vendredi 3 juin 2011

Non au diplôme collégial au rabais

Un groupe de professeurs de cégep se mobilisent contre ce qu'ils décrivent comme l'octroi de diplôme d'études collégiales à rabais.

Extrait de leur manifeste :
Depuis une vingtaine d’années, les collèges mettent en place un nombre incalculable de mesures pour favoriser la réussite du plus grand nombre d’étudiants : centre d’aide, cours de mise à niveau, session d’accueil et intégration.

Dernière trouvaille : pour accueillir les étudiants de la réforme, nous devons maintenant développer une pédagogie universelle [!??] de la première session.

Des illuminés de la pédagogie s’évertuent à nous prouver, à nous qui avons fait nos classes, qu’en allant reconduire les étudiants à la porte de leur cours, en leur donnant d’avance les questions d’examen, en leur donnant des points pour être venus s’asseoir devant nous, en les tenant par la main, en les mouchant, en écoutant leurs jérémiades, nous, les professeurs, permettrons aux étudiants d'avoir de meilleures chances de réussite. Nous demandons aujourd’hui à ces pédadingos et aux patrons qui les engagent pour nous abreuver de leur illustre savoir, que vaudront ces diplômes de pacotille?


Texte de leur manifeste et de leur pétition




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jeudi 2 juin 2011

Québec — Contestation judiciaire contre l'interdiction d'explications et allusions religieuses dans les garderies (m-à-j)

Mise à jour, vendredi 3 juin

A New push to remove any reference to religion from the massively subsidized daycares in Quebec (all others are being run out of business) has people scratching and shaking their heads. Also Idaho offering more choice through school voucher.



Interdire Au Clair de la Lune dans les crèches et garderies du Québec !?



Ezra Levant : Quebec daycares and bureaucrats are going to ridiculous lengths to avoid any reference to Christmas, God or anything else. The price of the Nanny State and subsidized daycare.




Une directive émise par le gouvernement du Québec empêchant les garderies subventionnées d’enseigner ou d'expliquer des principes religieux aux petits entre en vigueur mercredi. Estimant que cette directive est discriminatoire, une coalition, baptisée Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée et lancée jeudi dernier, a déposé mardi matin un recours en justice visant à la faire invalider.

Lancé jeudi dernier, le mouvement Québécois pour l'égalité du droit à la garde subventionnée regroupe déjà plus de deux cents Québécois de divers antécédents culturels et de croyances religieuses différentes, et il est formellement appuyé par des organismes tels que l'Association des C.P.E. de la Communauté juive, Federation CJA, et l'Association des parents catholiques du Québec.


Québec a choisi, en décembre, de ne plus permettre aux garderies subventionnées d’enseigner ou d'expliquer la religion. Cette décision faisait suite à certains reportages dans les médias qui montraient que des garderies subventionnées transmettaient aux enfants les principes de la religion juive et musulmane. Des garderies catholiques (tenues notamment par des sœurs salésiennes) transmettent aussi quelques principes religieux. Rappelons que Québec financent pourtant des écoles confessionnelles.


Danielle Sabbah de Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée a déclaré que la directrice d'une garderie catholique avait été informée par des bureaucrates que les bambins pourraient continuer à chanter la populaire chanson Au Clair de la lune pour autant que le dernier vers « Pour l'amour de Dieu » soit omis...

De surcroît, pour Mme Sabbah cette politique est tellement vague qu'il sera impossible pour les gardiennes d'enfants de savoir quand elles l'enfreignent.

La ministre de la Famille, Yolande James, avait prévenu les services de garde qu’ils devraient revoir leur programme éducatif avant mercredi s’ils ne voulaient pas perdre en tout ou en partie leurs subventions. La directive prévoit que les services de garde subventionnés doivent éviter d’offrir des activités qui visent l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou de la pratique religieuse précise.

La coalition Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée estime que les services de garde sont une extension du milieu familial et que les parents ont le droit de choisir quelles valeurs et quelle religion sera transmises à leurs enfants lorsqu’ils sont confiés aux soins d’éducatrices. Elle demande à la Cour supérieure de déclarer nulle la directive de Québec et d’en suspendre l’application en attendant que la cause soit entendue.

« Les parents ont le droit à la liberté de religion en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, a rappelé Isabelle Couët, coprésidente de la coalition. Nous sommes d’avis que la directive est discriminatoire à l’égard des parents qui, tout en voulant profiter du système de garderies subventionnées qui doit être offert à tous les citoyens de la province, choisissent d’envoyer leurs enfants dans une garderie qui tient compte des valeurs religieuses de leur milieu familiale. Les limites que pose la directive aux droits à l’égalité ne peuvent aucunement être justifiées. »

Le regroupement juge également que la directive est imprécise et que son application pourrait s’avérer difficile. Avant de se lancer dans une procédure juridique, Québécois pour l’égalité du droit à la garde subventionnée avait lancé une pétition qui a recueilli, à ce jour, plus de 9 000 signatures.

Ministre ferme, malgré la contestation judiciaire

La ministre de la Famille, Yolande James, a déclaré mercredi qu'il n'était pas question de faire marche arrière dans ce dossier, quelle que soit la démarche judiciaire entreprise par des groupes juifs et catholiques qui estiment leurs droits lésés.

« Le processus suit son cours. La directive - on maintient le cap - s'applique à partir d'aujourd'hui », a soutenu Mme  James, mercredi, lors d'un brève conférence de presse.

La ministre a rappelé que la directive controversée avait été annoncée en décembre dernier et que les responsables de services de garde (Centres de la petite enfance et garderies subventionnées) avaient eu six mois pour se conformer aux directives du gouvernement.

Membres d'un comité-conseil ignorés

La Presse de Montréal révélait il y a six mois que les travaux entourant cette décision ont été mouvementés au comité chargé de conseiller la ministre Yolande James sur sa directive interdisant l'enseignement religieux dans les garderies subventionnées. Un spécialiste des relations interculturelles a claqué la porte après la première réunion. La représentante des garderies juives l'a imité plus tard. Et la porte-parole des CPE catholiques s'est sentie flouée par un gouvernement qui, selon elle, a imposé ses vues au comité.

La directive avait été plutôt mal accueillie par les principales intéressées - les garderies religieuses, que les médias traditionnels n'avaient pas interrogés depuis l'annonce de la ministre. Elles reprochent au gouvernement de les avoir invitées à un comité-conseil sans écouter leurs doléances.

« Les parents ne sont pas prêts à accepter ça. Ils sont prêts à s'unir à d'autres groupes pour faire entendre leur voix », a affirmé à La Presse sœur Ethel Rousselle, responsable de trois des cinq CPE des sœurs salésiennes de Don Bosco.

Elle a siégé au comité-conseil créé par la ministre. « J'ai été déçue. J'ai accepté de faire partie de ce comité parce que je pensais qu'on pourrait travailler ensemble. Mais la directive était déjà toute tracée, les choses étaient pas mal décidées. Ç'a été difficile pour nous d'émettre des opinions », a-t-elle affirmé. Sœur Rousselle a tout de même siégé au comité jusqu'à la fin des travaux.


Voir aussi

Une juge force des parents à socialiser leurs enfants dans une garderie d'État

«  Les chiens du gouvernement québécois vont surveiller la religion dans les garderies »

Le gouvernement québécois ne veut plus de religion dans les garderies communautaires

Garderies québécoises : un enfant sur 6 déprimé ou anxieux

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire




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mercredi 1 juin 2011

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

Québec mène une consultation publique sur le document : « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2012-2015 ». La Commission sur les relations avec les citoyens a entamé des audiences publiques hier.

Le document de consultation dévoile que le gouvernement de Québec désire accueillir 200 000 immigrants au cours des quatre prochaines années, soit une moyenne de 50 000 par année. Le gouvernement fait valoir que l'immigration est nécessaire, au plan démographique, pour pallier le vieillissement de la population, et au plan économique, pour pallier à la pénurie de main-d'œuvre et favoriser l'essor économique du Québec. Les quotas par bassin géographique (régions d'où proviennent les immigrants) visent à favoriser la diversité culturelle.

Passons sur le fait que l'utilité démographique de l'immigration est marginale au mieux (elle contribue surtout à faire grossir la population totale, mais la pyramide des âges n'est pas réellement modifiée, voir l'illustration ci-dessous et le texte ici).


En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle).
La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.

Passons sur le fait de l'utilité économique de l'immigration actuelle est loin d'avoir été prouvée. Les documents du gouvernement font l'hypothèse que tous les immigrants sont actifs et gagnent bien leur vie au Québec, ce n'est pas le cas. En réalité, les immigrants sont nettement plus au chômage que les Québécois de souche et gagnent moins d'argent en moyenne que les Québécois de souche. Voir ici, ici et . L'immigration de gens d'affaires est également un échec : six immigrants sur dix appartenant à la catégorie des gens d’affaires quittent rapidement le Québec.

Dans son dernier rapport sur la sélection des immigrants, le Vérificateur général établissait que seuls 9 pour cent (9 %) des immigrés sélectionnés ont une formation correspondant aux besoins de main-d'œuvre du Québec. Voici la conclusion de Carl Bergeron sur l'impact de ce rapport :
Il y a assez de soufre dans ce document pour incendier tout le bunker de l’inter/multiculturalisme d’État ou, à tout le moins, pour commencer à poser des “questions qui tuent” — de ces questions fondamentales qui font leur chemin, et qui, mine de rien, causent la chute des régimes. Car une fois enfoncée la porte de l’Immigration, c’est tout le reste, c’est-à-dire l’inter/multiculturalisme d’État, qui devient soudain à votre portée. Les experts. Les profs planqués. La piétaille subventionnée. Les organismes de “sensibilisation”. Les “Caravanes de l’anti-dérapage”. Les “centres de recherche” qui siphonnent l’argent public. Les contrats d’auxiliaires. Les Commissions des droits de la personne. Les journalistes-relais. Les Observatoires sur le “racisme”, la “discrimination”, la “phobie” sous toutes ses formes. Les avocats chartistes. Les industriels des “inégalités systémiques”. Les alliances académiques, médiatiques, politiques, juridiques. Tout le système grâce auquel le Québec réel est tenu en laisse.

Un récent rapport de l'Institut Fraser révélait également que l'immigration coûte près de 20 milliards de dollars par année aux contribuables canadiens.

Qu'en est-il de la diversité culturelle ?

Si dans le monde on peut arguer que cette diversité culturelle est une bonne chose (en tout cas, il n'est certainement pas bon de la réduire par la force), il n'est pas du tout évident que l'augmentation de la « diversité » soit nécessairement une bonne chose dans une petite province comme le Québec. Quel avantage y a-t-il à fragmenter davantage la société québécoise, à importer des personnes à la culture, la langue, la religion différentes ? On ne peut imaginer que l'avantage soit la diversité raciale, car cela supposerait que les races existent et que certaines populations moins métissées sont inférieures à d'autres et que la « diversité » corrigerait ce handicap. Cette diversité culturelle, linguistique et religieuse croissante au Québec est-elle donc vraiment bonne ? Pas pour ceux qui disent du même coup qu'il faut intégrer ou assimiler ces étrangers, puisque par ce processus même on fera disparaître cette diversité et donc cette « richesse ». On ne peut donc considérer cette diversité culturelle, linguistique et religieuse comme un enrichissement que, d'une part, si l'on est un adepte du multiculturalisme le plus radical qui cherche à perpétuer des communautés distinctes qui ne s'intègrent pas ou, d'autre part, si l'on croit que les sociétés métissées sont meilleures que les sociétés homogènes et que l'on  cherche à changer profondément le Québec par le métissage. Or plusieurs sociologues, comme Robert Putnam et Pierre-André Taguieff, prétendent que cette diversité croissante fragilise les sociétés d'accueil.

La diversité comme prétexte pour plus d'interventions de l'État

Rappelons aussi que c'est cette diversité qui a servi de prétexte pour limiter le choix des parents à l'école québécoise et imposer un programme comme celui d'éthique et de culture religieuse. Cette diversité croissante s'accompagne également d'autres politiques de discrimination positive en faveur des minorités immigrées (voir aujourd'hui la fonction publique montréalaise serait « trop blanche »), de campagnes publicitaires pro-immigration (répétées) et de « politique de sensibilisation » qui sont autant de coûts cachés et d'ingérence de l'État pour la société d'accueil.

Sur le plan linguistique, il est évident que l'immigration actuelle diminue petit à petit la place du français au Québec et plus particulièrement à Montréal puisque les immigrants n'adoptent pas le français au minimum à 80 %. Même Louis Cornellier du Devoir l'avait noté samedi passé dans le Devoir, pour ce chroniqueur il faudrait que de 8 à 9 immigrants sur 10 s'assimilent au français pour maintenir le poids du français au Québec. On est loin du compte.

À qui profite cette politique ?

Pour Benoît Dubreuil et Guillaume Marois, auteurs de l'essai Le Remède imaginaire / Pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec cette politique d'immigration profite d'abord au parti libéral :
« Malgré la francisation relative de l’immigration, l’appui au Parti Libéral du Québec demeure proportionnellement plus fort chez les immigrants que chez les natifs. Le gouvernement a donc un intérêt objectif à faire diminuer la part relative des natifs dans la population. »
On peut encore ajouter que cette politique profite aux entrepreneurs qui peuvent tirer avantage des salaires moins importants des immigrés récents.  En effet si, en 1980, les nouveaux immigrants de sexe masculin qui avaient un revenu d'emploi gagnaient 85 cents pour chaque dollar de revenu d'emploi des hommes nés au Canada. En 2005, ils n'en gagnaient plus que 63. Chez les nouvelles immigrantes, les chiffres correspondants étaient de 85 cents et de 56 cents respectivement.

N'oublions pas parmi les personnes qui bénéficient du très haut taux d'immigration, les conseillers en immigration, et tous ceux qui espèrent qu'une société fragmentée permettra d'imposer leur vision d'une société « métissée » avec des politiques nouvelles, des programmes sociaux et rééducatifs nouveaux qui garantiront par le bras de l'État « le vivre ensemble et le bien commun ».

L'immigration bonne pour le développement durable ?

Dans le cadre de sa politique de développement durable, le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles s'est également posé la question de savoir si l'immigration de 200 000 immigrants en quatre ans est bonne pour le développement durable. La réponse pour le gouvernement (dans un document de neuf pages consacré à la question) est bien évidemment « oui ».

Mais la chose n'est pas du tout certaine.

D'une part, au niveau de la planète, faire en sorte de 50 000 personnes par an passent de sociétés moins développées économiquement, moins énergivores comme le Maghreb, l'Afrique, les Antilles ou l'Amérique  latine et viennent vivre dans une société de l'abondance comme celle du Québec qui consomme nettement plus, jette et gaspille nettement plus, n'améliorera en rien le bilan carbone de la planète.

Enfin, pour ce qui est du Québec, la Loi sur le développement durable comprend une composante « sociale » et « protection du patrimoine culturel ». Or, est-ce que la venue de 200 000 personnes en 4 ans, soit 1 million en 20 ans, sans compter leurs descendants, est la meilleure manière de protéger le patrimoine culturel et linguistique vivant du Québec ? Mieux qu'une politique nataliste axée sur la promotion de la croissance démographique interne accompagnée d'une immigration plus réduite et plus sélective ?





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mardi 31 mai 2011

Revue de l'école de droit de l'Université York pour l'exemption au programme ECR

The Court, une initiative de l'école de droit de l'Université York, qui produit des synthèses des causes entendues par la Cour suprême du Canada, a pris position pour les parents québécois qui demandent l'exemption au programme ECR.

Voici la conclusion traduite de l'article de The Court :
La religion dans notre société est une chose très personnelle et intime et elle doit le rester. L'État a certainement un rôle à jouer dans la promotion d'outils nécessaires à la tolérance et à un vivre-ensemble respectueux. Dans le cas présent, les aspects du programme ECR qui enseignent l'éthique ou la moralité constituent une cause noble et digne. Cependant, outrepasser ces zones neutres pour s'immiscer dans la présentation des religions pose un problème (tout en reconnaissant que l'éthique et la morale ont également des aspects relatifs, mais moins que la religion).

[Note du carnet: l'auteur de The Court ne semble pas avoir compris que la moralité est bannie de la composante éthique qui ne propose pas réellement de morale, mais plutôt une méthode de débats sur des questions "éthiques" épineuses. Débats qui pourront être sans doute bornés en classe de manière un peu arbitraire selon le contexte, le professeur, par le correctivisme politique.]

Même si un risque peut exister que cette non-intervention puisse favoriser l'ignorance, il s'agit d'un risque nécessaire qu'il faut assumer dans une démocratie fondée sur les droits et libertés individuels. Mais même ce risque pourrait être atténué par l'adoption d'un programme axé essentiellement sur l'éthique et la tolérance sans aborder la religion.

Pour ces raisons, les aspects religieux d'ECR devraient être éliminés de ce programme, et la partie tolérance ou « morale » devrait demeurer, quoique d'une manière plus neutre. Ceci permettrait alors aux parents et aux établissements privés de combler le vide, sans influence de l'État. Néanmoins, ce n'est pas un changement que la Cour suprême devrait exiger, car l'adoption des lois est du ressort des parlements et non des tribunaux.

Au contraire, le rôle de la Cour suprême du Canada est de s'assurer que les lois adoptées par les assemblées législatives se conforment aux normes constitutionnelles minimales. Dans ce cas, l'imposition d'un cours obligatoire sur la religion sans permettre aucune exemption viole le droit fondamental des demandeurs à la liberté de conscience et de religion. En tant que tel, la Cour suprême du Canada devrait se prononcer contre l'imposition inflexible d'ECR indépendamment de ses généreuses intentions. Le programme ECR dans sa forme actuelle va au-delà du rôle légitime de l'État et empiète sur les droits et les libertés des personnes. C'est pourquoi la Cour suprême devrait se prononcer, au minimum, en faveur d'une exemption facultative du programme ECR.





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L'État doit-il mieux soutenir les parents qui choisissent de rester à la maison ?

L'État doit-il mieux soutenir les parents qui choisissent de rester à la maison ? C'est la question posée par La Presse à plusieurs personnalités.

Notons que la Presse n'a pas demandé si l'État devrait imposer nettement moins et simplement ne plus subventionner ni garderies, ni pensions et laisser les gens choisir totalement s'ils veulent avoir des enfants tout en s'abstenant de les imposer à outrance comme aujourd'hui.

Extraits :

Pierre-Yves McSween
Comptable agréé, chargé de cours à HEC Montréal

[...] Prenons le cas des garderies subventionnées et des CPE: ce service, subventionné par tous les Québécois, tient pour acquis que les deux parents travaillent et qu'ils veulent sous-traiter la tâche de s'occuper de leurs enfants durant le jour. Cette logique, bien qu'intéressante monétairement (surtout pour un futur papa comme moi), ne laisse pas le libre-choix aux parents. De plus, elle augmente l'interventionnisme de l'État et crée des structures supplémentaires à supporter. À la place de tout ce système, nous devrions peut-être simplement verser des allocations généreuses aux parents, équivalentes à ce qui est versé aux garderies subventionnées et aux CPE. Ces derniers auraient le libre-choix d'élever leurs enfants eux-mêmes à la maison ou de travailler à l'extérieur en payant la garderie avec leur portion de subvention. Une autre possibilité serait de permettre le fractionnement partiel de revenus pour les parents dont au moins un enfant est âgé de moins de 5 ans. Ainsi, la personne qui travaille pourrait diminuer son imposition pour transférer une partie de son salaire à la personne qui a fait le choix de demeurer à la maison. Évidemment, cela semble crée une injustice pour les célibataires et les couples sans enfants. Toutefois, notre société subventionne déjà les parents, la solution proposée ne fait que donner le libre-choix à ces derniers, tout en permettant à l'État de diminuer ses responsabilités. [...]


Mathieu Bock-Côté
Chargé de cours en sociologie à l'UQAM

La famille est certainement une des institutions les plus problématiques qui existe dans notre société. Tous s'en réclament et la valorisent, même si plus personne ne sait à quoi elle réfère exactement. Ne répète-t-on pas d'ailleurs que la famille n'existe qu'au pluriel, qu'il faut moins parler de sa dislocation que de sa mutation pluraliste, de sa recomposition? Pourtant, on constate qu'ils sont de plus en plus nombreux à tâtonner pour redécouvrir certains fondements culturels tenus pour négligeables depuis une quarantaine d'années. Des hommes et des femmes se mettent à regarder avec une sympathie de moins en moins clandestine le modèle familial de leurs parents, plus exactement de leurs grands-parents. Pour le reproduire? Bien sûr que non. Qui contesterait aujourd'hui les vertus de l'émancipation féminine, la révolution égalitaire entre les sexes? Mais certains se demandent pourquoi ne pas récupérer de ce vieux modèle la part de bon sens qu'il contenait: un certain sens de la stabilité, de la durée. On nous invite à nous ouvrir à tous les modèles familiaux. Pourquoi ne pas s'ouvrir aussi à ce qui peut rester de la famille traditionnelle, à tout le moins à ceux qui y tiennent, sans les tenir pour des galeux?

Mélanie Dugré
Avocate

[...] Pendant ce temps, qu'a-t-on fait pour soutenir les parents, majoritairement des mères, souhaitant plutôt rester à la maison pour élever leurs enfants? Bien peu. Lors de la dernière campagne électorale provinciale, il y a eu cette proposition adéquiste, pas folle du tout, d'offrir un salaire aux parents au foyer. Depuis, plus rien. Le problème se pose à deux niveaux: le vide fiscal et juridique dans lequel le parent à la maison se retrouve et le manque de soutien de l'État à son égard. Entre le néant actuel et le Club Med redouté par certains, il existe certainement des mesures financières, légales et fiscales qui pourraient aider les parents qui choisissent de rester temporairement auprès de leurs enfants. Quant à l'absence de reconnaissance et de valorisation du rôle de parent à la maison, elle est malheureusement symptomatique de la société d'avoir et de paraître dans laquelle nous vivons et dont l'échelle de valeurs est parfois douteuse. En attendant d'avoir la liberté de choisir entre boulot et marmots, certaines mamans, à l'issue du congé de maternité, reprendront le chemin du travail avec motivation et enthousiasme alors que d'autres le feront la larme à l’œil et le cœur en miettes.

François Bonnardel
Député adéquiste de Shefford

Même si cela est plus rare qu'auparavant, demeurer à domicile pour élever ses enfants constitue une liberté qu'on ne doit d'aucune manière décourager par la fiscalité ou par un programme social. [...] Les papas et les mamans qui décident de demeurer à la maison sont effectivement désavantagés par un programme de garderies contraignant pour tous les parents. Ainsi, ils contribuent à la même hauteur que les autres au financement de ces coûteuses garderies subventionnées, via les taxes et les impôts qu'ils paient au gouvernement. Or, ils n'utiliseront jamais ces établissements et ont même fait le choix difficile - mais tout à fait légitime - de faire passer leur famille avant leur carrière professionnelle, ce qui comporte déjà un lot considérable de difficultés. La meilleure solution pour remédier à cette injustice est d'introduire, en complémentarité avec le système actuel, le remboursement d'un montant hebdomadaire de 100$ pour tous les enfants d'âge préscolaire qui ne fréquentent pas de garderie subventionnée. L'Action démocratique du Québec propose cette solution depuis plusieurs années, mais le gouvernement libéral a préféré suivre Pauline Marois dans ce dossier et ignorer la cause des parents qui décident de rester à la maison. Pour des raisons d'équité et de respect de la liberté de choix, cette injustice doit être corrigée au plus vite. [...]

Pierre Simard
Professeur à l'École nationale d'administration publique

Les enfants québécois sont devenus des « biens publics ». Les mères québécoises sont assujetties à une énorme bureaucratie qui décide des services qui leur seront offerts. Une bureaucratie qui s'est arrogé le droit de décider à la place des familles ce qui est bon pour leurs enfants. Une bureaucratie qui détermine et subventionne les services qu'elle juge souhaitables, et ce, sans égard à la responsabilité des parents. Des parents qu'on juge irresponsables et incompétents finalement. Présentement, nos impôts alimentent une énorme bureaucratie qui, après les avoir ponctionnés de «frais généraux», les convertit en un éparpillement de services à la famille; des services assujettis à un contingentement, une liste d'attente, une restriction, une condition particulière ou... une convention collective [...]

lundi 30 mai 2011

Belgique — Près de la moitié des enfants à l'école primaire communale sont musulmans

Près de la moitié des élèves de l'école primaire publique « communale » d'Anvers (Flandre) sont musulmans. C'est une augmentation d'un peu moins de douze pour cent par rapport à l'année scolaire 2007-2008. Le réseau d'éducation de la Communauté flamande vit le même phénomène. L'éducation publique en Flandres est composée de trois réseaux différents : le communal, le provincial et le communautaire. Il existe des écoles primaires ou secondaires communales sous la supervision d'une commune, comme il en existe des provinciales régies par une province et des écoles communautaires qui relèvent de la communauté flamande au complet. En outre, il existe un réseau d'écoles libres qui peuvent être confessionnelles ou non.

Le nombre d'élèves qui suivent des leçons de religion musulmane est en hausse constante. C'est ce que démontrent les chiffres fournis par l'échevin anversois responsable de l'Éducation, Robert Voorhamme (SP.A, socialiste).

Les écoles communales offrent des cours de religion catholique, protestante, orthodoxe, anglicane, israélite, musulmane et de morale non confessionnelle. Les parents peuvent choisir parmi ces sept options le cours de formation spirituelle et morale qui les satisfait.

Des 10 743 élèves dans les écoles primaires municipales d'Anvers, 4 890 ont choisi de suivre les cours de religion musulmane cette année, soit 45,5 pour cent. Il s'agit d'une augmentation de près de douze pour cent par rapport à l'année scolaire 2007-2008.

« Ces chiffres reflètent tout simplement l'évolution démographique » d'expliquer l'échevin Voorhamme. « Je ne trouve pas cela étonnant ou inquiétant. Les gens doivent comprendre que de nombreux nouveaux Anversois sont musulmans. D'ailleurs, que comptez-vous y faire ? Vous opposez à la liberté de conscience ? »

Le chef du Vlaams Belang, parti d'opposition à Anvers fort de ses 33 %, Filip De Winter, a suggéré que les écoles à concentration (les écoles présentant une forte concentration d’élèves issus de milieux défavorisés ou de l'immigration) servent à promouvoir l'assimilation. Dans plusieurs écoles du quartier anversois de Borgerhout, plus de 90 pour cent des élèves sont musulmans. Selon De Winter, ces écoles doivent se concentrer sur le transfert des valeurs européennes et du néerlandais. Si les élèves musulmans ne coopèrent pas, un retour au pays d'origine est alors à l'ordre du jour.

Chrétiens polonais, manque d'enseignants musulmans

Le réseau de la Communauté flamande connaît une évolution similaire. « Je ne peux vous fournir les chiffres exacts à l'instant, mais le nombre total d'élèves musulmans doit également tourner dans notre réseau aux alentours de 50 pour cent », a déclaré Marc Driesen, directeur de l'enseignement primaire pour le réseau de la Communauté flamande (GO!).

Dans l'enseignement libre catholique, le nombre de musulmans est plus difficile à mesurer parce que ce réseau n'offre qu'un seul choix en matière de cours sur la religion : le catholicisme.

Selon Driessen et Voorhamme, le catholicisme gagne toutefois aussi en popularité grâce à l'immigration. De nombreux migrants proviennent, en effet, de Pologne.

Néanmoins, le nombre de musulmans augmente également année après année dans le réseau communal secondaire. La morale laïque y demeure l'option privilégiée, mais près de 34 % des élèves choisissent  désormais l'islam. Une augmentation de 10 pour cent par rapport à 2007-2008. Ainsi, un total de 7 463 étudiants suivent les cours de religion musulmane sur un total de 18 334 élèves dans le réseau communal, primaire et secondaire confondus.

« La communauté musulmane se développe à Anvers, c'est tout simplement la réalité », a déclaré Frank Noten, directeur général de l'éducation communale d'Anvers. « Mais nous ne vivons pas des problèmes et nous ne nous attendons pas à ce qu'il y en ait. Même l'interdiction du voile islamique s'applique sans difficulté. Le seul problème est le manque d'enseignants de religion musulmane. » De Standaard mentionne qu'il n'y en aurait que 69 pour l'ensemble d'Anvers.


Sources : De Standaard





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Espagne — La « loi de l'égalité » permettra de discriminer contre les écoles non mixtes

Leire Pajín
Le Cabinet espagnol a approuvé la semaine passée le projet de Loi sur l'égalité de traitement, qui vise à supprimer les subventions aux écoles dont les élèves sont séparés par sexe. Le ministre socialiste de la santé et la politique sociale, Leire Pajín (ci-contre) a déclaré à cette occasion que  le Conseil d'État a jugé que la suppression des subsides dans les écoles « ne viole pas le droit des parents de choisir l'éducation de leurs enfants  », ni à la création de nouvelles écoles.

« Il ne s'agit pas de faire disparaître, mais de ne plus financer ce type d'école », a déclaré Mme Pajín. La ministre socialiste a prétendu que cette décision « ne viole en aucune façon le droit des parents à ce que leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, ne porte en aucune façon atteinte à la liberté de l'éducation ». Cette loi n'empêcherait pas plus la création de nouvelles écoles.

Les arguments du ministre pourraient évidemment être utilisés pour éliminer tout subside aux écoles privées en Espagne et accroître ainsi l'emprise de l'État au détriment du choix des parents qui sont imposés et taxés par l'État, mais privés en pratique de choix vu le coût des écoles privées non subventionnées.

Le centre-droit catalan s'oppose

La porte-parole du parti de centre-droit catalan CiU à la Commission pour l'égalité du Congrès, Merce Pigem, a déclaré que la suppression des subventions aux écoles non mixtes qui fait partie du projet de Loi sur l'égalité approuvé par le Conseil des ministres, viole les compétences régionales et qu'elle est « discriminatoire » puisqu'elle limite l'accès à ce type d'éducation aux familles aisées tout en empêchant ce même choix d'éducation pour les classes moyennes et populaires. Le gouvernement socialiste est à la tête d'un gouvernement minoritaire (169 sièges sur 350). Le Parti populaire (PP) de droite s'oppose à  ce projet, ils disposent de 154 sièges au Congrès espagnol. Les deux principaux tiers partis sont les partis nationalistes basque (PNV, 6 sièges) et catalan (CiU, 10 sièges). Si le CiU et PNV s'opposent à la loi, elle ne pourra être approuvée par le Congrès.

Rejet des écoles catholiques

En novembre dernier, le directeur des Services juridiques des écoles catholiques (FERE-CECA), Luis Centeno, s'était déjà prononcé contre l'initiative proposée par le gouvernement dans l'avant-projet de Loi sur l'Égalité de traitement, faisant valoir qu'« elle viole la liberté d'enseignement », car elle limite les options pour les parents lors du choix du type d'éducation qu'ils souhaitent pour leurs enfants, parce que, comme indiqué, sans soutien financier seules les personnes ayant un certain pouvoir d'achat pourraient choisir les écoles non mixtes.

Centeno avait alors déclaré : «C'est le piège. Si l'éducation non mixte est légale, pourquoi ne pas la soutenir par des fonds publics et, si c'est illégal, pourquoi ne pas interdire qu'elle soit subventionnée concertée ou non ? » Selon M. Centeno, l'éducation non mixte ne pourra jamais être déclarée discriminatoire si elle satisfait aux exigences de la Convention de l'UNESCO sur le sujet, à savoir l'exigence que le programme soit le même pour les garçons et les filles, que les enseignants aient la même formation,  que les diplômes aient la même valeur et que les installations et équipements soient semblables.

Pendant ce temps au Canada...

Pour Le Devoir, une (1!) nouvelle étude ontarienne sur les classes non mixtes viendrait dissiper les illusions qu'on avait sur la création d'écoles non mixtes. Ainsi, selon ce journal qui cite sans contradiction ce seul rapport, « séparer les garçons et les filles à l'école ne garantirait en rien la performance des premiers. Pire, laisser les jeunes messieurs entre eux les rendrait plus agressifs, voire misogynes. » Rien que cela.

Il n'est cependant pas évident que la conclusion de cette étude qui pointe vers des causes « d'ordre socioéconomique et racial » (racial?) pour expliquer l'échec des garçons plaisent beaucoup plus aux personnes opposés aux écoles non mixtes.

Écoles non mixtes : meilleurs résultats scolaires, moins de grossesses, meilleures relations ?

Rappelons que plusieurs études tendent à montrer que les garçons ne sont pas les seuls à bénéficier des écoles non mixtes, selon une étude britannique de 2009, les filles qui allaient à des écoles pour filles avaient de meilleurs résultats aux examens finaux du secondaire et progressaient le plus depuis leur sortie du primaire que les filles dans les écoles mixtes. Une étude néo-zélandaise fait ressortir des résultats similaires pour les garçons et les filles, même en éliminant des facteurs comme l'environnement familial, le comportement scolaire, etc.

Selon le Dr. Leonard Sax, les filles qui fréquentent des écoles non mixtes ont également nettement moins de grossesses non désirées que celles des écoles mixtes. Et pas parce que les garçons et les filles de ces enfants ne sortent pas ensemble hors des heures de cours. En fait, ce serait plutôt le contraire : ils sortiraient plus à deux que les adolescents des écoles mixtes qui ont plutôt tendance à faire du « hooking up », à draguer en groupe. Pour Sax, cette drague consiste à sortir en groupe, la fille la plus populaire se devant d'être physiquement intime avec le garçon le plus populaire. Ces relations sont plus instables que celles des adolescents fréquentant des écoles séparées. (Plus de détails ici.)

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« Les garçons se font punir pour affirmer leur virilité »

Adapter l'école québécoise aux garçons ?

Le dogme de la mixité remis en question

Le décrochage massif des garçons, une particularité québécoise




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jeudi 26 mai 2011

France — La théorie du genre dans les nouveaux manuels de biologie français

Au Québec, la lutte contre l'homophobie que l'on nous présente sans rire comme une des causes principales du décrochage scolaire et de l'« intimidation » à l'école, sert à la promotion de différentes théories pour le moins très minoritaires comme la théorie du genre. Celle-ci prétend que le « genre » d'un individu est une construction sociale différente de son « sexe » anatomique.  Un plan inter-ministériel québécois de lutte contre l'« homophobie » a été lancé il y a un an, il reprend servilement la rhétorique du lobby LGBT et son vocabulaire : « Les jeunes sont particulièrement vulnérables aux manifestations homophobes, surtout lorsqu’ils traversent une période de questionnement sur leur orientation sexuelle ou sur leur identité de genre. » (p. 16) Pas son identité sexuelle, mais son identité de genre. Ce plan vise également à lutter contre l'hétérosexisme défini comme l'« affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles ; pratiques sociales qui occultent la diversité des orientations et des identités sexuelles dans les représentations courantes, dans les relations et les institutions sociales ». Il faudrait, selon la ministre, lutter contre cette attitude pour normaliser l’homosexualité sur le plan social.

Cette même théorie du genre est désormais présente dans les nouveaux manuels français de SVT (Sciences de la vie et de la Terre). On trouvera ci-dessous l'analyse de catholiques français opposés à cette théorie et à sa diffusion dans les manuels scolaires.

Avertie la semaine dernière par le lycée saint Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les nouveaux manuels de SVT des classes de 1re L et ES [1re année de cégep concentration non scientifique] issus de cette réforme des éditeurs NathanBordas et Belin, la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’Education nationale par rapport aux précédents programmes. De même, la direction diocésaine de l’enseignement catholique a été immédiatement alertée.

Défaire la « matrice hétérosexuelle » de la société

D’une manière générale, les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, largement inspirée de la théorie du « genre », rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes. « Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale (…) Selon cette perspective anthropologique, la nature humaine n’aurait pas en elle-même des caractéristiques qui s’imposeraient de manière absolue : chaque personne pourrait se déterminer selon son bon vouloir, dès lors qu’elle serait libre de toute prédétermination liée à sa constitution essentielle »1.

Pour les tenants de la théorie du genre en effet, l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination. A l’appui de cette thèse, Nathan cite ce texte hautement contestable : « Les sociétés forgent des modèles et des normes associés au féminin et au masculin. Dès le plus jeune âge, chacun va inconsciemment être imprégné par un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepté et reconnu par le groupe social. Ces attitudes sont tellement intériorisées que nous reproduisons les stéréotypes sans nous en rendre compte » (p.190). La formulation est ambiguë. Nul ne nie qu’il existe un comportement social masculin et féminin et que la valorisation de certains stéréotypes peut conduire à des abus. Mais la théorie du gender promeut une anthropologie alternative refusant que la différence sexuelle inscrite dans le corps possède naturellement un caractère identifiant pour la personne.

Bordas fait lui aussi dépendre la prédominance de l’hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous baignons : « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).

Pour illustrer leur démonstration, les manuels citent l’existence d’autres espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).

Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle vers l’autre sexe. Ne s’agit-il pas de dissocier la société de sa matrice hétérosexuelle comme le préconise Judith Butler dans l’ouvrage qu’elle a publié aux États-Unis en 1990  Trouble dans le genre : Le féminisme et la subversion de l'identité ?

La théorie du genre dissocie identité sexuelle et orientation sexuelle

Conséquence logique du raisonnement, l’orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’identité sexuelle, l’homosexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus. L’hétérosexualité n’a en aucun cas le privilège de l’universalité : « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100 % un homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).

Bordas fait état d’« une étude récente [résumé en allemand ici] qui montre bien l’influence du contexte culturel et social : à Hambourg en 1970, dans les années de la révolution sexuelle, 18 % des adolescents avaient des activités homosexuelles alors qu’en 1990, avec le SIDA et les changements culturels, ils n’étaient plus que 2 % » (p. 182). L’homosexualité serait donc choisie d’autant plus facilement que la société l’accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).  [La source allemande n'est pas aussi catégorique : elle parle de 18 % des garçons de 16 et 17 ans interrogés qui auraient eu au moins UNE relation homosexuelle, pas DES activités homosexuelles. De là à passer à une affirmation sur l'orientation sexuelle de ces jeunes, il y a un pas ! En allemand : « Von den sechzehn- und siebzehnjährigen Jungen, die durch unser Institut 1970 interviewt worden waren, gaben noch achtzehn Prozent an, schon EINMAL Sex mit einem Jungen gehabt zu haben; 1990 berichten nur noch zwei Prozent über solche Erfahrungen. » Notons, en outre, que l'auteur de cette étude, Gunter Schmidt, a été critiqué pour sa bienveillance envers la pédérastie : « there are successful pedophile relationships which help and encourage the child »]

Les bases biologiques du plaisir sexuel

D’une manière générale, c’est la sexualité humaine qui est totalement « désacralisée » au fil des pages. La masturbation, martèle Belin, jadis encouragée dans l’Antiquité, n’est devenue un « péché » qu’avec « l’avènement du monothéisme en Occident ». Heureusement, depuis les années 70 elle est à nouveau considérée « comme une activité sexuelle normale » (p. 139). Le même éditeur fait d’ailleurs de cette pratique un critère de puberté ou indicateur de maturité sexuelle (p. 132).

Mais surtout, les nouveaux programmes font dépendre l’activité sexuelle de l’activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones, la sexualité humaine est la résultante d’un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant : désir – action – satisfaction.

L’évolution chez l’animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’homme. Pour Nathan, « le système de récompense fournit la motivation à notre comportement dans l’attente d’une gratification. Le comportement sexuel est ainsi guidé par la recherche du plaisir attendu » (p. 195). Son collègue Belin cite les propos d’un chercheur en neurosciences et sexologie : « Au cours de l’évolution, l’influence des hormones et des phéromones diminue tandis que l’influence de la cognition et du système de récompense cérébral augmente. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ont plus aucun rapport avec la reproduction. Les récompenses cérébrales, perçues comme sensations érotiques intenses, deviendraient le principal facteur à l’origine des activités sexuelles » (p. 137). Pour ce chercheur, le système de récompense présent dans notre cerveau permet un comportement érotique essentiellement fondé sur « la maximalisation du plaisir ».

Dissocier sexualité et procréation

Ce modèle d’explication induit deux conséquences majeures sur le plan anthropologique.

Premièrement, le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’être humain (Nathan, p. 197), elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’idéologie du genre est «  validée » sur le plan scientifique dans un raccourci saisissant. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’hétérosexualité n’est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.

Les primates hominoïdes et singulièrement l’homme ayant dissocié leur comportement sexuel de la fonction de reproduction, la « maîtrise technique de la procréation » est en quelque sorte un « produit culturel » qui s’inscrit nécessairement dans le cadre explicatif de la théorie de l’évolution. La procréation doit être radicalement désolidarisée de la sexualité. Les droits à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle sont bien les nouveaux impératifs catégoriques de la (r)évolution culturelle en cours, ceux qui permettront aux individus d’exercer un pouvoir effectif sur leurs corps sans lequel il n’y a pas de remise en cause possible des « valeurs traditionnelles ». N’est-ce pas les « féministes du genre » qui ont forgé dans les années 90 le concept de « santé reproductive » ? Aussi les trois manuels que nous avons pu étudier insistent-ils tous sur l’avortement médicamenteux et la contraception d’urgence – dont la nouvelle pilule du lendemain EllaOne occupe déjà une place de choix –, qui sont autant de moyens de contrôler chimiquement la fonction de reproduction (cf. Nathan, p. 178).

On l’a compris, la théorie du genre comme toute idéologie est particulièrement difficile à réfuter dés lors que l’on en accepte l’axiome de départ. Vous aurez beau accumuler des arguments fondés sur la nature et la raison, vos adversaires vous rétorqueront qu’ils ne sont que la résultante de facteurs culturels, et qu’ils vous semblent d’autant plus évidents qu’ils ont une position hégémonique dans la société.

Le langage de l’amour vrai

Experte en humanité, l’Église a pris la mesure depuis la Conférence de Pékin de la désintégration de l’ordre éthique et politique véhiculé par cette doctrine. Dans un document remarquable signé par celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, elle nous rappelle que « le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création2 », qu’il existe des « valeurs masculines » et un « génie féminin » sur lesquels s’appuyer pour bâtir la civilisation de l’amour.

Au cours de son allocution du 13 mai devant les membres de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, Benoît XVI a proposé de « conjuguer la théologie du corps avec celle de l’amour » pour redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de la sexualité conjugale. Le Pape a en effet rappelé qu’il y a dans le corps de l’homme et de la femme « un langage qu'ils n'ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. (…). La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre : la beauté intégrale, l'univers de l'autre personne et du « nous » qui naît dans l'union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l'amour ouvre vers Dieu, source de l'amour. L'union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, jusqu’à ce que l'homme et la femme deviennent également un seul esprit (…).

Dans cette lumière, ajoute le Saint-Père, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n'est pas un «  non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l'amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d'engendrer la vie et d'accueillir généreusement la vie nouvelle naissante ». Un discours à dix mille lieues de l’idéologie du genre, mais surtout capable de proposer de manière convaincante aux jeunes qui nous sont confiés le dessein originel de Dieu et la vocation à laquelle ils sont appelés à répondre pour réaliser leur vraie nature d’homme ou de femme.

Vers une objection de conscience ?

Les promoteurs de la théorie du genre n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. L’importance des changements opérés dans les classes de 1re est telle qu’on peut parler sans exagérer d’une « zapatérisation » [du nom du Premier ministre socialiste espagnol] des programmes de l’Éducation nationale. Or, si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur la théorie du genre du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ?


[1] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde, 31 mai 2004.

[2] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, 31 mai 2004. Citons également le discours de Benoît XVI aux participants du congrès international « Femme et homme, l’humanum dans son intégralité », 9 février 2008.


Source : Liberté Politique


Voir aussi

Cours à la sexualité — parent québécois obtient une exemption

Les jeunes chimpanzés femelles jouent à la poupée (fait absent des manuels inspirés de la théorie du genre)





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mercredi 25 mai 2011

Élèves de l'école publique à Montréal : le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable

Sur l’île de Montréal, en 2010, la proportion d’élèves du primaire et du secondaire dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais (41,4 %) surpasse celle des élèves dont la langue maternelle est le français (37,4 %). La tendance que l’on observe va dans le sens d’une augmentation soutenue de la proportion d’élèves allophones au sein des effectifs scolaires montréalais.

Les élèves qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle ont atteint cette année une proportion de 47,8 % dans les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), comparativement à 47,7 % du côté des francophones. L'an dernier, cette proportion était encore de 47,16 % pour les allophones et de 48,38 % pour les francophones.



La proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison n’est ni le français ni l’anglais continue d’augmenter dans les commissions scolaires Marguerite-Bourgeoys (CSMB) et de la Pointe-de-l’Île (CSPI). En 2010, elle atteint 27,2 % sur l’île de Montréal et surpasse la proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison est l’anglais (26,3 %).  Seules deux des cinq commissions scolaires de l'île de Montréal, la CSPI et la CSMB,  toutes deux francophones, affichent une augmentation constante de la proportion d’élèves dont la langue parlée à la maison n’est ni le français ni l’anglais. On constate, par contre, une diminution de cette proportion dans les deux commissions scolaires anglophones.

Langue parlée à la maison des élèves inscrits
Dans une école publique de l’île de Montréal
1998 à 2010

Français perd du terrain

De façon générale, le français perd du terrain depuis 1998 tandis que l'anglais demeure stable. Dans l'ensemble des cinq commissions scolaires du territoire — francophones et anglophones réunies — on compte désormais 41,4 % d'élèves allophones, 37,4 % d'élèves francophones et 21,1 % d'élèves anglophones.

Après le français et l'anglais, la langue maternelle des élèves inscrits dans les écoles de l'île de Montréal est l'arabe dans 8,28 % des cas. Suivent l'espagnol (6,57 %), le créole (3,29 %), l'italien (2,95 %) et le chinois (2,26 %).

Plus d'un élève sur cinq est issu de l'immigration, c'est-à-dire qu'il est né à l'étranger de parents qui sont eux-mêmes nés à l'étranger. Cette proportion est en progression depuis 2006, indique le rapport, qui se base sur la clientèle inscrite dans les écoles au 18 novembre 2010. La proportion d'élèves nés au Québec de parents nés à l'étranger semble par ailleurs se stabiliser depuis 2005.

Langue maternelle%
Français37,43
Anglais21,14
Arabe8,28
Espagnol6,57
Créole3,29
Italien2,95
Chinois2,26

Forte présence des immigrants dans les secteurs les plus défavorisés

Une forte proportion des élèves qui sont nés à l'étranger ou dont les parents sont nés à l'étranger habitent un secteur défavorisé. Malgré la politique d'immigration choisie, « Plus l'immigration est récente, plus les élèves sont susceptibles de résider dans une zone défavorisée », peut-on lire dans le rapport. Un défi de plus pour les écoles, principalement celles qui composent avec une clientèle à majorité allophone.

Au total, 160 écoles comptent plus de 50% de leurs élèves qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle. Dans certains établissements, cette proportion atteint jusqu'à 98 %.

À la CSDM, 69 écoles ont plus de 50 % d'élèves allophones. C'est le cas de 47 écoles à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et de 37 écoles à la commission scolaire de la Pointe-de-l'Île.


Pourcentage d’élèves résidant dans une zone défavorisée, selon
leur lieu de naissance et celui de leurs parents
Inscriptions au 18 novembre 2010


Source : Comité de gestion de la taxe scolaire de l'île de Montréal





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mardi 24 mai 2011

Garçons québécois mieux préparés que les filles à l'école primaire, mais beaucoup moins que les Canadiens

Selon une étude de l'Agence de Santé du Bas St-Laurent, les garçons des classes maternelles sont mieux préparés que les filles pour le primaire. C'est le résultat d'une étude effectuée auprès de 1546 enfants des classes maternelles de quatre commissions scolaires du Bas-Saint-Laurent afin de mesurer leur indice de développement.

Toutefois, les garçons décrochent nettement plus au secondaire que que les filles. C'est ainsi que seuls 55 % des garçons obtiennent leur diplôme d'étude secondaire en cinq ans, alors que 67,5 % des filles y parvenaient en 2008-2009, un écart de plus de 12 %, selon les données du ministère de l'Éducation.

Globalement, tous sexes confondus, les trois quarts des enfants sont considérés comme prêts pour l'école au regard des indices de développement en santé physique et bien-être, en compétences sociales, communication et connaissances générales. Les deux tiers sont prêts sur le plan du développement cognitif et langagier.

Relativement au développement cognitif et langagier, les garçons (67,4 %) et les filles (62 %) ont un indice inférieur à un échantillon de référence canadien (75 %). La maturité des filles (62 %) est beaucoup moins importante que dans l'échantillon canadien (75 %).

Les enfants vivant en milieu rural se démarquent positivement lorsqu'on les compare aux enfants qui vivent en milieu urbain.


Sources: Le Soleil et CFYX 93




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