samedi 23 mars 2013

Une heure pour la Terre : la grande noirceur

De Nathalie Elbrably-Lévy (IEDM/Journal de Montréal), ce billet en l'honneur de l'Heure pour la Terre

C’est ce samedi, de 20 h 30 à 21 h 30, que se tiendra l’événement Une heure pour la terre, un rituel annuel instauré par le Fonds mondial pour la nature (WWF). À cette occasion, les particuliers, les entreprises et les gouvernements de partout à travers le monde sont invités à éteindre leurs lumières non essentielles pendant une heure afin de signifier aux pouvoirs politiques la nécessité de lutter contre les changements climatiques. L’an dernier, des millions de personnes dans 152 pays avaient obéi à la consigne. Cette année, les organisateurs espèrent que le mouvement s’intensifiera. Je le leur souhaite, mais qu’ils ne comptent pas sur moi ! Si j’y pense, j’allumerai même peut-être toutes mes lumières en guise de protestation.

Toronto pendant l'Heure pour la Terre (en haut) et plus gaie, en bas, en temps normal

Message mensonger

Pourquoi contester une initiative en apparence si louable ? Tout simplement parce qu’en véhiculant un message mensonger, elle symbolise la « grande noirceur », au sens propre comme au sens figuré. Par leur geste, les organisateurs diabolisent l’électricité en particulier, et l’énergie en général. Pire encore, ils exploitent la méconnaissance des populations quant au rôle crucial que joue l’énergie dans nos vies. Le WWF affirme qu’une réduction des émissions de CO2 de 80 % au-dessous du niveau de 1990 serait un minimum pour « sauver la planète ». Comme environ 70 % de nos besoins énergétiques sont comblés grâce à l’énergie fossile et que les énergies vertes sont loin de pouvoir répondre à la demande, il faudrait nécessairement réduire notre consommation énergétique de manière draconienne pour satisfaire l’objectif du WWF. C’est facile d’éteindre une lumière non essentielle pendant une heure, surtout lorsqu’on en profite pour organiser un souper aux chandelles ou pour participer à une festivité nocturne au cours de laquelle tout le monde chante en cœur une bougie à la main. En entretenant une vision romantique de la noirceur, le WWF laisse entendre que se priver d’énergie serait non seulement simple, mais aussi amusant. Or, il n’en est rien, et il faut refuser de se sentir coupable chaque fois que nous avons recours à l’électricité.

Avancées spectaculaires contre pensée rétrograde

L’énergie abondante et bon marché est à l’origine des plus spectaculaires avancées du XXe siècle et des inventions les plus libératrices. Sans énergie, pas de réfrigérateur ni de cuisinière, pas de chauffage ni d’air climatisé, pas d’eau chaude, pas d’eau courante purifiée dans une usine d’épuration, pas de cellulaire ni d’ordinateur, pas de laveuse ni de sécheuse. Sans énergie, nous ne pourrions compter ni sur les appareils médicaux sophistiqués pour sauver des vies, ni sur l’agriculture moderne pour nourrir généreusement des populations entières, ni sur les équipements sanitaires actuels pour éviter la prolifération des maladies infectieuses. Essayez donc de vous priver de toutes ces commodités ne serait-ce qu’une journée. Imaginez le temps et les efforts nécessaires qu’il faudrait pour laver son linge et préparer un repas en l’absence d’électricité. Imaginez devoir vous chauffer avec un foyer au bois ou vous faire soigner dans un hôpital sans électricité. Voilà de quoi voir l’énergie sous un éclairage nouveau ! Il ne fait aucun doute que l’environnement est une ressource précieuse qui doit être préservée. Toutefois, renoncer à l’électricité n’est pas la solution. Mépriser l’énergie comme le fait le WWF, c’est entretenir l’ignorance et faire la promotion de la pauvreté et d’une philosophie antihumaniste. Voulez-vous vraiment prendre part à ce mouvement ?


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Bjørn Lomborg: The whole idea of Earth Hour is not too bright (en outre l'heure pour la Terre n'économise pas d'énergie...)

C'est officiel : l'écologisme est une religion (congé religieux accordé par juge à un écologiste athée)





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Yukon — Interdiction d'enseigner la doctrine catholique sur l'homosexualité dans les écoles catholiques

Le ministre de l’Éducation du Yukon a interdit, de manière publique, l’enseignement traditionnel catholique sur l’homosexualité dans les écoles catholiques subventionnées. Par une lettre ouverte envoyée le 19 mars à l’évêque local, Mgr Gary Gordon, Scott Kent a explicitement ordonné que cet enseignement ne soit plus donné.

Dans un premier temps, la semaine dernière, Mgr Gordon avait donné un début de suite aux injonctions ministérielles en acceptant de ne plus faire figurer sur le site d’une école catholique le contenu de cet enseignement, tout en précisant que cet enseignement serait bien donné aux élèves au sein des écoles catholiques dépendant de son diocèse. Le ministre Scott Kent a donc réagi en disant que cela ne suffisait pas.

En clair : la loi du territoire prime l’enseignement religieux dans toutes les écoles confessionnelles du Yukon. Ou encore : la morale dite progressiste a préséance sur la morale confessionnelle (ou naturelle).

Le ministre rappelle que les écoles « séparées » (confessionnelles) bénéficiant de fonds publics doivent respecter « toutes les obligations statutaires et légales ».  À la « société épiscopale » de fournir tout « matériel religieux » destiné à instruire les élèves en matière de « religion et moralité catholique romaine ». Mais cette société s’est statutairement engagée à respecter « toutes les lois en vigueur dans le Yukon », à la fois pour le fonctionnement des écoles et pour le contenu de l’instruction religieuse.

« Au titre de ma responsabilité de ministre de l’Éducation, je dois établir et communiquer les buts et les objectifs au système d’éducation du Yukon. La Loi sur l’éducation m’oblige expressément à promouvoir la reconnaissance de l’égalité parmi toutes les personnes du Yukon d’une manière qui soit conforme à la fois à la Charte canadienne des droits et libertés et la Loi sur les droits de la personne.


École Vanier de Whitehorse
L’Éducation du Yukon a entrepris un certain nombre d’initiatives destinées à mieux remplir cet objectif, et parmi elles la moindre n’aura pas été le développement de politiques comme la  Politique sur les écoles sûres et accueillantes et la Politique relative à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre. Ces politiques ont été intégrées dans la Loi sur l'Éducation et en tant que telles s’appliquent à toutes les écoles bénéficiant de fonds publics dans le Yukon, y compris les écoles séparées catholiques.

Ces deux politiques reconnaissent que des environnements scolaires accueillants, respectueux et sûrs sont essentiels afin que les élèves puissent apprendre et acquérir un développement personnel et social sain. 
[...] 
Dans plusieurs domaines, la politique de la Corporation épiscopale ne cadre pas avec les politiques en éducation du Yukon et n'en remplit pas toutes leurs exigences, et il en va probablement de même par rapport à d’autres lois en vigueur dans le Yukon telles que la Loi sur les droits de la personne et la Charte canadienne des droits et des libertés, ainsi que d’autres jurisprudences sur les droits à l’égalité.

[…] 
Je reconnais que toute politique scolaire et d’instruction religieuse développée et mise en œuvre dans les écoles séparées catholiques peut et doit respecter des valeurs catholiques plus générales et utiliser une terminologie acceptable dans ces écoles, toutefois elle doit d’abord et avant tout respecter et remplir les exigences des politiques du ministère de l'Éducation au Yukon ainsi que ses lois. J’ai donné ordre au ministre délégué de l’Éducation du Yukon de rendre disponible le personnel nécessaire afin de travailler en collaboration avec votre communauté scolaire afin de l’aider à remplir ces objectifs, ce qui pourra se faire, je l’espère, d’une manière acceptable pour tous. »

Derrière l’apparente courtoisie du ton, le caractère totalitaire de la demande semble incontestable.

Mgr Gary Gordon, évêque de Whitehorse


Tout part d’une « controverse » au début du mois autour d’un document de Mgr Gordon adressé aux professeurs de l’école Vanier qui rappelle l’enseignement catholique sur l’homosexualité, expliquant – avec le Catéchisme de l’Église catholique – « le caractère gravement et intrinsèquement immoral des actes homosexuels et l’attirance homosexuelle désordonnée ». L’évêque incitait également les professeurs à ne pas utiliser les termes « gay » et « lesbienne ». En même temps, le document qualifiait de « déplorable » la « malice violente, en parole ou en action » dont des personnes homosexuelles ont pu faire l’objet. Le prêtre « catholique » interrogé au début de cet incident par Radio-Canada, Claude Gosselin de Whitehorse, vaut son pesant d'or : « les réponses ne sont pas juste du  côté de l'Église catholique ou des principes de l'Église catholique. »

Tout en affirmant qu’il ne veut pas s’immiscer dans les croyances des gens, le ministre Scott Kent assure qu’il intervient pour garantir que chacun, dans n’importe quelle école, puisse se sentir « en sécurité, bien accueilli, protégé et respecté ».

En clair : là où est énoncé l’enseignement de l’Église sur l’homosexualité et sa condamnation morale des actes homosexuels, il est des personnes qui ne pourront pas se sentir en sécurité, bien accueillies, protégées et respectées, mais qui au contraire seront – ou se sentiront – en danger, rejetées, attaquées et méprisées.

La CBC fait état de la révolte de certains professeurs de l’école secondaire Vanier contre les directives de l’évêque, accusant Mgr Gary Gordon de promouvoir la « discrimination » à l’égard des élèves homosexuels. Une représentante d'un syndicat enseignant, Katherine Mackwood, accuse l’évêque d’avoir poussé trop loin ses choix pastoraux qui n’ont pas été faits en « concertation » avec les enseignants, l’affaire de l’enseignement sur l’homosexualité ayant été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Yukon News rapporte que de nombreux étudiants et professeurs seraient contre le rappel de la doctrine catholique à l'école catholique Vanier. De méchantes langues pourraient se demander pourquoi ils fréquentent cette école.






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vendredi 22 mars 2013

Cérémonie, prière, danse sacrées dans une école laïque publique (Rediff)

Rediffusion

Nous avions déjà droit à la Journée de la Terre. Samedi 27 mars, nous avions la nouvelle Heure de la Terre. Il s’agit d’un évènement mondial écologiste annuel, créé en 2007 par le WWF (World Wide Fund for Nature, le Fond mondial pour la nature), qui consiste à couper les lumières et débrancher les appareils électriques non essentiels pendant une heure.

À cette occasion, l’école Wilfrid-Léger de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, en collaboration avec l'Atelier 19 et la maison des jeunes l’Exit (voir l’annonce) organisait une manifestation « artistique et communautaire ». Cette manifestation « par la magie du conte, la profondeur d'un rituel amérindien et la création d'un cercle de lumière » permettrait, selon les organisateurs, de poser « un geste significatif pour votre communauté et le reste de la planète ».

Nous avons donc envoyé un reporter qui pourrait témoigner de cette manifestation organisée par une école publique et laïque dans ses locaux.

Des jeunes élèves à l’accueil, aux tambours

Dès la porte principale de l’établissement, on est accueilli par une série de jeunes élèves de l’école Wilfrid-Léger grimés en vert. Un d’entre eux, un placier, écarte un grand rideau et découvre la « place centrale » de l’école. Au centre, un tapis oriental entouré de branches de sapin, devant quelques tatamis où viendront s’asseoir les jeunes enfants. Enfin aux quatre coins de cette scène des peintures trônent sur leur chevalet. Un énorme capteur de rêves pend au plafond. Au fond de la pièce, une dizaine de jeunes sous la conduite de leur chef battent du tambour. La pièce baigne dans une lumière verte. Une soixantaine de personnes sont assises, plusieurs arborent dans leurs cheveux gris un bandeau indien.




La manifestation va bientôt commencer. On invite les enfants à s’asseoir au centre. Environ quinze jeunes enfants prennent place sur les tatamis. On tamise les lumières. Les tambours entonnent différents chants. Voilà le rythme à quatre temps de la Terre, quatre temps pour les quatre éléments fondamentaux : terre, eau, feu et air. Ensuite un rythme plus rapide, celui de l’Homme. La pièce est envahie de ces résonnances viscérales, parfois assourdissantes même. Le public est invité à applaudir. Il applaudit.

Une jeune fille, élève de l’école Wilfrid-Léger, s’avance. Elle fait partie du Comité vert de l’école. Le comité est formé d’élèves qui « ont la protection de l’environnement à cœur ». La jeune écologiste annonce que la réunion est organisée par trois organismes : l’Atelier 19, la Maison des jeunes locale et l’école Wilfrid-Léger.



Maude Arsenault de l’Atelier 19 s’avance. Elle remercie l’école et ses jeunes. Elle annonce le programme et décrit l’Heure de la Terre : « C’est le plus grand rassemblement environnemental dans l’Histoire ».  Mme Arsenault rappelle qu’en 2010 le Canada sera l’hôte du G20 et que nous sommes réunis pour faire comprendre à nos dirigeants que l’environnement est important pour nous.

Hommage aux quatre directions de la Roue de médecine

Alors que l’année passée, lors de cérémonie pour la Journée de la Terre à Granby, l’animatrice avait ouvert la réunion par une prière aux quatre animaux totémiques, aux quatre éléments et aux quatre directions, cette année-ci elle insiste sur la dimension « artistique » de la cérémonie : on allume d’abord une chandelle entourée de quatre animaux totémiques, puis on passe en revue quatre « œuvres » artistiques qui étrangement ont les attributs associés aux quatre directions amérindiennes.

Réincarnation libératoire

Vient ensuite, la même conteuse, Michèle Rousseau, qui comme lors des cérémonies de la Journée de la Terre narra avec un talent certain un autre conte autochtone. Cette année-ci il s’agit de la souris qui à force de curiosité et de sacrifices devient « Souris-qui-bondit » puis enfin un aigle… L’histoire est emplie d’animaux aux pouvoirs magiques, bison et loup qui servent de guides vers les montagnes sacrées et le Lac de Grande médecine. Comme lors de son intervention à la Journée de la Terre dans son conte de la « femme chamane », Michèle Rousseau insista sur l’importance de la réincarnation et de la métempsychose. Pour elle, c’était visiblement ce qui comptait le plus dans son conte, car cette croyance serait libératrice : « Vous savez les enfants, on n’est jamais mort pour toujours. Quand on est mort, ce n’est pas pour toujours. On se transforme. On ne revient pas comme on était avant, mais on se transforme. C’est vraiment très intéressant de découvrir ça. Ça donne confiance. » La souris qui bondit se transforme finalement en aigle et de conclure la conteuse « Vous savez ce sont les autochtones qui savent nous faire comprendre ce que c’est que de devenir aigle. »

Applaudissements.

Prière sacrée

Samania, habillée d’une robe indienne en cuir à franges, et d’une paire de lunettes rectangulaires qui lui cernent les yeux de noir et de blanc, s’avance. Elle se dit amérindienne et d’un métissage du plus bel aloi : par sa mère elle serait un mélange d’Agnier (Mohawk) et d’Odjibway et par son père un quart abénaquis et un quart micmac.

Elle demande aux enfants-rois de s’approcher et de former un cercle sacré : « Je vais demander aux enfants de se lever et de venir avec moi. On va se donner la main. Chez nous les Amérindiens, les enfants sont nos maîtres… » « Je demanderais aux gens, s’ils veulent bien se lever debout… On va faire un petit cercle sacré juste autour »… « Je demanderais à mon groupe de chant (de venir). « On va faire une prière ensemble. » « On va donner la main aux enfants. On fait juste un cercle ».

Puis dans cette école laïque, vient la prière en cette Heure de la Terre : « Alors ce qu’on va faire, on va faire un cercle de prière. C’est un chant. Ça s’appelle « Wa wé wa wé o ». « Vous allez tous répéter avec nous. C’est une prière sacrée. » Alors, tous chantent « Wa wé waaaaaaa wa wé wa we ooooooo »… Le chant répétitif est entonné par l’assemblée pendant près de deux minutes.



Une fois la prière terminée, Maude Arsenault annonce que nous allons procéder à la cérémonie de purification et qu’ensuite nous réaliserons « une œuvre d’art collective ».



Heure de la Terre, école Wilfrid-Léger, le 27 mars 2010.


Feu sacré, cercle sacré, prière au Grand Esprit

Samania demande alors à l’assistance de former un serpent : « On va faire la danse du serpent ; quand on va sortir, tout le monde va se tenir la main. » On va aller à l’extérieur « allumer le feu sacré. »

En file indienne, parents et écoliers sortent pour aller sur le terrain de sport de l’école au centre duquel brûle un feu de camp. Une fille armée d’un grelot qu'elle secoue fortement clôt la longue file et invite à ne pas couper le serpent. « C’est très important ! » Un serpent à sornettes apparemment.

Une fois les participants assemblés autour des flammes, Samania annonce qu’il s’agit d’une « cérémonie sacrée alors nous allons faire le cercle de purification. » Elle présente Jacques et Jane « les gardiens du tambour sacré… qui a 300 ans ». « Les chasseurs ont fait de la chasse spirituelle, justement aux bisons. Les peaux qui sont dessus sont de la peau du bison. »

Suit une longue litanie de « sacré » : « Ce soir on va faire une cérémonie sacrée », « Sylvie, c’est la gardienne du tabac sacré. », « Renée gardienne de la sauge, une herbe sacrée. »

Samania continue : « Danielle est avec moi et va faire la moitié du cercle avec moi pour pouvoir purifier les gens...», elle fait appel à cinq femmes ou jeunes filles de l’assistance. Elle répète son laïus de l’enfant-maître et l’adulte-élève dans la société autochtone. « La cérémonie vient de commencer, moi je vais sortir à l’extérieur du cercle pour faire l’offrande au Grand Esprit avec ma coquille. » Elle présente aux gens le coquillage de mer avec la sauge. « La sauge c’est pour vous purifier. » Alors quand… on fait l’offrande aux quatre directions…c’est qu’on demande au Grand Esprit, que la fumée… les gens qui sont ici ce soir, qui se réunissent ensemble, que nos prières se réunissent et qu’ils demandent au Grand Esprit qu’elles soient exaucées. »

Moment de silence. Nouvelle prière. L’officiante invite les gens à crier « WAO ». Un grand « WAO » retentit. On prie pour la Terre et on demande pardon pour ceux qui n’en prennent pas soin.

L’office continue. La célébrante saupoudre le feu de sauge, demande le silence total. La prêtresse met le feu à la sauge dans son coquillage, elle s’encense de fumée sacrée.



Interruption de la cérémonie sacrée

Puis soudain, l’officiante s’interrompt : « Je viens d’avoir une information, on m’a demandé de ne pas faire le cercle au complet parce que… Où est-ce qu’elle est Maude ? » Francine Charland de l’Atelier 19 intervient : « Ce qu’on aimerait c’est si c’était possible que votre cérémonie de purification puisse être avec ceux qui sont dans le premier cercle, parce qu’après on va avoir à faire les cercles de lumières… et on sait qu’il y a peut-être des gens ici qui sont réticents quand même à ce qui se passe. C’est quand même nouveau. Ça appartient à votre culture amérindienne. Pour nous, ce serait de respecter les gens qui sont autour ».

Visiblement, cette cérémonie sacrée met mal à l’aise des personnes dans l’assistance comme l'avoue Mme Charland.



Cérémonie de purification des âmes par le Grand Esprit

Nonobstant cette intervention, le rituel de purification commence : l’officiante amérindienne se déplace d’une personne à l’autre en présentant le coquillage de sauge sacrée et les gens éventent la fumée sacrée autour du visage. La cérémonie dure 15 minutes. Les organisateurs allument ensuite des chandelles dans des boîtes de conserve, les disposent par terre pour former le cercle sacré de lumière.

Où Radio-Canada persécute l'auteur

Ayant déjà assisté à la même cérémonie des lumières l’année passée, votre reporter retourne à sa voiture. La route est encore longue. Il s’assied dans sa voiture, allume la radio et tombe sur Jacques Languirand, le gourou octogénaire du Nouvel Âge qui officie encore sur la chaîne d’État. Au menu, Le cinquième accord toltèque écrit par le fils d'une guérisseuse du Mexique et petit-fils d'un chamane. On n’y échappe décidément pas. Bienvenu à ce Québec laïque en pâmoison devant tout ce qui est amérindien et empreint d’une vague spiritualité écolo-nouvel-âgeuse.

Laïcité très variable

Rappelons que l’année passée un cégep de Sherbrooke avait tout fait pour empêcher un créationniste de parler à des étudiants après les heures de classe. Ici une école publique laïque et une maison des jeunes participent à une cérémonie au cours de laquelle on explique la dimension spirituelle d’« œuvres » d’inspiration autochtone, un grand capteur de rêves couronne l’auditoire, des tambours égrènent des sons répétitifs autochtones, on allume une chandelle ornée de quatre animaux totémiques, on insiste sur la réincarnation en la qualifiant de chose « très intéressante » à découvrir et dont la prise de conscience est libératoire, on participe à des prières où le sacré se bouscule : cercle, coquillage, sauge, tabac, tambour, feu, tout est sacré. On y prie même pour les pécheurs qui ne prennent pas soin de la Terre. Un office complet, et pas un mot de protestation de la part des professeurs ou de la direction de l’école. Non, on aide plutôt l’Atelier 19 qui n’en est pas à son premier office du genre à monter l’événement « artistique et communautaire ».

Voir aussi : Nos ancêtres, les Amérindiens







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Heure pour la Terre et l'école

Comme chaque année depuis près d'un lustre, les écoles québécoises, relayées par les médias conformistes, célèbrent l'Heure de la Terre.

Cette célébration cadre bien avec la nouvelle idéologie qui règne en maître dans l'école québécoise et imposée en partie par l'État : celle d'écologisme, de l'Indien premier écologiste, de la vénération de la Terre-Mère, du cours d'éthique et de culture religieuse.


Gagnant de l'Heure de la Terre
chaque année à chaque heure :
 la Corée du Nord

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Les Canadiens et les Québécois en faveur de la peine capitale

Les Canadiens se disent majoritairement (63 %, soit 2 % par rapport à 2012) en faveur du rétablissement de la peine de mort, selon un sondage Angus Reid. Trente pour cent des Canadiens y sont opposés, soit une baisse de 4 % en un an.

C’est en Saskatchewan (75 %) et en Alberta (73 %), où les personnes interrogées souhaitent le plus qu’un criminel soit condamné à la peine capitale.

En Colombie-Britannique (55 %) et au Québec (58 %), une majorité de répondants sont également pour la peine de mort, mais dans des proportions moindres qu'ailleurs.

D’après ce nouveau sondage, dont les conclusions sont sensiblement identiques à l’enquête menée en février 2012, parmi les électeurs conservateurs, trois sur quatre (78 %) se prononcent pour cette mesure. Dans le camp libéral, 42 % des répondants sont contre l’idée.

Parmi les personnes qui sont en faveur du rétablissement de la peine de mort, 58 % estiment que cela permettrait de dissuader les criminels, 57 % pensent que cela permettrait de faire des économies parce que les coûts de la vie en prison reviendraient moins cher à la société, 53 % jugent qu’il faut tuer les tueurs, 39 % croient que cela soulagerait la famille des victimes et 20 % considèrent que les criminels ne sont pas capables de se réintégrer à la société.

À l’opposé, les Canadiens qui se disent opposés à la peine de mort craignent en grande majorité que le condamné puisse être victime d’une injustice (77 %), 53 % considèrent que c’est mal de donner la mort à quelqu’un, même s’il s’agit d’un criminel, et 50 % pensent que cela n’empêcherait pas les crimes.

Le sondage a sondé 1514 Canadiens, les 10 et 11 mars.






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Québec — L'apprentissage des tables de multiplication repoussé de deux ans

À l'école primaire, on apprenait les tables de multiplication par cœur en troisième année, des élèves commencent maintenant à les mémoriser deux ans plus tard, en cinquième année.

Il s'agit d'une « nouvelle façon de faire » adoptée par la commission scolaire des Découvreurs et la commission scolaire des Navigateurs (CSDN), qui découle d'un document du ministère de l'Éducation intitulé Progression des apprentissages au primaire.

En troisième année, l'enseignant n'oblige plus les élèves à apprendre leurs tables de multiplication par cœur, mais explique plutôt à ses élèves, à l'aide de matériel et ensuite d'images, comment «se construisent» les multiplications.

« On essaie de donner un sens aux apprentissages, en utilisant des façons plus concrètes pour que ce soit plus facile », explique Nicole Labrecque, directrice adjointe des services éducatifs à la CSDN, qui dessert la Rive-Sud de Québec.

Et pourtant...

Faire des calculs lorsqu'on ne connaît pas ses tables de multiplication n'est en rien facile. En poussant l'analogie, on pourrait comparer lettres et chiffres, mots et nombres, calculs et textes. Les calculs sont une forme de combinatoire élaborée : si chaque combinaison devient complexe par manque de connaissance des opérations élémentaires (tables d'addition et de multiplication), c'est l'ensemble des mathématiques qui devient indigeste et source de frustration.

Si certains enfants s'écartent de la lecture en raison d'une maîtrise insuffisante de la combinatoire, rendant compliquée la lecture, de même, la méconnaissance des calculs élémentaires écarte les enfants des mathématiques. Les tables d'addition ne présentent pas de difficultés. Ce sont les tables de multiplication que les enfants semblent ne plus arriver à apprendre comme de nombreux parents l'attestent. Dire que cet apprentissage a été négligé dans les écoles ces derniers temps serait un euphémisme.

Entretemps à Singapour, au Japon et en Angleterre

L’étude internationale TIMSS (Trends in International Mathematics and Sciences Studies) qui se fonde sur des tests menés tous les 4 ans auprès des élèves de 4e année du primaire et de secondaire II de plus de 50 pays classe les élèves de Singapour à la première place mondiale. Le Québec a une place honorable dans ce classement, mais nullement exceptionnelle.

Résultat TIMMS (2011) pour la 4e année du primaire

PaysNote
Singapour606
Corée, rép. de605
Hong Kong RAS602
Formose (Taïpei)591
Japon585
Irlande du Nord562
Caroline du Nord554
Belgique (Flandre)549
Finlande545
Angleterre542
Fédération de Russie542
États-Unis541
Pays-Bas540
Danemark537
Lithuanie534
Québec533
Portugal532
Allemagne528
Ontario518

La méthode de Singapour traite simultanément la division et la multiplication dès la première année du primaire comme étant les deux pendants d'une même opération : elle traite donc non seulement de la multiplication par 3 ou 4, mais également de la division par 3 et par 4. Le manuel de 3e année apprend la table des multiplications et de divisions jusqu'à 9 ainsi que le calcul mental associé à ces tables. Comprendre le mécanisme de la multiplication est une bonne chose (l'addition successive) , pouvoir rapidement mobiliser ces connaissances (par le par cœur) l'est tout autant).



En Angleterre, aux meilleurs résultats ci-dessus que le Québec, le nouveau programme du primaire prévoit que les enfants de 9 ans connaissent leur table de multiplication jusqu'à 12x12. Un porte-parole du ministère de l'Éducation a déclaré à la BCC que le nouveau programme augmenterait le niveau des élèves : « Notre projet pour l'école primaire rendra notre programme comparable aux meilleurs dans le monde, y compris celui de Singapour ».

« Il est grand temps que la rigueur reprenne le dessus — les enfants doivent connaître leurs tables de multiplication par cœur jusqu'à 12, diviser des fractions et être bons en calcul mental. Une bonne base permettra aux enfants de passer ensuite à des concepts mathématiques plus complexes. »

Au Japon, les élèves de deuxième année du primaire apprennent leur table de multiplication (jusqu'à 9x9) grâce à une méthode rythmique appelée « Kuku » (écoutez quelques exemples de kuku).

Qu'est-ce qui pousse donc Québec à repousser des éléments de base de l'arithmétique qui ont fait leur preuve ?

Table de multiplication chinoise 




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mercredi 20 mars 2013

Hérésies, le nouveau livre de Jacques Brassard (m.-à-j. vidéo)

19 mars 2013, Mario Dumont reçoit Jacques Brassard




Billet du 13 mars

Présentation de l'éditeur :

Inspiré par René Lévesque, Jacques Brassard a été élu en 1976 député de Lac Saint-Jean à l’Assemblée nationale du Québec, puis réélu sans interruption jusqu’à son retrait de la vie politique 26 ans plus tard. Il a notamment dirigé plusieurs ministères de premier plan au sein de divers gouvernements du Parti Québécois, dont ceux de l’Environnement, des Transports et des Ressources naturelles, en plus d’avoir occupé la névralgique fonction de Leader parlementaire du gouvernement.

Devenu par la suite chroniqueur au journal Le Quotidien de Chicoutimi, puis au Journal de Québec, Jacques Brassard tient également un blogue, apprécié d’un nombre toujours grandissant d’internautes, où il déploie sa plume incisive, alerte, rigoureuse... et provocatrice.

Dans le contexte politico-intellectuel québécois d’aujourd’hui, Jacques Brassard fait réellement figure d’hérétique. Que ce soit sur les thèmes de l’identité québécoise, du rôle de l’État dans l’économie, du réchauffement climatique, du conflit au Moyen-Orient ou de la politique internationale, Jacques Brassard se situe nettement, voire effrontément aux antipodes des opinions devenues des dogmes qui dominent la scène médiatique et politico-intellectuelle québécoise.

Empêcheur de penser en rond, Jacques Brassard conteste le magistère des élites bien pensantes d’obédience écolo-gauchisante qui au Québec ont remplacé le clergé d’antan pour ce qui est de la domestication des consciences. À preuve, une chroniqueuse du magazine L’Actualité est allée jusqu’à lancer un tonitruant « Faites taire Jacques Brassard ! », appelant ainsi non au débat, mais plutôt à l’imposition d’une censure contre l’expression d’une voix hérétique.

En plus d’offrir une réflexion à la fois raisonnée et passionnée sur les principaux enjeux que confrontent le Québec et le monde, ce livre montre bien que non seulement on ne fera jamais taire Jacques Brassard, mais aussi que ses convictions et points de vue rejoignent ceux d’un nombre important de Québécois qui refusent de gober sans examen les prêt-à-penser cuisinés par certains gardiens du Temple qui prétendent régenter leurs pensées et comportements.

Hérésies
par Jacques Brassard
chez Accent grave
à Montréal
publié en mars 2013

225 pages
au prix de 22,95 $

ISBN-13: 978-2924151099



Jacques Brassard discute avec l'équipe du Show du Matin, sur KYK Saguenay, au sujet de son livre dont le contenu est impie pour les adeptes du correctivisme politique (17 minutes).

Autre lien pour télécharger l'enregistrement.


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lundi 18 mars 2013

Le PQ retranche 56,2 millions à une des vaches sacrées féministes : les garderies contrôlées par l'État

Le gouvernement de Pauline Marois a décider de faire subir aux centres de la petite enfance (CPE) des compressions de 37,9 millions par an, soit une coupe de 3,5 %. Québec sabre également les subventions des garderies privées de 18,3 millions. Au total, les coupes atteignent 56,2 millions pour l'ensemble du réseau de garderie.

Les garderies devaient pourtant échapper aux compressions en 2013-2014, selon le budget Marceau déposé en novembre. Québec annonçait une hausse de 3,4% du budget du ministère de la Famille, l'aide étant quasiment uniquement axée sur les subventions aux frais de garde des femmes qui retournent au travail. Les subventions des CPE doivent passer de 1,087 à 1,112 milliard en un an, une hausse de 2,3 % (25 millions).

L'Association québécoise des CPE se dit « trahie » par Pauline Marois, l'instigatrice du réseau. Son directeur général, Louis Senécal, estime que c'est la « pire attaque » de l'histoire des CPE, très courte histoire quand même.

Il promet que « le réseau des CPE va se mobiliser comme jamais un réseau ne s'est mobilisé ». « Le printemps érable de Mme Marois commence ! », a-t-il lancé.

« Absolument tous les moyens seront utilisés» pour faire pression sur le gouvernement, y compris des journées de fermeture dans les CPE. Les parents assurent la croissance économique du Québec parce que leurs enfants sont en CPE. Quand ils se retrouveront sans service et dans les rues avec leurs enfants, ça va faire beaucoup plus mal que les étudiants qui ont attiré l'attention l'an dernier », a soutenu M. Senécal.

Malgré une augmentation constante du budget affecté aux garderies, les sommes consacrées s'avèrent insuffisante pour à la fois payer les coûts de système — notamment l'augmentation des salaires du personnel à la suite de conventions récentes — et financer la création de nouvelles places dites à 7 $ par jour. Les compressions sont donc nécessaires pour un gouvernement qui dit vouloir retrouver l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

Selon un document du Ministère, les coupes représentent environ 25 000$ pour un CPE de 80 places dont 25 % des enfants sont âgés de 4 ans. L'AQCPE a fait ses propres calculs et arrive plutôt à 32 000$. C'est presque le salaire moyen d'une éducatrice qui avoisine 35 000 $.

Plus de la moitié des CPE en déficit

Les compressions sont d'autant plus imposantes que la moitié des CPE enregistrent un déficit d'exploitation. Il se chiffrait à 34 000$ en moyenne en 2010-2011, pour des déficits totaux de 13,4 millions cette année-là. Les subventions de fonctionnement versées par Québec n'ont pas suivi la hausse constante des coûts des CPE. « Il y a des CPE qui risquent la fermeture avec les compressions. C'est intenable pour plusieurs, surtout en région », estime M. Senécal.

Compressions et hausses de taxes

Dans son dernier budget, le gouvernement Marois a annoncé des compressions de 200 millions $ dans le réseau de l'éducation (celui-ci ne comprend pas les CPE) pour la prochaine année scolaire, qui s'ajoutent aux 300 millions $ imposés depuis deux ans.

La ministre Malavoy avait affirmé qu'avec leur pouvoir de taxation, les commissions scolaires avaient une « marge de manœuvre » qui leur permet d'aller chercher des revenus supplémentaires afin d'absorber ces compressions.

Maternelle à 4 ans, l'État s'étend

La ministre Nicole Léger a informé le réseau de ces coupes (dans les augmentations) au même moment où sa collègue de l'Éducation, Marie Malavoy, déposait un projet de loi destiné à instaurer progressivement la maternelle à 4 ans à temps plein dans les milieux défavorisés. Pour Louis Senécal, « le financement des maternelles 4 ans est clairement fait avec les budgets des CPE ».

De leur côté, les garderies privées doivent faire une « rationalisation de leurs dépenses » de 3,4 millions. Le financement pour les enfants de 4 ans est également réduit, une baisse de 14,9 millions.

Sans effet bénéfique démographique, pédagogique et comportemental

Rappelons que les CPE et autres garderies sont sans effet positif notoire sur la démographie: la natalité au Québec est en panne depuis trois ans malgré des dépenses en hausse constante dans la prétendue politique familiale alors que la natalité a également grimpé dans le reste du Canada dans les années 2000 sans cette politique discriminatoire et ruineuse. En 2011, le taux de fécondité du Québec était de 1,69 par femme alors que celui du Canada était de 1,67; en 2011 ces taux étaient quasi identiques (1,5 pour le Canada et 1,49 pour le Québec). Il faut 2,1 enfants par femme pour que les générations se remplacent.

Plus de 15 ans après leur création, les Centres de la petite enfance (CPE) n'ont toujours pas atteint un de leurs objectifs déclarés : améliorer les performances scolaires des enfants. C'est en effet ce que déplore un chercheur qui dresse un dur portrait des garderies dites à 7 $. (Le coût quotidien d'une place de CPE est en réalité proche de 50 $ quand on ajoute les subventions gouvernementales.) Quand Pauline Marois a présidé à la création des CPE en 1997, le programme avait notamment  comme objectif d’augmenter les capacités cognitives des enfants pour mieux les préparer à l’école, on espérait ainsi réduire le décrochage.  Un autre objectif était de réduire les inégalités d’apprentissage entre enfants provenant de milieux pauvres et de milieux plus aisés. Dans le meilleur des cas,  l'étude dirigée par Pierre Lefebvre (UQAM) en 2011 a observé un statu quo, dans le pire des cas on peut voir une légère détérioration de la situation...

Selon une autre étude de l'Université de Montréal publiée en 2009, près de 15 % des Québécois de moins de 6 ans souffrent de degrés atypiques de dépression (pas nécessairement majeure) et d'anxiété. Les bambins sont particulièrement vulnérables lorsqu'ils se voient séparés de la personne qui prenait soin d'eux, notait une pédopsychiatre interrogée par La Presse de Montréal sur ce sujet. Les enfants issus de familles nanties ou de la classe moyenne sont trois fois plus susceptibles d'être touchés par la dépression que ceux de milieux défavorisés. La psychologue et chercheuse Lise Bergeron est arrivée à cette conclusion surprenante au terme de l'Enquête sur la santé mentale des jeunes Québécois.

Des chercheurs new-yorkais ont observé le même phénomène. Rappelons que des études antérieures ont démontré des désavantages notables liés à une garde trop précoce des enfants d'âge préscolaire. C'est ainsi que le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, avait publié en 2005 parmi une des études les plus complètes sur le système de garderie du Québec. Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants :
« [N]ous avons découvert des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'agression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. »

Voir aussi

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire





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dimanche 17 mars 2013

Italie — Plus de fête des Pères à cause d'une enfant élevée par ses deux « mamans »

En Italie, la fête des Pères est le 19 mars, jour de la Saint-Joseph. Dans beaucoup d’écoles maternelles, les maîtresses marquent l’événement en faisant faire aux petits un dessin ou un cadeau pour leurs papas. C’était le cas, jusqu’à cette année, à la maternelle Ugo Bartolomei de Rome.

Mais cette année, les maîtresses ont eu un cas de conscience. C’est qu’il y a dans la classe une petite fille élevée par « deux mamans », sa mère biologique et la compagne de celle-ci. N’allait-on pas « la discriminer » ? Les maîtresses ont consulté une psychologue de la municipalité qui leur a confirmé qu’il n’était pas possible de célébrer la fête des Pères. Fortes de cet avis d’expert, elles ont proposé à la réunion des parents d’élèves de supprimer à la fois la fête des Pères et celle des Mères, pour les remplacer par des « fêtes de la famille ». Devant les protestations, elles ont finalement décidé de maintenir la fête des Mères mais « d’organiser pour la Saint-Joseph une fête plus générique de la famille ».

De nombreux parents ont alors écrit à la Mairie de Rome en s’interrogeant sur « une pédagogie qui se fonde sur la dissimulation d’un principe naturel et d’une vérité merveilleuse et profonde, à savoir que tout enfant naît de l’union et de l’amour d’une maman et d’un papa ». « C’est une étrange espèce d’attitude politiquement correcte et de tolérance, accusent-ils, que celle qui consiste, pour ne pas “discriminer” un enfant, à finir par discriminer contre trente enfants, en les privant d’un moment auquel ils auraient droit ».

L’adjoint aux écoles, Gianluigi De Palo, a donné raison aux parents protestataires. Il a écrit une lettre aux directeurs et aux enseignants des maternelles de la ville pour les inviter « à ne pas faire prévaloir l’idéologie sur le bon sens ». Selon lui, « il n’est pas juste de priver les autres enfants de la fête des Pères. Les maîtresses auraient pu faire préparer à la petite fille concernée quelque chose pour ses mamans, ou pour une personne spéciale, comme son oncle ou son grand-père ».

Giuseppina La Delfa, présidente de l’association « Familles Arc-en-ciel » et « mère, avec sa compagne, de deux petites filles », a condamné en revanche la réaction des parents. Pour elle, « la solution choisie par l’école nous semblait sage, parce qu’elle n’ôtait pas une fête aux autres enfants [?] mais qu’elle en créait une analogue qui n’excluait personne ». L’association fait en outre valoir que de nombreuses écoles romaines ont déjà remplacé la fête des Pères par « la fête des parents » ou « la fête des familles », sans soulever de protestations.

Interrogé par Il Corriere della Sera, Tommaso Giartosio, « père, avec son compagnon, de deux enfants », dénonce « ces totems de la fête des Pères et de la fête des Mères ». Et il a cet argument qui se veut final : « Si tu as un enfant noir dans ta classe, tu ne célèbres pas la fête de la race blanche ».








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Manitoba — Forte progression des enfants instruits à la maison et dans des écoles indépendantes

Le nombre d'enfants au Manitoba instruits  à la maison a augmenté de 32,1 pour cent en un an, selon un nouveau rapport du gouvernement provincial.

Le dernier rapport sur les inscriptions du ministère de l'Éducation indique que 2.400 enfants étaient instruits;à maison à la rentrée de septembre 2012, soit une augmentation de 583 élèves par rapport à septembre 2011.

Le total des inscriptions dans les écoles publiques et indépendantes (la plupart d'entre elles religieuses) a connu une hausse de 0,2 pour cent et 0,9 pour cent, respectivement, au cours de la même période.

Selon les autorités provinciales, cette augmentation dans le nombre d'élèves scolarisés à domicile s'explique peut-être en partie parce que le ministère de l'Éducation manitobain permet plus facilement aux parents de déclarer qu'ils enseignent à leurs enfants à la maison.

Les parents qui éduquent leurs enfants à la maison citent un certain nombre de facteurs, y compris des raisons religieuses et leurs inquiétudes quant au bien-être de leurs enfants à l'école.

« Ils sont inquiets des problèmes sociaux qui affligent l'école ou parce qu'ils trouvent qu'il n'est tout simplement pas normal qu'un seul enseignant enseigne à 30 enfants — et que la qualité de cette éducation ne peut être aussi bonne que lorsqu'un parent s'occupe de quelques enfants », a déclaré à la CBC Pamela Whyte qui instruit ses enfants à domicile .

Dans l'ensemble, le nombre d'élèves scolarisés à domicile a plus que doublé au cours de la dernière décennie.

Le nombre d'élèves dans les écoles non subventionnées a également augmenté en 2012, il a connu une augmentation de 7,5 %.





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