dimanche 18 octobre 2020

Décapitation d'un prof : mesures liberticides pour tous sur Internet à l'horizon ?

Des esprits optimistes ou naïfs pourraient penser qu’à la suite de la décapitation en pleine rue d’un professeur par un réfugié tchétchène connu de la police, les politiciens demanderaient un resserrement des politiques d’accueil des réfugiés, de l’immigration ou encore de limiter le pouvoir exorbitant de certains juges à miner les actions de la police et de l’administration.

Rappelons que la Pologne avait rejeté en 2005 la demande d’asile de l’assaillant tchétchène et de sa famille, que cette famille était retournée en Tchétchénie en janvier 2007 où elle se prétendait pourtant gravement menacée. Les Tchétchènes ont le droit de s’installer partout en Russie, le plus vaste pays du monde. Choix étrange que de revenir dans la petite république russe de Tchétchénie.

En 2008, la famille décide de se rendre en France. Abdoullah Anzorov a alors six ans. En 2011, la magistrature française (la malnommée Justice) contraint l’État à octroyer le statut de réfugié à la famille de l’assaillant tchétchène, alors que l’administration le lui refusait. Le terroriste, Abdoullah Anzorov, était connu de la police pour cas de violences en groupe et de dégradations de biens publics, il a pourtant reçu récemment un titre de séjour lui permettant de rester en France. Dans un autre attentat récent devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, l’administration avait décidé que la personne en question était majeure, mais un autre juge avait cassé cette décision et décidé que le Pakistanais était mineur (ce qui s’est révélé faux, il aurait en fait 25 ans).

Il est hors de question pour les progressistes et leurs médias (ceux que les citoyens subventionnent grassement) de remettre en cause des recettes qui ont déjà montré leur terrible efficacité : inutile de revoir la politique irénique d’accueil des réfugiés, les politiques laxistes d’immigration massive, l’échec de l’intégration par l’école publique, l’activisme irresponsable de juges redevables devant aucun simple mortel, semble-t-il.

Le niveau d’immigration est tel, la natalité des « de souche » si basse (environ 1,6 enfant/femme), que l’assimilation ne se fait plus. Près de 69 % des enfants immigrés non européens ou vivant avec au moins un parent immigré non européen habitent dans un quartier où leur proportion est plus importante qu’à Conflans-Sainte-Honorine où a eu lieu cette décapitation.

Les chiffres de l’INSEE (base Saphir) montrent que les enfants immigrés non européens ou vivant avec au moins un parent immigré non européen habitent dans un quartier où ils représentaient en moyenne 42 % des moins de 18 ans en 2015 contre 31 % en 1990. (Cliquer sur le graphique pour l'agrandir.)

De surcroît, la proportion des enfants immigrés non européens ou vivant avec au moins un parent immigré non européen qui résident dans un quartier où ils sont majoritaires chez les moins de 18 ans est passée de 17 % à 38 % entre 1990 et 2015 (base Saphir de l’INSEE) :

Ces chiffres sous-estiment en réalité la présence d’origine immigrée non européenne puisque les chiffres ne prennent pas en compte les petits-enfants d’immigrés. Les efforts consentis pour favoriser la « mixité sociale », peut-être insuffisants, mais réels et très coûteux, ont été rendus vains par l’immigration qui renforce le phénomène de ségrégation. Comment penser que des gens qui grandissent dans des endroits où plus de la moitié de leurs pairs sont aussi d’origine non européenne s’assimileront à la culture française ?

En outre, selon un sondage récent de l’IFOP, les jeunes musulmans de France sont plus radicaux que leurs aînés. En effet, 74 % des Français musulmans de moins de 25 ans affirment mettre l’islam avant la République. Un autre sondage IFOP, pour Le Point, montre que la fréquentation de la mosquée le vendredi pour les 18-24 ans a quasi doublé en dix ans : de 23 % en 2011 à 40 % en 2019.

Au regard de ces chiffres, la conclusion qui s’impose c’est qu’il est naïf de penser que tout va s’améliorer et qu’il suffit de lutter davantage contre l’extrémisme en général et plus particulièrement sur les réseaux sociaux.

Ne voulant pas aborder ces sujets tabous pour la gauche multiculturaliste, le récit médiatique qui se met en place est le suivant : il s’agit d’un cas isolé, né d’une radicalisation inattendue, importée, car le vivre-ensemble règne dans ce coin de l’île de France au charme provincial, le drame est né d’un « incident mineur » exacerbé par les médias sociaux qu’il faudra donc mieux censurer. De mauvaises langues rapportent que Twitter, Google et Facebook auraient déjà, à l’unisson, claqué des talons.


Cette réponse qui consiste à restreindre les libertés de tous pour garantir le fameux « vivre-ensemble chatoyant multiculturel » n’est pas neuve. Rappelons l’appel à la limitation du choix pédagogique, à l’augmentation des contenus idéologiques obligatoires (ECR au Québec) et aux mesures tatillonnes imposées à de plus en plus d’écoles, de parents et d’élèves pour « garantir le vivre ensemble ». (Voir « L’État devrait agir sur l’école publique perméable à l’islamisation [et non les écoles privées ou l’instruction à domicile comme il le fait]. Tous les djihadistes français en proviennent. », Interdire « l’école à la maison » pour lutter contre l’islamisme : liberticide et inefficace et Restriction des libertés scolaires, rançon de l’immigration de masse « diverse » ?)

La principale conséquence pourrait donc être davantage de censure pour ceux qui critiquent l’islamisation sur Internet. Résultat paradoxal, mais c’est pourtant ce qui semble poindre.

Voici comment le récit médiatique s’est mis en place.

Premier temps.

Le Monde explique comment cette vendetta a fait le tour de l’Internet en passant par l’Algérie. Ariane Chemin, grand reporter au journal Le Monde relaie l’article d’une des consœurs du Monde sur Twitter. Personne sur place à part le parent d’élève qui a tourné cette vidéo n’aurait rien à voir avec l’escalade, tout est venu d’Internet et de l’extérieur ?

Notons que l’article du Monde a changé depuis hier :

« Les Conflanais (lesquels ?) pointaient notamment le rôle des réseaux sociaux » est devenu sept heures plus tard :

Plus de mention aux réseaux sociaux (y compris dans le corps de l’article), mais ce n’est pas grave, ces parents dûment sélectionnés par Le Monde ont fait leur office, la balle est lancée, elle sera reprise par d’autres médias, comme on le verra ci-dessous.

Revenons d’abord à cette petite ville au charme provincial troublée par de vils réseaux sociaux. On en oublierait presque en lisant ces manchettes que la source du problème est plutôt le terrorisme et le radicalisme musulman. Terrorisme et radicalisme importés.

L’ambiance à cette école n’était en rien apaisée. Le professeur décapité faisait face à de nombreuses menaces locales de mort et de harcèlement. RTL rapporte que « “Et plus les jours avançaient, et plus il se faisait harceler par des élèves et en dehors du collège. Il avait beaucoup de menaces de mort. Beaucoup de gens disaient qu’ils allaient le tuer, etc. Mais on ne voulait pas y croire. On se disait que ce n’était pas possible que cela puisse se passer”, explique l’élève du professeur assassiné. » 

Plusieurs personnalités religieuses dont l’imam Abdelhakim Sefrioui, membres du bureau du Conseil des imams de France avait violemment attaqué le professeur (voir ci-dessous)



La mosquée de Pantin (également en Île-de-France) avait diffusé l’appel violent du père mettant en cause le professeur.

Le radicalisme musulman existe localement en France, nul besoin d’invoquer les réseaux sociaux. Son poids s’accroît avec l’augmentation démographique des jeunes musulmans, ils deviennent de plus en plus assurés de leur force, ils ne sont souvent plus minoritaires dans les banlieues. Les réseaux sociaux n’ont pas alimenté le drame qui se tramait en Île-de-France, ils l’ont peut-être rendu plus visible, la police et les services de renseignement auraient donc pu agir plus facilement. Sans préconiser plus de censure. Mais cela attirerait l’attention vers des services de renseignements qui ne parviennent pas à juguler les menaces terroristes islamiques. Mauvaise idée pour le gouvernement. Dévions donc la conversation.

L’idée selon laquelle ce qu’il manque c’est encore plus de censure sur Internet avait donc été lancée. Reuters avançait la même théorie que Le Monde. Radio-Canada a donc docilement recopié et propagé cette thèse :

La faute aux réseaux sociaux, à la « haine » en général. Les élèves et parents d’élèves (tous ?) sous le choc. Pas un mot sur le fait que de nombreux élèves ne louaient en rien « son engagement et sa bienveillance ». Pas un mot pour insister sur l’islamisme du terroriste dans ces premières lignes.


Second temps

Le résultat n’a pas tardé. De nombreux porte-parole officiels ont demandé à censurer davantage Internet, à mettre fin à l’anonymat, à « encadrer les réseaux sociaux » comme on dit poliment. On peut s’attendre à ce que les critiques de droite, les nationalistes, les « islamophobes », les « identitaires » soient souvent les victimes de cette volonté de mise sous cloche.

Xavier Bertrand, centriste, président du conseil régional des Hauts-de-France, déclarait aujourd’hui : 

 

Gabriel Attal (ancien socialiste), porte-parole du gouvernement Macron, a déclaré ce même jour :

Quant à la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, elle aussi ex-socialiste avant de rejoindre Macron, elle a déclaré :

Décision saluée par Laetitia Avia (ci-dessous), députée du parti au pouvoir (LREM), notez que Mme Avia ne parle à aucun moment d’islamisme. Elle semble ne pas pouvoir contenir sa joie d’avoir trouvé un si beau prétexte pour imposer la censure des contenus « haineux ». Mme Avia a porté en 2019-2020 une proposition de loi contre les contenus haineux sur Internet, qui est adoptée par l’Assemblée nationale, mais est en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel.


L’éditorialiste bien connu Christophe Barbier approuve cette idée, quitte à modifier la Constitution française pour l’imposer :

Pour les laïcards de gauche (la CGT, communiste) le problème c’est la fraction réactionnaire catholique et ses écoles privées :



vendredi 16 octobre 2020

« L’État devrait agir sur l’école publique perméable à l’islamisation. Tous les djihadistes français en proviennent. »

Le gouvernement français entend lutter contre « le séparatisme » (euphémisme macronien pour désigner l’islamisme) en contrôlant davantage les écoles non subventionnées et en interdisant l’école à la maison. Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école, défend la liberté scolaire et répondait à la revue France catholique (extraits) : 
 
Parmi les moyens de lutter contre le «  séparatisme  » mis en avant par le gouvernement, l’interdiction de l’enseignement à domicile (sauf exceptions). Qu’en pensez-vous ? 
 
Anne Coffinier : Le Président Macron a comparé la radicalité de ce choix avec les lois Jules Ferry de 1882 ! Tous les parents perdraient leurs droits à instruire eux-mêmes leurs enfants, sauf à ce que ces derniers soient handicapés. Si les parents sont par priorité les éducateurs de leurs enfants, cette mesure ne peut que choquer profondément. C’est un recul non seulement de la liberté d’enseignement ou de la liberté religieuse, mais aussi et surtout de la liberté personnelle. […]  
 
Où l’État devrait-il agir ? 
 
Sur l’école publique, dont la perméabilité à l’islamisation a été dénoncée clairement par les ouvrages des députés F. Pupponi, E. Diard, et de l’inspecteur général J. P. Obin. 97 % des musulmans y sont scolarisés, c’est donc là qu’il faut agir, d’autant que, comme l’indiquait Hugo Micheron, la quasi-totalité des djihadistes français en proviennent, hélas ! L’État doit aussi renforcer son contrôle des secteurs informels où se développent des écoles clandestines, comme les cours de langue ou les cours de soutien scolaire. Et pour finir, contrôler les écoles musulmanes sous contrat, qui relèvent de l’obédience de l’ex-UOIF donc des Frères musulmans. Plus largement, le colloque du 14 octobre que la Fondation Kairos pour l’innovation éducative organise à l’Institut de France, se donne justement pour but de répondre à cette question.

Le colloque en question :

Une école ambitieuse, meilleur antidote au séparatisme ?

La fondation Kairos, abritée à l'Institut de France, a été créée le 18 juin dernier. Présidée par le Ministre Xavier Darcos, elle a été fondée par Anne Coffinier, Cédric de Lestrange et Chantal Delsol. Elle soutient et promeut les écoles libres qui adhèrent à ses valeurs, et qui oeuvrent à la préservation de notre patrimoine culturel comme aux innovations les plus porteuses. Mercredi 14 octobre dernier, la Fondation Kairos organisait (déjà !) son premier colloque sur le thème du séparatisme et le rôle de l'école. Ce colloque a réuni des personnalités très différentes, aux parcours variés, tous habités par l'idée que l'école a un rôle essentiel à jouer pour sauvegarder l'excellence française, fer de lance de la lutte contre le séparatisme. Retrouvez ici les interventions de la première partie de cette journée par comme les autres.



Deuxième partie de cette journée pas comme les autres !

France — Un professeur décapité en pleine rue après un débat sur la laïcité et la liberté d'expression

Un professeur de lycée aurait été décapité à la suite d'un débat sur la laïcité à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, près de Paris.

Tout aurait commencé il y a une dizaine de jours par un débat sur la laïcité organisé par le professeur dans sa classe d’un établissement de Conflans.

Au cours de ce débat, le professeur a montré aux élèves des caricatures du prophète Mohamet - permettant aux élèves gênés de quitter la pièce - provoquant la colère des plusieurs familles musulmanes de l’établissement.

Après des jours de crispations entre l’établissement et la famille, une note précisait lundi que la tension semblait être retombée mais insistait sur le profil d’un homme - qui n’avait pas d’enfant scolarisé dans l’établissement - particulièrement énervé.

Ce vendredi, le professeur a été retrouvé décapité à Conflans-Sainte-Honorine. Le suspect qui a menacé la police avec un arme a finalement été neutralisé par les hommes de la Brigade anti-criminalité (BAC) de Conflans. L'auteur présumé, âgé de 18 ans, a diffusé sur Twitter la photo de son forfait (tête floutée ci-dessous), avant que son compte ne soit rapidement suspendu.


Le Point nous apprend par ailleurs que la magistrature (appelée la « Justice ») avait forcé l'État français à accorder le statut de réfugié à la famille du jeune tchètchène, auteur avoué de ce crime.

Quand sa famille, de nationalité russe, originaire d’un village au sud de Grozny, en Tchétchénie, est arrivée en France en 2008, l’homme qui a décapité le professeur d’histoire-géo du collège de Conflans avait 6 ans. Après une longue instruction en vue d’une demande d’asile pour obtenir le statut de réfugié politique, l’administration avait refusé que la famille se maintienne en France. Mais la Cour nationale du droit d’asile a cassé la décision en 2011 et entraîné l’obtention du statut de réfugié en France. Si, dans ce cas, la justice avait suivi l’administration, cette famille Anzorov aurait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire. « La justice a obligé l’État à donner le statut de réfugié à cette famille », explique un haut fonctionnaire. C’est grâce à cela que l’assaillant s’est vu délivrer sa carte de séjour au mois de mars 2020, faisant de lui un adulte en situation régulière. « Comme il a obtenu la protection de l’État en 2011, le permis de séjour lui a été accordé automatiquement à sa majorité », continue la même source. Son père, qui travaille, dans la sécurité avait pu obtenir une place dans le même secteur d’activité pour son fils. Il lui avait même acheté un véhicule pour remplir ses missions à venir. Il n’aurait pas vu la radicalisation de son fils.


Joe Biden — pour que les enfants de 8 ans puissent décider d'être transgenres

L’ancien vice-président Joe Biden, en plein scandale de corruption, de népotisme et de censure par Facebook et Twitter, a déclaré lors d’une réunion publique complaisante organisée par ABC News jeudi soir que les enfants de huit ans devraient être autorisés à décider qu’ils sont transgenres.


Mieke Hacke, une électrice de Pennsylvanie, a posé à Biden la « question » suivante :

Haeck — Je suis la fière maman de deux filles de huit et dix ans. Ma plus jeune fille est transgenre. L’administration Trump a attaqué les droits des personnes transgenres, leur interdisant le service militaire, affaiblissant les protections contre la discrimination et même supprimant le mot « transgenre » de certains sites Web gouvernementaux. En tant que président, comment allez-vous inverser ce programme dangereux et discriminatoire et vous assurer que la vie et les droits des personnes LGBTQ sont protégés par la loi américaine ?

Biden — Je vais carrément changer la loi. Éliminez ces décrets, d’emblée. Vous vous souvenez peut-être, je suis le gars qui a dit — j’ai été élevé par un homme qui, je me souviens, il me déposait, mon père avait un diplôme d’études secondaires, un homme instruit qui était un gars vraiment décent, et comme il me déposait pour que je postule au centre-ville de Wilmington dans le Delaware, la capitale mondiale de l’entreprise à l’époque, et ces deux hommes sortent pour postuler au poste de sauveteur dans la communauté afro-américaine, car il y avait un grand complexe de piscines. [Biden parle vraiment comme cela…] Et ces deux hommes, bien habillés, se penchaient, se serraient dans leurs bras et s’embrassaient. Je sors de la voiture au feu, je me suis tourné vers mon père, et mon père m’a regardé, il a dit : « Joey, c’est simple. Ils s’aiment. » L’idée qu’un enfant de 8 ans, un enfant de 10 ans, décide, vous savez, « je veux être transgenre, c’est ce que je pense que j’aimerais être, ça rendrait ma vie beaucoup plus facile » — il ne devrait y avoir aucune discrimination. Et ce qui se passe, c’est que trop de femmes transgenres de couleur sont assassinées. Elles sont assassinées. Je veux dire, je pense qu’on en est maintenant à 17, enfin je ne suis pas sûr du chiffre. Mais... [Haeck fait un signe vers le haut] c’est plus haut maintenant ?

Haeck — Oui.

Biden — Et ce n’est que cette année. Et donc, je vous le promets, il n’y a aucune raison de suggérer qu’il devrait y avoir un droit refusé à votre ou vos filles, selon le cas, une ou deux…

Haeck — Une.

Biden: — Une. Votre fille, que votre autre fille a le droit d’être et de faire. Aucun. Zéro. Et au fait, mon fils Beau, décédé, était procureur général de l’État du Delaware. c’est lui qui a fait adopter la première loi sur les transgenres dans l’État du Delaware et à cause d’un jeune homme qui est devenu une femme, qui a travaillé pour lui dans le bureau du procureur général. Et j’en suis fier.

Beau Biden, qui était le procureur général du Delaware, a soutenu la loi de non-discrimination de l’État, bien qu’il ne l’ait pas techniquement adoptée lui-même n’étant pas un parlementaire. 

La chaîne n'a pas prévenu ses téléspectateurs que Haeck est aussi l'épouse d'Ezra Nanes, un démocrate de haut rang en Pennsylvanie qui, en 2018, avait dirigé une campagne contre le sénateur républicain de l'État, Jake Corman, chef de la majorité au sénat de Pennsylvanie.

 Voir aussi

Joe Biden en colère quand on l’interroge sur ses conflits d’intérêts (la campagne Trump souligne ce visage moins avenant du vieux briscard qu’est Biden).

jeudi 15 octobre 2020

L'étudiant radical « éveillé » a toujours raison

Texte sidérant publié dans La Presse sur le pouvoir exorbitant des étudiants radicaux « éveillés » (woke), ces puritains athées.

Voilà deux semaines que Verushka Lieutenant-Duval n’a pas donné de cours à l’Université d’Ottawa. Depuis deux semaines qu’elle fait face à la tempête.

L’acte d’accusation est grave : racisme en classe. Le verdict pourrait lui coûter sa carrière. Mais la prof québécoise n’a pas eu le droit d’assister à son procès virtuel.

Ses étudiants, voyez-vous, avaient besoin d’un safe space, un espace sécurisé, pour discuter tranquillement de son sort. Lui feraient-ils perdre son cours ou pas ?

Ça s’est passé mercredi après-midi, sur Zoom, en présence de quatre employés de l’Université d’Ottawa. Il ne manquait que la principale intéressée, qui n’a pu produire qu’une lettre d’excuses pour toute défense.

Au cours de la réunion, les employés ont offert aux étudiants de poursuivre leur session avec un autre prof. Mais certains ont jugé cette peine nettement insuffisante.

« Dans le groupe, il y a quelques étudiants qui veulent la peau du prof », relate Jan-Léopold Monk, enseignant à la retraite qui s’est inscrit au cours pour le plaisir.

Et qui est catastrophé par ce qui se passe à l’Université d’Ottawa.


 
Le cours de Veruschka Lieutenant-Duval porte sur la représentation des identités sexuelles dans les arts visuels. Le 23 septembre, elle a donné une leçon en ligne sur la théorie queer à ses étudiants.

À l’origine, le terme queer était une insulte, leur a-t-elle expliqué. La communauté gaie s’est réapproprié le mot et l’a vidé de son sens initial pour en faire un puissant marqueur identitaire.

En langage savant, cette récupération s’appelle la « resignification subversive ». Il y a d’autres cas célèbres, a expliqué la prof à ses étudiants. Aux États-Unis, par exemple, la communauté noire s’est réapproprié l’insulte raciste n*gger.

Mme Lieutenant-Duval n’a pas dit n-word pour protéger les oreilles sensibles. Comme il s’agissait de citer le mot en exemple, dans un contexte pédagogique, elle l’a prononcé dans son entièreté.

Malaise sur Zoom.

« Une étudiante lui a dit : une Blanche ne devrait jamais prononcer ce mot, point », rapporte Jan-Léopold Monk.

Le soir même, la prof s’est excusée par courriel à ses étudiants. Elle ne savait pas. Elle n’avait pas l’intention de blesser quiconque. Puis, elle a tenté d’ouvrir le débat.

« Je vous invite à aborder la question la semaine prochaine afin de réfléchir à ce qui convient pour traiter ce mot. Vaut-il mieux ne pas le prononcer parce qu’il est sensible ? Le silence ne mène-t-il pas à l’oubli et au statu quo ? »

C’est là que tout a dérapé.


 
Quelques étudiants se sont étouffés d’indignation. « Elle a donné l’impression que c’était quelque chose qui pouvait être débattu », a dénoncé l’un d’eux au Fulcrum, le journal étudiant de l’Université d’Ottawa.

Pensez-y. Un débat à l’université. Une prof qui propose à ses étudiants de réfléchir en classe. Quelle idée !

Mme Lieutenant-Duval a été dûment punie pour son hérésie. Une étudiante a diffusé son courriel d’excuses sur Twitter, provoquant une déferlante de réponses outrées par tant d’ignorance, d’insensibilité et de… racisme.

Le contexte ? On ne veut pas le savoir.

La liberté de l’enseignement ? Rien à foutre. Désormais, on veut des espaces sécurisés pour se mettre à l’abri des micro-agressions, pas des espaces de liberté pour s’exprimer sur tous les sujets sans subir de pressions.

Désormais, on préfère la censure.

On préfère humilier une prof sur Twitter.


 
« @UOttawa, SVP enseignez à vos professeurs à ne pas dire le n-word pour que je n’aie pas à le faire, MERCI ! ! », a tweeté l’étudiante qui a diffusé le courriel d’excuses.

Un autre a salué son « courage » et son « refus d’être complice de ce comportement dans nos classes ».

Je ne vois aucun courage dans cette dénonciation. Je ne vois qu’un étalage de pureté vertueuse et de feinte indignation sur Twitter.

Il ne faut guère de courage pour jeter sa prof aux loups sur les réseaux sociaux. Surtout quand on se doute que son université, terrorisée à l’idée de passer pour raciste, va punir… la prof.

C’est exactement ce qu’a fait l’Université d’Ottawa en suspendant Mme Lieutenant-Duval et en offrant aux étudiants de changer de prof pour le reste de la session. Elle a plié l’échine. Pire, elle a pris le parti des militants.

« Ce langage était offensant et totalement inacceptable dans nos salles de classe et sur notre campus », a écrit aux étudiants Kevin Kee, doyen de la faculté des arts.

Que pense-t-il du contexte dans lequel le mot a été prononcé ? Le doyen ne devrait-il pas défendre la liberté de l’enseignement de ses collègues ?

« Tant le doyen que l’Université n’ont rien à ajouter », s’est borné à m’écrire un porte-parole.

Il aurait aussi bien pu m’écrire qu’à l’Université d’Ottawa, le client-étudiant a toujours raison.


À l’Université Concordia aussi.

En août, j’ai écrit sur une professeure de cinéma, Catherine Russell, victime d’une cabale semblable pour avoir cité en classe le pamphlet de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique.

Mme Russell ne donne plus le cours, cette année.

Aux États-Unis, des profs ont reçu des sanctions disciplinaires pour avoir prononcé le mot tabou dans un contexte scolaire. Les universités refusent obstinément de faire la part des choses.

« Quand on fait une utilisation raciste du mot pour rabaisser, insulter, terroriser les gens, c’est terrible et cela devrait être condamné », soulignait en juin Randall Kennedy, professeur de droit à l’Université Harvard, sur les ondes de CNN.

Mais quand on utilise ce mot pour souligner le problème du racisme, c’est autre chose, ajoutait le professeur afro-américain. Dans ce cas, tout le monde devrait pouvoir l’utiliser, peu importe la couleur de sa peau. « Ce serait une chose terrible, dans la culture américaine, si on érigeait une ligne raciale par rapport à qui peut dire quoi. »

Dany Laferrière a dit à peu près la même chose à propos du mot « nègre », la semaine dernière, sur Culture Prime : « N’importe qui peut l’employer. On sait quand on est insulté, quand quelqu’un utilise un mot pour vous humilier ou vous écraser. On sait aussi quand c’est un autre emploi. »

On le sait, parce que c’est évident.

L’absurdité de toutes ces affaires saute aux yeux. La couardise et le clientélisme des universités aussi. À condition de ne pas se voiler la face, ni de se draper dans sa vertu.

Source : La Presse (de Montréal)

Voir aussi

Le wokisme : des protestants puritains athées

La protestation radicale dans les universités, un acte religieux ?

Idées reçues sur les blancs américains, écart moral et culturel croissant des classes sociales

Des universités politiquement correctes qui doivent « protéger » leurs étudiants

Le climat change mais ce n’est pas la fin du monde, ni même le principal problème écologique

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J-P. Le Goff : « L’écologie participe des nouvelles formes de spiritualités diffuses »

Religion — baisse de la fréquentation de la messe sous le pape François, stabilité chez les protestants 

Vatican II, « déclencheur » de l’effondrement de la pratique catholique ? (M-à-j vidéos) 

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

 

Pas d'examens obligatoires à l'école secondaire en Ontario cette année

À cause de la COVID-19, les examens finaux au secondaire sont optionnels cette année en Ontario. Le ministre de l’Éducation explique qu’il ne « veut pas ajouter à l’anxiété » des élèves.

Le ministre Stephen Lecce ajoute qu’une dissertation ou d’autres formes d’évaluation sont tout aussi acceptables qu’un examen de fin de session, qui comptait par le passé pour 30 % de la note finale.

Nos enfants peuvent se sentir débordés en ce moment, souligne-t-il.

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas carrément annulé les examens finaux partout dans la province, plutôt que de laisser la question à la discrétion des conseils scolaires ? Le ministre Lecce répond qu’il voulait donner de la « flexibilité » aux écoles.


Il ajoute qu’il se fie au jugement professionnel de nos éducateurs.

Une politique qui varie d’un conseil scolaire à l’autre

Le plus gros conseil scolaire au pays, le Toronto District School Board (TDSB), a déjà annoncé qu’il n’y aurait pas d’examens à la fin des deux premiers quadrimestres au secondaire, mais n’a pas encore pris de décision pour les deux autres sessions.

La note accordée aux élèves pour les deux premiers quadrimestres dépendra de leur travail durant la session et d’évaluations ponctuelles, explique le porte-parole du Conseil, Ryan Bird.

En revanche, le Conseil anglophone de district catholique de Toronto (TCDSB) a décidé de maintenir les examens finaux, qui continueront à compter pour 30 % de la note.

Les conseils scolaires francophones ont aussi des politiques qui diffèrent d’un à l’autre.

Par exemple, le Conseil public du Grand Nord de l’Ontario garde les examens finaux, alors que plusieurs conseils de la région d’Ottawa les ont éliminés.

C’est aussi le cas au Conseil catholique Providence dans le Sud-Ouest de la province. La note finale pour les deux premiers quadrimestres sera basée sur les notes accumulées tout au long de chaque quadrimestre pour un total de 100 %, explique la porte-parole Lyne Cossette.

Enseignant ECR : Syntaxe bancale et robinet d'eau tiède politiquement correcte

Dans un article sur « Des garçons de Sherbrooke portent la jupe pour faire changer les mentalités », on lit cette pensée profonde exprimée dans un français si châtié de la part d’un enseignant :

« Se questionner pour voir ce mouvement va aller jusqu’où, a dit Ghislain Mercier, enseignant d’éthique et culture religieuse. C’est un vêtement aujourd’hui, mais au niveau du sexisme, au niveau de l’égalité entre hommes et femmes, c’est beaucoup plus que ça. Là on parle de l’école, mais ça peut être à l’extérieur de l’école aussi. Certains garçons disaient que lorsqu’ils ont voulu aller acheter leur jupe aujourd’hui, ils se sont sentis mal à l’aise. Alors il y a un phénomène social qui est quand même autour de ça. »

Les jupes sont genrées. Quelle horreur !

Les élèves de ce prof ont vraiment de la chance.

On se demande d’où vient l’idée de pratiquer ces étranges journées de la jupe. L’idée viendrait-elle de l’école elle-même et de ces nouveaux aumôniers que sont, notamment, les enseignants d’éthique et de culture religieuse ?


mercredi 14 octobre 2020

Classes idéologiques obligatoires pour étudiant qui aurait heurté sentiments d'étudiants radicaux

Un étudiant du Collège vétérinaire de l’Ontario, Derek van de Walle (ci-contre), a encouru la colère du Collège parce qu’il avait participé à une discussion Facebook sur le racisme systémique au sein des forces de police.

Le Collège a ordonné à Derek de suivre des cours supplémentaires pour démontrer sa « compétence culturelle » et ses « capacités de communication ». Bien que Derek ait tenu un discours mesuré et rationnel et ait posé des questions raisonnables, il a été soumis à un torrent de vitriol et à la colère d’autres étudiants, qui l’ont ensuite dénoncé au doyen du collège pour leur avoir prétendument « causé du tort » en les exposant à une opinion avec laquelle ils n’étaient pas d’accord.

Au cours de deux réunions désagréables, l’administration a admis que Derek n’avait rien dit de raciste, mais que le droit à la « liberté d’expression » prenait fin lorsque quelqu’un d’autre en était offensé.

Après avoir reçu une lettre de mise en demeure ferme de la part du Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (Justice Centre for Constitutional Freedoms) basé à Calgary, le Collège n’exige plus que Derek suive une formation idéologique supplémentaire.

Source : JCCF.CA

Pourquoi la loi 101 est un échec

Frédéric Lacroix, physicien de formation, chroniqueur à l’Aut’journal, s’intéresse à la question linguistique depuis plus de vingt-cinq ans, en particulier à l’impact des institutions sur la vitalité linguistique. Il a reçu, en 2017, le prix André-Laurendeau de la revue l’Action nationale pour son article « La brèche collégiale ». Il publie cet automne Pourquoi la loi 101 est un échec.

Lire la recension de Étienne-Alexandre Beauregard. Résumé de l’éditeur

Geste politique phare du premier gouvernement du Parti québécois, la loi 101 devait rendre le Québec « maintenant et pour toujours français ». Or, affirme Frédéric Lacroix, la situation du français est catastrophique non seulement sur l’île de Montréal, mais aussi dans ses couronnes. La loi 101 serait-elle un échec ?

Pour comprendre globalement l’état du français au Québec, les impressions subjectives ne suffisent pas ; il faut passer par les chiffres, les données de recensement par exemple, afin de se faire une idée objective des tendances. C’est pourquoi Frédéric Lacroix a ici recours à une approche quantitative pour démontrer comment et pourquoi le français recule au Québec. Ce qui ressort, c’est que le français est de plus en plus rétrogradé au statut de langue seconde à Montréal alors que la langue première, le véhicule de culture, est de plus en plus l’anglais. Or, une culture ne peut se déployer et survivre en tant que langue seconde.

L’auteur pense qu’il est encore temps de renverser la tendance, mais que, pour ce faire, des gestes politiques forts devront être accomplis, sans crainte d’ébranler certains faux consensus.


Pourquoi la loi 101 est un échec
par Frédéric Lacroix,
paru le 13 octobre 2020
aux éditions Boréal
à Montréal
264 pages
ISBN-13 : 9 782 764 626 498
Code-barre : 9 782 764 626 498
29,95 $/22,00 €

Entretien de Mathieu Bock-Côté et Frédéric Lacroix sur la sortie de cet ouvrage.

Mathieu Bock-Côté — Que trouve-t-on dans ce livre ?

Frédéric Lacroix — On y trouve une synthèse complète de la situation du français (et de l’anglais) au Québec. Mon ambition, en écrivant ce livre, était de fournir à ceux qui s’intéressent à l’avenir du Québec français un portrait de la situation actuelle et de son évolution probable. Car il est difficile de se faire une tête sur la question linguistique ; les informations sont dispersées, contradictoires et souvent inaccessibles. J’ai souhaité écrire un livre qui rassemble l’ensemble des données pertinentes, de façon à permettre à chacun de comprendre ce qui se passe avec le français au Québec.

Je souhaitais également fournir un état des lieux le plus objectif possible. Pour atteindre ce but, j’ai fait appel au concept de « complétude institutionnelle », bien connu en sociologie, concept qui relie la vitalité d’une langue à l’ampleur du réseau institutionnel qui lui est attaché (hôpitaux, universités, cégeps). Le portrait que je trace est donc chiffré et quantitatif, et s’appuie sur la complétude institutionnelle propre à chaque communauté linguistique, anglophone et francophone, ce qui permet de tirer des conclusions solides. C’est ce qui distingue ce livre, à mon avis, de tous les autres qui ont été écrits sur la question linguistique. Mon livre se veut donc une synthèse exacte, scientifiquement fondée, tout en étant accessible au grand public.

MBC — Quels étaient les objectifs initiaux de la loi 101 ? Et quels objectifs lui prête-t-on aujourd’hui ?

FL — Les objectifs de la Charte de la langue française sont énumérés dans le « livre blanc » publié par Camille Laurin un peu avant le dépôt de son projet de loi. Ces objectifs sont ceux spécifiés par la commission Gendron, une commission d’étude de la question linguistique lancée par le Parti libéral du Québec en réponse à la crise de Saint-Léonard de la fin des années soixante. L’objectif majeur de la loi 101 est « d’orienter les options linguistiques des immigrants », une litote qui signifie que la charte est conçue afin que l’assimilation linguistique des immigrants se fasse principalement vers le français au lieu de l’anglais, à l’avenir (l’assimilation des immigrants se faisait à 85 % à l’anglais avant la charte). La charte souhaitait rehausser le statut du français et en faire la « langue commune », c’est-à-dire la langue utilisée lors des échanges entre groupes linguistiques au Québec. La charte venait aussi agir pour améliorer les conditions économiques des francophones et leur donner accès aux emplois bien rémunérés, emplois qui étaient quasiment exclusivement réservés aux anglophones auparavant.

Notons que la charte a été combattue vigoureusement par Ottawa dès son adoption par l’Assemblée nationale du Québec. Dès 1979, tout le chapitre III, chapitre qui faisait du français la langue officielle de la justice et du droit, a sauté. Trudeau père a ensuite procédé au rapatriement de la Constitution canadienne, en 1982, pour invalider les dispositions visant la langue d’enseignement dans les écoles primaires et secondaires. Ottawa a livré une véritable guerre juridique contre la charte, chose qui continue de nos jours.

Aujourd’hui, le Québec semble avoir abandonné toute prétention de faire du français la langue commune et a sombré à nouveau dans le bilinguisme systématique qui était en place avant la charte. Le Québec semble s’être résigné au service minimum, soit à ce que la charte ne fasse qu’assurer — et pas toujours — la disponibilité de services en français au Québec. Face à Ottawa, Québec a donc complètement capitulé et a adopté, hypocritement, tout en assurant cœur sur la main que le « français est la langue officielle », la Loi sur les langues officielles fédérale, c’est-à-dire est venu assurer à l’anglais au Québec un statut à quasi-égalité avec le français. Dans les faits, le Québec est aujourd’hui, comme avant la loi 101 de 1977, une « province » quasi intégralement bilingue. Il ne faut pas se surprendre, alors, que l’anglais, langue de la majorité canadienne et continentale et langue des nouveaux empires numériques (Google, Facebook, Netflix, etc.), joue maintenant le rôle de langue commune à Montréal et que les immigrants allophones s’assimilent pour moitié au groupe anglophone.

MBC — La loi 101, un échec, vraiment ? N’êtes-vous pas trop sévère ?

La charte n’a jamais atteint son objectif principal, qui était de faire en sorte que la nette majorité des immigrants s’intègrent au Québec français. Par là, on entend que 90 % d’entre eux devraient adopter éventuellement le français comme langue parlée à la maison afin d’assurer la stabilité démographique du groupe francophone au Québec. Or nous n’en sommes qu’à 50 % environ et tout indique que le plafond est atteint, c’est-à-dire que les effets de la charte actuelle sont épuisés. De plus, on a noté, lors du recensement de 2016, une nette accélération de l’assimilation des jeunes francophones à Montréal.

Dans mon livre, je démontre que, depuis 2001, une « nouvelle dynamique linguistique » s’est installée au Québec, dynamique marquée par un recul (historique) du poids des francophones et une augmentation du poids des anglophones, augmentation qui est due principalement à l’assimilation linguistique massive, complètement hors de proportion avec le poids démographique réel des anglophones (qui est de 8,1 % seulement), des allophones à l’anglais.

Cela signifie que le français va continuer à régresser dans l’avenir prévisible et que le destin qui nous attend est celui de toutes les minorités francophones en Amérique, c’est-à-dire la minorisation et la disparition. À moins, bien sûr, que des gestes courageux et structurants ne soient accomplis.

MBC — Est-il trop tard ?

FL — Non. Comprendre la mécanique de notre déclin signifie aussi que les clés pour intervenir avec succès nous deviennent accessibles. Ces clés peuvent se résumer ainsi : revenir au « français langue commune », mettre fin au bilinguisme de l’État québécois, mettre en place une politique culturelle adaptée à la réalité numérique de notre époque et, surtout, rehausser massivement le financement des institutions francophones (cégeps, universités et hôpitaux) afin d’assurer au Québec français une « complétude institutionnelle » proportionnelle à son poids démographique.

Commissaire idéologique et propagandiste : 118 K$ - 177 K$ / an

La Mairesse de Montréal a mandaté officiellement le directeur général de la Ville pour créer d’ici l’automne un poste de fonctionnaire responsable de la lutte au racisme et aux discriminations systémiques.

Ce poste idéologique est très payant :

Minimum 118 025 $ - Maximum 147 537 $ - Maximum mérite 177 048 $

Vos défis

Relevant du directeur général, vous êtes assisté d’une équipe de professionnels aux expertises et expériences variées, dont la mission est de bâtir et d’implanter un plan stratégique en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques. Votre expertise et vos réalisations dans ce domaine, votre leadership reconnu auprès des communautés Montréalaises, ainsi que votre grande capacité d’influence alliée à votre sens politique seront essentiels pour identifier les actions décisives à mener, leur planification, leur coordination ainsi que les mesures de contrôle.

Vos responsabilités

  • Proposer des mesures structurantes visant un appareil municipal inclusif pour toutes et tous et élaborer d’ici un an, un premier plan d’action transversal pour contrer le racisme et les discriminations systémiques à la lumière des informations recueillies au cours de la prochaine année.
  • Coordonner la mise en application et le suivi du plan d’action à la suite de son adoption; accompagner les unités administratives à cet effet et s’assurer de l’initiation de ces changements et en mesurer les résultats. Plus particulièrement, le SPVM où une ressource a été mandatée spécifiquement pour mettre en oeuvre les mesures du plan d’action visant les interventions policières.
  • Guider les instances politiques et administratives de l’appareil municipal dans l’accélération de la transformation de la culture organisationnelle en ce qui a trait à la leur responsabilisation de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques, à l’intérieur de leurs mandats respectifs.
  • Assurer une vigie constante des pratiques, processus et interventions des différentes instances/services municipaux ainsi que leurs impacts en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques.
  • Sensibiliser et former les gestionnaires et employés aux formes et conséquences de la discrimination raciale; notamment les biais systémiques.
  • Développer des outils d’information et de sensibilisation afin que les citoyens et employés soient informés de leurs droits et recours. Renforcer les capacités des instances, telles que l’Ombudsman, le Vérificateur général, l’Inspecteur général, le Contrôleur général et la Commission de la fonction publique de Montréal afin de mieux répondre aux personnes sujettes à vivre des incidents de racisme et de discrimination.
  • Guider les gestionnaires et le Service des ressources humaines dans les actions à prendre pour soutenir et accompagner les employés vivant des incidents de racisme et de discrimination.
  • Préparer une reddition de comptes annuelles en vue d’une présentation publique auprès de la Commission du développement social et de la Commission des budgets, et ce, dès 2021.

Profil recherché

Exigences

  • Posséder un diplôme universitaire (bac ou maîtrise) en droit, ressources humaines, médiation interculturelle ou toute autre formation en sciences humaines pertinente.
  • Détenir plus de dix (10) ans d’expérience dont au moins cinq (5) en gestion et avoir à votre actif des réalisations pertinentes en matière de lutte contre le racisme.

Exigences, connaissances et habiletés particulières

  • Spécialiste, expert.e senior en matière de lutte contre le racisme et les discriminations systémiques.
  • Leadership dans la communauté ainsi que de grandes habiletés pour la collaboration et la communication orale/écrite.
  • Sens politique fort et forte capacité d’influence et d’analyse organisationnelle.
  • Orienté vers la recherche de solutions et d’impacts durables et mesurables.

Maîtrise des compétences de gestion

Afin d’exercer un rôle de gestion au sein de la Ville de Montréal, vous devez démontrer la maîtrise des compétences inscrites au « Profil de compétences génériques de gestion de la Ville de Montréal » présenté sur le site carrière de la Ville. Cliquez ici pour le consulter.

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