vendredi 8 mars 2019

Histoire — Les origines communistes de la journée de la femme

De Philippe Bouchat, conseiller au sein du Service public fédéral (ministère) belge

Ce 8 mars, il n’aura échappé à personne que l’on fête la Journée internationale de la femme. Cette Journée s’inscrit, historiquement, dans la mouvance socialiste révolutionnaire. En effet, l’idée d’une Journée internationale a été lancée en 1910 à Copenhague lors de la 2 Conférence de l’Internationale socialiste des femmes. Le 8 mars 1913, des manifestations ont lieu en Russie. Le 8 mars 1914, le droit de vote pour les femmes est réclamé en Allemagne. La Révolution 1917, des femmes luttent en Russie contre la vie chère. Le 8 mars 1921 est décrété « journée internationale des femmes » par Lénine. La fête passe en Chine en 1924, puis dans les pays de l’Europe de l’est, satellites de l’URSS à partir de 1947.

Affiche soviétique de 1932. Traduction :
« Le 8 mars, jour de l'insurrection contre l'esclavage
 des travailleuses de cuisine.
 À bas l'oppression et la mesquinerie
 de la vie domestique ! »
[Notons que sous l'Ancien régime, les femmes chefs de famille (surtout des veuves) avaient le droit de vote. Car c'est l'unité familiale propriétaire qui votait. Au XIXe siècle, les femmes propriétaires peuvent demander le droit de vote municipal selon le principe « pas de taxation sans représentation ». Au Québec, les femmes propriétaires votent sans restriction entre 1809 et 1849, jusqu'au moment où le mot « mâle » est inséré dans la loi électorale. Ce que les Québécoises perdent, les Ontariennes le gagnent peu après; dès 1850, les femmes propriétaires, mariées ou célibataires, peuvent élire les commissaires d'école. Dès 1900, le droit de vote aux élections municipales est généralement accordé aux femmes propriétaires partout au Canada.]

… à l’occidentalisation de la Journée de la Femme.

À partir des années 50, la guerre froide sévit entre les deux blocs occidental et soviétique. Les États-Unis ne veulent pas être en reste dans le combat des femmes et en font remonter la naissance à une grève des femmes qui se déroula à New-York en 1857. Les années 60 sont celles de l’émancipation et de la libération sexuelle. Le combat des femmes traverse l'Atlantique et s’occidentalise ainsi. Cette occidentalisation est consacrée en 1977 par l’ONU qui invite les États à dédier une journée aux droits de la femme.

Des revendications sociales…

Au début, le mouvement féministe s’inscrivait ainsi dans la lutte pour les droits sociaux, économiques et politiques. Il revient à la vérité de dire que leur condition n’était pas enviable et s’assimilait peu ou prou à une forme larvée d’esclavagisme… Ce ne fut donc que justice que le droit de vote leur fut accordé, qu’elles purent travailler, quitter leur cuisine, passer le permis de conduire, entrer à l’université, choisir leur époux, etc. En ce sens, le mouvement féministe fut légitime.

… à la « liberté » sexuelle… [et à l'effondrement démographique]

À partir de 1960, on quitta progressivement les revendications sociales pour appréhender la question sexuelle. Avec l’apparition de la pilule, les femmes revendiquèrent la liberté sexuelle, c’est-à-dire, concrètement, d’avoir des relations sexuelles sans procréer automatiquement. Cette liberté sexuelle a certes permis aux femmes de gérer leur fécondité, mais a aussi facilité la voie des unions extra-conjugales. De légitime au départ et soutenu par de nombreux hommes, le combat des femmes se transforma en lutte contre la gente masculine et perdit ainsi une grande part de sa légitimité.

Le féminisme selon l'ASSÉ :  la lutte pro-LGBTQ, homo,
sociale, anti-macho, queer, etc.
On remarque les similitudes avec une campagne
gouvernementale en cours dans les médias
… jusqu’à la dictature du genre !

S’il a fallu attendre les années septante pour avoir une consécration de la Journée de la femme par l’ONU, ce n’est pas le fruit du hasard. En effet, les années 70 sont celles qui voient fleurir un peu partout dans les universités américaines des études sur le « genre ».  Appelées initialement « études sur les femmes », puis « études féministes », les études de genre ont pour objet les rapports homme-femme sous l’angle social et postulent l’inégalité de ces rapports au détriment des femmes.

Le mouvement féministe entend donc lutter contre ce qu’elle appelle la phallocratie, dénonçant le modèle familial traditionnel rejoignant ainsi les mouvements LBGT (lesbiennes, bisexuel(le)s, gays, transsexuel(le)s) dont il est l’allié objectif : la femme entend avoir une position indépendante de son rôle de mère et d’épouse, alors que les LBGT entendent voir d’autres modèles de familles être consacrés. Aujourd’hui, le genre s’impose comme déconstruction des catégories de représentation du sexe masculin et féminin et reconstruction sociale de ces catégories, niant ainsi l’altérité sexuelle. Il s’agit donc d’un mouvement constructiviste qui entend transformer l’homme (dans son acception de mâle) en androgyne où les différences homme-femme disparaissent. Telle est la grande confusion délibérément opérée par les féministes actuelles : chaque différence est une discrimination et doit être donc être gommée, fût-ce par la contrainte légale ! Il s’agit là d’une dictature à peine larvée qui est devenue en deux décennies le modèle dominant.

Les velléités socialistes de « mariage » pour « tous » [bin non ! pas de polygamie, d'inceste], de la procréation médicalement assistée (PMA), de l’adoption par tous et de la gestation pour autrui (GPA) s’inscrivent dans cette mouvance historique, unissant ainsi pour le coup les socialistes et les mouvements libertaires dont l’influence au niveau international est prépondérante (voir p.ex. la consécration du concept de genre par la 4e Conférence internationale sur les femmes de Pékin de 1995). Je ne m’étendrai pas dans ces quelques lignes sur les nombreuses objections théologiques et scientifiques à la prétendue « théorie » du genre, d’autres l’ayant fait avant moi (voyez par exemple l'émission de Drieu Godefridi ici).

Résumons-nous. D’origine socialiste, la Journée des femmes (au pluriel) consacra [dans certains pays] un combat légitime pour l’octroi de droits sociaux et politiques. En s’occidentalisant, la Journée de la femme (au singulier) a in fine consacré l’alliance objective actuelle entre les mouvements féministes et LBGT[2QS], dont l’objectif avoué est de construire un tout nouveau modèle social où les rôles masculins et féminins ne se distinguent plus, se confondent, justifiant toutes les attaques contre le mâle et son rôle d’époux et de père. C’est pour cette raison que je ne célébrerai pas la Journée de la Femme de ce 8 mars, car elle consacre tout ce dont le libéral a horreur : le constructivisme et la dictature ! Célébrer la Journée de la femme ? Non merci !

Voir aussi

Rediffusion : Idées fausses sur les différences salariales entre hommes et femmes

La femme au temps des cathédrales

Deux fois plus de dépression chez les femmes qu'il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

L'État se féminise (60 % de femmes !) et se « diversifie »

« Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants





Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

La femme a-t-elle toujours été cette perpétuelle mineure qu'elle fut, nous dit-on, à la fin du XIXe siècle ? En France, la Révolution française et le Code Napoléon ont bien marqué une régression juridique des femmes.

Mais a-t-elle toujours été écartée de la vie politique comme elle le fut notamment dans la France de Louis XIV ? S'appuyant sur son expérience de médiéviste et d'archiviste, Régine Pernoud s'est attachée à l'étude de ces question. Dans La Femme au temps des cathédrales, le lecteur découvre que le plus ancien traité d'éducation a été rédigé en France par une femme, que, au XIIIe siècle, la médecine était couramment exercée par des femmes et qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à douze ans, deux ans avant les garçons...

L'historienne Régine Pernoud nous livre ici une étude systématique menée à travers une multitude d'exemples concrets, elle ne laisse échapper aucun aspect des activités féminines au cours de la période féodale et médiévale : administration des biens, métiers et commerce ; domaine de la pensée, de la littérature, de la politique même ; femmes écrivains, éducatrices, suzeraines, celles qui animèrent les cours d'amour et celles qui ont inspiré les romans de chevalerie.

Il est davantage question dans La femme au temps des cathédrales, maître ouvrage de Régine de Pernoud, des femmes de la société de cour que de celles du peuple même si celles-ci ne sont pas passées sous silence, mais ce parti pris permet d'approcher un monde prisonnier des tapisseries et des enluminures. Belle occasion de couper court à l'image de la femme cloîtrée dans l'espace familial, dans l'ombre de son mari, et de voir au contraire une épouse, une fille, sinon affranchie, du moins évoluant à l'intérieur d'un espace public, influente, instruite et rêvant déjà d'une condition de vie plus libérée.


Régine Pernoud dans une émission d'Apostrophes avec Bernard Pivot en 1980

Contemporaine de Charlemagne, Dhuoda écrivit, bien avant Rabelais et Montaigne, un manuel d'éducation, le premier du genre, et, au XIIe siècle, Héloïse, abbesse du Paraclet, enseignait à ses moniales le grec et l'hébreu. Si la politique est d'un accès quasi insurmontable (quoique...), la femme au Moyen Âge ne manque pas de talent pour se faire entendre. Historienne de Jeanne d'Arc, Régine Pernoud rappelle ces deux vers de Christine de Pisan saluant l'exploit de la Pucelle à Orléans : « L'an mil quatre cent vingt et neuf / Reprit à luire le soleil. » Hommage d'une femme à une autre femme.

Comme le faisait remarquer Robert Fossier, « En ces siècles romans où manger est l'essentiel où la maison est la cellule de la survie. Là où s'apaise la faim que tous redoutent, où l'argent perd l'essentiel de son pouvoir tentateur, comment celle qui tient les réserves et prépare la nourriture ne jouerait-elle pas le rôle essentiel ?

Régine Pernoud commence habilement son développement en plantant devant nous, comme un symbole, la magnifique cuisine de Fontevrault, merveille de technique et centre nourricier d'une immense cité monastique.

Vient ensuite le domaine de l'amour aux multiples chemins : l'attrait de la féminité tout d'abord, renforcé par les soins de beauté où l'on trouve tant d'étranges préparations. L'auteur s'attarde ensuite sur l'amour courtois et le culte de la dame

À propos du mariage. R. Pernoud étudie l'histoire de la législation canonique en la matière et fait apparaître ainsi combien l'Église eut de peine à triompher du modèle de mariage qui régnait dans les couches supérieures de la société. Ce n'est qu'au XIIe siècle que s'impose vraiment la théorie consensuelle qui, en faisant de l'échange des libres consentements l'essence du mariage, assurait — au moins en théorie — la promotion de la femme. On s'en donc débarrassé de l'autorisation des parents, promu le consentement et insisté sur la sacralité de l'institution matrimoniale. C'est un énorme progrès pour Mme Pernoud.

Dans le domaine économique, nous rencontrons les femmes en tant que productrices . Si le labeur et les semailles leur échappent (pour des raisons d'ordre symbolique et physique à la fois), toutes les autres formes d'activité, tant à la ville qu’à la campagne, leur sont accessibles, et c'est ici que la moisson de renseignements et très abondante parmi les textes et la documentation iconographique. Nous arrivons ainsi au sommet de l'échelle sociale, car c'est un fait connu — mais qu'on oublie volontiers — que du XIe au XIIIe de puissantes dames (comtesses, reines, impératrices) ont souvent exercé et parfois sans partage le pouvoir suprême ...

Le long exposé de R. Pemoud, qui prend parfois l'allure d'une description de la vie quotidienne, est sous-tendu par une thèse : c'est du XIe au XIIIe que la condition de la femme a atteint son zénith ; c'est alors qu'elles ont pu à tous les niveaux imposer leur empreinte sur la société.


Source H. Platelle





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Dépliant pour promouvoir l'étude du latin à l'école

L'association Arrête ton char publie un dépliant pour promouvoir l'étude du latin et de la culture antique. Il peut être distribué en classe (en France) dans les écoles en fin de sixième  (11-12 ans) pour inciter les élèves à étudier cette matière optionnelle.

Extrait du dépliant
 


Des clichés qui ont la vie dure !

« Le latin, c'est seulement pour les bons élèves. »

NON. Le latin est ouvert à tous les élèves curieux.

- En 5e (12/13 ans), les élèves commencent son apprentissage avec tous le même niveau.

« Le latin, c'est beaucoup de travail. »

NON. L'option latin demande peu de travail, elle est toujours évaluée de façon positive et constitue une aide précieuse pour les autres matières

« Le latin est une langue morte. »

NON. En France, plus de 500.000 élèves étudient encore le latin chaque année .


- On écrit encore aujourd'hui des textes et des livres en latin un peu partout dans le monde.

« Le latin cela ne sert plus à rien aujourd'hui. »


NON. Le latin a donné +80% des mots du français.
Il permet donc à la fois d'enrichir son vocabulaire et d'améliorer son orthographe.

- Il est à l'origine des langues romanes, dont l'italien, et l'espagnol, mais aussi de + 50% des mots anglais.
- Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes dans le monde parlent une langue issue du latin.

« En latin on ne fait qu'apprendre des tableaux de grammaire par cœur. »

NON. Le cours de latin s'appelle aujourd'hui « Langues et Cultures de l'Antiquité. » Les élèves y découvrent à parts égales la langue et la civilisation antique avec des méthodes et des thèmes motivants.

Une ouverture culturelle unique !

- On n'étudie plus aujourd'hui le latin que pour lui-même. Étudier le Latin, c'est...
 étudier l'étymologie et la formation du vocabulaire
  • revisiter la mythologie
  • découvrir l'Histoire Antique
  • comprendre les origines de l'Europe
  • s'initier à la philosophie et à la littérature
  • étudier l'Histoire des Arts
 - Les Langues Anciennes permettent aussi de...
  • faciliter l'apprentissage des autres langues
  • développer le raisonnement et l'esprit logique
  • comprendre le vocabulaire scientifique
  • travailler de façon interdisciplinaire
Découvrez le site www.arretetonchar.fr :

- Les latinistes disposent d'un site Internet très riche pour s'exercer en ligne et profiter de nombreuses ressources multimédias.

L'Antiquité est partout !
 - Littérature jeunesse, BD, mangas, cinéma, séries télé, publicité... L'Antiquité est présente partout dans la culture populaire.

- Mais l'Antiquité est également présente partout
dans ...notre quotidien :


...les noms de jours, de mois, de planètes
...de nombreux mots ou expressions directement
empruntés au latin :

agenda, lavabo, maximum, déficit, alibi, illico, memento, rebus, ad vitam aeternam, vice versa, a priori, post mortem, grosso modo, curriculum vitae, referendum, incognito...

Étudier les Langues et Cultures de l'Antiquité, c'est être capable de mieux comprendre le monde
moderne et ses symboles.



Le cours de latin : c'est quoi ?

Horaires
- Le latin, c'est 7 h d'enseignement de la 5e à la 3e

1 h par semaine en 5e, 3 h en 4e et 3e

Travail

- La plupart du travail est fait en classe.
- Il n'y a pas de contrôle surprise.
- Les latinistes utilisent régulièrement les outils numériques pour travailler et réviser.

Quels débouchés pour le latin ?
 Au lycée et au-delà

- Étudier le Latin au collège, c'est pouvoir le poursuivre au lycée et choisir, en 1ère et Terminale, le nouvel enseignement de spécialité « Littératures, Langues et Cultures de l'Antiquité ».
- Le latin est obligatoire pour l'accès à certaines grandes écoles.

Formations et métiers

- L'étude des Langues Anciennes est un réel atout dans de nombreux domaines professionnels.
éducation:
  • métiers de la culture
  • métiers du livre et du journalisme
  • métiers de la communication
  • métiers du tourisme
  • métiers liés à la santé et au social
  • métiers du droit







Les latinistes noteront que le locatif de domus est domi (à la maison, chez soi), mais qu’il ne s’applique pas ici puisqu’il y a mouvement et que l’accusatif domum s’impose donc. La phrase corrigée par le généreux et convaincant pédagogue nocturne est donc correcte : Romani ite domum.

En outre, ire se conjugue eo, is, it à l'indicatif présent et non io, is, it (à 1 min 17).



Voir aussi

Le Cercle latin de la Nouvelle-France

Oxford réorganise les études classiques pour réduire inégalités entre hommes et femmes

France — Valoriser le latin et le grec, auprès de tous

Ces prénoms qui disent l’avenir de l'Occident

Chronique d’Éric Zemmour sur les changements dans les prénoms donnés aux enfants français. À noter que le Québec donne aujourd’hui surtout des prénoms bilingues (Jacob, Jonathan) ou même anglais (William, Logan, Noah) alors qu’aucun des prénoms parmi les dix les plus donnés n’est un prénom typique français (Guillaume, Pierre, Luc, Jean, Jacques, Thierry, etc.), voir ici.

Une analyse documentée, chiffrée et précise de l’état de la société française. Un travail remarquable et hardi, qui porte un coup très rude aux partisans des dénis de réalité.

« Le prénom est un marqueur culturel. Il est partie intégrante d’un complexe sociologique, qui renvoie à des sensibilités régionales (ou nationales), à des logiques familiales, à des modèles de conduite, à des genres de vie. Par voie de conséquence, les transformations de la prénomination se présentent à nous comme un élément notable et un indicateur précis des changements vécus par une société. »

Cette phrase est de l’historien britannique John Dickinson. Elle trône en dernière page de l’introduction du nouveau livre de Jérôme Fourquet. Le directeur du département Opinion de l’Ifop s’en sert à la fois comme caution intellectuelle et bouclier médiatique. Sa découpe sociologique de la France par l’analyse des prénoms va révéler ce que dissimulent obstinément nos élites universitaires, politiques, médiatiques à un peuple de moins en moins aveugle. Fourquet s’apprête à mettre des chiffres là où d’autres avant lui ont mis des mots. Là où ceux-ci auraient dit : « La France n’est plus la France », Fourquet, ou son éditeur, le fort bien-pensant Seuil, écrit en sous-titre : « Naissance d’une nation multiple et divisée ».


Mais la France a toujours été une nation multiple et divisée. Elle ne cessa d’être le pays des guerres civiles et des guerres de Religion ; et Emmanuel Todd, que Fourquet apprécie à juste titre, nous a appris, en reprenant les travaux de Frédéric Le Play, que la France était le seul pays d’Europe, voire du monde, où se côtoyaient autant de modèles familiaux différents et concurrents. Alors, quoi de neuf sous le soleil ? Les prénoms, vous dis-je ! Même lorsque les Français se trucidaient au nom de Dieu ou du Roi, ou de la Liberté, ou de l’Égalité, même lorsqu’ils se partageaient entre catholiques ou protestants, blancs ou bleus, bleus ou rouges, catholiques ou laïques, gaullistes ou communistes, ils donnaient à leurs enfants les mêmes prénoms, tirés du calendrier des saints. Une loi édictée par Bonaparte, le 11 novembre an XI, les y obligeait et personne n’avait l’idée d’y contrevenir. Car le peuple français était resté, malgré toutes ces divisions, ce « peuple de race blanche, de religion chrétienne et de culture gréco-romaine » dont parle de Gaulle à Peyreffite, au début des années 1960.

C’est ce monde-là, cette France-là qui ont été détruits en quarante ans. Et c’est cette destruction — ou plutôt cette dislocation — que révèle l’analyse des prénoms. On comprend mieux les précautions matoises de Fourquet et de son éditeur !



Le basculement s’est fait en deux temps : d’abord, dans les années 1970, on abandonne le ciment catholique (la fameuse « morale de nos pères » dont parlait le pourtant anticlérical Ferry) avec les lois sur l’IVG, le divorce par consentement mutuel, puis, en 1982, la dépénalisation des relations homosexuelles entre un adulte et un mineur de 15 à 18 ans ; à la même époque, on autorise le regroupement familial des immigrés.

Le second temps a lieu dans les années 1990 : les socialistes suppriment la loi de Bonaparte sur les prénoms en 1993 ; les militants salafistes débarquent en France en même temps que la chaîne al-Jazeera ; les télés privatisées ouvrent en grand le robinet des séries américaines. Les classes populaires appellent leurs enfants Kevin et Cindy ; les immigrés musulmans continuent d’appeler les leurs Mohamed ; la bourgeoisie catholique est la dernière à respecter (paradoxe historique !) la loi de « l’usurpateur » Bonaparte ; la bourgeoisie mondialisée des métropoles envoie ses enfants dans les universités européennes ou américaines. En 2016, Marie représente 0,3 % des prénoms des enfants nés cette année-là ; les prénoms musulmans constituent 18,6 % de ces mêmes prénoms en 2016. Et ces 18,6 % font en vérité 50 % et plus dans d’innombrables quartiers, banlieues de métropoles, mais aussi villes moyennes, jusque dans des départements entiers comme la Seine–Saint-Denis, qui deviennent ce que l’écrivain algérien Boualem Sansal appelle « des républiques islamiques en herbe ». L’avenir est écrit dans ces chiffres. Chaque diaspora a sa stratégie d’« intégration » : 95 % des personnes ayant un nom arabo-musulman ont aussi un prénom arabo-musulman ; 75 % des Asiatiques nés en France ont un prénom français.



Autour de cette découpe par les prénoms, on retrouve toutes les divisions françaises qui sont autant de béances, économiques, sociales, sécuritaires, culturelles, scolaires, politiques. Tout l’intérêt du livre de Fourquet est de mettre ces bouleversements culturels en face des transformations économiques, sociologiques et surtout politiques qu’a connues le pays. La France des Kevin se tient chaud au Front national (comme une révolte patriotique contre leurs parents américanisés ?). La France des Mohamed a rejoint chez Mélenchon les jeunes diplômés précarisés et les ouvriers cégétistes ; elle va inexorablement lui imposer sa loi démographique. La France des « Erasmus » a fait la gloire de Macron, tandis que la France des retraités, la dernière génération à avoir connu la France d’avant, a sauvé Fillon de l’humiliation.
Bien sûr, tout cela doit être nuancé et Jérôme Fourquet le fait avec sérieux et professionnalisme ; mais les grandes tendances sont bien là. Elles se retrouvent dans toutes les démocraties occidentales et expliquent l’affrontement entre « populistes » et « progressistes ». Entre « somewhere » et « anywhere ». Le clivage droite-gauche est bien mort, et les partis politiques qui l’incarnaient aussi, car la sociologie française d’avant qui les sous-tendait a été engloutie. Macron, à la tête de son bloc libéral-élitaire, va rassembler tous ceux qui ont intérêt à ce que se poursuive ce que Fourquet appelle l’« archipélisation » de la France. Au nom d’un prétendu « rassemblement », il aggravera la dislocation du pays. Son destin politique est écrit dans les prénoms. Au nom du « vivre-ensemble », il bénira la séparation. Notre auteur s’oblige à un optimisme de bon aloi : « Les géographes définissent un archipel comme un ensemble d’îles relativement proches les unes des autres, la proximité se doublant le plus souvent d’une origine géologique commune. […] À l’image des îles d’un archipel, ces populations vivent à l’écart les unes des autres, tout en entretenant bien sûr des rapports entre elles. […] Elles partagent un certain nombre de références communes, ce qui ne serait plus le cas dans une société communautarisée. » D’avance, le pourtant socialiste François Hollande lui a répondu, en se confiant, quand il résidait à l’Élysée, à des journalistes : « Tout cela finira par une partition. »



L’Archipel français
Où allons-nous ?
par Jérôme Fourquet
publié au Seuil
à Paris,
le 7 mars 2019
384 pp.
ISBN-13 : 978-2021406023



Voir aussi

France — le prénom comme prédicteur de résultat et de filière au bac

Québec — Plus de 30 % des naissances issues d’au moins un parent né à l’étranger

jeudi 7 mars 2019

« Il n'y a pas d'école neutre » et « les enfants sont variés », la liberté scolaire s'impose donc par réalisme et humilité

Interventions d’Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école depuis 2008, lors d’une conférence organisée le 13 février sur le thème « À quoi sert l’école ? » à Paris.



Sujets abordés :

— construire le commun, construire le vivre-ensemble
— neutralité de l’école impossible
— le problème n’est-il pas d’abord que l’on est dans une société du vide ?
— diversité des enfants, des besoins
— l’école publique française est trop caporaliste, n’expérimente pas ou mal
— l’école publique est en réalité inégalitaire (carte scolaire)
— l’école publique (Meirieu) prétend qu’elle seule peut être le creuset et inculquer des valeurs communes, mais est-ce le cas ? Tous les terroristes récents sont passés par l’école publique.
— profils des écoles indépendantes en France (elles sont très diverses et en rien majoritairement religieuses).
— différence entre la vision anglo-saxonne (efficacité d’abord) et expérience avec les académies et les écoles libres
— les enfants appartiennent-ils à l’État, aux parents ?
— l’école comme une petite société, lieu de passage entre la famille et la grande société
— l’école ne doit pas s’opposer aux valeurs des parents


Débat en entier : vidéo 1 (30 min) et vidéo 2 (45 min)

Compte-rendu du Monde



Débat Meirieu-Coffinier : « À quoi sert l’école ? »

Le pédagogue Philippe Meirieu et la directrice générale de la Fondation pour l’école Anne Coffinier ont débattu le 13 février du rôle de l’école aujourd’hui. Verbatim.

Par Séverin Graveleau. Publié le 4 mars 2019.
Temps de Lecture 5 min.

Leurs deux visions de l’école sont diamétralement opposées, mais ils ont accepté de les confronter autour de la question « À quoi sert l’école ? ». D’un côté, Phillippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation, figure emblématique des pédagogues, homme de gauche convaincu du rôle central de l’école publique dans la lutte contre les inégalités. De l’autre, Anne Coffinier, énarque et directrice générale de la Fondation pour l’école qui soutient le mouvement des écoles « hors contrat », catholique revendiquée qui a longtemps dénoncé le repaire idéologique que serait devenue l’institution scolaire.

L’essor important des établissements indépendants (1 400 en 2019 selon les chiffres de la Fondation), dont le nombre augmente de 15 % par an depuis quatre ans selon le département de statistiques du ministère de l’Éducation nationale, « interroge les fondements mêmes de l’institution scolaire » selon Pascal Bouchard, journaliste du site d’information spécialisé ToutEduc qui organisait ce débat. Et ce, pour deux raisons : les écoles alternatives répondent, de fait, à des besoins auxquels l’institution scolaire ne répond pas, ou mal. Mais aussi parce que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, « a fait de l’efficacité de l’école son objectif principal, plus que ses finalités », selon Pascal Bouchard. Cette même dichotomie a opposé Anne Coffinier et Phillipe Meirieu, sur les principaux sujets abordés lors d’un débat organisé le 13 février. Verbatim.

Les besoins de l’école

Philippe Meirieu : Notre société est aujourd’hui marquée par le triomphe de l’individu, libre de ses choix, capable de décider de son propre destin, sans les contraintes et dogmes qui corsetaient notre société par le passé. Face à la montée de l’individualisme qui en découle, l’enjeu est de construire du commun et de mettre en œuvre un projet collectif. Le premier des besoins auxquels doit répondre l’école est donc de permettre aux enfants de penser par eux-mêmes, d’oser se libérer des dogmes et des carcans, des théories du complot comme des slogans publicitaires ou politiques, afin de comprendre le monde. Mais l’école doit aussi permettre la construction du commun et du collectif en favorisant la rencontre. En ne se résignant pas à voir ce commun fractionné en une multitude de petits clans incapables de collaborer.

Anne Coffinier : Il faut donc que l’école veille au vivre-ensemble. Mais il ne faut pas être obsédé par cette idée de sociabilisation, de l’école comme un creuset national. Par cette idée selon laquelle le meilleur moyen de construire du commun serait de mettre tout le monde dans le même moule, la même structure, avec le même programme et la même approche.
L’école peut-elle réellement créer du collectif alors que nous sommes profondément si différents (horizons familiaux, capitaux culturels, etc.). Ne faut-il pas mieux être réaliste ? Une approche plus humble, partant des besoins de chaque enfant, nous amène à penser qu’il faut avoir des écoles variées, précisément parce que les enfants sont variés, et que la société a besoin de cette variété, de ces différences.

L’école face à la différence


Philippe Meirieu : Il est nécessaire de prendre en compte l’altérité et la différence des enfants. C’est pour cela que mon engagement pédagogique s’est construit autour de la notion de pédagogie différenciée. Face aux différences, deux options s’offrent à nous. Soit on prend la diversité des enfants comme une richesse, et on estime que c’est au sein de l’école publique que les différences ont légitimité à devenir un outil de formation au respect de l’autre, par la rencontre et le partage. Soit on se dit que ces différences doivent s’incarner par des choix d’école, de classe ou de pédagogie. Avec le risque que cette recherche systématique d’îlots construise des homogénéités, de la clanification sociale et de l’entre-soi.

Anne Coffinier : Nous reconnaissons tous les deux qu’il y a une hétérogénéité des besoins au sein de l’école. Mais je suis sceptique sur le fait que la solution se trouve au sein de l’école publique. Car elle est une institution centralisée, corporatiste, qui a un véritable problème avec les expérimentations et la liberté des acteurs éducatifs ; une liberté à même de s’adapter aux besoins différenciés des élèves. Les enquêtes internationales montrent qu’on a de fait, en France, un vrai problème en matière de réduction des inégalités, malgré les beaux discours autour de l’égalité des chances. Philippe Meirieu estime que dans nos écoles les gens se retrouvent dans l’entre-soi pour fuir la rencontre. La réalité est que 69 % des 1 400 établissements que nous représentons sont aconfessionnels. Parmi les établissements ouverts cette année, il y a 33 % d’écoles démocratiques, 10 % d’écoles pour les publics spécifiques, 6 % d’écoles à la pédagogie explicite ou encore 12 % d’écoles bilingues, régionalistes et internationales. Il n’y a pas de logique de balkanisation.

Les rôles de la famille et de l’État dans l’éducation

Philippe Meirieu : L’école française s’est construite sur une volonté de vouloir faire primer l’égalité des chances sur l’hérédité des privilèges, la raison sur la superstition, le collectif sur l’individuel. Cela n’a pas toujours très bien fonctionné. Mais les écoles pour lesquelles milite la Fondation pour l’école sont construites autour de l’idée ancienne selon laquelle seule la famille a le droit de légiférer sur l’éducation. Pour l’essentiel, ces établissements sont contrôlés et administrés par les familles. Nous sommes en plein dans le courant familialiste, traditionnel de la droite internationale, qui estime que l’État doit se contenter des fonctions régaliennes. Je crois que l’éducation, c’est la rupture avec la famille. Pas une rupture brutale, mais, comme le disait le philosophe Alain, la capacité de découvrir qu’il y a d’autres familles que la mienne, qui pensent autrement que mes parents. A un moment donné, l’enfant a besoin de rencontrer une autre instance, moins affective, plus centrée sur la transmission de la rationalité et de la vérité.

Anne Coffinier : Le mouvement des écoles indépendantes ne correspond pas à une affirmation familialiste ni à l’idée d’une école domestique, « propriété » de la famille. Les Britanniques estiment qu’un enfant a besoin d’appréhender le commun à travers une structure qui est à sa taille. Le rôle de l’école est d’introduire à la cité l’enfant. Avant de devenir citoyen, il devient « petit » citoyen dans une école qui est une mini-cité dans laquelle il va exercer des responsabilités, contracter des valeurs, des vertus et des habitudes. L’école doit être cette « petite société » avec des règles faciles.
Le droit international et européen pose le principe selon lequel l’enfant n’appartient pas à la famille, mais dépend de ses décisions tant qu’il est mineur. Et que ce n’est qu’en cas d’empêchement ou de défaillance de la famille que l’État peut se substituer. L’idée, héritée de la Révolution française et des Lumières, selon laquelle l’enfant doit être arraché aux déterminismes familiaux, religieux ou sociaux par l’école, ne correspond pas aux attentes de la société. L’intérêt de l’enfant est que l’école lui montre d’autres horizons sans pour autant le rendre hostile et étranger à son ancrage d’origine.

Climat — contrairement aux prévisions, aucune accélération à la hausse du niveau de la mer

En juin 1988, divers scientifiques ont témoigné devant le Congrès américain, notamment le Dr James Hansen de la NASA, affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme étaient responsables de la hausse des températures. Le New York Times titrait alors « Réchauffement planétaire a commencé ».




L’article du Times indiquait que « la hausse de la température mondiale causerait une dilatation thermique des océans et ferait fondre les glaciers et la glace polaire, faisant ainsi monter le niveau de la mer de 1 à 4 pieds (30 à 120 cm) d’ici le milieu du siècle prochain (éloigné à l’époque de 62 ans, maintenant de 31 ans). Les scientifiques ont déjà détecté une légère augmentation du niveau de la mer. »

Au vu des mesures les plus récentes, on n’observe pourtant aucune accélération à la hausse du niveau de la mer... Et la hausse est loin d’atteindre les 30 à 120 cm en 62 ans prédits.

Ci-dessous la plus longue série disponible aux États-Unis, celle de New York à Battery Point, c’est aussi la plus fiable. Au taux actuel, la hausse est de moins d’un pied (0,94 pi, 28 cm) en un siècle (1918-2018). Loin des 30 à 120 cm en 62 ans prévus par Hansen.


La climatologue Judith Curry, présidente de l’École des sciences de la Terre et de l’atmosphère au Georgia Institute of Technology, a commenté ces mesures :

« Le niveau de la mer monte, mais cela se fait progressivement depuis les années 1860 ; nous n’observons pas encore d’accélération significative de ce processus à notre époque. [...] Là encore, il faut envisager la possibilité que les causes de l’élévation du niveau de la mer soient en partie ou principalement naturelles, ce qui n’est pas surprenant, dit Curry le changement climatique est un phénomène complexe et mal compris, impliquant nombre processus. »

« La climatologie devient une science de plus en plus douteuse, au service d’un projet politique », se plaint-elle. En d’autres termes, « la politique prime sur la science. »


La montée du niveau de la mer n'est pas le même tout le long d'une côte. Voici les valeurs observées  le long de la Nouvelle-Angleterre, les mesures de The Battery à New York sont les plus anciennes et les plus fiables (leur marge d'erreur est la plus basse)

Les données des marégraphes côtiers de la NOAA sont rarement mentionnées par les militants convaincus de l’« urgence de la crise climatique ». Elles ne confirment aucun emballement climatique et contredisent les prévisions faites il y a plus de 30 ans par des savants respectés.

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mardi 5 mars 2019

Colombie-Britannique : cour suprême interdit aux parents de s'opposer au traitement hormonal de transition de leur fille de 14 ans

Le 27 février, la Cour suprême de Colombie-Britannique (Canada) a ordonné qu’une jeune fille de 14 ans reçoive des injections de testostérone contre le gré de ses parents. Le tribunal a également déclaré que si l’un de ses parents utilisait un pronom féminin ou s’adressait à elle par son prénom féminin, il serait considéré comme coupable de violence familiale.

Maxine (nom modifié*) a été encouragée par sa conseillère scolaire du district scolaire Delta de la Colombie-Britannique à s’identifier comme un garçon alors qu’elle était en septième année. À l’âge de 13 ans, le Dr Brenden Hursh et ses collègues du BC Children’s Hospital [l’Hôpital pour enfants de C.-B.] ont décidé que Maxine devrait commencer à prendre des injections de testostérone afin de paraître plus masculine.

Bien que la mère de Maxine ait finalement accepté de prendre en charge les injections hormonales, son père Clark (nom modifié*) s’est inquiété des conséquences permanentes des hormones de transition sexuelle. Suspectant que les problèmes de santé mentale de sa fille pourraient être la cause de son mal-être plus que l’effet d’une dysphorie de genre, il a finalement décidé qu’il serait préférable pour elle d’attendre qu’elle soit plus âgée avant de se lancer dans un traitement irréversible.

C’est alors que le Dr Hursh a informé Clark qu’il commencerait les injections de testostérone sur le seul consentement de Maxine, affirmant qu’il avait le droit de le faire en vertu de la BC Infants Act [la Loi sur les mineurs de C.-B.]. Clark a rapidement déposé une demande en injonction (saisi en référé) pour s’y opposer. Mercredi, toutefois, un juge a estimé que Maxine « avait le droit exclusif de consentir à un traitement médical pour dysphorie de genre », indépendamment de l’opinion de l’un ou l’autre de ses parents.

En outre, le tribunal a déclaré : « Essayer de persuader [Maxine] d’abandonner le traitement relatif à la dysphorie de genre ; s’adresser à [Maxine] par son nom de naissance ; se référer à [Maxine] en tant que fille ou avec des pronoms féminins que ce soit directement ou en parlant à des tiers ; sera considéré violence familiale au sens de l’article 38 de la Loi sur le droit de la famille. »

Le père s’est déclaré fortement déçu par la décision du tribunal. « Le gouvernement s’est emparé de mes droits parentaux », a-t-il déclaré. « Ils utilisent [Maxine] comme un cobaye dans une expérience… Le BC Children’s Hospital sera-t-il là dans 5 ans quand elle rejettera [son identité masculine] ? Bien sûr que non ! Ils s’en foutent. Ils veulent faire du chiffre. »

Dans le passé, la majorité des enfants atteints de dysphorie de genre (ou trouble de l’identité de genre) diagnostiqués par les centres de changement de sexe ont fini par adopter leur sexe natal à l’âge adulte. Clark a fait référence à des informations récentes en provenance d’Angleterre indiquant que certaines cliniques pour personnes transgenres se pliaient aux pressions intenses exercées par les activistes trans pour inciter les enfants à adopter rapidement des traitements hormonaux.

Clark a estimé qu’il ne pouvait pas se fier au diagnostic du BC Children’s Hospital : « Ces militants ont pris le dessus », a déclaré Clark, « et ce n’est pas dans l’intérêt de nos enfants. C’est dans l’intérêt de leur promotion personnelle et des choses qu’ils veulent faire et accomplir. »

Durant cet entretien, Clark a continué de parler de sa fille en tant que fille, « parce qu’elle est une fille. Son ADN ne changera pas à travers toutes ces expériences qu’ils font ».  Clark se rendait compte que cette déclaration pouvait être interprétée comme une violation de l’interdiction formulée par le tribunal de ne pas « parler de [Maxine] en tant que fille… à des tiers ».

« Nous allons nous battre jusqu’à la Cour suprême du Canada », a-t-il déclaré. « Nous n’allons pas abandonner. »

Kari Simpson, chef de l’organisme canadien pro-famille Culture Guard, qui a contribué à sensibiliser et à soutenir le cas de Clark, a convenu que le cas devait faire l’objet d’un appel. « Ne pas contester cette décision » aurait des conséquences désastreuses pour « d’autres jeunes qui tentent de survivre dans une société de plus en plus hostile et dangereuse », a-t-elle déclaré.


* Clark et Maxine ne sont pas les véritables noms du père et de la fille. Leur identité a été dissimulée par une ordonnance du tribunal. Les documents judiciaires utilisent les initiales CD et AB, respectivement, et les médias appellent Maxine « Max ».

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La priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres.

Féminisme — Google paie moins ses informaticiens que ses informaticiennes...

L’audit interne de Google relatif à la rémunération de ses employés a révélé que ses ingénieurs logiciels mâles de niveau 4 étaient moins bien payés que les femmes occupant le même poste. Cela a conduit Google à verser 9,7 millions de dollars de compensation pour ajuster les salaires de 10 677 employés.

Il n’est pas clair combien d'employés ont reçu ces ajustements salariaux étaient des hommes (TechCrunch a contacté Google à ce sujet, mais la société a refusé de partager des données supplémentaires), mais Google cite la sous-rémunération des hommes comme une raison pour laquelle la société a payé plus de paiements de redressement en 2018 qu’en 2017. Le New York Times rapporte que les hommes ont reçu un pourcentage disproportionnellement plus élevé de l’argent.


jeudi 28 février 2019

Les États-Unis dévastés par les opioïdes

« Antidouleurs : l’Amérique dévastée » : un reportage d’Envoyé spécial diffusé sur France 2 le 21 février 2019.

Très efficaces pour soulager la douleur mais extrêmement addictifs, les opioïdes ont inondé le marché américain. Ils sont à l'origine d'une terrible crise sanitaire, avec 72 000 morts d'overdose pour la seule année 2017.

ECR révisé : davantage de place à l'athéisme ?

Selon le Soleil, le Premier ministre François Legault croit que des « changements importants » doivent être apportés au cours Éthique et culture religieuse, mais son gouvernement n’a pas l’intention de l’abolir.

M. Legault a déclaré mardi vouloir que le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge réforme ce cours d’ici la fin du mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ). « Ce cours doit être complètement revu. »

Toutefois, « on n’est pas obligés de jeter le bébé avec l’eau du bain. On a le droit d’expliquer l’histoire des religions aux personnes, aux jeunes qui viennent dans nos écoles », affirme M. Legault.

Pour M. Roberge, l’abolition pure et simple du cours est « une fausse bonne idée », car ce cours a justement été créé lorsque le gouvernement du Québec a décidé de déconfessionnaliser ses écoles (et à l’imposer également aux écoles privées confessionnelles... comme au collège Loyola qui s’est opposé à cette imposition, surtout pour la partie « éthique » du programme ECR qui ne permettait pas d’exposer clairement la vision catholique sur des questions éthiques ou morales).

Le ministre dit toutefois qu’un travail de révision de ce cours sera « éventuellement » lancé, afin de revoir les manuels et de « corriger ce cours-là ». Selon le Soleil, « une plus grande place à l’athéisme devrait y être faite ».

Selon le chef péquiste, cette posture de la CAQ montre que le parti ne va pas assez loin du côté de la laïcité, surtout qu’il veut faire adopter un projet de loi interdisant le port de signes religieux chez les personnes en autorité au cours des prochains mois. « C’est un test de cohérence pour le gouvernement de la CAQ », croit-il.

M. Bérubé déplore que le cours d’Éthique et culture religieuse fasse la promotion du multiculturalisme et soit « éminemment sexiste », comme l’avait jugé un rapport du Conseil du statut de la femme publié en 2016.

Québec solidaire a quant à lui adopté une position similaire à celle de la CAQ, en plaidant pour le maintien du cours, tout en corrigeant certaines lacunes.