mardi 18 janvier 2011

Controverse autour d'un article sur l'éducation « à la chinoise »

En affirmant que l'éducation des enfants avec des préceptes « à la chinoise » fondés sur l'interdit et l'élitisme est supérieure au « laxisme » occidental, une mère de famille sino-américaine a déclenché une avalanche de débats sur l'Internet des deux côtés du Pacifique.

Dans son ouvrage Battle Hymn of the Tiger Mother (Chant de guerre d'une mère-tigre), Amy Chua, qui enseigne le droit à la prestigieuse université américaine de Yale, n'y va pas avec le dos de la cuillère pour louer les vertus de la coercition, qu'elle oppose au « mon enfant, fais de ton mieux » en vogue dans les familles occidentales qui ne peut selon elle déboucher que sur la médiocrité.


Une éducation très stricte

Un plaidoyer avant tout pro domo : cette fille d'immigrants chinois, qui ont quitté les Philippines pour s'installer aux États-Unis, a subi dans sa jeunesse une discipline éducative très stricte, qu'elle a reproduite sur ses filles, qui ressemblent aux enfants modèles de la comtesse de Ségur.

« De nombreux parents se demandent comment les parents chinois s'y prennent pour élever des enfants qui réussissent de façon stéréotypée. Ils se demandent ce que font ces parents pour engendrer autant de génies en maths et de prodiges en musique », écrit Amy Chua. « Et bien je peux leur répondre, car je l'ai fait », poursuit-elle sans s'embarrasser d'une quelconque modestie, en posant en exemple sa propre famille, selon des extraits de son livre récemment publiés par le Wall Street Journal.

De nombreux interdits

Amy Chua relève le paradoxe suivant : quand deux mères américaines sur trois estiment qu'insister sur la réussite scolaire n'est pas bon pour les enfants, « près de 0 % » des mères chinoises le croient. Et d'énumérer les choses que ses deux filles, Sophia et Louisa, n'ont jamais eu le droit de faire : découcher, avoir une soirée pyjama avec des copines, jouer dans une pièce de théâtre à l'école, se plaindre de ne pas jouer dans une pièce de théâtre, avoir une camarade de jeux, regarder la télévision, s'amuser à l'ordinateur, ne pas jouer du piano ou du violon, choisir elles-mêmes une activité de loisir.

« Il est totalement inenvisageable, raconte Amy Chua, que mes deux filles obtiennent un jour une note inférieure à la meilleure note sauf en théâtre et en gymnastique, et qu'elles jouent d'un instrument autre que le violon ou le piano, pour lesquels elles sont astreintes de suivre des cours. Sophia a d'ailleurs joué adolescente sur la célèbre scène du Carnegie Hall. »

La Sino-américaine relate aussi combien elle a choqué les invités d'un dîner quand elle a raconté avoir traité l'une de ses filles de « déchet », une apostrophe visant selon elle à obtenir « le meilleur » de sa progéniture.


Vidéo en anglais sur certaines mères asiatiques aux États-Unis.


Des réactions outrées

Les extraits du livre d'Amy Chua, propagés par les réseaux sociaux dont Twitter, ont fait des vagues et suscité des réactions outrées. La mère a été comparée à un « monstre » ou un à « tyran », des internautes lui promettant une rébellion inéluctable de ses filles. Les journaux ne précisent pas de quelles origines venaient ces promesses et outrages. Amy Chua a dit avoir reçu des menaces de mort par courriel. Une communauté d'opposants aux thèses de Amy Chua sur la « supériorité des mères chinoises » - qui ne sont pas forcément de nationalité ou d'origine chinoise selon l'auteur - s'est constituée sur Facebook.

En Chine, où la polémique n'a pas pris cette ampleur, le livre pourrait bien trouver un écho, estime Lao Kaisheng, de l'Université normale de Pékin. La politique draconienne de l'enfant unique y a engendré plus de 90 millions d'enfants uniques, souvent appelés « petits empereurs », car très gâtés, mais l'ouverture et la croissance de l'économie génère une concurrence croissante, explique-t-il. « Par le passé, les parents toléraient mieux les mauvaises notes scolaires », constate Lao Kaisheng.




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mercredi 12 janvier 2011

Agenda scolaire européen : nombreuses fêtes religieuses, aucune chrétienne

Depuis plusieurs années la commission européenne produit un agenda destiné aux élèves de collèges et lycées (écoles secondaires et cégeps) de l’Union Européenne. Cet agenda, distribué gratuitement aux établissements sur simple demande, a été édité à plus de trois millions d’exemplaires.

Dans l’édition 2010-2011 de cet agenda qui est proposé actuellement aux enseignants de l’union Européenne, figurent de nombreuses fêtes religieuses : juives, hindoues, sikhs et musulmanes, mais aucune fête chrétienne n’y est signalée. La fête de Noël, par exemple, célébrée il y a peu dans l’Europe entière, est tout simplement absente de cet agenda. La page du 25 décembre est vide… hormis cette petite citation : « Un véritable ami est quelqu’un qui partage vos préoccupations et votre joie »…

Le Ministre italien des Affaires étrangères a estimé que l’ommission des fêtes chrétiennes étaient indécente et a appelé au retrait des agenda.



Un porte-parole de la Commission a expliqué qu’il s’agissait d’une « gaffe » et a déclaré que, pour plus « d’exactitude politique », il n’y aurait pas de référence aux fêtes religieuses dans les prochaines éditions.

« Nous sommes désolés de cette polémique, et nous allons corriger cela dans la prochaine édition. Les fêtes religieuses ne seront pas mentionnées afin d’éviter toute controverse », dit-il.


Journal de 14 heures de France 2 du 12 janvier 2011

« Cet oubli est l’illustration d’une Europe qui n’assume pas ses racines chrétiennes et, ce faisant, se renie.  On ne doit pas avoir honte de l’Europe des clochers, qui est constitutive de notre identité. Rien n’obligeait à évoquer les fêtes religieuses. Si on choisit de le faire, alors faisons-le jusqu’au bout. »
Laurent Wauquiez, ministre chargé des Affaires européennes



Journal de 20 heures de TF1 du 12 janvier 2011







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mardi 11 janvier 2011

Légère baisse des naissances les 10 premiers mois de 2010

L'essoufflement du « mini baby-boom » au Québec semble se confirmer, malgré l'augmentation importante des dépenses liées à ce que le gouvernement qualifie de politique « familiale » ces dernières années.

Le nombre de naissances lors des 10 premiers mois de 2010 s'est élevé à 74 200, selon les chiffres préliminaires de l'Institut de la statistique du Québec. Les chiffres définitifs ne le seront pas avant une bonne année.

Ce nombre de naissances représente une baisse de 400 naissances par rapport au nombre de naissances de 2009 pour ces mêmes dix premiers mois, alors pourtant que la population québécoise a continué de croître en 2010.

En 2009, l'indice synthétique de fécondité s'établissait à 1,731 enfant par femme en 2009 en légère baisse par rapport à celui de l'année 2008 (1,735). Une légère augmentation du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants en 2009 expliquait que le taux de fécondité eût baissé  en 2009 alors que le nombre de naissances avait très légèrement augmenté. Il est fort probable que l'indice synthétique de fécondité en 2010 connaisse une nouvelle fois une légèrement diminution ou un plafonnement par rapport à celui de 2009.




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lundi 10 janvier 2011

Déscolarisés, mais instruits

La Presse de Montréal publie depuis une semaine, plusieurs articles sur la déscolarisation et l'instruction à domicile. Extraits et pointeurs ci-dessous.

Ils apprennent à leur rythme. Selon leurs préférences. L'astrologie ici, le roi Arthur là. Ou pourquoi pas la philosophie. Kantienne. Mais la question se pose : comment réussissent les enfants qui ne vont pas à l'école ? Dans ce deuxième volet de notre série sur la déscolarisation, La Presse s'attaque à l'épineuse question des résultats scolaires.

Par définition, les enfants déscolarisés ne passent pas d'examens, fonctionnent sans notes ni bulletins. Difficile, dans ce contexte, d'évaluer leurs apprentissages.

Quelques enquêtes ont néanmoins analysé la performance scolaire des élèves faisant l'école à domicile, un groupe hétérogène à l'intérieur duquel se retrouvent quelques marginaux: les élèves déscolarisés. Les données sont sans équivoque.

Ainsi, d'après un rapport publié en 2007 par l'Institut Fraser sur l'enseignement à domicile (Home Schooling: From the Extreme to the Mainstream), l'un des rares rapports canadiens sur la question, il semble effectivement que les enfants instruits à la maison réussissent systématiquement mieux que ceux qui fréquentent l'école (publique ou privée), et ce, dans tous les domaines. D'après une enquête réalisée auprès de plus de 20 000 familles aux États-Unis, les jeunes instruits à la maison se retrouvent entre le 82eet le 92e  percentile en lecture, et dans le 85e percentile en maths. Globalement, leurs notes oscillent entre le 75e et le 85e percentile, bien au-dessus des jeunes des écoles publiques (dans le 50e percentile), même des écoles privées (entre le 65e et le 75e percentile).

Une enquête canadienne arrive sensiblement aux mêmes résultats: ainsi, les jeunes instruits à la maison se retrouvent dans le 80e percentile en lecture et le 79e en maths, alors que les jeunes instruits dans le système public ou privé se classent dans le 50e percentile.

Un bémol, toutefois. Ces chiffres sont peut-être à prendre avec un grain de sel, étant donné que ces enfants passent les tests qui leur plaisent, surtout au moment de leur choix. Une nuance importante, quand on pense au contexte dans lequel se déroulent la plupart des examens scolaires formels. « Cela étant dit, étude après étude, on note quand même que les jeunes suivant l'école à la maison réussissent mieux que leurs pairs à l'école », fait valoir le rapport de l'Institut Fraser.

À noter, alors qu'il est généralement admis que le niveau d'éducation des parents influence le succès scolaire des enfants, cela ne semble pas être le cas ici : que la mère ait ou non un diplôme (même du secondaire), les enfants instruits à la maison ont des scores entre le 80 et le 90e percentile. Toujours loin devant les élèves du système public ou privé.

Et qu'en est-il des études supérieures? Les institutions universitaires commencent à s'intéresser à ces jeunes instruits différemment, conclut le rapport. Qu'il s'agisse de Harvard, Yale, Stanford ou du MIT, toutes ces universités américaines prestigieuses ont accueilli des jeunes instruits à la maison dans la dernière décennie. Stanford, par exemple, qui a reçu 36 demandes d'inscription de jeunes sans scolarité formelle en 2000, en comptait plus de 100 en 2007. De plus en plus d'institutions ont d'ailleurs des mesures établies pour leur admission (acceptant, faute de bulletins, les portfolios et lettres de recommandation). Au Canada, il s'agit des universités de Toronto, York et Dalhousie, entre autres.

Aucune francophone du Québec apparemment.

Autres articles du dossier :

Un lobby pour la déscolarisation.

La déscolarisation, une philosophie méconnue.

La déscolarisation au Québec.

L'école de la vie.





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mercredi 5 janvier 2011

Anglicisation de Laval : le mythe des enfants de la Loi 101 ?

Laval au Nord de Montréal s'anglicise rapidement, les clients se font aborder en anglais par les commerçants. Un grand nombre de ces anglophones ne sont pas de souche, mais issus de l'immigration.

N'a-t-on pas trop fondé d'espoir dans la capacité de l'école à franciser les immigrants ?


Voir aussi 

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

L'ADQ pour que l'État impose plus d'anglais dès la première année du primaire, qu'en dit un linguiste ?





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L'ÉCR irrite aussi des gens peu pratiquants

La Tribune de Sherbrooke rapporte (la version en ligne n'est que partielle)  :
Le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) n'est pas boudé que par des personnes très pratiquantes. Affirmant se rendre à l'église qu'une fois l'an à Noël, un père de famille d'Austin, Martin Venne, déplore son contenu ainsi que sa nature obligatoire.

À trois reprises ces dernières années, M. Venne a réclamé que sa fille aînée soit exemptée du cours d'éthique et culture religieuse, mais en vain. L'automne dernier, il a demandé une révision de la décision rendue par la Commission scolaire des Sommets (CSS) après avoir essuyé un nouveau refus. Sa démarche n'a pas porté fruit.

« On s'est fait dire que toutes les demandes seraient refusées », indique le père de trois enfants, qui estime que les commissions scolaires pourraient se montrer plus accommodantes envers les familles réfractaires à cette matière scolaire.

Martin Venne indique que ce sont à la fois les « orientations du cours et ses objectifs » qui lui déplaisent. « Ce n'est pas l'aspect éthique qui me dérange [Note du carnet : pour le collège jésuite Loyola c'était un des points sensibles], mais plutôt le contenu religieux, car c'est un fourre-tout en matière de religion. C'est aussi un programme multiculturel dans lequel on dilue la culture de la majorité », affirme-t-il.

Ce père de famille est d'autant plus irrité qu'il a l'impression que la nature obligatoire de cette matière brime la liberté de religion conférée aux citoyens par la Charte canadienne des droits et libertés. « J'ai un profond dédain des manœuvres par lesquelles on nous soutire des droits existant depuis longtemps. On avait le droit auparavant d'exiger un enseignement religieux conformes à nos croyances. Aujourd'hui on n'a plus le choix », note-t-il.

Évidemment, M. Venne espère que la Cour suprême du Canada, qui entendra une cause en lien avec ce dossier dans les prochains moins, forcera le gouvernement du Québec à faire preuve de plus de flexibilité.

[...]

Le « préjudice grave »

Agissant à titre de secrétaire générale de la CSS, Lyne Beauchamp répète qu'il faut démontrer que le cours cause un « préjudice grave »  [en réalité pourrait causer un préjudice grave] pour qu'on soit en mesure d'autoriser une exemption.

Or, comme plusieurs autres parents,[ selon Mme Lyne Beauchamp], Martin Venne n'a pas été en mesure d'effectuer ce genre de démonstration quand il s'est présenté devant le conseil de la CSS l'automne dernier. [Il n'y a pas plus sourds que ceux qui  ne veulent pas entendre. Surtout quand le ministère a déclaré qu'il n'accepterait aucune exemption.]


[Rengaine : « ce n'est pas un cours de religion confessionnelle »]

 Par ailleurs, Lyne Beauchamp note que le cours d'ECR n'a pas pour objet d'enseigner la religion à proprement parler. [Enfin pas une religion traditionnelle.] « Nous ne sommes pas une commission scolaire catholique, mais linguistique. Forcément [?], il est plus question de culture religieuse que de religion », mentionne-t-elle,  [Il existe des pays et le Québec il y a quelques années où les écoles laïques enseignent des cours de religion ! Voir la Belgique, l'Autriche, l'Allemagne, l'Alsace, etc.] avouant cependant ne pas posséder le contenu du cours sur le bout des doits.





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Écoles privées qui n'enseignent pas le cours d'éthique et culture religieuse comme le désire le Monopole

Peu avant Noël, la Commission consultative de l'enseignement privé a publié son rapport annuel où se retrouve son avis de renouvellement ou non d'enseignement pour les écoles dont le permis arrive à échéance.

Voici les écoles qui n'enseignent pas le cours d'éthique et de culture religieuse selon les désirs du Monopole de l'éducation du Québec :
  • Académie Beth Esther inc., avenue Van Horne,  Montréal (Québec) H2V 1K4
    « Toutes les matières prévues au Régime pédagogique sont enseignées, mais les arts, le cours d’éthique et de culture religieuse ainsi que le cours d’éducation physique et à la santé sont toutefois intégrés aux études juives. »
  • Académie Lavalloise, boulevard des Laurentides Laval (Québec) H7K 2J8
    le permis de l’établissement n’a été renouvelé que pour une période d’un an, et plusieurs conditions lui ont notamment été posées : [...]
    − respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse;
  • Collège Charlemagne inc., rue Pilon, Montréal (Québec) H9K 1G4
    Les informations indiquent un écart important entre le temps prescrit et celui prévu dans la grille-horaire du secondaire pour le programme d’éthique et de culture religieuse.
    Notons ces indications qui nous paraissent exagérées (pourquoi un collège privé doit-il utiliser le seul format de bulletin approuvé par un Monopole gouvernemental ?) :
    Des modifications devront donc être apportées aux bulletins et aux bilans des apprentissages afin de les rendre entièrement conformes.
  • École Beth Jacob de Rav Hirschprung, avenue Glendale, Outremont (Québec) H2V 1B3
    Toutefois, le cours d’éthique et de culture religieuse est modifié et ne respecte donc pas entièrement les visées du Programme de formation de l’école québécoise. En outre, les cours d’éthique et de culture religieuse et d’hébreu intégrés aux services éducatifs ne sont pas enseignés par du personnel enseignant qualifié.
  • École Montessori International, boulevard de l’Acadie Montréal (Québec) H4N 2S1 et chemin du Bas-de-Sainte-Thérèse Blainville (Québec) J7A 0A3
    Les bulletins comportent cependant certaines lacunes; on note que le programme Éthique et culture religieuse n’y est pas évalué. Enfin, aucun bilan des apprentissages n’est élaboré, et le matériel didactique utilisé n’est généralement pas celui approuvé par le Ministère.
  • École Montessori Ville-Marie inc., boulevard Gouin Ouest  Montréal (Québec) H4K 1B2, 760, rue Saint-Germain Montréal (Québec) H4L 3R5 et rue Roland-Forget Laval (Québec) H7E 4C1
    Le Ministère a alors signifié à l’organisme les conditions suivantes : faire appel à du personnel enseignant possédant les autorisations légales pour enseigner; respecter les exigences relatives à l’évaluation des apprentissages et, finalement, respecter les orientations du programme d’éthique et de culture religieuse et son contenu
  • École première Mesifta du Canada, avenue Ekers, Mont-Royal (Québec) H3S 1C6
    Les grilles-matières transmises indiquent que l’Art et le cours d’éthique et culture religieuse sont intégrés aux études juives.
  • École Sainte-Famille (Fraternité St-Pie X) inc., boulevard de la Rive-Sud, Lévis (Québec) G6V 7M5
    Le matériel didactique utilisé est celui approuvé par le Ministère, à l’exception du matériel pour les programmes Éthique et culture religieuse au secondaire et Monde contemporain.
    (parmi les programmes les plus idéologiques imposés par le Monopole).
  • L’École arménienne Sourp Hagop, rue Nadon Montréal (Québec) H4J 1P5
    De plus, le programme d’éthique et de culture religieuse n’est pas enseigné de la manière prévue dans le Programme de formation de l’école québécoise. Les bulletins, tant ceux de l’éducation préscolaire que ceux de l’enseignement primaire et de l’enseignement au secondaire, s’écartent des orientations ministérielles.
    [Peut-être sont-ils ainsi compréhensibles ?]
  • L’école St-Georges de Montréal inc., Le Boulevard
    Montréal (Québec) H3Y 1R9
    Au secondaire, le programme d’éthique et de culture religieuse est entièrement intégré au cours d’anglais
  • Yechiva Gedola-Merkaz Hatorah, chemin Deacon Montréal (Québec) H3S 2P4
    Les grilles-matières transmises montrent que le programme d’éthique et de culture religieuse n’est pas offert au primaire et que les arts ne sont pas enseignés dans toutes les classes. Au secondaire, le programme d’éthique et de culture religieuse et le programme Monde contemporain ne sont pas enseignés et les arts ne sont pas non plus offerts.
Il ne s'agit pas de toutes les écoles qui ne se conforment pas aux vœux du Monopole de l'Éducation du Québec en matière d'imposition du cours d'ECR. Il existe des écoles de notre connaissance dans ce même rapport qui n'enseignent pas ce programme controversé et qui ne sont pas épinglés par les fonctionnaires, c'est également le cas d'école dont le permis n'arrivaient pas à échéance et ne font donc pas l'objet d'une fiche de la part des commissaires de l'enseignement privé et de ses inspecteurs.

Notons aussi cet étrange reproche adressé à une école de Montréal :
Les droits de scolarité dépassent les maxima pouvant être exigés par un établissement agréé pour le primaire, puisqu’un don sans reçu d’un minimum de 1 500,00 $ et d’un maximum de 2 500,00 $ est exigé des parents des élèves du primaire.
En quoi cela regarde-t-il le Monopole de l'Éducation si les parents veulent payer plus pour l'éducation de leurs enfants ?


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mardi 4 janvier 2011

Écoles lavalloises — vague d'immigration, pauvreté et tensions raciales

Le journal La Presse de ce mardi 4 janvier nous dresse le portrait de l'évolution de la population scolaire ces dix dernières années :
Le portrait a bien changé dans les écoles de Laval au cours des dernières années. La commission scolaire est débordée par la vague d'immigration qui déferle sur l'île Jésus depuis 10 ans. La pauvreté et les tensions raciales font désormais partie du paysage scolaire. Six enseignants témoignent de leur réalité.

À l'école primaire Saint-Norbert, au cœur du quartier Chomedey, les classes de maternelle sont remplies, parfois aux trois quarts, d'enfants d'immigrés qui ne parlent pas un mot de français. La tâche est titanesque pour les enseignants, qui se plaignent d'une décision qu'a prise la commission scolaire il y a huit ans: supprimer les classes d'accueil à la maternelle.

Selon les enseignants, la commission scolaire de Laval est submergée par la vague d'immigration qui déferle sur l'île Jésus depuis 10 ans. « Ça augmente continuellement. Et avec le métro, les déménagements Montréal-Laval sont devenus plus fréquents que l'inverse », souligne une enseignante, qui travaille en classe d'accueil à Saint-Norbert, et qui a préféré conserver l'anonymat.

Selon des chiffres du ministère de l'Immigration du Québec, entre 1998 et 2007, 21 000 nouveaux arrivants ont posé leurs valises à Laval. «Pas nécessairement des gens qui débarquent au pays: il y a aussi un exode vers la banlieue d'immigrés installés à Montréal depuis quelques années», explique le porte-parole Claude Fradette.

Ils sont d'origine roumaine, libanaise, marocaine, algérienne, haïtienne.

[...]

Environ 15 % de ces Lavallois d'adoption ont le statut de réfugié.

[...]

L'école Saint-Norbert reflète cette nouvelle réalité et ressemble donc beaucoup à certaines écoles de Montréal. « Quand je dis à des gens de Montréal que je travaille à Laval, les gens disent : " Ah, une belle petite école tranquille. " Mais non! C'est comme à Montréal dans certains quartiers difficiles », raconte notre enseignante.

Et c'est d'autant plus difficile que la Commission scolaire de Laval ne semble pas avoir pris acte de ce changement. « Chaque année, on commence avec cinq ou six classes d'accueil et on augmente à une douzaine en cours de route. Chaque année, on commence au minimum et il faut réinventer la roue », dit une autre enseignante de Saint-Norbert, qui travaille elle aussi en classe d'accueil depuis des années.

Il y a quelques années, la Commission scolaire a même songé à fermer toutes les classes d'accueil. On voulait intégrer les enfants au secteur ordinaire en ajoutant un volet francisation. Une aberration, disent les profs. « Il a fallu se battre, monter des dossiers. Les enfants qui ne connaissent pas le français seraient un boulet dans les classes régulières », souligne une enseignante.

Les enseignants notent également un changement de mentalité chez les immigrés qui s'établissent à Laval. « Il y a 10 ans, nos enfants étaient motivés, ils voulaient apprendre. Le prof était vu comme une figure d'autorité. Aujourd'hui, on a des enfants différents, qui ont un rapport différent avec l'autorité, dit l'une des deux profs. On a beaucoup plus de problèmes de discipline. »

Conflits entre Québécois de souche et jeunes arabes

Un vent sec et glacial souffle en cet après-midi de février 2010. Ce jour-là, le terrain de l'école secondaire Saint-Maxime a l'air d'un champ de bataille. Environ 200 élèves et des dizaines de policiers de l'escouade anti­émeute, matraques à la main, se font face. Quelques policiers sont atteints par des morceaux de glace et des pierres.

Les élèves interrogés ce jour-là sont unanimes: un conflit entre Québécois de souche et jeunes d'origine arabe est à l'origine de cette escalade de violence.

[...]

« Une simple dispute au sujet d'une fille peut se transformer en affrontement ethnique », croit Julie Bossé, qui enseigne les mathématiques.

« L'affrontement avec les policiers était un jeu, pour eux », enchaîne son collègue, qui préfère garder l'anonymat. Les élèves ont avant tout un problème avec l'autorité, et d'abord avec les policiers, ajoute-t-il.

[...]

Pour les deux profs, le plus grave problème des élèves de Saint-Maxime ne se trouve pas dans la cour d'école ou dans les corridors, mais bien dans les salles de classe. « Nos élèves sont extrêmement faibles en général », résume Julie Bossé.

Dans son palmarès annuel publié par le magazine L'actualité, l'école Saint-Maxime était classée au 423e rang provincial sur 477 en 2008. « En fait, notre plus grande difficulté, c'est la langue. Pour au moins 50% de la clientèle, le français n'est pas la langue maternelle, ni même la deuxième ou la troisième langue, dit l'autre enseignant. On observe alors qu'il n'y a pas de bagage culturel commun. Pour une élève afghane qui ne sait pas lire ou écrire en français, les fables de La Fontaine ne veulent pas dire grand-chose. »

Immigration et pauvreté à Laval

Le visage de Laval a beaucoup changé au cours des dernières années avec la vague d'immigration qui y a déferlé. Et cette nouvelle réalité se reflète notamment dans les écoles.

Leurs boîtes à lunch sont presque vides, quelques-uns n'ont qu'un sandwich au ketchup. Certains n'ont pas de manteaux ou de bottes d'hiver et leurs parents ne peuvent acquitter la facture d'électricité. Plusieurs élèves de l'école élémentaire L'Escale vivent dans des conditions comparables à celles d'un pays du tiers-monde.

« Ici, c'est les Nations unies ! » lance Silvia Arantio, qui enseigne depuis 10 ans dans l'école de 325 élèves du quartier Saint-François.

Les pupitres de sa classe sont occupés par 23 enfants de six nationalités. Ils sont philippins, algériens, asiatiques. Environ 40% d'entre eux sont d'origine haïtienne.

Tricotées serré, les familles de ces élèves s'entassent souvent à 12 ou 15 dans un bungalow, dans des quartiers aux noms bucoliques: de l'Harmonie, de la Joie, de la Rosée.

Mais derrière le mirage banlieusard, la pauvreté est omniprésente. « Très souvent, les enfants n'ont pas déjeuné le matin, se sentent faibles et n'ont pas de vêtements d'hiver. Parfois, ils passent deux ans avec des chaussures de pointure 9 même s'ils devraient porter des 7 », décrit Mme Arantio.

Pour les enseignants de L'Escale, l'éducation ne se fait pas seulement devant un tableau noir, mais aussi à la maison. Il faut dire que les familles vivent souvent dans des conditions de grande austérité. «Les Haïtiens envoient souvent de l'argent à leurs familles en Haïti, surtout depuis le tremblement de terre alors qu'ils ne peuvent pas payer leur électricité», souligne Michel Gingras, aussi professeur à L'Escale, au service de la Commission scolaire depuis 20 ans. « On fait de l'éducation à tous les points de vue. Même pour l'hygiène. Ce n'est pas rare qu'on dise à des jeunes de sixième année de retourner à la maison prendre une douche », dit Silvia Arantio.

[...]

Laval est selon lui victime de sa réputation. « C'est la ville des extrêmes entre riches et pauvres. Le plus triste, c'est que ça ne s'améliorera pas. Il faut faire de l'éducation auprès des familles, parce que la pauvreté se transmet d'une génération à l'autre », prévient M. Gingras.

Secteur en mutation, lente ghettoïsation

Native de Saint-François, autrefois un quartier ouvrier blanc et francophone, Silvia Arantio a vu le secteur se muer avec les années en une sorte de prolongement du quartier Montréal-Nord. Les familles haïtiennes se sont en quelque sorte ghettoïsées.

Il y a quelques années, Saint-François était le terrain de jeu des gangs de rue dans l'île Jésus. La situation s'est améliorée dans les dernières années, de l'avis même des policiers. En fait, les problèmes se sont déplacés dans d'autres quartiers de Laval. Le quartier demeure extrêmement pauvre, et tente de peine et de misère de devenir plus prospère.

[...]




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samedi 1 janvier 2011

Espagne — « sain relativisme » du programme d'éducation à la citoyenneté admis par le gouvernement

Lors du recours engagé par des parents « objecteurs » contre le cursus obligatoire d'Éducation à la citoyenneté (EpC) en Espagne, une audience devant le Tribunal constitutionnel a permis d'en savoir un peu plus sur la philosophie qui anime l'État espagnol conduit par le socialiste Zapatero. Le procureur du gouvernement a ainsi dévoilé les présupposés idéologiques qui sous-tendent l'imposition dudit programme, dans ces arguments rapportés par Profesionales por la Etica, l'association qui défend les intérêts des parents. Ces présupposés sont clairs :
  • « La conception philosophique présupposée par la démocratie est le relativisme, qui n'est rien d'autre que l'autre nom de son pluralisme idéologique inhérent. » (Disons que ce soit le cas, c'est là une philosophie qui s'appliquerait à l'État afin de garantir une certaine impartialité devant la pluralité des conceptions de la vie bonne, mais à quoi servirait-il  qu'il oblige que chacun de ses jeunes citoyens devienne relativiste et limite donc dans les faits le pluralisme qu'il prétend défendre ?)
  • « La démocratie n'a pas à demander pardon d'être un régime essentiellement relativiste, sainement relativiste. »
  • « Aujourd'hui l'objection vise l'éducation à la citoyenneté. Demain on trouvera des objecteurs contre les sciences de la nature parce que dans leur cadre, on explique la théorie de l'évolution, incompatible avec la lettre du récit biblique de la Création. »
  • « Le principe pluraliste d'un État démocratique exige qu'on ait des citoyens capables de jugements moraux autonomes » (c'est-à-dire, qui ne soient pas soumis à une morale transcendante, qui leur soit extérieure et supérieure).
  • La Constitution ne permet pas que l'on puisse « considérer l'éducation ou les vertus civiques comme le monopole des parents »
Les allégations du Procureur général
Pourtant, la Constitution espagnole grave dans le marbre le droit des parents d'être assistés afin que leurs enfants reçoivent la formation religieuse et morale qui soit en accord avec leurs propres convictions…

Selon Leonor Tamayo, l'une des responsables de Profesionales por la Etica, ces déclarations permettront aussi d'appuyer le recours de 321 personnes qui contestent l'EpC devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en montrant la volonté d'endoctrinement dont se rendent coupables les pouvoirs publics espagnols.

« Nous ne pouvions espérer que ce soit la représentation de l'État elle-même qui reconnaîtrait par écrit et devant le Tribunal constitutionnel que l'éducation à la citoyenneté est une morale d'État destinée à former les élèves au relativisme éthique », a déclaré Mme Tamayo : c'est pourtant chose faite.

Reste à attendre ce que diront les juges. Ils auront également en tête ce dernier argument du représentant de l'État : celui-ci a déploré que les instances antérieures ne se soient pas penchées sur la possible « collision » entre la liberté idéologique des parents et celle de leur fille. Car les mineurs aussi ont droit à la liberté de croyance, assura-t-il : ils ont le droit d'être soutenus dans leur droit de ne pas partager les convictions de leurs parents, et de « ne pas avoir à souffrir leurs actes de prosélytisme » (comme l'écrit le journal de centre-gauche El Pais), les pouvoirs publics devant les aider en la matière face à leurs tuteurs, à ceux qui ont leur garde ou ceux qui exercent sur eux la puissance paternelle…

Ne sachant pas ce que pense la fille, a conclu le Procureur général, il n'est pas question de présumer de son accord avec ses parents : « Il paraît donc difficile d'octroyer aux parents la protection qu'ils demandent lorsqu'on a à ce point méprisé la liberté idéologique de la mineure ».

Voir aussi :

Télécharger le texte intégral des allégations en date du 27/12/2010 du Procureur général à la Cour constitutionnelle dans l'amparo (le pourvoi en protection) n° 4915/2010 (en espagnol).

Espagne — Plainte contre l’éducation à la citoyenneté devant le parlement européen



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