jeudi 9 décembre 2010

FAÉ : « Résultats québécois à l'enquête PISA 2009 : on ne s'emballe pas ! »

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) considère que la publication de l'enquête du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2009 de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) soulève certains problèmes sur les résultats des élèves québécois, problèmes qui ne doivent surtout pas être sous-estimés.

Baisse constante en lecture depuis l'implantation de la réforme

Bien que l'enquête révèle que le rendement moyen des élèves québécois en sciences et en mathématique demeure relativement stable, au-dessus de la moyenne des autres pays étudiés, la situation est cependant tout autre en ce qui a trait au rendement moyen des élèves en lecture. En effet, l'indice est passé de 536 en 2000, à 525 en 2003 puis à 522 en 2006 et 2009. Bien que, là encore, les résultats des élèves québécois les situent au-dessus de la moyenne des résultats des élèves des autres pays étudiés, force est de constater que le rendement moyen subit une baisse constante depuis l'année 2000. Il semble que le Québec ne parvienne pas à enrayer le déclin constant du rendement moyen en lecture depuis dix ans, soit depuis l'implantation de la réforme. Or, l'enquête PISA établit formellement un lien entre de faibles habiletés de lecture et une plus grande propension au décrochage scolaire.

Inquiétude légitime

« Ces résultats en lecture devraient sinon nous inquiéter, du moins nous alerter. À tout le moins, la ministre de l'Éducation devrait en tenir compte dans la planification et la mise en place des mesures de lutte au décrochage scolaire », de déclarer le président de la Fédération, monsieur Pierre St-Germain.

Pour la FAE, l'enquête PISA ne permet pas de fournir une réponse adéquate aux préoccupations de la population et des parents québécois parce qu'elle ne considère que les compétences.

« Il faut le souligner, l'enquête PISA ne mesure aucunement l'état de l'acquisition des connaissances. Or, c'est là une des grandes faiblesses de la réforme actuelle. En aucun temps, les résultats diffusés ne permettent de conclure que la place accordée à l'acquisition de connaissances au Québec est satisfaisante » d'ajouter Pierre St-Germain.

Pour la FAE, le rang mondial encore avantageux occupé par les élèves québécois ne doit pas faire illusion et masquer l'impact négatif qu'a eu la réforme mise en place il y a de cela dix ans.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

Voir aussi :

Tests PISA en éducation - Le Canada perd des plumes dans le peloton de tête

Nathalie Bulle sur le modèle finlandais et les tests PISA





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mercredi 8 décembre 2010

Cancun — politique de l'enfant unique planétaire « pour sauver la planète » ?

Lors du sommet sur le réchauffement climatique qui se tient actuellement à Cancun, le millionnaire Texan Ted Turner, fondateur de CNN, a proposé la mise en place d'une politique internationale de l'enfant unique similaire à celle qui a cours en Chine. M. Turner a ajouté que les pauvres pourraient vendre leurs droits de fertilité et tirer ainsi profit du fait de ne pas procréer.

Ted Turner était l'invité dimanche d'un déjeuner organisé par l'économiste Brian O'Neill du Centre américain pour la recherche atmosphérique qui y présentait une étude portant sur l'impact de la démographie sur les émissions de gaz à effet de serre. O'Neill, pour sa part, a déclaré qu'il suffisait de mieux diffuser la contraception pour commencer à faire baisser la population.

Bill Gates, le fondateur de Microsoft, avait fait des remarques semblables à celles de Brian O'Neill, le 18 février 2010, lors de la Conférence TED2010 de Long Beach en Californie dans un discours intitulé « Innovating to Zero! » (Innover vers zéro !). Environ quatre minutes et demi après le début de son discours Gates déclare : « Voyons d'abord la population. Le monde compte aujourd'hui 6,8 milliards de gens. Il se dirige vers environ 9 milliards. Or, si nous faisons un excellent travail sur de nouveaux vaccins, les soins de santé, la contraception, nous abaissons cela de 10 ou 15 pour cent. »

Source : Globe and Mail




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mardi 7 décembre 2010

Nathalie Bulle sur le modèle finlandais et les tests PISA

Extraits d'un entretien avec Nathalie Bulle, chercheuse au CNRS au Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique, autour de son dernier ouvrage.
L'école et son double
Essai sur l'évolution pédagogique en France,
Hermann, Paris, 2009

324 pages



Les points forts du modèle finlandais sont, me semble-t-il, la reconnaissance sociale du métier d’enseignant, l’adaptation relative à la diversité des élèves et le soutien précoce des difficultés scolaires. Mais au-delà de ces caractères, son succès est relatif et limité. Il n’est pas celui qu’on croit.

Considérons l’enquête internationale PISA où les résultats des élèves finlandais se distinguent depuis quelques années. Ce succès est relatif parce que, comme le notent des professeurs de l’APMEP (l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public), la différence globale observée entre la France et la Finlande disparaîtrait totalement si l’on mettait de côté, en France, les 10 % de jeunes qui réussissent le moins bien. [Pensez au grand nombre de décrocheurs au Québec qui n'entrent pas en ligne de compte ou aux nombreux absents québécois des tests interprovinciaux.] Or, si l’on tient compte des différences spécifiques des populations des deux pays, la meilleure performance de l’école finlandaise perd tout sens. Mais encore, cette meilleure performance est elle-même limitée car, comme le notent encore les membres de l’APMEP, PISA n’évalue pas la qualité générale des systèmes éducatifs en jeu. Elle n’évalue pas les compétences en mathématiques par exemple, mais se limite à ce que l’OCDE juge essentiel pour la vie ordinaire de tout citoyen (ce qui est nommé officiellement “mathematical literacy” [compétence en mathématiques]). Les contenus des questions de PISA, qui s’adressent à des élèves de 15 ans, couvrent seulement environ 15 % des contenus des programmes du collège français, c’est-à-dire du programme étudié par plus de 85 % des jeunes concernés. Le niveau des compétences testées serait en réalité adapté au niveau de la première année du collège et non de sa dernière année. Le travail sur les fractions, la résolution d’équations ou le raisonnement géométrique n’y figurent pas. Le système finlandais est, d’un point de vue pédagogique, inspiré par le modèle anglo-saxon.

Sorti des mathématiques de tous les jours, ses performances sont plutôt très moyennes, comme l’attestent d’autres enquêtes internationales visant à évaluer des compétences plus générales (IEA 1981, TIMSS 1999) ou des enquêtes infranationales menées par exemple dans des instituts polytechniques (l’une d’elles montre que 65 % des étudiants finlandais testés, soit 1560 sur 2400 n’ont pu résoudre un problème élémentaire nécessitant la différence de deux fractions et la division du résultat par un entier). Les professeurs de l’enseignement supérieur en Finlande, dans les universités et écoles d’ingénieur, s’alarment en réalité de la chute du niveau des étudiants et dénoncent le cercle vicieux qui consiste à devoir retravailler des concepts qui auraient dû être maîtrisés au lycée et qui ne l’ont pas été parce qu’au lycée le temps a dû être employé à revoir des concepts qui auraient dû être acquis au collège. Ils dénoncent la faiblesse ou l’absence des bases communes de connaissances sur lesquelles il est possible de construire au niveau supérieur. Rappelons que notre enseignement était, il y a un quart de siècle encore, l’un des meilleurs au monde.

L’enquête internationale menée par L’IEA (International Project for the Evaluation of Educational Achievement) en 1981, testant le niveau atteint par les élèves après huit années de scolarité obligatoire, rend compte des excellents résultats en mathématiques des élèves français, qui étaient, sur de nombreux sujets supérieurs à la moyenne du quartile supérieur (les 25 % les meilleurs), les neufs pays enquêtés étant, outre la France, l’Angleterre, la Belgique, l’Écosse, les États-Unis, la Finlande, le Japon, les Pays-Bas, et la Suède.


Voir aussi

N.Bulle (2010), L’imaginaire réformateur. PISA et les politiques de l’école, Le Débat (mars-avril).





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Tests PISA en éducation - Le Canada perd des plumes dans le peloton de tête

Les élèves canadiens sont en recul, même s'ils se classent largement au-dessus de la moyenne. Pourtant, sur dix ans, leurs résultats baissent dans tous les domaines, s'il faut en croire les études PISA qui seront rendues publiques aujourd'hui à Paris par l'OCDE. Ces tests évaluent tous les trois ans les capacités des jeunes de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences.

Dans cette dernière matière, le Canada dégringole de la 3e à la 8e place, loin derrière Shanghai et la Finlande qui obtiennent respectivement la première et la seconde. Avec une note en sciences qui passe de 534 à 529, le Canada reste parmi les meilleurs. Mais, sur dix ans, sa note a chuté de 11 points.

Le Canada est aussi en léger recul en lecture. Il perd une place par rapport à 2007 et arrive cinquième derrière Shanghai, la Corée, la Finlande et Hong Kong. Sa note passe de 527 à 524, un écart qui n'est pas significatif compte tenu des marges d'erreur. Plus inquiétant, cette baisse atteint dix points depuis l'an 2000 et elle serait surtout manifeste parmi les meilleurs élèves.

En mathématiques, les résultats des jeunes Canadiens sont stables depuis trois ans. Même si le Canada passe de la 7e à la 10e place, sa note générale ne bouge pas (527). Il est cependant loin derrière les meilleurs: Shanghai (600), Singapour (562) et Hong Kong (555). Ici aussi, la baisse est manifeste sur le long terme: sept points de moins depuis dix ans.

Entre 2000 et 2009, les résultats du Canada sont donc demeurés stables. Toutefois, le classement relatif du pays a reculé dans les trois domaines d'évaluation. Statistique Canada explique ce recul par une amélioration notable du rendement d'autres pays et par la participation de nouveaux pays qui ont un rendement élevé.

La lecture

En lecture - le domaine d’évaluation principal de l’étude - le rendement moyen des élèves canadiens s’est situé nettement au-dessus de la moyenne. Seulement quatre des 65 pays qui ont participé au PISA 2009 ont affiché un rendement supérieur au Canada: Shanghai (Chine), Corée du Sud, Finlande et Hong Kong (Chine). En 2000, seule la Finlande le surpassait.

Au Québec, le score en lecture a baissé de façon significative depuis 2000. Il demeure toutefois au-dessus de la moyenne de l’OCDE et égal à la moyenne canadienne. Dans ce domaine, les élèves de l’Ontario et de l’Alberta sont les plus forts, tandis que ceux de l’Île-du-Prince-Édouard sont les seuls à obtenir des résultats sous la moyenne de l’OCDE.

Le Canada est l'un des seuls pays dont les scores élevés au PISA s'accompagnent d'une forte égalité, ce qui signifie que l'écart qui existe entre le rendement des élèves les plus forts et celui des plus faibles est relativement restreint.

Classement en mathématiques par pays, provinces, et économies

1. Shanghai (Chine)
2. Singapour
3. Hong Kong (Chine)
4. Corée du Sud
5. Taipei (Chine)
6. Québec
7. Finlande
8. Liechtenstein
9. Suisse
10. Japon
11. Alberta
12. Canada

Classement en lecture

1. Shanghai (Chine)
2. Corée du Sud
3. Finlande
4. Hong Kong (Chine)
5. Alberta
6. Ontario
7. Singapour
8. Colombie-Britannique
9. Canada
10. Québec

Classement en sciences

1. Shanghai (Chine)
2. Finlande
3. Hong Kong
4. Alberta
5. Singapour
6. Japon
7. Corée du Sud
8. Colombie-Britannique
(..)
14. Québec

Voir aussi

Classement des provinces canadiennes au PISA 2006

Nathalie Bulle sur le modèle finlandais et les tests PISA




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samedi 4 décembre 2010

ECR : cours de l'insignifiance, du fourre-tout politiquement correct ?

Denise Bombardier revient dans les colonnes du Devoir sur la dernière controverse liée au cours d'éthique et de culture religieuse.

Un débat passionnel avait entouré l'introduction du cours d'éthique et de culture religieuse dans nos écoles il y a quelques années. Plusieurs opposants y assuraient que ce cours, remplaçant le cours de religion disparu avec la laïcisation du système scolaire public, véhiculerait n'importe quoi. Eh bien, un fait divers révélé cette semaine par Le Journal de Montréal tend à leur donner raison.

Une enseignante a concocté un questionnaire en s'inspirant des interrogations de ses élèves de treize ans (2e secondaire) au sujet de la sexualité. Pour « faire tomber les préjugés », s'est-elle justifiée, elle a soumis une série d'énoncés vrais ou faux. Cela va ainsi : « Les personnes noires ont de plus gros pénis. » « Le sperme est sucré et fait maigrir. » « Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux une relation sexuelle. » L'enseignante de la commission scolaire Marie-Victorin, sur la rive sud de Montréal, fait l'objet d'une enquête administrative et a été retirée temporairement de sa classe, mais elle a apparemment des appuis parmi les élèves. Ce qui n'est pas surprenant, car les enseignants les plus populaires auprès des ados sont souvent les plus complaisants à leur endroit. Rares sont les profs sévères ou qui ne tombent pas dans le jeunisme qui ont la cote auprès des jeunes.

Ce fait divers n'en est pas un dans la mesure où il nous éclaire sur une forme d'errance pédagogique et sur les préoccupations des enfants du siècle. Évidemment, son questionnaire révèle un jugement défaillant, une ignorance de la psychologie des ados, qui vivent leurs fantasmes sexuels alimentés par Internet d'abord sur un mode plus hard que les ados de l'eau bénite, qui eux s'agitaient autour de la masturbation ou du French kiss.

Cette prof n'a pas semblé comprendre qu'en soumettant un pareil exercice, elle légitimait d'une certaine manière une vision rocambolesque de la psychologie et de la sexualité. Il y a d'autres façons de combattre les préjugés à l'endroit des Noirs dans un cours d'éthique et de culture religieuse que d'assurer les enfants de la taille moyenne du vit noir. On peut aussi informer les jeunes sur les régimes amaigrissants sans mettre par écrit les délires d'une jeune fille obsédée par l'obésité et atteinte du syndrome de Monica Lewinsky.

Les chantres de la libération sexuelle post-péché mortel doivent déchanter. Ce questionnaire, inspiré par les ados et légitimé par l'enseignante, montre bien que l'obsession sexuelle demeure le moteur de la vie et que, tabou ou non, péché ou pas, le sexe alimente les fantasmes. La supposée libération sexuelle n'a réglé que des interdits légaux et sociaux. La sexualité demeure un mystère que chaque génération expérimente à sa manière. Le dérapage de cette enseignante devrait suffire à remettre le cours d'éducation sexuelle à l'école, donné par des enseignants formés à cet effet. Soit en psychologie, soit en sexologie.

Ce fameux cours d'éthique et de culture religieuse, vécu par nombre d'élèves comme une pause-café et considéré par trop de profs comme un fourre-tout, est probablement le cours le plus difficile à donner, celui qui devrait être réservé aux profs les plus instruits dans le sens ancien du terme.

Plusieurs lecteurs, au fil des mois, nous ont fait part de leurs doléances au sujet des contenus de ce cours. L'orientation idéologique y est souvent dénoncée et il appert que le multiculturalisme y est présenté comme un modèle social, idéal et surtout idéalisé. « Toutes les cultures se valent » est un thème majeur, quand il n'est pas affirmé que certaines cultures primitives sont supérieures à la nôtre. Étonnons-nous après de la confusion de certains jeunes qui en arrivent à croire qu'il serait préférable pour eux de vivre aux îles Trobriand, dans le Pacifique, plutôt qu'à Montréal dans la barbarie québécoise.

Et que dire du relativisme lorsqu'il s'agit de l'enseignement des religions ? Est-on bien sûr que le vaudou, le spiritisme et la foi catholique soient interchangeables, comme le rapportait à une amie sa petite-fille de quatorze ans ? « Qui t'a dit ça ? », a demandé sa grand-mère. « Ma prof.» « Quelle prof ? », a insisté mon amie. « Celle de mon cours d'éthique, c'est la plus cool », a répliqué l'adolescente. « On parle de Dieu, de Bouddha, de Jean Charest, d'Occupation double, de Tout le monde en parle. » Ma copine ne s'en est pas remise.

C'est à se demander si l'enseignement religieux, qu'on ne va pas regretter, mais où l'on a retenu suffisamment d'informations sur la Terre sainte, le chemin de croix et l'Immaculée Conception pour décoder les chefs-d'œuvre de Michel-Ange, de Rubens, de Parmesan et de Velázquez, n'a pas été remplacé par une religion de l'insignifiance. Des enseignants très qualifiés sont responsables de ce cours, certes, mais trop d'enseignants recyclés se sont retrouvés là au gré des contraintes des conventions collectives.

D'autres, avec autant de bonne foi que de superficialité intellectuelle, se croient dans ce que l'on appelle dans le jargon des médias une émission de service, sorte de talk-show interactif où le contenu véhiculé par le maître s'inspire des préoccupations des jeunes. L'éthique en prend pour son rhume et la culture religieuse passe à la trappe.





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vendredi 3 décembre 2010

L'Écosse rejette la légalisation de l'euthanasie

Le Parlement écossais a rejeté par 85 voix contre 16 une proposition de loi visant à légaliser le suicide assisté, au premier stade des débats.

Le texte était présenté par une élue indépendante, Margo Macdonald, elle-même atteinte de la maladie de Parkinson.

Le rejet massif reflète la réalité de l'opinion des élus qui, sur ce « sujet de société » étaient invités à s'exprimer librement sans avoir à respecter la ligne de leurs partis respectifs. Il faut noter que les parlementaires d'Écosse ont entendu de multiples avis dans le cadre des préparatifs au débat. En janvier dernier, ils étaient 53 à y être opposés, 17 pour et 20 indécis (d'après une enquête auprès des deux tiers des élus), un chiffre que Margo Macdonald avait jugé encourageant. Mais dans les faits, le « droit » de choisir sa mort n'a pas convaincu.

Les parlementaires ont notamment refusé de décriminaliser l'homicide et ils ont également estimé que la définition des souffrances « intolérables », qu'elles résultent de l'évolution d'une maladie douloureuse ou d'un processus de dégénérescence, était trop floue pour pouvoir sélectionner les personnes susceptibles de « bénéficier » d'une aide au suicide. Ils ont également souligné qu'il restait trop difficile de déterminer si une personne n'avait pas été soumise à des « pressions indues » pour demander à mourir.

L'Église d'Ecosse, l'Église méthodiste et l'Armée du Salut ont publié une déclaration commune affirmant que ce projet de loi brise l'interdit de tuer une vie humaine. Selon le Dr Rosemary Barrett du Conseil écossais de bioéthique humaine, « les services de soins palliatifs en Ecosse sont capables de traiter adéquatement la douleur et il n'est pas nécessaire de présenter aux gens l'euthanasie comme un moyen d'échapper à une douleur sévère ».

Parlant comme « humaniste radical » et athée, Brendan O'Neill, éditeur du site Internet Spiked, affirme que la façon dont le suicide assisté paraît être une cause progressiste est un mystère. C'est lié sans aucun doute à « l'incapacité actuelle de la société d'estimer et de célébrer la vie humaine ».




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mercredi 1 décembre 2010

Nouveau dérapage en cours d'ECR : un autre questionnaire explicite sur la sexualité

Addendum du mardi soir en fin de billet

Le Journal de Montréal nous apprend aujourd'hui qu'une enseignante de la Rive-Sud fait l'objet d'une enquête administrative et a été retirée de sa salle de classe, après avoir distribué à des élèves de 13 ans un questionnaire à caractère sexuel qui a fait bondir plusieurs parents, il y a quelques jours.

Cette professeur, qui travaille à l'école André-Laurendeau dans l'arrondissement Saint-Hubert de Longueuil, a remis à des élèves de deuxième secondaire un questionnaire de type vrai ou faux qu'elle avait elle-même concocté, a expliqué hier le directeur général de la Commission scolaire Marie-Victorin, André Byette.

Ce test, administré dans le cadre d'un cours d'éthique et culture religieuse, dressait une liste d'énoncés relatifs à la sexualité humaine et visait, semble-t-il, à faire tomber des préjugés, selon ce qu'aurait raconté l'enseignante à ses supérieurs.

Certaines questions figurant dans ce test de connaissances étaient « inappropriées pour le groupe d'âge des élèves », tranche la sexologue Julie Pelletier, à qui le Journal de Montréal en a soumis une copie.

La trentaine d'élèves à qui ce questionnaire a été distribué - des jeunes de 13 ans pour la plupart - ont dû notamment se prononcer sur la véracité d'énoncés concernant la taille du pénis des personnes de race noire, la pénétration anale ainsi que les propriétés du sperme.

Au moins trois parents se sont plaints formellement du contenu de ce test à la Commission scolaire Marie-Victorin. L'organisme a depuis déclenché une « enquête administrative. »

«Inadéquat» pour des jeunes de 13 ans

 Avertissement : Même s'ils ont été soumis à des élèves de 13 ans, les énoncés suivants pourraient déranger certains de nos lecteurs.

Voici quelques-uns des énoncés figurant dans le questionnaire. Les élèves devaient indiquer s'ils étaient «vrai» ou «faux».

Vrai ou faux ?

  • «Les personnes noires ont de plus gros pénis»
  • «Le sperme est sucré et fait maigrir»
  • «Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux avoir une relation sexuelle.»
  • «Toutes les positions sont confortables et agréables.»
  • «Un couple de lesbiennes ne peuvent pas faire l'amour, puisque ni l'une ni l'autre n'a de pénis.»

« Ce questionnaire, je le trouve douteux, même pour des étudiants de niveau collégial, lance André Byette. On désapprouve le contenu de certaines questions. C'est totalement inadéquat », s'indigne-t-il. « En quoi ça peut aider l'éducation à la sexualité des adolescents ? », demande-t-il. M. Byette juge que le moyen pris par cette enseignante pour « faire tomber des préjugés » est, « à tout le moins, extrêmement maladroit. »

L'école ne doit pas faire tomber les tabous

La sexologue Julie Pelletier avoue être « restée sans voix », en lisant certains énoncés figurant dans le questionnaire élaboré par cette enseignante. « Son idée de départ n'était pas mauvaise, ce sont les moyens qu'elle a pris qui ne sont pas bons », estime-t-elle. La sexologue, qui est aussi chroniqueuse au Journal, croit que ce n'est pas à l'école « de faire tomber les tabous » qui entourent la sexualité. Comment l'idée d'origine qui était de faire tomber les « préjugés » pouvait-elle être donc bonne ? Les tabous ne sont-ils pas des préjugés ? Et si l'école ne doit pas faire tomber les tabous en matière de sexualité, pourquoi valoriser l'homosexualité dans les cours d'ECR (sous le couvert de « la lutte contre l'homophobie »), justifier l'avortement (c'est une option parmi d'autres aussi légitimes que les autres) et toute une longue série de sujets où le jeune est confronté à des options morales et philosophiques qui ne sont pas nécessairement acceptées dans sa famille ?

Fin du test et suspension de l'enseignante

Dès que la direction de l'école eût pris connaissance de l'existence de ce test, la semaine dernière, la professeur a été sommée de récupérer toutes les copies en circulation et de « cesser immédiatement de parler de sexualité à ses élèves », ajoute le directeur général.

Au retour du week-end, à la suite de nouvelles plaintes de parents, « on a demandé à l'enseignante de ne plus avoir de contacts avec les élèves, le temps de l'enquête administrative et le temps que la Commission scolaire prenne une décision », indique André Byette. Un suppléant doit la remplacer à compter d'aujourd'hui. La Commission Scolaire a refusé de préciser le niveau d’expérience de cette enseignante.

Ce n'est pas un incident isolé

Il en s'agit pas d'un incident isolé : on se rappellera du formulaire demandant aux enfants de préciser leur sexe (masculin, féminin... et je ne sais pas encore) ou d'un autre « sur les limites et les désirs sexuels ».

Rappelons que la sexualité peut être traitée au premier cycle du secondaire selon le programme d'ECR. Voir « La transformation des valeurs et des normes », p. 536 du programme avec l'indication pédagogique suivante : « Faire prendre conscience aux élèves qu’il existe, selon les individus ou les groupes, différentes façons de comprendre l’ordre social [ici la sexualité, y compris donc l'homosexualité] et d’y réagir. »

Addendum mardi 1er décembre au soir

Mardi, le directeur général la de Commission scolaire Marie-Victorin, André Byette, a précisé que, selon les dires de la professeur incriminée, ce questionnaire avait été concocté «  à partir de préoccupations d’élèves ». L’enseignante aurait expliqué à ses supérieurs qu’elle avait agi de la sorte pour «  faire tomber des préjugés  ».

Mais le moyen qu’elle a choisi pour y arriver est « extrêmement maladroit », a estimé M. Byette, mardi. Il juge que ce test est « inadéquat » et « douteux », alors que la sexologue Julie Pelletier le trouve « inapproprié » pour des jeunes de 13 ans.

Selon une élève, «  une super bonne prof  »

En entrevue avec Pierre Pagé, sur les ondes de radio NRJ, hier, une ancienne élève de cette prof s’est portée à sa défense. «  Peut-être que les questions sont crues, a-t-elle convenu, mais elles viennent de nous.  » L’adolescente, qui est maintenant en troisième secondaire, a expliqué avoir rempli le même test, l’an dernier. Elle soutient que les énoncés qui y figurent sont fondés sur des interrogations que les jeunes avaient soumises anonymement à leur enseignante, sur une feuille mobile. On ne sait pas si cette explication est simplement ce que cette ancienne élève a entendu dire par son enseignante ou si elle a pu s'assurer que c'est vraiment le cas.

« [Ce qui lui arrive] me fait vraiment de la peine. C’est une super bonne prof d’éthique et culture religieuse », dit cette élève. On se demande ce qu'elle enseigne par ailleurs à ses élèves pour « faire tomber les préjugés » qui l'intéresse.

Bientôt l'éducation sexuelle dès le primaire !

La ministre de l’Éducation Line Beauchamp pense que l'abolition du cours d'éducation sexuelle n'est pas concluante. On ne sait pas trop pourquoi elle en arrive à cette conclusion, mais on se rappellera qu'au début septembre plusieurs groupes de pression avaient demandé à la ministre de réinstaurer ce programme d'éducation sexuelle. L'attaché de presse de la ministre, Dave Leclerc, rappelle que Québec a annoncé en octobre son intention de « ramener l’éducation sexuelle dans les écoles. » La ministre n'a pas indiqué quelle matière serait amputée pour faire place à cet autre programme de « socialisation ».

« Il nous reste à en définir la forme, dit M. Leclerc. Mais c’est clair que ça va être une formation obligatoire, du primaire jusqu’à la fin du secondaire. »

Test similaire dans une autre commission scolaire ?

Un auditeur a confié à l’animateur Paul Arcand, du 98,5 FM, qu’un test similaire aurait été administré à des élèves de la Commission scolaire des Samares. En fin de journée, hier, rien n’indiquait que ce soit le cas. « Mais si ça l’est, c’est sûr que nous allons intervenir, a assuré la directrice générale adjointe, Sylvie Anctil. Cette initiative-là est tout à fait inacceptable. »

Voir aussi 
 
Denise Bombardier, ECR : cours de l'insignifiance, du fourre-tout politiquement correct ?




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Activité en éthique pour des enfants de 13-14 ans

D'après nos informations, cette activité, concoctée par des universitaires payés par nos impôts, est infligée dans le cadre du cours ECR à de jeunes enfants de 13 à 14 ans au collège Charlemagne de Montréal au début 2009.  Cette photocopie nous a été remise par des parents montréalais outrés de ce questionnaire auquel a été soumis un de leurs enfants sans leur consentement.

Pourquoi si tôt ? Probablement parce que la sexualité peut être traitée au premier cycle du secondaire selon le programme d'ECR. Voir « La transformation des valeurs et des normes », p. 536 avec l'indication pédagogique suivante : « Faire prendre conscience aux élèves qu’il existe, selon les individus ou les groupes, différentes façons de comprendre l’ordre social [ici la sexualité] et d’y réagir. »

Cliquez sur l'image pour lire le texte très explicite qui pourrait choquer plus d'une personne.

Il faut préciser qu'il se peut que les enseignants de l'école Charlemagne aient fait preuve d'impatience, mais nous ne sommes pas sûr que même à 16-17 ans ce genre de contenu explicite doive être discuté en classe sans que les parents en soient avisés.

Ce genre de document ne devrait pas choquer ceux qui visitent la polyvalente de leurs enfants. Lors de mon dernier passage, j'ai remarqué une très grande affiche bien visible depuis les couloirs dans les toilettes des garçons qui leur demandait d'assurer leur bout (grosse capote jaune à l'appui). Et ceci dans un établissement qui accueille des enfants dès 12 ans .

Dans le même registre, dans la bibliothèque des brochures pour les jeunes homosexuels pour qu'ils osent se dévoiler et comprendre leur véritable sexualité. (Je rassure tout de suite les lecteurs : des brochures pour les écolières lesbiennes sont également disponibles gratuitement.)

Et ensuite, Le Devoir se demande pourquoi les jeunes filles québécoises sont hypersexualisées...



Ci-dessous extraits du documentaire Nos enfants sous influence de Sophie Bissonnette qui analyse l'hypersexualisation de notre environnement ainsi que ses effets nocifs sur les jeunes.


mardi 30 novembre 2010

Allemagne — Penser différemment le réchauffement climatique

Super le climat !
Focus est un des grands magazines hebdomadaires allemands. Bien que relativement récent, ce magazine est devenu en quelques années un concurrent sérieux du Spiegel. Il a un tirage hebdomadaire de 740 000 exemplaires.

Voilà donc que Focus se met à la mode du climatoscepticisme en consacrant une couverture intitulée « Super le climat ! » pour se féliciter des bienfaits du réchauffement climatique. « Penser différemment : le réchauffement climatique est bon pour nous » proclame le sous-titre de la couverture.

À l'intérieur, un dossier de onze pages aux titres provocateurs pour des lecteurs habitués au seul écocatastrophisme : les périodes chaudes sont des périodes d'abondance, la chaleur et le carbone produisent de meilleures récoltes, les forêts grandissent, les déserts se rapetissent. D'autres articles s'attaquent à de fausses prédictions censément liées au réchauffement climatique et se penchent sur des scientifiques respectés qui n'acceptent pas les théories alarmistes conventionnelles au sujet du « changement » climatique.

Pour Christian Pantle, rédacteur scientifique du magazine Focus, interrogé dans cette vidéo, il s'agit d'aborder la question du climat climatique sous un nouvel angle. De briser un tabou : est-ce que le réchauffement climatique pourrait avoir des avantages ?

Ours blanc s'abandonne dans la toundra en fleurs — « Ça se réchauffe, tant mieux ! »

Focus aborde sept prédictions catastrophiques exagérées que l'on attribue au réchauffement climatique, parmi celles-ci le sort de l'emblématique ours polaire. Extrait :
Les ours polaires sont-ils en voie de disparition ?

L'ours famélique agrippé à un maigre glaçon à la dérive est devenu l'icône du changement climatique. Alors même que la population totale des ours blancs a augmenté avec bonheur depuis la moitié du XXe siècle, même si quelques populations locales ont diminué.

La fonte de la banquise arctique a réduit certains habitats. Mais l'ours blanc existe depuis environ 150 000 ans et, depuis lors, il a survécu à une période plus chaude que l'actuelle. L'ours polaire a frôlé l'extinction au milieu du siècle dernier à la suite d'une chasse excessive. Mais depuis qu'il est protégé (seule une chasse à petite échelle est permise), le cheptel se reconstitue.

En 1950, à la suite d'un recensement, les écologistes estimaient le nombre d'ours polaires à seulement 5 000. Depuis, leur nombre se situe entre 20 000 et 25 000 plantigrades.

En outre, on n'a démontré aucune corrélation directe dans le passé entre l'étendue de la banquise et le nombre d'ours blancs. On ne peut donc conclure qu'à l'avenir une hausse des températures s'accompagnera d'une baisse du nombre d'ours. Car les ours chassent également les phoques sur des plages libres de glaces, et l'été ils s'ébattent dans la toundra en fleurs où ils se nourrissent de lemmings et de campagnols.
Le Sahara reverdit
Le Sahara reverdit lentement

Explication de l'illustration à gauche.

Le désert...


Dans les années 80, cette région au nord-ouest du Soudan n'était encore qu'un endroit sec, désertique et hostile.

...revit


Cette zone reverdit depuis 10 ans, parce qu'il pleut nettement plus — très probablement à cause du réchauffement climatique.

Stefan Kröpelin
Géoarchéologue, université de Cologne


Depuis plus de 30 ans, Kröpelin étudie l'histoire climatique du Sahara. C'est ainsi qu'il a documenté le début du reverdissement de l'immense désert.

Qui y gagne, qui y perd

Enfin, ci-dessous, une mappemonde qui illustre la façon dont les changements climatiques devraient affecter les rendements céréaliers existants de différents pays d'ici 2080. Les pays dont les rendements augmentent le plus, selon le modèle informatique de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA), sont en vert foncé, ceux dont le rendement diminue le plus sont en orange foncé. Parmi les grands gagnants : l'Afrique du Sud, l'Argentine, l'Asie centrale,  le Canada, le Chili,  l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Paraguay, la Russie, la Scandinavie et la Syrie. Légèrement favorisés  : l'Algérie, l'Australie, la Chine,  le Maroc, le Niger, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, le Portugal et le Tchad. Dans l'ensemble, la production céréalière mondiale devrait augmenter de 3 % d'ici 2050 du fait du changement climatique.

Source : International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA)


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École Belz : « le cours d'éthique et culture religieuse est enseigné façon juive »

Une école juive orthodoxe de Montréal, l'École communautaire Belz, rue Durocher, à côté de la gare de triage, a décidé de se conformer au programme d'enseignement du Monopole de l'Éducation du Québec afin d'obtenir une subvention pour les garçons du secondaire.

Alors que le collège Loyola a dû aller en justice pour pouvoir enseigner le programme d'éthique et de culture religieuse d'une façon conforme à sa nature d'établissement catholique, Le Devoir nous apprend que cette école juive enseigne désormais ce programme à sa façon (pas la façon laïque, ni profane donc) : « Petite concession à cet effet : le cours d'éthique et culture religieuse est enseigné façon juive, reconnaît le rabbin Hecht. »





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