jeudi 4 octobre 2018

Épidémie d’occidentalophobie semble avoir frappé le monde universitaire anglo-saxon

Comment échapper au soupçon d’être une arme idéologique entre les mains du « suprématisme blanc » ?

« La culture occidentale doit ficher le camp »



La culture européenne, la civilisation occidentale sont-elles des choses du passé ? Ou pire, une ressource idéologique destinée à imposer la domination des hommes blancs sur le monde ? Les universités américaines ont été le théâtre d’intenses polémiques à ce sujet, il y a déjà bien des années.

À Stanford, en 1980, la réintroduction d’un cours de Western Thought (pensée occidentale) avait provoqué une véritable guérilla idéologique sur le campus. Des étudiants avaient manifesté, certains s’en souviennent peut-être au cri de « Hey, Hey, Ho, Ho, Western culture got to go ». La culture occidentale doit ficher le camp. Ce qu’ils reprochaient à ce cours, qui portait sur l’Antiquité gréco-romaine, la Renaissance et les Lumières, c’était que la « reading list », les 18 livres « hautement recommandés » pour en être diplômé, ne comportait que des auteurs européens, blancs et mâles. Platon, Cicéron, Érasme, Montaigne, Voltaire, John Locke, Hegel… oui, tous des mâles blancs, c’est indéniable. Mais après tout, les « déconstructeurs » qu’on leur oppose — Derrida, Foucault, Paul de Man aussi étaient des mâles blancs européens…

En 1988, le Sénat de cette université, son instance dirigeante en matière de programmes, a voté le remplacement des 18 livres fautifs par d’autres, dont les auteurs étaient des femmes, des personnes de couleurs, ou appartenant à une minorité. L’intitulé du cours, « pensée occidentale », a été jugé — je cite — « inapproprié, anachronique et provincial ». Et il a été remplacé par un autre, intitulé « Culture, Idées, Valeurs ». Les dirigeants de Stanford ont recommandé aux enseignants qui en sont chargés que soit « discutées dans le cadre de ce cours avec une attention particulière les questions de classe, de race et de genre. » Voilà qui était admirablement progressiste et politiquement correct. Et c’est devenu la norme dans la plupart des universités américaines.

Pas de licence de Civilisation occidentale en Australie !

Cette année, c’est de la lointaine Australie que nous vient l’écho d’une nouvelle polémique sur l’utilité ou non d’étudier la culture de notre vieille Europe. Paul Ramsay, un milliardaire philanthrope, qui avait créé une chaîne d’hôpitaux en Australie et en Asie, est mort en 2014. Désolé de constater que la culture européenne n’était plus enseignée en Australie, il a légué une part importante de sa colossale fortune pour la création d’un Centre pour l’étude de la civilisation européenne. Cette initiative est personnellement relayée par l’ancien Premier ministre libéral John Howard, qui a gouverné l’Australie entre 1996 et 2007.

La jeune directrice des Fondations de ce Programme, Bella d’Abrera, vient de publier sur le site Quillette, un texte remarquable. Le Centre Ramsay, explique-t-elle, a créé une licence de Civilisation occidentale, basée sur l’étude d’une sélection de grandes œuvres, tant littéraires qu’artistiques, retraçant l’histoire européenne et plus généralement occidentale. Le Centre a proposé à toutes les universités d’Australie de financer des chaires, des bourses d’études, des centres de recherche. Partout, elle a rencontré une franche hostilité. « Le rejet de cette licence de Civilisation occidentale, écrit-elle, est fondée sur l’absurde conviction que quiconque veut étudier la civilisation occidentale doit être _un suprématiste blanc_. Or, dans certains cercles académiques, cette civilisation est tenue responsable de tous les maux de la terre, passés, présents et futurs. »

Et elle cite à l’appui de ses dires un papier publié par le site The Conversation, assez typique, en effet, de l’épidémie d’occidentalophobie qui semble avoir frappé le monde universitaire anglo-saxon. Son auteur, Catharine Coleborne, est l’une des doyennes de l’Université en Newcastle en Nouvelles Galles du Sud, Australie. Le concept de civilisation occidentale a, d’après elle, je cite, « dépassé sa date de péremption ». Le premier reproche à lui adresser est d’être tout simplement « démodé ». Selon elle, il a été forgé et imposé au savoir universitaire après la Seconde Guerre mondiale, parce que les Anglo-Saxons, qui l’avaient gagnée, ont voulu alors réaffirmer leur domination sur le monde, en prétendant que leur culture était celle qui plongeait le plus loin dans le passé.
Peut-on étudier l’histoire des civilisations, y compris la nôtre, sans céder à la tentation de se prétendre les meilleurs ?

À ses yeux, toute étude spécifique de cette culture occidentale implique nécessairement une forme de prétention à la supériorité sur les autres. Ce qui constitue une affirmation bien étrange. La Chine a multiplié, ces dernières années, les Instituts Confucius à travers le monde et notamment, en Australie. On y enseigne l’ancienneté de la culture chinoise, qui dépasse celle de l’Occident, l’originalité de cette culture, les contributions qu’elle a faites à l’humanité. Mais elle ne prétend pas à une quelconque supériorité. Pas davantage que ne le fait notre Institut du monde arabe.

Il est donc parfaitement loisible d’étudier les cultures dans une perspective excluant toute idée de hiérarchie, et sans prétendre servir de modèle universel. Pourquoi la culture occidentale ne bénéficierait-elle pas de la même légitime curiosité ?

Source : France Culture

« L'endoctrinement » sur les campus anglo-saxons




« La classe, le genre et la race », les seuls prismes au travers desquels les étudiants sont appelés à comprendre le monde...

Donner ou non dignité universitaire à l’étude de la « civilisation occidentale ? »

 Oui, reprenons les termes du débat, tel qu’il est présenté par la presse australienne indépendante, comme The Strait Times. Le milliardaire Paul Ramsay est mort sans descendance. Il a légué une partie de son immense fortune à un centre qui porte son nom, afin de promouvoir l’étude de la civilisation occidentale, qu’il jugeait insuffisamment présente dans les universités australiennes. La direction de ce Centre comporte, parmi ses membres, un certain nombre de politiciens, membres du Parti libéral, notamment les deux anciens Premiers ministres, John Howard et Tony Abbott. Le Centre Ramsay a proposé à toutes les universités d’Australie de finance, à ses frais, la création de chaires d’études de la Culture européenne et de bourses destinées aux étudiants qui se consacreraient à ce type d’études.

Refus catégorique de la communauté universitaire. L’Australian National University de Canberra a décidé de rejeter cette proposition. En imposant un sujet, elle menacerait les libertés universitaires et l’autonomie des universités. Mais ce refus a été aussitôt exploité par les partisans du Centre Ramsay pour mettre en cause d’autres commandites. Pourquoi les cours de langue et de civilisation chinoises, financés par Pékin, via ses Instituts Confucius, posent-ils moins de problèmes aux autorités universitaires que les cours de civilisation occidentale qu’ils proposent eux-mêmes ? Et, du reste, tout le monde a bien compris qu’il s’agissait d’un épisode de la « guerre des cultures » : ce qui est en cause, ce n’est pas le fait de proposer et de financer un programme d’étude. Non, ce qui est en cause, c’est son sujet : la civilisation occidentale.

Car, pour ses adversaires de telles études portent la marque du péché « d’occidentalocentrisme ». Étudier l’Antiquité, la Renaissance, les Lumières, étapes du développement intellectuel de la seule Europe, serait faire preuve d’arrogance envers les autres cultures du monde. Par ailleurs, les détracteurs du projet ne manquent pas de mettre en cause la présence, assez voyante, au sein du Centre Ramsay, de nombreux dirigeants du parti libéral. Dans le Queensland Times, un étudiant écrit : « Étudiants et enseignants, nous craignons que ce programme devienne un aimant destiné à attirer les partisans du Parti libéral et les renforce dans leur conviction que la civilisation occidentale est supérieure ».

Réactions dans le camp d’en face, celui des partisans des cours de « civilisation occidentale »

Je cite The Herald Sun, l’éditorialiste Rita Panahi dans les colonnes du Herald Sun : « Les universités encourageaient autrefois le débat solide, la pensée critique et la diversité des perspectives. C’était un endroit où on ne venait pas seulement pour obtenir une qualification, mais pour élargir son esprit et être mis au défi. A présent, l’endoctrinement est la norme bien plutôt que la stimulation intellectuelle, en particulier dans les arts, les humanités et les sciences sociales, où des groupes de pensée font la loi. La seule diversité qui n’est pas la bienvenue sur les campus, c’est la diversité d’opinion. » Et elle poursuit : « la simple rationalité et les opinions communes sont considérées comme du sectarisme, tandis que sont célébrées la culture de la plainte, l’intersectionnalité et la politique des identités.

Ce n’est en aucune façon un phénomène local : les universités australiennes suivent simplement l’exemple des institutions britanniques et des États-Unis, qui favorisent l’activisme politique au détriment de l’enquête intellectuelle. »

Et Rita Panahi de tourner en dérision l’argument selon lequel un cours de « pensée occidentale », financé par un Centre proche du Parti libéral australien compromettrait l’indépendance des universités. Ces universités ont accepté volontiers dans un passé récent des financements provenant de pays tels que la Turquie, Dubaï et l’Iran…. « Faire de la propagande pour les Centres pour les études arabes et islamiques ne semble pas troubler les syndicats enseignants et étudiants, mais négocier avec le Centre Ramsay, présidé par l’ancien premier ministre John Howard, là, ce serait aller trop loin... », s’indigne Rita Panahi.

Et sur le site Quillette, Bella d’Abrera, directrice du Centre Ramsay met en cause, de son côté, un enseignement supérieur qui ne lui semble plus tourner qu’autour des catégories de classe, genre et race, une « approche, je cite, qui n’est pas seulement ennuyeuse et répétitive, mais fondamentalement anti-intellectuelle. » Parce qu’elle n’autorise pas le dialogue, chacun parlant au nom de son « identité ».

« Les étudiants ne finissent pas seulement leurs études avec une vision du monde déformée, selon laquelle toute l’histoire du monde n’est plus vue qu’à travers le prisme oppresseurs/opprimés, mais ils sont en train d’imposer cette vision particulière du monde à la société dans laquelle ils trouvent des emplois dans le système éducatif, l’administration ou les compagnies privées. »

Source : France Culture

L'université aujourd'hui : face à face de deux « polémiques »

À gauche ce qu’il advient lorsqu’un professeur de sexe masculin met en doute le dogme féministe sur les femmes dans la science.

À droite, ce qu’il se passe lorsqu’une professeure fantasme sur la mutilation des hommes blancs.

Le CERN « a suspendu » sa collaboration avec un scientifique italien qui a tenu des propos « choquants » où il s’élevait contre la discrimination censément « positive » en science.

Vendredi dernier, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a organisé un atelier à Genève intitulé « Théorie des hautes énergies et genre [le sexe] », auquel Alessandro Strumia, (ci-dessous) scientifique italien de l’Université de Pise, était invité.

Le professeur de l’université de Pisa a dénoncé le fait que « les hommes font face à une discrimination croissante dans le domaine de la physique. »

Il explique que le rôle croissant des femmes dans les emplois liés à la physique n’est pas lié à leur qualification, mais à la multiplication des débats sur les questions de genre et de parité.

« La physique n’est pas sexiste envers les femmes. Mais la vérité n’a pas d’importance, parce que ça fait partie d’une bataille politique venant de l’extérieur. On ne sait pas qui va gagner ».

Interrogé par Associated Press, Alessandro Strumia a évoqué un malentendu et dit ne pas penser que les hommes soient meilleurs que les femmes en physique. Il a toutefois relevé qu’il y a « un groupe politique qui veut faire croire aux femmes, et à d’autres personnes, qu’elles sont des victimes ».

Le professeur a encore estimé que le CERN faisait une erreur : « Ils m’ont suspendu parce que c’est vrai... et que c’est contraire à la ligne politique ».


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L’université Georgetown a défendu la liberté d’expression de la professeure en sciences politiques Christine Fair.

Celle-ci avait affirmé (voir le gazouillis ci-dessous)  que les sénateurs qui défendent le juge Kavanaugh « formaient un concert d’hommes blancs privilégiés qui justifiait le privilège dont s’arroge un violeur en série. » Ce violeur en série serait le juge Kavanaugh. On ne comprend pas très bien ce que la race des sénateurs, du juge, ou des accusatrices viendrait faire dans l’histoire. Tous sont blancs...

L’éminente professeure de la non moins prestigieuse université de Washington (historiquement catholique et même jésuite) poursuivait :  « Tous méritent des morts misérables sous les rires des féministes alors qu’ils expirent. Bonus : on castre leurs dépouilles et on les jette aux porcs ? Oui. »

Sanction : nulle. L’université s’est précipitée pour soutenir la liberté d’expression de son employée tout en lui demandant de rester objective en classe.

Fair était auparavant connue pour être un faucon (belliciste) en matières militaires et en particulier pour sa défense vigoureuse de la guerre par drones.

Ce n’est pas première fois que Christine Fair est au centre de polémiques. En janvier 2018, elle a causé un incident à l’aéroport de Francfort en Allemagne lors d’un contrôle de sécurité. La police allemande a déclaré que Mme Fair avait été peu coopérative dans la mesure où elle avait traité des agents de sexisme, de nazis, de voyous en uniforme et autres injures. Fair a été accusé d’injures calomnieuses en vertu de la loi allemande sur la diffamation.

Voir aussi

The trouble with feminism (L’ennui avec le féminisme), en anglais, 9000 mots




mercredi 3 octobre 2018

Le cannabis aurait des «effets négatifs et persistants» sur les capacités cognitives des ados

La consommation de cannabis provoque des « effets négatifs et persistants » plus graves que ceux de l’alcool sur les capacités mentales des adolescents, selon une étude réalisée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal.

Cette étude vient d’être publiée dans l »American Journal of Psychiatry.

Elle démontre que « les effets concomitants et persistants de la consommation de cannabis chez les adolescents peuvent être observés sur des fonctions cognitives importantes et semblent être plus prononcés que ceux observés pour l’alcool », a écrit l’Université de Montréal, mercredi, sur son portail.

Pour les besoins de l’étude, les chercheurs se sont intéressés à 3826 adolescents fréquentant 31 écoles secondaires de la région de Montréal.

« Très peu d’études ont été conçues pour étudier cette question du point de vue du développement. Notre étude est unique en ce sens, car elle a suivi un large échantillon d’élèves de la première à la quatrième année du secondaire », a indiqué la professeure Patricia Conrod, auteure principale de l’étude et chercheuse au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal.

Autre conclusion de l’étude : la consommation de cannabis est un facteur de risque dans le développement d’autres dépendances.

« Certains de ces effets (sur les autres dépendances) sont encore plus prononcés lorsque la consommation commence précocement à l’adolescence », a précisé Jean-François G. Morin, un des coauteurs de l’étude et étudiant au doctorat à l’Université de Montréal.

Bien que des études aient établi que l’abus d’alcool et de cannabis était lié à une altération de la cognition chez les jeunes, elles n’étaient pas conçues pour comprendre cette relation et déterminer si la consommation de cannabis était la cause ou la conséquence des troubles cognitifs. Une nouvelle étude dirigée par des chercheurs au CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, démontre que, au-delà du rôle de la cognition dans la vulnérabilité à la toxicomanie, les effets concomitants et persistants de la consommation de cannabis chez les adolescents peuvent être observés sur des fonctions cognitives importantes et semblent être plus prononcés que ceux observés pour l’alcool.

Outre ses effets intoxicants aigus, l’abus d’alcool et de cannabis a été associé à des altérations sur les plans de l’apprentissage, de la mémoire, de l’attention et de la prise de décisions, ainsi qu’à de faibles résultats scolaires. « Bien que de nombreuses études aient rapporté des différences de performances cognitives entre les jeunes consommateurs et les non-consommateurs, il reste à déterminer les effets causaux et durables de l’usage de substances chez les adolescents sur leur développement cognitif », explique Jean-François G. Morin, coauteur de l’étude et étudiant au doctorat à l’Université de Montréal. La professeure Patricia Conrod, auteure principale de l’étude et chercheuse au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’UdeM, mentionne que « très peu d’études ont été conçues pour étudier cette question du point de vue du développement. Notre étude est unique en ce sens, car elle a suivi un large échantillon d’élèves de la première à la quatrième année du secondaire afin de recueillir des mesures cognitives et sur la consommation de substances. En utilisant une grande base de données, nous avons pu modéliser la nature complexe de la relation entre ces ensembles de variables ».

Pour comprendre la relation entre l’alcool, la consommation de cannabis et le développement cognitif chez les adolescents à tous les niveaux de consommation (abstinents, consommateurs occasionnels ou grands consommateurs), l’équipe de recherche a suivi un échantillon de 3826 adolescents canadiens sur une période de quatre ans. En utilisant un modèle statistique prenant en compte le développement cognitif, les auteurs ont étudié les relations entre les changements d’une année à l’autre dans la consommation de substances et le développement parmi un certain nombre de domaines cognitifs, tels que la mémoire de rappel, le raisonnement perceptuel, l’inhibition et la mémoire de travail. Une analyse de régression multiniveau a été utilisée pour tester conjointement la vulnérabilité et les effets concomitants et persistants sur chaque domaine cognitif. L’étude a montré que la vulnérabilité à la consommation de cannabis et d’alcool à l’adolescence était associée à une performance généralement inférieure dans tous les domaines cognitifs.

Le cannabis se démarque de l’alcool

« Cependant, une nouvelle augmentation dans la consommation de cannabis, mais pas dans la consommation d’alcool, a montré des effets concomitants et durables supplémentaires sur les fonctions cognitives, comme le raisonnement perceptuel, la mémoire de rappel, la mémoire de travail et l’inhibition comportementale », souligne Patricia Conrod. « Le fait que la consommation de cannabis ait été associée à des effets durables sur la mesure de l’inhibition comportementale, qui est un facteur de risque pour d’autres comportements toxicomanogènes, est particulièrement préoccupant et pourrait expliquer pourquoi la consommation précoce de cannabis est un facteur de risque pour d’autres dépendances, ajoute Jean-François G. Morin. Certains de ces effets sont encore plus prononcés lorsque la consommation débute précocement à l’adolescence. »

Dans un contexte où les politiques et les attitudes concernant l’usage de substances sont repensées, ces résultats mettent l’accent sur l’importance de protéger les jeunes des effets négatifs de la consommation en investissant davantage dans les programmes de prévention.

« Il sera important de mener des analyses semblables avec cette cohorte ou des cohortes similaires lors de la transition vers l’âge adulte, lorsque la consommation d’alcool et de cannabis devient plus importante », indique Patricia Conrod. « Ceci pourrait être particulièrement pertinent pour les effets de l’alcool : bien que cette étude n’ait pas associé les effets de la consommation d’alcool chez les adolescents au développement cognitif, des effets neurotoxiques peuvent être observés dans certains sous-groupes différenciés en fonction du niveau de consommation, du sexe ou de l’âge, poursuit Jean-François G. Morin. Nous souhaitons également déterminer si ces effets sur le développement du cerveau sont liés à d’autres complications telles que les difficultés scolaires, les dommages neuroanatomiques et le risque de dépendance ou de troubles mentaux futurs. »

À propos de l’étude


L’article intitulé « A Population-Based Analysis of the Relationship between Substance Use and Adolescent Cognitive Development » a été publié dans l’American Journal of Psychiatry en octobre 2018. Le premier coauteur est Jean-François G. Morin, étudiant au doctorat sous la supervision de Patricia Conrod. L’auteur principal est Patricia Conrod, chercheuse et directrice du laboratoire Venture au CHU Sainte-Justine, professeure titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire Dr Julien/Fondation Marcelle et Jean Coutu en pédiatrie sociale en communauté de l’Université de Montréal. La présente étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et le Programme des chaires de recherche du Canada.

Auteurs : Jean-François G. Morin, Mohammad H. Afzali, Josiane Bourque, Sherry H. Stewart, Jean R. Séguin, Maeve O’Leary-Barrett et Patricia J. Conrod.



mardi 2 octobre 2018

Quand feu Antoine Sfeir condamnait l’imposture du dialogue interligieux

La vidéo est extraite d’une émission française, C dans l’air, consacrée au « forum islamo-chrétien » et diffusée en novembre 2008. À cette occasion, Antoine Sfeir — journaliste et professeur franco-libanais, ancien directeur des Cahiers de l’Orient, décédé cette semaine déclarait :

— On a donné à cette rencontre un titre assez bizarre d’ailleurs, le « forum ». On ne pouvait quand même pas parler de « dialogue interreligieux », alors que tout le monde veut en parler. le dialogue entre islam et chrétiens...

— Parce que c’est autre chose ?

— Mais, bien entendu. Parce que c’est de l’imposture intellectuelle, le dialogue islamo-chrétien. Ou on est croyant, et à ce moment-là chacun pense que sa religion, c’est la vérité. Donc, parler avec l’autre, c’est vouloir le convertir. Ou alors on n’est pas croyant, et on n’est pas concerné par ce « dialogue » interreligieux ou islamo-chrétien, appelons-le comme on veut. Si on veut savoir à quoi croit l’autre, c’est du dialogue interculturel, uniquement. Alors ça, autant qu’on veut. Bien entendu. Il faut dialoguer culturellement et continuer à le faire. Ce qui me gêne dans tout ça...



— Vous pensez quoi, que c’est hypocrite ?

— Ah, totalement. Totalement. La preuve c’est qu’on a quand même essayé de dire : « On a parlé des choses qui fâchent ». On a parlé de la liberté de conscience, mais du côté musulman, on n’a pas précisé ce que c’était, la liberté de conscience. On n’a pas parlé de véritables choses qui fâchent. [...] Ce vouloir-vivre-ensemble aujourd’hui, quoi qu’en disent ce forum et ce communiqué, n’existe pas. En tout cas dans la région que je connais un peu, qui est l’espace arabe.

samedi 29 septembre 2018

Zemmour (vidéos) : gouvernement des juges, concordances entre hier et aujourd'hui, Napoléon, Algérie, sentiments dans la politique

Soirée avec Éric Zemmour à l’occasion de la sortie de son livre « Destin français » tenue le mardi 25 septembre 2018 à Versailles au théâtre Montansier. La salle était comble.



Début de la transcription

[Applaudissements]

— Je tiens à vous rassurer, contrairement à l’ensemble des journalistes qui vous reçoivent sur leurs plateaux de radios ou télévisions depuis la sortie de votre livre, je ne vais pas vous psychanalyser. On se souvient de Rachida Dati il y a quelques années vous recommandant d’aller vous soigner et j’ai entendu Caroline Mécary la semaine dernière affirmer que votre obsession identitaire confinait à la névrose. Éric Zemmour ce sera ma première question est ce qu’on ne déplace pas aujourd’hui le terrain des idées et de la politique sur le champ psychiatrique et pourquoi ?

Zemmour. — Ce n’est pas d’aujourd’hui, ça fait plusieurs années. Déjà quand j’ai sorti le Suicide français, si vous vous souvenez bien, j’avais exactement les mêmes réflexions : j’avais des névroses des obsessions je devrais me faire psychanalyser, psychiatriser, je ne m’aimais pas, j’aimais qu’on me haïsse, voyez.

vendredi 28 septembre 2018

Le féminisme radical est la dernière utopie progressiste décomplexée

Dans un essai revigorant et courageux, Le Porc émissaire (Les Éditions du Cerf), Eugénie Bastié, journaliste du Figaro, analyse les ressorts profonds du nouveau désordre sexuel né de la vague Me Too et Balance ton porc. Elle en pointe les contradictions, les limites et les excès, plaidant pour une redécouverte apaisée et dépolitisée des mystères du corps, de l’amour et du désir.

Extraits choisis.


« Au tout début octobre 2017, lorsqu’ils révélèrent une série d’accusations en harcèlements, agressions sexuelles et viols mettant en cause le producteur Harvey Weinstein, les journalistes du New York Times et du New Yorker ignoraient qu’ils venaient d’enclencher une vague d’indignation planétaire qui serait vite qualifiée de tournant historique. La grande idéologie du temps, le féminisme, était en panne de bourreaux. À Cologne, en 2016, elle était restée aveugle aux viols commis par des migrants sur des femmes allemandes. [La police allemande avait même voulu cacher ce scandale.] À Washington, elle avait échoué à faire élire son égérie Hillary Clinton, laissant un affreux misogyne, Donald Trump, s’installer à la Maison-Blanche. 2017 allait sonner l’heure de la revanche. En fin, on allait pouvoir prouver que l’Occident n’avait aucune leçon à donner au reste du monde en matière d’égalité des sexes. Des années de militantisme, de luttes et de revendications n’avaient-elles pas fait de l’Europe un havre de paix et de sécurité pour les femmes ? Que nenni ! Avec des yeux horrifiés, nous allions découvrir soudainement que derrière le vernis d’une égalité de droit, le patriarcat exerçait encore quotidiennement sa férule sur la gent féminine. Que derrière le masque des relations consenties se tapissait, sournois, le rictus menaçant de la domination masculine.

Nous pensions être libres, mais en réalité, nous étions encore prises dans les rets d’une tyrannie d’autant plus fourbe qu’elle prenait l’apparence d’une libération des mœurs. Bref, l’Occident était un enfer pour les femmes. Dans une catharsis mondialisée, le bon grain était séparé de l’ivraie. Le torrent victimaire emportait tout sur son passage, du viol à la remarque insistante en passant par le harcèlement de rue, la main aux fesses et les relations non consenties a posteriori. Le sexe, la violence, la religion, l’infrastructure primitive de nos sociétés avancées était mobilisés au service d’une gigantesque psychanalyse collective. “C’est une révolution”, affirmaient les unes, tandis que d’autres agitaient le spectre de dérives liberticides.

Le fait divers devint fait de société, et le fait de société, événement historique. En mai 2018, on annonça que la remise du prix Nobel de littérature serait différée au motif qu’une dizaine de jeunes femmes accusait le mari d’une des académiciennes d’agressions sexuelles répétées. Fait historique, pour la première fois en 1949, hormis sa suspension lors de la Seconde Guerre mondiale, le Nobel n’avait pas été attribué faute d’un candidat ayant recueilli l’unanimité du jury. Quel meilleur symbole pouvait-on trouver du grand passage de l’ère du public au temps du privé ? Désormais, la lutte contre le harcèlement devait prendre l’importance qu’avaient hier les con fl its géopolitiques. Oh, certes, on continuerait de se massacrer dans les coins déshérités du globe. Mais la guerre qui empêchait les puissants de dormir était celle qui se déroulait sur l’oreiller. […] »

Préférer les mots aux actes

« Avec Me Too hélas, c’est la culture de la parole réparatrice qui allait l’emporter sur le vieux monde des tragédies intimes. Dans la société du spectacle, parler c’est agir et dénoncer c’est faire, les moyens ne se distinguant pas de la fin et la liberté d’expression revêtant par soi une vertu thérapeutique.

Il est d’ailleurs frappant d’observer que la libération de la parole, lorsqu’elle touche à la parole “raciste” ou plus simplement à la légitime inquiétude culturelle, est condamnée unanimement par cette même gauche qui encense la parole libérée des femmes. De même, la pratique de l’“amalgame”, sans cesse reprochée à ceux qui évoquent la radicalisation islamiste ou le terrorisme est utilisée ici sans complexe. Les mêmes qui rappellent sans cesse qu’il ne faut pas dire “les musulmans” vont durant cette séquence essentialiser sans complexes “les hommes” dans une entité diabolisée.

Aussi, le mouvement Me Too allait pousser jusqu’au bout ce que Saint-Exupéry appelait la “culture du manifeste”, cette propension à préférer les mots aux actes. La révolution est tout entière numérique, tout entière parole, tout entière virtuelle. Elle se montre, se donne en spectacle, comme ces actrices conspuant le patriarcat dans leurs robes noires conçues par des couturiers de luxe aux Golden Globes. Ou bien cette publicité, vue dans le magazine Voici : une femme, le poing levé, cheveux dans le vent avec ce titre “Liberté d’expression !”, et ce sous-titre : “Révolution capillaire avec ces trois coiffures en trois mouvements, signé Machin-Chose, hair stylist”. On parle, on s’étale, on “dit les choses”. On énonce, on dénonce, on twitte. On répand le feu de la révolte à coups de hashtags. Chacun veut en être, et quiconque n’a pas de porc à balancer se retrouve comme un gamin sans billes à la récré. Se taire faisait de vous un “allié·e·s” des porcs, une complice abusée et résignée inapte à se révolter ou une bourgeoise puissante et privilégiée incapable de solidarité. […] »

Libertaires et puritaines : même combat ?

« Entre un libertarisme pour lequel le corps ne compte que comme objet à la merci de la volonté et un puritanisme qui surévalue l’importance de la chair au point d’y enchaîner la conscience, faut-il vraiment choisir ? Entre un libertinage qui voit dans la relation érotique un jeu de consommation guidé par le seul plaisir et un rigorisme qui n’y perçoit qu’un rapport de domination uniquement gouverné par le pouvoir, faut-il vraiment opter ? Entre les liaisons dangereuses et les contractualisations mortifères, faut-il vraiment trancher ? Ou se pourrait-il que le féminisme existentialiste et le néoféminisme déconstructiviste s’opposent pour mieux converger ? Les libertaires et les puritaines font preuve d’une même erreur : celle du dualisme qui dissocie l’âme du corps et le corps de l’âme.


Pire encore, ces deux mouvements se nourrissent mutuellement. Le libéralisme libertaire vindicatif produit sa propre némésis sous la forme d’un politiquement correct liberticide. Ainsi que le pointe Jean-Claude Michéa dans Impasse Adam Smith, l’un des paradoxes du libéralisme est qu’il aboutit, sous couvert de proclamer la liberté, à une société d’interdits sans précédent. Comment une époque qui a autant renoncé à toute conception de la vie bonne peut-elle autant faire la morale ? En raison d’une judiciarisation tous azimuts qui est la conséquence directe de la volonté d’organiser la société autour d’une éthique minimale, à l’image de celle que professe Ruwen Ogien : n’avoir pour tout dogme qu’“il ne faut jamais nuire à autrui” aboutit à “tout ce qui pourrait nuire à autrui est susceptible d’être proscrit”.

Surgit alors le politiquement correct, cette euphémisation du langage destinée à pallier l’absence de décence commune. Surgissent alors la multitude des revendications victimaires et identitaires, chacun essayant de sanctuariser son ressenti dans un monde éclaté où règne la loi du plus fort. Surgit alors ce que Jean-Claude Michéa appelle la “guerre de tous contre tous par avocats interposés”. Dans un monde où on a impitoyablement désentravé le désir, il ne reste plus que les tribunaux pour régler les conflits, y compris sexuels. L’auteur du Complexe d’Orphée résume magnifiquement ce paradoxe : “Quand donc la tyrannie du politiquement correct en vient à se retourner contre la tyrannie du plaisir, on assiste au spectacle étrange de Mai 68 portant plainte contre Mai 68, du parti des conséquences mobilisant ses ligues de vertu pour exiger l’interdiction de ses propres prémisses.” Ce renversement définit à merveille les ambiguïtés du mouvement Me Too : les rejetons des déconstructeurs se plaignent d’un monde où, l’idée de civilisation ayant été abolie, la régulation des désirs ne peut s’exercer que par l’entremise du droit ou du marché. […] »

La malsaine politisation de Me Too

« Il est certain que le mouvement Me Too révèle un véritable malaise dont je n’entends pas nier l’ampleur. Simplement, une politisation excessive en corrode les ressorts profonds. Si la formule de Bossuet sur ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes a une application, c’est bien ici. Le concept central de Me Too est celui du consentement et il renvoie en dernière instance à la liberté de l’individu telle qu’elle est comprise et exercée dans les sociétés libérales occidentales. Nous avons placé au cœur de la révolution sexuelle la liberté de choix, le pro choice ainsi que se définissaient les militantes pour le droit à l’avortement. Or, l’illusion d’une autonomie totale, déliée de tout rapport à l’autre, bute sur la complexité du rapport amoureux et de l’altérité radicale qu’il implique. L’illusion d’une banalisation de l’acte sexuel échoue sur le caractère tragique de la condition humaine. Telle est la vérité archaïque que nous voyons resurgir sous nos yeux, qu’il n’y a pas de sexe complètement libre, qu’il n’y a pas d’amour sans risque ni possibilité de tragédie. Nous redécouvrons que la liberté ne subsiste pas dans l’absence de contraintes car elle devient rapidement soumission à la loi du plus fort, mais qu’elle ne peut s’épanouir que dans la loi morale. Dans son livre L’Autre Héritage de 68. La face cachée de la révolution sexuelle, l’historienne Malka Marcovich fait tinter un autre son de cloche que les carillons commémoratifs qui ont retenti lors du cinquantenaire de Mai. À partir d’un grand nombre d’entretiens avec les acteurs de l’époque, elle reconstitue le voile jeté sur les dérives d’une fausse liberté. La revendication d’une liberté sexuelle totale, assortie au goût affiché pour la transgression, engendra alors de terribles excès : incestes entre frères et sœurs, entre parents et enfants, détournements d’élèves par leurs maîtres et actes pédophiles. Le climat intellectuel de l’époque portait au pinacle l’affranchissement, l’expérience et la précocité de la sexualité. Ainsi, dans une lettre ouverte publiée par Le Monde le 26 janvier 1977, des intellectuels tels que Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Roland Barthes prirent la défense de trois pédophiles accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des enfants de 13 et 14 ans en qualifiant les faits de “simple affaire de mœurs”.

Tel est le monde dont nous avons hérité. Et ce sont aujourd’hui les descendants de ces déconstructeurs qui viennent pleurer sur le cadavre à la renverse de l’utopie sexuelle ? Les démons ne se jettent pas tout seuls à la mer. […] »

L’utopie démiurgique de façonner un homme nouveau

« La fin du communisme et le recul de la social-démocratie, la défaite du politiquement correct sur l’immigration ou l’islam et la victoire des populismes aux États-Unis ou en Europe ont fait que le féminisme a repris le flambeau de la contestation radicale de l’ordre établi. Il reste le dernier espoir d’un monde réconcilié. La dernière utopie progressiste.

Convaincu de sa mission civilisatrice, il espère expulser la part irréductible du tragique dans les rapports amoureux ainsi que la logique du don qui n’implique ni symétrie absolue, ni totale égalité dans les relations. “Nous allons mettre fin aux violences sexuelles.” Ainsi prophétise, l’index levé au ciel, une militante féministe sur un plateau de télévision. Comment lui dire ? Comment lui faire comprendre qu’il n’en sera rien ? Comment ne pas passer à ses yeux pour un esprit cynique qui se satisfait de l’ordre des choses ? Pourtant, aussi sûr que deux et deux font quatre et que le paradis n’est pas de ce monde, nous n’éradiquerons jamais les violences sexuelles. Parce que la perfectibilité morale de l’humanité n’existe pas. Parce qu’elle restera toujours la même. Parce qu’encadrer davantage les pulsions par le droit civil et la réprobation collective ne signifiera jamais les avoir supprimées.

Aucun gouvernement ne promet la fin de l’assassinat ou de la pédophilie. Si les responsables politiques affirment tous leur volonté de lutter contre ces fléaux, il n’y a qu’en matière de crimes sexuels, et plus précisément concernant les hétérosexuels, qu’ils affichent comme objectif une éradication complète et définitive. Chaque meurtre de femme, requalifié en “féminicide”, est jugé comme la permanence intolérable d’un “vieux monde” en train de s’effondrer, mais pas encore assez rapidement. Le domaine des violences sexuelles reste le seul où perdure l’utopie démiurgique de façonner un homme nouveau, débarrassé pour toujours de ses tares. »

Le porc émissaire : Terreur ou contre-révolution,
de Eugénie Bastié,
aux Éditions du Cerf,
à Paris,
paru le 28 septembre 2018,
175 pages,
ISBN-13 : 978-2204128384.

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Le néoféminisme dynamité

Vos impôts à l’œuvre : Télé-Québec et le féminisme extrémiste

Télé-Québec la chaîne de télévision québécoise publique à vocation « éducative » et culturelle paie des capsules militantes qui font la chasse aux mal pensants, aux hommes qui ne partageraient pas les opinions du féminisme radical. Ces hommes deviennent des « masculinistes ». Vos impôts à l’œuvre...

Alors, sans plus tarder, voici les chasseresses et leurs discours caricaturaux (patriarcat, taille de la queue, inégalité des résultats, la négation — elles parlent de « négationnisme » — de l’importance de la biologie et donc de différences d’intérêts légitimes entre les sexes) :



Les deux auteurs de cette capsule sont Lili Boisvert et Judith Lussier. Pour Lili Boisvert, « la chose que j’ai faite dont je suis le plus fière, c’est la fois où je me suis promenée dans la rue seins nus, dans le cadre de mon travail, pour parler de l’absurdité de la censure des seins féminins dans l’espace public. » Lili Boisvert est également animatrice. Elle a étudié en sciences politiques à l’Université de Montréal. Judith Lussier est animatrice et titulaire d’un baccalauréat en Communication et Sciences politiques de l’Université de Montréal. Elle a récemment fait parler d’elle quand elle a annoncé que, face aux critiques acerbes sur les réseaux sociaux, elle abandonnait sa chronique d’opinion largement consacrée aux idées féministes. On comprend qu’il est plus facile d’être subventionnée et de faire la leçon par le truchement d’une vidéo sans crainte d’être contredite à égalité de moyens (subventionnés).

Sur le patriarcat, la difficulté de définir l’égalité notamment salariale, des différences d’intérêt innées et légitimes entre hommes et femmes, une vidéo (millions de vues) de la part d’un professeur d’université, Jordan Peterson :



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Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre (rediff)

Davantage de cours en anglais à l'université Laval

Le Journal de Québec nous l’annonçait le 26 septembre : « L’Université Laval pourrait offrir plus de cours en anglais ».

Première surprise : presque 2 % des cours de l’université Laval sont déjà donnés en anglais. 6,5 % des cours de la Faculté d’administration sont en anglais. La rectrice affirme : « C’est une réflexion qu’on a à avoir, c’est demandé dans certains secteurs, surtout aux études supérieures ».

Il faut bien prendre conscience que l’anglicisation en cours des cégeps va servir de tremplin et d’accélérateur à l’anglicisation des universités qui, comme on le constate, est déjà en cours.  Considérons la chute de popularité du MBA en français aux HEC depuis l’ouverture d’un programme en anglais.

Nous avons changé d’époque. Encore récemment, certains se rassuraient en disant benoîtement qu’il régnerait une « paix linguistique » et que la situation linguistique au Québec avait atteint un « point d’équilibre ».

Point d’équilibre fictif qui s’est accompagné d’une bilinguisation croissante à Montréal et à un apprentissage intensif de l’anglais intensif dès le primaire (alors que le nombre d’heures de français a été coupé au fil du temps, car le nombre d’heures de classe est limité) et le cégep en anglais ou en « bilingue » alors que dans certains quartiers de Montréal (et ailleurs), la majorité des enfants n’ont plus le français comme langue maternelle.

Comment espérer imposer le français comme langue commune de travail alors que la formation dans nos institutions d’enseignement se fait de plus en plus en anglais et que les universités anglaises (très largement financées par les contribuables francophones) forment de plus en plus de spécialistes — restons polis — mal à l’aise en français. Les exemples pourraient être multipliés.

Ne serait-il pas l’heure de revenir à une idée simple : pour que le français soit effectivement la langue commune, il faut que nos politiques scolaires et universitaires reflètent cette volonté dans les faits.

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Chute importante prévue du français dans les foyers québécois

Québec — Les immigrés allophones s’anglicisent rapidement

Recensement 2016 — recul du français, bilinguisme et anglais en hausse au Québec, bilinguisme stable dans le reste du Canada

Très forte augmentation des élèves allophones à Montréal

Québec : le problème grave de réussite des garçons francophones

Québec, faiblesse en français et valorisation de l’anglais


(l’île de) Laval s’anglicise


La francisation des immigrants au Québec est un échec

Nombre d’heures de français en diminution alors qu’une majorité de décrocheurs en 5e secondaire échoue en français

Démographie — En 15 ans, les minorités visibles sont passées au Québec de 7 % à 13 % de la population

Moins d’heures de français à l’école : le niveau de grammaire et d’orthographe baisse

Un Québec moins français et moins scolarisé...

Le Québec a-t-il besoin de tant d’immigrants ?

Éric Zemmour sur l'avortement

Lors d’une conférence donnée à guichet fermé mardi soir à Versailles, l’écrivain Éric Zemmour a déclaré :
Il y a 200 000 avortements par an. 1/5e des enfants à naître. C’est autant que la mortalité infantile au XVIIIe siècle. Tous les progrès médicaux pour supprimer la mortalité infantile sont supprimés par l’avortement.


Dans son dernier ouvrage (n° 1 des ventes), Destin français, Éric Zemmour rappelle :
Depuis le Ier siècle de l’ère chrétienne, l’Église a d’abord mené un combat contre la société romaine et son dédain pour le mariage, sa préférence pour le concubinage et le divorce ; elle a interdit les infanticides, les avortements et « ces enfants qu’on exposait sur des tas d’ordures pour être dévorés par les chiens et les chacals1 ». La crise démographique dans l’Empire romain a été une des causes majeures de l’invasion barbare, mais aussi de la crainte démesurée que suscitent ces vagues migratoires qui ne dépassent pourtant jamais quelques centaines de milliers de personnes.
1. Michel Rouche, Clovis, Fayard, 1996.





La conférence (vidéo) complète est ici (1 h 30)



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Avortement — « le débat est clos » selon les médias et l’intelligentsia autoproclamée

Europe — Reflux du « droit » à l’avortement sur demande

États-Unis : les jeunes femmes adultes sceptiques envers le féminisme militant et l’avortement

Débat sur l’avortement : l’ainée est pro-avortement et défend l’ordre établi, la cadette pro-vie veut dialoguer