Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
vendredi 31 mai 2024
jeudi 30 mai 2024
« Nous évoluons vers une démocratie [sic] anti-majoritaire »
«Je crois que nous évoluons vers une démocratie anti-majoritaire. Les citoyens en déduisent, assez logiquement, que ça ne sert strictement à rien d’aller voter», affirme Marcel Gauchet. pic.twitter.com/sXY9Wk22kf
— Le Figaro TV (@LeFigaroTV) May 30, 2024
Émission au complet
L'État de droit est-il le rempart de la démocratie ou est-il devenu l'adversaire de la souveraineté populaire ? Le Conseil d'État et le Conseil Constitutionnelle s'érigent-ils en gouvernement des juges ? Le Coup d’État de droit permanent est-il l'avenir de l'Union Européenne ?
Pour en débattre, Alexandre Devecchio reçoit Marcel Gauchet et Arnaud Montebourg.
Voir aussi
L'État de droit international aux dépens de la démocratie (suisse)
« Valeurs européennes » : la promotion de contenus LGBT auprès des mineurs ?
Juges européens : droit de blasphème contre christianisme, mais délit de blasphème contre l’islam ?
Zemmour
(vidéos) : gouvernement des juges, concordances entre hier et aujourd’hui, Napoléon, Algérie, sentiments dans la politique
Dicastocratie [le gouvernement des juges] — « La réinvention du despotisme éclairé »
« État de droit » (gouvernement des juges) contre démocratie ?
Les juges-prêtres (sur le livre L’emprise contemporaine des juges)
Colombie-Britannique : trois parents pour un enfant
Père : ma fille de 14 ans a été détruite par des hormones de transition imposées par un tribunal
Principe de « fraternité » [aider des immigrants illégaux] et le gouvernement des juges qui interprètent les lois et la Constitution selon leur bon vouloir
La Cour suprême du Canada : décideur politique de l’année 2014
mercredi 29 mai 2024
Augmentation de 33 % des vomissements liés au cannabis depuis la légalisation du cannabis au Canada en 2018
Ce syndrome se caractérise par des vomissements incontrôlables qui amènent les patients aux urgences. « On voit de plus en plus ça depuis une dizaine d’années », confirme Martin Laliberté, urgentologue et toxicologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). « Ce sont des patients difficiles à suivre. Après leur départ des urgences, souvent on n’entend plus parler d’eux. »
Comment une substance associée aux fringales peut-elle susciter de telles nausées ? « C’est un dérèglement du système endocannabinoïde dû à une forte consommation de cannabis avec une haute concentration de THC », explique la sommité mondiale de ce syndrome, la gastroentérologue Thangam Venkatesan, de l’Université d’État de l’Ohio.
La Dre Venkatesan, qui suit 1600 patients présentant ou ayant présenté ce syndrome aux États-Unis, au Canada et en Inde, a découvert que cette forte consommation rend le système endocannabinoïde plus vulnérable au stress.
« C’est un système qui aide à la réponse aux stresseurs, dit-elle. Le cannabis l’active, ce qui diminue la réponse au stress. Mais si on consomme trop de cannabis avec un fort taux de THC, les récepteurs du système endocannabinoïde deviennent moins nombreux, parce qu’ils sont surstimulés par le cannabis. Alors on devient paradoxalement plus vulnérable au stress. Parfois, simplement se lever le matin devient trop stressant et on se met à avoir des vomissements incontrôlables. »
Selon le Dr Andrews, environ six consommateurs de cannabis sur mille au Canada ont ce problème. Mais comme seulement 18 % des consommateurs de cannabis en consomment chaque jour, selon les données de Statistique Canada, le risque est plus élevé chez les utilisateurs fréquents. « Et si on consomme des concentrés de THC, avec des taux dépassant 75 % plutôt que 20 % dans du cannabis normal, le risque est encore plus élevé, dit la Dre Venkatesan. On a vu apparaître ce problème parce que même dans le cannabis normal, les taux de THC sont beaucoup plus élevés qu’avant. Il y a 30 ans, le cannabis ne contenait que 4 ou 5 % de THC. »
Douches chaudes
La chaleur peut amenuiser les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. « Les gens peuvent prendre jusqu’à 10 ou 15 douches chaudes par jour », dit la Dre Venkatesan.
Bien que certains antipsychotiques pourraient potentiellement aussi amenuiser les symptômes, la seule solution est d’arrêter le cannabis pour permettre aux récepteurs du système endocannabinoïde de se remettre de la surstimulation, selon le Dr Andrews.
« Après six mois d’abstinence, normalement le nombre de récepteurs du système revient à la normale, dit le Dr Andrews. Il y a des études sur des molécules qui pourraient stimuler les récepteurs pour aider à contrôler le vomissement, sans entraver la réactivation des récepteurs pendant l’abstinence. »
Il commence à y avoir des ressources pour aider les fumeurs réguliers de cannabis à arrêter, comme pour l’alcool et les autres drogues, rapporte Didier Jutras-Aswad, psychiatre au CHUM.
Hérédité
Il existe aussi un syndrome d’hyperémèse non cannabinoïde, moins fréquent, selon la Dre Venkatesan. « Une bonne partie des cas sont pédiatriques et liés à l’hérédité, dit-elle. Ça semble lié à des antécédents familiaux de migraine. »
Grossesses, enfants, accidents
Le nombre de femmes enceintes qui ont exposé leur fœtus au cannabis pendant leur grossesse a aussi doublé, tandis que le nombre de visites à l’hôpital pour des enfants qui ont ingéré du cannabis a triplé.
Une étude menée en Colombie-Britannique avait aussi démontré que deux fois plus d’accidentés de la route qui s’étaient retrouvée en salle de traumatologie dans les hôpitaux de la province avaient du THC dans le sang. Ce taux a bondi de 3,8 % des automobilistes accidentés, avant la légalisation, à 8,6 % après la légalisation.
- 37 %, proportion des Canadiens de 16 à 19 ans qui ont consommé du cannabis en 2022
- 50 %, proportion des Canadiens de 20 à 24 ans qui ont consommé du cannabis en 2022
- 25 %, proportion des Canadiens de plus de 24 ans qui ont consommé du cannabis en 2022
mardi 28 mai 2024
Partialité — La famille hétérosexuelle est-elle fasciste ?
Marion Maréchal était interrogée par Sonia Devillers au micro de la radio d'État (radio Paris) sur sa conception de la famille qui lui rappelle celle du Maréchal Pétain. Oui, oui, le plus sérieusement du monde.
« Excusez-moi, mais les enfants sont toujours faits par des hommes et des femmes, je suis désolé c’est fasciste pour vous, la nature est fasciste… »
La séquence en entier ce matin entre Marion Maréchal opposée à une journaliste militante de gauche (payée par nos impôts) de France Inter
— Destination Télé (@DestinationTele) May 28, 2024
A ne montrer dans aucune école de journalisme : pic.twitter.com/Sdw88VK5Rg
Marion Maréchal revient sur cet échange et ce qui a été dit par la suite.
Voir aussi
Du 19 au 23 février 2024, l'institut libéral Thomas More a passé au crible 587 intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Il les a classés selon leur sensibilité politique, soit qu'ils représentaient un parti, soit par les idées qu'ils exprimaient. Le résultat est édifiant : 50 % des intervenants n'affichaient pas d'orientation idéologique décelable, mais sur les 50 % restants, la moitié entrait dans la catégorie « gauches », 21 % étaient de sensibilité macroniste et 4 % seulement tenaient un discours pouvant être considéré comme de droite. (Suite ici)
Sonia Devillers dans ses œuvres partiales, il y a six ans déjà (sa syntaxe était déjà branlante : « Fiez-vous-vous à Russia Today ? » plutôt que « Vous fiez-vous etc. ») :
28 mai 1754 — assassinat du parlementaire de Jumonville et rôle de George Washington
Joseph Coulon de Villiers de Jumonville, enseigne dans les troupes de la Marine, né le 8 septembre 1718 dans la seigneurie de Verchères en Nouvelle-France, fils de Nicolas-Antoine Coulon de Villiers et d’Angélique Jarret de Verchères, décédé le 28 mai 1754 près de l’actuelle Jumonville, en Pennsylvanie.
Joseph Coulon de Villiers de Jumonville et ses cinq frères étaient tous officiers dans les troupes de la Marine. La carrière militaire de Joseph fut à peu près sans histoire jusqu’au 28 mai 1754 lorsqu’il fut assassiné.
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| Forts français dans l’Oyo et forts anglais (Fort Cumberland et le petit fortin Necessity) |
La guerre de Succession d’Autriche était à peine terminée en Europe, en 1748, qu’un conflit éclata en Amérique du Nord au sujet de la vallée de l’Ohio. Les trafiquants de fourrures des colonies anglaises s’étaient infiltrés dans la région et les Virginiens qui spéculaient sur les terres revendiquaient ce territoire. La France contesta ces prétentions, chassa les commerçants américains et, en 1753, entreprit la construction d’une série de forts qu’elle échelonna depuis le sud du lac Érié jusqu’à la rivière Ohio.
Le gouverneur de la Virginie délégua un officier de la milice coloniale, George Washington, pour aller intimer aux Français l’ordre d’évacuer le territoire. On lui opposa une fin de non-recevoir polie, mais ferme. Les Français construisirent ensuite le fort Duquesne à l’endroit où se trouve maintenant Pittsburgh au confluent de La Malengueulée et de l’Ohio (Oyo) pour les Français (les rivières Monongahela et Allegheny pour les Anglais).
Ce fort leur assurait la suprématie militaire sur la région. Au printemps de 1754, Washington fut envoyé de nouveau dans l’Ohio avec des troupes de la milice coloniale afin d’affirmer la souveraineté britannique par la force, si nécessaire, nonobstant le fait que la paix régnait entre la France et l’Angleterre.
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| Maquette du Fort Duquesne |
Le commandant du fort Duquesne, Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur, avait reçu l’ordre strict d’éviter la guerre avec les Américains, mais de défendre ses positions en cas d’attaque. Mis au courant de l’approche d’un détachement américain qu’on disait considérable, il envoya Jumonville, le 23 mai 1754, avec quelque 30 hommes, reconnaître si Washington avait réellement envahi le territoire que la France réclamait pour sien. Si tel était le cas, il devait en avertir le fort, puis sommer formellement Washington de se retirer. Son petit détachement était en fait une ambassade, semblable à celle de Washington envoyée au-devant de Jacques Legardeur de Saint-Pierre, l’année précédente, et il ne posta pas de sentinelles autour de son campement.
Au lever du jour, le 28, George Washington et 40 hommes fondirent sur le camp français établi près de l’endroit où s’élève maintenant Jumonville, en Pennsylvanie. Certains des hommes dormaient encore, d’autres préparaient le déjeuner. Sans avertissement préalable, Washington donna l’ordre de tirer. Les Canadiens qui réussirent à échapper à la rafale se jetèrent sur leurs armes, mais ils furent rapidement réduits à l’impuissance. Les Français soutinrent que Jumonville fut abattu pendant qu’il signifiait sa mise en demeure officielle. Dix Canadiens furent tués, un fut blessé et les autres, à l’exception d’un, faits prisonniers. Washington et ses hommes se retirèrent abandonnant aux loups les cadavres de leurs victimes. Un détachement de 500 Canadiens des troupes régulières et de la milice furent envoyés pour venger l’attaque et chasser les Américains : Louis Coulon de Villiers, frère de Jumonville, en avait le commandement.
Le 3 juillet, les Français s’emparent de Fort Necessity et obligent Washington à négocier un retrait sous les armes.
Il signe alors des aveux par lesquels il s’accuse d’être l’assassin de l’officier français. Il est alors remis en liberté.
Washington nia plus tard les faits en arguant ne pas comprendre le français, langue dans laquelle est rédigé le texte, par ailleurs portant sur plusieurs sujets. Il affirma que la traduction du Néerlandais qui ne parlait bien ni l’anglais ni le français qu’on lui donna pour qualifier l’acte était « death of » (« mort de ») ou « killing » (« tuerie »), mais pas « assassination » (« assassinat »). Une copie du document figure au musée de Fort Necessity National Battlefield, en Pennsylvanie. Washington a donc pu consulter le texte et le mot assassinat est transparent pour un anglophone qui connaît le terme « assassination ».
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| Acte de capitulation du fortin Necessity signé par Washington |
L’affaire fit du bruit jusqu’en Europe, où la guerre s’emballa en même temps que l’arrivée de la nouvelle. Le meurtre de Joseph de Jumonville fit scandale en France. Voltaire, pourtant anglophile, s’indigna : « Je ne suis plus Anglais depuis que les Anglais sont pirates sur mer et assassinent nos officiers en Nouvelle-France ». En Angleterre, le politicien et écrivain Horace Walpole dépeint laconiquement l’affaire : « Ce coup de feu tiré par un jeune Virginien dans les forêts d’Amérique a mis le monde en feu ».
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| Copie au propre des articles de capitulation du fortin Necessity (la première mention à « assassin » encadrée). |
La réputation de Washington en fut ternie.
lundi 27 mai 2024
Une école licencie un enseignant qui avait réalisé une vidéo démystifiant la rhétorique transgenre
Warren Smith, l’enseignant à l’origine d’une vidéo virale critiquant le discours des militants LGBT selon lequel les critiques de l’idéologie du genre sont « transphobes », a été licencié, a-t-il annoncé cette semaine dans une nouvelle vidéo détaillant son calvaire.
This is utterly brilliant. A student accuses @jk_rowling of being transphobic. This teacher skilfully dissects the claim and challenges it by asking questions.
— Lee Harris (@addicted2newz) February 3, 2024
He teaches not what to think, but how to think critically.
Watch until the end.
You see the epiphany in real-time. pic.twitter.com/x00gWdOugc
En février, la vidéo de M. Smith était devenue virale à cause de sa réponse à un élève qui lui demandait s’il aimait toujours le travail de l’auteur de Harry Potter, J.K. Rowling, « en dépit de ses opinions bigotes ». M. Smith a engagé un dialogue socratique avec l’étudiant, disséquant le postulat selon lequel l’opposition publique de Mme Rowling au mouvement en faveur de la fluidité des genres constitue du sectarisme, l’invitant à reconsidérer ce postulat gauchiste omniprésent.
Le 13 mai, trois mois plus tard, M. Smith a annoncé qu’il avait été licencié de son école non identifiée la semaine dernière.
« C’est arrivé si vite, en cinq minutes », a-t-il déclaré. « J’ai consacré quatre ans de ma vie à cette école et hier, c’était comme si j’étais un personnage dans un jeu vidéo et que l’on m’effaçait, comme si je n’avais jamais été là […] C’était remarquable. Par des gens qui aiment prétendre qu’ils sont vos coéquipiers ».
« Lorsque vous dites : “Nous vous remercions de ne pas divulguer”, je ne sais pas si cela signifie que vous menacez mes indemnités de licenciement, j’espère vraiment que non », a-t-il ajouté à l’intention de la personne non identifiée à l’origine de la décision, notant que même s’il accepte la décision, « parfois la façon dont vous le faites est importante et je pense que cela aurait pu être fait sans prendre mon ordinateur et me faire perdre un livre que j’ai écrit pendant deux ans, plusieurs choses que j’ai écrites pendant deux ans, toutes les données de deux ans, ma vie numérique ».
M. Smith a déclaré à SCNR News qu’il ne voulait pas « s’ouvrir à eux de quelque manière que ce soit » en identifiant l’école « après la manière dont ils ont agi et en voyant jusqu’où ils iront. Peut-être un jour, mais pour l’instant, je veux aller de l’avant et j’espère ne plus jamais penser à eux ».
Il a toutefois précisé que l’incident était dû à la non prise en compte d’un « courriel d’une phrase envoyé par l’école disant : “Si vous souhaitez télécharger quoi que ce soit sur les médias sociaux, vérifiez auprès de votre directeur de supervision” ».
Elon Musk, propriétaire de X, dont le partage de la vidéo originale a contribué à la rendre virale, a déploré le licenciement de M. Smith, déclarant que « la pensée critique inhibe l’endoctrinement et que les écoles sont devenues des centres d’endoctrinement ».
Bien que l’incident ait suscité une condamnation générale de l’école sur les médias sociaux, Not the Bee a conclu son rapport sur une note positive, notant que « nous avons le sentiment que Warren Smith a un avenir plus radieux devant lui ».
« La fabrique de l'enfance transgenre »
La pédopsychiatre, psychanalyste et essayiste française Caroline Eliacheff a fait paraître avec Céline Masson La Fabrique de l'enfant transgenre, aux éditions de l'Observatoire. Un ouvrage engagé qui s'interroge sur la transidentité de l'enfant, pointant «un discours idéologique qui ne repose sur aucune preuve». L'occasion de réitérer son appel aux parents pour «agir en adultes responsables» et interdire les traitements chimiques qui constituent un «risque sanitaire». Sans fard, ni détour, Caroline Eliacheff se prête aux questions de Guyonne de Montjou.
Présentation de l'ouvrage par l'éditeur
Aux États-Unis, mais aussi en Europe, les demandes de changement de sexe chez les enfants et surtout les adolescents augmentent depuis plusieurs années. Les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson alertent sur les dérives du « transgenrisme » chez les mineurs. Le poids de la culture LGBTQI et l'influence des réseaux sociaux ont donné une visibilité nouvelle à la « dysphorie de genre », ou sentiment d'être né dans le « mauvais corps ». Émancipation progressiste ou phénomène d'embrigadement idéologique ? Outre que les traitements hormonaux et chirurgicaux feraient d'un enfant sain un patient à vie, la réponse affirmative trop rapide à ce désir de changement de sexe risque aussi de porter atteinte à sa construction psychique. Nombreuses sont les voix (trop souvent étouffées) qui avouent regretter cette transition tandis que plusieurs pays reviennent sur la prescription précoce de bloqueurs de puberté et d'hormones antagonistes. Au nom de la protection de l'enfant, Caroline Eliacheff et Céline Masson dénoncent un prétendu « droit à l'autodétermination » qui occulte et instrumentalise les souffrances des adolescents.
Biographie de l'auteur
Caroline Eliacheff est pédopsychiatre et psychanalyste. Elle est l'auteure de nombreux livres dont Le Temps des victimes, avec Daniel Soulez Larivière (Albin Michel). Céline Masson est psychanalyste, professeure des universités au Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits (UFIV), auteure notamment de Crisedes repères identitaires, race, sexe, genre (dir.), chez Hermann. Elles coordonnent l'Observatoire des discours idéologiques sur l'enfant et l'adolescent - La Petite Sirène.
La Fabrique de l'enfant transgenre,
par Caroline Eliacheff et Céline Masson
aux éditions de L'OBSERVATOIRE,
paru 9 février 2022,
à Paris,
101 pp,
ISBN-13 : 979-1032925225
dimanche 26 mai 2024
Grande-Bretagne — forte immigration, crise du logement et baisse du PIB/habitant
Les niveaux record d’immigration n’ont pas réussi à stimuler l’économie britannique tout en y aggravant la crise du logement, a averti un groupe de réflexion de premier plan.
Dans un rapport co-rédigé par l’ancien ministre de l’Immigration Robert Jenrick, le Centre for Policy Studies (CPS) a exhorté le gouvernement à introduire des plafonds à l’immigration légale afin de mettre un terme à l’épuisement des infrastructures et des services publics britanniques qui n’est pas compensé par la croissance économique.
En particulier, les niveaux élevés d’immigration « exacerbent considérablement la crise du logement », selon le rapport.
Le rapport, dont l’auteur est l’ancien ministre de la Santé Neil O’Brien, suggère également que le ministère de l’Intérieur soit scindé afin de créer un nouveau département chargé de contrôler l’immigration.
J’ai démissionné du gouvernement parce que je refusais d’être un autre politicien qui n’avait pas tenu sa promesse de réduire l’immigration.
Trois décennies d’immigration de masse ont totalement déçu le public britannique.
Les coûts ont été dissimulés.Voici la vérité qui doit être dite👇
I resigned from government because I refused to be another politician who broke their promise to reduce immigration.
— Robert Jenrick (@RobertJenrick) May 8, 2024
Three decades of mass migration have utterly failed the British public.
The costs have been covered up.
Here is the truth that needs to be told👇 pic.twitter.com/iMMWO2Yi14
– Robert Jenrick (@RobertJenrick) 8 mai 2024
Cette déclaration est intervenue après la publication de données montrant que les consommateurs britanniques subissent la plus longue baisse de niveau de vie des pays du G7, l’économie ne parvenant pas à suivre.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a indiqué que le PIB par habitant avait chuté pendant quatre trimestres consécutifs au Royaume-Uni en 2023.
Bien que l’économie britannique ait augmenté de 0,1 % en 2023, le PIB par habitant a diminué de 0,8 %, selon l’OCDE. Cette mesure tient compte de la croissance démographique, qui a été la deuxième plus forte au Royaume-Uni dans le groupe des sept économies avancées.
Ces chiffres contrastent fortement avec la moyenne du G7, où le PIB par habitant a augmenté de 1,2 % l’année dernière. [Le Canada connaît également une chute du PIB/habitant, une crise du logement, et cela pour la même raison : l’immigration de masse.]
« Si une migration à grande échelle comme celle que nous avons connue est vraiment si bénéfique pour l’économie, nous devons nous demander pourquoi nous ne le constatons pas dans les données du PIB par habitant », a averti le rapport du CPS.
Pour alléger la pression sur le logement, la Santé publique (NHS) et les écoles, le CPS a déclaré que la migration nette devrait être plafonnée à seulement « quelques dizaines de milliers » par an, par rapport à son pic de 745 000 en 2022.
Pour y parvenir, le CPS a déclaré que le ministère de l’Intérieur, qui s’est avéré « trop rigide pour fonctionner efficacement » et miné par des niveaux élevés de renouvellement, devrait être scindé en un ministère chargé de la sécurité des frontières et du contrôle de l’immigration et un autre chargé du maintien de l’ordre et de la sécurité nationale.
« Nous avons besoin d’institutions opérationnelles capables de traduire en actes la volonté du Parlement et du public. Le ministère de l’Intérieur n’a pas été à la hauteur sur ce plan », ont-ils déclaré.
L’analyse des données du ministère de l’Intérieur a montré l’impact du passage des migrants de l’UE à ceux des pays tiers. Les migrants originaires du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de Turquie âgés de 25 à 64 ans étaient presque deux fois plus susceptibles d’être économiquement inactifs qu’une personne née au Royaume-Uni.
Les migrants espagnols gagnaient généralement 40 % de plus que les migrants pakistanais ou bangladais, tandis que les migrants originaires de pays tels que le Canada, Singapour et l’Australie payaient entre quatre et neuf fois plus d’impôts sur le revenu que les migrants somaliens ou pakistanais.
Le rapport indique que l’impact est particulièrement important dans le domaine du logement. L’immigration nette représente aujourd’hui environ 89 % de l’augmentation de 1,34 million du « déficit de logement » de l’Angleterre, c’est-à-dire du nombre de logements que nous avons sous-construits au cours des dix dernières années.
Des niveaux d’immigration imprévus ont également fait exploser les objectifs de construction de logements. L’objectif du gouvernement de construire 300 000 logements par an inclut une prévision de migration nette vers l’Angleterre d’environ 170 000 personnes par an, ce qui, à lui seul, génère une demande de 72 000 nouveaux logements.
« Nous sommes en situation de sous-construction depuis des années, même en l’absence de niveaux élevés de migration nette. Et même si nous nous limitons aux dix dernières années, le tableau est sombre », prévient le rapport du CPS.
La pression s’est également accrue sur les marchés locatifs, tout en affectant l’accession à la propriété. Par exemple, 67 % des ménages locataires privés à Londres sont dirigés par une personne née à l’étranger, tout comme 33 % des nouvelles locations de logements sociaux à Brent en 2022-2023.
L’année dernière, Capital Economics a estimé que les niveaux d’immigration pour la seule année 2022 pourraient avoir fait augmenter les loyers de près de 10 %.
L’immigration est fortement concentrée dans les villes et particulièrement dans le secteur locatif. Une analyse précédente de l’ONS a révélé qu’environ 80 % des personnes arrivant au Royaume-Uni louent un logement privé au moins pendant les premières années suivant leur arrivée.
MM. Jenrick et O’Brien ont reproché au gouvernement conservateur post-Brexit de libéraliser le système d’immigration et de ne pas tenir sa promesse de prendre le contrôle des frontières britanniques après la sortie de l’UE.
« Malgré un discours sur un système très sélectif, le système post-2021 continue de permettre l’arrivée d’un grand nombre de personnes qui ne travaillent pas ou qui occupent des emplois très mal rémunérés. Sur un solde migratoire de deux millions de ressortissants de pays tiers au cours des cinq dernières années, seuls 15 % sont venus principalement pour travailler », ont-ils déclaré.
De nombreux économistes affirment que des niveaux élevés d’immigration stimulent l’économie britannique en augmentant la main-d’œuvre et les recettes fiscales.
Cependant, bien que les niveaux d’immigration aient été extrêmement élevés, la croissance de la productivité et la croissance économique par personne se sont effondrées, alors même que la pression sur les ressources publiques montait en flèche.
Malgré une augmentation de 6,6 % de la population britannique entre 2011 et 2021, le nombre de cabinets de médecins généralistes n’a augmenté que de 4 % au cours de la même période. La capacité du Royaume-Uni à produire de l’électricité a diminué de 14,2 %.
Karl Williams, du CPS, a déclaré : « Traditionnellement, le Trésor et une grande partie du reste du gouvernement ont conçu l’immigration comme un avantage inconditionnel pour les finances publiques. Mais ce n’est pas le cas ».
Le rapport recommande d’abolir la « graduate route » (la voie des diplômés), qui permet aux étudiants étrangers de rester pendant deux ans après l’obtention de leur diplôme. Au lieu de cela, ils ne pourraient rester que s’ils avaient un emploi de niveau supérieur dans les six mois.
Cette mesure serait associée à la suppression de l’objectif de 600 000 étudiants étrangers par an autorisé à entrer au Royaume-Uni, fixé par Boris Johnson.
Ils recommandent de relever les seuils de rémunération des travailleurs de la santé et des soins au-dessus du salaire de subsistance national, ainsi que le salaire horaire minimum dans le secteur des soins, de 20 à 40 pence, afin d’aider à recruter davantage d’employés de maison. Ils ont également appelé à un plafonnement immédiat des visas pour le secteur de la santé et des soins, fixé à 30 000, contre 250 000 actuellement, en 2023.
M. Jenrick a déclaré « Il serait impardonnable que le gouvernement n’utilise pas le temps qui lui reste avant les élections générales [déclarées cette semaine] pour défaire les libéralisations post-Brexit désastreuses qui ont trahi les souhaits explicites du public britannique en faveur d’une baisse de l’immigration. »
« Les changements que nous proposons aujourd’hui ramèneraient enfin les chiffres à la norme historique et offriraient le système d’immigration hautement sélectif et hautement qualifié promis aux électeurs. Ces politiques pourraient être mises en œuvre immédiatement et relégueraient au passé l’immigration de masse peu qualifiée.
« L’immigration est constamment l’une des principales préoccupations des électeurs et ils méritent un ministère dont la seule mission est de contrôler l’immigration et de sécuriser nos frontières. Depuis bien trop longtemps, le ministère de l’Intérieur s’est montré incapable de le faire ».












