vendredi 11 janvier 2019

Table ronde 16 janvier « L’éducation sexuelle au Québec, de la controverse à la solution »


Entraide Bois-de-Boulogne vous invite cordialement à assister à une table ronde sur :


« L’éducation sexuelle au Québec, de la controverse à la solution »


qui sera donnée par :


Raouf Ayas
Médecin

et

M. l’abbé Robert J. Gendreau
Directeur au Service de pastorale liturgique, Archevêché de Montréal



Le Gouvernement du Québec impose un programme d’Éducation sexuelle de la maternelle à la 5e année du secondaire. Plusieurs croient qu’un besoin existe. Pourtant, des milliers de parents ont signé une pétition pour s’y opposer. Les écoles n’arrivent pas à donner leurs cours face au refus des professeurs.

Pourquoi tant de résistance ?

Venez à cette table ronde pour comprendre la problématique et trouver des solutions.

Nous allons proposer une stratégie et un outil pour les parents qui se sentent interpellés.



Mercredi 16 janvier 2019

Au Centre des Loisirs de Saint-Laurent
1375, rue Grenet, salle 225AB, Saint-Laurent


19 h 30 : rafraîchissement
20 h : panel
20 h 45 : période de questions



Y a-t-il une meilleure façon de parler de l'éducation sexuelle ? Un parent montréalais le pense


On trouvera ci-dessous la traduction d’un article de CTV sur l’opuscule écrit par le Dr Ayas et l’abbé Gendreau. 

On remarquera la différence de ton et d’angle avec la presse francophone québécoise : CTV interroge le père de trois enfants (ci-contre) et le laisse parler... ! On n'insiste pas ici sur le fait qu'un curé a osé être le coauteur de l'opuscule en convoquant immédiatement des bataillons lubriques de curés pédophiles comme ceux qui hantent la « réflexion » hallucinée de Sophie Durocher. CTV ne produit pas un article partial et partisan comme Radio-Canada ou l’article indigent de la Presse.

Un parent montréalais a réécrit le programme d’éducation sexuelle du Québec pour refléter ses propres valeurs — et la version remaniée est classée en première place dans sa catégorie sur Amazon.ca.

Raymond Ayas, père de trois jeunes enfants, s’est dit préoccupé par le fait que de nombreux sujets liés à l’éducation sexuelle sont présentés à des enfants trop jeunes.

« En tant que parent religieux, je crains que la manière dont certains documents ou contenus de cours seraient dispensés puisse être contraire à ma foi ou à ma vision du monde », a-t-il déclaré à Global News.

Ces sujets sont importants et doivent être abordés, mais la façon dont le gouvernement veut le faire ne convient pas nécessairement à mes enfants. »

Il a recréé le document avec l’aide de son père, le docteur Raouf Ayas, et du père Robert J. Gendreau.

Le livre intitulé Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du ministère de l’Éducation du Québec : de la maternelle à la 3e année du primaire - n’est disponible qu’en français à l’heure actuelle, mais c’est déjà un succès de librairie sur Amazon.ca

Lors d’une conférence de presse à Montréal, le Premier ministre du Québec, François Legault, s’est dit en désaccord avec le guide alternatif. [Note de carnet : on ne peut que se demander s’il l’a lu...]

« Je suis très heureux de voir que nous aurons des cours d’éducation sexuelle dans toutes nos écoles et je pense que tous les enfants doivent suivre et suivre ces cours », a-t-il déclaré.

Ayas dit que le plan est également de publier des volumes pour la 4e à la 6e année, ainsi que pour le secondaire, dans les deux langues officielles.

« Une fois que nous avons étudié le programme, nous avons réalisé qu’il y avait des problèmes », a-t-il déclaré.

« Par exemple, essayez de trouver le mot “amour”. Il n’apparaît nulle part. Pour une personne croyante, je vois la relation [conjugale] comme étant fondée sur l’amour. Où est l’amour dans tout cela ? Où est la relation ? »

Ayas soutient que les parents doivent être davantage impliqués dans le dialogue sur le sexe avec leurs enfants.

« En tant que chrétien, l’amour est à la base de notre foi. Comment pouvez-vous retirer ceci de la partie la plus intime de la vie ? Nous avons dû le remettre [dans notre version du programme] », a-t-il expliqué.

« D’où vient un enfant ? Il est le fruit de l’amour. Ils viennent parce qu’ils étaient désirés. C’est l’élément qui manquait. »

Il insiste également sur le fait qu’il ne souhaite en rien interdire l’éducation sexuelle.

« Je pense que le gouvernement veut ce programme. Il y a un besoin d’éducation sexuelle, et nous le reconnaissons et voulons l’accepter », a-t-il déclaré à Global News.

« Nous n’incitons pas les gens à adopter cette attitude cavalière et à tout rejeter. Nous espérons que les parents parleront avec les enseignants et, surtout, avec leurs enfants. »

jeudi 10 janvier 2019

Radio-Canada et opuscule d'Ayas et Gendreau : article partial à charge, généralisations, omissions, manque de contexte

Article (vos impôts à l’œuvre !) assez typique et prévisible de Radio-Canada sur l’ouvrage de l’abbé Gendreau et du Dr Ayas.

Tout commence avec le titre de l’article :


C’est inexact. Il s’agit plutôt que les parents eux-mêmes enseignent l’éducation à la sexualité à leurs enfants (l’opuscule traite de la maternelle à la 3e primaire)  en accord avec l’école...

Deux heures plus tard, la société d’État corrigeait son titre pour le rendre moins inexact, mais pas complètement correct, car il s’agit de retirer des classes d’éducation à la sexualité pas tant de ne pas donner de cours d’éducation à la sexualité.


Extrait de l’article :
Le communiqué parle ainsi d’une « impasse », en présentant le manuel comme une porte de sortie. Le message indique également, de façon erronée, qu’« en bref, les parents peuvent parler avec les enseignants et prendre une entente spéciale pour donner la matière eux-mêmes ».

Les écoles du Québec devront obligatoirement offrir [c’est « imposer » pas « offrir » si l’on comprend bien le journaliste !] le programme du ministère de l’Éducation dans ce domaine à partir du mois de septembre, tant pour les élèves du primaire que du secondaire.

L’imposition de l’éducation à la sexualité dans la grille des matières à enseigner dans toutes les écoles du Québec empêche-t-elle tout dialogue et aux parents de donner la matière eux-mêmes ? Est-ce cela que le journaliste veut dire ? Sait-il qu’en 1992 cette possibilité avait été accordée par le ministre de l’époque pour le cours d’éducation sexuelle de l’époque ? Il devrait faire ses devoirs et demander au ministère ce qui a changé...

L’article poursuit
Au ministère de l’Éducation, on se dit surpris par cette sortie de l’abbé Gendreau.

Dans une déclaration transmise par courriel, on juge que « l’éducation à la sexualité est essentielle au bon développement de l’enfant », et que le retour de ces cours « est très attendu par les parents »
« Surpris  » — Cet étonnement n’en est pas un pour ceux qui ont suivi la pétition contre le nouveau cours d’éducation à la sexualité. Le ministère avait été informé des résultats de cette pétition (plus de 33 000 signatures sans aucune publicité dans les médias). Nous sommes plutôt étonnés de « cette surprise ».

« Essentielle » — Tout dépend de quelle éducation à la sexualité, à quel âge (à 5 ans ?) et comment. C’est toute la question, mais là le journaliste ne creuse pas, n’émet aucune réserve, il ne fait que relayer et être du côté du manche.

Quant à très « attendu par les parents »... Il faut croire le ministère sur parole, mais surtout une nouvelle fois cette affirmation n’est pas contextualisée :



  • Le cours n’est pas attendu par les parents (tous), mais visiblement des parents (certains, peut-être même beaucoup)
  •  On comprend que la machine gouvernementale parvient avec nos impôts à créer une certaine bienveillance auprès des parents pour le nouveau programme en insistant sur des nouveautés peu controversées (lutte au cyberharcèlement, au sexto, etc.), mais en ne parlant jamais des sujets plus controversés abordés par exemple par les auteurs de cet opuscule.

    L’article à charge continue :

    La réaction n’a pas non plus tardé du côté des enseignants. En entrevue à RDI, Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, un regroupement d’enseignants, a été formel : les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques.

    « Bien que l’on ait plusieurs problèmes avec l’implantation de ce projet, nous n’avons jamais été contre ça », a-t-il déclaré.

    À nouveau pas « des enseignants » (à savoir tous), mais « du côté d’enseignants ». Nous connaissons des enseignants qui ne sont pas d’accord avec le contenu ou qui sont inquiets de possibles dérapages par des enseignants idéologues.

    À nouveau « les cours d’éducation à la sexualité sont bénéfiques », tout dépend lesquels, donnés par qui, à quel âge, comment, à quels enfants, etc.


    Il existe un consensus social sur le fait qu’il faut parler d’éducation à la sexualité aux jeunes. On a permis aux parents de le faire, et vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné.

    M. Gingras [président du Syndicat de Champlain] a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau, selon qui les jeunes vivent une période de « latence sexuelle » entre les âges de 6 et 12 ans.

    On a permis aux parents de le faire ? On a l’impression que les enseignants sont encore assez bons d'accorder aux parents la permission d’enseigner des choses à leurs enfants. Qui dit que « cela » n’a pas fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Selon quels critères ? Chez combien de parents ? Faut-il préciser que l’éducation à la sexualité est déjà enseignée depuis longtemps dans les écoles québécoises (sous des formes différentes) et que « vraisemblablement, ça n’a pas fonctionné » non plus ?

    « M. Gingras a par ailleurs rejeté les arguments de l’abbé Gendreau »... Quelle légitimité le syndicaliste Gingras a-t-il dans ce domaine ? Est-il pédiatre, psychologue, philosophe ? Peut-il imaginer que tous les enfants ne sont pas les mêmes ? Le journaliste de Radio-Canada a omis de signaler que l’abbé Gendreau s’appuyait sur l’avis du Dr Maurice Berger, professeur en psychologie de l’enfance. Pour combler cette innocente omission, nous incluons ci-dessous une brève vidéo du Dr Berger (il se dit clairement athée dès le début de la vidéo, ce n’est donc pas la raison de cette omission par la SRC).



    Pour sa part, le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, invite l’archevêché de Montréal à laisser la pédagogie « aux experts et aux expertes que sont les profs ».

    « Je pense que l’archevêché, sous couvert de soutenir les profs, veut promouvoir un ordre du jour religieux en instrumentalisant une question très sensible, et en se préoccupant peu de la charge de travail des profs et des besoins des élèves », a-t-il indiqué sur les ondes de l’émission Midi Info.

    Ce corporatisme devient risible.

    L’anthropologie ou la philosophie entourant la sexualité n’est pas de la « pédagogie » que seuls des diplômés des facultés d’éducation du Québec, dûment patentés, peuvent enseigner comme des techniciens qui suivent des recettes de pédagogie.

    La question est d’abord celle du contenu de ces cours, de conceptions anthropologiques, philosophiques, spirituelles qui peuvent varier. M. Mallette peut-il concevoir que tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs entourant la sexualité ? L’importance de la fidélité, de l’abstinence avant le mariage, la primauté de l’amour par rapport à la recherche du seul acte sexuel mécanique sont des sujets sur lesquels les gens peuvent légitimement être en désaccord. Pourquoi le gouvernement doit-il se mêler de lutter contre les « stéréotypes de genre » ? Les « pédagogues » ne sont que de petits soldats dans ces disputes en rien des autorités. Est-ce que la théorie du genre, la lutte contre l’hétérosexisme (officielle !) ou la bienveillance envers le mouvement trans sont des vérités révélées ? Ces aspects dans les programmes d’éducation à la sexualité « modernisés » ne pourraient-ils pas en fait faire plus de mal que de bien ? Même si cette matière est donnée par ces « pédagogues », ces « experts » (dès la maternelle !)

    Enfin, pourquoi cette crispation ? Pourquoi le ministère, les « pédagogues » ne peuvent-ils admettre la diversité des enfants, des sensibilités des parents ? Pourquoi ne pas permettre aux parents d’aborder ces questions de manière structurée à l’aide de ce genre de manuels ? 

    Pourquoi au Québec faut-il que ce soit toujours la taille unique pour tous ?



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    Éducation sexuelle : retirez vos enfants des classes, propose l’archevêché

    Québec — Roberge (CAQ) veut que l’Éducation à la sexualité soit imposée à tous malgré couacs et difficultés

    La chronique hallucinante de Sophie Durocher sur le sujet : Que les curés s’occupent de leurs fesses !, le second auteur, le Dr Ayas, a-t-il, lui, le droit de parler ?

    Québec — le programme ECR serait là pour de bon selon le ministre Roberge

    Attitude de parent québécois face au ministère qui sourit et dit avec une belle constance « non ! »

    Éducation sexuelle: retirez vos enfants des classes, propose l'archevêché

    La Presse a publié un article sur le livre du Dr Ayas et de l’abbé Gendreau. On y sent poindre la désapprobation du journaliste qui cherche à montrer des contradictions dans la démarche des auteurs et à citer des phrases qui choqueraient des parents progressistes peu au courant de la recherche sur le sujet.

    L’archevêché de Montréal a relayé hier une invitation à retirer les enfants de leurs classes d’éducation sexuelle afin de confier aux parents le soin de donner eux-mêmes le nouveau cours obligatoire en respectant « la pudeur naturelle » des jeunes.

    Les autorités ecclésiastiques font la promotion d’un manuel [portant sur le cours d’éducation sexuelle imposé aux enfants de maternelles en 3e année du primaire, il faudrait le dire ici] destiné aux parents catholiques, qui compare le nouveau programme à une agression. 

    Mais plutôt que de s’y attaquer de front devant les tribunaux, la conclusion d’ententes à la pièce est préconisée : « Les parents peuvent parler avec les enseignants et prendre une entente spéciale pour donner la matière eux-mêmes », indique un communiqué relayé hier par l’archevêché.

    [Rappelons que le ministre Michel Pagé en 1992 avait permis la dispense du cours tant que l’enfant dispensé recevrait de l’information équivalente]

    Le court manuel promu par l’Église reprend les objectifs obligatoires du Ministère en les adaptant à une perspective catholique.

    Rédigé notamment par le directeur du service de pastorale liturgique de l’archevêché (mais à titre personnel), le livre préconise de repousser à plus tard plusieurs discussions sur la sexualité.

    « Il est en effet reconnu par les psychologues les plus crédibles que l’enfant vit une période de latence de 6 à 12 ans environ, il serait comme sexuellement endormi », expliquent l’abbé Robert Gendreau et le médecin Riouf Ayas dans leur livre publié lundi.

    « Il sera donc toujours préjudiciable au sain développement de l’enfant de forcer sa pudeur naturelle. L’action gouvernementale en ce sens pourrait être considérée comme une agression, alors que c’est exactement ce qu’elle prétend vouloir prévenir. »

    – Extrait du livre de l’abbé Robert Gendreau et du Dr Riouf Ayas

    Le programme d’éducation à la sexualité devrait être implanté à partir de cette année dans plusieurs commissions scolaires du Québec. Son déploiement a été retardé en raison des réserves des syndicats quant à la formation des enseignants.

    Au primaire, il occupera cinq heures par année scolaire. Le temps qui lui est consacré triple au secondaire. Le droit de retrait est virtuellement impossible à exercer, sauf pour les victimes de crimes sexuels.  

    [Le Québec, pays du Monopole de l’éducation...

    Notez que la loi n'est en rien aussi restrictive, voir l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique du Québec.

    222. La commission scolaire s’assure de l’application du régime pédagogique établi par le gouvernement, conformément aux modalités d’application progressive établies par le ministre en vertu de l’article 459.

    Pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d’un élève, d’un élève majeur ou d’un directeur d’école, l’exempter de l’application d’une disposition du régime pédagogique.

    Il n'est en rien question de victimes sexuelles ni même d'avoir été victime de quoi que ce soit. C'est l'interprétation qu'en fait le Monopole de l'Éducation qui rend ce droit virtuellement impossible... Et si les parents ne sont pas contents, ils peuvent essayer de gagner devant les tribunaux avec un État qui utilise avec prodigalité les deniers publics pour imposer son interprétation restrictive. C'était justement l'article de loi invoqué par les parents dans l'affaire Lavallée c. la commission scolaire de Drummondville. Voir La mère aux commissaires : « Qu'est-ce que ça vous prend comme préjudice grave ? »

    ]



    Des familles inquiètes

    En entrevue, l’abbé Gendreau a expliqué qu’il côtoyait « beaucoup de familles chrétiennes » inquiètes par rapport au nouveau programme et à la rapidité avec laquelle il aborde certains sujets. « Nommer toutes les parties du sexe de la femme, de l’homme, externes et internes... je pense que quand on est en première année, c’est un peu raide », a-t-il expliqué. D’autres informations arrivent « beaucoup trop tôt » dans le parcours des enfants, à son avis.

    Une réflexion a eu lieu et une solution a émergé, a-t-il relaté : « Après l’entente avec le professeur, on ne retire pas l’enfant du programme, mais on le retire de la classe. » Aux parents de prendre en charge ce cours à la maison, d’où la pertinence d’un manuel.

    Ce manuel contient d’ailleurs un contrat vierge à faire signer par l’enseignant. Il prévoit que l’enfant « sortira de la salle de classe » pendant les cours pour se rendre à la bibliothèque ou dans un bureau.

    « En contrepartie, nous nous engageons à remplir les objectifs pédagogiques à la maison », promettent les parents en signant le contrat.

    Robert Gendreau précise que chaque parent serait alors libre de donner les enseignements prévus dans des séances formelles ou au moyen de discussions informelles. L’abbé n’est au courant d’aucune entente du genre pour le moment.

    Personne au ministère de l’Éducation n’aurait été consulté quant à la légalité de ce type d’entente. Le ministère n’a pas répondu à La Presse, hier après-midi.

    Meilleures ventes

    Le manuel de l’abbé Gendreau et du Dr Ayas met de l’avant l’importance du mariage et de la foi dans la vie personnelle. Il propose notamment des passages bibliques à faire lire à l’élève et propose de « consolider ce que la nature nous a donné », plutôt que de soulever des questions d’identité sexuelle.

    Les deux coauteurs critiquent aussi à plusieurs reprises le programme du Ministère qu’ils se chargent pourtant de transmettre. [Ils n’ont guère le choix au Québec pays de la contrainte éducative : le journaliste suggère-t-il aux parents mécontents de passer plusieurs années devant les tribunaux, de dépenser plusieurs centaines de milliers de dollars sans nécessairement gagner à terme ? Ou seule la résignation silencieuse est-elle désormais admise ?] Ainsi, quand, en deuxième année, on demande d’aborder l’anatomie et la diversité des corps, les auteurs du manuel rechignent : « Cette réflexion n’est-elle pas prématurée à l’âge de 7 à 8 ans ? À cet âge, l’enfant est beaucoup plus disposé à entendre parler de Jésus que de sexualité », écrivent-ils.

    Le manuel met aussi en garde les parents contre les dérapages du programme, « qui pourrait en faire [des enfants] des proies faciles pour les prédateurs pédophiles qui attendent d’en abuser ».

    Le livre aborde seulement le programme de la maternelle à la troisième année du primaire. D’autres tomes réinterprétant le programme destiné aux autres groupes d’âge sont envisagés.

    Offert [vendu à un prix modique] sur Amazon.ca depuis le début de la semaine, le manuel s’est hissé parmi les ouvrages les plus vendus de sa catégorie sur la plateforme.

    Le manuel écrit par l’abbé Robert Gendreau et du Dr Riouf Ayas met de l’avant l’importance du mariage et de la foi dans la vie personnelle.

    Quelques extraits du manuel

    « Encourager une initiation précoce à la sexualité pose question, car cela peut attaquer la pudeur naturelle des enfants, déranger leurs sentiments d’intimité personnelle et détruire leur belle innocence. »

    « En premier lieu il faut développer chez l’enfant la pudeur, une pudeur saine et qui serait une première ligne de défense [contre les agressions sexuelles]. »

    « Il faut apprendre à ne pas en dire plus que ce que l’enfant veut savoir. »

    « Les filles seront toujours plus portées à jouer avec des poupées que les garçons. »


    [On sent que cela choquera le lecteur progressiste et que c’est peut-être la raison de cette courte citation sans contexte. La recherche université tend toutefois à prouver que c'est globalement vrai : dès la prime enfance les tout jeunes garçons sont plus attirés par les choses alors que les petites fillettes s’intéressent plus aux visages, aux gens. Voir Le paradoxe de l’égalité entre les sexes c. la théorie du genre et Jordan Peterson et l’égalité des sexes : députée et ex-ministre suédoise à du mal à comprendre. Notons que cette lutte ne réduit en rien les stéréotypes dans les choix de carrière en Scandinavie. Voir Plusieurs grandes études : l'égalité juridique des sexes renforce les différences sexuelles.

    Voici ce que disent les auteurs au sujet des « poupées » (3 passages), la réflexion des auteurs paraît raisonnable une fois citée en contexte:




    ]

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    mercredi 9 janvier 2019

    Brésil — Le coup de pied dans la fourmillière scolaire et universitaire

    Décrié sur la scène internationale, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a pris ses fonctions le 1er janvier.

    Pour mettre fin aux critiques, ce nationaliste dur tente de donner des gages sans renier son projet de lutte contre le gauchisme culturel. Ainsi, a-t-il nommé le Brésilo-Colombien Ricardo Velez Rodriguez, 75 ans, ministre de l’Éducation.

    Intellectuel, auteur de très nombreux livres, formé notamment en France, à L’EHESS, ce spécialiste de Tocqueville a quitté la Colombie à la fin des années 1970 avant d’assister à la mise en coupe réglée de l’université brésilienne.

    Sous la dictature militaire (1964-1985), la gauche a su admirablement conquérir le pouvoir culturel alors qu’elle avait perdu la guerre politique. C’est ainsi qu’un gros tiers des Brésiliens est devenu socialiste, préparant l’arrivée aux affaires du Parti des travailleurs de Lula au début des années 2000.

    Aussi, Velez Rodriguez a-t-il devant lui un double défi considérable : rompre avec l’idéologisation des enseignements et enrayer la chute du niveau scolaire. Les élèves brésiliens ayant le bonnet d’âne du classement PISA qui évalue le niveau en mathématiques (58e sur 65 pays) et en lecture (55e), les plus aisés déboursent entre 1 000 et 2 000 euros par mois pour scolariser leur progéniture dans des écoles privées hors de prix.

    Profil de  Ricardo Velez Rodriguez (en portugais)
    « En premier lieu, que l’on se débarrasse de tous les déchets marxistes qui ont repris les propositions éducatives de nombreux fonctionnaires du ministère de l’Éducation. »

    La faute en incombe notamment aux professeurs du secteur public, qui se prennent pour des clercs marxistes chargés de défaire la semaine ce que le pasteur évangélique a fait le dimanche. Acquise aux « cultural studies », la dernière session du baccalauréat local (ENEM) a atteint des sommets grand-guignolesques en novembre dernier. Les candidats ont dû analyser un texte écrit en pajuba, le « dialecte des travestis », puis disserter sur le « baiser lesbien de la grand-mère ». À aucun moment, il n’était précisé que l’extrême violence qui touche les homos et transgenres brésiliens est majoritairement le fait du crime organisé… et non des conservateurs sociaux qu'il faudrait réformer.

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    Brésil — Nomination d'un ministre de l'Éducation conservateur



    L'OQLF n'a plus analysé la qualité du français à l'école depuis 2008

    Jacques Maurais, ancien coordonnateur de la recherche et de l’évaluation à l’OQLF, souligne dans une lettre ouverte que

    2. L’OQLF devait publier en 2018 le bilan que l’article 160 de la Charte de la langue française lui impose de faire « au moins tous les cinq ans ». Il n’a publié aucun bilan complet depuis 2008. Je vous prie de demander à l’OQLF de mettre à jour tous les tableaux du bilan de 2008 pour que les citoyens puissent se faire une idée de l’évolution de la situation linguistique.

    [...]

    4. Le bilan de 2008 comportait un chapitre sur la maîtrise du français. On y trouvait des données sur le taux de réussite en qualité de la langue aux épreuves de français de 5e secondaire et à l’épreuve uniforme de français du collégial. Le ministère de l’Éducation ne met pas en ligne les résultats détaillés aux épreuves du secondaire : il importe donc que l’OQLF mette à jour les données de son bilan de 2008. Pour le collégial, nous savons que le taux de réussite au critère de la qualité de la langue est passé de 90 % en 1998-1999 à 84,8 % en 2015-2016. Les analyses que j’ai faites des données du Ministère montrent aussi que les résultats en orthographe sont en baisse depuis 1997-1998 et en syntaxe depuis 2002-2003. Le Ministère n’a pas publié les résultats de 2016-2017 et de 2017-2018. Pourriez-vous demander à votre collègue de l’Éducation de les mettre en ligne en attendant qu’ils soient intégrés au bilan de l’OQLF ?


    On apprend aussi :

    3. La place du français dans l’affichage à Montréal vous inquiète à juste titre. L’OQLF a publié le 29 mars 2018 une étude sur l’affichage à Montréal. On y affirmait que, de 2010 à 2017, il y avait eu une hausse dans la conformité à la réglementation. Cette hausse n’est pas étonnante quand on sait que la règlementation a été assouplie en 2016. Le Devoir a bien débusqué l’astuce quand il a titré dans son édition du 30 mars : « De nouvelles règles embellissent le portrait de l’affichage en français. » L’étude publiée en 2018 se concentre sur la conformité des commerces au nouveau règlement édulcoré mais fournit très peu de données sur la concurrence des langues dans l’affichage et encore moins sur l’évolution de cette concurrence.

    Il m’a néanmoins été possible d’établir à partir de ces données parcellaires que, de 1997 à 2017, les commerces ayant pignon sur rue affichant uniquement en français sont passés de 52 % à 22,8 %, soit une baisse de 29,2 points.

    Les données partielles dont nous disposons à l’heure actuelle permettent de croire qu’il y a eu un recul significatif de la présence du français dans l’affichage commercial sur l’île de Montréal depuis vingt ans.

    Pendant cette période, l’Office a effectué quatre enquêtes sur le sujet. Il a reçu le mandat de suivre l’évolution de la situation linguistique. Il dispose des données nécessaires pour informer la population de l’évolution de la concurrence des langues dans l’affichage commercial à Montréal de 1997 à 2017. Il ne l’a pas fait dans son rapport de 2018. Il se doit de le faire le plus tôt possible.

    5. L’OQLF a publié, en 2017, une nouvelle Politique de l’emprunt linguistique [à l'anglais "windshield", "bumper" ?], « sans réelle consultation du milieu » comme l’ont écrit les auteurs de dictionnaires Marie-Éva de Villers et Jean-Claude Corbeil. Ces derniers ajoutent : « La politique de l’emprunt linguistique adoptée par l’OQLF en 2017 constitue un recul évident, un retour à la case départ des années 60. Si l’on avait appliqué les critères d’acceptabilité retenus dans la nouvelle politique de l’emprunt linguistique, jamais nous n’aurions été en mesure d’entreprendre et de réaliser les chantiers linguistiques menés par l’Office de la langue française » (Le Soleil, 23 septembre 2017). J’espère que vous n’hésiterez pas à rappeler à l’OQLF que son rôle n’est pas de décrire les usages populaires québécois mais de proposer l’usage d’un français correct dans l’Administration, l’affichage, le commerce, la publicité, l’enseignement, etc.

    6. Je vous suggère, Madame la Ministre, de jeter un coup d’œil sur les priorités organisationnelles de l’OQLF. Le nombre d’inspecteurs y est passé de huit, en 2013‑2014, à quatre en 2014‑2015. On me dit que ce nombre serait toujours de quatre. Parallèlement, j’ai appris que deux terminologues ont été chargés de préparer, pendant au moins deux ans, des dossiers de « désofficialisation » de termes publiés à la Gazette officielle ces quarante dernières années : ce travail de Pénélope est-il vraiment nécessaire ? [Il s'agit donc de pouvoir utiliser dans la communication officielle des termes anglais plutôt que des termes français offciels.] L’OQLF ne pourrait-il pas mieux gérer ses ressources humaines ? Plusieurs termes qui étaient déconseillés dans les avis publiés à la Gazette officielle sont dorénavant considérés par l’OQLF comme acceptables en contexte familier. Est-ce le rôle de l’OQLF de régenter la langue familière ? Ne devrait-il pas plutôt s’occuper des usages institutionnels de la langue ?

    Jordan Peterson : l'État ne devrait plus enseigner l'éducation sexuelle

    Le New York Times a décrit le célèbre psychologue Jordan B Peterson dont le dernier livre s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires comme « l’intellectuel public le plus influent du monde occidental à l’heure actuelle ». Il s’est exprimé le 27 décembre 2018 dans le Scottish Catholic Observer, il revient sur la volonté politique de nombreux gouvernements en Occident d’imposer de nouveaux programmes d’éducation à la sexualité qui vont au-delà des faits biologiques et intègrent des éléments moraux, de lutte contre les « stéréotypes sexuels » ou de théorie du genre :


    « Je pense que nous sommes probablement près du point où l’État ne devrait plus enseigner l’éducation sexuelle des enfants, car il n’y a pas de consentement culturel quant au contenu d’un tel programme, alors je pense que cela devrait revenir à la famille », a déclaré le Dr Peterson.

    « Non pas que ce soit une solution parfaite, mais l’éducation sexuelle prescrite par l’État n’a pas été parfaite non plus, car elle est devenue tellement contaminée par une idéologie. », a-t-il ajouté.

    « Je pense que les écoles devraient simplement en rester là (“leave it be”). Si des idéologues enseignent à vos enfants, vous devriez les sortir de la classe, car il n’y aucune justification à l’enseignement idéologique. » [L'ennui c'est qu'il est difficile de savoir à l'avance si un idéologue enseigne à vos enfants et même après coup, les enfants ne disent pas toujours à quel point ils ont été troublés ou ébranlés par un tel idéologue à l'école.]

    « L’idée que nous n’aurions découvert la véritable nature du genre que ces cinq dernières années est le comble de l’absurdité. Je pense que la conséquence fondamentale est que cela va semer la confusion chez beaucoup plus d’enfants que cela ne les aidera. »

    Voir aussi

    Radio-Canada et opuscule Ayas et Gendreau : article partial à charge, généralisations, manque de contexte et distance

    Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

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    Étude suggère augmentation du nombre d’adolescentes transgenres est en partie un phénomène social

    La priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

    Le genre et l’université : une chape de plomb s’abat



    lundi 7 janvier 2019

    Sortie d'un livre sur le cours d'éducation sexuelle du Québec (m-à-j)

    Le livre est maintenant disponible !



    L'objectif des auteurs est de donner aux parents des pistes de réflexion en relation avec tous les thèmes et objectifs pédagogiques du programme d'éducation à la sexualité imposé par le Ministère de l'Éducation. En annexe: comment dialoguer avec son professeur pour trouver un terrain d'entente afin de retirer son enfant de la salle de classe et de donner la matière à la maison, tout en gardant l'enfant inscrit au programme.



    En vente pour moins de 10 $


    Version papier : https://www.amazon.ca/dp/2981797700/

    Version électronique Kindle : https://www.amazon.ca/dp/B07MLMTQ33/

    Sur le même sujet : Jordan Peterson : l'État ne devrait plus enseigner l'éducation sexuelle

    Radio-Canada et opuscule d'Ayas et Gendreau : article partial à charge, généralisations, omissions, manque de contexte




    Communiqué des Parents premiers éducateurs ::

    Message aux parents interpellés par le programme "Éducation à la sexualité" imposé dans toutes les écoles du Québec, publiques comme privées

     Publication de livre lundi 7 janvier en après-midi

    Plusieurs parents croient que le gouvernement impose des enseignements sexuels trop tôt et d'une manière qui contrevient à leurs valeurs. L'ex-Ministre de l'Éducation Sébastien Proulx a déclaré qu'il n'y aura pas de droit de retrait de ce cours.

    Pour sortir de cette impasse, Dr Raouf Ayas et l'abbé Robert J. Gendreau ont rédigé un outil pédagogique qui répond aux objectifs du Ministère de l'Éducation, tout en étant respectant le développement des enfants.

    Le livre sera vendu sur Amazon pour 10$ le lundi 7 janvier 2019 en début d'après-midi. Pour acheter votre copie le jour même, cherchez le nom du livre dans la barre de recherche http://www.amazon.ca/ : Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du Ministère de l'Éducation du Québec de la maternelle à la 3e année du primaire ou bien cherchez le livre par le nom des auteurs.

    De courtes vidéos explicatives seront bientôt mises sur cette page Facebook Parents Premiers Éducateurs et sur YouTube.

    Les cours commencent déjà partout au Québec, il n'y a plus de temps à perdre.

    Rappel: le Dr Raouf Ayas et l'abbé Robert J. Gendreau tiennent une conférence le mercredi 16 janvier 2019 à Saint-Laurent (Montréal), plus de détails ici







    samedi 5 janvier 2019

    Chine — Malgré la fin de la politique de l'enfant unique, la natalité continue de baisser

    Des démographes chinois ont déclaré que le nombre de nouveau-nés en 2018, la troisième année après la mise en œuvre complète de la politique en faveur des deux enfants, aurait peut-être diminué de plus de 2 millions et que le nombre de naissances continuera de diminuer. Le nombre de bébés nés en 2018 aurait chuté de plus de deux millions par rapport à 2017, qui avait déjà connu une chute de 3,5 % par rapport à l’année précédente.

    La Chine sera-t-elle vieille avant d’être riche ? Contrairement au Japon qui a commencé à vieillir après être devenu riche, ce qui est plus facile à gérer.

    L’âge médian de la Chine était de 22 ans en 1980. En 2018, il était de 40 ans. Il passera à 46 ans en 2030 et à 56 ans en 2050. Aux États-Unis, l’âge médian était de 30 ans en 1980 et de 38 ans en 2018. En 2030, il sera de 40 et 44 ans en 2050. L’âge médian au Québec a atteint 42 ans en 2016, par rapport à 34 ans en 1991 et à 26 ans en 1971. À titre de comparaison, l’Inde avait un âge médian de 20 ans en 1980 et de 28 ans en 2018.

    « Bien que les données nationales sur la naissance de nouveau-nés n’aient pas encore été publiées, les données révélées par les services de santé locaux ont montré que le nombre de nouveau-nés en 2018 avait diminué d’au moins 15 % par rapport à l’année précédente », a déclaré mardi He Yafu au Global Times. He Yafu est démographe et auteur d’un livre sur l’impact de la politique de population de la Chine.

    « Le nombre de naissances en 2017 était de 17,23 millions. Selon les calculs actuels, le nombre de nouveau-nés à travers le pays pourrait chuter de plus de 2 millions », a-t-il prédit.

    Il a ajouté que le nombre de naissances en 2018 pourrait tomber en dessous de 15 millions de personnes, citant une source proche de la Commission nationale de la santé.

    Yi Fuxian, chercheur à l’Université du Wisconsin à Madison, et Su Jian, directrice du Centre national de recherche économique de l’Université de Pékin, ont également déclaré au Global Times que le nombre de nouveau-nés en 2018 diminuerait de plus de 2 millions, une baisse qui contredit les prédictions optimistes des autorités de la santé chinoises. La plus haute autorité sanitaire du pays avait également prévu que le nombre de nouveau-nés en 2018 dépasserait de 790 000 naissances celui de 2017, alors qu’on assisterait plutôt à une baisse trois plus forte.

    Baisse de la population en 2018 de 1,27 million

    On apprend également une nouvelle qui serait une première en 70 ans ! La population de la Chine a baissé l’an dernier. Les chiffres officiels ne seront connus que courant janvier, mais le spécialiste Yi Fuxian, chercheur basé aux États-Unis à l’université du Wisconsin-Madison, estime que la population de la Chine a reculé l’an dernier de 1,27 million de personnes. Une paille par rapport à une population totale de 1,39 milliard d’habitants…

    Dogme de l’enfant unique

    Décidé afin d’éviter qu’un accroissement trop rapide de la population ne freine le développement économique, l’impopulaire dogme de l’enfant unique, introduit en 1979, a provoqué de terribles dérives, comme les stérilisations et les avortements forcés. Même si elle comportait des exceptions, cette politique répressive a également dangereusement accéléré le vieillissement de la population chinoise. D’où le revirement du gouvernement dès fin 2013 : les couples dont l’un des membres est enfant unique ont eu le droit d’avoir un deuxième rejeton. Deux ans plus tard, cette possibilité était étendue à l’ensemble des foyers, pour une entrée en application début 2016.

    La Chine est confrontée à une véritable bombe à retardement. Le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus devrait atteindre 487 millions en 2050, soit près de 35 % de la population, contre 241 millions fin 2017, selon des estimations des autorités chinoises. De quoi mettre en péril les fragiles systèmes de santé et de retraite du pays. Et menacer l’économie nationale. La population en âge de travailler (de 16 à 59 ans) a en effet chuté de près de 5,5 millions de personnes en 2017, déclinant pour la sixième année consécutive.

    Véritable politique nataliste

    L’assouplissement de la réglementation n’a pour l’instant pas eu les effets attendus. Après un rebond des naissances en 2016, leur nombre a chuté en 2017. Plus de 53 % des couples ayant déjà un enfant n’ont pas l’intention d’agrandir la famille, selon une enquête réalisée en 2016 par l’Association des femmes de Chine. Le coût de l’éducation, de la santé et du logement décourage notamment les parents. « De nombreux jeunes Chinois n’ont pas envie d’avoir d’enfant du tout ou de deuxième enfant, car ils craignent de faire chuter leur niveau de vie », souligne Chen Youhua, professeur à l’université de Nanjing, pour qui la multiplication des enfants uniques a contribué au développement de l’« individualisme » et de l’« hédonisme » en Chine. Les réticences sont particulièrement fortes au sein de la classe moyenne, précise-t-il. « La génération née après 1979 a grandi avec la propagande de l’enfant unique : l’idée d’avoir peu de descendants est ancrée dans leur mentalité », complète Yi Fuxian, démographe à l’université du Wisconsin à Madison.

    Beaucoup d’experts estiment que la Chine va devoir se lancer tôt ou tard dans une véritable politique nataliste. « Il faut des réformes draconiennes dans toute la société », avec un système de sécurité sociale qui encourage les naissances, une baisse des coûts de l’immobilier, d’éducation et de santé, ou une prise en charge du congé maternité par l’État et non par l’employeur, insiste Yi Fuxian.

    Mais, « quelles que soient les mesures, elles n’auront pas de réelle efficacité durant les trente ou cinquante prochaines années », indique le professeur Chen Youhua, tant la faiblesse du taux de fécondité est structurelle. « Des dizaines d’années de planification familiale ont dévasté la structure démographique de la Chine. Les problèmes ne peuvent pas être résolus du jour au lendemain », renchérit Yi Fuxian, qui rappelle que les enfants nés aujourd’hui n’entreront sur le marché du travail que dans une vingtaine d’années au plus tôt…


    Québec — Passer aux actes pour défendre la langue française

    Robert Dutrisac souligne avec justesse dans le Devoir de ce 5 janvier :

    François Legault a eu beau exprimer ses craintes quant à l’avenir du français au Québec, son discours d’ouverture ne mentionnait aucune mesure pour défendre ou promouvoir la langue française. Manifestant la même préoccupation, la ministre Nathalie Roy a écarté d’emblée tout renforcement de la loi 101, promettant seulement de se montrer plus ferme dans l’application des règlements actuels sur la langue d’affichage commercial, comme si c’était suffisant.

    Pendant près de quinze ans, les libéraux se sont refusés à affermir la Charte de la langue française (CLF) ; ils l’ont plutôt assouplie, en encadrant les écoles passerelles ou l’affichage des marques de commerce anglaises. En matière de langue de travail, ils n’ont rien fait, sinon déployer avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain une « stratégie commune d’intervention », faite de mesures volontaires, dans le but d’inciter les plus petites entreprises à se franciser, stratégie dont les résultats ont été des plus modestes. Mais au moins, la passivité libérale s’expliquait [au mieux] par une vision jovialiste de la situation de la langue française au Québec.

    Pour l’heure, la stratégie linguistique du gouvernement Legault repose essentiellement sur une meilleure francisation des immigrants.

    Suite ici

    Comme en éducation, on attend un vrai changement plutôt que des mesurettes qui ne modifient rien sur le fond.