mercredi 5 décembre 2012

L'agence de presse américaine Associated Press a décidé de ne plus utiliser le terme « homophobie »

L'agence de presse américaine Associated Press a décidé de ne plus utiliser le terme « homophobie » ainsi que, notamment, les mots « islamophobie » ou « nettoyage ethnique ».

L'AP les a enlevé de son Guide de style d'écriture, une référence pour les médias américains. Il est donc fort possible que d'autres médias lui emboîtent le pas.

Le Guide de style explique que « -phobie » signifie « une peur irrationnelle, incontrôlable, souvent une forme de maladie mentale », le terme ne devrait pas être utilisé dans « des contextes politiques ou sociaux », rapporte Politico. Dave Minthorn, en charge des règles de l'Associated Press, explique au site:

« L'homophobie particulièrement, ça ne va pas. C'est attribuer une maladie mentale à quelqu'un, et ça suggère que nous avons des informations que nous n'avons pas. Ça ne semble pas correct. À la place, on utilisera des termes plus neutres : anti-gay, ou quelque chose de ce genre [...] Nous voulons être précis et justes et neutres dans notre langage. »
Nombre de mentions d'homophobie (et mots dérivés)

  • sur les sites gouvernementaux québécois :  1290
  • La Presse.ca : 3340
  • Le Devoir : 1330
  • Radio-Canada.ca : 2730
  • PQ.org : 30
  • PLQ.org : 3
  • Coalitionavenirquebec.org : 0
  • Quebecsolidaire.net : 1770




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Espagne — Madrid engage la bataille linguistique avec la Catalogne et le Pays Basque

Le gouvernement espagnol compte renforcer son contrôle sur l’éducation, une compétence jusqu’ici partagée avec les communautés autonomes.

Le projet de réforme de l’éducation prévoit d’imposer à la Catalogne la mise en place de cursus scolaires en castillan.

Comment est organisé l'enseignement en Catalogne ?

Dès les premiers pas de son autonomie, à la fin des années 1970, la Catalogne a mené une vaste politique en faveur de la généralisation et de la normalisation du catalan, resté très vivant, bien qu’invisible en raison de son interdiction sous le franquisme. « La Catalogne a fait le choix d’un modèle de société, avec une école de l’intégration au travers d’une politique de l’immersion linguistique », rappelle le politologue Gabriel Colomé. Tous les élèves de Catalogne ont, depuis lors, un enseignement dispensé en catalan, avec des cours en castillan. Ce qui permet de pérenniser la langue minoritaire, épine dorsale de la nation catalane.

« Cela fait aussi du catalan la langue et le projet de vie communs pour tous les habitants. Chacun, d’où qu’il vienne, peut garder son identité, sa langue et sa culture, tout en faisant partie d’une même communauté », plaide Josep-Anton Fernandez, l’un des responsables de l’ONG de défense de la langue Plataforma per la llengua. Résultat : 78 % des résidents en Catalogne parlent le catalan ; les élèves obtiennent des résultats aux examens en castillan comparables à ceux des autres régions espagnoles et les Catalans, bilingues catalan-castillan, passent de l’un à l’autre en permanence.

Que changerait le projet de loi ?

Le ministre espagnol de l’éducation, José Ignacio Wert, sociologue réputé, marqué à droite, proche de l’ancien chef de gouvernement José Maria Aznar, entend bien donner corps à ses convictions : le 10 octobre dernier, il avait déclaré qu’il était temps « d’espagnoliser les élèves catalans ». Son projet de loi sur « l’amélioration de la qualité éducative », dévoilé en début de semaine, incarne la vision dite « centraliste » et « espagnoliste » du gouvernement dirigé par le Parti populaire.

Il prévoit de renforcer le pouvoir de l’État en matière de contenus scolaires, l’éducation étant jusqu’à présent une compétence partagée entre l’État et les communautés autonomes et une source permanente de frictions avec la Catalogne, très soucieuse de ses prérogatives en la matière. En l’occurrence, le projet de réforme envisage de « rééquilibrer » les enseignements en catalan et castillan, de créer des écoles en castillan et d’organiser un baccalauréat sans épreuve de catalan.

« Le texte a été reçu comme une bombe en Catalogne », affirme Xavier Arbos, professeur de droit constitutionnel à l’université de Barcelone. « L’arrêt de la Cour constitutionnelle de juin 2010, qui a annulé des pans entiers du nouveau statut d’autonomie, a affaibli la politique d’immersion linguistique de la Catalogne », explique le juriste, tout en estimant que la situation, juridiquement complexe, promettait d’ouvrir une nouvelle période de contentieux entre l’Espagne et la Catalogne.

« Ce projet caricatural ne restera pas en l’état, mais il lance le débat pour affaiblir le catalan », redoute le sociologue Jordi Vives. En réaction, la Generalitat (gouvernement et parlement catalan) a boycotté hier la réunion ministérielle sur la politique universitaire. Son président, Artur Mas, a dénoncé « la claire offensive » de Madrid et annoncé la tenue d’un sommet sur le sujet le 12 décembre. Un appel à manifester a été lancé pour le 13 décembre. Le ministre Wert a, quant à lui, convoqué une nouvelle réunion le 19 décembre.

Vives réactions au Pays basque : les langues régionales moins importantes que l'anglais ?

Cette annonce a provoqué de vives réactions au Pays Basque. « Ségrégationniste, rétrograde, centralisatrice », la conseillère à l’Education du gouvernement de Gasteiz, Isabel Celaa (PSE, socialiste) n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. L’avant-projet de la loi organique pour l’amélioration de la qualité de l’éducation relègue la langue basque au troisième rang dans l’importance attribuée aux matières enseignées.

Le basque, comme le catalan, ferait partie des matières de « spécialité », elle passerait donc derrière les matières « obligatoires » et les matières « spécifiques ». Les langues locales deviendraient moins importantes que les langues étrangères qui seraient, elles, des matières “spécifiques”. Or, le basque est, au même titre que l’espagnol, officiel en Gispucoa, Biscaye et l'Alava.

Sources : La Croix et Le Journal du Pays basque




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Le jugement défavorable de la Cour d’appel à l’égard de l'école Loyola : un mépris pour les institutions confessionnelles selon l'APCQ

Montréal, le 5 décembre 2012. Par son jugement rendu le 4 décembre 2012, la Cour d’appel renverse le jugement favorable de la Cour supérieure de Montréal, qui reconnaissait à l'école secondaire Loyola le droit d’enseigner un programme équivalent plutôt que le programme obligatoire Éthique et culture religieuse (ÉCR).

Ce jugement permettra au gouvernement québécois d’asseoir encore mieux son monopole totalitariste sur l’éducation des jeunes québécois, selon l'Association des parents catholiques du Québec (APCQ).

Loyola revendiquait le droit de dispenser un programme équivalent à ÉCR dans une perspective catholique.

L'école a largement démontré en Cour supérieure que son programme présente avec plus de profondeur et de compréhension les religions du monde et qu’il réalise depuis de nombreuses années les mêmes objectifs, soit la « poursuite du bien commun » et « la reconnaissance de l’autre » que ceux annoncés dans le cours ministériel.

Ce jugement de la Cour d’appel reconnait dans les faits la confessionnalité comme critère possible de discrimination pour la reconnaissance de l’équivalence, en matière de programme scolaire. L'équivalence étant refusée à Loyola essentiellement à cause de la perspective confessionnelle du programme de remplacement.

L’argument de la laïcisation apparaît comme un alibi, surtout à l’égard d’une école de religion catholique dont les valeurs civilisatrices de notre société ont été rappelées en Cour supérieure par Loyola.

Les droits fondamentaux de liberté de religion, de même que les droits des parents, n’ont pas été reconnus à cette école privée catholique, ni aux quelques 600 parents qui ont demandé l’exemption du programme gouvernemental en faveur de celui de Loyola.

De plus, ce jugement contredit de façon flagrante les prétendues visées au pluralisme du programme gouvernemental ÉCR, en coupant les ailes du pluralisme authentique, en écrasant la liberté pédagogique d’une institutions scolaire.

L'Association des parents catholiques du Québec (APCQ) et sa section de Montréal déplorent le fait que partout au Québec, les jeunes de 6 à 16 ans seront initiés à un ensemble amalgamé de religions, croyances, mythes et légendes. La présidente de l'APCQ, Jean Morse-Chevrier, rappelle que cet enseignement est fait de façon à dévaloriser la religion par son approche phénoméniste et relativiste. Elle affirme que le jugement vient donner encore plus de force de frappe à un gouvernement qui méprise les droits religieux de ses citoyens et de leurs institutions.

Pour sa part, Me Philip Horgan, président de la Ligue catholique des droits de l'homme, souligne que ce jugement limite sérieusement le droit des parents de diriger l'éducation religieuse de leurs enfants et rend moins efficace le choix d'une école privée pour des parents qui veulent que leurs convictions religieuses soient respectées en milieu scolaire.

Ce jugement confirme le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et l’État québécois dans son pouvoir d’imposer durant 10 années de scolarisation, au nom de la laïcisation, une « religion d’État », le relativisme, selon la vice-présidente de cette même association, Marie Bourque. « Il faut espérer que cette entorse à la justice sera portée, et corrigée, en Cour suprême du Canada », soutient-elle.

-30-

Personnes contact : Jean Morse-Chevrier, 819-661-7140; Marie Bourque : 514-484-0524




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The Supreme Court decision in the Drummondville case raises a host of questions


From McGill professor Farrow's website :

The Supreme Court decision in the Drummondville case, which (unlike the Loyola case) concerned the right of parents to exempt their children altogether from State-mandated lessons in religion and ethics, was released on 17 February 2012. The Court concluded that the appellants had not proven that their religious liberty was violated by the Ministry’s refusal to exempt their children from the ERC program: "Parents are free to pass their personal beliefs on to their children if they so wish. However, the early exposure of children to realities that differ from those in their immediate family environment is a fact of life in society. The suggestion that exposing children to a variety of religious facts in itself infringes their religious freedom or that of their parents amounts to a rejection of the multicultural reality of Canadian society and ignores the Quebec government’s obligations with regard to public education. Although such exposure can be a source of friction, it does not in itself constitute an infringement of s. 2(a) of the Canadian Charter and of s. 3 of the Quebec Charter." – Deschamps, J., S.L. v. Commission scolaire des Chênes, 2012 SCC 7, par. 40

This raises a host of questions:  Was such a suggestion really being made, or were the parents merely asking that the State not interfere with their children's private religious instruction by forcing upon them what they regard as an incompatible form of instruction under the guise of religious literacy? Who should be the judge of compatibility? What is the current relation between the (declining) rights and duties of parents and the (advancing) rights and duties of the State with respect to religious literacy? What kind of literacy is the State aiming at, and under what circumstances might its aims be construed as a violation of parental rights or of religious liberty? Does "the early exposure of children to realities that differ from those in their immediate family environment," which is no doubt "a fact of life," constitute grounds for the State to enforce certain kinds of exposure? Which kinds? And is it really possible for the State to neither favour nor hinder any particular belief or belief-system (ibid., par. 32), or for its neutrality to mean that "the State cannot formally take any position on the true and the good"? What then of the Charter of Rights and Freedoms itself, or of the State's determination to define and defend "the multicultural reality"? Do these not entail such commitments?




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Loyola c. MELS — Le Monopole de l'Éducation sort renforcé

En 2008, la ministre de l’Éducation de l’époque, Michelle Courchesne, avait refusé la demande d’équivalence de l’école secondaire Loyola à Montréal arguant que le programme proposé par l’école Loyola optait pour une optique catholique et ne pouvait donc être équivalent au cours d’éthique et de culture religieuse qui impose une approche « laïque ».

Devant le refus de la ministre de lui accorder une exemption, l’école s’était adressée à la Cour supérieure. En juin 2010, la Cour supérieure avait annulé la décision de la ministre et avait autorisé l’école Loyola à y substituer son propre programme équivalent. La Cour d’appel du Québec a infirmé, mardi, la décision de la Cour supérieure et a confirmé la décision initiale de la ministre de l’Éducation.

« Le programme proposé par Loyola semble viser l’enseignement d’un contenu similaire à celui de la ministre, mais la perspective d’enseignement est sans contredit confessionnelle », écrit le juge Jacques R. Fournier, les deux autres juges Allan R. Hilton et Richard Wagner souscrivent à ce jugement. Coïncidence, Richard Wagner avait été assermenté la veille à la Cour suprême du Canada.

« Je suis d’avis que la décision de la ministre de refuser la demande d’exemption fait partie des issues possibles acceptables pouvant se justifier au regard des faits et du droit », poursuit le juge Fournier. Car il faut tenir compte « de la volonté politique affirmée qui est de déconfessionnaliser l'enseignement ». De manière assez étonnante, déconfessionnaliser l’enseignement d’une école catholique semble, pour ces juges québécois, parfaitement raisonnable.

Le juge Fournier s’appuie sur le jugement Deschamps de la Cour suprême (très critiqué voir ici, ici, iciici et et encore là.) pour affirmer que « le fait d'exposer des élèves à l'étude globale des religions, dans une perspective neutre, sans les obliger à y adhérer, ne constitue pas une atteinte à la liberté de religion. » C’est prendre pour argent comptant les prétentions du ministère sur l’innocuité de son enseignement, c’est aussi oublier que la preuve dans l’affaire S. L. contre la Commission scolaire des Chênes est différente de celle déposée dans l’affaire Loyola. Le juge Fournier peut alors conclure que « le juge [de première instance] erre en fondant son jugement sur l'opinion de l'expert Farrow. Il n'y a pas de réelle atteinte ou, du moins, elle n'est pas significative. »

Le juge Fournier n’indique pas en quoi l’expert Farrow a tort, il reprend simplement les propos de la juge Deschamps, eux-mêmes basés sur les prétentions du ministère. Il n’a aucun avis d’expert à opposer, juste l’avis de la juge Deschamps sur une autre preuve dans une autre affaire.

Le juge Fournier précise que s’il y a atteinte à la foi, elle est négligeable « car il ne s'agit que d'un cours parmi plusieurs. De plus, il n'est pas demandé à l'enseignant de réfuter les préceptes de la religion catholique, mais de s'abstenir d'exprimer son opinion ou ses convictions. » Même si ce qui est discuté est contraire aux préceptes de la religion catholique. En outre, pour le juge « cette atteinte est justifiée » parce que les objectifs du programme sont louables. Les juges de la Cour d’appel n’expliquent pas, toutefois, sur quoi ils se basent pour conclure que ce nouveau programme « laïque » serait plus efficace que l’approche confessionnelle éprouvée de l’école montréalaise dans l’atteinte de ces louables objectifs et donc pourquoi cette atteinte est justifiée.

En fin de compte, le pouvoir discrétionnaire du Ministère de l’Éducation pour décider de l'équivalence des programmes proposés sort fortement renforcé de ce jugement. La barre des écoles privées  qui s’opposeraient à l’idéologie ou la pédagogie imposée par ledit ministère vient encore d’être haussée.

Voir aussi

Texte du jugement en appel Loyola contre le Monopole de l'Éducation

ECR — Appel de la cause Loyola, les trois juges en délibéré (Fournier a suivi grosso modo la plaidoirie de Me Boucher, la nomination de Fournier quelques années auparavant avait été accueillie avec incompréhension).

Mémoire en appel de la Loyola High School et John Zucchi c. le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport

Directeur du collège Loyola : la perspective prescrite en ECR est relativiste

Le juge Richard Wagner qui a entendu l'affaire Loyola contre MELS pressenti à la Cour suprême

ECR — Décision favorable au Collège Loyola dans l'affaire qui l'oppose au Monopole de l'Éducation (en première instance)

Déclaration de Me Mark Phillips avocat de S.L. à la suite de la décision Deschamps de la Cour Suprême




Me Mark Phillips explique le jugement de la Cour suprême du Canada, ce qu'est le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) et ce que demandaient les parents de Drummonville






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mardi 4 décembre 2012

Cour d'appel : Loyola devra enseigner le cours ECR dans une optique non catholique

Dans un jugement unanime, la Cour d’appel a cassé mardi une décision de la Cour supérieure rendue en 2010, qui avait permis l’école secondaire privée et catholique Loyola de Montréal d’enseigner le cours obligatoire Éthique et croyance religieuse (ÉCR) dans une optique catholique.

Le juge Jacques Fournier de la Cour d’appel confirme ainsi la décision de la ministre de l’Éducation de l’époque, Michèle Courchesne, de ne pas exempter Loyola du cours ÉCR et indique que la ministre a bien utilisé son pouvoir de discrétion pour déterminer si le programme alternatif proposé par Loyola était équivalent.

« Comme la ministre a le pouvoir de juger l’équivalence […] Je ne vois pas comment, en comparant l’approche confessionnelle du programme de Loyola à l’approche culturelle du programme ÉCR, elle excède sa juridiction, écrit le juge Fournier. La décision de la ministre est raisonnable et ne porte pas atteinte à un droit protégé ».

Le juge Fournier estime aussi que l’atteinte à la croyance religieuse de Loyola, s’il y en a une, est « négligeable, car il ne s’agit que d’un cours parmi plusieurs. Il n’est pas demandé à l’enseignant de réfuter les préceptes de la religion catholique, mais de s’abstenir d’exprimer son opinion ou ses convictions ».

Le juge ajoute enfin qu’il « n’y a rien dans la décision de la ministre qui constitue un obstacle à l’enseignement de la foi et de la doctrine catholique à l’occasion d’un tel cours ».

Plus d'informations suivront.

Voir aussi

Loyola c. MELS — Le Monopole de l'Éducation sort renforcé

ECR — Appel de la cause Loyola, les trois juges en délibéré

Directeur du collège Loyola : la perspective prescrite en ECR est relativiste

Le juge Richard Wagner qui a entendu l'affaire Loyola contre MELS pressenti à la Cour suprême

ECR — Décision favorable au Collège Loyola dans l'affaire qui l'oppose au Monopole de l'Éducation (en première instance)





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Collèges et lycées du XXIe siècle : la révolution de l'autonomie ?


Pour que chaque élève trouve enfin toute sa place à l’école, mieux vaut libérer les initiatives des enseignants sur le terrain que renforcer des consignes nationales uniformes. Le mouvement encore bien chaotique vers une plus grande autonomie des collèges et des lycées le permet. Comment l’approfondir et en faire l’axe principal d’une refondation de l’Education nationale ?

Si on y parvient, tout sera changé : un État recentré sur ses missions fondamentales, un établissement public maître de son projet et de ses moyens, une dynamique de la confiance, une nouvelle gestion.

Une révolution salutaire dans une société actuelle en crise ? En effet, le grand spectacle d’une vie publique médiatisée paraît peu propice à l’éducation, peu favorable à la compréhension mutuelle. Ce livre apporte une réponse. Sa fiche signalétique pourrait se formuler ainsi : Finalité : l’humanisme. Principes : autonomie et responsabilité. Politique : la coopération. Cadre : la décentralisation.

Lieu : l’établissement scolaire et son réseau. Mise en ouvre : confiance collective et management éducatif.

Les auteurs

Daniel Mallet, inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche, ancien élève de l’ENA, président du Cercle « Responsabilités éducatives et renouveau », est l’auteur d’ouvrages sur le système éducatif.

Maurice Berrard, inspecteur d’académie, docteur en anthropologie, fondateur de la revue Éducation & Management, est l’auteur d’ouvrages dans le domaine de l’éducation.

Collèges et lycées du XXIe siècle : la révolution de l'autonomie ?
par Daniel Mallet et Maurice Berrard
publié chez Armand Collin
à Paris
paru le 17 octobre 2012
192 pages.
EAN13 : 9782200277741




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Le Pape, l'école catholique et les évêques français

Le troisuème et dernier groupe d’évêques français a été reçu vendredi par le pape Benoît XVI. Dans son discours, le Saint-Père leur a parlé longuement de la nouvelle évangélisation, et il a abordé le problème délicat des écoles catholiques.

Lors de la dernière assemblée plénière, la Conférence épiscopale de France (CEF) a créé un Conseil pour l’enseignement catholique dont les membres sont le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles et Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne. Le texte sur l’école catholique n’a pas pu être finalisé et les nombreuses divergences sur le sujet font craindre à certains un nouveau retard. Dans certains diocèses, l’évêque tente de reprendre la main sur un système qui a été mutualisé et confisqué par le niveau national. Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon, en avait fait les frais il y a quelques années.

Déjà, à la mi-novembre, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, avait rappelé aux évêques français l’impératif de défense de l’enseignement catholique. Une affirmation qui n’a pas plu à certains évêques français.

Cette fois, c’est le pape qui n’y va pas de main morte :
« La jeunesse étant l’espoir et l’avenir de l’Église et du monde, je ne veux pas omettre de mentionner l’importance de l’éducation catholique. Elle accomplit une tâche admirable, souvent difficile, rendue possible par le dévouement inlassable de formateurs : prêtres, personnes consacrées ou laïcs. Au-delà du savoir transmis, le témoignage de vie des formateurs doit permettre aux jeunes d’assimiler les valeurs humaines et chrétiennes afin de tendre à la recherche et à l’amour du vrai et du beau (cf. Gaudium et spes, n° 15). Continuez de les encourager et de leur ouvrir de nouvelles perspectives pour qu’ils bénéficient aussi de l’évangélisation. »
Ainsi, le pape demande clairement aux évêques de recruter dans les écoles catholiques des enseignants et des cadres qui puissent donner l’exemple d’une vie chrétienne assumée, ce qui est bien loin d’être le cas aujourd’hui.

Et le pape insiste sur la responsabilité de l’école catholique aujourd’hui, alors qu’elle accueille 20 % des élèves de France :
« Quant aux écoles catholiques qui ont façonné la vie chrétienne et culturelle de votre pays, elles ont aujourd’hui une responsabilité historique. Lieux de transmission du savoir et de formation de la personne, d’accueil inconditionnel et d’apprentissage de la vie en commun, elles bénéficient souvent d’un prestige mérité. Trouver les chemins pour que la transmission de la foi demeure au centre de leur projet éducatif, est nécessaire. La nouvelle évangélisation passe par ces écoles et par l’œuvre multiforme de l’éducation catholique qui sous-tend de nombreuses initiatives et mouvements dont l’Église est reconnaissante. L’éducation aux valeurs chrétiennes donne les clés de la culture de votre pays. En ouvrant à l’espérance et à la liberté authentique, elle continuera de lui apporter dynamisme et créativité. L’ardeur apportée à la nouvelle évangélisation sera notre meilleure contribution à l’épanouissement de la société humaine et la meilleure réponse aux défis de toute sorte qui se posent à tous en ce début du troisième millénaire. »
Aux évêques qui se posent la question des moyens de la nouvelle évangélisation en France, la solution est donc toute trouvée : remettre la transmission de la foi au cœur du projet éducatif des écoles catholiques. Et si les ouvriers manquent, que nos évêques n’hésitent pas à mettre la main à la pâte !

Source



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France — Ces matières que les profs ont du mal à enseigner

Le Figaro revient sur ces matières polémiques que les enseignants ont du mal à aborder dans les écoles qui enseignent le programme gouvernemental.

Croisades, holocauste juif, colonisation, sexualité, « lutte à l'homophobie », darwinisme… Les enseignants se plaignent de plus en plus de leurs difficultés à traiter de certains sujets devenus « sensibles » du fait notamment des pressions religieuses venues des élèves et de leurs parents.

« Madame, je n'ai pas le droit d'écrire “Yahvé”. Comment je fais pour le contrôle ? » Question d'une collégienne à sa professeur d'histoire-géographie dans un établissement de l'Essonne. « Dans une classe de troisième, certains élèves en sont venus aux mains lors d'un cours sur la décolonisation », poursuit l'enseignante.

D'ordre religieux ou identitaire, il est des questions qui fâchent à l'école. Et embarrassent les professeurs au quotidien. Le sujet est cher à Vincent Peillon. Drapé de sa foi laïque, le ministre de l'Éducation le répète à l'envi: il ne tolérera aucune entorse à la laïcité républicaine. (Voir une analyse de son dernier livre.) Le 22 novembre, en ouverture du Salon de l'éducation, il évoquait encore ces « professeurs qui ne peuvent enseigner certaines matières librement ». Tout en précisant quelques jours plus tard que les programmes des fameux cours de morale laïque ne seraient pas définis avant la rentrée 2015…

Parmi les disciplines concernées, l'histoire arrive en tête. Les Croisades, la Shoah, la guerre d'Algérie, l'histoire des religions, la colonisation, l'immigration, les événements du Proche-Orient… Intrinsèquement, la discipline cumule, de l'école primaire à la terminale, les sujets « sensibles ».

« Tout ce qui touche à l'identité des élèves peut devenir un sujet chaud. Et comme les ados sont en recherche d'identité… » Antoine Tresgots, délégué national au syndicat Unsa, est professeur d'histoire-géographie dans un lycée près de Montargis (Loiret). Il a en tête la réaction brutale de cette jeune fille noire, qui, lors d'un cours sur l'esclavage, choisit d'utiliser le pronom « nous » pour désigner les esclaves et « vous » pour les esclavagistes. « Certains sujets exigent un travail d'objectivation, de mise à distance. D'autres en revanche sont non négociables. Des remarques telles que “les musulmans croient que…” ou “Jésus, ce n'est pas possible parce que…» n'ont rien à faire dans ma classe. » Quant au refus de certains parents de voir leur enfant apprendre une leçon sur l'islam, il ne peut que le juger « absurde ».

« Nous ne sommes pas “empêchés” de travailler », avance prudemment Serge Lacassie, président de l'association des professeurs de biologie et géologie, avant de parler de « positions extrémistes marginales », dans sa discipline, les sciences et vie de la terre. Il faut dire qu'en «SVT» [sciences de la vie et de la Terre], deux sujets d'importance peuvent susciter des tensions. « Les questions de sexualité, de procréation, de contraception et d'avortement sont parfois difficiles à aborder, explique-t-il. Certains garçons ont par ailleurs une vision de la femme qui n'est pas celle de la République française. »

Darwin contesté

Les professeurs se heurtent aussi aux oppositions suscitées par la théorie de l'évolution du naturaliste anglais Darwin. Une théorie réfutée, au nom du créationnisme, par des tenants d'un islam radical. « Comment expliquer, dans ces conditions, que la Terre a 4,6 milliards d'années. Et comment parler de roches de plus de 100 millions d'années ? » interroge le professeur. Certains élèves n'ont pas hésité à rendre des copies blanches. Au-delà, Serge Lacassie déplore les incidences de ces discours extrémistes sur l'ensemble de la science : « On se méfie des sciences et des experts. »

« Il faut imposer la différence entre les faits scientifiques et les croyances personnelles», martèle de son côté Valérie Sipahimalani, professeur de SVT au lycée Jules-Ferry dans le IXe arrondissement parisien. Elle décrit des cas d'élèves placés « en situation de conflit de loyauté ». « Il est nécessaire d'enseigner la démarche scientifique qui se situe à la croisée de la science et de la philosophie. Dans le fait scientifique, il n'y a rien à croire, mais tout à démontrer », ajoute-t-elle. Confrontée à « des réactions à brûle-pourpoint » telles que « l'homme n'est pas un animal puisque c'est une créature de Dieu », elle préfère que les élèves « disent ».

« La théorie de l'évolution, unificatrice de la biologie, est entrée dans les programmes du lycée depuis 2001. Et de ce point de vue, la France est un des pays les plus avancés », avance cependant la professeur. Aux États-Unis, berceau du créationnisme, où se sont développées au début des années 1990 les thèses de du « dessein intelligent », la théorie de l'évolution est régulièrement mise à mal dans les écoles dont les conseils d'administration, élus, peuvent modifier les programmes. Et ce, alors même que la Cour suprême a tranché sur le sujet en 1987. En 2007, dans de nombreux pays, collèges, lycées et universités avaient ainsi reçu L'Atlas de la création, ouvrage imprimé en Turquie prétendant démontrer que l'évolution n'était pas une doctrine, mais de la propagande antireligieuse.

Mais comment, dans leurs classes, les professeurs font-ils face à ces fins de non-recevoir ? En 2004, un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale s'est intéressé au problème. À noter au passage que parmi les inspecteurs généraux ayant participé à ce rapport, figure un dénommé Jean-Paul Delahaye, conseiller spécial du ministre de l'Éducation nationale tout juste promu, le 21 novembre, à la Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco). Les conclusions de ce rapport devraient donc inspirer son action à la tête de l'instance chargée, entre autres, d'élaborer les programmes.

Face aux difficultés, certains enseignants pratiquent « une autocensure préventive », explique le rapport. En histoire, il relève le cas d'un professeur faisant cours, coran sur le bureau, afin d'y recourir dès que des contestations se manifestent. En biologie, des enseignants avouent ne plus aborder la reproduction avec « les classes difficiles ». Et certaines jeunes recrues expliquent « candidement » présenter la science « comme une croyance comme les autres ». Mais il y a aussi « les plus aguerris », parmi lesquels certains ont le sentiment de livrer « un combat contre l'obscurantisme », tandis que d'autres regrettent de devoir consacrer autant de temps à la défense de la laïcité, « aux dépens de l'enseignement ».

« Une gestion quotidienne du fait religieux dans les établissements »

Professeur d'histoire-géographie à Rouen (Seine-Maritime), Anthony Lozac'h fait partie de ces aguerris, qui connaissent les ressorts du sujet et peuvent en jouer de manière pédagogique. Lorsqu'en éducation civique, il a choisi de poser la question : « peut-on caricaturer Mahomet ? », le débat a été « vif », mais il a eu le sentiment de remplir sa « mission éducative ». « Nous sommes sur une corde raide. Il ne faut pas tomber dans la complaisance ou céder à des opinions liberticides. Il faut faire vivre nos valeurs démocratiques, notamment par l'exercice du débat, qui ne s'improvise pas », conclut-il.

Enfin, si l'histoire, l'éducation civique et la biologie sont les premières matières à faire les frais du fait religieux, aucune discipline n'y échappe, comme le décrit le rapport de l'Éducation nationale. En littérature, Voltaire est enterré, Madame Bovary répudiée, tandis qu'Harry Potter est accusé de satanisme par une mère évangélique.

Conjugué à une institution scolaire dont la légitimité n'est plus si évidente, le sujet se pose avec d'autant plus d'acuité. L'école est moins protégée, les parents plus intrusifs. Un fait qui dépasse les disciplines et la salle de classe. Valérie Sipahimalani parle ainsi de « gestion quotidienne du fait religieux ». « Dans les établissements publics, je constate qu'élèves et parents adoptent souvent des positions confessionnelles », explique-t-elle, évoquant des refus de voyages scolaires pour cause de jour de Chabbat, de voile interdit ou de transfusion sanguine impossible chez les Témoins de Jéhovah. Et l'école primaire aussi est concernée. « Ils ont de la chance les musulmans, ils ne mangent pas de porc »… Une remarque d'écolier de CE2 (troisième année du primaire) qui en dit long à la fois sur la qualité de la restauration scolaire et sur les débats dans la cour de récréation. Quant à l'histoire de cet enfant de 10 ans brandissant avec fierté sa copie en proclamant : « J'ai eu une meilleure note que mes copains musulmans à mon contrôle sur l'islam ! », elle illustre amplement cette confusion des genres entre croyances et enseignement.




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Les parents veulent s'investir dans les devoirs de leurs enfants

À l’heure où le ministère de l’éducation nationale est à la recherche d’un scénario pour supprimer les devoirs à la maison — suppression préconisée dans le rapport issu de la concertation pour la « refondation de l’école » convoquée cet été —, Séverine Kakpo, enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation, publie une enquête sur la mobilisation des familles populaires autour de cet enjeu. Un travail de terrain d’une année environ que cette ex-professeure de lettres en Seine-Saint-Denis a mené, dans les quartiers populaires de la périphérie parisienne, auprès d’une vingtaine de familles dont les enfants sont scolarisés à la charnière de l’école primaire et du collège. Les résultats de ce travail ethnographique viennent étayer les données de l’Insee : loin du cliché sur la «  démission parentale », les familles populaires ont foi en l’utilité des devoirs, s’investissent chaque soir — ou presque. Et si l’abolition des devoirs, officiellement interdits depuis 1956, n’était pas le véritable enjeu ?

S'appuyant sur les résultats d'une enquête ethnographique conduite auprès de familles appartenant aux couches sociales modestes mais encore suffisamment préservées par la précarisation de l'emploi et des conditions de vie pour s'autoriser le développement de « dispositions scolastiques », le livre de Séverine Kapko opère une plongée dans le quotidien de la préoccupation scolaire des familles et montre comment les parents transforment leur foyer en institution de sous-traitance scolaire mais aussi en institution pédagogique autonome puisqu'ils sont bien souvent prescripteurs de travail « en plus ». L'enquête montre que ces familles qui donnent, sur le plan social, tous les gages de conformité aux attendus de l'école font souvent, sur le plan des savoirs, l'expérience d'une profonde désorientation, peinant à se retrouver dans les méandres opaques du curriculum scolaire contemporain (programmes changé à dessein selon des gens comme Alain Finkielkraut pour empêcher la reproduction des élites, alors que le résultat inverse a été obtenu !)

Les familles sont déçues, comme un des pères interrogés, face à des manuels comme celui de sciences de la vie et de la terre de son fils : « Il n'y a que des images, pas trop de textes, que de l'illustration… » L'apprentissage de la lecture, avec la méthode désormais « semi-globale », désarçonne aussi. « Ils apprennent à lire par cœur » des mots entiers, s'étonne une mère qui s'étonne de cette méthode contraire au code de l'écriture..

À l'autre bout de l'échelle sociale, bien des familles réprouvent également certaines de ces pédagogies. « La différence tient au fait que les familles plus aisées comprennent la démarche », estime Séverine Kakpo qui semble désapprouver la « désorientation des parents ». Il n'empêche : mêmes ces familles plus aisées n'adhèrent pas et vont chercher ailleurs — du côté des établissements privés sous contrat, voire hors contrat, et des organismes de soutien (les percepteurs modernes) — ce que l'école n'apporte pas à leurs enfants.

Certaines développent en outre des formes actives de résistance pédagogique : ils continuent à enseigner à l'ancienne, achètent des livres d'apprentissage de la lecture syllabique, demandent à leurs enfants d'apprendre des faits, des règles, des dates, font des dictées. Au grand chagrin des pédagogistes modernes en cour. Ouvrant la « boîte noire » des pédagogies familiales, l'ouvrage analyse la manière dont les parents réinterprètent le curriculum et met en évidence l'existence de dissonances entre codes scolaires et codes familiaux.

Les devoirs à la maison,
Mobilisation et désorientation des familles populaires
de Séverine Kakpo
aux Presses universitaires de France (PUF)
publié en septembre 2012
192 pages.

Voir aussi

« Les moments passés avec les enfants sur les devoirs sont précieux »

Pourquoi 68 % des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires





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