vendredi 2 novembre 2007

Reportage belge qui compare l'école belge à l'école finlandaise







Enseignement belge francophone :
— Plus de la moitié des élèves belges dans le réseau francophone redoublent au moins une fois avant la fin du secondaire.
— Le fossé entre les écoles d'élite et les écoles dites difficiles s'accroît.
— Mauvais résultats dans les quartiers à forte immigration.
— Coût par élève en Belgique relativement égal à celui de la Finlande

Le modèle finlandais :
Résultats PISA (évaluation internationale sur 43 pays de l'OCDE et autres pays associés)
— en 2000 : la Finlande est première en lecture, 4ème en maths et 3ème en sciences
— en 2003 : la Finlande est première en lecture, en maths et en sciences.

— Les différences entre établissements, entre filles et garçons et entre catégories sociales sont les plus faibles de tous les pays évalués.

— La proportion d’élèves en difficulté est très faible (6% contre 21% en moyenne)

— Si l’école obligatoire commence effectivement à 7 ans, 96 % des familles choisissent de faire suivre un CP (1ère année) optionnel dès 6 ans à leur enfant. Les autres apprennent la lecture dans leurs familles. Les méthodes de lecture utilisées sont syllabiques.

— Peu d’immigration.

— Population socialement homogène.

— Cours de remédiation individualisé.

Vidéo sur la marche de la Coalition pour la Liberté en Éducation

Courte vidéo au sujet de la marche que la Coalition pour la Liberté en Éducation a organisée le 20 octobre 2007 à Québec pour s'opposer à la volonté du gouvernement québécois d'imposer son programme d'« Éthique et de culture religieuse » à tous les enfants du primaire ou du secondaire, qu'ils fréquentent une école publique ou une école prétendue privée au Québec, qu'elle soit confessionnelle ou non.

Les écoles privées du Québec raflent les premières places

Les écoles secondaires privées du Québec raflent les premières places du palmarès pour l’année scolaire 2005-2006 publié par l'Institut Fraser. La meilleure note est de 10.

Rang   Cote globale
2005-
2006
2002-
2006
RégionNom de l’établissementSecteur et langue2005-
2006
2002-
2006
11MontréalCollège Jean-de-Brébeufprivé francophone10,010,0
11MontréalCollège Jean-Eudesprivé francophone10,010,0
1ndMontréalHerzliah High School — Snowdonprivé anglophone10,0nd
44MontérégieCollège Jean de la Mennaisprivé francophone9,99,9
417MontréalCollège Sainte-Anne de Lachineprivé francophone9,99,5
61MontréalCollège Régina Assumptalprivé francophone9,810,0
612MontréalVilla Sainte-Marcelline privé francophone 9,89,6
86MontérégieÉcole d’éducation internationalepublic francophone9,79,8
812OutaouaisCollège Saint-Alexandreprivé francophone9,79,6
104MontréalPensionnat du Saint-Nom-de-Marieprivé francophone9,69,9
106MontréalCollège Notre-Dame du Sacré-Coeurprivé francophone9,69,8
106LanaudièreCollège Saint-Sacrementprivé francophone9,69,8
1011MontérégieCollège Saint-Hilaireprivé francophone9,69,7


Notes importantes à propos des classements:
Dans ce tableau, les écoles sont classées (du côté gauche de la page) en ordre décroissant (de 1 à 463) selon leur rendement scolaire tel que mesuré d’après la cote globale sur 10 (figurant du côté droit du tableau) pour l’année scolaire 2005-2006. Sont également énumérées les statistiques moyennes de classement et de cote globale de l’école pour l’ensemble des cinq dernières années. Plus la cote globale sur 10 d’une école est élevée, plus elle se rapproche des premiers rangs. Les écoles qui ont obtenu des cotes globales identiques ont reçu le même rang. La mention «nd » figure au tableau dans les cas où l’on n’a pas pu obtenir des données historiques pour toutes les années visées. Les écoles secondaires de la province ne figurent pas toutes aux tableaux ni au classement. En sont exclues les écoles où l’on comptait moins de 15 élèves de 5e secondaire. Les séries de données disponibles sur ces écoles n’étaient pas suffisantes pour que l’on puisse en faire une analyse juste et raisonnable. Sont également exclus les centres d’éducation pour adultes, les services d’éducation permanente, les institutions qui reçoivent essentiellement des élèves étrangers non-résidents, les écoles dont les données étaient insuffisantes et les établissements alternatifs. L’exclusion d’une école du Bulletin ne devrait nullement être considérée comme l’expression d’un jugement sur l’efficacité de cet établissement.

La ministre Courchesne songe à réintroduire la dictée dans toutes les écoles

La qualité du français semble beaucoup préoccuper la ministre Courchesne, surtout depuis que son cabinet a appris que la dictée n'est plus un outil d'enseignement à la commission scolaire de Laval. On laisse entendre que la dictée a aussi été délaissée dans d'autres établissements.

Un peu plus tôt dimanche, le premier ministre Jean Charest a indiqué, lors de son allocution radiophonique hebdomadaire sur les ondes de Corus, que son gouvernement « va agir dès cet automne pour qu'il y ait un retour en force de la dictée dans les écoles du Québec ». Selon lui, « on a un peu délaissé la dictée dans les dernières années [...] alors qu'à son avis, ça demeure un des meilleurs moyens pour apprendre à écrire sans faute ».

À l'heure actuelle, la dictée à l'école est facultative comme outil pédagogique. Toutefois, plusieurs professeurs l'utilisent régulièrement avec leurs étudiants. À la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), on précise que la dictée, comme outil d'enseignement, n'a jamais disparu du milieu de l'éducation.

Quant à savoir si la dictée deviendra obligatoire dans les écoles ou son utilisation plus fréquente, la réponse devrait venir directement du Monopole de l'Éducation. Mais si on se fie à ce qu'a annoncé le premier ministre Charest dimanche, « la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne va faire des propositions aux parents du Québec dans les prochaines semaines ».

On se demande bien comment ces parents vont s'exprimer. Le plus simple ne serait-il pas la liberté d'enseignement et le chèque d'éducation afin de permettre à tous les parents de choisir l'école de leur choix et le meilleur enseignement pour leurs enfants sans que l'État n'intervienne dans les moindres détails pédagogiques des écoles québécoises (privées comme publiques) ?

Compétence en lecture et en écriture, la France derrière la Bulgarie

Tiré du Monde du 31 octobre 2007 : « Les écoliers français battent, de fait, des records de présence en classe avec leurs 936 heures annuelles, contre une moyenne OCDE de 769 heures pour les 7-8 ans et de 814 heures pour les 9-11 ans. Pour des résultats pas forcément meilleurs : selon une enquête internationale citée par le ministre, portant sur les compétences des élèves en lecture et en écriture, la France serait tombée « dans les 6 dernières places sur 40 », désormais placée derrière la Bulgarie. »

Se pourrait-il que l'introduction de méthodes de lecture sujettes à controverses, l'ajout de nombreuses matières accessoires comme l'anglais dès le primaire (hé, oui!) et la réduction du temps imparti à l'étude du français — alors qu'il s'agit d'une langue au code orthographique et au vocabulaire complexes de par son recours aux racines scientifiques pour les mots les plus simples (semaine/hebdomadaire, jour/diurne) — aient un rapport avec ce mauvais classement ?

Quel est également l'impact de l'immigration non francophone sur ces résultats désolants ? Xavier Darcos et Claude Allègre ont maintenu que son rôle n'était pas négligeable.

Quand même la Ministre du Monopole a des craintes sur la réforme imposée d'office à tous...

Article intéressant du Devoir (enfin, il ne fait que rapporter les craintes de la Ministre de l'Éducation) du 16 octobre 2007 :
La ministre se dit « très préoccupée » par l'acquisition des connaissances de base dans une école reformatée ces dernières années autour des « compétences ». « C'est prouvé que les enfants qui ont de solides connaissances de base abordent le secondaire de manière plus assurée. Et c'est là, sur le plan des matières de base, que le bât blesse avec le renouveau [pédagogique, la réforme] », a-t-elle affirmé. Pour illustrer son inquiétude, Mme Courchesne s'est elle-même interrogée comme suit: « Si vous me posez la question: est-ce que j'ai la totale conviction qu'actuellement ils ont acquis ces connaissances ? Je vais vous répondre qu'en français, c'est évident que non, lorsqu'on regarde les résultats de nos enfants, notamment leur capacité à écrire. Ça suscite beaucoup d'interrogations chez moi. Et c'est là-dessus que je travaille actuellement pour essayer de voir ce qui ne marche pas et comment on peut corriger le tir. »

Quand Mme Courchesne parle de rectifier le tir, rien n'est exclu: « Si ça veut dire corriger le tir au niveau du renouveau... bien s'il faut le faire, on va le faire. Je ne me mets pas de barrière! » Tout cela, ajoute-t-elle, « ne se fait pas en 24 heures». Cette position constitue une rupture avec celle de son prédécesseur libéral de février 2005 à avril 2007, Jean-Marc Fournier, qui s'était fait un défenseur passionné de la réforme. Mme Courchesne, sans enthousiasme, concède elle-même qu'il y a «certains objectifs et certains fondements qui sont bons» dans la réforme. Mais elle insiste sur ses nombreuses réserves. À ses yeux, avec le renouveau pédagogique, le pendule a été poussée trop loin vers la notion de « compétence ». « On est dans le tout ou rien », a-t-elle déploré avant de dire qu'il fallait rééquilibrer les choses. L'imposition d'un bulletin chiffré unique au Québec où les énoncés de compétences ont été simplifiés est un premier pas, a-t-elle soutenu.
[...]
Selon nos informations, un groupe de travail formé de chercheurs issus de l'Université Laval a été mis sur pied et commencera son travail sous peu pour évaluer l'effet du renouveau pédagogique au secondaire.

Rappelons que dans la grande tradition québécoise, ces réformes et ce renouveau pédagogique ont été imposés à toutes les écoles publiques et prétendument privées du Québec par le Monopole de l'Éducation.

On apprend par ailleurs que les « cégeps se désolent de constater que malgré la refonte du régime pédagogique, les conditions de diplomation du secondaire demeurent toujours en deçà des exigences d'entrée au collégial, les mathémathiques n'étant pas suffisamment relevées à leur goût. »

Les dispositions de la loi 95 inquiètent la HSLDA

Reçu ce communiqué de la HSDLA :
POURQUOI LES DISPOSITIONS DE LA LOI 95 ET LE RALLIEMENT DU 20 OCTOBRE ORGANISÉ PAR LA CLÉ DEVRAIENT CONCERNER TOUS LES PARENTS-ÉDUCATEURS (CHRÉTIENS OU NON)?

PRÉAMBULE

La Loi 95 est la Loi modifiant diverses dispositions de nature confessionnelle dans le domaine de l’éducation. Elle a été adoptée en juin 2005 mais entrera pleinement en vigueur le 1er juillet 2008.

L’article 13 de cette Loi 95 modifie la Charte des droits et libertés de la personne (L.R.Q., chapitre C-12) :

13. L’article 41 de la Charte des droits et libertés de la personne est remplacé par l’article suivant :

« 41. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d’assurer l’éducation religieuse et moral de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l’intérêt de ceux-ci. »
QUESTIONS ET RÉPONSES

Que disait l’article 41 (maintenant abrogé) de la Charte des droits et libertés de la personne ?
« 41. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le droit d’exiger que, dans les établissements d’enseignement publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre des programmes prévus par la loi. »

(ABROGÉ)
Que signifie « … dans le respect des droits de leurs enfants et de l’intérêt de ceux-ci ? »

Le nouveau texte, contrairement au précédent, dépasse le contexte institutionnel (à savoir les établissements d’enseignement) pour s’étendre à l’ensemble de la société québécoise.

Par conséquent, il serait possible d’invoquer cet article de la Charte pour imposer aux familles qui font l’école-maison le nouveau cours « Éthique et culture religieuse » en justifiant que c’est dans l’intérêt de leurs enfants et pour respecter leurs droits.*

*Cette Charte s’appuie sur la Convention relative aux droits des enfants des Nations-Unies :
Article 14(1) : Les états partis reconnaissent les droits de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Quelle pensée, quelle conscience et quelle religion ? Celles transmises par les parents ou celles inculquées par un programme quelconque sanctionné par l’État ?

Pourquoi devrais-je me sentir concerné en tant que parent faisant l’école-maison ?

Si vous ne souhaitez pas vous voir imposer un programme particulier de la part du gouvernement pour l’éducation de vos enfants, cette situation doit vous interpeler. La Loi 95 implique clairement que le gouvernement sait mieux que les parents ce qui est bien pour l’éducation des enfants.

Est-ce que cela signifie que nous sommes contre le fait d’exposer nos enfants à d’autres valeurs et croyances?

NON ! Pas du tout ! Compte tenu de l’actualité, il serait difficile de ne pas aborder ces questions avec nos enfants. Toutefois, nous sommes contre le fait qu’on puisse nous imposer un programme, et surtout un programme qui nous impose sa perspective; un programme qui relativise les valeurs et les croyances n’est pas neutre.

Pourquoi le gouvernement voudrait nous imposer le cours « Éthique et culture religieuse » ?

De prime abord, ce cours veut inculquer chez les jeunes la tolérance envers les autres religions et croyances, et possiblement vis-à-vis des styles de vie alternatifs. On peut ajouter aussi qu’il s’agit de créer un « déséquilibre cognitif » chez les jeunes; dans le jargon éducatif, ce terme signifie simplement « semer le doute » dans l’esprit des jeunes quant aux valeurs ou croyances déjà reçues (en l’occurrence, celles transmises par les parents).

Rappelons que ce cours sera en vigueur dans toutes les écoles (privées et publiques) du Québec pendant tout le primaire et le secondaire (11 ans).

Pourquoi ne devrait-on pas simplement accepter ce cours et en faire ce que nous voulons ?

Si on donne le droit aux instances scolaires de s’ingérer de cette façon dans l’éducation des enfants scolarisés à la maison, jusqu’où cela ira-t-il ?

Quel est l’intérêt des parents qui ont des enfants dans le système scolaire et qui seront présents au rassemblement du 20 octobre ?

Ces parents ne veulent pas se voir imposer le cours « Éthique et culture religieuse », alors qu’ils avaient le choix jusqu’ici d’opter pour le cours d’enseignement moral et religieux catholique ou protestant, ou encore l’enseignement moral. Ils croient qu’en tant que parents, ils sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants et qu’ils devraient avoir la possibilité de choisir entre différentes options pour ce type de cours offert à l’école.

Est-ce que ma participation au rassemblement en vaut le temps et l’effort ?

À la lumière des réponses aux questions ci-dessus, à vous d’en juger !

LIENS UTILES :

Loi 95

Charte québécoise


Convention relative aux droits des enfants

Cours « Éthique et culture religieuse »
Fin du communiqué.

mardi 2 octobre 2007

France — Le niveau du bac augmente-t-il ?

S'il faut en croire les extraits de cette lettre d'une correctrice au baccalauréat français publiée dans le numéro 542 de Marianne, il n'est pas du tout évident que le niveau du bac augmente en France. Ce témoignage semble conforter celui, publié indépendamment, d'une modératrice au bac qui avouait son malaise quant au méthode de corrections des copies du baccalauréat français.
Non, le niveau du bac n'augmente pas!

Professeur d'anglais en lycée, je corrige tous les ans les épreuves du bac à l'écrit et ne peux que constater la pauvreté tant lexicale que syntaxique de la majorité des copies que je suis obligée de surnoter : en effet, les instructions de correction sont telles que même la plus mauvaise copie n'aura jamais moins de 7/20.

De plus, on nous demande de corriger un paquet et de contacter un interlocuteur qui vous dit : « Votre moyenne est trop basse par rapport aux quotas; recommencez tout et alignez-vous sur l'ensemble. » Ce qui veut dire recorriger
le premier paquet et surnoter, car nous sommes contraints d'attribuer la moitié des points même si le candidat ne sait pas construire un énoncé de base, s'il n'a pas compris l'énoncé ou si sa réponse est erronée !

Ensuite, les médias et les inspecteurs nous scandent que le niveau augmente! Il faut rectifier tout cela et arrêter le politiquement correct : le niveau baisse à toute vitesse, car le niveau d'exigence est au plus bas ! Mais, il faut le
dire, avec ce système démagogique qui pervertit l'enseignement — pression voire harcèlement,menaces d'avancement de carrière freiné ... —, tout le monde est content et la paix sociale, assurée.

Le bac actuel ne sanctionne plus un niveau de compétences acquises au lycée mais récompense la médiocrité, voire le néant le plus total, et avec mention ! L'exigence est condamnée et dénoncée par les supérieurs hiérarchiques, le ministère, les parents, les médias. Ainsi, l'enseignant qui attribue de bonnes notes est un bon enseignant qui avancera bien plus vite dans sa carrière que celui qui met la note juste.

[...]

Depuis 2006, le mot d'ordre est d'« attribuer un maximum de mentions ». C'est la nouvelle mode. N'oublions pas que les objectifs européens de réussite
au bac sont de 90 % pour 2010... Très encourageant, n'est-ce pas ? Maintenant que le peuple est habitué à entendre des taux de réussite records, on n'est pas près de voir ces chiffres baisser et donc de retrouver l'exigence qui faisait la qualité et la réputation de notre enseignement !

Monique Ferreira
Heureusement, ce genre de choses ne se passe pas de ce côté-ci de l'Atlantique !

Le pédagogisme envahissant du Monopole

Petite réaction pour faire suite à un article de M. Jean-François Lisée publié dans L'Actualité du 15 avril 2007 :
On sait où va la réforme qui révolutionne le système scolaire: dans le mur. Une suggestion pour éviter le désastre.

Les « compétences transversales » et l’enseignement par projets, implantés dans nos écoles primaires, figureront l’an prochain dans une école secondaire près de chez vous. Il est vrai que ces concepts apparaissaient dans les documents issus des États généraux sur l’éducation, en 1996, qui ont aussi conduit aux garderies à cinq dollars, à la maternelle à cinq ans pour tous et à bien d’autres améliorations.
M. Lisée paie ici un hommage au prêt-à-penser des « élites » québécoises. Les garderies fortement subventionnées par l’État ne sont pas des améliorations, mais constituent une mesure de subventions destinées à la classe moyenne dont la mère est salariée. Elle ne touche que 50 % des familles avec enfants en bas âge, prive le Québec d’importantes ressources pour une politique universelle (quid des autres 50 % ?) efficace. On rappellera que l'allocation universelle naissance a été dénoncée par les féministes québécoises, car il aurait s'agit d'une mesure « cherchant à nous retourner aux berceaux et aux fourneaux » . Ces garderies ont encore grossi le rôle de l’État, alors qu’il était nettement plus simple et juste d’accorder un crédit d’impôt équivalent à la subvention des garderies à tous les parents. Cette politique est inique et inefficace pour ce qui est de la natalité surtout en comparaison avec les allocations de naissances et sans effets bénéfiques éducatifs notables, mais elle pourrait avoir des effets comportementaux et sanitaires néfastes.
Mais ceux qui, comme moi, ont suivi la gestation de la réforme en spectateurs intéressés, même au sein du gouvernement, furent extrêmement surpris de l’importance prise par ces aspects-là en particulier. Nous étions un certain nombre, Lucien Bouchard en tête, à avoir plutôt compris que le but de la réforme était de recentrer l’enseignement sur les matières de base, pas d’opérer une révolution pédagogique totale et unique au monde.

En prenant le pouvoir, en 2003, les libéraux auraient pu tout jeter aux orties, blâmant les péquistes. Au contraire, ils s’en sont fait les défenseurs. On connaissait la force d’inertie. On découvre la force réformiste. Venue de nulle part, elle est de celles que rien ne peut arrêter.
On remarque ici un autre méfait du Monopole amorphe : on ne sait pas très bien qui décide de cette révolution imposée à toutes les écoles, mais on ne peut y échapper au Québec ! Rappelons que même les écoles qualifiées de privées au Québec doivent subir les diktats des gnomes anonymes de Québec en matière de programme et de régime pédagogique.
[...]
j’ai été frappé par le recul des résultats de nos marmots, l’an dernier, dans la première épreuve internationale tenue depuis la réforme. Je suis sensible à ce que disent les enseignants. Ils sont plus de 60 % à noter une détérioration de la réussite des enfants. Cela dit, beaucoup croient qu’il faut persévérer, du moins au primaire.

La situation est plus problématique au secondaire, où la résistance à l’introduction de la réforme est forte chez les enseignants.

C’est majeur, surtout que, à la faveur des mises à la retraite en 1996-1997, plus de 9 000 jeunes profs ont intégré le réseau. Nous ne sommes pas face à de vieux croûtons réfractaires au changement. De plus, on ne souligne jamais assez que le système actuel a permis à nos élèves de 15 ans de se classer premiers en sciences et en mathématiques dans les trois épreuves subies par un million d’enfants dans 45 pays depuis 1994. Aucune autre société n’obtient des résultats aussi élevés, avec aussi peu de différences entre les élèves des milieux favorisés et défavorisés. Ces résultats placent le Québec devant l’Ontario et très loin devant les États-Unis. Le taux de décrochage chez les jeunes est toujours problématique dans l’est de Montréal, mais il a régressé au Québec de 1975 (46 %) à 2005 (30 %). Et le nombre de raccrocheurs augmente sans cesse, ce qui réduit de moitié le nombre de sans-diplôme.
Oui, nous connaissons même des mennonites conservateurs dont l’école ne plaît pas au Monopole et qui, à leur arrivée au Québec, pour avoir accès à certains métiers règlementés ont passé en un jour leur secondaire V, malgré ce que peuvent penser des journalistes médiocres du Journal de Montréal des écoles mennonites en Ontario où on enseignerait, selon eux, « n’importe quoi ». Et ceci, sans que l'instruction de ces mennonites ait coûté un sou aux contribuables, alors que ces mennonites ont payé deux fois pour ce « privilège » : leurs impôts qui paient les écoles publiques et leurs contributions pour financer leurs propres écoles.
Ainsi, selon les derniers chiffres de l’OCDE, le taux d’obtention d’un diplôme secondaire au Québec est supérieur à la moyenne des pays industrialisés, devançant la France, la Suède et les États-Unis.
Amusant. Monsieur Lisée sait-il que le baccalauréat français, qui sanctionne en France la fin des études secondaires, est équivalent au diplôme collégial du Québec et non au diplôme secondaire ? En d’autres termes, le DES ne sanctionne pas le même niveau d’étude que le bachot. Et M. Lisée fait-il semblant d’ignorer la volonté politique d’augmenter sans cesse le taux d’obtention quitte à ajuster les barèmes de correction et à surcoter les copies pour atteindre les objectifs ?

Ce train file droit dans le mur. Comment les partisans de la réforme ne le voient-ils pas ? À quelques jours des élections, les chefs des partis devraient opérer un repli. Si j’étais eux, je déclarerais un moratoire de 10 ans sur l’introduction de la réforme au secondaire, pour appliquer celle-ci seulement dans des écoles-pilotes volontaires et représentatives des milieux fortunés et défavorisés. Cela donnerait le temps à la fois d’évaluer à fond ses effets au primaire et de comparer les résultats des écoles-pilotes avec ceux du secteur non réformé, afin de prendre une décision définitive en connaissance de cause. Si les réformistes sont certains de la valeur de leurs propositions, ils n’ont qu’à se dire que les résultats leur donneront raison. Mais l’enjeu est trop grand pour qu’on leur signe, aujourd’hui, un chèque en blanc.
Beaucoup plus simple et plus définitif : libérer l’école et permettre aux écoles devenues libres de ne plus être soumises aux diktats du Monopole, ni en matière de programme, ni en ce qui a trait à la pédagogie ou même la qualification des enseignants. Ce dernier élément peut surprendre, et pourtant ! En effet, la qualification universitaire de plus en plus longue exigée par le Monopole des enseignants au Québec n'a pas démontré qu'elle augmentait la qualité de l'enseignement (voir « Si j'aurais su »). En revanche, elle renchérit la formation subventionnée de ces futurs enseignants et justifie une rénumération croissante, le tout au frais des contribuables captifs.

vendredi 28 septembre 2007

Priorité du ministère de l’Éducation : sévir et serrer la vis...

Contre le décrochage des garçons ? La violence à l’école ? Non ! Contre l’illettrisme fonctionnel de tant de jeunes ? Que nenni ! Contre la sexualité précoce qui ravage les écoles québécoises ? Nullement ! La drogue que fument au moins occasionnellement quarante pour cent des élèves du secondaire ? Eh, bien, non.

L’urgence est ailleurs. Car, comme nous l’apprend un article médiocre du Devoir publié le 22 septembre, des informations « pour le moins dérangeantes ont éclaté au grand jour ». Imaginez : les jeunes juifs hassidiques passeraient la majeure partie de leur journée à étudier la Torah à partir de 12 ans. La grande nouvelle !
Pourtant établies depuis une centaine d'années au Québec, les écoles privées juives ont créé de grands remous dernièrement. [N.D.L.R : Ah ?] « Certaines écoles juives ont un permis du ministère de l'Éducation même si, au secondaire, elles n'enseignent pratiquement que les livres religieux aux adolescents. Si, en tant que société multiculturelle, il est souhaitable de ne pas imposer un modèle unique d'enseignement, il est toutefois de notre devoir de se demander jusqu'où on doit aller », indique Mme Garand.
La réponse suit dans le titre suivant...
Les écoles juives devront se conformer
Et voilà : « ne pas imposer un modèle unique » et pourtant il n’y aura qu’un programme unique permis, qu’un régime pédagogique unique, que des professeurs certifiés par Québec. Et on ose vanter la diversité, le tolérance et le « métissage culturel » dans ce même journal, alors qu'on fait tout pour que tous les jeunes Québécois passent par le même moule !
Selon la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, il n'y a pas de doute. Les écoles juives doivent se conformer rapidement. Au début de l'été, elle a réuni les directeurs autour d'une même table pour dégager un terrain d'entente.

La difficulté est que, dans la religion juive, tout garçon doit, dès l'âge de 13 ans et jusqu'à ce qu'il devienne chef de famille, passer la majorité de sa journée à étudier la Torah. L'enseignement d'autres matières n'est pas exclu, mais le partage du temps est problématique.
Les Juifs hassidim sont au Québec depuis plus de 60 ans... Qu’est-ce qui pousse le ministère à vouloir corriger la situation subitement ? Pourquoi faut-il même corriger quelque chose, si ce n’est l’application aveugle de règles monopolistiques ? Les enfants hassidim soulèvent-ils des difficultés ? Ou la véritable raison ne serait-elle pas, comme l’a avoué à l’Assemblée nationale l’année passée, le ministre de l'Éducation de l'époque, M. Fournier, que les enfants juifs doivent adopter les valeurs de la société québécoise (définies par le Ministère) : « il est important pour [les enfants juifs] de faire partie de la société, de connaître l'ensemble des valeurs de cette société-là et de les partager avec tout le monde. » De les assimiler donc ? Parce qu’on ne les aime pas comme ils sont actuellement ?
« Les directeurs d'école comprennent toutefois que, au Québec, la loi oblige les enfants à fréquenter l'école jusqu'à 16 ans, et ils devront la respecter. Ce ne sera pas facile, mais le processus de consultation et de transition a été établi. Toutefois, les écoles juives existent au Québec depuis très longtemps et il faut en tenir compte. Il y aura une période de transition, d'environ un an ou deux, au maximum trois ans, mais si jamais des écoles rejetaient tout simplement nos exigences, elles seraient informées que nous entreprendrions les procédures judiciaires appropriées », affirme la ministre Courchesne, toutefois confiante en la bonne volonté de la communauté.
On aimerait bien savoir ce que pensent vraiment ces communautés orthodoxes juives et ne pas seulement entendre la version de la ministre du Monopole. Car, enfin, voilà des paroles ministérielles bien autoritaires... Il ne faut pas compter sur le Devoir semble-t-il.
D'autres groupes religieux, plus petits et plus reclus, exploitent légalement ou non des écoles au Québec, alors qu'on ne sait pas toujours ce qui y est enseigné. Prenons l'Académie des petits phénix de Longueuil. « Cette école, dirigée par l'Église de la scientologie, a un permis du ministère de l'Éducation. Pourtant, on ne sait pas vraiment ce qui y est enseigné. On entend seulement des ouï-dire. Le ministère devrait faire enquête. On ne devrait pas donner de permis sans savoir ce qui est enseigné dans un établissement et avec quelles techniques », soutient Mme Garand, qui, par le CINR, vient en aide aux personnes fragilisées à la suite d'une expérience de croyance.
Article médiocre et inquiétant comme nous l’avions dit :
  1. La journaliste ne semble interroger qu’une personne pour le moins partiale en matière religieuse.
  2. Ces « révélations » du Devoir – qui utilise les dénonciations d’une personne peu sympathique envers les religions – semblent surtout faire partie d’une volonté de voir le Ministère prendre des mesures sévères devant les « dérives » des « groupes nébuleux » et des « nouvelles religions » — spécialité de la seule dénonciatrice — comme le judaïsme (!).
  3. Au fait, qui finance le CINR ? La journaliste ne nous en dit mot alors qu’elle dénonce ceux qui seraient derrière certaines écoles.
  4. La journaliste ne semble pas chercher à vérifier les faits présentés par son interlocutrice en demandant l’avis des personnes incriminées... Très étranges procédés, mais bon c’est la presse francophone du Québec.
Ces procédés ne pouvaient manquer bien sûr d’attirer les foudres d’un des rares lecteurs du Devoir en la personne de Gilles Léonard, président et directeur général de l’Académie des petits Phénix dont il est question ci-dessus qui dénonce vertement le paragraphe cité dans sa lettre au Devoir :
« Dans votre article du 22 septembre 2007, les seules informations véridiques que vous ayez mentionnées au sujet de l'Académie des petits Phénix sont qu'elle est bel et bien située à Longueuil et qu'elle détient un permis du Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Le reste est faux et même diffamatoire dans certains cas. On vous a vraiment très mal informé !

Il n'existe aucune école scientologue au Québec, aucune école où l'on fait l'enseignement de la religion de la Scientologie dans un cadre scolaire.

L'Académie des petits Phénix est une école tout ce qu'il y a de plus laïque qui ne fait aucun enseignement religieux, seulement de l'enseignement moral. Ni la directrice pédagogique, ni les enseignantes‑titulaires ne sont scientologues. Par contre, elles utilisent la technique d'étude Applied Scholatics avec les élèves pour leur permettre de mieux réussir leurs études et obtiennent d'excellents résultats. »
Le ministère de l'Éducation se défend bien d'accorder des permis sans s'assurer que les écoles répondent bien aux critères prescrits, notamment en ce qui a trait au régime pédagogique et à l'évaluation. « Les règles sont claires. Plusieurs demandes de permis sont refusées, d'autres sont accordées, mais des suivis sont faits. Certaines écoles se voient accorder leur permis sous conditions, alors nous les suivons de plus près. De plus, les permis peuvent toujours être révoqués si les critères ne sont pas respectés. D'ailleurs, en ce moment, il y a un gros resserrement qui se fait », précise Michelle Courchesne.
Pourquoi ? Quelle est l’urgence ? Pourquoi le Monopole tolère-t-il de moins en moins les écoles différentes ? Y a-t-il vraiment la moindre menace faite aux enfants ? Qui peut le penser sérieusement par exemple dans le cas des Juifs ou des mennonites qui pratiquent depuis des décennies, si ce n’est des siècles, leur forme d’enseignement bien à eux...
Du côté de Gatineau maintenant, l'école évangélique pentecôtiste illégale de l'Église Nouvelle Alliance, dénoncée dans les médias l'année dernière, semble toujours bien opérationnelle. « Nous n'avons vu aucune action du ministère dans ce dossier », déplore Mme Garand.
Euh, Mme Garand déplore, elle admet donc qu’elle souhaite qu’elle ne soit plus opérationnelle, qu’on la ferme. Sous quel prétexte alors que le Ministère n’a pas statué ? Un excès de zèle intolérant ?
Au ministère de l'Éducation, on précise que cette école a déposé une demande de permis qui fait toujours l'objet d'une analyse.
Voir notre autre billet sur le sujet.
Enfin, le ministère de l'Éducation a récemment exigé la fermeture de la petite école mennonite de Roxton Falls, en Estrie,
Stricto sensu en Montérégie, mais bon c’est le Devoir.
qui enseignait le créationnisme.
Ceci n’a jamais été attesté, voir la source du mythe et comment des universitaires, tolérants bien sûr, et conseillers du Monopole, expliquent ensuite que c’est une excellente raison pour fermer l’école mennonite et pour menacer les parents et les enfants d’actions de la part de la Direction de la « protection » de la jeunesse.
Refusant de se conformer aux exigences du gouvernement, l'établissement se retrouvait dans l'illégalité.
Nous en avons déjà parlé, ces exigences sont uniques au Québec. D’ailleurs, l’école et la plupart des enfants ont simplement déménagé en Ontario (d’autres au Nouveau-Brunswick).
Toutefois, devant la menace de poursuites judiciaires si la communauté rouvrait l'école cette année, les membres ont affirmé qu'ils déménageaient en Ontario,
À nouveau, la travail bâclé de la journaliste apparaît au grand jour, elle qui n’a pas vérifié ses infos :
  1. les mennonites ont dit que les parents d’enfants scolarisés à l’école de Roxton Falls (note pour journalistes du Devoir : donc pas tous les membres, car tous ne sont pas dans ce cas-là) déménageraient avant la rentrée et la mise en action de la dimension « protectrice » de la DPJ.

  2. Tous ces parents ont déménagé (suffit d’un petit coup de fil au maire, au pasteur, une visite, etc.) à grands frais, car pour l’instant plusieurs ont encore leur ferme à Roxton Falls et louent en sus des appartements dans d’autres provinces.
où le gouvernement est moins strict.
Non, plus tolérant et moins obnubilé dans sa volonté d’imposer un monopole inutile, intolérant et néfaste.

Notez qu'il est paradoxal de voir tout à coup ces grands libertaires du Devoir qui ne condamnent ni les « identités sexuelles floues », ni les mariages homosexuels, ni l'usage de drogues récréatives soient subitement en faveur de mesures strictes ! Bien sûr il s’agit ici de lutter contre l’infâme comme aurait dit Voltaire : la religion.

Entre-temps, ce genre de dogmatisme a fait fuir des citoyens modèles de Roxton Falls comme le regrettent les habitants de ce village. Et cela dans une région qui commence à manquer de bras ! Bravo MM. les fonctionnaires de Québec qui serrez subitement et à mauvais escient la vis !