jeudi 23 mai 2024

Dix raisons de remettre en cause l'immigration légale en France

1. Les flux d’immigration légale explosent.

— Dans les années Jospin, près de120 000 titres de séjour été accordés/an. Nous sommes désormais à 323 000 ! Une hausse de +170 % des entrées.
— Ce chiffre n’inclut que les étrangers majeurs issus de pays hors Espace Économique Européen.

2. Ces immigrés légaux ont tendance à rester relativement longtemps en France.

— 74 % restent pour une durée de 10 ans ou plus, l’un des taux les plus élevés d’Europe occidentale.


3. Non seulement l’immigration légale est massive, mais sa nature peut poser question. 

— La France est le 1er pays d’Europe occidentale sur le plan de l’immigration familiale.

— Celle-ci représente 40 % de l’immigration en France, en tendance longue.

4. Sans surprise, la contribution à l’emploi de cette immigration très familiale est mauvaise.

— Une étude OCDE classe la France 39e sur 45 pays en ce qui concerne la contribution de l’immigration au taux d’activité.


5. Par ailleurs, l’immigration en France est caractérisée par un niveau d’éducation très faible comparé à la moyenne nationale.

— C’est une fois de plus l’un des écarts les plus importants observés au sein des pays d’Europe occidentale.

La publication récente de l’enquête Elipa 2, qui se concentre sur une cohorte d’immigrés ayant obtenu un titre de séjour en 2018, l’illustre très bien.

— 27 % des immigrés n’ont même pas le niveau collège (terminé à 15 ans normalement) !


6. En toute logique, la contribution économique de l’immigration en France est estimée comme l’une des plus mauvaises d’Europe occidentale.

— Une étude OCDE indique que seules la Suède et la Belgique font pire que la France en la matière.

7. Par ailleurs, la France est le 1er pays de l’OCDE en termes d’immigration africaine.

— Plus de 60 % des immigrés en France sont d’origine africaine, classant la France loin devant le Portugal (35 %) et la Belgique (28 %).

Mais est-ce un problème ?
 

Alors que les Français sont 71 % à juger l’intégration des immigrés d’Europe du Sud « plus facile », ils sont 57 % à juger l’intégration des Maghrébins « plus difficile » (IFOP, Le regard des Français sur l’immigration, nov. 2018).
 

Ont-ils raison ?

— Divers indicateurs semblent indiquer une moins bonne intégration des immigrés africains que des immigrés européens : taux de chômage, dépendance aux aides sociales, échec scolaire, délinquance, etc.

Les facteurs sont multiples et sujets à débat (notamment la précarité).


— La France doit-elle rester le pays de l’UE avec le plus faible % d’Européens parmi sa population immigrée ?


8. L’opinion des Français est claire : ils souhaitent une immigration moins massive, et mieux concentrée sur les besoins économiques.
Tous les sondages sur le sujet le montrent inlassablement depuis plus de quinze ans. Exemples :

9. Simple remarque de bon sens : il est bien plus facile d’agir sur l’immigration légale que sur l’immigration illégale.
L’immigration légale est le fruit de la volonté politique, elle devrait être choisie et non subie.

10. À la frontière entre immigrations légales et illégales, les régularisations de clandestins sont aussi un sujet majeur.

— Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron dans les sphères de l’exécutif, aux côtés de François Hollande en 2012, 370 000 clandestins ont été régularisés.



Les femmes asiatiques gagnent plus que les hommes blancs aux États-Unis

Au cours de 5 des 6 derniers trimestres et de 9 des 11 derniers trimestres, les femmes asiatiques ont gagné plus que les hommes blancs. Au cours des deux derniers trimestres, les hommes blancs ont gagné 93 cents pour chaque dollar gagné par les femmes asiatiques aux États-Unis.

Patriarcat blanc ?

(Les hommes asiatiques gagnent encore plus, à 1 679 $ par semaine en moyenne, que les femmes asiatiques et donc que les hommes blancs, tous les chiffres ici)


mardi 21 mai 2024

Canada : les hospitalisations des aînés ont triplé depuis la légalisation du cannabis, selon une étude

Les chercheurs ont analysé les données de 2.300 visites aux urgences pour arriver à ce constat.

D’après les scientifiques, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans prises en charge aux urgences au Canada est en expansion. La publication d’une étude dans le JAMA Internal Medicine intervient ainsi cinq ans après l’entrée en vigueur de la loi sur le cannabis dans le pays.

Selon une étude parue ce lundi 20 mai dans le journal JAMA Internal Medicine, le nombre de personnes de plus de 65 ans prises en charge pour empoisonnement au cannabis n’a cessé d’augmenter au Canada.

Pour faire ce constat, les scientifiques ont analysé les données de plus de 2.300 visites aux urgences en Ontario. La publication de cette étude intervient environ cinq ans après la légalisation du cannabis récréatif au Canada, le deuxième pays au monde à avoir passer ce cap.

Confusion, nausées ou vertiges sont les symptômes les plus courants évoqués par les patients touchés par un empoisonnement au cannabis. Dans les cas les plus graves, certains peuvent souffrir de délire, panique ou d’anxiété. Il peut également entraîner une accélération du rythme cardiaque.

Les Canadiens âgés de 65 ans représentent la catégorie de personnes avec la croissance la plus rapide de consommateurs de cannabis. Environ 400.000 personnes ont déclaré avoir essayé la drogue dès la fin 2019, contre 40.000 en 2012.

Quelles causes ?

Selon les chercheurs, beaucoup des patients ayant consulté les urgences souffraient de cancer, de démence ou d’alcoolisme. Toutefois, ces derniers ont insisté sur le fait que leur étude ne permettait pas «de déterminer si les empoisonnements étaient involontaires ou intentionnels».

À ce paramètre s’ajoutent les interactions entre la drogue et les médicaments pris par les personnes âgées. Elles «sont donc plus sensibles aux effets du cannabis».

La légalisation du cannabis au Canada est survenue en 2018. Ce projet de loi qui faisait partie des promesses de campagnes de Justin Trudeau avait pour objectif de réduire le crime organisé lié à la drogue et pour encadrer son accès aux plus jeunes.

«Il est trop facile pour nos enfants d’obtenir de la marijuana et pour les criminels d’en tirer profit. Aujourd’hui, nous changeons cela. Notre plan visant à légaliser et à réglementer la marijuana vient d’être adopté par le Sénat», avait écrit sur X le premier Ministre canadien en 2018. 

Discussion

Dans cette étude, la légalisation du cannabis au Canada a été associée à une augmentation du nombre de visites aux urgences pour empoisonnement au cannabis chez les personnes âgées. Les augmentations les plus importantes ont eu lieu après que le cannabis comestible soit devenu légalement disponible pour la vente au détail, un phénomène observé de la même manière chez les enfants canadiens. Parmi les explications possibles, on peut citer l'augmentation de l'ingestion accidentelle, la facilité d'accès, le manque d'instructions de dosage spécifiques à l'âge et l'absence d'options de traitement sûres et efficaces pour la douleur chronique, les troubles du sommeil et les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence. Les personnes âgées sont particulièrement exposées aux effets indésirables du cannabis en raison des changements physiologiques liés à l'âge, de la polypharmacie, des interactions médicamenteuses et de la multimorbidité.

Cette étude est limitée aux données des visites aux urgences et peut sous-estimer l'ampleur réelle des empoisonnements au cannabis. Les personnes âgées peuvent avoir cherché à se faire soigner ailleurs ou ne pas avoir cherché à se faire soigner du tout, d'autant plus que la légalisation du cannabis comestible a précédé immédiatement la pandémie de COVID-19. En raison de la nature transversale de nos données, nous ne pouvons pas déterminer si l'augmentation des empoisonnements est directement attribuable au cannabis comestible ou à la commercialisation plus large du cannabis non médical.5 En outre, nos résultats peuvent être influencés par d'autres tendances temporelles et par des événements concomitants, y compris la pandémie de COVID-19.
 
Dans l'ensemble, cette étude montre les effets de la légalisation et de la commercialisation du cannabis sur la santé des personnes âgées et met en évidence les conséquences associées au cannabis comestible. Les juridictions où le cannabis est légalisé devraient envisager des mesures pour atténuer l'exposition involontaire chez les personnes âgées et des conseils de dosage spécifiques à l'âge.


lundi 20 mai 2024

La présentation sélective et tronquée des faits par Isabelle Hachey

Isabelle Hachey affirme dans La Presse du 19 mai 2024 que demander des preuves solides est un réflexe « très blanc ».


Billet du 28 janvier


Isabelle Hachey est une journaliste de La Presse. Son employeur et elle ont été blâmés il y a quelques semaines par le Conseil de la Presse « pour informations incomplètes, manque d’équilibre et apparence de conflit d’intérêts ».


Mme Hachey a consacré un long article samedi à quelques lignes extraites du plus récent livre de Mathieu Bock-Côté, Le Totalitarisme sans le goulag. Elle prétend que Bock-Côté y « tord la vérité ». Dans un passage de son livre, Bock-Côté dresse un portrait de ce qui arrive aux gens trop rétifs à l’idéologie woke ou diversitaire.

Afin de fournir le contexte, voici le passage, tiré de l’ouvrage, sur le sort de quelques opposants à l’idéologie du genre ; il concentre quatre des six critiques de Mme Hachey (les deux autres portent sur l’immigration) :

À l’automne 2021, un homme accusé de mégenrage à l’endroit d’un de ses anciens collègues, qui se déclarait non-binaire, dans un restaurant, a été condamné à payer plusieurs dizaines de milliers de dollars en dommage au non-binaire en question — quant au restaurant, il était obligé d’imposer à ses employés une formation en sensibilisation à la diversité. En Allemagne, à l’été 2023, une loi a été votée pour punir d’une amende allant jusqu’à 10 000 euros le simple fait de rappeler l’identité de genre antérieure d’une personne trans 31. En France, on assiste aux premiers procès pour mégenrage, comme on l’a vu avec la poursuite engagée contre la militante féministe Dora Moutot, pour avoir affirmé qu’elle voyait en Marie Cau, une femme trans, non pas une femme mais un homme. En Grande-Bretagne, à la fin de l’été 2023, le Parti travailliste envisageait de faire du mégenrage un crime haineux. Il n’est pas insensé de croire à une radicalisation des peines conduisant jusqu’à la prison, malgré la dénégation des partisans de ces lois. À tout le moins, à l’été 2023, on apprenait que près de la moitié de la génération des milléniaux aux États — Unis était favorable à la criminalisation du mégenrage.

En Irlande, un professeur ayant annoncé qu’il refuserait d’utiliser les nouveaux pronoms trans pour parler à ses étudiants a vu son école lui demander de ne plus y remettre les pieds. Puisqu’il s’y est présenté quand même, la police l’a arrêté. En Ontario, au Canada, un élève a dû faire l’expérience de la police car il refusait la présence de garçons s’identifiant comme filles dans le vestiaire de ces dernières. Dans ces deux cas, la punition idéologique était à demi avouée : le professeur fut officiellement arrêté parce qu’il n’avait pas respecté l’interdiction de revenir à son école s’il ne se convertissait pas à l’utilisation des pronoms trans. Le même argument fut utilisé au Canada. Que faire de ceux qui ne consentent pas à ce que leurs enfants, s’ils le demandent, s’engagent dans une thérapie de changement de sexe ? Le refus des parents de se plier à l’idéologie trans sera alors assimilé à une forme de maltraitance parentale. En Colombie — Britannique, toujours au Canada, un père s’est vu condamner à six mois de prison car il a refusé de reconnaître la transition de genre de son enfant, et continuait de voir en sa fille une fille et de l’interpeller par un pronom féminin.
Il n’était pas dans l’idée de Bock-Côté de s’appesantir sur chacun des cas, mais plutôt de relever ce qu’ils ont en commun : l’opposition à la théorie du genre sera punie. Plus l’opposition sera déterminée, plus la punition sera grande.
 
1. Le père en Colombie-Britannique.
 
Pour Mme Hachey, « [e]n fait, le père n’a pas été condamné pour son refus d’accepter la transition de son enfant, mais pour avoir étalé sur la place publique des informations personnelles et médicales à son propos, violant ainsi une ordonnance imposée par un tribunal pour protéger sa vie privée. […] Il y a deux semaines, cette caricature de la réalité a été dénoncée sur 𝕏 [par André Pratte, ancien sénateur libéral nommé par Justin Trudeau, ancien éditorialiste en chef de La Presse et donc ex-collègue de Mme Hachey…], et ça m’a incitée à me plonger dans l’essai. »

C’est en effet ce que prétend le « régime diversitaire ». Mais allons un peu plus dans les détails dont est si avide la vétilleuse Hachey.
 
L’affaire était bien connue des seules personnes vraiment concernées : les élèves de son école et ses voisins, si l’on en croit l’avocat du père. Toutes ces personnes savaient que la fille du père en question (plus de détails ici) faisait une transition. Comme le soulignait l’avocat du père, « aucune preuve » n’a été apportée que les commentaires publics de son client aient entraîné un quelconque préjudice. Et d’ailleurs de quelles informations personnelles et médicales parle Mme Hachey ? Elle reste vague, cest commode. Le Federalist l'a interrogé et, étant régi par les lois américaines, n'a jamais retiré son entretien avec le père. Quel est donc l'information révélée qui contrevient à sa « vie privée » ? Dire « ma fille » ? Simple syntagme qui contrevenait déjà à l’ordonnance de protection.
[1] AB, un garçon transgenre [une fille biologique donc] de 14 ans, demande une ordonnance de protection pour empêcher son père, CD, de publier, de parler ou de donner des interviews sur cette affaire ou sur les informations personnelles et médicales d’AB.

a) CD doit être empêché de :
  1. tenter de persuader AB d’abandonner le traitement pour la dysphorie de genre ; 
  2. s’adresser à AB par son nom de naissance ; et 
  3. se référer à AB comme une fille ou avec des pronoms féminins, que ce soit à AB directement ou à des tiers ;
b) CD ne publiera ni ne partagera, directement ou indirectement par l’intermédiaire d’un agent ou d’un tiers, des informations ou des documents relatifs au sexe, à l’identité de genre, à l’orientation sexuelle, à la santé mentale ou physique, à l’état de santé ou aux thérapies de AB.
Cette ordonnance de « protection » (contre quoi ?) est clairement excessive.

Cette injonction forçait le père à se taire complètement, il ne pouvait pas dire à son enfant ni à quiconque dautre : « j’ai une fille »  ou « ma fille ». Son opposition ne pouvait avoir lieu que dans son for intérieur. Il s’agissait beaucoup plus à notre avis de tout faire pour ne pas ébruiter ce genre d’affaires et non de « protéger » l’enfant. C’est une de ces ruses administratives communes à plus d’une affaire.

En résumé, l’emprisonnement du père (Robert Hoogland) vient bien de son refus d’accepter la « transition » de sa fille qu’il considère comme dangereuse notamment sur le plan médical, et ce même après qu’on lui a intimé de se taire complètement et de se transformer en une tombe. C’est bien son refus devant cette transition, obstiné pour d’aucuns, héroïque pour d’autres, qui l’emprisonnera.

2. Un homme accusé de mégenrage 
 
Isabelle Hachey opine : « Sauf qu’en épluchant les articles publiés en Colombie-Britannique, où se sont déroulés les évènements, on découvre que l’employé non binaire, Jessie Nelson, a reçu 30 000 $ non pas pour avoir été mégenré, mais pour avoir été injustement mis à la porte après avoir demandé à ses collègues de l’appeler par les pronoms de son choix. Ce n’est pas une mince nuance. »
 
Il est vrai que cette personne a été dédommagée parce que renvoyée, mais quelle est donc cette discrimination qui rend ce renvoi injustifié et donc sujet à dédommagement ? « Le tribunal des droits de l’homme a estimé que le travailleur avait fait l’objet d’une discrimination parce que le restaurant n’avait pas pris en compte les mégenrages à l’encontre de l’employé ». Le mégenrage ! Et c’est ce que retenait l’avocate de la plaignante, Adrienne Smith : « Cette “lourde” somme est un signal adressé aux employeurs ». « Cela devrait être un signal indiquant que les employeurs doivent être respectueux. Les pronoms corrects pour les individus ne sont pas facultatifs. Les employeurs ne sont pas libres de s’adresser aux gens avec les pronoms qu’ils choisissent ».

Tout part du mégenrage qui envenime la situation et qui permet d’obtenir un dédommagement. Bref, Isabelle Hachey pinaille.
 
3. Le cas de Josh Alexander, élève de 16 ans en Ontario

Mathieu Bock-Côté :
« En Ontario, au Canada, un élève a dû faire l’expérience de la police car il refusait la présence de garçons s’identifiant comme filles dans le vestiaire de ces dernières. »

L'idéologie LGBTQ/trans dans le nouveau cours de culture et citoyenneté québécoise

Dans le Devoir par Normand Baillargeon :

Vous le savez sans doute, je souhaitais qu’on mette fin au cours Éthique et culture religieuse et qu’on le remplace par un cours axé sur la citoyenneté. C’est chose faite. Et les responsables de sa conception ont fort bien travaillé. Chapeau. Jugez-en. Voici le programme pour le primaire et celui pour le secondaire.

Mais. Car il y a des mais.

L’école est une institution particulière

Pour y venir, il faut se rappeler et sérieusement prendre en compte des choses qui font que l’école est à ce point une institution particulière.

On y transmet des savoirs, on socialise, on qualifie, certes. Mais on s’adresse à des enfants et à des jeunes. On doit veiller à ne pas les faire adhérer inconditionnellement à des idées ou à des pratiques débattues et débattables ou, pire, dangereuses. La philosophe Hannah Arendt pensait qu’on devait se montrer conservateur à son endroit, de manière à permettre aux nouveaux venus dans un monde déjà vieux d’y innover à leur tour.

Si nous adoptons cette sage perspective, on voudra toujours, d’abord et avant tout, ne pas faire de mal. Ni psychologique ni physique. Primum non nocere.

Imaginez à présent un sujet complexe, polémique et hautement diviseur dans la société, parmi les adultes. Pour diverses raisons, on doit ou on veut en parler à l’école, aux enfants.

Des feux rouges s’allument aussitôt.

Pour agir sagement, on souhaitera, partout où c’est possible, se baser sur le savoir le mieux établi.

On se demandera aussi, très sérieusement, à partir de quel âge on peut parler de ce délicat sujet et ce qu’on peut alors en dire. On veillera surtout à ne pas endoctriner et à ne pas faire de mal. On mettra tout en place pour que l’enseignant ne se mue pas en militant d’une cause et la classe, en champ de bataille idéologique. On fera tout cela et on le fera plus encore si ce qui sera enseigné peut avoir de graves conséquences pour les enfants.

En ce moment, vous le savez, toutes les questions relatives au sexe, au genre et aux personnes trans sont de cet ordre.

En faisant appel au savoir le plus solidement établi, on apprendra qu’il existe un immensément large consensus parmi les biologistes nous disant que le sexe est une réalité biologique, qu’il est binaire et défini par les gamètes. On visionnera à ce sujet le riche matériel proposé par le biologiste François Chapleau.

On apprendra aussi que des pratiques médicales de transition et d’aide à la transition appliquées aux jeunes personnes et longtemps couramment employées sont désormais ici remises en question et là interdites, par exemple en Norvège, en Angleterre et en Finlande.

On lira avec horreur l’histoire de la clinique d’identité de genre Tavistock à Londres, récemment fermée, où des personnes non compétentes pour le faire prescrivaient des hormones ou des bloqueurs de puberté à des enfants, au nombre inexplicablement croissant et qui n’en tiraient trop souvent pas de bienfaits.

On lira le rapport Cass sur ces questions, produit d’années de travail par une équipe sérieuse et compétente. Il conclut notamment qu’il n’y avait que « des preuves remarquablement faibles » en faveur de l’utilisation de bloqueurs de puberté et de traitements hormonaux pour les enfants souffrant de troubles du genre.

Sans aucun doute, il faudra se parler entre adultes de tout cela et dans le respect de tout le monde et des droits de chacun. Mais que faire à l’école, avec les enfants ?

Mes mais…

Le sexe, veut-on enseigner dès le primaire, est, selon ce programme, une « catégorie sociale qui répartit la population entre femmes et hommes à partir de caractéristiques physiologiques ». J’en ai une autre définition, dira sans doute à l’élève son enseignant de biologie…

Dans le programme au secondaire, on nous parle de « sexe assigné à la naissance ». Vraiment ? Plusieurs affirment plutôt qu’on le constate. Et même avant la naissance.


Marie-Claude Girard, pour son intervention devant le comité des sages sur le sujet, a pris le temps de consulter des ressources et des outils qu’on suggère aux personnes intervenant auprès de la petite enfance et d’élèves du primaire et du secondaire sur le sexe et le genre. Elle y a trouvé de troublantes assertions présentées comme scientifiques, mais qui font pourtant débat. On remet en question la binarité du sexe et on affirme l’existence d’un troisième sexe (intersexe ou autre) ; on nie la réalité biologique des femmes (qui deviennent des cisgenres) en affirmant que ce mot n’est pas lié à l’anatomie de la personne. Et d’autres assertions encore.

Des feux rouges doivent s’allumer. Certes, on ne sait pas encore comment tout cela se traduira dans les incarnations concrètes de ce programme, en classe, ni comment les enseignants et les autres intervenants vont traiter de toutes ces questions. Mais prudence.

Et tout le monde, parents, scientifiques, médecins et le public en général, doit porter une grande attention à ce qui va se passer. Primum non nocere. Les enfants d’abord.

Voir aussi

Québec — Cours d'éducation à la sexualité ou comment endommager une génération en une seule prise...

Pauline Marois inquiète pour la neutralité de l'école trop soumise aux modes idéologiques

La CAQ (censément de droite), ce gouvermenent dur avec les conservateurs qui défend les travelos et les nus anti-blancs dans un musée

Unanimisme — L’Assemblée nationale se porte à la défense des travelos lecteurs de contes pour enfants

Ministre de la condition féminine défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et “vos yeules !”

François Legault : “Notre société doit peut-être donner un petit peu moins de pouvoir au parent biologique” (vidéo)

DPJ — acharnement et impunité de la DPJ. Qui protège les parents contre la DPJ ?

Projet de loi 15 du Québec — les parents de plus en plus évincés par l’État comme protecteur de l’intérêt de l’enfant  

Cours d’éducation à la sexualité, l’imposition de la théorie du genre est cruciale… [on était prévenu, 2019, débat à la télé]

Québec — La “patate chaude” de l’éducation à la sexualité

Quand les discours haineux sont permis

Ontario — Exclu de son école catholique pour avoir dit qu’il n’y avait que deux genres, il est ensuite arrêté par la police

Dérives de l’éducation sexuelle dans les écoles françaises

État adopte loi permettant de soustraire des enfants à l’autorité parentale si les parents ne consentent pas à une transition de genre

“Le sexe à l’école. L’amour nulle part” 

Robert Plomin : “La génétique influe plus sur notre personnalité et notre réussite que l’environnement”

Irlande — professeur catholique emprisonné pour avoir refusé d’utiliser les pronoms “neutres” d’un de ses élèves transgenre

Québec — Retour de la syphilis congénitale, hausse de toutes les maladies sexuellement transmissibles

Un enseignement de la sexualité dès la maternelle

Pétition pour amender le nouveau programme québécois d’éducation à la sexualité 

Le cours d’éducation sexuelle ontarien évite-t-il l’augmentation du nombre de maladies vénériennes ?

Sexologue clinicienne : “les cours de sexualité en milieu scolaire font fausse route”

Malgré l’éducation sexuelle, recrudescence des maladies vénériennes en Suède.

Urgence : “Adapter l’école aux écoliers transgenres”

Affiche subventionnée par Québec “contre la violence sexuelle” faite aux trans (m à j) 

samedi 18 mai 2024

Die Welt : « Le document secret qui aurait pu mettre fin à la guerre en Ukraine »

Jacques Baud, ancien membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est et ancien chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, revient sur ces pourparlers de paix du début 2022 dans la vidéo ci-dessous, citant de nombreuses sources anglo-saxonnes et ukrainiennes.


Mise à jour du 15 mai

Trois semaines plus tard, Le Figaro mentionne ce document:

VU D’AILLEURS - Peu après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, des négociateurs des deux camps avaient rédigé un projet d'accord de paix. Un document de 17 pages que «Die Welt» a pu consulter en exclusivité. Même [Note du carnet: surtout...] après plus de deux ans de guerre, l'accord semble toujours avantageux a posteriori. Une solution pacifique aurait pu être trouvée quelques semaines après l'invasion russe de l'Ukraine. Voilà ce qu'il ressort d'un projet d'accord négocié par les deux belligérants jusqu'au 15 avril 2022. Die Welt a pu consulter le document original. Si l'on en croit ce qu'il contient, Kiev et Moscou s'étaient largement mis d'accord sur les conditions de la fin de la guerre. Seuls quelques points restaient en suspens, des points qui devaient être négociés personnellement par Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre au sommet — qui n'a jamais eu lieu. [...]

Billet du 26 avril

Peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des négociateurs délégués par les deux belligérants avaient rédigé un traité de paix. 

Le document de 17 pages a été présenté en exclusivité au journal dominical allemand WELT AM SONNTAG (tirage de 350 000 exemplaires en 2017). Les espoirs d’un accord étaient grands. Mais l’étape décisive n’a jamais été franchie.

Quelques semaines après l’invasion russe de l’Ukraine, une solution pacifique aurait pu être trouvée. C’est ce qui ressort d’un projet d’accord que les deux belligérants avaient négocié jusqu’au 15 avril 2022. Le WELT AM SONNTAG a obtenu l’original du document. Selon ce document, Kiev et Moscou se sont largement mis d’accord sur les conditions d’une fin de la guerre. Seuls quelques points restaient en suspens. Ceux-ci devaient être négociés personnellement par Vladimir Poutine et Volodymyr Selensky lors d’une rencontre au sommet — qui n’a toutefois jamais eu lieu.

Immédiatement après le début de la guerre, les négociateurs russes et ukrainiens ont commencé à négocier ensemble la fin des hostilités. Alors que le monde et les Ukrainiens étaient sous le choc de l’invasion russe, Moscou a tenté d’obtenir la reddition de Kiev à la table des négociations.

Après le succès croissant de l’Ukraine sur le champ de bataille, la Russie s’est même éloignée de ses positions maximalistes. Les discussions ont finalement abouti aux premières négociations directes à Istanbul sous la médiation du président turc Recep Tayyip Erdogan fin mars [2022]. Les images de la rencontre sur les rives du Bosphore ont suscité globalement l’espoir d’une fin rapide de la guerre. En effet, les deux parties ont ensuite commencé à rédiger un projet d’accord.

Les grandes lignes de la paix ont fait l’objet d’un accord. Ainsi, selon l’article 1 du projet de traité, l’Ukraine s’engageait à une « neutralité permanente ». Kiev renonçait ainsi à toute appartenance à une alliance militaire. Une adhésion du pays à l’OTAN aurait ainsi été écartée. Les 13 sous-points du premier article montrent l’étendue de la définition de la neutralité.

Le pays s’est ainsi déclaré prêt à ne jamais « recevoir, produire ou acquérir » des armes nucléaires, à ne pas autoriser la présence d’armes et de troupes étrangères sur son territoire et à ne pas mettre son infrastructure militaire, y compris ses aérodromes et ses ports maritimes, à la disposition d’un autre pays. En outre, Kiev renonçait à organiser des exercices militaires avec la participation de pays étrangers et à prendre part à tout conflit militaire. Selon l’article 3 du document, rien ne s’opposait à l’adhésion de Kiev à l’Union européenne.

En contrepartie, la Russie garantissait qu’elle n’attaquerait pas à nouveau l’Ukraine. Pour que Kiev puisse en être sûr, Moscou acceptait que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie elle-même, puissent donner à l’Ukraine des garanties de sécurité complètes. Dans l’article 5 du projet de traité, Kiev et Moscou ont convenu d’un mécanisme qui rappelle la clause d’assistance de l’OTAN.

Droit à l’autodéfense

En cas d’« attaque armée contre l’Ukraine », les États garants s’engageraient à aider Kiev à exercer son droit à la légitime défense, garanti par la Charte des Nations unies, dans un délai maximal de trois jours. Cette assistance pourrait prendre la forme d’une « action commune » de toutes les puissances garantes ou de certaines d’entre elles. Selon l’article 15, ce traité aurait dû être ratifié dans chaque État signataire afin de garantir son caractère contraignant en droit international.

Les deux parties avaient ainsi élaboré un mécanisme qui se distingue nettement du mémorandum de Budapest de 1994. À l’époque, la Russie avait déjà assuré l’Ukraine de son intégrité territoriale. Les pays occidentaux avaient promis leur aide à Kiev en cas d’attaque, mais ne l’avaient pas garantie.

Toutefois, les garanties de sécurité qui étaient sur la table au printemps 2022 auraient encore dû être approuvées dans un deuxième temps par les États-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. La Russie souhaitait en outre inclure la Biélorussie, Kiev souhaitait la participation de la Turquie. Le premier objectif des négociateurs à Istanbul était toutefois de créer une entente entre Kiev et Moscou afin d’utiliser le texte comme base pour des négociations multilatérales.

Cette démarche a manifestement été entreprise à la demande de l’Ukraine, afin de montrer que la Russie accepterait un mécanisme de protection sur le modèle de l’OTAN. En effet, l’Ukraine a réussi à imposer ses vues à Moscou. La formulation du projet d’accord ressemble en grande partie à celle du communiqué d’Istanbul. Il s’agissait d’un document de deux pages dont WELT AM SONNTAG a [également] obtenu une copie.

Dans ce document, l’Ukraine exposait ses exigences avant la réunion des négociateurs du 29 mars 2022 à Istanbul, sous la médiation du président turc Erdogan.
À la suite de ces discussions, les délégations des deux pays ont rédigé le projet d’accord du 15 avril lors de négociations menées en ligne.

Il en ressort de l’article 8 que la Crimée et le port de Sébastopol sont exclus des garanties de sécurité. Kiev a ainsi accordé de facto à la Russie le contrôle de la péninsule. La demande initiale de l’Ukraine, à laquelle un passage du communiqué d’Istanbul a été consacré, selon laquelle le statut de la Crimée doit être clarifié dans le cadre de négociations dans les dix à quinze prochaines années, ne se retrouvait pas dans le projet d’accord.

Le document ne précise pas quelle partie de l’Ukraine orientale devrait être exclue de la promesse de protection des États garants. Les passages concernés ont été marqués en rouge. Il ressort du communiqué d’Istanbul que Kiev aurait accepté d’exclure certaines parties des oblasts de Donetsk et de Louhansk, que la Russie contrôlait déjà avant le début de la guerre. La délégation russe a en revanche insisté pour que la définition des frontières soit effectuée par Poutine et Zelensky en personne et reportée sur une carte.

La délégation ukrainienne a rejeté cette idée. Kiev a exigé que l’on détermine où se situe la frontière selon la vision ukrainienne. Autre problème : la Russie a exigé qu’en cas d’attaque, tous les États garants soient d’accord pour activer le mécanisme d’assistance. Cela aurait donné à Moscou un droit de veto lui permettant de neutraliser le mécanisme de protection. En outre, Moscou a rejeté la demande ukrainienne selon laquelle les États garants pouvaient établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine en cas d’attaque.

La Russie a certes signalé lors des négociations qu’elle était prête à se retirer d’Ukraine, mais pas de la Crimée ni de la partie du Donbass qui devait être exclue des garanties de sécurité. Les chefs d’État devaient discuter directement des détails de ce retrait. Deux négociateurs ukrainiens l’ont confirmé indépendamment l’un de l’autre au journal WELT AM SONNTAG.

La question de la dimension future de l’armée ukrainienne n’a pas non plus été résolue. Kiev a partiellement répondu à la demande russe de démilitarisation. Selon l’« Annexe 1 », Moscou a exigé que Kiev réduise son armée à 85 000 soldats — environ un million servent actuellement. L’Ukraine a proposé un effectif de 250 000 soldats.

Les deux parties ont également divergé sur la question du nombre d’équipements militaires. Ainsi, la Russie demandait de réduire le nombre de chars [ukrainiens] à 342, Kiev voulait en garder jusqu’à 800. L’Ukraine ne voulait réduire le nombre de véhicules blindés qu’à 2400, la Russie demandait à ce que seuls 1029 soient conservés.

En ce qui concerne les pièces d’artillerie, la différence était également importante. Moscou en prévoyait 519, Kiev 1900. Kiev voulait conserver 600 lance-roquettes multiples d’une portée allant jusqu’à 280 kilomètres, alors que la Russie en aurait voulu 96 d’une portée maximale de 40 kilomètres. Les mortiers devaient être réduits à 147 unités selon les vœux de la Russie et les missiles antichars à 333, contre respectivement 1080 et 2000 selon Kiev.

En outre, l’armée de l’air ukrainienne devait être fortement réduite. Moscou exigeait le maintien de 102 avions de combat et 35 hélicoptères, Kiev insistait sur 160 avions à réaction et 144 hélicoptères. Les navires de guerre devaient être au nombre de deux selon les Russes, de huit selon les Ukrainiens.

Même si des points essentiels restaient en suspens, le projet d’accord montre à quel point on était proche d’un possible accord de paix en avril 2022. Poutine et Zelensky auraient dû régler les points litigieux restants lors d’un face-à-face. Mais après le sommet prometteur d’Istanbul, Moscou a posé des exigences ultérieures que Kiev n’a pas acceptées.

Elles sont notées en italique dans le document. Selon ce document, la Russie a demandé que le russe devienne la deuxième langue officielle en Ukraine, que les sanctions réciproques soient levées et que les plaintes déposées devant les tribunaux internationaux soient abandonnées. Kiev devait également faire interdire par la loi « le fascisme, le nazisme et le nationalisme agressif ».

Comme l’a appris le journal WELT AM SONNTAG auprès de plusieurs diplomates impliqués dans les négociations, l’intérêt pour une solution au printemps 2022 était grand. La Russie s’était retirée du nord de l’Ukraine après l’échec de son avancée sur Kiev et avait annoncé vouloir se concentrer sur des conquêtes territoriales à l’est. L’Ukraine a pu défendre sa capitale en déployant les plus grands efforts, les livraisons d’armes lourdes occidentales n’étaient pas encore en vue.

« Le meilleur accord que nous aurions pu avoir »

Même après plus de deux ans de guerre, l’accord paraît toujours avantageux rétrospectivement.

« C’était le meilleur accord que nous aurions pu avoir », a déclaré un membre de la délégation de négociation ukrainienne de l’époque au WELT AM SONNTAG. Depuis des mois, l’Ukraine est sur la défensive et subit de lourdes pertes. À l’époque, l’Ukraine était dans une meilleure position de négociation que maintenant. Si l’on avait pu mettre fin à cette guerre coûteuse après environ deux mois, cela aurait sauvé d’innombrables vies et épargné beaucoup de souffrances.

Il ressort de l’article 18 du projet de traité que les négociateurs pensaient à l’époque que les deux chefs d’État signeraient le document en avril 2022. Le négociateur ukrainien David Arakhamia a donné au moins un indice sur la raison pour laquelle Poutine et Zelensky ne se sont jamais rencontrés pour le sommet de paix final espéré, lors d’une interview télévisée en novembre 2023.
Selon ce rapport, le Premier ministre britannique de l’époque, Boris Johnson, s’est rendu à Kiev le 9 avril et a déclaré que Londres ne signerait « rien » avec Poutine — et que l’Ukraine devait poursuivre les combats. Johnson a certes démenti cette assertion par la suite. On peut toutefois soupçonner que la proposition de donner des garanties de sécurité à l’Ukraine de concert avec la Russie avait déjà échoué à ce moment-là. L’Ukraine aurait pourtant eu besoin de ces garanties pour se prémunir à l’avenir contre la Russie.

Source : Die Welt

Ces doutes qui dérangent: L'Apocalypse climatique: Vraiment?

Après plus de 30 ans de catastrophisme climatique, Joanne Marcotte invite le lecteur à connaître le travail de scientifiques, d’humanistes et d’économistes qui appellent à baisser le ton, à rejeter l’alarmisme et à opter pour des solutions plus réalistes et pragmatiques.

Ces doutes qui dérangent offre ainsi un contrepoids à la doctrine climatique qui prétend que nous assistons par notre propre faute à l’Apocalypse climatique. Sur quoi porte le consensus scientifique dont on parle tant? Quel est l’état de la science climatique? Les modèles et scénarios du GIEC sont-ils fiables? Est-ce que le projet Net-Zéro des Nations unies est réalisable? Ce sont à ces questions et bien d’autres que répondent différents scientifiques et auteurs avec lesquels on fait connaissance tout au long de ce récit.

Ces doutes qui dérangent s’adresse aux personnes qui comprennent que la science est un processus d’observations et de découvertes; pas une religion. Mais aussi et surtout aux jeunes personnes qui souffrent d’éco-anxiété et à leurs parents. À ceux-là, Joanne Marcotte leur dit, rassurez-vous! Ce n’est pas tout à fait ce qu’on vous raconte.

Jamais on aura autant entendu parler de ‘science climatique’ tout en censurant ceux qui l’interrogent, mais avec ce livre, Joanne Marcotte convie le lecteur à examiner la vraisemblance du récit officiel sur les changements climatiques. À l'heure où les Nations unies, le GIEC et les gouvernements du monde exigent que des milliers de milliards de dollars soient investis dans leur projet Net-Zéro, elle estime qu'il est parfaitement légitime de presser les scientifiques et les gouvernements de fournir davantage d'explications et que le 4e pouvoir doit offrir une information plus équilibrée. À la fin, il y a certes de bonnes raisons d’investir dans des technologies moins polluantes et moins génératrices de gaz à effet de serre, mais l’Apocalypse et le prétendu besoin d’une transformation complète d’un modèle économique qui a permis l’amélioration de la qualité de vie du genre humain comme jamais auparavant, ne sont pas de celles-là.

Le doute est sain. Le scepticisme est sain. Interroger, reconnaître les incertitudes et nuancer l’état de la recherche sur le climat sont non seulement des éléments essentiels du processus scientifique, rappelle Joanne Marcotte. Ils sont le signe d'une saine démocratie. 
 
Ces doutes qui dérangent:
L'Apocalypse climatique: Vraiment?
par Joanne Marcotte
paru le 24 octobre 2023
250 pp,
ISBN-10 ‏ : ‎ 2982203901
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2982203907
 

Angleterre — le ministère de l’éducation estime que l'identité de genre ne doit pas être enseignée à l'école

Dans un communiqué de presse publié par le gouvernement, la ministère de l’éducation estime que l'identité de genre ne doit pas être enseignée à l'école. Ces propositions du gouvernement doivent être soumises à consultation avant d'entrer en vigueur.

Après le système de santé il y a quelques semaines, c’est à présent le système éducatif qui fait marche arrière sur la question du genre au Royaume-Uni. Dans un communiqué publié jeudi sur le site officiel du gouvernement, le ministère de l’éducation souhaite que le concept de l’identité de genre ne soit plus enseigné dans les collèges, et que les cours d’éducation sexuelle ne soient plus dispensés aux élèves de moins de neuf ans. À l’origine de ces mesures, une explication en demi-teinte du gouvernement qui dit vouloir «protéger les enfants d'enseignements inappropriés sur des sujets sensibles».

Si l’«Éducation aux relations, à la sexualité et à la santé» dans les écoles primaires, obligatoire depuis 2020 au Royaume-Uni, devait aborder les bases des relations familiales, amicales, de la santé physique, des parties du corps et de la puberté, plusieurs rapports ont fait état d’«éléments dérangeants» et «inappropriés» pendant ces cours. Le ministère de l’Éducation a donc annoncé un droit d’accès pour les parents aux ressources utilisées dans le cadre de ces cours, ainsi que l'introduction de nouvelles limites d'âge afin que les enfants ne soient pas initiés à des contenus «qu'ils n'ont peut-être pas la maturité de comprendre». Ces cours ne seront ainsi dispensés qu’à partir de neuf ans, et d’un point de vue «purement scientifique». Quant aux sujets plus «explicites» liés par exemple à la contraception, ils seront enseignés à partir de l’âge de 13 ans.

Ces propositions du gouvernement, annoncées quelques mois avant des élections législatives, doivent être soumises à consultation avant d'entrer en vigueur.

Des points de vue présentés comme des faits

Sur la question de l’identité de genre, la position du gouvernement ne manque pas de trancher avec la voie prise par le Royaume-Uni ces dernières années sur le sujet. «À la lumière du “Cass Review ”, explique le document gouvernemental, il est important que les écoles adoptent une approche prudente dans l'enseignement de ce sujet sensible, et qu'elles ne présentent pas des points de vue contestés comme des faits, y compris le point de vue selon lequel le genre est un spectre».

Poursuivant dans cette direction, le ministère annonce finalement que la théorie du genre ne devrait plus être enseignée à l’école primaire, et qu’elle serait abordée au collège sous un jour biologique. «Dans l'enseignement secondaire, les élèves apprendront les caractéristiques telles que l'orientation sexuelle et le changement de sexe, mais les écoles ne doivent pas enseigner le concept d'identité de genre».

«Les professeurs doivent enseigner des faits aux élèves»

Si la nuance entre changement de sexe et identité de genre demeure floue, la ministre de l’éducation Gillian Keegan (ci-contre) explique le 15 mai au micro de la BBC Radio 4 avoir vu «des documents où l'on parle de l'identité de genre comme d'un spectre, du fait qu'il existe de nombreux genres différents, en essayant d'amener les enfants à répondre à des questionnaires sur ce qui est une identité de genre différente et ce qui ne l'est pas, et en ignorant le sexe biologique... Beaucoup de ces éléments ont suscité des inquiétudes».

Dans un article du quotidien britannique The Sun paru le 15 mai, elle affirme également que «les professeurs sont là pour enseigner des faits aux élèves, et non pour pousser les agendas de groupes militants». Et d’ajouter: «Plus jamais nous n'enseignerons aux jeunes filles qu'elles seraient peut-être plus heureuses en étant garçon». En somme, le Royaume-Uni semble vouloir éduquer les collégiens sur l'existence des transitions socio-médicales de genre à l'âge adulte, sans basculer dans la promotion d’une idéologie controversée.

Il affirme également sa volonté de placer la protection des enfants au cœur de ses directives et de «consacrer le droit des parents à savoir ce que l'on enseigne à leurs enfants», selon les termes de Gillian Keegan. Un engagement confirmé par Rishi Sunak, premier ministre britannique, qui rappelle qu’en envoyant leurs enfants à l’école, «les parents sont convaincus, à juste titre, que ceux-ci sont en sécurité et ne sont pas exposés à des contenus dérangeants qui ne sont pas adaptés à leur âge».

Source : Le Figaro

vendredi 17 mai 2024

Élections en Inde, le triomphe du nationalisme hindou

Des affiches du campagne aux couleurs du BJP de Narendra Modi    

Depuis le 19 avril et jusqu'au 1er juin, 968 millions d'Indiens sont appelés à voter dans 102 circonscriptions réparties sur 21 États pour élire 545 députés à la Chambre basse du Parlement. Les résultats, attendus pour le 4 juin, détermineront le parti majoritaire et le nom du Premier ministre (Le Figaro, 18 avril). L'issue de ce marathon électoral de six semaines ne présente guère de doute : Narendra Modi et son parti, le BJP (« Parti indien du peuple »), au pouvoir depuis 2014, devraient triompher et imposer le nationalisme hindou. Selon ce courant de pensée, que d'aucuns qualifient d'idéologie, l'Inde aurait été asservie pendant douze siècles par les musulmans puis les Britanniques. Pour retrouver sa souveraineté et son identité, il lui faudrait donc revenir à « la source ». Cela signifie affirmer la primauté de l'hindouisme, avant tout sur l'islam et le christianisme qui sont les deux principales religions « allogènes ». Première minorité religieuse du pays devant les chrétiens (2,3 % de la population), les sikhs (1,7 %) et les bouddhistes (0,7 %), les musulmans représentent 15 % de la population indienne, soit près de 200 millions de personnes, mais n'occupent que 5 % des sièges de la chambre basse du Parlement.

Le parti au pouvoir n'a pas lésiné sur les moyens de propagande. Drapeaux, étendards et fanions du BJP claquent dans les rues des villes gouvernées par le parti ou ses alliés, à commencer par New Delhi. Des rues à consonances islamiques ont été renommées. L'opposition est sommée de donner des gages de ferveur nationale-hindouiste et est accusée d' « anti-hindouisme » quand elle entreprend de critiquer le bilan peu flatteur du pouvoir s'agissant du chômage, de l'inflation, de la corruption ou de l'indigence des services publics.

Depuis la première élection de Modi, en 2014, la pression sur les minorités religieuses n'a cessé de croître. Les lois promulguées à l'encontre des vendeurs (musulmans) de viande bovine, des congrégations religieuses recevant des fonds de l'étranger et les lois anti-conversions ont confirmé aux chrétiens comme aux musulmans qu'ils étaient dans le viseur des nouveaux dirigeants de l'Inde. Des nationalistes hindous, influencés par la rhétorique de politiciens affiliés au BJP, s'en prennent aux personnels d'institutions chrétiennes (écoles, orphelinats, dispensaires, hôpitaux). Déplorant un climat social hostile aux minorités religieuses, la Conférence des évêques catholiques de l'Inde (CBCI) a dénoncé une « polarisation religieuse sans précédent qui endommage notre chère harmonie sociale et menace la démocratie elle-même ».

Pour s'assurer un troisième mandat, Narendra Modi multiplie les signes de ferveur hindouiste. En janvier dernier, le Premier ministre a inauguré un temple construit sur le site d'une ancienne mosquée détruite en 1992 par des extrémistes hindous, dans la ville d'Ayodhya (Uttar Pradesh). Soulignant son engagement nationaliste et religieux, son discours annonçait l'avènement d'une « nouvelle ère » pour l'Inde.

Autre indice de la fin programmée du sécularisme : l'éclipse qui frappe les pères de l'indépendance indienne, Gandhi et Nehru, auxquels sont reprochées plus ou moins franchement leur conception séculière et pluraliste de la démocratie indienne. Signe symbolique de ce désamour : le Musée-Mémorial Nehru, institut prestigieux de sciences sociales à New Delhi, a été renommé en août 2023 « Musée et bibliothèque du Premier ministre ». Quant à Gandhi, le gouvernement Modi lui préfère ostensiblement Vinayak Damodar Savarkar (1883- 1966), un nationaliste qui fut incarcéré par les Britanniques. Savarkar est le fondateur de l'hindutva, une idéologie prônant la suprématie de la « nation hindoue » (« Hindu Rashtra »). À ce propos, La Croix (25 avril) relève qu'un détail historique gênant est occulté dans les manuels d'histoire : l'allégeance de l'assassin de Gandhi, le nationaliste hindou Narayan Vinayak Godse, à l'association des volontaires nationaux, organisation paramilitaire dont est issu le BJP…

La prochaine étape visée par les ultra-nationalistes est une réforme de la Constitution enterrant le sécularisme — qui y est inscrit depuis l'indépendance (Asia News, 19 avril). Modi n'a pas désigné le but aussi clairement, mais il n'a pas caché son désir d'obtenir une majorité suffisante au Parlement pour instaurer un nouveau code civil unifié qui priverait les minorités religieuses de leurs législations particulières, charia pour les musulmans, lois ou coutumes liées au mariage, au divorce, à l'adoption, à l'héritage pour les chrétiens.

L'Église catholique de l'Inde ne dissimule pas son inquiétude face aux desseins de Modi et du Bharatiya Janata Party, d'instrumentaliser l'hindouisme au détriment des autres religions rapporte Vatican News (9 avril). La minorité chrétienne ne représente que 2,3 % du 1,4 milliard d'habitants du pays, soit néanmoins entre 30 et 35 millions de citoyens indiens. Selon l'organisation United Christian Forum, 161 attaques ont ciblé les chrétiens en Inde entre le 1er janvier et le 15 mars 2024. Plus fondamentalement, l'offensive se concentre sur les écoles et universités catholiques, particulièrement recherchées pour leur qualité.