en 2009, les taux de natalité étaient de 7,64 ‰ pour le Japon, 14,00 ‰ pour la Chine, 12,57 ‰ pour la France, 13,83 ‰ pour les États-Unis, 27,62 ‰ pour le Pakistan et 42,63 ‰ pour le Congo Kinshasa d'après le CIA World Factbook.

Le graphique ci-dessous permet de mieux apprécier l'évolution de la natalité québécoise et de mettre en perspective le prétendu « baby-boom » que nous vivrions selon certains chroniqueurs. Le « baby-boom » de l'après-guerre pendant lequel le nombre d'enfants par femme était d'environ quatre enfants y est indiqué par la mention « pic de natalité ».

Évolution de la natalité au Québec de 1900 à 2010


Le taux de natalité n'est pas la meilleure mesure de la vitalité démographique puisque ce taux est affecté par l'espérance de vie : une population nombreuse de femmes âgées qui n'a plus d'enfants déprime le taux de natalité. L'indice synthétique de fécondité est une meilleure mesure puisqu'il permet d'établir le nombre moyen d'enfants par femme. Ces chiffres n'étaient pas encore disponibles.

[Mise à jour du 6 avril 2010 : L'indice synthétique de fécondité s'établit à 1,731 enfant par femme en 2009 en légère baisse par rapport à celui de l'année 2008 (1,735). Une légère augmentation du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants explique que le taux de fécondité ait baissé alors que le nombre de naissances a très légèrement augmenté.


Observer que les axes ne commencent pas à zéro ce qui tend à exagérer les petites variations, aussi le nombre absolu de naissances n'est pas une mesure très intéressante dans une population qui continue de croître grâce, notamment, à une immigration importante.



Radio Canada insiste aujourd'hui sur "La tendance à la hausse du nombre de naissances", alors que, d'une part, la tendance à la hausse baisse rapidement comme on l'a vu, et que, d'autre part, cette mesure est trompeuse puisque la population croît et qu'il est donc normal que le nombre de naissances augmente, mais augmente-t-il relativement à la population féconde ? Ce n'est plus le cas !
Il ne faut pas désespérer le bobo du Plateau-Mont-Royal, les nouvelles sont toujours excellentes, même si le Québec continue de ne pas assurer le renouvellement de ses générations.]

Le taux de remplacement des générations s'établit à 2,1 enfants par femme.

Investissements croissants dont le rendement s'effouffle ?

La croissance démographique du Québec semble donc s'essouffler alors que des sommes considérables et sans cesse croissantes sont investies dans sa politique « familiale » non universelle qui consiste principalement à encourager les mères à retourner au travail par le biais de garderies fortement subventionnées (7 $ par jour payés par les parents, 43 $/enfant par jour de subventions) et des aides directes aux familles pauvres ou monoparentales. Il ne s'agit pas à proprement parler de mesures natalistes universelles. En 2009, les services éducatifs à l’enfance représentaient une aide d’un peu plus de 2,4 milliards de dollars, à laquelle il fallait ajouter le crédit d’impôt remboursable pour frais de garde qui permettait de verser 194 millions de dollars aux familles utilisant la garde à tarif régulier.

Entre 2003 et 2009, l’aide financière accordée aux familles par le gouvernement du Québec a augmenté de plus de 58 %. Cette aide financière comprend l'aide à la garde des enfants (2,6 milliards [source, page 33]), le régime québécois d’assurance parentale (1,2 milliard), l'allocation de soutien aux enfants plus généreuse pour les familles monoparentales ou pauvres (2,2 milliards) et la prime au travail (255 millions). Pendant cette période le taux de natalité a augmenté de 14,8 % et le taux de fécondité de 16,7 %.



Rappelons que le programme d'allocation universelle à la naissance avait coûté de 1989 à 1996 1,406 milliard de dollars pour toute cette période soit environ 240 millions de nos dollars de 2010 par an. La fécondité était alors passée de 1,415 enfant par femme en 1988 à 1,611 en 1996, soit une augmentation moyenne de 13,8 %. L'abolition par le Parti québécois de ce programme en 1997 et l'instauration des garderies dites à 5 $ a été suivie d'un abaissement de la fécondité ; l'indice synthétique de fécondité avait alors atteint en 2002 1,475 enfant par femme. Il faut noter que l'économie n'a enregistré aucun recul pendant toute la période de 1997 à 2008, celle-ci ne peut donc expliquer la baisse de la natalité de 1997 à 2002.


Voir aussi


Garderies à 50 $, nouvelle promesse du PQ au coût de 1,5 milliard de $.

Les garderies ruineuses et non universelles (elles avantagent les femmes qui retournent travailler, pas les autres) du Québec augmentent-elles la natalité, font-elles des enfants mieux préparés ?

Une étude de Cambridge conclut que les enfants de cinq ans sont trop jeunes pour commencer l’école.






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Confirmation — essoufflement du « mini-baby-boum » québécois, légère baisse de la fécondité

Nous l'avions annoncé, il y a plus d'un mois : la natalité et la fécondité québécoises s'effoufflent malgré les sommes faramineuses investies dans la politique dite familiale.

Voici le communiqué de presse du gouvernement libéral du Québec :

Les naissances au Québec en 2009: plus de bébés [mais même natalité], même fécondité

QUÉBEC, le 6 avr. /CNW Telbec/ - Il est né 88 600 bébés au Québec en 2009, soit 1 % de plus qu'en 2008 (87 600). L'indice synthétique de fécondité s'établit à 1,731 enfant par femme, niveau semblable à celui de l'année 2008 (1,735). Une légère augmentation du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants explique que l'on observe à la fois une hausse des naissances et une stabilité de l'indice de fécondité. L'âge moyen à la maternité augmente et atteint 29,8 ans. Il est de 28,0 ans à la venue du premier enfant.

En 2009, l'indice synthétique de fécondité varie de 1,6 enfant par femme à Montréal et dans la Capitale-Nationale à 2,0 enfants par femme en Abitibi-Témiscamingue [région à forte composante autochtone]. Il est de 2,9 enfants par femme dans le Nord-du-Québec [idem].

Entre 2008 et 2009, c'est dans la région de Montréal que la fécondité a le plus augmenté (de 1,58 à 1,62 enfant par femme) [c'est très bas et on ne connaît pas l'impact de l'immigration], tandis que c'est dans la région de la Côte-Nord qu'elle a le plus diminué (de 1,99 à 1,89 enfant par femme).

Ces premiers résultats portant sur les naissances et la fécondité au Québec en 2009 sont tirés du bulletin Coup d'œil sociodémographique, numéro 3, publié aujourd'hui par l'Institut de la statistique du Québec. Le bulletin et de nombreux tableaux sont consultables sur le site Web de l'Institut.


Voir Essoufflement du « mini baby-boom » ?






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Espagne — des centaines d'étudiants manifestent contre la mixité

À Madrid, plusieurs centaines d'étudiants espagnols d'universités privées non-mixtes ont manifesté bruyamment dans la rue mardi 23 mars, nous apprend le journal de gauche El Pais. Pour réclamer la mixité ? Non, pour la rejeter ! Le recteur de la prestigieuse université madrilène de Complutense a annoncé que trois collèges publics qui séparent encore les sexes allaient devenir mixtes, provoquant une révolte conservatrice des étudiants.

Les étudiants scandaient des slogans comme « Nous payons, nous décidons ! ». Quand le recteur de Complutense est sorti, il fut accueilli sous les cris de « démission, démission ! »



Les étudiants ne se plaignaient pas uniquement de la mixité, mais également de l'état lamentable des résidences universitaires (voir la vidéo ci-dessous en espagnol). Plusieurs étudiants se plaignent aussi du manque de consultation dans cette décision d'imposer la mixité.




La plupart des des universités espagnoles sont devenues mixtes dans les années 1960, avec une seconde vague dans les années 1970-1980, sans problème particulier. Aujourd'hui, certains sont incrédules devant cette rebellion inattendue. « J'y ai réfléchi toute la journée et je ne comprends toujours pas ! », a déclaré le président de l'Association des facultés et résidences universitaires publiques.

« Cela prend racine dans une vieille tradition, présente sur tous les continents chez les adolescents et post-adolescents », selon le sociologue Mariano Fernandez Enguita. « Il s'agit d'espèces de rites initiatiques en bande de même sexe qui marquent les débuts de la jeunesse. »

Interrogée par le journal de gauche, El Pais, Anne-Marie Reboul, directrice du collège Teresa de Jesus, l'une des facultés concernées, explique : « Leur argument principal est qu'avec la mixité, ils perdraient leur identité. Mais si on leur pose la question de ce qu'est cette identité, ils ont du mal à la définir. »

Cela n'exclut pourtant pas l'existence d'une telle identité. On sait ainsi que les gens sentent mieux qu'ils ne peuvent définir. La beauté est difficilement définissable en termes précis par le commun des mortels n'existe-t-elle pas pour autant ?

Le recteur de la Complutense, Carlos Berzosa, trouve cette opposition « horrible ». Pour lui, c'est incompréhensible, mai 1968 a commencé parce que les garçons n'avaient pas accès aux dortoirs des filles. En 2010, à Madrid on fait l'inverse, on « retourne en arrière » a-t-il déclaré à l'antenne d'Europapress.

Éric Zemmour revient sur ces mêmes incidents de 1968 et les protestations madrilènes :











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lundi 5 avril 2010

Nigéria — la religion est-elle responsable des massacres ?




L'africaniste Bernard Lugan commente les derniers événements au Nigéria






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