jeudi 13 août 2020

Des parents envisagent l’option des « microécoles »

Des parents québécois qui hésitent à envoyer leur enfant à l’école à cause de la COVID veulent embaucher des tuteurs.

Des familles déçues des mesures annoncées par le ministre de l’Éducation en vue de la rentrée scolaire tentent de se regrouper pour embaucher des profs qui feraient l’école à la maison à leurs enfants.

Depuis quelques jours, Fernanda Goldfarb (ci-contre) est à la recherche d’autres parents qui voudraient créer une « microécole » qui ne compterait que cinq ou six élèves, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

La réponse à sa publication dans un groupe Facebook du quartier l’a surprise : une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées.

« Pourtant, c’est vraiment un plan d’urgence. Si je pensais que c’était sécuritaire, j’enverrais tout simplement mon garçon à l’école », dit la mère de Lorenzo, 8 ans, qui commencera sa troisième année loin de ses camarades de classe habituels.

Le dévoilement du nouveau plan de la rentrée a convaincu Fernanda Goldfarb, comme d’autres parents, de ne pas renvoyer son fils à l’école.

Elle espérait avoir accès à de l’enseignement à distance, mais cette option ne sera pas offerte aux familles dont aucun membre n’est à risque de contracter le virus.

L’école à la maison au sens traditionnel — où un parent enseigne à son enfant — ne convenait pas à son horaire de travail comme consultante en informatique ni à celui de son mari. L’idée d’une microécole s’est alors imposée.

« Il faut vraiment faire confiance aux autres, parce que certaines familles ont des problèmes de santé », reconnaît-elle.

900 enfants, non merci

Cependant, si son Lorenzo fréquentait l’école primaire de Notre-Dame-de-Grâce comme à son habitude, il côtoierait potentiellement 900 autres enfants, ajoute la femme de 42 ans.

Elle a déjà trouvé une tutrice de français, mais cherche encore un enseignant de mathématiques, d’anglais et de musique pour enseigner au groupe d’enfants quelques heures par semaine.

À quelques jours de la rentrée, Susy Jarra, mère de trois enfants, hésite encore.

Gavin, son plus vieux âgé de 9 ans, serait probablement admissible à l’enseignement à distance, puisque sa petite sœur souffre de problèmes de santé importants. « Sauf que si on ne faisait que l’école à distance, on perdrait l’aspect social », estime la femme de 41 ans.

« Déchirée »

Avec deux de ses amies, Susy Jarra a donc discuté de la possibilité de créer un petit groupe d’apprentissage (« cellule d’instruction ») pour leurs trois garçons en quatrième année, et d’embaucher des tuteurs pour leur enseigner. « On serait assez stable financièrement pour se le permettre. Mais je me sens déchirée », admet-elle.

D’autres, comme Cindy Turgel, de Blainville, aimeraient séparer la tâche d’enseignement entre quelques parents et avoir l’aide d’un tuteur au besoin, car l’embauche d’un enseignant à temps plein n’est pas dans ses moyens.

Dans tous les cas, il s’agit d’une solution de dernier recours pour les parents à qui Le Journal a parlé. « Dès que ça ira mieux, mon fils retournera à l’école », affirme Fernanda Goldfarb.

◆ En 2019-2020, 5964 enfants ont officiellement été scolarisés à la maison au Québec.

Marine Dumond, présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile, comprend l’attrait d’autres solutions éducatives, comme l’enseignement dispensé par un tuteur à quelques enfants à la fois. « Tous les parents ne se sentent pas à l’aise de créer un curriculum de A à Z », explique-t-elle.

La spécialiste des enjeux entourant l’école à la maison Christine Brabant, de son côté, ne voit pas les microécoles d’un mauvais œil, tant qu’elles restent dans le meilleur intérêt de l’enfant.

Intérêt supérieur de l'enfant

« Même si on peut avoir l’impression que les parents se retirent d’un système, ils se cassent la tête pour trouver le meilleur pour leurs enfants », souligne Mme Brabant.

Et des études ont démontré que le degré d’engagement des parents dans l’éducation de leur enfant est relié à leur réussite scolaire, ajoute la professeure de l’Université de Montréal.

Le risque de créer une éducation à plusieurs vitesses est toutefois bien réel, souligne pour sa part Mme Dumond. « Ce sont clairement les familles favorisées qui auront accès à ce genre d’éducation. » Une solution serait le chèque-éducation : l'État rendrait l'argent qu'il utilise dans l'école publique pour instruire ces enfants aux parents qui font un autre choix...

Pas donné

Par exemple, une compagnie de tutorat montréalaise que Le Journal a contactée prévoit facturer entre 11 000 $ et 14 000 $ par enfant pour un encadrement de cinq demi-journées par semaine pendant l’année scolaire.

Les parents des élèves qui fréquenteront une microécole restent tout de même responsables de l’éducation de leurs enfants aux yeux de la loi, rappellent les deux spécialistes.

Ils devront répondre aux mêmes exigences que les parents qui scolarisent leurs enfants à la maison.


Le Dr Knock et la médecine profondément moderne

« – Toute personne bien portante est un malade qui s’ignore.  

[...]

— Tomber malade ? Vieille notion qui ne tient plus devant les données de la science actuelle. La santé n’est qu’un mot qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide. [...] Théorie profondément moderne. »

lundi 10 août 2020

Port du masque obligatoire dès la 5e année du primaire au Québec

Le ministre Jean-François Roberge en conférence de presse.

Tous les élèves devront porter le masque à partir de la 5e année du primaire, a expliqué le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge.

La rentrée 2020 se fera sous le signe du masque. Québec a revu son plan pour l’année scolaire et tous les élèves devront le porter à partir de la 5e année du primaire.

Une première version du plan de Québec pour la rentrée avait été présentée en juin. Le gouvernement Legault calque maintenant son approche sur celle du Canada, dont l’Agence de la santé publique recommande le port du masque dès l’âge de 10 ans dans les écoles.

La nouvelle mesure touche évidemment tous les élèves du secondaire aussi, ainsi que ceux qui suivent de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes.

Par souci de cohérence, le port du masque pour les enfants de 10 ans et plus deviendra obligatoire à compter du 24 août prochain dans le transport en commun, dans le transport scolaire, dans tous les lieux publics intérieurs ainsi que ceux extérieurs qui ne permettent pas une distanciation physique de 2 mètres. L’âge minimal est actuellement de 12 ans.

Dans les écoles, tout le personnel devra porter le masque, de l’enseignante au concierge.

« Il devra être porté dans les lieux communs, dans les halls d’entrée, dans les corridors, mais pas dans les classes. On veut préserver cette facilité de communiquer visage à visage. Les expressions sont importantes », a déclaré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Seuls les visiteurs devront porter un masque dans la salle de classe. Le but étant de garder le groupe le plus étanche possible.

Un tableau intitulé « À l’école, je me protège et je protège les autres ! » qui illustre les scénarios où le port du masque est obligatoire à l’école. Dans quelles circonstances les élèves, le personnel et les visiteurs devront-ils porter le couvre-visage à l’école ? 

 

 

D’ailleurs, le concept de groupe-bulle est évacué du plan. La bulle, c’est maintenant la classe. Au primaire comme au secondaire, ce seront les professeurs qui changeront de local, et pas les élèves.

Pour les récréations, les horaires seront un peu chamboulés afin que tous les élèves ne se côtoient pas en même temps. C’est donc dire que les enfants du même groupe se verront beaucoup et ne verront pas ou très peu les autres élèves de l’école.

Pour les élèves de 4e et 5e secondaire, Québec a accouché d’un compromis pour préserver l’étanchéité du groupe. Comme il existe des cours à option à ce niveau, il y aura des journées d’alternance à l’école et à la maison.

« Il y a des cours différents en science, en physique, en mathématique et ça amène les élèves à changer de classe, à se promener. Ce qui fait qu’au lieu d’être avec 25 élèves, j’ai peut-être côtoyé 100 élèves si je change de groupe deux ou trois fois. On priorise la santé et la sécurité et c’est pour ça qu’on a ce compromis de l’alternance », a expliqué le ministre. Autant M. Roberge que le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, ont insisté lundi sur l’importance de cette stabilité, qui minimisera la transmission du virus et qui facilitera le travail de la santé publique en cas d’éclosion.

Les exceptions

Tous les élèves sont attendus pour la rentrée. Le ministre Roberge l’a répété quatre fois plutôt qu’une : pas question de ne faire que de la révision ou du rattrapage cette année. Tout le programme sera enseigné. On fait le choix d’avoir une rentrée à temps plein, avec des groupes pleins, on enseigne 100 % du programme, a-t-il dit et redit.

Ceux dont les parents sont à risque, ou qui sont eux-mêmes malades, par exemple, pourront toutefois être dispensés de venir à l’école. Mais ils ne seront pas dispensés de faire les apprentissages.

Ceux qui ont une véritable vulnérabilité documentée par un médecin auront donc droit à l’enseignement à distance. Le centre de service scolaire vous garantira un service, des enseignants superviseront vos enfants, leur donneront des cours à distance, seront disponibles pour répondre à leurs questions, leur donneront des devoirs et tout l’accompagnement nécessaire, a assuré le ministre.

dimanche 9 août 2020

Zemmour : La gauche au pouvoir, Macron, l'endoctrinement de l'école, aux médias, en passant par les chansons

Entretien-fleuve avec Éric Zemmour, paru dans Valeurs actuelles (double numéro d’été).

— Il y a un paradoxe d’apparence dans votre succès sur CNews : la télévision n’est-elle pas le média qui incarne l’inverse des valeurs que vous défendez ? N’est-elle pas le lieu privilégié de la superficialité et de l’immédiateté ?

— La télévision n’a pas toujours été au service de la superficialité. Dans les années 1970, j’ai été nourri par les débats politiques d’une grande qualité entre Mitterrand, Giscard, Couve de Murville, Lecanuet, Barre, Michel Debré ou encore le truculent Georges Marchais. Je me souviens de FR3 qui opposait des intellectuels brillantissimes comme Steiner et Boutang. Pivot recevait Soljenitsyne et opposait BHL à Maurice Bardèche. Les adaptations télévisées des grandes œuvres littéraires comme Illusions perdues m’ont poussé à les lire, de même que les séries historiques comme les Rois maudits ou Jacquou le Croquant ou Schulmeister, l’espion de l’empereur m’ont donné le goût de l’histoire. À l’époque, la télévision tenait son rôle d’instituteur du peuple. Et l’instituteur enseignait l’histoire de France et les grands écrivains, pas la théorie du genre.

— La télévision est-elle le seul moyen de s’adresser à tout le monde ?

— Cela reste en tout cas le média de masse par excellence. Mais j’ai découvert qu’elle était devenue un instrument de propagande au service des minorités et du politiquement correct. C’était un peu par hasard que je suis tombé chez Laurent Ruquier le samedi soir. J’ai compris alors que les émissions dites de divertissement — comme la fiction d’ailleurs — sont devenues des machines de propagande. Guy Lux ne faisait pas la promotion du mariage homosexuel et ne comptait pas les Noirs dans la salle. Alors, chez Ruquier, j’ai retourné la machine contre elle-même. Les gens étaient aux anges et on faisait des audiences énormes. Au bout de cinq ans, ils s’en sont rendu compte, et ils m’ont viré.


— Comment définiriez-vous la recette de Face à l’info ? S’agit-il d’une forme de contre-programmation ?

— Double contre-programmation, à la fois dans la forme et dans le fond. Dans la forme, on n’ouvre pas le robinet à info maison privilégie l’analyse, le débat contradictoire, le recul historique, voire la confrontation idéologique. Sur le fond, j’oppose au politiquement correct macronien de BFM un discours conservateur et patriotique, bref ce que le système médiatique appelle « populiste ». Je fais ce que je sais faire. Je n’ai jamais été un journaliste d’information. Quand j’étais jeune, mon chef du service politique au Quotidien de Paris me taquinait toujours : « Zemmour, il connaît le XYZ du journalisme, mais pas l’ABC. » Cela n’a pas changé. L’information ne m’intéresse pas par elle-même. Ce qui m’intéresse, c’est l’analyse et la bataille idéologique et politique. Mais il me faut donner une dernière précision : ceux qui prétendent ne faire que de l’information sont les plus grands idéologues. Simplement, ils se dissimulent hypocritement derrière le paravent de l’info.

L'Église catholique prise au piège de la religion du migrant

Un texte de Laurent Dandrieu auteur Église et immigration, le grand malaise, paru aux Presses de la Renaissance, 316 pages, 17,90 €. (Voir recension de l’ouvrage).

L’incendie criminel de la cathédrale de Nantes, perpétré par un immigré rwandais, est le triste symbole de la naïveté suicidaire de l’Église sur la question.

 

 

Sous la pression des enquêteurs, Emmanuel A., le bénévole catholique rwandais chargé de la fermeture de la cathédrale de Nantes la veille de son incendie, le 18 juillet dernier, a donc avoué avoir allumé les trois départs de feu qui ont causé des dommages irréparables. Âgé de 39 ans, vivant en France depuis 2012 et à Nantes depuis plusieurs années, il s’était vu refuser à plusieurs reprises le statut de réfugié. Faisant l’objet depuis 2019 d’une obligation de quitter le territoire, il n’avait pas obtempéré, soutenu par le diocèse de Nantes qui avait tenté d’obtenir de la préfecture qu’elle revoie sa position. Ce n’était visiblement pas assez aux yeux d’Emmanuel A., qui venait de se plaindre par courriel auprès de plusieurs personnalités du diocèse de ne pas être soutenu. L’incendie qu’il a déclenché dans la cathédrale n’est pas seulement un acte de vandalisme criminel, c’est aussi un geste d’ingratitude envers l’Église, bien mal payée de sa bienveillance.

Il n’est certes pas question de généraliser, d’étendre la suspicion à tous les immigrés qui rejoignent les rangs clairsemés des messes catholiques ou d’oublier que dans les innombrables atteintes à des lieux de culte chrétiens — incendies, profanations, vols ou simples vandalismes — les autochtones ont aussi leur part. Il n’en reste pas moins qu’en incendiant une cathédrale pour punir la société française d’un accueil jugé insuffisant, Emmanuel A. adonné à son geste une dimension on ne peut plus symbolique : le symbole d’une immigration qui considère l’accès à la France comme un droit imprescriptible, et tout refus de ce droit comme une injustice qui justifie les rétorsions les plus violentes.

Le symbole est d’autant plus frappant qu’il a été rendu public le jour même où l’Église commémorait l’assassinat du père Jacques Hamel, victime il y a quatre ans de ce terrorisme islamiste qui est, chez nous, un pur produit d’importation. Si les deux événements ne sont pas comparables, dans les deux cas l’Église est punie par là où elle a péché : une confiance aveugle dans le migrant en tant que damné de la terre, un refus obstiné de voir que l'immigration de masse n’est pas seulement l’occasion d’une « culture de la rencontre », mais aussi un bouleversement radical des équilibres culturels et sociaux, une révolution démographique et anthropologique porteuse de menaces sérieuses, et peut-être mortelles, pour nos civilisations.

Car s’il y a une chose qui caractérise le regard de l’Église sur l’immigration, c’est bien la naïveté. Une naïveté poussée jusqu’à la cécité. Depuis des décennies, la hiérarchie catholique ne veut voir dans l’immigration de masse qu’une source d’enrichissement culturel et humain, une occasion de charité et de dépassement des égoïsmes. Toutes les mises en garde contre les dangers induits par cette arrivée massive de populations subitement déracinées et plongées sans préparation dans des sociétés qui ne veulent plus entendre parler d’assimilation au nom du droit de chacun à rester fidèle à ses origines, toutes ces mises en garde sont balayées par la hiérarchie, pape François en tête, comme autant de fantasmes ou de manifestations de racisme. Tout en défendant, à propos des Indiens d’Amazonie, le respect dû aux « peuples autochtones menacés dans leur identité et leur existence même », le pape dénie le même respect aux Européens, jugeant illégitimes leurs inquiétudes face à une immigration de peuplement massive. « Je ne vous cache pas, déclarait-il ainsi en 2017, ma préoccupation devant les signes d’intolérance, de discrimination et de xénophobie que l'on constate dans diverses régions d’Europe. Ceux-ci sont souvent motivés par la méfiance et par la crainte à l’égard de l’autre, celui qui est différent, l’étranger. Je suis encore plus préoccupé par la triste constatation que nos communautés catholiques en Europe ne sont pas exemptes de ces réactions de défense et de rejet, justifiées par un vague “devoir moral” de conserver leur identité culturelle et religieuse d’origine. »

Ce « migrantocentrisme » se refuse d’autant plus volontiers à regarder en face les conséquences concrètes de l’immigration (souvent désastreuses pour les migrants eux-mêmes et leurs pays d’origine) qu’il a donné naissance à une « théologie du migrant » où celui-ci n’est plus véritablement regardé comme une personne concrète, mais comme une figure rédemptrice permettant d’accéder enfin à « l’unité du genre humain », selon le souhait de Jean XXIII à Vatican II, les difficultés liées aux migrations n’étant que le « travail d’enfantement d’une humanité nouvelle » (instruction Erga migrantes caritas Christi, 2004). Les migrations ne sont plus un phénomène humain ou géopolitique, mais, « parmi toutes les expériences humaines, [celle choisie par Dieu] pour signifier son plan de rédemption de l’homme » (Jean-Paul II, 1988), et « la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu » (Benoît XVI, 2010). « Notre théologie est une théologie de migrants », assénait le pape François en ouverture de son livre Politique et société (2017). Ce nouveau rédempteur, François l’a célébré en installant place Saint-Pierre une sculpture monumentale représentant un groupe d’immigrés puis, sur les murs du Vatican, un crucifix où un gilet de sauvetage de migrants a été substitué au corps du Christ…

 

 Cette canonisation du migrant a, entre autres conséquences, celle de piétiner le respect dû à la loi. Le « droit à migrer » étant devenu, dans le discours ecclésial courant, une sorte d’absolu théologique, le droit des États à y opposer une législation restrictive est sans cesse dénié, et le migrant encouragé à le transgresser par l’immigration illégale : dans un message d’août 2017, le pape réclamait même des États qu’ils accordent les mêmes droits aux clandestins qu’aux immigrants légaux. L’Église peut-elle dès lors s’étonner lorsqu’on retourne contre elle cette incitation à ne pas respecter le droit, comme l’a fait, d’une manière extrême, le bénévole rwandais de Nantes ?

Le dernier communiqué du diocèse paraît surtout marqué par la crainte que l’incendie ne remette en cause cette sacralisation du migrant : « Nous veillerons à ce qu’à la meurtrissure subie par notre église-cathédrale ne s’ajoute celle infligée à l’Église du Christ par la haine et le déni de fraternité. » Il est édifiant de comparer le ton de ce communiqué avec celui qu’emploie habituellement la communication épiscopale dans ses dénonciations récurrentes de ceux qu’elle qualifie de « catholiques identitaires », où le souci de fraternité disparaît bien facilement des termes qui ne dissimulent pas leur hostilité. À force de sembler ainsi choisir son camp, qui n’est pas celui, hélas, du peuple de France, l’Église peut-elle s’étonner si ce peuple se détourne d’elle, de plus en plus massivement ?

Voir aussi

Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants

Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos) 

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

Rémi Brague sur la droitisation des catholiques et le silence de l’Église sur l’insécurité culturelle

Rémi Brague : « Non, la parabole du bon Samaritain ne s’applique pas aux États ! »

Laurent Dandrieu : « Les souffrances des Européens sont sorties du champ de vision de l’Église »

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir

L’entretien de Laurent Dandrieu avec le site Le Rouge et le Noir.

L’Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

dimanche 2 août 2020

Le mythe de la misogynie ambiante et pernicieuse

La femme qui aspire à être l'égale de l'homme manque d'ambition,
Timothy Leary ou Vincent Cespedes

De nombreuses féministes et progressistes affirment que l’Occident est en proie à une misogynie omniprésente. En fait, on affirme la chose si souvent, et elle est si rarement contestée, qu’elle fait partie du catéchisme de la victimisation de la gauche, répétée par cœur sans arrière-pensée. La seule vraie question est de savoir à quel point la misogynie serait puissante et pernicieuse.

Les données du monde réel, cependant, suggèrent un récit différent, compliqué par le fait que les hommes ont de pires résultats dans de nombreux domaines. Par exemple, ils sont beaucoup plus susceptibles d’être incarcérés, d’être abattus par la police, d’être victimes de crimes violents, d’être sans abri, de se suicider et de mourir au travail ou au combat que les femmes. En outre, les hommes ont une espérance de vie plus courte et sont moins susceptibles d’avoir un diplôme d’université que les femmes. Bien que ces données (et d’autres similaires) pourraient être conciliées avec la théorie de la misogynie omniprésente, elles devraient au moins faire réfléchir ceux qui ont l’esprit ouvert. Les meilleures données des sciences sociales contemporaines dressent un portrait assez différent et suggèrent que la persistance même du récit de la misogynie omniprésente prouve en fait l’inverse : la société est largement biaisée en faveur des femmes.

Rien n’est bien sûr simple et tranché de manière binaire au niveau social et les disparités entre les hommes et les femmes peuvent avoir de nombreuses causes. C’est pourquoi les résultats des sciences sociales doivent être soigneusement contrôlés pour établir l’étendue, le sens et la nature des préjugés liés au sexe. Bien que les détails puissent devenir compliqués, l’idée de base de la plupart des études de biais est assez simple. Les chercheurs présentent aux participants de l’étude des informations identiques dans le but d’évaluer un trait associé des hommes ou des femmes tout en manipulant le sexe associé à l’information fournie.

Par exemple, ils peuvent demander à deux groupes de personnes d’évaluer une dissertation identique, en disant à un groupe qu’elle a été écrite par un homme et à l’autre groupe qu’elle a été écrite par une femme. Si les participants à qui on a dit que le texte a été écrit par un homme l’évaluent comme plus convaincant, plus intelligent, plus perspicace que les participants qui le croyaient écrit par une femme, les psychologues considèrent qu’il s’agit d’un biais en faveur des hommes.

De même, si l’on venait à demander à deux groupes de personnes d’évaluer des études scientifiques identiques qui découvraient que les hommes ou les femmes obtenaient de meilleurs résultats sur une mesure du leadership, et les participants qui lisaient que les hommes surpassaient les femmes considéraient l’étude comme de meilleure qualité que les participants qui lisaient que les femmes surpassaient les hommes, les psychologues considéreraient cela comme un biais en faveur des hommes.

Contrairement aux attentes de la théorie de la misogynie omniprésente dans nos sociétés, des découvertes en psychologie dans un large éventail de sujets, d’échantillons et d’équipes de recherche suggèrent que de tels biais favorisent souvent les femmes.

C’est ainsi qu’un article qui vient d’être publié dans le British Journal of Psychology dirigé par Steve Stewart-Williams a révélé que les gens réagissent aux études universitaires sur les différences sexuelles de manière à favoriser les femmes. Dans deux études, les participants ont été invités à lire un article de vulgarisation scientifique qui a été manipulé expérimentalement pour suggérer que les hommes ou les femmes ont une qualité plus souhaitable (par exemple, les hommes/femmes sont meilleurs en dessin ou les hommes/femmes mentent moins souvent). Les participants ont évalué la recherche en faveur des femmes plus favorablement que la recherche en faveur des hommes. Plus précisément, les participants ont trouvé la recherche en faveur des femmes plus importante, plus plausible et mieux menée et ont trouvé la recherche favorisant les hommes plus offensante, plus nuisible, plus bouleversante et plus intrinsèquement sexiste. Ce biais proféminin a été observé chez les participants masculins et féminins, et dans la deuxième étude, les chercheurs ont répliqué les résultats dans un échantillon d’Asie du Sud-Est.


Cory Clark et Bo Winegard ont trouvé dans certains de leurs travaux une tendance similaire pour le trait valorisée socialement qu’est l’intelligence. Dans deux études, les participants ont lu une étude scientifique (fictive) qui aurait identifié un gène associé à une intelligence plus élevée et qui prétendait expliquer pourquoi (1) les hommes obtiennent des résultats plus élevés aux tests d’intelligence que les femmes, ou (2) les femmes obtiennent des résultats plus élevés aux tests d’intelligence que les hommes, ou encore (3) les hommes et les femmes obtiennent à peu près la même note aux tests d’intelligence. Les participants ont évalué l’étude scientifique comme étant tout aussi crédible lorsqu’elle a tiré la conclusion que les hommes et les femmes obtiennent des scores égaux aux tests d’intelligence et lorsque les femmes ont des scores plus élevés que les hommes, mais les participants ont trouvé l’étude moins crédible lorsqu’elle a suggéré que les hommes obtiennent des scores plus élevés aux tests d’intelligence que les femmes.

Dans une étude connexe, les participants ont lu un article au sujet d’un examen d’entrée à l’université qui prédirait avec une précision remarquable les performances universitaires des candidats. On leur a dit que soit les hommes ont tendance à surpasser les femmes, soit que les femmes ont tendance à surpasser les hommes à l’examen. Les participants approuvaient davantage l’utilisation de l’examen quand on disait que les femmes surclassaient les hommes que lorsqu’on disait que les hommes surpassaient les femmes. Ces résultats suggèrent que les gens acceptent plus facilement l’idée que les femmes pourraient être plus intelligentes que les hommes que l’inverse.

Les chercheurs ont observé une tendance similaire chez les universitaires en psychologie. En 2017, les chercheurs en sciences sociales William von Hippel et David Buss ont envoyé une enquête par courrier électronique à un échantillon de psychologues, leur demandant leurs croyances sur une variété d’affirmations et de résultats liés à la théorie de l’évolution. Ces psychologues étaient plus susceptibles d’approuver une différence de sexe en faveur des femmes que celle des hommes. Plus précisément, ils étaient plus susceptibles d’accepter que les femmes auraient pu évoluer pour être plus douées verbalement que les hommes que les hommes auraient pu évoluer pour être plus doués en mathématiques que les femmes. Bien que ces différences entre les sexes ne soient pas parfaitement symétriques (l’une concerne la capacité verbale et l’autre la capacité mathématique), il y a peu de raisons de croire qu’une explication évolutive d’une différence de sexe est plus plausible pour un domaine que l’autre. Comme les non-universitaires, les scientifiques eux-mêmes peuvent avoir des préférences pour les informations pro-féminines par rapport aux informations pro-masculines.

On constate également que les gens sont plus prompts à vouloir censurer les études scientifiques qui défavorisent les femmes. Dans cette étude, on a demandé aux participants de lire une série de passages de livres et de décider si le texte devait être censuré (par exemple, s’il devait être retiré de la bibliothèque, si un professeur ne devait pas l’exiger comme lecture obligatoire pour un cours). Un passage soutenait que les hommes ou les femmes font de meilleurs chefs. Les résultats ont montré que les gens voulaient plus censurer le livre quand il soutenait que les hommes font de meilleurs chefs que les femmes que quand il soutenait le contraire.

Ironiquement, ces préférences pro-féminines pourraient expliquer pourquoi l’angle traditionnel dans les médias se concentre si assidûment sur la possibilité de préjugés anti-féminins : la société se soucie plus du bien-être des femmes que des hommes et est donc moins tolérante à l’égard de disparités qui défavoriseraient les femmes. Une série d’études dirigées par Katharina Block a révélé que les gens se soucient davantage de la sous-représentation des femmes dans certaines carrières que de la sous-représentation des hommes dans d’autres. Dans une de ces études, par exemple, on a dit aux participants qu’une carrière particulière était dominée par des hommes ou des femmes. On a ensuite demandé aux participants s’il fallait mettre en place des politiques et des programmes pour encourager le groupe sous-représenté à entrer dans cette carrière et s’il fallait s’efforcer de recruter activement le groupe sous-représenté. Les participants étaient plus susceptibles d’appuyer cette action sociale lorsque les femmes étaient sous-représentées que lorsque les hommes l’étaient.

En outre, quand on disait qu’une carrière était très bien rémunérée, les gens étaient plus susceptibles de dire que des normes prohibitives empêchaient les femmes d’entrer dans une carrière à prédominance masculine que de dire que des normes prohibitives empêchaient les hommes d’entrer dans les domaines à prédominance féminine. Ainsi, les gens sont plus susceptibles de croire que les obstacles externes expliquent la sous-représentation des femmes dans les carrières souhaitables que la sous-représentation des hommes. Ces résultats suggèrent que lorsqu’il existe des disparités dans le monde réel entre les hommes et les femmes, les gens sont plus susceptibles de s’en soucier et plus susceptibles d’essayer d’adopter un comportement correctif lorsque les femmes sont désavantagées.

Une explication pour ces préjugés pro-féminins serait que les hommes auraient développé une tendance générale à la protection des femmes. En effet, de nombreux rapports au cours des dernières décennies ont montré que les gens ont plus de sympathie pour la souffrance des femmes que pour celle des hommes. Pour ne donner que quelques exemples : les gens sont moins enclins à faire du mal à une femme qu’à un homme, les femmes reçoivent plus d’aide que les hommes, ceux qui font du mal aux femmes sont punis plus sévèrement que ceux qui font du mal aux hommes et les femmes sont moins sévèrement punies que les hommes pour les mêmes crimes.

De telles découvertes contredisent le concept de « hommepathie » (himpathy), introduit dans le livre à succès de la philosophe Kate Manne, Down Girl : The Logic of Misogyny. Les anecdotes peuvent créer une illusion d’une bienveillance excessive pour les hommes, mais des analyses plus systématiques suggèrent le contraire : les gens sont beaucoup plus bienveillants envers les femmes. Le succès du livre de Manne pourrait bien être une manifestation de cette même bienveillance, car les gens sont plus alarmés et troublés par la possibilité d’un parti pris contre les femmes que contre les hommes.

Les préoccupations concernant le bien-être des femmes sont si fortes que les chercheurs considèrent souvent les préférences et les préjugés pro-femmes comme préjudiciables aux femmes. Par exemple, dans une série d’études dirigées par Lily Jampol, les chercheurs ont demandé aux participants d’évaluer des dissertations et de faire part de leurs commentaires à l’auteur. Les participants qui ont ensuite découvert que l’auteur de l’essai était une femme étaient plus susceptibles d’ajuster leurs évaluations de performance à la hausse que les participants à qui on avait dit que l’auteur de l’essai était un homme. Ce document s’intitulait « Le côté obscur des petits mensonges au travail : les évaluations faites des femmes sont révisées à la hausse », il soulignait les conséquences potentiellement néfastes de fournir une évaluation du travail moins franche ou déformée aux femmes.

Il est bien sûr possible que des commentaires trop positifs nuisent aux femmes à long terme, mais cela pourrait aussi les aider, par exemple, s’ils renforcent leur confiance, ou si les évaluateurs intériorisent les commentaires flatteurs. De plus, il est difficile d’imaginer que des résultats similaires, mais opposés seraient considérés comme potentiellement nuisibles aux hommes. Il semble qu’on résume souvent les résultats de recherche de telle sorte que « si les préjugés favorisent les hommes, alors c’est mauvais pour les femmes ; si les préjugés favorisent les femmes, c’est aussi mauvais pour les femmes. » Par exemple, l’effet les-femmes-sont-merveilleuses, c’est-à-dire la tendance des gens à voir les femmes plus favorablement que les hommes, est souvent considéré comme une forme de sexisme bienveillant contre les femmes. On attend avec impatience un article qui affirme que la préférence pour les hommes en tant qu’enseignants ou dirigeants n’illustre qu’une sorte de sexisme bienveillant contre les hommes.

Bien que non exhaustif, le tableau ci-dessous résume les résultats de nombreuses études démontrant des préjugés et des attitudes qui semblent favoriser les femmes.

Diverses études démontrant des préjugés, des attitudes et des traitements qui favorisent les femmes par rapport aux hommes

Conclusion

Étude

Les gens préfèrent épargner la vie des femmes plutôt que celle des hommes

Awad, Bonnefon, Shariff et Rahwan, 2019

Les gens soutiennent davantage d’actions sociales pour corriger la sous-représentation des femmes dans les carrières où elles sont peu présentent que la sous-représentation des hommes

Block, Croft, De Souza et Schmader, 2019

Les professeurs, hommes et femmes, préfèrent embaucher une femme à un candidat masculin pour des postes de professeur adjoint en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM)

Ceci & Williams, 2015

Les délinquants qui s’en prennent aux femmes reçoivent des peines plus longues que ceux qui s’en prennent aux hommes ; les hommes qui s’en prennent aux femmes reçoivent des peines plus longues

Curry, Lee et Rodriguez, 2004

La police réagit plus négativement envers les victimes hypothétiques de viol par des hommes que les victimes hypothétiques de viol par des femmes

Davies, Smith et Rogers, 2009

Les femmes reçoivent plus d’aide que les hommes

Eagly & Crowley, 1986

Les femmes sont évaluées plus favorablement que les hommes

Eagly, Mladinic et Otto, 1991

Les gens sont moins enclins à s’attaquer à des femmes qu’à des hommes

FeldmanHall, Dalgleish, Evans, Navrady, Tedeschi et Mobbs, 2016

Dans les morts causées par des véhicules, les conducteurs qui tuent des femmes sont condamnés à des peines plus longues que les conductrices qui tuent des hommes

Glaeser & Sacerdote, 2003

Les gens sont particulièrement intolérants à l’agression de la part d’un homme et à l’agression dirigée contre une femme

Harris & Knight-Bohnhoff, 1996

Les gens ajustent leurs évaluations de la qualité de dissertations à la hausse lorsqu’ils apprennent que l’auteur est une femme

 Jampol & Zayas, 2017

Les femmes sont moins punies que les hommes pour le même crime

Mazzella & Feingold, 1994

Prenant en compte de nombreuses variables, les hommes reçoivent des peines de prison plus longues que les femmes

Mustard, 2001

Les gens ont plus d’empathie envers les femmes délinquantes ou criminelles que pour leurs homologues masculins et envers les femmes victimes que pour les hommes victimes

Osman, 2011

Les femmes sont plus facilement considérées comme des victimes et les hommes comme des agresseurs ou auteurs de crimes

Reynolds, Howard, Sjåstad, Zhu, Okimoto, Baumeister, Aquino et Kim, 2020

Les gens considère qu’une femme commet une agression sexuelle contre un homme est moins coupable qu’un homme qui agresse sexuellement une femme

Russel, Oswald et Kraus, 2011

Les gens ont moins de sympathie pour délinquants masculins que leurs homologues féminins et plus de sympathie pour les femmes victimes que pour les hommes victimes

Savage, Scarduzio, Lockwood Harris, Carlyle et Sheff, 2017

Les délinquantes sexuelles se voient infliger des peines plus courtes que les délinquants sexuels de sexe masculin

Shields & Cochran, 2019

L’agression des femmes est perçue comme plus acceptable que l’agression des hommes

Stewart-Williams, 2002

Les gens évaluent les études scientifiques sur les différences sexuelles favorisant les femmes plus favorablement que la science sur les différences sexuelles favorables aux hommes

Stewart-Williams, Chang, Wong, Blackburn et Thomas, 2020

Les psychologues conviennent davantage qu’il est possible que les femmes aient évolué pour être plus douées verbalement que les hommes, mais pas que les hommes ont évolué pour être plus doués mathématiquement que les femmes

von Hippel & Buss, 2017

Les gens évaluent les études scientifiques qui suggèrent que les femmes obtiennent des résultats plus élevés aux tests de QI que les hommes plus favorablement que les études scientifiques qui suggèrent le contraire

 Winegard, Clark, Hasty et Baumeister, 2018

Les gens sont plus prompts à censurer un livre qui suggère que les hommes ont évolué pour devenir de meilleurs chefs que les femmes qu’un livre qui suggère le contraire

 Winegard, Clark, Bunnel, & Farkas, 2019

Comme nous le mentionnions ci-dessus, une caractéristique importante de bon nombre de ces études (mais pas toutes) est qu’elles sont expérimentales — elles assignent au hasard les participants pour évaluer les informations ayant une certaine incidence sur les résultats pour les hommes ou les femmes (ou un homme ou une femme). De nombreux chercheurs qui soutiennent que le sexisme à l’égard des femmes est encore un problème majeur dans les sociétés occidentales modernes soulignent les disparités réelles entre les hommes et les femmes (mais en ignorent bien d’autres). Par exemple, ils soulignent que les femmes sont sous-représentées dans les carrières et les postes de direction bien rémunérés dans les STIM, et que les femmes qui travaillent à plein temps gagnent moins que les hommes qui travaillent à plein temps. Cependant, l’existence de telles différences nous en dit peu sur les causes, car de même que la corrélation n’égale pas la causalité, de même la disparité n’équivaut pas à la discrimination. Et, en fait, l’affirmation selon laquelle les femmes sont sous-représentées dans les STIM parce que les candidats masculins qualifiés sont préférés aux candidats féminins également qualifiés ne semble plus plausible. Des travaux expérimentaux suggèrent que les professeurs dans les domaines STIM ont montré une préférence pour les candidates par rapport aux candidats masculins tout aussi qualifiés. D’autres explications, telles que les différences de personnalité et d’intérêts professionnels, paraissent donc beaucoup plus prometteuses.

Cela ne signifie pas, bien entendu, qu’il n’y a pas de préjugés à l’égard des femmes. Pendant longtemps, les femmes occidentales ont été traitées comme émotionnelles, irrationnelles et incapables de contribuer de manière significative à une culture supérieure. Il n’est pas inimaginable que certains de ces préjugés persistent et façonnent la société. Pour ne prendre qu’un seul exemple, il semble y avoir une sorte de parti pris dans le domaine du génie contre les femmes, de sorte que les gens associent plus facilement les hommes avec des niveaux extrêmement élevés d’intelligence que les femmes. Et bien qu’il y ait des raisons de croire que les hommes pourraient être plus fortement représentés aux extrémités les plus élevées (et les plus basses) de l’intelligence, ce stéréotype (qui pourrait donc être fondé) pourrait expliquer une partie de la sous-représentation des femmes aux extrémités les plus élevées de la réussite. Cependant, dans l’ensemble, les résultats présentés ici ne permettent plus d’affirmer que l’Occident baigne dans la misogynie.

L’opinion dominante veut que nous vivions dans une société patriarcale sexiste qui est constamment injuste envers les femmes et privilégie les hommes de presque toutes les manières. Et toute affirmation allant à l’encontre est traitée comme des protestations de conservateurs ignares ou de cinglés masculinistes. Une recherche sur Google Scholar sur la misogynie fournit 114 000 résultats, alors qu’une recherche sur la misandrie n’en fournit que 2 340. Nous soupçonnons que cette différence d’intérêt pour la misogynie par rapport à la misandrie ne reflète pas la prévalence relative de chaque type de préjugés, mais plutôt une plus grande préoccupation pour le bien-être des femmes que des hommes. Tous les arguments, anecdotes et données fournis pour étayer le récit selon lequel nous vivons dans une société implacablement misogyne pourrait bien être la preuve précise du contraire.


Source

(adaptée et traduite)

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samedi 1 août 2020

Censure, menaces, violences: la difficile liberté d’expression dans les universités françaises

Ces dernières années, de nombreux intervenants ont subi la loi d’une minorité d’étudiants ou de militants déterminés à ne pas les laisser s’exprimer.

Une conférence sur Napoléon ? Déprogrammée. Une pièce de théâtre grecque antique ? Reportée. Un cours de « prévention de la radicalisation » ? Ajourné. Ces derniers mois, dans les grandes écoles et universités françaises, de nombreux événements ont été annulés à la suite de menaces proférées par certains étudiants ou militants aux chefs d’établissements. Faut-il s’inquiéter de la disparition de la liberté d’expression dans les universités françaises ? Au sein de la communauté universitaire, de multiples voix commencent à s’élever pour dénoncer une censure de plus en plus importante.

Le collectif « Vigilance Universités », fondé en 2016 pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme dans les universités françaises a alerté à plusieurs reprises sur ces inquiétantes entraves à la liberté d’expression. Gilles Denis, maître de conférences à l’université de Lille et membre de ce collectif, a observé, il y a quelques années, l’éclosion de ce nouveau phénomène importé des États-Unis. « L’influence des universités américaines est de plus en plus forte dans les établissements français. Cela a commencé tout doucement il y a environ cinq ans, avec de premières entraves à la liberté d’expression, notamment sur les questions de laïcité. Ensuite, ça n’a fait que se multiplier. La presse a médiatisé certains de ces abus, mais en réalité, il y en a beaucoup d’autres dont on ne parle pas », affirme le maître de conférences.

De nombreuses polémiques
Ces derniers mois, les polémiques se sont multipliées dans les universités françaises. L’année 2019 a commencé par l’annulation de la pièce de théâtre « Les Suppliantes » d’Eschyle à Sorbonne Université, où les comédiens ont été empêchés de rentrer dans l’amphithéâtre par des activistes et des étudiants, à l’initiative du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran). Ces derniers reprochent à l’époque au metteur en scène de grimer ses comédiens en noir, l’accusant même de « propagande coloniale ». L’événement aura finalement lieu quelques semaines plus tard, devant un parterre de personnalités, dont Franck Riester, alors ministre de la Culture, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur.

Puis, en octobre, l’intervention de la philosophe Sylviane Agacinski à l’université Bordeaux Montaigne est annulée. Cette dernière devait évoquer « L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique ». Une conférence que l’université a décidé de déprogrammer face aux menaces de violences d’associations étudiantes locales comme Solidaires Étudiant. e. s, Riposte Trans (Collectif trans et non binaire) ou GRR (Collectif étudiant anti-patriarcat), reprochant à la philosophe d’être opposée à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes.

Quelques semaines plus tard, en novembre 2019, c’est au tour de François Hollande de subir les foudres de quelques manifestants. L’ancien président de la République qui devait tenir une conférence à l’université de Lille en est empêché par l’envahissement de l’amphithéâtre. Une centaine de personnes y dénoncent la précarité étudiante. Un agent de l’université est blessé pendant la manifestation, les exemplaires du livre de François Hollande sont déchirés.

« Ils me prévoyaient un sacré comité d’accueil »

Ces annulations ou reports, qui ont tous créé la polémique, ne sont que quelques infimes exemples de la censure que peut connaître l’université française. Ils ne sont en fait que la partie émergée de l’iceberg. Régulièrement, ces établissements font face à la pression de certains groupes d’étudiants ou de militants extérieurs à l’établissement. Carole Talon-Hugon, philosophe spécialiste de l’esthétique, en a récemment fait les frais. En janvier 2020, elle est invitée à la villa Arson, célèbre école d’art publique rattachée depuis peu à l’université de Côte d’Azur, afin de présenter dernier ouvrage, traitant de la censure dans le domaine de l’art. Lorsqu’elle arrive à l’établissement le jour de son intervention, un comité d’accueil très spécial lui est réservé. Partout, des affiches appelant au boycottage de sa conférence sont placardées. « Il y avait écrit “Non à la haine !’. C’était invraisemblable », se souvient-elle.

Lors de son intervention, au bout d’une vingtaine de minutes, une étudiante se met à crier dans l’amphithéâtre. « Elle disait que j’étais pour le viol des femmes, pour la pédophilie, que j’étais une complice du patriarcat », raconte la philosophe. Finalement, la trouble-fête finit par quitter l’amphithéâtre, laissant Carole Talon-Hugon terminer sa conférence. « J’ai trouvé ces accusations terriblement injustes, car je n’ai évidemment jamais laissé planer aucun doute sur ces sujets », estime la philosophe.

Jean Szlamowicz, professeur de linguistique à l’université de Bourgogne et auteur du livre « Le Sexe et la langue », a subi le même sort. Le 10 décembre 2019, il doit intervenir dans un séminaire de linguistique organisé dans son université. La conférence est intitulée : « L’écriture inclusive à l’épreuve de la grammaire ». Sur les réseaux sociaux, il découvre des messages de militants offusqués par le thème de son intervention : « Il y avait des appels à l’intimidation, ils me prévoyaient un sacré comité d’accueil », raconte l’enseignant-chercheur. Il reçoit également un courriel du directeur de l’UFR lui indiquant qu’il n’est pas le bienvenu. Selon ce dernier, de « nombreux » enseignants de l’université ne souhaitent pas que Jean Szlamowicz s’exprime sur le sujet. « Le fait que vous soyez rédacteur de ce torchon sexiste et raciste qu’est Causeur vous discrédite d’un point de vue scientifique », écrit-il notamment. La conférence n’aura finalement pas lieu.

Des syndicats étudiants et militants de différentes mouvances

Qui sont les étudiants ou militants qui perturbent, menacent ou empêchent la tenue de ces événements ? Olivier Vial, le président de l’UNI (Union nationale inter-universitaire), syndicat étudiant de droite, observe depuis plusieurs années ces jeunes fauteurs de troubles. « Il y a un double facteur, introduit-il. D’un côté, la montée d’un activisme et d’un militantisme d’extrême gauche, et de l’autre, l’éclosion de mouvements indigénistes, décolonialistes, antispécistes, ultraféministes. Convaincus d’appartenir au camp du bien, ils veulent interdire la parole à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Et cela passe par la violence et par l’intimidation », décrit-il.

Selon Gilles Denis, de « Vigilance Universités », ces nouveaux mouvements étudiants s’appuient sur un courant relativiste importé des pays anglo-saxons. « C’est une école de pensée qui considère que le genre, la couleur de peau, la sexualité d’une personne la définit entièrement. Pour eux, vous n’êtes rien d’autre que ce que vous représentez », explique-t-il. Olivier Vial abonde : « Il y a de plus en plus de maîtres de conférences qui alimentent ce courant-là. Cela permet aux militants de draper leurs revendications dans une sorte de scientificité, ce qu’ils ne pouvaient pas faire auparavant. »

D’après lui, les syndicats étudiants comme l’Unef ou Solidaire. s Étudiant. e. s ont participé à ce basculement. « Il y a quelques années, l’Unef commençait déjà à organiser des réunions interdites aux personnes non-racisées. Tout le monde trouvait ça ridicule. Aujourd’hui, le terme s’est largement développé et même le président de la République l’utilise », argue Olivier Vial. Selon le président de l’UNI, désormais, de nombreux autres mouvements comme Sud Éducation, Les Indigènes de la République, ou même, Le Parti animaliste, font régulièrement pression « pour faire taire ceux qui ne pensent pas comme eux ».

Dans son école, Pierre Mathiot, le directeur de Sciences Po Lille évoque des petits groupes proches des mouvements d’extrême gauche. « Des jeunes qui appartiennent à une gauche radicale, comme la France insoumise. Puis, il y a des associations qui luttent pour l’égalité de genre. Ils sont peu nombreux, mais extrêmement actifs et ont des connexions dans l’espace public local. Quand ils manifestent, ils ne sont donc jamais seuls », détaille-t-il.

Si l’Unef a parfois participé à faire annuler certains événements, comme la pièce de théâtre d’Eschyle à Sorbonne Université, Mélanie Luce, la présidente du syndicat réfute tout sectarisme. « Nous sommes attachés à la liberté d’expression, de débat. Mais cela ne justifie pas de laisser libre cours à des propos discriminatoires comme le racisme, l’homophobie ou la transphobie », explique-t-elle, se défendant de toute action de terrain. « Nous prenons position publiquement, mais nous refusons de bloquer par l’action un événement, comme le font certains mouvements », précise-t-elle.
« Il y a tellement de sujets qui sont devenus sensibles »

Très souvent, les universités sont démunies face aux menaces de ces groupes. Georges Haddad, le président de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne le déplore. « Je déteste la censure. Lorsque je suis obligé d’annuler une conférence sous prétexte qu’elle ne plaît pas à quelques organisations bien-pensantes, je ne me sens pas bien. C’est regrettable. Mais je suis obligé de céder à la pression, au diktat qui m’est imposé, par sens des responsabilités, car je ne veux pas que les gens se déchirent et se battent dans mon université », regrette-t-il.

Un point de vue que partage Jean Chambaz, le président de Sorbonne Université, qui a dû reporter il y a quelques mois la représentation théâtrale des Suppliantes sous la menace de certains manifestants. « Nous ne pouvions pas faire rentrer le public. Il commençait à y avoir de la tension, des bousculades, nous ne pouvons pas prendre le risque d’avoir des blessés. Ces atteintes à la liberté d’expression sont nocives, c’est d’ailleurs pour cela que nous avons rapidement reprogrammé la pièce », raconte-t-il.

Faut-il s’inquiéter de cette censure, de plus en plus présente au sein des universités françaises ? Peut-on craindre qu’elle grandisse dans les années à venir ? Beaucoup le craignent. « Il y a tellement de sujets qui sont devenus sensibles. Il est désormais très compliqué d’organiser des débats. Parfois, je me dis que si j’accepte tel ou tel intervenant, ça va foutre le bordel. Puis finalement, je décide que les jeunes doivent entendre ce que ces personnes ont à dire. Rien n’est pire que l’ignorance », clame Georges Haddad (Paris 1 Panthéon Sorbonne).

« À ce rythme-là, je crains que dans quelques semaines un groupe demande que Descartes ne soit plus étudié, car il avait comparé les animaux aux machines » Carole Talon-Hugon, philosophe

Même si pour l’instant, les tentatives de censure restent peu nombreuses par rapport au nombre d’événements organisés dans son établissement, Pierre Mathiot (Sciences Po Lille) avoue juger avec beaucoup de sérieux chaque manifestation d’hostilité vis-à-vis des intervenants. « Il y a quelques semaines, le même jour à la même heure, il y avait dans notre école François-Xavier Bellamy (philosophe et député européen de droite, NDLR) et Françoise Vergès, qui défend la cause indigéniste. J’ai eu des demandes d’annulation pour l’un comme pour l’autre, mais j’ai décidé de maintenir les deux. Dans ces cas-là, nous mettons en place un dispositif de sécurité et demandons aux forces de l’ordre de se positionner à l’entrée de l’établissement. Nous n’avons pas le choix », explique-t-il.

Jean Szlamowicz, dont la conférence sur l’écriture inclusive a été annulée par l’université de Bourgogne, évoque ce qui pourrait être une solution de facilité. « Il est tentant de ne plus vouloir s’exprimer sur le sujet pour ne pas avoir d’ennui et éviter de se retrouver avec un comité d’accueil hostile. C’est devenu une pression permanente », avoue-t-il. Une hésitation à s’autocensurer qui réjouira ses détracteurs. Et qui selon lui, est de plus en plus fréquente. « La majorité des gens ne voulant pas d’ennuis, ils décident d’adopter le comportement et l’avis adéquats. »

Une situation qui effraye la philosophe Carole Talon-Hugon. « L’université est confrontée à toutes sortes de censures, c’est extrêmement inquiétant. Chaque fois, on repousse les limites. À ce rythme-là, je crains que dans quelques semaines un groupe demande que Descartes ne soit plus étudié, car il avait comparé les animaux aux machines, ou même Aristote, car il avait dit que les esclaves n’étaient pas des hommes. Ce serait le début de la fin », conclut-elle.

vendredi 31 juillet 2020

Construire la Science en prohibant tout débat contradictoire et en traquant les dissidents

Nous reprenons ci-dessous l’essentiel d’un billet de Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé suisse. Pour notre part, nous ne savons pas si l’hydroxycholoroquine guérit, mais il nous semble inacceptable de censurer le débat sur le sujet — et cela entre médecins — alors que d’autres médicaments peu testés, mais fort coûteux (comme le remdesivir de Gilead) sont rapidement propulsés sur le marché (le Canada l’a déjà approuvé pour guérir de la Covid-19 !). Ajoutons que le médecin, Simone Gold, qui présidait la conférence de presse tenue devant la Cour suprême des États-Unis a été licenciée « pour l’embarras à son employeur » causé par cette conférence... Ce genre de pressions nous semble inacceptable quand on prétend être « pour la science ».



La vague de censure lancée contre les médecins témoignant ou publiant au sujet de l’efficacité de l’HQ contre la Covid sur les « réseaux sociaux » n’aura échappé à personne. Une campagne sans précédent, dans la droite suite des manœuvres dénoncées sur ces pages depuis le mois de mars.

Comme quoi « hurler au complotisme ! » ne suffit pas toujours à noyer le poisson. La bêtise du procédé n’est invisible qu’à ses auteurs, qu’il s’agissent de certains rédacteurs en chef ou de certains médecins cantonaux (pas tous, Dieu merci, l’amalgame ferait injure à ceux qui ont toute leur intégrité ou leur raison.)

Les nouveaux maîtres du monde le revendiquent désormais haut et fort : tout ce qui conteste le Dogme imposé par Big Pharma par le truchement de l’OMS sera effacé séance tenante. Le CEO d’Alphabet, maison-mère de Google, l’a expliqué devant la commission d’enquête du Congrès américain, de même que Mark Zuckerberg : tout contenu qui osera prétendre que l’HCQ a un effet thérapeutique contre la Covid sera traqué et détruit.

Et vive la science ! dont on sait bien sûr qu’elle se construit en prohibant tout débat contradictoire et en traquant les dissidents.

Et vive l’intégrité, puisqu’une compilation de 65 essais cliniques (dont 39 révisés par des comités de lecture) conclut à l’efficacité manifeste de ce médicament !

Les lectrices et lecteurs de ce carnet se souviendront du commentaire déjà cité ici de Peter Gotzsche, un des tout meilleurs épidémiologistes au monde. Commentant la censure sur les réseaux sociaux comme dans certaines revues médicales d’articles scientifiques contestant les positions de l’OMS, il écrivait ceci :
Quand un article honnête et informé sur un problème majeur de santé se trouve censuré au simple motif qu’il serait « contraire aux recommandations autorisées », nous n’avons pas seulement contracté un virus chinois. Nous avons aussi attrapé une censure de style chinois. Est-ce ce que nous voulons ?
On sait comment le personnel de bord des avions vous souhaite la bienvenue à votre destination qu’ils viennent d’atteindre avec vous. Donc :

« Bienvenue chers lectrices et chers lecteurs dans le monde de la censure idéologique assurée par les GAFAM et nos dictatures sanitaires ! »

Avec, pour résultat, qu’un informaticien fait mondialement l’apologie des vaccins pendant qu’on bâillonne des médecins qui entendent simplement témoigner d’un traitement qu’ils considèrent efficace et qui sauveraient des vies sans rien coûter face à la Covid !





CNN a fait grand cas ce dimanche des prédictions d’un informaticien (Bill Gates) sur le fait que le virus reviendra en octobre et novembre en masse aux États-Unis « si nous ne limitons pas notre comportement plus qu’il n’y paraît pour le moment ».


Ce genre de propos alarmistes de la part d’un non-spécialiste est largement diffusé, peut-être parce qu’alarmiste. Il faut dire que ce n’est sans doute pas sans arrière-pensées politiques puisque cela pourrait faire dérailler la campagne présidentielle américaine. La pandémie semble, en effet, actuellement profiter dans les sondages à un Joe Biden, pas toujours cohérent intellectuellement, [voir aussi Sky News cette semaine sur Biden] qui paraît se terrer et éviter les journalistes qui posent des questions difficiles. Il est étrange d'ailleurs qu'elle favorise le camp démocrate alors que la gestion de la santé est très décentralisée aux États-Unis (comme au Canada) et que cette pandémie frappe des États autant démocrates (New York, la Californie) que républicains (le Texas). Les propos d’un informaticien ne sont donc en rien censurés alors que ceux de médecins qui disent qu’ils ont un cocktail de médicaments qui peut aider certains patients contre la Covid-19, eux, sont censurés par les Gafam. Le M de Gafam représente Microsoft.

Parlant de deuxième vague, personne ne sait si elle aura lieu même si on l’a déjà souvent prédite, comme le rappelle le Professeur Jean-François Toussaint cette même semaine à l’antenne de LCI. Mais il n’est que médecin.

Pr J-François Toussaint : sur une deuxième vague si souvent annoncée