dimanche 10 mars 2024

Les électeurs irlandais ont refusé d'effacer la famille

Ce n’est pas une fin de semaine particulièrement faste pour l’établissement politique irlandais. Deux changements constitutionnels ont été rejetés par l’électorat, bien qu’ils aient été soutenus par tous les partis traditionnels — Fianna Fail, Fine Gael, les travaillistes, les Verts, les nationalistes du Sinn Fein — sans oublier les habituels experts et ce qu’on appelle le Conseil national des femmes (un organisme censé représenter les femmes). Le radiodiffuseur public, RTE, qui se trouve dans une position similaire à celle de la BBC après le vote sur le Brexit, est curieusement discret sur le résultat. Radio-Canada a adopté la même stratégie, un court reportage qui ne cite pas les chiffres du rejet massif irlandais et qui caricature le contenu de la Constitution irlandaise. 



Les électeurs avaient la possibilité, comme l’avait indiqué le quotidien de gauche britannique le Guardian, de « moderniser la constitution irlandaise » dans la lignée des référendums de 2015 et 2018 qui ont approuvé le mariage homosexuel et l’avortement et « souligné la transformation laïque et libérale de l’Irlande ». Les électeurs ont massivement dit non, mais merci quand même.

Les clauses en question, très caractéristiques de la constitution d’Eamon De Valera de 1937, et qualifiées de « dépassées » par le gouvernement, déclaraient que « l’État reconnaît la famille comme l’unité naturelle, primaire et fondamentale de la société et comme une institution morale possédant des droits inaliénables et imprescriptibles, antérieurs et supérieurs à tout droit positif » et que « l’État s’engage à veiller avec un soin particulier à l’institution du mariage, sur laquelle la famille est fondée, et à la protéger contre toute attaque ». Le gouvernement voulait modifier la partie concernant la famille en disant : « qu’elle soit fondée sur le mariage ou sur d’autres relations durables » et omettre la partie concernant le fait que la famille est fondée sur le mariage. On voit le sens de la démarche.


L’autre élément de l’article 41 que le gouvernement souhaitait modifier concernait la place des femmes au sein du foyer. La constitution de De Valera déclarait que, « en particulier, l’État reconnaît que, par sa vie au sein du foyer, la femme apporte à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint » et que, « par conséquent, l’État s’efforcera d’assurer que les mères ne soient pas obligées, par nécessité économique, de s’engager dans le travail en négligeant leurs devoirs au sein du foyer ». Il n’est pas question ici d’obliger les femmes à rester à la maison, ce que prétendait Radio-Canada hier dans son reportage morose. Cet article n’a d’ailleurs jamais eu le moindre effet sur les femmes qui travaillent (dans les filatures hier ou les bureaux aujourd’hui), mais le gouvernement voulait une formule non genrée : « L’État reconnaît que les soins prodigués par les membres d’une famille les uns aux autres, en raison des liens qui les unissent, apportent à la société un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint, et il s’efforcera de soutenir ces soins ». Une différence de taille.

 

Reportage de Radio-Canada qui parvient à ne pas donner les chiffres du rejet de ces deux amendements

Le gouvernement avait présenté le référendum pour la Journée internationale de la femme comme une occasion d’inscrire l’égalité et l’inclusion dans la constitution. Il est amusant de constater que de nombreuses femmes ont profité de l’occasion pour voter contre la suppression de la seule référence aux mères dans la constitution.

La victoire est d’autant plus frappante si l’on considère qui y était favorable et qui y était opposé. En fait, on gagnerait du temps à dire simplement qui était contre, car l’ensemble de l’établissement était en faveur du changement. En fait, l’opposition se résumait à un minuscule parti appelé Aontu, dirigé par Peadar Toibiner lequel avait quitté le Sinn Fein en raison de son opposition à l’avortement ; à un ancien ministre de la justice, Michael McDowell, avocat et professeur de droit, s’était particulièrement amusé à démonter la formulation « autres relations durables » censée être une alternative viable au mariage ; à quelques parlementaires indépendants ; et à une jolie avocate au tempérament bien trempé du nom de Maria Steen.

Sa confrontation avec le chef du parti Fianna Fail (en principe conservateur), Micheál Martin, lors de l’émission télévisée Prime Time, a été l’un des moments forts de la campagne. M. Martin, également vice-premier ministre irlandais, a tenté de la traiter avec condescendance en lui expliquant ce qu’est une famille moderne et a répété que la constitution était dépassée. Elle a affirmé, imperturbable, qu’« il est difficile de voir comment quelque chose qui reflète la réalité vécue par les femmes en Irlande aujourd’hui peut être décrit comme “dépassé” parce que la réalité est que la majorité des femmes font la majorité du travail à la maison ».  

En outre, Mme Steen ne voyait pas d’un mauvais œil le fait que le gouvernement veuille présenter ce référendum comme le combat d’une nouvelle Irlande opposée la vieille Irlande. Car son opposant représentait pour elle cette vieille Irlande. En effet, le vice-président Martin « fait de la politique depuis que j’étais à l’école primaire ».

Elle a ajouté que le vice-premier ministre n’avait « jamais rien fait » pour permettre aux mères de rester à la maison avec leurs enfants et qu’il avait participé à la mise en place par le gouvernement d’une fiscalité individualisée (et non plus sur la base du revenu d’un foyer), qui, selon elle, « a forcé de nombreuses mères à retourner sur le marché du travail et a rendu pratiquement impossible pour les parents d’élever leurs enfants avec un seul revenu ».

Mme Steen a déclaré qu’en tant que mère de deux filles, elle souhaitait conserver la formulation actuelle pour leur bien.  « Les mères versent leur sang. Nous traversons une sorte d’agonie exquise pour mettre nos enfants au monde, qu’aucun homme ne connaîtra jamais, et c’est une chose noble et honorable, qui mérite d’être reconnue avec gratitude dans notre Constitution ».

Avant le vote, l’institut Iona, socialement conservateur, a réalisé un sondage qui a montré que, si elles en avaient la possibilité et sans considération financière, près de 70 % des Irlandaises ayant des enfants de moins de 18 ans resteraient à la maison pour s’occuper d’eux. Mais cela ne se reflète pas vraiment dans les priorités politiques et financières des partis, en Irlande comme ailleurs en Occident.

Peadar Toibin a, à juste titre, qualifié le résultat de « référendum David contre Goliath ». « Nous nous sommes battus contre le système politique et tous les groupes et ONG subventionnés par le système politique ». Mais il a également souligné que « dans les régions ouvrières, dans les centres du Sinn-Fein et du Travaillisme, il y a eu un nombre important de votes négatifs. Il semble que les dirigeants de ces partis soient coupés de leurs partisans ». C’est un point intéressant. Car c’est précisément dans ces régions — en Irlande comme en Grande-Bretagne — où les gens sont les plus pauvres, où la proportion de familles monoparentales est la plus élevée, que les gens ont voté non de la manière la plus retentissante. Pourtant, Mary Lou McDonald, chef de file du Sinn-Fein dans la République, se plaint encore du langage sexiste concernant les femmes dans la Constitution.

Il existe un fossé évident entre la classe politique et journalistique et l’opinion publique (voir aussi la question de l’immigration). La campagne référendaire a été précédée par l’une de ces assemblées de citoyens. Celle-ci souhaitait des changements encore plus radicaux que ceux proposés lors du référendum. Cela illustre bien le fait qu’il est possible de manipuler ces organes pour obtenir le résultat que l’on souhaite, et pas nécessairement ce que pense réellement la nation. C’est une idée terrible, une occasion pour les politiciens de déléguer leur rôle à un organisme théoriquement indépendant qui n’est en fait pas représentatif de quelque manière que ce soit. 


Est-ce que les relations polygames seront une de ces « autres relations durables » selon la Constitution si l’amendement 39 devait passer, demande Maria Steen à Michael Martin du camp du Oui. 
 
Le débat au complet : 
Lors d’un échange houleux vers la fin de l’émission, Martin a prétendu que Steen avait fait campagne lors du référendum sur le divorce et a déclaré que son point de vue avait « suscité l’effroi à chaque fois ». Mme Steen a précisé qu’elle n’avait pas fait campagne lors du référendum sur le divorce (en 1995). Elle n’avait que 14 ans à l’époque… Peut-être le vice-premier ministre voulait-il parler du référendum sur l’avortement de 2018...?

Voir aussi
 


samedi 9 mars 2024

Défaite historique des partisans de la « modernisation » de la Constitution irlandaise (élimination rôle essentiel mère au foyer, ajout « unions durables »)

Les référendums sur la question de la famille et de la prise en charge des personnes dépendantes qui visaient à « moderniser » la constitution irlandaise ont été massivement rejetés par la population irlandaise alors que les sondages les donnaient gagnants.

Résultats complets pour le 39e amendement (ajouter « ou autres unions durables » à mariage)

Le gouvernement fait déjà l’objet de vives critiques pour sa campagne référendaire « terne », tandis que les dirigeants des partis politiques d’opposition — Mary Lou McDonald du Sinn Féin et Ivana Bacik du Labour — qui ont plaidé en faveur du oui ont été accusés de s’être « éloignés de leur base électorale ».

Résultat à l’échelle de l’Irlande pour le 39e amendement (seule 1 circonscription de Dubin en faveur)

Un député du Sinn Féin a appelé le ministre d’État Roderic O’Gorman à démissionner pour sa gestion de la campagne gouvernementale. 

Dès les premières heures de la matinée, les résultats des deux référendums ont fait apparaître un nombre constant de votes négatifs.

« La première chose à dire est que nous respectons ce résultat. C’est la voix du peuple et dans notre Constitution, c’est le peuple qui est souverain. C’est lui qui décide du contenu de notre Constitution ».

Toutes les circonscriptions de l’Irlande ont rejeté le 40e amendement, il s’agit du rejet le plus cuisant lors d’un référendum en Irlande. Avant ce jour, le vote négatif le plus élevé avait été enregistré lors du référendum de 2015 sur l’abaissement de l’âge des candidats à la présidence, avec un taux de 73,1 %.
 
Le sénateur indépendant Michael McDowell, l’un des principaux militants du « non », a déclaré que le gouvernement avait « mal évalué l’humeur de l’électorat » lors des deux référendums. Il a également déclaré que les partisans de ces référendums avaient désinformé l’électorat en prétendant que la Constitution affirmait que le seul rôle de la femme était au foyer, alors qu’elle ne fait que dire que le choix des femmes d’être mère au foyer est essentiel et qu’elles ne doivent pas être forcées d’abandonner ce rôle pour des raisons économiques. McDowell s’était également opposé à l’introduction de formulations vagues comme « d’autres relations durables » qui seraient interprétées à l’envi par des juges pour y mettre ce que bon leur sembleraient. Il avait plus tôt affirmé que ce référendum « est une erreur en devenir, qui entraînera le chaos dans le droit de la famille, le droit fiscal et le droit de l’immigration ».

 

Les sondages prédisaient une large victoire du Oui

Amendement 39 sur l’ajout de « autres relations durables » à mariage


Dates réa­lisées
Sondeur / Manda­taire Taille échan­tillon Oui Non Indécis S’abstien­drait Avan­ce du oui





1–2 mars 2024 Ireland Thinks/Sunday Independent 1083 42 % 23 % 35 % 19 %
16–21 février 2024 Red-C/The Business Post 1009 52 % 22 % 20 % 5 % 30%
2–6 février 2024 Ipsos B&A/The Irish Times 1200 53 % 15 % 27 % 5 % 38 %
1–2 février 2024 Ireland Thinks/Sunday Independent 1394 47 % 29 % 24 % 18 %

Amendement 40 sur l’élimination du rôle essentiel de la mère au foyer

Dates réa­lisées
Sondeur / Manda­taire Taille échan­tillon Oui Non Indécis S’abstien­drait Avan­ce du oui





1–2 mars 2024 Ireland Thinks/Sunday Independent 1083 39 % 24 % 36 % 15 %
16–21 février 2024 Red-C/The Business Post 1009 56 % 20 % 19 % 5 % 36%
2–6 février 2024 Ipsos B&A/The Irish Times 1200 60 % 12 % 23 % 5 % 48 %
1–2 février 2024 Ireland Thinks/Sunday Independent 1394 49 % 27 % 24 % 22 %


Sur quoi les électeurs irlandais sont-ils appelés à se prononcer ?

Dans les bureaux de vote, vendredi, les électeurs recevront deux bulletins — un blanc et un vert.

Le bulletin blanc demandera aux électeurs s’ils souhaitent accepter ou rejeter le trente-neuvième amendement du projet de loi constitutionnelle, également connu sous le nom d’amendement sur la famille.

Cet amendement (le n° 39) propose d’insérer dans la Constitution les mots « qu’elles soient fondées sur le mariage ou sur d’autres relations durables ».

La protection accordée aux familles par la constitution, telle qu’elle est actuellement rédigée, ne s’étend qu’aux familles fondées sur un mariage.

Toutefois, si l’amendement est adopté, les différentes unités familiales bénéficieront des mêmes droits et protections constitutionnels. S’il est rejeté, la formulation actuelle restera inchangée.

Les électeurs recevront également un bulletin vert. Il s’agit du projet de loi sur le quarantième amendement de la Constitution, ou amendement sur les soins.

Cet amendement (le n° 40) propose de supprimer la formulation qui fait référence au rôle des femmes à la maison : « l’État reconnaît que par leur vie au sein du foyer, les femmes apportent à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut pas être atteint » et que « les mères ne doivent pas être obligées par des nécessités économiques à travailler au détriment de leurs devoirs au sein du foyer » Et de lui substituer cette formulation : « L’État reconnaît que les soins prodigués par les membres d’une famille les uns aux autres, en raison des liens qui existent entre eux, apportent à la société un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint, et il s’efforcera de soutenir ces soins. »

 

Le gouvernement irlandais va organiser deux référendums le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, pour proposer de modifier deux articles de la Constitution faisant référence aux femmes « au foyer » et à la « famille ».

Cette constitution a été rédigée en 1937, à une époque où régnait sur la vie publique et privée une branche puritaine de l’Église irlandaise.

Le référendum propose de supprimer l’article 41.2 de ce texte. Celui-ci dispose que « l’État reconnaît que par leur vie au sein du foyer, les femmes apportent à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut pas être atteint » et que « les mères ne doivent pas être obligées par des nécessités économiques à travailler au détriment de leurs devoirs au sein du foyer ».

Cette formulation « ne reflète plus la vie moderne », a déclaré mardi le vice-premier ministre Micheal Martin, estimant ce langage « daté ».

Le ministre de l’Égalité Roderic O’Gorman a lui déclaré à la presse que les références « archaïques » et « sexistes » aux femmes au foyer « n’ont rien apporté ».

L’amendement d’un autre article de la Constitution est également proposé, pour que des protections constitutionnelles ne soient pas limitées aux seules familles traditionnelles.

Cette modification « reconnaîtrait que les familles peuvent également être fondées sur d’autres relations durables que le mariage », a déclaré le Premier ministre Leo Varadkar, citant l’exemple d’une famille monoparentale ou dirigée par des grands-parents ou des tuteurs.

Pour Tucker Carlson, « Comment convaincre les femmes d’abandonner ce qu’elles aiment le plus et de se soumettre à l’esclavage salarié dans une banque ? C’est simple : appelez cela du féminisme. » Voir sa vidéo ci-dessous (activer les sous-titres et utiliser la molette pour traduire automatiquement en français).

Extrait : « Selon le point de vue que l’on adopte, il s’agit du langage le plus favorable aux femmes jamais écrit. En d’autres mots donner naissance à la vie, assurer la survie de l’espèce et que l’enfant se développe et devienne un adulte décent, en d’autres termes, être une mère est important, voire le plus important des emplois.

C’est une façon de voir les choses. L’autre façon de voir les choses est de retourner à votre cubicule à la City Bank, de congeler vos ovules si vous voulez des enfants — c’est un point de vue néolibéral et dans ce point de vue, il est profondément offensant de reconnaître l’importance de la maternité. Cette vision est néolibérale et il est profondément offensant d’affirmer que les femmes ont un rôle important à jouer dans la société en dehors du département des ressources humaines ou d’un emploi dans la vente.

Ainsi, vendredi, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, les Irlandais vont demander que l’on se débarrasse de ces mots qui décrivent la maternité comme importante. »

vendredi 8 mars 2024

Québec — Baisse de 3,4 % des naissances et de 5,3 % du taux de natalité en 2023 p/r à 2002

Selon les derniers chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec, il serait né en 2023 80 700 nourrissons par rapport à 77 950 en 2022, soit une baisse de 3,4 %. Le nombre de naissances est quasiment égal à celui des décès en 2023 : 77 950 et 77 550 respectivement.


Étant donné la forte augmentation de la population québécoise due à l’immigration de masse, le taux de natalité calculé sur la base de 1000 habitants (‰) a baissé de manière plus importante et est passé de 9,3 ‰ en 2022 à 8,8 ‰ en 2023 soit une baisse de 5,3 %. C’est-à-dire que s’il naissait 9,3 bébés pour 1000 habitants du Québec en 2022, il n’en est plus né que 8,8 % en 2023.

Le gouvernement Legault n’a pas commenté ces chiffres et n’a annoncé aucune politique nataliste (les garderies pour jeunes enfants sont des mesures visant non pas à augmenter la natalité, mais à assurer le retour des femmes au travail, elles discriminent contre les familles traditionnelles qui voudraient garder par elles-mêmes leurs enfants en bas âge, car elles ne reçoivent aucune aide à ce titre contrairement aux femmes qui confient leurs enfants à des tiers).


  




Nouveau calendrier liturgique : le 8 mars, Journée de la femme, oui mais quelle femme ?

Mathieu Bock-Coté se penche sur la question.

Le Planning familial et son lexique :

De Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Québec :

Sous la pression de la théorie du genre, qui laisse croire que le masculin et le féminin sont de pures constructions sociales, elle affirme désormais qu’il suffit de se dire femme pour être reconnue comme telle, sans égards à la réalité biologique d’une personne, sans égard à ce qu’on appelait autrefois la nature sexuée. Le néoféminisme s’appuie sur la théorie du genre.

Ainsi, dans plusieurs pays, il n’est plus nécessaire de connaître une opération de changement de sexe pour que l’État reconnaisse la nouvelle « identité de genre » d’un individu. Il suffit de réclamer une modification administrative, car il existerait une telle chose qu’un droit à l’autodétermination de genre.

On connaît la réflexion de Simone de Beauvoir, selon laquelle on ne naît pas femme, mais on le devient. C’était évidemment absurde. Mais poussons cette absurdité jusqu’au bout : si on ne naît pas femme, mais on le devient, pourquoi le deviendrait-on, puisque le féminin serait une fiction idéologique à déconstruire ? Notre époque rend les choses compliquées, non ?

Tout cela pose de vraies complications dans la vie pratique.

Comment appliquer des mécanismes de parité, par exemple, si n’importe qui peut s’autoproclamer femme, selon son bon caprice ?

Comment réserver certains postes aux femmes dans les conseils d’administration si, encore une fois, on ne peut plus présumer de l’identité de genre de personne ?

Que faire du sport féminin ? Faut-il l’ouvrir aux femmes trans ?

Et que faire des prisons pour femmes, si un prisonnier masculin peut se déclarer femme et y réclamer une place ?

L’Écosse vient de le découvrir. Un détenu masculin reconnu coupable de viol sur deux femmes se présentait désormais comme une femme et réclamait d’être enfermé avec d’autres femmes. Le gouvernement, d’abord favorable à cela, a dû reculer.

Enceint ?

Prenons le problème autrement : que faire quand une femme qui se déclare désormais homme, donc homme trans, mais qui conserve ses organes génitaux féminins, tombe enceinte ? Doit-on dire qu’il s’agit d’un homme enceint ? Cet homme enceint devra-t-il aller voir régulièrement son gynécologue ? Dire que ce sont les femmes qui portent les enfants, est-ce discriminatoire ? Posons la question : la théorie du genre ne vole-t-elle pas aux femmes leur journée en proposant une définition absolument désincarnée de la femme ?

Ne sachant plus ce qu’est la femme, on ne sait donc plus quels sont ses droits.

Québec : « M », « F » ou « X » sur les cartes d’identité


Au Québec, le gouvernement Legault autorise désormais l’inscription d’un « X » pour la mention du sexe présente sur les pièces d’identité, le permis de conduire et la carte d’assurance maladie.

La province avait déjà adopté, en juin 2022, un texte visant à autoriser la population québécoise à modifier le sexe apparaissant dans les documents d’état civil, pour faire inscrire la lettre « X », plutôt que « F » ou « M ». Un changement déjà effectué par 530 personnes. Toutefois, il était toujours impossible de faire inscrire un « X » sur les cartes d’identité.

En décembre dernier, le gouvernement Legault avait annoncé qu’aucune décision ne serait prise sur le sujet avant 2025. En effet, il indiquait attendre « qu’une décision soit rendue par son comité de sages sur l’identité de genre ». Un avis remis avant la finalisation du rapport final.

« Devant le consensus dégagé et partagé par le comité, le gouvernement du Québec consent à ce que le marqueur X puisse maintenant être apposé sur les cartes d’assurance maladie et les permis de conduire », a déclaré le cabinet de la ministre de la Famille, Suzanne Roy.


C’est la dernière juridiction canadienne à avoir pris une telle mesure. Les autres l’ont fait avant 2022.

Voir aussi

Pr René Ecochard : « Il n’y a pas d’être humain asexué »

mercredi 6 mars 2024

Médecins admettent le lien entre hormonothérapie transgenre et le cancer dans des courriels fuités


Les dossiers de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres (WPATH) montrent que les patients ne comprenaient pas toujours les conséquences du changement de sexe.

Des médecins d’un organisme de soins de santé transgenre de premier plan ont admis que des patients ont développé un cancer en raison des effets du traitement hormonal [risque du cancer du sein multiplié par 46 après le traitement hormonal]

Les fichiers fuités de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres, qui établit des lignes directrices en matière de « soins » transgenres, montre que des médecins pratiquent des opérations chirurgicales qui changent la vie et prescrivent des bloqueurs de puberté alors qu’ils savent que les adultes et les enfants ne comprennent pas toujours pleinement les ramifications à long terme de ces opérations.

Un médecin a parlé d’une personne transgenre décédée d’un cancer à la suite de son traitement hormonal.

« J’ai un ami/collègue transgenre qui, après huit à dix ans de [testostérone], a développé un hépatocarcinome [une forme de cancer du foie] », a écrit le médecin.

« À ma connaissance, ce cancer était lié à son traitement hormonal… il était si avancé qu’il a opté pour des soins palliatifs et est décédé quelques mois plus tard. »

Les documents n’indiquent pas clairement si la personne décédée a été informée ou si elle était au courant de l’effet secondaire.

Vivre (vraisemblablement) heureux jusqu’à la fin de ses jours

Un autre médecin a déclaré qu’il allait procéder à une double mastectomie (appelée « chirurgie du haut ») sur une jeune fille de 16 ans, même si les hormones lui avaient probablement donné un cancer du foie.

« L’oncologue et le chirurgien ont tous deux indiqué que les hormones étaient probablement le(s) agent(s) incriminé(s) », a écrit le médecin. « Nous sommes prêts à soutenir la patiente par tous les moyens possibles (par exemple, une opération du haut lorsque l’état de santé est stable, etc.) »

Un thérapeute spécialisé dans les questions de genre a déclaré qu’il n’avait refusé de traiter qu’une seule personne en 15 ans.

« Je suis également intervenu en faveur de personnes chez qui on avait diagnostiqué un trouble dépressif majeur, un syndrome de stress post-traumatique complexe, qui étaient sans domicile fixe et qui avaient subi au moins une orchidectomie [ablation des testicules] », a déclaré le thérapeute.

« Au cours des 15 dernières années, j’ai dû malheureusement renoncer à écrire une seule lettre, principalement parce que la personne évaluée était en état de psychose active et avait des hallucinations pendant la séance d’évaluation. »

« À part cela, rien, tout le monde a reçu sa lettre d’évaluation, l’approbation de l’assurance et vit (vraisemblablement) heureux jusqu’à la fin de ses jours. »

Un certain nombre de médecins ont admis que leurs patients ne comprenaient souvent pas les conséquences d’un traitement hormonal ou d’une intervention chirurgicale, comme l’apparition d’une pilosité faciale.

Un psychologue pour enfants a déclaré dans un courriel divulgué dans le rapport : « [C’est] hors de leur portée » : « Ils ne sont pas en mesure de comprendre l’impact de certaines de ces interventions médicales sur leur développement. »

« Ils diront qu’ils comprennent, mais ensuite ils diront quelque chose d’autre qui vous fera penser qu’ils n’ont pas vraiment compris qu’ils allaient avoir des poils sur le visage. »

Pour la fameuse romancière J. K. Rowling (« Harry Potter »), les « soins » de transition risquent d’être l’un des pires scandales médicaux de l’histoire

Ni science ni médecine

Le contenu du forum a été divulgué à Michael Shellenberger, essayiste et journaliste américain.

« Les dossiers WPATH montrent que ce que l’on appelle la “médecine du genre” n’est ni de la science ni de la médecine », a-t-il déclaré.

Les femmes tradi : menace pour les progressistes ou contre-culture ?

Ce sont des mères de famille au foyer qui cartonnent sur les réseaux sociaux.

Peut-être les avez-vous aperçu sur Instagram ou TikTok.

Hannah Neelemann (1,32 millions d'abonnés sur YouTube, 8,8 millions sur Instagram et 6,9 millions sur TikTok)

Elle a été couronnée Madame Américaine 2021 :

Joseph Facal : regard critique sur un Québec « woke »

« Je ne peux pas m’empêcher de trouver cruellement paradoxal que tant de gens qui glorifient la diversité aient du mal avec la diversité d’opinion. Il faut penser comme eux, sinon attention. » - Joseph Facal

Louis-André Richard et Joseph Facal tentent de cerner les enjeux concernant le bien commun dans la société québécoise ⚜️. 

Né en Uruguay, élevé au Québec, Joseph Facal a exercé des fonctions politiques de haut niveau sous la gouverne du Parti Québécois. Il termine tout juste une carrière d’enseignant en sociologie à HEC Montréal et est un chroniqueur assidu au Journal de Montréal. Sa passion pour l’histoire du Québec l’a poussé à écrire sa première œuvre de fiction, Si tu vois mon pays.

mardi 5 mars 2024

Près d’un garçon sur cinq a abandonné ses études secondaires pendant la pandémie au Québec

Près d’un garçon sur cinq a abandonné ses études secondaires pendant la pandémie au Québec. Comment faire pour motiver nos jeunes garçons ?

Voir aussi

Pierre Vermeren : « Les jeunes hommes sont-ils en trop dans la société » ? 

Étude — École non mixte n’augmente ni résultats ni intérêt des filles pour les sciences, mais bien pour les garçons

Boris Cyrulnik : l’école valorise la docilité des filles et dévalorise la hardiesse des garçons 

entretemps Vos impôts à l'œuvre : Télé-Québec veut redéfinir la masculinité

Les gars, l’école et le Conseil du statut de la femme

Québec : le problème grave de réussite des garçons francophones 

 
 

Le cerveau des hommes et celui des femmes seraient connectés différemment

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »

Suède et Suisse — Enfants peu à risques et peu contagieux à la Covid

Suède — l'effet des écoles restées ouvertes pendant la pandémie sur la santé sur les élèves et les enseignants

Chef de l’US Space Force, le trans Bree Fram, demande à tout le monde d’utiliser les « bons pronoms »

Lors d’un discours prononcé devant l’US Air Force, le colonel transgenre chef de l’US Space Force, Bree Fram, a demandé à tout le monde d’utiliser les « bons pronoms » dans ses courriels afin d’améliorer les « stratégies de guerre gagnantes ».

« Trop souvent, j’entends les dirigeants parler de la nécessité d’offrir à chacun dignité et respect comme si c’était un objectif ambitieux, ce qui n’est pas suffisant. La dignité et le respect sont le strict minimum, c’est le niveau où nous pouvons être, nous devons viser plus haut et nous concentrer sur l’inclusivité intentionnelle, car il y a encore beaucoup trop de personnes, pas seulement les personnes LGBTQ, qui se sentent marginalisées exclues ou victimes de discrimination. »