mardi 4 mars 2025

L'agence de développement américaine (USAid) aurait soutenu les organismes anti-gouvernement PiS en Pologne

Selon une enquête publiée par l’hebdomadaire conservateur polonais Gazeta Polska, pendant le mandat de Joe Biden, des millions de dollars du contribuable américain ont été versés à des organisations en Pologne qui ont contribué à faire tomber le gouvernement le plus pro-américain de la Troisième République. L’agence gouvernementale USAID, le département d’État et la fondation National Endowment for Democracy (NED) ont financé des organismes qui ont combattu le gouvernement PiS en le qualifiant d’« antidémocratique » et de « persécuteur » des femmes et des homosexuels. Les personnes qui ont réclamé la punition du « criminel » Kaczynski dans la presse américaine ont été soutenues. Dans un document interne, l’USAID a également recommandé de lutter contre les médias gênants en les privant de revenus publicitaires, ce qui est actuellement le cas de la Télévision Republika.

Donald Tusk et « l’argent tombant du ciel ». Tusk est président du Conseil des ministres de Pologne depuis décembre 2023. Il a été élu grâce aux soutiens de la Plateforme citoyenne, un parti européiste politiquement correct.

La décision de Donald Trump de suspendre les financements de l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international) et, à terme, de supprimer probablement l’agence elle-même, a indigné et choqué les cercles de gauche du monde entier. En effet, depuis de nombreuses années, des milliers d’activistes vivent confortablement de l’argent américain, poursuivant l’agenda politique et moral de l’« internationale » progressiste.

C’est également le cas en Pologne, en particulier ces dernières années. Le fait que l’injection d’argent américain dans les ONG polonaises (en particulier celles impliquées dans l’activisme politique et social de gauche) se soit intensifiée sous le gouvernement de la droite américaine est dit avec une franchise désarmante par les activistes eux-mêmes. « Les fonds américains étaient très présents en Pologne dans les années 1990 et au début des années 2000, puis ils se sont éloignés de l’Europe centrale. La situation a changé il y a trois ou quatre ans, lorsque l’USAID a de nouveau accordé des subventions à cette partie de notre continent. Il s’agissait de fonds destinés à des activités liées à la démocratie, aux médias, à l’État de droit, à l’égalité et aux droits de l’homme » - Dominika Bychawska-Siniarska, avocate du Centre de la société civile de Prague, qui s’occupe depuis de nombreuses années des organismes polonais vivant de subventions, l’a récemment admis dans une interview accordée à l’Agence de presse polonaise.

Éliminer les médias indépendants

En 2021, un mois après l’investiture de Joe Biden, l’USAID a créé un document interne de 97 pages intitulé « Abécédaire de la désinformation ». L’abécédaire « à usage interne uniquement » a été rendu public quelques années plus tard, grâce à l’organisation America First Legal, qui a obtenu en justice le droit d’accès à l’information publique. Le document recommande aux gouvernements, aux ONG et aux médias de travailler ensemble pour lutter contre le « désordre de l’information ». Il propose également un certain nombre de stratégies, telles que la promotion et la mise en sourdine de contenus par le biais de moteurs de recherche ou la suppression des recettes publicitaires pour les médias mal notés. L’objectif est d’empêcher « la création de récits qui divergent des courants dominants ». L’idée est d’empêcher « les individus de partager leurs propres enquêtes dans le cadre d’une discussion plus large », créant ainsi une « expertise populiste qui façonne et soutient leur vision alternative du monde ».


À l’abri des regards, le document souligne que certains annonceurs « financent et amplifient par inadvertance les plateformes qui désinforment ». Pourtant, priver les médias gênants de revenus publicitaires les empêcherait de « diffuser les nouvelles ». C’est pourquoi, selon l’étude de l’USAID, « des efforts ont été déployés pour informer les annonceurs des risques comme celui de menacer la sécurité des marques en les plaçant à côté de contenus répréhensibles ». Une telle opération — priver les médias prétendument « désinformateurs “de publicité — présente également un autre avantage, selon l’USAID : elle permet de” rediriger les financements vers des domaines d’information de plus grande qualité ». Cela vous rappelle quelque chose ? Une stratégie identique est appliquée depuis le début de l’année 2024 à Telewizja Republika, qui est aujourd’hui la plus grande chaîne d’information de Pologne. Le processus implique des acteurs étatiques, des acteurs non gouvernementaux (comme Jerzy Owsiak qui fait chanter les annonceurs), des médias libéraux (qui appellent au boycottage) et des acteurs du monde des affaires, souvent avec des capitaux étrangers. L’objectif est de détruire TV Republika ou du moins de la réduire à un rôle de chaîne de niche insignifiante, tout en renforçant — sur le plan des médias et du marché — la concurrence libérale et grand public.
 

« Nous pouvons travailler très dur sur des listes d’exclusion [d’entités médiatiques — NDLR] et d’inclusion pour convaincre l’industrie mondiale de la publicité de dépenser ses dollars publicitaires pour de bonnes nouvelles et de bonnes informations », a déclaré Jeanne Bourgault à 2024 Davidson. - a déclaré Jeanne Bourgault à 2024 Davos, lors d’une table ronde intitulée « Défense de la vérité », qui a fait couler beaucoup d’encre. Mme Bourgault dirige une organisation, officiellement non gouvernementale, appelée Internews Network (IN), qui vise à « créer un écosystème d’information sain ». IN a reçu au total près de 0,5 milliard de dollars de subventions au fil des ans de la part de… USAID — l’argent du contribuable américain a représenté 95 % du budget d’IN.

L’argent de l’USAID a financé, entre autres, des projets de la Fondation Homo Faber, basée à Lublin. Le plus récent d’entre eux, toujours en cours de mise en œuvre en janvier 2025, est « Découvrir l’Arabie », présenté comme « une série de réunions au cours desquelles nous invitons les habitants de Lublin à découvrir le monde arabe, sa culture, sa cuisine, ses coutumes, ainsi qu’à rencontrer des personnes originaires de pays arabes qui vivent à Lublin ». La responsable d’Homo Faber, Anna Dąbrowska, a accusé le gouvernement Droit et Justice (PiS) de mener des politiques « anti-ukrainiennes » et « anti-islamiques » dans les médias en 2018. 

« J’ai emmené ma femme et mon enfant avec moi et je me suis enfui en Allemagne. Je ne me sentirais pas en sécurité en Pologne. Le gouvernement, malgré les critiques des merveilleux Polonais et de la communauté internationale, nous refuse toujours catégoriquement le droit d’être des réfugiés », aurait écrit un certain Mohammed. Un autre militant d’Homo Faber a souligné dans les médias que la Pologne « condamnait délibérément les étrangers à mort » et tentait de légaliser « des pratiques terribles ». C’est la fondation de Lublin qui a co-créé le groupe Granica, lors des manifestations duquel les gardes-frontières polonais ont été qualifiés d’assassins. Ajoutons qu’en 2014, Homo Faber avait mis en garde contre la « russophobie » croissante en Pologne.

Un autre bénéficiaire des fonds de l’USAID a été la Fondation Centre pour l’éducation civique, qui s’est battue en tant que « citoyenne » contre le ministre Przemysław Czarnek (« lex Czarnek ») et a préparé des plans de cours pro-immigrés sur les réfugiés pour les écoles, critiquant le gouvernement PiS. C’est le Centre d’éducation civique qui est à l’origine de « Latarnik Wyborczy » (cofinancé par l’USAID) — un test électoral en ligne annoncé dans les médias libéraux comme un guide pour les électeurs indécis. Le problème était que le test était construit de telle manière que même après avoir répondu « Je n’ai pas d’opinion » aux 25 questions, il indiquait que l’électeur devait voter pour la Coalition civique.

Source : Gazeta Polska

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Reprise en main de la Télévision publique polonaise [par les « libéraux » ] : direction limogée, 4 chaînes cessent d'émettre 

Les décès dus à la chaleur sont surmédiatisés, alors que les décès dus au froid sont ignorés


Le réchauffement climatique entraîne effectivement une augmentation des décès dus à la chaleur. Mais le froid fait beaucoup plus de victimes, selon un article de Bjorn Lomborg.

Chaque fois qu'il y a une vague de chaleur - que ce soit dans notre pays ou à l'étranger - les médias s'y intéressent. Les hommes politiques et les militants interviennent alors pour avertir que le changement climatique est en cause et qu'il faut réduire les émissions de carbone. Mais ils ne nous racontent qu'une petite partie de l'histoire et leurs conseils sont franchement terribles.

Le réchauffement de la planète entraîne une augmentation des vagues de chaleur, ce qui accroît le risque de décès dû à la chaleur. Mais il entraîne également une diminution des températures froides, ce qui réduit le risque de décès par le froid. Presque partout dans le monde, et pas seulement au Canada, le froid tue cinq à quinze fois plus de personnes que la chaleur.

La chaleur fait l'objet d'une grande attention, à la fois en raison de son lien évident avec le changement climatique et parce qu'elle est visible et photogénique. Elle tue généralement dans les quelques jours qui suivent une température trop élevée, car elle modifie l'équilibre hydroélectrolytique des personnes les plus faibles, souvent les plus âgées.

Le froid, quant à lui, tue lentement, souvent sur plusieurs mois. À basse température, le corps resserre les vaisseaux sanguins extérieurs pour conserver la chaleur, ce qui fait monter la tension artérielle. L'hypertension artérielle est la première cause de mortalité dans le monde, responsable de 19 % des décès.


Selon l'endroit où nous vivons et en tenant compte des infrastructures, comme les systèmes de chauffage et de refroidissement, et des autres moyens que nous utilisons pour nous maintenir à l'aise, il existe une température à laquelle les décès sont réduits au minimum. Si la température se réchauffe ou se refroidit, le nombre de décès augmente.

Une étude récente du Lancet montre que si l'on compte tous les décès supplémentaires dus à des températures trop élevées dans le monde, la chaleur tue près d'un demi-million de personnes par an. En revanche, les températures trop froides sont neuf fois plus meurtrières, tuant plus de 4,5 millions de personnes.

Au Canada, il n'est pas surprenant que le froid soit plus de 12 fois plus mortel que la chaleur. Chaque année, environ 1 400 Canadiens meurent à cause de la chaleur, mais plus de 17 000 meurent à cause du froid.


Source : National Post

lundi 3 mars 2025

Baisse des non-religieux dans la génération Z (nés entre 1997 et 2006)

Pendant les dernières décennies la religiosité a sans cesse baissé aux États-Unis. Mais des données récentes montrent que cette tendance est en train de s'inverser. La part des Américains qui s'identifient comme religieux s'est stabilisée, et cette stabilité de la foi a une source surprenante : la génération Z.


En 1972, quelque 90 % des Américains se disaient chrétiens, contre à peine 5 % qui se déclaraient sans appartenance religieuse (les chercheurs les appellent les « Sans »). En 2021, les « sans religion » étaient passés à 29 %, une augmentation qui s'est avérée constante, quels que soient la race, le sexe, le revenu et le niveau d'éducation. En moyenne, chaque nouvelle cohorte de naissance a été 10 % moins chrétienne que ses prédécesseurs.

Mais de nouvelles données du Pew Research Centre montrent que la génération Z est à peu près aussi religieuse que ses aînés. Si les Américains nés entre 2000 et 2006 — une cohorte au cœur de la génération Z — avaient été semblables à leurs prédécesseurs, environ 41 % d'entre eux se seraient identifiés comme chrétiens. Au lieu de cela, les données de Pew montrent que 46 % d'entre eux le sont.

Près des trois quarts des membres de la génération Z déclarent se sentir seuls.  Pour certains membres de cette génération isolée, l'église pourrait être la source d'un certain réconfort. 

dimanche 2 mars 2025

Écoles québécoises : « C’est la démographie, stupide ! »

Texte de Frédéric Lacroix sur son carnet :

Le rapport d’enquête concernant la « Vérification des mesures prévues à la Loi sur la laïcité de l’État » commandé par le ministre de l’Éducation à la suite de plaintes pour non-respect de la Loi dans la foulée des révélations médiatiques sur l’école Bedford et d’autres écoles est maintenant disponible. Dix-sept écoles, situées dans toutes les régions du Québec (de Saguenay à Montréal en passant par Québec, la Rive-Sud et Laval) ont été visées par l’enquête.

Pour quiconque évolue encore mentalement dans les années 90 et s’imagine que le Québec serait une société préservée des conséquences de l’immigration massive, la lecture de ce Rapport est une belle claque en pleine face. Voici, en vrac, des extraits du Rapport :

  1.     Niqab (p. 14) : Des élèves d’écoles du Québec portent maintenant le voile intégral, le Niqab. Le personnel, mis face à ces symboles d’un islam ultra-rigoriste, renonce à exiger de découvrir le visage pour identifier les élèves. Traduction : Le personnel des écoles a peur de certains élèves. Tout le monde est au courant des décapitations de professeurs par des islamistes qui ont eu lieu en France.
  2.     Refus de répondre aux profs masculins (p.14) : « Il a également été porté à l’attention des vérificateurs, sans être corroboré par ces derniers, que certains enseignants masculins ne seraient pas en mesure d’échanger verbalement avec des élèves entièrement voilées, ces dernières ne répondant pas aux enseignants masculins qui les saluent. Ces élèves ne poseraient également aucune question en classe, et ce, malgré le fait que certaines d’entre elles éprouvent des difficultés scolaires »
  3.     Restrictions pour les filles en éducation physique (p.15) : Les jeunes filles portant des tenues islamistes, on le comprend à mi-mot à la lecture du Rapport, sont dispensées ou « accommodées » en éducation physique.
  4.    Confusion liée à la clause grand-père et à la portée trop restreinte de l’interdiction des signes religieux (p.18) : « Cela semble créer une certaine incompréhension au sein du réseau scolaire, auprès des parents et des citoyens. Alors que les enseignants sont visés par l’interdiction de porter un signe religieux dans leur fonction, les aides à la classe et les éducatrices en service de garde, qui sont également régulièrement en contact avec les élèves et en situation d’autorité avec ceux-ci, ne sont pas visées par cette disposition. Il en est de même pour tous les professionnels et autres intervenants présents dans les établissements d’enseignement ».
  5.    Absences massives lors de fêtes religieuses musulmanes, chez les élèves comme chez les enseignants : (p.21) « en raison du nombre élevé de demandes de congés pour certaines fêtes religieuses, qui peut parfois représenter plus du quart du personnel enseignant, par exemple, il n’est pas toujours possible d’assurer ce service de qualité. Afin d’accommoder le plus grand nombre possible de personnes, certains établissements ont parfois recours à des suppléants qui se voient dans l’obligation d’offrir des activités alternatives, comme la projection d’un film, plutôt que le contenu du cours inscrit à l’horaire ». (p.29) « certaines classes voient plus de la moitié de leurs élèves être absents ».
  6.    Imposition de nourriture « halal » à une partie ou à l’ensemble des élèves (p.26) : « Lors des activités sociales, par exemple, une fête en début ou en fin d’année scolaire, les directions d’établissement font le choix d’offrir un menu qui satisfera un maximum d’élèves et d’employés (allergies, halal, etc.) ».
  7.     Changements dans l’enseignement et la dynamique de classe face à la pression de l’islamisme (p.27) : « les témoignages recueillis confirment qu’afin d’éviter de heurter certaines croyances religieuses ou culturelles, des ajustements sont faits par des directions d’établissement et certains enseignants dans le choix du matériel scolaire à utiliser. À titre d’exemple, des enseignants évitent de proposer des romans faisant état de relations amoureuses ou traitant de magie, de sorcellerie, etc. De plus, des sujets d’actualité ne sont pas abordés avec les élèves par certains enseignants, par exemple, le concept d’égalité entre les hommes et les femmes ou l’identité de genre ». (p.28) « certains élèves se bouchent les oreilles lorsque certains sujets sont abordés crée un climat où d’autres élèves, ayant des questionnements sur leur orientation sexuelle, par exemple, évitent de poser des questions ou se sentent mal à l’aise de le faire, de crainte d’être jugés ».
  8.    Affaiblissement du français comme langue commune dans les murs de l’école (p.29) : « des membres du personnel conversent dans une autre langue que le français devant les élèves ».
  9.     Impact du ramadan sur les élèves (p.29) : « des établissements rapportent avoir dû s’interroger sur la pratique du jeûne par de jeunes élèves, parce que des signes de fatigue ou de l’inconfort étaient observés ».

Ce Rapport a le mérite de nous mettre face à une réalité que plusieurs ne veulent pas voir : non seulement nous avons importé l’islamisme, qui vient dans les bagages de l’islam (même si les deux ne se superposent pas entièrement), en choisissant comme critère presque exclusif de sélection des immigrants la connaissance du français et en faisant fi d’autres caractéristiques cruciales pour l’intégration, mais l’ampleur de l’immigration depuis une vingtaine d’années (1,46 million de personnes !) reconfigure complètement notre tissu social et nos écoles. Nous avons maintenant de nombreuses écoles publiques où la majorité des élèves sont issus de l’immigration et où une partie importante du personnel l’est également. Beaucoup d’écoles sont des moins en moins « multiculturelles » et de plus en plus « monoculturelles ». Les élèves de culture « canadienne-française » sont une espèce en voie de disparition partout dans le grand Montréal et dans d’autres villes (comme Québec).

Rappelons qu’en 2023, par exemple, 35 % des élèves des écoles publiques étaient issus de l’immigration (1re et 2e génération). Ceux-ci sont majoritaires dans des dizaines d’écoles et cette tendance connait une accélération exponentielle. 37 % des nouveau-nés au Québec sont issus de l’immigration, une tendance qui s’accélère au point où l’on peut penser que la barre du 50 % sera atteinte d’ici une petite quinzaine d’années. On a envie de s’écrier, en parodiant le conseiller économique de Bill Clinton en 1992, « c’est la démographie, stupide ! ».

Le Rapport nous fait voir que des écoles publiques sont maintenant des « zones de non-droit », des « territoires perdus de la république », où plus aucun parent sain d’esprit ne voudra envoyer ses enfants. Cette dynamique, à mon avis, accélère la fuite vers l’école privée (même chose en France). Pire encore, ce que l’on voit avec « l’ajustement » des programmes d’études, l’imposition de la nourriture halal, le sexisme grandissant (pour ne pas mentionner l’homophobie), etc., c’est que des écoles publiques sont en train de devenir « charia compatibles ». Derrière cela se profile, sans l’ombre d’un doute, l’activisme des Frères musulmans pour qui rendre la société charia-compatible, en commençant par l’école, est la première étape sur la route qui mène au califat.

Si le Rapport fait des recommandations pertinentes (je rajouterais cependant à ces recommandations l’interdiction du port de signes religieux aux élèves) et que je salue le courage de M. Drainville de s’y attaquer, il ne faut pas oublier que toute tentative de simplement gérer les méfaits sans s’attaquer à la racine du problème est vouée à l’échec. Et le fond du problème est l’immigration massive et l’immigration chez nous d’un grand nombre d’islamistes (mais connaissant le français !).

Nous avons besoin, en plus d’une série de mesures renfonçant la laïcité et d’une politique de lutte contre les organisations Fréristes, surtout et de façon urgente, d’un moratoire complet sur l’immigration pour une période prolongée (en plus d’une refonte totale de notre politique migratoire) afin de cesser d’aggraver le problème.

Voir aussi

 Réaction hostile de la part des élèves immigrés à l’arrivée d’élèves « de souche »

 France — 23 % des moins de 35 ans fêtent le ramadan

Montréal — 56 % des élèves y sont issus de l’immigration 

Le mythe de l’école « neutre » 

La solitude des enseignants face à la montée de l’islamisme

vendredi 28 février 2025

Elon Musk et les organisations dites non gouvernementales mais qui sont massivement financées par l'État


Elon Musk au micro de Joe Rogan — Les ONG sont un véritable cauchemar. Et c'est un terme erroné car si on a une organisation non gouvernementale financée par le gouvernement, on est tout simplement en face d'une organisation financée par le gouvernement. C'est un oxymore.

Joe Rogan — Oui, c'est une échappatoire.

Elon Musk — Oui, en fait, les ONG financées par le gouvernement sont un moyen de faire des choses qui seraient illégales s'il s'agissait du gouvernement, mais qui sont en quelque sorte rendues légales si les fonds sont envoyés à une soi-disant organisation à but non lucratif. Mais ces organisations à but non lucratif sont ensuite utilisées, les gens retirent de l'argent de ces organisations à but non lucratif. Ils deviennent très riches grâce aux organisations à but non lucratif, ils se versent des sommes énormes par le biais de ces organisations.

Joe Rogan — C'est insensé. De voir que cela dure depuis si longtemps.

Elon Musk — C'est une gigantesque escroquerie. L'une des plus grandes, peut-être la plus grande escroquerie de tous les temps.

Joe Rogan — Et combien y a-t-il d'ONG ?

Elon Musk — Euh, je pense, un total d'ONG... probablement des millions. Mais en termes de grandes ONG, des dizaines de milliers. C'est une sorte de piratage du système. Lorsque quelqu'un parvient à créer une ONG pour une somme d'argent relativement modeste, George Soros est vraiment doué pour cela. George Soros est comme un « pirate » du système, il a compris comment pirater le système. C'est un génie de la médiation. Je veux dire, de nos jours, il est assez vieux, mais c'est un génie de de l'effet de levier. Il a donc compris qu'il était possible d'utiliser une petite somme d'argent pour créer une organisation à but non lucratif, puis de faire pression sur les politiciens pour qu'ils envoient une tonne d'argent à cette organisation à but non lucratif. Ainsi, vous pouvez prendre ce qui pourrait être un don de 10 millions de dollars à une organisation à but non lucratif pour la créer et la transformer en une ONG d'un milliard de dollars. Sans but lucratif est un mot bizarre, il s'agit simplement d'une organisation non gouvernementale que le gouvernement continue de financer chaque année. Elle portera un nom qui sonne bien, comme « Institut pour la paix » ou quelque chose comme ça. Mais en réalité, il s'agit d'une mine de pots-de-vin. 

Mali — Sous la pression financière de la junte militaire, les écoles catholiques menacent de fermer


Au Mali, une forme insidieuse de sécheresse frappe l’enseignement catholique qui risque d’être privé d’une manne indispensable à sa survie : la junte militaire au pouvoir a en effet confirmé son intention de geler toutes les subventions publiques accordées aux établissements catholiques dans le pays.

L’école catholique a su peu à peu se rendre indispensable dans le système éducatif malien. Les premiers établissements scolaires gérés par l’Église catholique ont été fondés entre 1889 et 1904 sur le sol de ce que l’on nommait alors le Soudan français, avec des institutions pionnières telles l’école de Kita, fondée le 15 mai 1889, et celles de Tombouctou et Ségou, créées respectivement en 1895 et 1896.

Ces établissements ont contribué à la formation intellectuelle, morale et spirituelle de nombreux jeunes Maliens, et cela indépendamment de leur appartenance religieuse. Étant donnée cette place prépondérante, une convention est signée en 1972 entre l’État malien et l’Église catholique : elle prévoit que l’État prenne en charge 80 % du salaire des enseignants des écoles catholiques.

Coup de tonnerre en 2024 : la junte militaire au gouvernement, qui ne cache pas ses sentiments anti-français, a annoncé son intention de suspendre cette subvention, invoquant des motifs allant de la crise économique au respect de la laïcité : « Compte tenu des restrictions budgétaires, il est difficile de subventionner certaines écoles au détriment d’autres », déclarait, il y a quelques mois, l’ancien premier ministre Choguel Kokalla Maïga.

Face à cette situation, les évêques du Mali avaient envisagé un temps de suspendre les activités pédagogiques pour l’année scolaire 2024-2025 dans les 138 écoles que compte le pays. Après une série d’âpres négociations, le gouvernement avait finalement décidé de reporter la suspension des subventions à l’année scolaire 2025-2026, permettant ainsi aux écoles de continuer à fonctionner pour l’année en cours.

Plus les semaines et les mois passent, plus la situation des écoles catholiques devient incertaine : « Nous sommes complètement dans le flou et notre grande question est : “Que se passera-t-il à la fin de l’année scolaire en cours ? Devrons-nous licencier les enseignants ? Quelles options s’offrent à nous afin de poursuivre notre mission éducative dans le pays ?” », s’interroge l’un des acteurs du projet éducatif au Mali, dans un rapport publié par l’organisme Aide à l’Église en Détresse (AED), le 20 janvier 2025.

Mais la fermeture envisagée, faute de financement, d’établissements catholiques estimés par la majorité musulmane pour la qualité de leur enseignement, interroge bien au-delà des seuls catholiques qui représentent à peine 2 % de la population malienne.

Car ces écoles constituent aussi un facteur de stabilité et de paix sociale, dans un pays en proie aux violences de toutes sortes : « Dans nos écoles, dès l’enseignement primaire, les enfants sont sensibilisés à la promotion de la paix et au respect des autres », souligne le rapport de l’AED.

À la tête du Mali depuis 2020, la junte militaire dirigée d’une main de fer par le général Assimi Goïta est confrontée au djihadisme et à une crise profonde : « La région se trouve à un carrefour important, où le fait de ne pas investir dans l’éducation aujourd’hui nuira au développement économique pendant des décennies », insistait pourtant la Banque mondiale dans un rapport de 2024 pointant du doigt le ralentissement économique préoccupant des États de l’Afrique subsaharienne.

Du côté de l’AED, l’urgence est de sensibiliser l’Occident : « la communauté internationale et les organisations de soutien doivent de toute urgence explorer des moyens d’aider les écoles catholiques du Mali afin qu’elles puissent poursuivre leur rôle essentiel dans la société », s’alarme Maria Lozano, responsable média de l’organisation catholique.


Sources : AED/Crux/ACI Africa

jeudi 27 février 2025

C'est quoi être de droite, conservateur, réactionnaire ? Éric Zemmour face à Laetitia Strauch-Bonart

LAETITIA STRAUCH-BONART & ÉRIC ZEMMOUR

« Faut-il être conservateur ou réactionnaire ? »

Dans son nouveau livre, « La Gratitude » (L’Observatoire), l’essayiste libéral-conservatrice fait le récit de sa trajectoire politique et donne sa définition de la droite.

Elle dresse au passage un portrait critique d’Éric Zemmour, qu’elle classe dans la famille des « réactionnaires ». Devant les lecteurs du Figaro et du Figaro Magazine, le président de Reconquête a accepté de lui répondre.


Qu’est-ce qui distingue aujourd’hui la gauche de la droite ? Comment cette distinction a-t-elle évolué avec le temps ?

Laetitia STRAUCH-BONART – Ce qui les distingue, c’est le mot que j’ai choisi comme titre de mon livre : la gratitude. Bien sûr, c’est une simplification. Je ne prétends pas que tous les gens de gauche sont ingrats, ni que tous les gens de droite sont pleins de gratitude. Mais le terme de gratitude résume assez bien ce que nous sommes, à droite, quelle que soit la droite à laquelle nous appartenons. La gratitude, c’est d’abord l’idée qu’on a des devoirs avant d’avoir des droits, c’est la valorisation de l’effort avant la gratification immédiate, c’est l’idée aussi qu’on doit le confort de notre présent au passé, à ceux qui nous ont précédés, aux institutions qui nous entourent. Chacun d’entre nous naît dans un monde qui existe avant lui, et qui, en Occident, est un monde relativement ordonné, prospère, libre, raffiné. Au lieu de voir d’abord tout ce qui ne va pas dans ce monde, on devrait d’abord avoir de la gratitude envers tout ce qui va bien. Et il me semble qu’au contraire, la gauche, malheureusement, ordonne son programme politique autour du ressentiment, qui peut exister dans le coeur de chacun, et en fait un ressentiment collectif. Cela se traduit très concrètement par un certain nombre de politiques publiques, au premier plan la politique économique. Je n’ai pas l’impression que la gauche cherche à réduire la pauvreté : j’ai surtout l’impression qu’elle cherche à nuire aux riches et à promouvoir une politique fiscale confiscatoire, quel que soit son impact réel sur la pauvreté. Ce n’est qu’un exemple. L’opposé de la gratitude, c’est le ressentiment, le fait de ruminer tous les torts qu’on nous a faits et, au lieu d’oublier ou d’aller de l’avant – comme la droite le propose –, de s’enfermer dans la réclamation et la lamentation. Je ne prétends pas que toute la gauche soit ainsi, ni qu’elle l’ait toujours été ; je pense qu’il y a eu des périodes où la gauche était beaucoup plus courageuse et où elle voulait sincèrement aider les plus pauvres à sortir de leur condition. Mais aujourd’hui, je ne vois à gauche, sur les questions politiques, culturelles, économiques, que de l’amertume et très peu d’espoir.

Éric ZEMMOUR – Je n’aurais peut-être pas choisi ce mot. En revanche, je suis tout à fait d’accord avec ce que vous lui associez, quand vous dites par exemple que la droite, c’est sans doute le fait de reconnaître qu’on doit beaucoup à ceux qui nous ont précédés, quand la gauche au contraire les ignore, voire les dédaigne, voire les insulte – c’est une notation très juste.

En fait dans votre livre, il y a deux livres : il y a un livre sur l’histoire de la droite, très sérieux. Et puis, il y a le pamphlet contre moi, ou plutôt le pamphlet contre Éric Zemmour, parce que, en vérité, je ne m’y reconnais pas beaucoup. Il y a Dr Strauch et Mrs Bonart : il y a deux auteurs différents de ce livre. En somme, vous êtes une burkienne, comme Roger Scruton était un émule de Burke, et comme vous êtes une émule de Scruton. J’aime beaucoup le mot de Burke que vous citez : « Il faut chérir nos préjugés ». Je n’ai pas dit autre chose pendant toute ma campagne présidentielle, et on s’est moqué de moi, en m’accusant de passéisme, etc. Or, j’ai dit exactement ce que vous venez d’énoncer : nous devons avoir de la gratitude par rapport au passé et nous devons chérir nos préjugés, car ce sont eux qui garantissent notre liberté, notre culture, etc.

Dans le pamphlet que vous écrivez contre moi, vous êtes une autre personne. Vous êtes beaucoup plus passionnée, et le style, plus alerte, s’en ressent. En même temps, vous êtes beaucoup plus injuste, pour deux raisons. D’abord, vous faites la guerre en chambre, quand je la fais sur le champ de bataille. De même que, lorsque je regarde un match de football de l’équipe de France, je lui adresse mille critiques, mais je ne suis pas sur le terrain ; de même, vous me critiquez, mais je suis sur le terrain, et c’est moi qui me bats, qui me fais insulter, qui suis protégé par la police, qui suis menacé par les islamistes et les antifas qui passent à tabac les gens qui viennent à la signature de mes livres… Vous devriez plutôt me défendre, vous devriez témoigner en ma faveur ! Je suis convoqué par les juges toutes les semaines, on m’intente des procès pour chacun de mes propos. Où êtes-vous pour me défendre au nom de la liberté d’expression ? Je suis dans le feu de l’action, je suis sur le terrain, alors que vous n’êtes qu’en chambre à donner des bons et des mauvais points. C’est très facile. Ensuite, vous dites que je ne respecte pas les libertés. Apprenez que c’est moi qui les défends. En vérité, je considère, mais peut-être allez-vous me trouver prétentieux, que je me bats pour vous. Je me bats pour que vous puissiez continuer à me critiquer, à m’insulter, parce que quand nous serons l’un et l’autre détruits par l’alliance entre le wokisme et le grand remplacement, nous ne pourrons plus nous battre, nous ne pourrons plus nous opposer. Vous dites que je ne respecte pas les libertés, je me bats pour elles. Vous dites que je ne respecte pas la vérité historique, je la défends alors qu’elle m’est interdite. Une libérale comme vous ne peut me faire ces reproches.

L. S.-B. – Concernant vos reproches, vous avez, comme on dit en anglais, « a skin in the game » : vos propos ont eu des effets très concrets sur votre vie personnelle. J’en suis désolée. Je ne prétends pas jouer dans la même cour que vous. simplement ce qui m’intéresse, c’est le débat intellectuel : s’il fallait être aussi en danger que vous pour pouvoir vous critiquer, bien peu le pourraient. Où voulez-vous que je mène la guerre ailleurs qu’en chambre ? Le mot de guerre est d’ailleurs un peu trop fort. Je vous réponds sur le thème de la guerre en chambre, parce que je ne veux pas donner l’impression de distribuer les bons et les mauvais points : je suis moi aussi imparfaite et peut-être y a-t-il des mauvais points à m’attribuer sur la forme. sur le fond, ma critique principale à votre égard, c’est que vous faites partie de la famille des réactionnaires. Quand je prononce ce mot, je ne cherche pas à vous disqualifier, comme on le fait aujourd’hui, par exemple en estimant que tous les gens que l’on considère trop à droite sont d’« extrême droite ». Ce genre de débat ne m’intéresse pas ; ce qui m’intéresse, c’est le contenu. Je considère que les réactionnaires, dans la lignée de Joseph de Maistre, Louis de Bonald ou encore Charles Maurras, sont des penseurs et des politiques qui n’ont pas accepté le monde tel qu’il était à leur époque, tel qu’il était en train de changer. La nouvelle donne de l’époque, c’était la naissance de l’individu, la sécularisation du pouvoir, des droits individuels, et les réactionnaires n’ont pas compris que le monde avait changé ; ils ont très longuement lutté, parce qu’ils pensaient que l’ancien monde, c’est-à-dire la monarchie absolue, pouvait et devait revenir. En cela, leur position était d’ailleurs assez esthétisante, ils étaient assez incapables de dire concrètement ce qu’ils voulaient faire et comment ils voulaient le faire. Alors, pourquoi est-ce que je vous rattache à cette pensée ? il y a une différence de degré évidente, vous n’êtes pas un réactionnaire à la Charles Maurras. seulement, il me semble que vous refusez d’accepter la France telle qu’elle est aujourd’hui, avec des choses qui peuvent déplaire : une France beaucoup plus diverse, par exemple, sur le plan ethnique, une France plus féminisée, une France qui ne ressemble pas à celle que vous avez l’air de chérir, celle de votre enfance. Or, ce n’est pas la position que la droite devrait adopter. La droite est le parti du réel, la droite doit prendre la France telle qu’elle est, sans insister sur tout ce qui ne va pas : la droite doit d’abord parler de ce qui va bien, et ensuite proposer des remèdes contre ce qui ne va pas. Cela rejoint une autre critique que je vous adresse : je considère que vous avez beaucoup de ressentiment – je parle de la personne publique, de l’intellectuel. si vous partagez avec la droite son pessimisme existentiel, que je partage également, vous faites l’erreur de ne pas contrebalancer celui-ci par l’espoir – ce que j’attendrais de quelqu’un de droite. Vous avez finalement une pensée assez désespérée. Or, j’insiste, on ne peut pas se contenter de la déploration de ce qui ne va pas.

E. Z. – Chaque fois que j’entends l’opposition entre réactionnaire et conservateur, je pense à la boutade de Chesterton, qui disait : « La grande affaire des progressistes est de faire des erreurs, et la grande affaire des conservateurs est d’empêcher les erreurs d’être corrigées. » C’est exactement ce que vous venez de dire. Que voulez-vous conserver, chère Madame ? En quarante ans, tout a été détruit. Vous parlez dans votre livre, par exemple, de l’école, du fait qu’il faudrait y réintroduire le latin, le mérite, la sélection : c’est exactement ce que j’ai dit pendant ma campagne présidentielle. La gauche vous qualifiera donc de fieffée réactionnaire. Vous allez plus loin. Vous parlez des femmes, de votre sensibilité, de votre combat entre attachement et émancipation – le combat de toutes les femmes modernes, que je comprends très bien –, mais vous écrivez que le mariage est une protection dont les femmes ont besoin. Ne me le dites pas à moi, mais aux féministes qui vont non seulement vous traiter de réactionnaire, mais quasiment de nazie. On est toujours le réactionnaire de quelqu’un. Quand il y a une telle ruine, je parlais de l’école, il ne faut pas conserver, il faut restaurer. Et donc forcément, vous passez pour un réactionnaire. Oui, je préfère l’école des années 1960 à l’école des années 2020. si vous voulez en faire la preuve, de mon côté réactionnaire, j’achète, je prends. si on redonnait l’école des années 1960 aux écoliers d’aujourd’hui, ils seraient beaucoup plus heureux que dans l’école d’aujourd’hui.

Laetitia Strauch-Bonart, vous défendez les libertés fondamentales, mais n’y a-t-il pas des moments où on doit revenir en arrière, notamment sur l’État de droit ?

L. S.-B. – pour moi, ce n’est pas revenir en arrière, c’est revenir à l’esprit du droit. Quand Montesquieu, par exemple, écrit que le pouvoir doit arrêter le pouvoir, il ne parle pas seulement du fait que les juges jouent un rôle de contre-pouvoir vis-à-vis du pouvoir législatif ou exécutif. il parle aussi du fait que l’exécutif et le législatif jouent un rôle de contrepouvoir vis-à-vis des juges. Aujourd’hui, le problème est là : il y a un manque d’équilibre des pouvoirs.

E. Z. – Vous acceptez donc l’idée que les juges aujourd’hui ont un pouvoir excessif et qu’il faut redonner du pouvoir à l’exécutif et au législatif contre ce que j’appelle le gouvernement des juges.

L. S.-B. – Oui, mais je n’emploie pas le terme de « gouvernement des juges » parce que je ne crois pas qu’il y ait une intention, dont l’extension de leurs pouvoirs procède. simplement, quand on donne plus de pouvoir à un organisme, il s’en sert. Je vous parais naïve, mais quand on ne voit pas systématiquement des intentions dans ce que l’on critique, on met bien plus de personnes de son côté. Or, il me semble que votre rhétorique vigoureuse vous empêche de toucher des gens qui pourraient penser comme vous, mais qui sont rebutés par ce que j’appelle une forme de maximalisme. Vous avez tendance à vouloir prendre le contrepied systématique des idées qui ne vous plaisent pas.

E. Z. – Oui, je tords le bâton dans l’autre sens.

L. S.-B. – Mais cela vous dessert, si je puis me permettre, parce que beaucoup de gens vous reprochent d’abord la formulation avant de vous reprocher le contenu de vos idées.

E. Z. – Nous allons tellement loin dans un sens que, pour combattre ces idées, il faut commencer par tordre le bâton dans l’autre sens. Et après, une fois que nous aurons tordu le bâton dans l’autre sens, si on y arrive, nous pourrons raffiner, nuancer. Mais il faut d’abord combattre. il y a une course de vitesse entre la politique et le combat des idées d’un côté et, de l’autre côté, des choses qui vont beaucoup plus vite que nous : la destruction de l’école, la destruction de l’économie, la désindustrialisation, la démographie, le grand remplacement, tout ça va beaucoup plus vite. Donc il faut absolument se battre, et se battre vigoureusement. On n’a pas le temps de faire des entrechats. Mon combat vise à sauver la civilisation que vous défendez. Vous pouvez penser que je le mène mal, mais je le mène avec tout mon coeur et toute mon énergie.

L. S.-B. – Je n’en doute pas. Je souhaite simplement vous prodiguer un conseil. Le problème, par exemple, de la notion de « grand remplacement », ce n’est pas tant la base factuelle, qui dépend de la façon dont on considère les choses, c’est le terme même. Vous voyez bien que c’est un terme complètement désespérant, parce que vous dites qu’il ne sert à rien de se battre, que c’est terminé, que la France est morte. À vous entendre, ça fait vingt ans que la France est morte. Mais elle n’est pas morte puisque nous sommes encore là. Le grand remplacement est un signal de désespoir.

E. Z. – C’est tout le contraire.

L. S.-B. – beaucoup de gens l’entendent comme moi. On est ici en désaccord sur la forme, qui est in fine indissociable du fond. Laetitia Strauch-Bonart, alors que les droites qui triomphent dans la plupart des pays occidentaux sont plutôt des droites radicales, n’est-ce pas vous qui êtes réactionnaire finalement ?

Est-ce que l’époque n’est pas à une certaine forme de radicalité ?

L. S.-B. – C’est une question que je me pose souvent. J’ai l’impression d’être en effet un peu hors du temps.

E. Z. – Votre ami Guizot était déjà hors du temps lui-même à son époque, parce que déjà il croyait qu’on allait faire la révolution anglaise de 1688. Vous devriez faire un cercle.

L. S.-B. – On appelle cela les libéraux ! Je précise tout de même que la France doit beaucoup à Guizot, notamment l’école publique. Aujourd’hui, on vit un moment de radicalité, je pense que les États-Unis, notamment, ont besoin de cette radicalité. Mais cela ne correspond tout simplement pas à mon caractère.

E. Z. – Et la France plus encore.

L. S.-B. – C’est possible. peut-être que j’appartiens à une espèce en voie de disparition, mais ma conviction, c’est que les gens comme moi pourront être utiles dans vingt ans. Une fois qu’on sera passés par la radicalité, on aura besoin d’un peu de nuance.

E. Z. – si on gagne. Alors, je serais ravi d’entendre vos nuances. par ailleurs, vous n’appartenez pas à un temps révolu. simplement, il y a dans la vie intellectuelle et dans la vie politique des moments différents qui impliquent des caractères différents, qui ne sont pas les mêmes en temps de paix qu’en temps de guerre. pourquoi l’époque est-elle à la radicalité ? parce que, quand les peuples comprennent qu’ils vont mourir, ils ont un sentiment de panique qui les pousse à empêcher leur mort d’advenir.

L. S.-B. – Vous avez vu, lors de cette campagne présidentielle, que vos idées n’avaient pas trouvé l’écho que vous espériez, du moins dans les urnes. N’est-ce pas le signe qu’il y a quelque chose à changer, soit dans le contenu de ce que vous proposez, soit dans la forme ?

E. Z. – Les urnes ne mentent pas ; le peuple a tranché. Cependant, je ne suis pas d’accord avec l’analyse qu’on fait du score que j’ai obtenu. Je ne pense pas que ce sont mes idées ni même la façon dont je les ai défendues qui sont en cause. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas fait d’erreur. Ce qui m’a coûté cher, c’est qu’à partir de la guerre en Ukraine, la campagne a été bouleversée. Je ne pouvais plus parler de grand remplacement à partir du moment où on a effrayé les citoyens avec une guerre nucléaire et l’arrivée des chars russes à paris. Là, les vieux partis, les vieilles ficelles ont repris le dessus. Mais je maintiens que nous sommes dans une situation urgente, parce que la démographie va vite, que l’effondrement scolaire va encore plus vite et qu’il faudrait donc redresser tout ça encore plus vite. La seule chose que j’essaye de vous faire comprendre, c’est qu’on ne peut pas combattre la gauche à fleurets mouchetés. Alors peut-être ai-je des torts, peut-être suis-je parfois maladroit ou excessif ; c’est mon tempérament, qui n’est que celui d’un barbare romanisé. Quitte à passer pour radoteur, je vous redirai que je me bats pour les gens comme vous, parce que nous sommes d’accord sur tous les thèmes qui vous tiennent à cœur. toutefois, je suis en première ligne et j’espère qu’un jour vous éprouverez de la gratitude envers moi. ■


L'immigration de masse mène à la densification de masse et à la perte de qualité de vie


La densification de masse n'est pas la bonne solution pour résoudre la crise du logement au Canada

Dans les villes et villages du Canada, les militants du logement font pression pour densifier les quartiers unifamiliaux en révisant les codes de zonage. Cette démarche alimente les tensions et les batailles autour du caractère communautaire, tout en ne s'attaquant pas à la cause fondamentale de la crise du logement au Canada : la croissance démographique insoutenable induite par l'immigration.

À Saanich, une municipalité située à l'extrémité sud de l'île de Vancouver, le gouvernement local tente de faire passer un projet de densification connu sous le nom de « Quadra McKenzie Plan ». Le projet de plan d'octobre 2024 prévoit que des tours de 12 à 18 étages seront autorisées dans les principaux carrefours et que des bâtiments de six étages seront autorisés dans les rues secondaires où se trouvent actuellement des maisons unifamiliales.

La réaction du public ne s'est pas fait attendre. Une pétition visant à stopper le plan de densification a rapidement recueilli plus de 4 000 signatures. Un groupe de citoyens, baptisé Save Our Saanich (SOS), s'est constitué pour s'opposer à ce plan qui, selon lui, « modifiera Saanich de manière méconnaissable et pour toujours ». Le groupe est favorable à un rezonage « prudent, réfléchi et bien planifié », mais affirme qu'une densification incontrôlée entraînera « la destruction massive de nos maisons, de nos quartiers et des zones écologiquement importantes ». 

 En avril de l'année dernière, des centaines de Calgariens ont assisté à une réunion chargée d'émotion au sujet d'un projet de loi sur le « rezonage général » qui mettait fin au zonage unifamilial dans la ville et autorisait les duplex et les quadruplex sur les terrains unifamiliaux. La question n'est toujours pas réglée, car un groupe de 300 habitants de Calgary continue de mener une bataille juridique contre cette mesure.

Peu de villes canadiennes sont épargnées par les batailles de zonage. Dans presque tous les cas, les projets de loi visant à modifier radicalement le zonage des zones suburbaines entraînent acrimonie et dissension dans leur sillage - alors que les deux camps avancent leurs arguments respectifs.

Les partisans de la densification soulignent à juste titre que l'offre et la demande de logements ne sont manifestement pas en phase - qui pourrait ne pas être d'accord avec eux sur ce point ? D'un autre côté, de nombreux habitants de rues unifamiliales tranquilles et verdoyantes éprouvent un profond sentiment d'attachement à leur quartier. Lors des auditions sur le zonage, ils expriment leur désir de vieillir sur place, dans le quartier qu'ils aiment, et peut-être de transmettre leur maison à leurs enfants. Ils craignent, à juste titre, que la déréglementation du zonage ne transforme des communautés qui leur sont chères en autant d'aubaines pour les promoteurs et les spéculateurs.

Il s'avère que le logement est l'un des rares problèmes politiques pour lesquels nous pouvons avoir le beurre et l'argent du beurre. Nous pouvons résoudre la crise du logement au Canada sans déréglementation importante du zonage - en satisfaisant les défenseurs du logement et les propriétaires de maisons individuelles - en mettant fin à la déréglementation de notre système d'immigration.


La croissance démographique entraîne la nécessité de construire des logements. Dans les pays où la croissance est alimentée par des taux de natalité élevés, le seul recours est d'investir dans l'expansion du parc de logements. Mais au Canada, 97,6 % de notre croissance était due à l'immigration en 2023. Nous avons donc le luxe de pouvoir augmenter ou diminuer notre croissance d'un simple coup de plume du ministre de l'Immigration.

Le gouvernement fédéral a déjà adopté cette démarche dans une certaine mesure, en réduisant le nombre de résidents temporaires et permanents. Mais la réduction de l'immigration à Ottawa a été présentée comme une mesure visant à « suspendre la croissance de la population à court terme » avant de revenir à une croissance plus forte à long terme. En d'autres termes, une fois que nous aurons construit suffisamment de logements pour répondre à la croissance démographique massive de ces dernières années, nous nous lancerons dans un autre cycle de croissance important - à l'infini.

Certaines villes ne peuvent tout simplement pas s'étendre vers l'extérieur - Vancouver est bordée par d'imposantes montagnes et des terres agricoles de premier choix spécialement zonées, tandis que Toronto est entourée par la fameuse ceinture verte protégée par la loi. Même Calgary, entourée d'une infinité d'hectares d'espace, est contrainte de densifier ; elle ne peut pas construire des banlieues assez rapidement pour faire face à une croissance fulgurante. La poursuite de l'expansion rapide de la population entraînera une densification massive d'une grande partie du paysage suburbain du Canada.

Nous devons choisir. Voulons-nous que la maison individuelle avec jardin soit une option pour les générations futures ? Dans ce cas, nous devons inverser notre politique qui consiste à utiliser l'immigration pour accroître radicalement la population.

Source : Dominion Review

Censure — Les autorités françaises ferment la très populaire chaîne de télé C8

Les Adieux du très populaire animateur de C8 William Leymergie:




Billet du 21 février

C8, abréviation de Canal 8, est une chaîne de télévision généraliste nationale privée française créée le 31 mars 2005 sur la TNT par le groupe Bolloré. Elle fait partie du groupe Canal+. Le 19 février, le Conseil d’État a confirmé la décision de l’Arcom portant sur la clôture de C8 et NRJ 12. Cette fermeture, qui intervient au lendemain du discours de J.D. Vance, justifie ses attaques sur le déclin de la liberté d’expression en Europe, alerte l’essayiste Nicolas Bouzou dans l'article ci-dessous paru dans
Le Figaro jeudi 20 février. C.est un centriste européiste bon teint qui critique,  comme on le verra, les « influenceurs trumpo-poutinistes ». Sa dénonciation de cette fermeture d'autorité de C8 est d'autant plus intéressante qu'elle ne vient pas de la droite identitaire.

Nicolas Bouzou est économiste et essayiste. Il a fondé le cabinet d’études économiques Asterès. Dernier livre paru:La Civilisation de la peur (XO Éditions, 2024).

Il y a de nombreux arguments pour critiquer le  retrait de C8 de la TNT . D’ailleurs, il suffit de regarder sur les réseaux sociaux la mine moqueuse et réjouie de nos petits révolutionnaires insoumis [LFI, l'extrême gauche française] pour être certains que la décision de l’Arcom n’était pas la bonne. Ces députés font honte au pays et on s’en passerait volontiers, mais leur présence a au moins un avantage : quand on a la chance de disposer de deux boussoles (intellectuelle et morale) qui indiquent le sud avec un tel degré de fiabilité, on aurait tort de ne pas s’en servir.

Mais il y a évidemment plus grave dans cette affaire que de donner des points aux Insoumis. Dans  son adresse à la conférence de Munich  la semaine dernière, le vice-président américain J.D. Vance a affirmé que la liberté d’expression déclinait en Europe relativement aux États-Unis. Vance semblait en faire un argument justifiant un éloignement idéologique entre les États-Unis et l’Europe et un rapprochement entre les États-Unis et la Russie. Cette assertion est absurde comme peut en témoigner quiconque participe au débat public dans notre continent et en Amérique du Nord. Certes, la liberté d’expression est légalement garantie aux États-Unis, mais, dans les faits, bon courage si vous voulez vous moquer de la religion, souligner la menace islamiste ou parler de sexe. La vérité, c’est que ces sujets restent tabous alors qu’en France, on les évoque à longueur de journée, et fort heureusement ! Il est donc particulièrement regrettable que la France, en fermant une chaîne comme C8, donne un argument au pouvoir trumpiste qui, désormais énamouré de Poutine, cherche à déstabiliser l’Europe par tous les moyens de communication possibles.

Ainsi, sur les réseaux sociaux, les influenceurs poutino-trumpistes s’en donnent à cœur joie, et instrumentalisent la fermeture de C8 pour faire croire qu’une dictature à la russe protège davantage la liberté d’expression qu’un pays libéral comme la France. C’est absurde mais les régulateurs de tous poils seraient bien inspirés de faire très attention à leurs décisions  dans ce contexte particulier  et de brider leurs instincts policiers. La présidence Trump nous fait entrer dans une ère de compétition géostratégique inédite depuis 1945. Le couple Trump/Musk s’assoit sur l’État de droit, ayant bien pris soin de neutraliser (au moins en partie) les contre-pouvoirs comme la Cour suprême et de terroriser les médias par l’insulte et la diffamation. Quant à la Russie, elle reste une dictature classique où la liberté d’expression peut s’exercer tant qu’elle ne contrarie pas le pouvoir. La France, par comparaison, est un pays où personne ne se prive de dénigrer à longueur de journée le gouvernement et le président, l’insulte outrancière dans les médias étant un sport national. C’est souvent exaspérant mais il s’agit d’un acquis à protéger contre toutes les tentatives de censure.

Dans un contexte où l’islamisme nous attaque, où la Russie nous menace et où  les États-Unis nous lâchent , l’Union européenne doit jouer son rôle historique : être, aux yeux du monde, le continent de la liberté et du droit tout en se protégeant. Il y a beaucoup à faire en ce sens. Nous devons limiter nos dépenses sociales pour les réinjecter dans notre défense, nous devons investir massivement dans le nucléaire pour disposer de l’énergie décarbonée dont nous avons besoin, nous devons libérer l’innovation pour laisser grandir nos entreprises, nous devons alléger toutes les contraintes qui pèsent sur les entreprises pour les amener à produire davantage… Cet objectif de puissance doit se réaliser en sanctuarisant la liberté d’expression et jamais en la limitant car une démocratie n’est jamais forte des armes de ses adversaires. Prouvons à Trump et à Poutine que la liberté n’est pas l’instrument des faibles mais un attribut de la puissance.