samedi 1 janvier 2011

Expulser la religion (et le choix) de la ronde des bambins

Extrait de l'éditorial du National Post du 28 décembre 2010 :


Lorsque l'État subventionne un modèle de garde des enfants, à l'exclusion des autres, il évince d'autres options, car la loi de l'offre et de la demande fait pencher la balance vers le choix le moins cher. Au Québec, la stratégie du gouvernement fut simple. À partir de 1997, il a offert de généreuses subventions aux organismes sans but lucratif communautaires et garderies réglementées, mais des subventions beaucoup plus faibles aux garderies à but lucratif non réglementées. Forçant ainsi ces garderies à but lucratif à se convertir en centres de la petite enfance à but non lucratif, afin de demeurer concurrentielles. Cela les a placés sous la coupe du gouvernement pour ce qui est des conditions de recrutement et, bien sûr, du programme de ces garderies.

Si le gouvernement du Québec réduisait ses subventions aux garderies, lesquels ont atteint 2 milliards de dollars en 2010-2011 (et venait également à éliminer une partie importante de sa bureaucratie pléthorique), il pourrait faire profiter tous les citoyens d'un allégement fiscal, ce qui donnerait aux parents la possibilité de choisir d’autres modes de garde – parmi lesquels celui de rester à la maison avec leur enfant – désormais plus abordables. Le gouvernement pourrait subordonner les subventions des garderies aux revenus des parents, plutôt que de fournir un système de garderie subventionnée au même prix pour tous et ainsi réduire les coûts associés au programme de garderie. L’État pourrait aussi mettre en place le fractionnement des revenus des parents afin de diminuer leurs impôts et leur permettre de choisir la forme de garde de leurs enfants qui les satisfait le mieux. Mais voilà, l’État verrait sans doute de nombreux tout-petits chanter des cantiques de Noël ou colorier des illustrations de menora. À Dieu ne plaise !

Affiche soviétique des années 30
« À la maison, je m'ennuie ! À la garderie, je suis content ! »
Québec pourrait aussi de la sorte produire une génération d’enfants plus équilibrée et mieux équipée. Dans une étude publiée en octobre 2010 du CIRANO, un centre de recherche de Montréal,[Note du carnet : étude passée sous silence par les médias francophones] des chercheurs ont conclu que l’accent mis par Québec sur les garderies a en réalité conduit à de moins bons résultats d’apprentissage : « De plus en plus d’enfants d’âge préscolaire sont en garderie à un âge de plus en plus jeune… les résultats disponibles indiquent que cette politique n’a pas, en général, amélioré la maturité scolaire des enfants ni les compétences précoces d’alphabétisation, mais qu’elle a eu des effets négatifs sur les résultats [des tests de vocabulaire en images] des enfants de 5 ans et probablement négatifs sur les enfants de 4 ans. »

Pour les familles, faire le choix d’une garderie non subventionnée ou travailler moins d'heures pour qu’un ou les deux parents puissent s'occuper de leurs enfants eux-mêmes représente une perte de revenus disponibles. Bien sûr, cela signifie également que les enfants seront élevés dans le respect des valeurs de leurs parents, dans un cadre familial où ils ont leur mot à dire, et où, apparemment, ils apprennent en général mieux.

Bien évidemment, nous comprenons qu'il doit y avoir des limites quant au type de pratiques religieuses encouragées dans les garderies subventionnées: peu de Québécois, par exemple, seraient d'accord qu’un établissement financé par l'État apprend aux très jeunes enfants que leurs parents iront en enfer s’ils ne vont pas régulièrement à l'église. Mais les restrictions que Mme James veut mettre en œuvre semblent même englober les activités religieuses les plus inoffensives.

La dernière expression de l’État-Nounou québécois doit nous servir de rappel : « on ne rase jamais gratis ». Quand nous abandonnons le libre choix, nous devons tous payer, y compris – malheureusement – nos enfants.

Liens connexes

Québec's Childcare Universal Low Fees Policy 10 Years After: Effects, Costs and Benefits#

L'impact sur le développement cognitif des enfants âgés de 4 et 5 ans de la politique de garde à 5 $ du Québec

Le « scandale des garderies religieuses »

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire

Détériorations des aptitudes sociales, comportementales et sanitaires dans les garderies québécoises




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Allemagne — Rebond inattendu des naissances

Cela faisait bien longtemps qu’il n'y avait pas eu de bonnes nouvelles en matière de démographie et de natalité en Allemagne. Et pourtant, petit miracle, entre janvier et septembre 2010, la courbe de la natalité a grimpé de 3,6%. Selon les chiffres préliminaires de l’Institut Fédéral des Statistiques installé à Wiesbaden, l’Allemagne a concrètement mis 510.000 enfants au monde au cours de la période. L’an passé, au long de ces mêmes mois, il n’y avait eu que 492 000 nouveaux-nés. Ces 3,6% d’augmentation ne représentent que 18.000 nouveaux nés de plus mais ils sont un signe favorable et peut-être une raison de retrouver un certain optimisme sur le futur de la population et du dynamisme d'un pays en voie de vieillissement accéléré.

Car c'est depuis les années 60 que la natalité allemande dégringole dangereusement. L’année dernière, le nombre des naissances en Allemagne a atteint des records de faiblessse. Au cours de l’année 2009, seuls 665.000 enfants sont venus au monde en Allemagne, soit 17.000 de moins qu’en 2008, et même pas la moitié du taux de l’année 1964...

En 2004, le Comité d’études des relations franco-allemandes affirmait dans une note sur la démographie allemande que le taux de natalité allemand (1,37 enfant par femme), l’un des plus faibles du monde, ne suffisait plus à renouveler les générations ce qui signifie que la population allemande non seulement vieillit mais qu'elle va diminuer.  

L’augmentation des naissances récemment enregistrée, même symbolique pour le moment, est d’autant plus étonnante que le pays compte toujours moins de mères potentielles. Chaque année, 300.000 femmes supplémentaires quittent le groupe des 15-45 ans étant en âge d’avoir des enfants.

Tout en préconisant de manier ces nouveaux chiffres avec la plus grande prudence, la Sueddeutsche Zeitung s’interroge: comment expliquer une telle augmentation des naissances quatre ans après l’introduction en Allemagne d'une l’allocation parentale, l’Elterngeld, visant justement à relancer les naissance? De même, comment se fait-il que le nombre de naissances explose au beau milieu d’une crise économique qui, il est vrai, affecte beaucoup moins l'Allemagne dont la croissance reste forte et le chômage contenu? Si les Allemands avaient décidé de repousser ou d’abandonner leurs projets d’enfants au début de la crise, en novembre 2008, les chiffres récemment publiés auraient été clairs… À vrai dire, il est bien trop tôt pour interpréter scientifiquement ces chiffres, qui ne disent encore rien d’une éventuelle tendance de long terme. Mais c'est en tout cas une très  bonne nouvelle pour l'avenir de l'Allemagne et d'un pays qui semblait tout simplement avoir perdu son élan vital.

Les dernières statistiques n'indiquent pas combien de ces nourrissons en 2010 sont nés de femmes d'origine étrangère. Toutefois, le plus récent rapport fédéral et local sur l'éducation publique démontre clairement la montée spectaculaire de la proportion d'immigrants dans les zones urbaines. C'est ainsi qu'à Francfort-sur-Main près de 72 pour cent de tous les enfants de moins de trois ans ont désormais un parent d'origine étrangère.


Sources Slate et MorgenWeb




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Father Raymond J. de Souza: Quebec worships the idol of secularism

Just before Christmas, Family Minister Yolande James announced regulations that would seek to ban religion instruction from daycare centres that take government money. Given that four-year-olds are unlikely to be studying theology, the Quebec government is out to stamp out religious expressions — prayers, songs, bible stories, manger scenes and even explanations for religious dietary practices.

Strangely, you can have a manger scene — you just can’t tell the children who the figures are. The scene is cultural, but Jesus is religious. In a Jewish or Muslim daycare, presumably the children could keep dietary laws but not be told why. Children could decorate a Christmas tree (cultural) but not sing Silent Night (religious). It’s easy to mock the silliness of Quebec society when it comes to religion — the nanny-state cracks down on the nurseries! — but violations of religious liberty are no laughing matter. Quebec’s antipathy to expressions of Jewish and Islamic faith, combined with a deep self-loathing of its Catholic heritage, makes for a toxic combination.

“In Quebec, secularism has become the new religion,” said Daniel Amar, executive director of the Quebec Jewish Congress.

That’s almost right. It’s secular fundamentalism that the Quebec government practises, touched by a totalitarian impulse that brooks no dissent, even from little children who might need help in colouring their religious pictures.

Our editorial board argued on Tuesday that Quebec’s massive subsidies for approved daycare spaces has effectively crowded out non-subsidized daycare. The economic argument is clear — subsidize one form of child care over all others, and soon there will effectively be just one form of child care. Daycare has been de facto nationalized in Quebec, and the national religion of intolerant secularism will now be imposed.

The cultural question is more troubling. So serious is Quebec’s government about imposing its view on all children that, concurrent with the new regulations, it will triple the number of inspectors to enforce them. Quebec will soon have 58 inquisitors dropping in on daycares to ensure compliance. One can only imagine the scene when the inquisition arrives, sifting through the sandbox in search of clandestine religious items. And who will write the code for the bureaucrats, ensuring that miscreant daycare workers don’t mention that la fête nationale was once upon a time Saint-Jean-Baptiste?

There is an economic cost to big government. There is also a cultural cost, if everywhere government goes alternative values and viewpoints must retreat. If government goes everywhere, including the care of babies, then not even babies are entitled to hear views that dissent from government dogma. Quebec has long since abandoned the neutral state in favour of the aggressively secular state. Where the Quebec state goes, religion must retreat, and there is no limit on where the Quebec state will go.

The heart of every culture is its attitude to the big questions of human life and existence. That’s why a sensible people leaves culture in the hands of the churches, the artists, the musicians and the writers. Only a deeply insecure society entrusts culture to bureaucratic inquisitors. And only bureaucratic inquisitors see threats emerging in the cradle.

Totalitarian states have always sought to control the kindergartens and the schools and the youth groups, all the better to ensure that the influence of parents on their own children is attenuated. There is the hard totalitarianism that comes by force of arms. Soft totalitarianism comes by way of subsidies, where first the family is embraced by the state, and only then is it suffocated.

The educational world in Quebec does not leave much room to breathe. On religious and cultural matters, the consensus position, as defined by the curriculum apparatchiks, must be taught without exception in all public schools, private schools and even at home. Until now, the preschoolers had escaped the stifling grasp of government. No longer.

As our editorial pointed out, the actual educational results of Quebec daycare are poor. Quebec’s nationalized daycares don’t teach little Quebeckers very much. Now they will ensure that the youngsters know even less.

Read more: National Post.





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mardi 28 décembre 2010

Wikileaks — jeu d'influence des États-Unis sur les programmes scolaires français

Les diplomates américains veulent-ils influencer l'école française pour en faire un reflet de leurs préoccupations et de leur modèle multiculturel par la valorisation des minorités ethniques et religieuses récentes ? Tout porte à le croire, à la lecture d’un câble diplomatique classé confidentiel et dévoilé par Wikileaks.

Daté de janvier 2010 et intitulé, Stratégie d'engagement auprès des minorités (« Minority Engagement Strategy »), il entend notamment faire pression sur les enseignants et les programmes scolaires :

« De plus, nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’ils prennent en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France ».

Version originale : «In addition, we will continue and intensify our work with French museums and educators to reform the history curriculum taught in French schools, so that it takes into account the role and perspectives of minorities in French history» (Source : Wikileaks).

Le diplomate prend également fait et cause pour les mesures de discrimination positive qui permet l'entrée de jeunes « défavorisés » à Sciences-Po sur la base de leur dossier (et donc leur origine ethnique le plus souvent) plutôt que leurs résultats au concours d'entrée de la haute école, ce qu'il nomme pudiquement « des mesures en faveur de l'intégration » :

« Les médias français restent très largement blancs, avec seulement une modeste amélioration de la représentation des minorités face aux caméras des principaux journaux télévisés. Parmi les institutions éducatives de l’élite française, nous ne connaissons que Sciences-Po qui ait pris d’importantes mesures en faveur de l’intégration. Alors qu’on note une légère amélioration de leur représentation dans les organisations privées, les minorités en France sont à la tête de très peu d’entreprises et de fondations. Ainsi, la réalité de la vie publique française s’oppose aux idéaux égalitaires de la nation. Les institutions publiques françaises se définissent encore par des groupes d’initiés et des politiques élitistes, tandis que l’extrême droite et les mesures xénophobes ne présentent de l’intérêt que pour une petite minorité (mais occasionnellement influente). »

« Cinquièmement, nous poursuivrons ce projet visant à partager les meilleures pratiques avec les jeunes leaders [des minorités] dans tous les domaines, y compris les jeunes leaders politiques de tous les partis modérés, telle sorte qu’ils disposent de la boîte à outils et de l’accompagnement nécessaires à leur progrès. Nous créerons et soutiendrons les programmes de formation et d’échanges pour enseigner les bienfaits durables d’une large inclusion aux écoles, aux groupes de la société civile, aux blogueurs, aux conseillers politiques et aux responsables politiques locaux. »

Au sujet de cet accompagnement des futurs leaders français, entendre des jeunes issus de l'immigration, nous vous renvoyons à l’entretien d’Ali Soumaré où ce dernier décrit ses contacts et entretiens avec le personnel de l’ambassade américaine à Paris.

L’auteur de ce câble diplomatique, Charles Hammerman Rivkin, ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France et nommé par le président Barack Obama le 1er juin 2009, est d’ailleurs prêt à tous les moyens pour parvenir à ses fins. Il annonce lui-même la couleur : jeu d'influence auprès de notables et politiciens français, stratégie agressive de communication envers les jeunes issus de l'immigration, pression sur les médias.

Visite dudit diplomate à Villiers le Bel lors de l'inauguration d'une fresque sur Martin Luther King auprès des futurs dirigeants de la France « métissée » :







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lundi 27 décembre 2010

Le Québec, champion du RitalinMC

Les Québécois sont plus que jamais les champions du Ritalin, un psychotrope dont le nom scientifique est le méthylphénidate. En 2010, les Québécois ont consommé près de 32 millions de pilules de cette famille de médicaments, ce qui constitue un nouveau record.

­« C’est alarmant de savoir qu’autant d’enfants consomment ce médicament. On ne devrait pas être content, ni fier de ça », lance la psychologue Suzanne Vallières, qui est aussi chroniqueuse au Journal de Montréal. Le phénomène inquiète aussi le docteur en neurosciences Joël Monzée, qui a publié cette année un livre dans lequel il dénonce cette situation, qu’il assimile à du « dopage scolaire ». Ainsi, en France, la Ritaline, et en Belgique, la Rilatine, font-elles partie des substances réglementées assimilées aux stupéfiants.

Au cours de la période de 12 mois qui a pris fin le 30 novembre dernier, les Québécois ont consommé 31 864 061 comprimés de méthylphénidate, la famille de médicaments regroupant le Ritalin et ses génériques, selon des données obtenues auprès d’IMS-Brogan. Cela représente une hausse d’environ 10 % par rapport au record atteint en 2009.

Le nombre de prescriptions pour obtenir ces comprimés, qui sont remises surtout aux enfants agités à l’école chez qui on diagnostique un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), est aussi en hausse.

Comme c’est le cas depuis plusieurs années, la consommation de ces médicaments est beaucoup plus importante au Québec qu’ailleurs au Canada.

Alors qu’elle compte pour moins du quart de la population, la province accapare désormais 35,3 % de l’ensemble des pilules et 44 % des ordonnances distribuées au pays.

Selon Suzanne Vallières, des enseignants mettent de la pression sur les parents pour que leurs enfants prennent des médicaments lorsque ceux-ci commencent à présenter un « trouble de comportement ».

La consommation de ces médicaments à l’âge adulte, ainsi que par des étudiants désirant accroître leur concentration durant les périodes d’examen, expliquerait aussi la croissance observée cette année.




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vendredi 24 décembre 2010

Les jeunes chimpanzés femelles jouent à la poupée

Deux éthologues américains ont aussi observé que si les jeunes primates jouent tous avec des bâtons, les femelles aiment les porter et les bercer.

Deux éthologues américains qui ont observé pendant quatorze ans la vie des chimpanzés de la communauté Kanyawara dans le parc national de Kibale en Ouganda. Les résultats de leur dernier travail, publiés cette semaine dans la revue Current Biology, montrent clairement que si les jeunes primates jouent tous avec des bâtons, les femelles aiment les porter, les bercer, comme des poupées, de manière maternelle sans équivoque. Il y a quelques années, des jeunes singes en captivité s'étaient vu offrir des monceaux de jouets de toutes sortes. Les femelles s'étaient précipitées vers les poupées, les mâles vers les tracteurs…

Ces découvertes, selon les deux éthologues, suggèrent que la tendance pour les jeunes filles à jouer plus fréquemment à la poupée que les garçons serait une « prédilection biologique » et non simplement le résultat d'une socialisation stéréotypée selon le sexe des sujets.




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mercredi 22 décembre 2010

Répression religieuse plus sévère dans les garderies que dans les écoles

Nous venons de recevoir ce communiqué de l'Association des parents catholiques du Québec.

Montréal, le 21 décembre 2010. L’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) déplore la décision gouvernementale de couper toute subvention aux garderies catholiques qui dispensent un enseignement religieux à l’intérieur de leur programme, par le biais de chansons, bricolages, bénédicités ou simples explications de la crèche ou d’une parole de Jésus.

« Les parents ont choisi, dans certains cas, d’envoyer leurs tout petits à des institutions qui ont une tradition catholique, à cause de la dimension religieuse qui s’y vit, » dit la présidente de l’APCQ, Madame Jean Morse-Chevrier. Le ministère de la Famille et des Aînés forme maintenant des surveillants pour faire le tour des garderies subventionnées, à partir de juin 2011, afin de s’assurer que les éducateurs ne transmettent aucun enseignement religieux. « On se croirait dans un état totalitaire, se plaint Madame Morse-Chevrier, puisque nos représentants élus s’arrogent le droit de décider à la place des parents du mode d’éducation des enfants. » Selon l’APCQ cette initiative de la part du gouvernement rappelle la même stratégie que celle exercée lors de l’imposition du cours d’éthique et culture religieuse. En effet, au nom du respect de la diversité, le gouvernement abolit de plus en plus la vraie diversité dans les institutions éducatives, selon Jean Morse-Chevrier. « Le Québec vire de plus en plus vers la répression religieuse et la discrimination contre les croyants de toute religion », décrie-t-elle.

Les parents, occupés à prendre soin de leurs petits et à travailler pour leur survie, devront payer en triple s’ils veulent contester cette décision gouvernementale, selon Madame Morse-Chevrier. Ils devront payer pour le soin des enfants, payer pour la garderie et payer pour toute contestation. Les parents vivent déjà une situation semblable dans les écoles, face au ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport. En effet, des parents de Drummondville voient leur contestation portée à la Cour suprême pour le simple droit d’exempter leurs enfants de la diversité religieuse et morale enseignée dans le programme scolaire d’éthique et culture religieuse.

Malgré cette contestation en cour, le gouvernement est allé de l’avant et a donné à toutes les garderies subventionnées la recommandation d’enseigner la diversité religieuse sans l’accord de leurs parents. Cette directive va encore plus loin que l’imposition du cours d’éthique et culture religieuse, puisque les écoles privées subventionnées peuvent au moins donner l’enseignement religieux.

L’APCQ encourage tous les parents à protester contre l'ingérence et le contrôle abusif du gouvernement dans les choix éducatifs des parents pour leurs enfants. Elle invite les parents à la contacter pour du support. « L'interdiction de toute activité et de tout enseignement religieux dans les garderies subventionnées est totalement contraire au rôle d'un gouvernement démocratique qui est de permettre la véritable diversité », selon Diane Joyal, présidente de la section de Montréal de l’APCQ.

-30-

Pour tout renseignement supplémentaire, s.v.p. contacter

Madame Jean Morse-Chevrier, présidente de l’Association des parents catholiques du Québec (APCQ) au 819-661-7140 ou
Madame Diane Joyal, présidente de la section de Montréal de l’APCQ au 514-279-0670 ou 514-254-2779.




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Religion à la garderie : membres d'un comité-conseil disent avoir été ignorés

La Presse de Montréal révèle que les travaux ont été mouvementés au comité chargé de conseiller la ministre Yolande James sur sa directive interdisant l'enseignement religieux dans les garderies subventionnées. Un spécialiste des relations interculturelles a claqué la porte après la première réunion. La représentante des garderies juives l'a imité plus tard. Et la porte-parole des CPE catholiques s'est sentie flouée par un gouvernement qui, selon elle, a imposé ses vues au comité.

Dévoilée vendredi dernier, la directive a été plutôt mal accueillie par les principales intéressées - les garderies religieuses, que les médias traditionnels n'avaient pas interrogés depuis l'annonce de la ministre. Elles reprochent au gouvernement de les avoir invitées à un comité-conseil sans écouter leurs doléances. Certaines entendent faire pression sur le gouvernement pour qu'il revoie sa directive avant son entrée en vigueur, le 1er juin.

« Les parents ne sont pas prêts à accepter ça. Ils sont prêts à s'unir à d'autres groupes pour faire entendre leur voix », a affirmé à La Presse sœur Ethel Rousselle, responsable de trois des cinq CPE des sœurs salésiennes de Don Bosco.

Elle a siégé au comité-conseil créé par la ministre. « J'ai été déçue. J'ai accepté de faire partie de ce comité parce que je pensais qu'on pourrait travailler ensemble. Mais la directive était déjà toute tracée, les choses étaient pas mal décidées. Ç'a été difficile pour nous d'émettre des opinions. », a-t-elle affirmé. Sœur Rousselle a tout de même siégé au comité jusqu'à la fin des travaux.

Sœur Ethel Rousselle interrogée par la chaîne Sel+Lumière

Invité à titre de spécialiste des relations interculturelles, Pierre Anctil, lui, a quitté le comité après la première réunion quand il est apparu que tout était déjà décidé à l'avance : « Ce qui était assez clair, c'est que ce n'était pas négociable. C'était pour nous dire que la décision était prise et que toute forme d'expression religieuse était nuisible pour le développement et l'intégration des jeunes enfants », a dit le professeur au département d'histoire de l'Université d'Ottawa. M. Anctil, anthropologue, a présidé le Conseil des relations interculturelles du Québec, un organisme gouvernemental, en 2002-2003.

« J'ai expliqué au comité que cette question était délicate du point de vue des droits fondamentaux protégés par les chartes. Et la directive semble violer les droits fondamentaux. »

« Je pense que l'État prend des risques en s'immisçant dans ce genre de problématique, a-t-il ajouté. L'enseignement religieux au primaire et au secondaire est cautionné et financé par l'État, tant dans les écoles catholiques que juives, musulmanes, grecques orthodoxes ou arméniennes. Je ne vois pas de quel droit on l'empêcherait au préscolaire. »

Les écoles confessionnelles peuvent en effet enseigner la religion, pourvu qu'elles respectent le régime pédagogique défini par l'État. Notons que des communautés possèdent à la fois des garderies et des écoles subventionnées.

Application ardue, communauté juive déçue

Selon M. Anctil, la directive sera difficile à appliquer. Il craint « l'arbitraire » des inspecteurs du ministère de la Famille, dont le nombre triplera.

Rappelons que la directive interdit les activités d'enseignement religieux dans les CPE et les garderies subventionnées. Mais elle n'empêche pas « une manifestation culturelle particulière liée à une fête à connotation religieuse », comme Noël. Les objets religieux sont permis, à condition qu'ils ne soient pas trop nombreux et ne servent pas à l'enseignement d'une religion. Les employés peuvent prier « individuellement », tout comme les enfants, pourvu qu'ils ne soient pas «  supervisés» ou « encouragés » par le personnel. Les enfants peuvent bricoler une crèche ou une menora pourvu que le personnel n'en profite pas pour inculquer une croyance.

Appliquer la directive sera « la quadrature du cercle », estime Daniel Amar, directeur du Congrès juif canadien, section Québec. L'association des CPE de la communauté juive, qui relève du Congrès, s'est retirée du comité-conseil en cours de route. « On a senti que les choses n'allaient pas dans le sens du compromis souhaité », a dit M. Amar.

Selon M. Amar, « la communauté est déçue. On a le sentiment que la communauté juive fera les frais de la quête de la laïcité absolue ».

Sœurs salésiennes œuvrent depuis plus de 30 ans

Sœur Rousselle déplore que le gouvernement n'ait pas reconnu de « droits acquis » aux garderies « qui sont là depuis plus de 30 ans », comme celles des sœurs salésiennes de Don Bosco, « qui ont fait leurs preuves et qui n'ont jamais eu de plaintes ». Les garderies de la congrégation « n'ont jamais endoctriné les enfants », a-t-elle ajouté.

« Fêter Noël sans être capable de parler de Jésus, pour moi, ce n'est pas Noël. L'application de la directive est difficile à accepter. » Les CPE catholiques consacrent « une vingtaine de minutes par semaine à des activités à caractère religieux ». « Pourquoi être pénalisé pour un si court laps de temps ? » a-t-elle demandé.

Association des projets islamiques charitables indifférente

La directive laisse indifférente l'Association des projets islamiques charitables, qui gère une garderie à Laval. Elle était pourtant au centre des reportages qui sont à l'origine de la controverse. « Tout ce qui est objet religieux, texte religieux ou enseignement religieux, on ne l'applique pas chez nous. Alors la directive ne nous concerne pas directement », a affirmé son porte-parole, Samir Taleb, qui a siégé au comité-conseil.

Le comité-conseil était également composé d'« associations nationales », comme l'Association québécoise des CPE et l'Association des garderies privées du Québec. Un théologien et chargé de cours à l'UQAM, Frédéric Castel, a siégé au comité à titre de consultant, mais il n'a « pas participé à la conception de la directive », qu'il n'a pas voulu commenter non plus.

Une centaine de CPE et garderies subventionnées de différentes confessions, qui accueillent environ 2000 enfants, enseignent la religion, selon le ministère de la Famille.




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Anglais interdit dans les textes chinois (sauf exceptions avec traduction)

Pour préserver la « pureté » de la langue chinoise, les journaux, magazines, livres et sites internet en Chine ne devront plus utiliser de termes anglais au milieu de textes en chinois, a annoncé une agence gouvernementale. L'usage croissant de mots et d'abréviations de langue anglaise « nuit gravement à la standardisation et à la pureté de la langue écrite et orale chinoise », selon une directive émise lundi par l'Administration générale de la presse et de l'édition et publiée mercredi par la presse.

Cette pratique « détruit un environnement linguiste et culturel sain et harmonieux, et exerce une influence néfaste sur la société », estime encore cette institution. En conséquence, « il est interdit d'introduire des termes étrangers comme des mots ou abréviations anglais dans des publications en chinois et de créer des termes qui ne sont ni chinois, ni étrangers, à la signification peu claire ». Les sociétés qui contreviendront à cette directive s'exposent à des « sanctions administratives », qui ne sont pas précisées.

Un certain nombre d'acronymes anglais sont régulièrement utilisés par la presse chinoise, comme NBA pour la ligue américaine de basket-ball, GDP pour le produit national brut ou CPI pour l'indice des prix à la consommation. L'Administration a néanmoins laissé la possibilité que des termes étrangers puissent être utilisés « si nécessaire », suivis de leur traduction ou d'une explication en chinois.

Protéger la pureté de la langue chinoise contre l'utilisation envahissante de l'anglais est un sujet qui a suscité de vastes commentaires en Chine, où certains ont même parlé de « crise du chinois ».

Mardi, le China Youth Daily a publié les résultats d'une enquête sur ce sujet, d'après laquelle 80 % des 3 269 Chinois qui ont répondu étaient d'accord pour dire que leur langue natale était en crise, 52 % en imputant la faute aux « Chinois, qui de nos jours s'attachent plus à apprendre l'anglais qu'à apprendre le chinois ».

He Yang, professeur de chinois à l'Université Renmin de Chine, a conduit un projet de recherche en 2009, dans lequel 319 étudiants de quatre universités de Beijing ont été testés sur leur connaissance de la langue chinoise. Il s'est avéré que seuls 2 % d'entre eux ont obtenu un score de plus de 70 sur 100, et que 30 % ont même échoué au test.

Un peu plus tôt cette année, Huang Youyi, directeur adjoint du Groupe China International Publishing, avait rédigé une proposition en mars pour la session annuelle du Comité National de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois dans laquelle il a déclaré : « Des mesures et des réglementations devraient être adoptées pour empêcher l'anglais d'envahir la langue chinoise ».

Plus d'informations

Le Quotidien du peuple — Les mots étrangers utilisés dans la langue chinoise vont être standardisés




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France — moitié moins de candidats professeurs en un an


Robert Ménard se penche sur le manque de postulants en enseignement. Le métier de professeur ne ferait-il plus rêver ?



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