mardi 25 octobre 2011

La hiérarchie de Scouts Canada n'aurait pas transmis des cas de pédophilie à la police

Une enquête du réseau anglais de Radio-Canada révèle que Scouts Canada a déjà tenu un registre d'hommes renvoyés de l'organisation pour cause de soupçons d'agressions sexuelles sur des enfants.

Une telle liste existait aussi aux États-Unis, où un avocat a pu la consulter.

Il a été choqué par le nombre de noms sur le registre et l'inaction des scouts lorsqu'ils prenaient connaissance des soupçons envers leurs membres. En effet, tous ces cas de pédophilie n'auraient pas été transmis à la police par la hiérarchie scoute.

Plus d'info : National Post (en anglais)


Voir aussi

Pédophilie dans l'enseignement non confessionnel

Canada — La pédophilie  : une orientation sexuelle comme l'hétérosexualité pour des experts

États-Unis — pédophilie et sévices sexuels dans les écoles américaines

École laïque et républicaine — Enseignants pédophiles, on n'en parle que depuis récemment




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Deux écoles libres dans le centre de la France

« L’école autrement ». Un reportage de France 3 Clermont-Ferrand présente deux écoles indépendantes du Puy-de-Dôme : l’école Saint-Bénilde, située dans le centre de Clermont-Ferrand, est une école de confession catholique, à la pédagogie classique (lecture syllabique, apprentissage progressif de la grammaire, histoire chronologique…) L’école associative des Roseaux, à Veyre-Monton, est une école laïque qui utilise la pédagogie Montessori et dont le projet central est tourné vers l’écocitoyenneté.






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Éthique — « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. »

Vidéo intéressante qui oppose le journaliste Éric Zemmour et Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre, en présence de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin et le critique littéraire Éric Naulleau.



Les statistiques, des êtres fragiles 

Christophe Robert prétend que la pauvreté ne cesse d'augmenter en France, que les choses empirent. À cet effet, il cite des statistiques récentes. Éric Zemmour rappelle ce que disait Sauvy au sujet des statistiques : « les chiffres sont des êtres fragiles qui, à force d'être torturés, finissent par avouer tout ce qu'on veut leur faire dire ». Dans ce cas-ci, les statistiques sur la pauvreté ne mesurent pas la misère mais la distribution des revenus dans la population, puisque sont considérés pauvres tous ceux qui gagnent moins que 60 % du revenu médian, que le revenu médian permette de bien vivre ou non.

Éric Zemmour relève qu'une des solutions proposées par Christophe Robert pour résoudre la crise du logement est de bétonner de plus en plus la France, tout en lui indiquant que cela n'empêchera pas le représentant de la Fondation Abbé Pierre de voter écologiste l'année prochaine...

Causes de la crise du logement


Pourtant, les causes de « la crise du logement » sont parfaitement identifiées. D’abord, le divorce de masse. Là oùl y avait un appartement familial, il en faut deux. Ensuite, l’immigration. Aujourd'hui 200.000 personnes par an s'établissent en France. Et on ne parle que des entrées régulières. Où vont vivre tous ces gens ?

En banlieue. Que vont devenir leurs anciens habitants ? Ils vont se pousser pour faire de la place, ou se précipiter en centre-ville pour trouver les bonnes écoles pour leurs enfants. Où les prix sont inabordables. Alors, on part loin, de plus en plus loin, quitte à allonger démesurément ses temps de transport. Et la hausse des prix de faire tache d’huile sur tout le territoire. Enfin, sur le plan mondial, une masse de capitaux énormes, américains, européens, indiens, russes, arabes, chinois, et même africains, qui se balade librement. Cet argent nomade fait monter tous les micromarchés de luxe : tableaux, antiquités, bijoux, hôtels particuliers. En France, ces biens sont devenus « intouchables » pour 99, 99 % des Français. Ce qui aggrave un sentiment de dépossession de soi et de prolétarisation des classes moyennes.

Libertés contre libertés

Mais voilà, pas question de mettre la moindre entrave au divorce, au contraire, on le facilite le plus possible au nom de la liberté individuelle, alors même qu’on n’a aucun scrupule à restreindre d'autres libertés, apparemment moins sacrées, moins politiquement correctes surtout, celles du fumeur ou de l’automobiliste par exemple. Les innombrables lois sur l’immigration n’ont pas réduit le nombre toujours plus grand de nouveaux immigrants. Depuis la libération totale des marchés des capitaux par les socialistes, personne n’ose la remettre en cause.

Dans ce cas-ci, Christophe Robert veut limiter la liberté des propriétaires de logement (en proposant notamment des limites d'augmentation du prix des loyers lors d'un changement de locataire, comme au Québec). Cela ne lui pose aucun problème.

Régler les causes, plutôt que de les chérir

Mais voilà, Christophe Robert refuse, pour des raisons idéologiques, de s'attaquer aux causes : taux de divorce massif, immigration très importante, achat spéculatif de propriété par des étrangers. Ils déplorent les effets de ce qu'il chérit : les familles « libres » qui se décomposent, l'immigration de masse, le libéralisme des capitaux. Zemmour termine en rappelant Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. »1




[1] Nous n'avons pas retrouvé cette citation dans les œuvres de Bossuet, mais celle-ci : « Mais Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. » (Œuvres complètes de Bossuet, évêque de Meaux, p. 436)

Rome et Grèce antiques — Rôle de l'État et des parents dans l'éducation

L’école est avant tout pour les contemporains un lieu et une institution.

Pour les hommes de l’Antiquité, elle est un état, l’état de loisir (σχολή [skholê en grec, ludus en latin]) qui permet, en faisant une pause dans les tâches nécessaires et contraignantes de l’activité sociale, de « cultiver son esprit » (Cicéron), c’est-à-dire de rendre fécond, productif, ce terrain donné par la nature et qui, s’il est laissé en friche par l’absence d’éducation, reste en grande partie stérile.

L’Antiquité peut servir de miroir inversé pour notre monde contemporain. Aujourd’hui, dans le même temps qu’on déplore un renforcement féroce de l’individualisme, une dynamique profonde tend à l’uniformisation de grandes masses humaines, tant au niveau des pensées que des comportements. Et dans notre pays, l’école entre dans cette dynamique, par l’unicité des programmes au niveau national, et l’uniformité des rythmes, des cursus et des méthodes dans une large mesure. En Grèce comme dans la Rome républicaine, l’État n’exerçait aucun contrôle sur l’éducation, qui était avant tout une affaire individuelle, ou familiale (sauf à Sparte, où tout intérêt privé était inféodé à l’intérêt public). Pourtant, prévalaient dans ces sociétés un très fort patriotisme et un fort esprit communautaire.

En Grèce, les Sophistes ouvrirent le débat, épineux, de la rémunération des maîtres et donc du prix du savoir, savoir dont tout le monde avait conscience qu’il est la condition de la liberté. En Grèce toujours, quelques créateurs d’écoles proposèrent que l’éducation fût remise entre les mains de l’État, mais il s’agissait toujours de l’État vertueux de leurs cités idéales. Dans la réalité, les parents, seuls, choisissaient les maîtres auxquels ils allaient confier leurs enfants, et la renommée était gage de compétence. À Rome en revanche, une organisation scolaire stéréotypée s’était développée, et les grammairiens commencèrent à réfléchir sur les pratiques pédagogiques, ouvrant une porte qui ne s’est jamais refermée depuis. Mais l’amour de la liberté était tel que jamais on ne songea à déléguer à l’État ce qui apparaissait comme l’un des facteurs essentiels de la construction de chaque citoyen.





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lundi 24 octobre 2011

Comment aider les enfants à mieux se concentrer

Pour le Dr Eric Konofal, coordonateur adjoint du Centre de Référence National de la Narcolepsie et Hypersomnies Rares, Centre Pédiatrique des Pathologies du Sommeil, Hôpital Robert Debré, Paris, spécialisé dans les troubles de l’attention, les problèmes d’attention n’ont rien à voir avec l’intelligence. Et pourtant ils sont une entrave réelle aux apprentissages.

Que connaît-on aujourd’hui, d’un point de vue scientifique, du fonctionnement de l’attention et de la concentration ?

Les neurosciences ont permis des avancées considérables dans la connaissance des mécanismes qui régulent l’attention. Même si on ne peut pas dire que tout soit parfaitement connu, et encore moins maîtrisé, on commence à mieux cerner, entre autres, le rôle de certains neuromédiateurs, comme la dopamine et la mélatonine, et de sels minéraux, comme le fer principalement. On connaît les rythmes circadiens qui structurent notre journée, et on peut maintenant évaluer, par des analyses biochimiques ou par imagerie médicale, les dysfonctionnements qui empêchent certains enfants de se concentrer. Avec ces données, on peut essayer d’apporter des solutions adaptées à chaque cas.

Est-il exact que les enfants ont davantage de problèmes à se concentrer aujourd’hui et, si oui, pourquoi ?

dimanche 23 octobre 2011

Les partisans du PLQ enterrent deux propositions de la ministre de l'Éducation

Les militants libéraux réunis en congrès ont infligé tout un camouflet à la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. Ils ont décidé de retirer une proposition visant à amputer de moitié le budget des commissions scolaires, une idée qui s'inspirait du programme de François Legault. La ministre s'était pourtant prononcée en faveur de ces coupes de 300 millions de dollars jeudi dernier.

La proposition demandait de «réviser les mandats et les responsabilités des commissions scolaires de manière à réaliser des économies annuelles de 100 millions de dollars par année pendant trois ans dans la bureaucratie».
Les avis étaient très partagés sur le parquet. Bien des militants, en particulier les représentants de la communauté anglophone, qui considèrent celles-ci comme la dernière instance politique entre leurs mains, étaient clairement contre la mesure.

L'état-major du parti a mis tout son poids dans l'espoir d'éviter le retrait de la proposition. «C'est une proposition qui est publique depuis 35 jours. Elle a été débattue en conseil général en colloque, à Rimouski. L'intention a été annoncée il y a plus de six mois. Ce n'est pas jeudi soir dernier que ç'a été annoncé. Je fais confiance aux membres pour débattre de cette proposition», a affirmé le président de la commission politique, Saul Polo.

Les délégués en ont décidé autrement: 316 ont voté en faveur du retrait de la proposition et 266 s'y sont opposés.

Lors d'un point de presse, Line Beauchamp a tenté de minimiser cette rebuffade. Selon elle, les militants n'ont pas rejeté son intention de réduire la bureaucratie et d'accorder plus d'autonomie aux écoles. Ils ont exprimé des critiques sur les façons de faire, a-t-elle plaidé.

Pas de bonis au mérite non plus

Les militants ont également retiré la proposition 23, qui suggère notamment « d'établir une comparaison de la performance des écoles ». « On devrait retourner à la table de travail parce qu'on pourrait passer la journée [à en discuter] et on ne s'en sortira pas », a lancé un militant, après 45 minutes d'échanges très animés.

La résolution prévoyait aussi de «récompenser les écoles les plus performantes dans l'octroi de budgets», une notion qui a fait bondir une militante. « On veut creuser le fossé... les meilleures écoles vont devenir de plus en plus performantes année après année. On va tuer l'espoir d'un parcours de vie pour tous nos jeunes. Si on veut niveler vers le haut, qu'on nivèle pour tout le monde ! »

Tentative de récupération du programme de Legault échoue

Rappelons que la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) de François Legault veut abolir les commissions scolaires et confier une partie de leurs mandats à des directions régionales du ministère de l'Éducation. Il chiffre les économies à 280 millions $.

Toujours en éducation, les délégués du PLQ ont retiré une autre proposition qui reprenait un thème exploité par François Legault. Celle-ci visait à ce que tous les élèves des niveaux primaire et secondaire passent chaque année une épreuve ministérielle unique en français et en mathématiques. Les écoles seraient comparées en fonction des résultats, « après pondération des facteurs socioéconomiques » pour ne pas pénaliser celles qui se trouvent dans des quartiers pauvres. Les écoles les plus performantes seraient récompensées dans l'octroi des budgets.

Les choses sont plus claires

Pour ce carnet, il est bon que le PLQ apparaisse comme le parti gardien du statu quo et que cette tentative « populiste » de Charest pour contrer Legault avorte… Les choses sont plus claires, les lignes moins brouillées.

Ceci dit, pour nous, l'important ce n'est pas la structure de l'école publique (il vaut bien sûr mieux que les mêmes services soient fournis les plus efficacement), mais d'avantage d'écoles libres et autonomes tant pour ce qui est de l'embauche du personnel qu'au niveau du programme ou de la pédagogie. Ces écoles libres seraient financées, par exemple, par des bons scolaires ou des baisses d'impôts et des bourses pour les plus pauvres.

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Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires

L'école de son choix et le bon scolaire





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PLQ — Hausser le prix des garderies subventionnées

S'il est réélu, le gouvernement libéral augmentera le tarif des garderies actuellement à de 7 $. Les délégués réunis en congrès à Québec dimanche ont accepté à la grande majorité d'indexer la tarification des Centres de la petite enfance (CPE) pour qu'elle atteigne « 20 pour cent des coûts réels ». Ce faisant ils ont toutefois amendé la proposition d'origine qui indiquait explicitement que la tarification quotidienne passerait de 7  $ à 10 $.

Une garderie privée subventionnée reçoit de l'État 34,50$ par jour pour chaque enfant de plus de 18 mois et 51,70$ pour chaque poupon, d'après les données de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ). C'est 37,80$ et 58,60$ dans le cas d'un centre de la petite enfance (CPE). 

Au cours du débat, les militants favorables à la hausse ont fait savoir qu'il fallait ajuster le tarif après plusieurs années de gel, puisque le système subit une pression qui conduit au sous-financement.

Les quelques délégués qui s'opposaient à cette proposition ont pour leur part évoqué que la hausse pourrait représenter un fardeau de 780 $ par année par enfant pour les familles qui utilisent ces garderies. Ils ont aussi rappelé que, selon eux, les familles voulaient de nouvelles places en garderie, et non des hausses.

Rappellons que les parents, le plus souvent des mères, « rétrogrades » selon d'aucuns, qui garderaient eux-mêmes leurs jeunes enfants ne reçoivent pas un sou de l'État.

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CPE s'arment pour une bataille juridique contre le gouvernement

Garderies discriminatoires : elles privilégient les athées et agnostiques

Garderies — fermeture de deux garderies par la ministre tatillonne et bakchich pour avoir des places

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samedi 22 octobre 2011

France — les écoles libres dans le collimateur de François Hollande

Si l'on en croit un amendement soumis au parlement français, François Hollande et ses amis voudrait tarir le financement privé de l’enseignement libre.


« Voilà un petit amendement (no 3775) au projet de loi de finances pour 2012, modifiant l’article 200 du code général des impôts, qui n’aura peut-être pas une longue carrière législative, mais qui annonce des lendemains inquiétants. Car il n’est pas signé par n’importe qui : François Hollande y figure en bonne place.

Il s’agit tout simplement de « priver du bénéfice des dispositions incitatives aux dons en matière d’impôt sur le revenu et d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), les associations et fondations dont l’objet principal serait le financement d’activités d’enseignement privé « hors contrat » et d’instituer une règle similaire à celle limitant les subventions aux établissements d’enseignement secondaires privés à un dixième de leurs dépenses annuelles en matière de subvention fiscale. »

L’objectif est clair : il consiste à tarir une source importante de financement des écoles libres hors contrat d’une part et d’autre part des établissements du second degré sous contrat en ce qui concerne leurs travaux.

L’attaque est d’abord ad hominem. Dans le collimateur, pour les écoles hors contrat, la « Fondation pour l’école » qui soutient, finance et promeut cette branche de l’enseignement libre. Elle est directement visée par l’amendement : fondation de plein droit depuis le 20 mars 2008, elle est même devenue le 4 août 2011 une fondation « abritante » , à l’instar de la Fondation de France ou de l’ordre de Malte, ce qui lui permet de soutenir de manière plus efficace de multiples projets. Autre cible : la « Fondation Saint Mathieu » qui, depuis sa création le 16 février 2010, a octroyé 2,1 millions € d’aides remboursables à des établissements catholiques sous contrat permettant de financer des travaux pour un montant total de 50 millions €.

Manifestement cela dérange François Hollande et ses frères.

Cet amendement déposé par les députés socialistes de la commission des finances de l’Assemblée nationale pourrait n’être qu’une escarmouche de plus. Il ne sera évidemment pas voté. Mais imaginons un scénario vraisemblable : si les Français élisent François Hollande en 2012, ne serait-ce qu’à cause d’une désertion du peuple de droite, fatigué de sa majorité, ce n’est plus un simple amendement que la gauche tentera d’introduire subrepticement dans le débat budgétaire ; c’est à une attaque en règle contre l’école libre qu’il faut s’attendre.

Le soi-disant « homme tranquille », peu importe que ce soit par conviction ou pour complaire à ses amis, vient de nous annoncer ce qu’il a l’intention de faire vis-à-vis de l’enseignement libre.

Non seulement il n’y aura pas d’argent public pour le privé. Mais en refusant toute défiscalisation, l’argent privé lui-même sera empêché d’aller au privé. Le but est clair : étouffer financièrement l’enseignement libre, de façon discrète et propre. Pourtant les Français plébiscitent un enseignement à qui on interdit déjà de scolariser plus de 20 % de leurs enfants ; mais c’est encore trop pour eux.

François Hollande a peut être les habits d’un socialiste « centriste », peut-être même veut-il se faire passer pour le « gendre idéal », l’homme affable à qui l’on peut faire confiance les yeux fermés, il n’en est pas moins aussi dangereux pour la liberté de l’enseignement que ses amis les plus sectaires.

»

Source (avec quelques corrections typographiques)




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vendredi 21 octobre 2011

Bock-Côté : L’histoire aux oubliettes

Matthieu Bock-Côté revient sur le rapport dirigé par Éric Bédard dont nous avions déjà parlé et parle de sa dimension plus générale, au Québec comme partout en Occident.


Actuellement, une petite querelle entre éminents historiens ne passe pas inaperçue médiatiquement. Son origine ? La publication d’une étude de la Fondation Lionel-Groulx réalisée par l’historien Éric Bédard qui démontre la disparition inquiétante de l’histoire nationale dans l’université. Son titre : « l’histoire nationale négligée ».

Le constat de Bédard est sans faille. L’histoire politique est abandonnée. L’histoire nationale a cédé la place à l’histoire sociale des « minorités ». Officiellement parce que la première serait nécessairement dépassée, et que la seconde serait objective.

Le milieu des historiens académiques joue les vierges offensées. Ils accusent même Bédard de camoufler un parti-pris souverainiste. Ils ne voient pas au même moment que ressortent leurs propres jupons idéologiques, leur propre mépris du nationalisme, et souvent même, de la nation québécoise.

Car le problème est plus profond. En fait, c’est le Québec qui n’intéresse plus une bonne partie de nos intellectuels. Il y a beaucoup de snobisme ici. Au nom de la mondialisation, de la modernité, de la diversité, notre société n’intéresse plus vraiment ceux qui ont pourtant pour métier de la penser.

Par exemple, on cessera d’enseigner l’histoire des idées politiques québécoises. On sacrifiera aussi l’histoire des Rébellions, de la Conquête, de la Confédération. On prétextera l’absence de spécialistes. On oublie de nous dire qu’on a refusé de les embaucher pendant des années. L’histoire politique n’est pas disparue par enchantement. On l’a consciemment mise de côté.

Ce qui nous ramène à l’étude de Bédard. Ce dernier désespère de changer les départements. Bédard propose plutôt de créer un Institut d’histoire nationale lié à l’INRS. Cet institut rassemblerait les experts qui l’étudient avec les moyens nécessaires. Cette histoire ne serait pas militante. Mais elle ne confondrait pas l’oubli de la nation québécoise avec un progrès méthodologique.

Voyons plus large. Au Québec et partout en Occident, l’enseignement de l’histoire est devenu un enjeu politique. [Note du carnet: cela a toujours été le cas, aujourd'hui elle prend un angle multiculturaliste, antinational et pro-lobby intouchable comme les « homosexuels »] La formation de la conscience historique porte à conséquence sur l’identité collective. Ici, nous retrouvons la querelle du multiculturalisme. L’histoire nationale rassemble une société, la transforme en peuple, lui fait voir son destin. L’histoire multiculturaliste le fractionne grossièrement en communautés rivales voulant chacune son morceau de mémoire et se repliant sur elles-mêmes.

Un peuple à qui on a appris à ne plus aimer son passé finira par ne plus s’aimer. Il ne faut plus se laisser intimider par ceux qui nous expliquent doctement que nous connaître historiquement comme peuple est une pathologie réactionnaire dont nous devrions urgemment nous débarrasser.


Voir aussi :

Québec — Le peu de place consacrée à l'Europe dans les programmes scolaires d'histoire

France — La polémique des nouveaux programmes scolaires d’Histoire vue de Russie

France — « Critiquer le roman national, amadouer un nouveau public [immigré] »

La Grande Noirceur, revue et corrigée


Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires

Dans la biographie de Steve Jobs écrite par Walter Isaacson qui vient de sortir aux États-Unis, le fondateur d'Apple critique vivement le système éducatif des États-Unis d'Amérique, en affirmant qu'il est « paralysé par des règles syndicales ».

« Tant qu'on n'aura pas brisé les reins des syndicats d'enseignants, il n'y avait presque aucun espoir de réforme dans l'éducation. » Jobs proposait que les directeurs d'écoles puissent embaucher et licencier les enseignants en fonction de leur mérite et que les écoles restent ouvertes jusqu'à 18 heures, 11 mois par an. »

Pour réaliser cette biographie, Walter Isaacson a vu Steve Jobs pour la dernière fois quelques semaines avant sa mort. En tout, il se sera entretenu avec lui plus de 40 fois pendant deux ans. Selon l'auteur, le visionnaire de l'informatique a accepté d'aborder tous les sujets et n'a d'aucune façon voulu contrôler le contenu de l'ouvrage. M. Isaacson a, en outre, rencontré plus de cent amis, membres de la famille, collègues et concurrents du fondateur d'Apple.

Steve Jobs avait déjà indiqué dans un autre entretien que, bien qu'il ait pensé à une époque que l'informatique pourrait améliorer l'éducation, il en était revenu : « J'ai probablement été le fer de lance sur la planète dans le don de matériel informatique aux écoles. Mais j'ai été forcé d'admettre que le problème n'en est pas un que l'informatique pourrait résoudre. Ce qui cloche avec l'éducation ne peut être corrigé avec la technologie. »

Pour Steve Job, la cause des problèmes actuels dans l'enseignement aux États-Unis était de nature socio-politique : « Le problème ce sont les syndicats. Si vous tracez côté-à-côte la croissance de l'AEN [National Education Association, un syndicat d'enseignants] et les résultats aux tests SAT des étudiants, vous remarquerez qu'ils sont inversement proportionnels. Les problèmes, ce sont les syndicats dans les écoles. Le problème, c'est la bureaucratie. Je suis une de ces personnes qui croient que la meilleure chose que nous puissions faire est de mettre en place un système de bons scolaires.

Le visionnaire californien continuait :
« J'ai une fille de 17 ans qui est allée dans une école privée pendant quelques années avant l'école secondaire. Cette école privée est la meilleure école que j'ai vue de ma vie. Elle a été classée parmi les 100 meilleures écoles en Amérique. C'était phénoménal. La scolarité coûtait 5500 $ par année, ce qui est beaucoup d'argent pour la plupart des parents. Mais les enseignants étaient moins bien payés que ceux des écoles publiques — il ne s'agit donc pas d'une question de rémunération des enseignants. J'ai demandé au trésorier de l'État [ministre des Finances de Californie] ce que la Californie payait en moyenne cette année-là pour scolariser un enfant, et je crois que c'était 4400 $. S'il est vrai que peu de parents peuvent se permettre de payer 5500 $ par an, nombreux sont ceux qui pourraient se permettre de payer 1000 $ par année.

Si nous donnions des chèques-éducation à chaque parent de 4400 $ par an [et par enfant], on verrait surgir des écoles de tous bords. Les gens diraient : « Démarrons une école ! » On pourrait même avoir une filière à l'université de Stanford au sein du programme de MBA sur comment être un patron d'école. Et ce gestionnaire pourrait se joindre à d'autres personnes, et ils fonderaient une école. Vous auriez de jeunes idéalistes qui lanceraient des écoles et travailleraient pour trois fois rien.

Ils le feraient parce qu'ils seraient en mesure de décider du programme. Quand vous avez des enfants, vous vous dites, qu'est-ce que je veux vraiment qu'ils apprennent ? La plupart des choses qu'ils étudient à l'école sont complètement inutiles. Alors que vous n'apprenez d'autres choses,  incroyablement précieuses, que nettement plus tard  —  mais là on pourrait les enseigner aux enfants quand ils sont jeunes. Et vous commencez à vous dire : « Que ferais-je si je devais décider du programme d'une école ? »

Bon dieu ! comme cela serait passionnant ! Mais vous ne pouvez pas le faire aujourd'hui. Vous seriez fou de travailler dans une école de nos jours. Vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez. Vous ne pouvez pas choisir vos manuels, votre programme. Vous ne pouvez enseigner qu'un domaine pointu. Qui voudrait jamais faire ça ? »