lundi 8 octobre 2018

La constante dans l'histoire de France : qui fait l'ange fait la bête




Pour Éric Zemmour qui donnait une conférence lundi soir à Bruxelles devant plus de 200 spectateurs et une présence policière importante :
  • Emmanuel Macron, président des minorités, des « enfants de la République » (et non de la France) ? 
  • Le péché originel de la République : son universalisme, éloigné de la France, qui veut même tuer l’originalité de la France, pour rester seule  en lice.
  • L’école historiographique contemporaine renonce à écrire l’histoire de France. Pour diverses raisons dont certaines techniques liées à l’hyperspécialisation, au microscopisme bien commode : «  la discrimination de genre dans le Poitou en 1642 ». Cela fait une thèse pendant 3 ans. La vision globale du pays est perdue de vue. Mais c’est aussi délibéré. Les historiens déconstructeurs contemporains veulent détruire la France avec ce qui a fait la France, c’est-à-dire l’histoire. C’est pourquoi ils publient soit les histoires « mondiales » de la France, la dernière en date de Boucheron ou alors, à l’autre bout de l’échelle, des histoires d’individus ou de minorités. Mais une histoire globale de la France, surtout pas.
  • L’historien doit donner sens au passé d’un espace géographique. Si on enlève l’histoire à la France, qui n’est ni une langue ni une ethnie, il n’y a plus de France. Et l’occultation contemporaine de l’histoire de France est délibérée.
  • L’histoire n’est pas une science, elle ne peut échapper à une grille de lecture idéologique, c’est aussi vrai des historiens modernes déconstructeurs anti-nationalistes qui ne veulent plus qu’on parle de leurs anciens comme Henri Pirenne ou René Grousset (songez qu’il vante les Croisades !) qui avaient une grille de lecture totalement différente et écrivaient bien le français.
  • Ceux qui ont fait le plus de mal à la France ce sont ceux qui se sont laissés guidés par leur bon sentiment, souvent ceux qui ont fait le plus de bien sont ceux que notre époque vilipende par sentimentalisme.
  • Jusqu’à de Gaulle, les politiques étaient habités, hantés, par l’histoire. C’est ainsi que de Gaulle quand il doit s’expliquer devant ses ministres furieux après son « Vive le Québec libre ! », il explique son geste par le fait que Louis XV avait abandonné les Français du Canada.

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Zemmour sur Bock-Côté : l’avenir de l’Occident visible dès maintenant au Québec

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Éric Zemmour — Extraits de Destin français (m-à-j)

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dimanche 7 octobre 2018

Laïcité : elle ne permet pas de faire cohabiter des religions antagonistes, selon Zemmour

Extraits d’un entretien du journal Le Télégramme avec l’auteur Éric Zemmour en marge de la publication de son dernier essai Destin français :


Quelles leçons puisez-vous dans l’Histoire ?

Zemmour. — Le pouvoir politique a toujours eu besoin de l’Histoire pour se légitimer. Clovis [le franc converti au christianisme] a été le symbole d’une France chrétienne et au XIXe, les progressistes laïcards ont privilégié les Gaulois. Mais la France, qui n’est pas une race, ni une ethnie, ni même une langue, est un pays fondé par le catholicisme. L’Église et donc le christianisme ont uni et fédéré des populations disparates. Saint-Louis a voulu faire des Français le nouveau peuple élu. L’écrivain André Suarès disait « la France a l’Évangile dans le sang et sa plus grande erreur est de mettre du sentiment dans la politique ». L’Église a longtemps dénoncé — avant de le faire sien aujourd’hui avec le pape François — ce message hérétique qui résume le catholicisme à l’amour de l’Autre. Mais cet amour immodéré de l’Autre, jusqu’à la haine de soi, nous mènera au pire. Puisqu’on n’oblige plus les nouveaux arrivants à se soumettre aux valeurs et mœurs issues du christianisme, ils imposent dans de nombreux territoires, leur propre système de valeurs et de mœurs. C’est la charia de fait. Les conquérants de l’Islam ont toujours agi ainsi lorsqu’ils ont conquis l’Empire romain d’Orient, au contraire des « Barbares » venus du Nord, qui détruisaient l’Empire romain d’Occident, mais adoptaient la religion chrétienne et la langue latine. Les deux systèmes sont antagonistes de manière irréductible.


N’est-ce pas le rôle de la laïcité de faire cohabiter ces religions antagonistes ?

Zemmour. — La laïcité, produit du christianisme, ne peut s’accorder avec l’Islam, système politico-religieux mélangeant le temporel et le sacré. Malraux disait : « Une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion ». Deux civilisations qui se partagent un même territoire, cela ne peut que finir en guerre des civilisations et en France, une guerre civile. Nous avons oublié que nous étions le pays des guerres civiles, car nous avons oublié notre Histoire. Et on a tout fait pour ça. D’autres ne font pas notre erreur. Les pays de l’Est ont connu la conquête islamique et les drames du multiculturalisme. Chaque nation, après la dislocation de l’Empire des Habsbourg en 1919, était devenue un mini-empire multiculturel. Tout cela a fini par une guerre généralisée. Ils n’en veulent plus. Les Hongrois arrêtent donc les vagues migratoires comme les Polonais. Ce que les élites appellent avec mépris le populisme n’est rien d’autre que le cri des peuples qui ne veulent pas mourir. Car on connaît une explosion démographique sans précédent dans les pays du Sud. Il y avait 300 millions d’Africains en 1900 [Note du carnet : sans doute plutôt 120 millions, voir [1] et [2]]. Il y en aura 2 milliards en 2050. Ils se répandent sur les pays européens. Les envahisseurs [évaluent leurs options] et vont vers les pays faibles comme le nôtre qui ne se défendent pas au nom des droits de l’Homme.


Guerre, le terme n’est-il pas un peu fort ? Quel pessimisme !

Zemmour. — Nous avons des dizaines de Kosovo en préparation. Si nous voulons vivre une partition dans 20 ans, continuons comme cela. Il y a un grand mensonge sur les chiffres de l’immigration. Allez voir Michèle Tribalat (démographe, spécialiste des questions d’immigration ; NDLR, voir ici), elle vous donnera les vrais chiffres. En France, les guerres d’historiens ont toujours préparé les guerres politiques et les guerres civiles. Nous avons aujourd’hui des historiens qui effacent l’Histoire de France pour forger une « histoire inclusive » afin de permettre aux nouvelles populations de se reconnaître dans cette Histoire. Les immigrés d’avant faisaient le contraire, ils s’appropriaient l’Histoire de France. Le grand effacement accompagne le grand remplacement.




samedi 6 octobre 2018

Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode

Des revues savantes réputées ont été bernées par un énorme canular impliquant 20 articles loufoques.

Trois chercheurs ont publié des articles abscons sans fondements sur la « culture du viol de chien », « un pénis conceptuel » et ont même réécrit de longs extraits de Mein Kampf d’Adolf Hitler. Ces chercheurs ont réussi à faire publier dans plusieurs revues de référence aux États-Unis des essais aux thèses absolument délirantes, prônant par exemple le développement de l’usage anal de jouets sexuels chez les hommes pour lutter contre la transphobie et faire progresser le féminisme.

Leur objectif était d’exposer la manière dont les « absurdités » étaient publiées dans des articles universitaires de renom ayant fait l’objet d’une évaluation par les pairs en raison d’un manque d’examen critique.

Au total, l’équipe de trois chercheurs qui se disent « liberal » (plutôt à gauche donc en francophonie) a rédigé 20 articles de canulars sur un domaine d’étude défini de manière vague par les « études revendicatives » ou encore « études des griefs ».

Quand un homme se masturbe en pensant à une femme sans lui avoir demandé son consentement, c’est une agression sexuelle. Il existe une culture systémique du viol chez les chiens. L’astronomie est une science sexiste et pro-occidentale qui doit être remplacée par une astrologie indigène et LGBTQ. Ces thèses loufoques ont néanmoins été considérées avec le plus grand sérieux, et parfois même publiées, par des revues académiques de premier plan aux États-Unis, victimes de l’un des canulars universitaires les plus ambitieux jamais mis en œuvre…

Voici l’article qui ne préconise pas seulement d’empêcher les hommes blancs de parler en classe ; il encourage les enseignants à instituer une forme de « réparation expérientielle » en faisant asseoir leurs élèves blancs au sol, enchaînés.



Helen Pluckrose, James Lindsay et Peter Boghossian sont trois chercheurs américains, persuadés que quelque chose cloche dans le monde des humanités outre-Atlantique. Dans certains domaines des sciences sociales, « La recherche universitaire a remplacé de façon dominante la recherche de la vérité par celle de “revendications sociales” », écrivent-ils dans le magazine Areo. « Les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres facultés qui n’adhèrent pas à leur vision du monde ».

Se désolant de ce tournant idéologique en cours dans les universités américaines, notre trio d’universitaires établit une liste des disciplines les plus gravement touchées : il s’agit des matières communément regroupées dans l’enseignement supérieur américain sous le terme d’« études culturelles » ou d’« études identitaires » fondée sur les « théories » déconstructivistes post-modernes qui ont surgi à la fin des années soixante. On y trouve donc les fameuses « études du genre », les « études LGBTQ », mais également la « théorie critique sur la race », les « études des gros ou grasses » (sic) ou des pans entiers de la sociologie critique. Le point commun de ces branches universitaires, requalifiées en « études revendicatives » ou « études des griefs » ? D’après les trois chercheurs, elles produisent des travaux très souvent « corrompus » par l’idéologie, qui renoncent à toute honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de dénoncer les oppressions de toutes sortes : sexistes, raciales, postcoloniales, homophobes, transphobes, grossophobes…




Recette des faux articles : « une bêtise considérable »

Pour prouver leur diagnostic, Pluckrose, Lindsay et Boghossian ont fait un pari simple… et drôle : pousser, dans des articles fantaisistes, la doxa qu’ils pointent dans ses retranchements les plus absurdes et voir si ces papiers seraient acceptés pour publication dans de très sérieuses revues scientifiques. Ils ont donc passé dix mois à écrire de fausses études ou essais. Recette commune de ces essais : « Des statistiques totalement invraisemblables, des assomptions non prouvées par les données, des analyses qualitatives idéologiquement biaisées, une déontologie douteuse [...], une bêtise considérable ».

Les chercheurs ont ensuite systématiquement envoyé leurs travaux bidon aux « journaux de référence dans les champs universitaires concernés ». Après quasiment un an de bombardement de canulars, les trois audacieux ont été forcés d’arrêter leur expérience, car un de leurs textes commençait à connaître un important écho dans la presse. Mais les 20 articles écrits ont suffi à valider la pertinence de leur thèse : pas moins de sept d’entre eux ont en effet été validés par les revues universitaires, dont quatre publiés. Sept autres sont encore en cours d’examen et seulement six ont été refusés sans ambiguïté par les universitaires responsables de leur évaluation. Par quatre fois, les facétieux compères ont même été invités & mdash ; à titre de récompense pour leur « savoir exemplaire » & mdash ; à se joindre aux évaluateurs afin d’examiner le travail de « pairs »…

Résumés des articles-canulars


Un article, publié dans Gender, Place & amp ; Culture, affirmait être basé sur une année d’observation d’inconduites sexuelles chez les chiens dans un parc américain.

L’article indiquait que les parcs sont des « boîtes de Pétri pour la culture du viol canine » et affirmait que les gens devraient prendre conscience de la façon dont les chiens sont traités, en fonction de leur sexe.

L’année précédente, ils avaient publié un article intitulé « Le pénis conceptuel en tant que construction sociale » dans la revue Cogent Social Sciences.

Un autre article publié dans la revue Fat Studies affirmait que la musculation était un « sectarisme antigraisse ».

Un autre article publié dans le Journal of Poetry Therapy traitait de réunions de spiritualité féministe. Il a été écrit par un algorithme.

Un autre article publié dans la revue à comité de lecture Affilia est la réécriture d’un chapitre de Mein Kampf qui a été accepté malgré une double évaluation par des pairs.

Les auteurs prétendent que leurs farces montrent que la fixation de l’Université envers les politiques (théories) identitaires aboutit à résultats de recherche « absurdes et épouvantables ».
Lorsqu’on examine le contenu de ces faux essais, on peine pourtant à croire que leur absurdité n’ait pas sauté aux yeux des chercheurs chargés de les examiner. Dans un article intitulé « Passer par la porte de derrière : défier l’homo-hystérie masculine et la transphobie à travers l’usage de jouets sexuels pénétratifs », les chercheurs expliquent que si les hommes utilisent rarement des jouets sexuels pour « s’autopénétrer par voie anale », c’est parce qu’ils ont peur d’être pris pour des homosexuels ou par hostilité aux transsexuels. Conclusion : encourager cette pratique engendrerait, à coup sûr, une baisse de la transphobie et un progrès de valeurs féministes. Délirant ? Le texte a pourtant été publié dans la revue Sexuality and Culture, et qualifié de « contribution incroyablement riche et excitante à l’étude de la sexualité et de la culture » par réviseur universitaire.

Une de leurs inventions croquignolesques a même rencontré un réel triomphe universitaire : dans « Réactions humaines à la culture du viol et performativité homo au sein des parcs canins de Portland en Oregon », nos chercheurs soutiennent qu’il existe « une culture canine généralisée du viol » et qu’une « oppression systémique » frappe certaines races de chiens. Étude qualifiée « d’incroyablement innovante, riche en analyse, extrêmement bien écrite et organisée » par la revue Gender, Place, and Culture, qui lui a fait une place dans ses prestigieuses colonnes… et l’a même intégrée parmi ses 12 meilleures publications de l’année 2018 ! La chercheuse Helen Wilson, auteure de ce travail volontairement absurde, expliquant sa méthode de travail, y écrivait avoir « délicatement inspecté les parties génitales d’un peu moins de 10 000 chiens tout en interrogeant leurs propriétaires sur leur sexualité », mais également avoir « constaté un viol de chien par heure au parc canin urbain de Portland » ! Pas de quoi faire lever un sourcil aux universitaires chargés de valider son article pour publication dans une revue « de référence »…

D’autres mémoires-canular n’ont pas eu le temps d’être publiés avant que le canular soit finalement rendu public. Mais ils ont été quasiment intégralement validés par les revues auxquelles ils ont été présentés, avec des modifications mineures. On y trouve des thèses toujours aussi comiques : « L’Intelligence artificielle est intrinsèquement dangereuse, car elle est programmée avec des données masculinistes, impérialistes et rationalistes ». Ou encore : « L’astronomie est et sera toujours intrinsèquement sexiste et occidentale, ce biais masculiniste et occidental peut être corrigé en incluant une astrologie féministe, LGTBQ et indigène (par exemple, des horoscopes) à la science astronomique ».

Et même : « Les éducateurs devraient discriminer selon l’identité et calculer le statut de leurs étudiants en fonction de leurs privilèges [...], pénalisant les plus privilégiés en refusant d’écouter leurs contributions, ridiculisant leurs efforts, en parlant plus fort qu’eux et en forçant par exemple les élèves blancs à s’asseoir sur le sol entravés par de (légères) chaînes  » ! Toutes ces contributions n’ont reçu que des critiques de forme de la part des revues universitaires auxquelles ils ont été adressés. Celle proposant d’enchaîner des étudiants sur le sol a même été applaudie comme « une forte contribution à la littérature foisonnante s’attaquant à l’injustice épistémique dans la salle de classe ».


L'onanisme, une « violence métasexuelle contre les femmes »

D’autres faux essais universitaires ont été finalement rejetés après examen par des universitaires. Mais cela ne les a pas toujours empêchés de recevoir des commentaires chaleureux de la part de chercheurs chargés de les évaluer, qui ont parfois même poussé l’absurde encore plus loin. Ainsi, dans un mémoire consacré à la masturbation, les auteurs du canular écrivent que « quand un homme se masturbe en privé en fantasmant sur une femme sans qu’elle lui ait donné sa permission [...], il commet une violence métasexuelle contre elle ». Dans son évaluation, la première contributrice de Sociological Theory encourage nos chercheurs à aller plus loin encore dans cette voie : « Je pense à d’autres scénarios où les hommes pourraient transformer en arme leur non-connaissance de manière très tangible. Par exemple, la déclaration ambiguë “Je pense à toi tout le temps”, dite de manière impromptue à une femme par un homme, est particulièrement insidieuse, étant donné le contexte structurel de violence métasexuelle dans le monde ».



Réaction sarcastique à la suite des réactions épidermiques d’opposants à ce canular : « Ma première réaction fut de penser que des revues savantes censément réputées publient des passages réécrits de Mein Kampf était une mauvaise chose. Mais grâce à ce site [en fait Twitter], je comprends maintenant que le vrai problème sont les attaques de la droite contre l’université. »

« Juifs » remplacé par « Blancs » dans « Mein Kampf » : un chercheur applaudit

Le clou de cette fanfaronnade a été atteint par un essai présenté au magazine Sociology of Race and Ethnicity, où nos trublions prétendent « examiner de manière critique la blanchité depuis la blanchité ». Pour cela, ils ont ni plus ni moins sélectionné — sans le dire — des extraits de Mein Kampf rédigé par Adolf Hitler alors qu’il était en prison à Munich, en y remplaçant le mot « Juifs » par « Blancs ». L’article a été rejeté, mais cela ne l’a pas empêché de recevoir au préalable les éloges de plusieurs pairs universitaires. « Cet article peut devenir une contribution puissante et particulière à la littérature traitant des mécanismes qui renforcent l’adhésion blanche à des perspectives suprémacistes blanches, et au processus par lequel des individus peuvent atteindre des niveaux plus profonds de conscience sociale et raciale », écrit ainsi un chercheur enthousiaste, qui n’objecte que « des révisions concernant la précision, la clarté, l’expression d’assertions et des exemples concrets » et complimente ainsi sans le savoir une reprise de Mein Kampf.


Au bout du compte, la leçon que tirent les trois auteurs de leur plongée en absurdie sociologique mêle amusement et réelle inquiétude. Rejetant l’idée simpliste que « le monde universitaire est corrompu » ou que « tous les universitaires et évaluateurs dans le champ des humanités qui étudient le genre, la race, la sexualité ou le poids sont corrompus », ils tirent la sonnette d’alarme : « Nous n’aurions pas dû pouvoir publier n’importe lequel de ces articles si calamiteux dans des journaux réputés. Encore moins sept d’entre eux ». Ayant produit un « savoir » fort orienté, ils constatent aussi avec effarement que les chercheurs relisant leurs textes ne leur réclamaient souvent « pas d’être moins biaisé politiquement et moins négligent dans le travail, mais de l’être davantage ».




Le tableau final est implacable pour tout un pan du monde universitaire anglo-saxon : « Il y a un problème de production du savoir au sein de champs qui ont été corrompus par les “études revendicatives” (ou de griefs) nées du socioconstructivisme et du scepticisme radical. Parmi les problèmes, il y a la manière dont des sujets comme la race, le genre, la sexualité, la société et la culture sont traités par la recherche ». C’est donc bien un nouvel obscurantisme que les chercheurs décrivent, une idéologie qui « rejette l’idée d’universalité scientifique et d’objectivité et insiste, pour des raisons morales, sur la nécessité d’accepter la notion de vérités multiples basées sur l’identité ». Or selon eux, ce relativisme mortifère serait devenu « autoritaire » dans les universités américaines. Rappellent leur propre sympathie pour les mouvements des droits civiques, le féminisme et le mouvement LGBT, nos trois trublions émettent un souhait : « Nous espérons que ceci donnera aux gens — spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale — une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : “Non, je n’irai pas dans ce sens-là. Vous ne parlez pas en mon nom” ».

Plus de détails : Aeromagazine



vendredi 5 octobre 2018

La chute de Rome a bien eu lieu

Dans un livre paru il y a plus de trente ans, l’historien allemand Alexander Demandt avait recensé la totalité des théories permettant d’expliquer la chute de l’Empire romain. Il arrivait à un total assez surprenant de 210 hypothèses !

Certaines relevaient d’explications sérieuses : le déclin de la ville de Rome, les problèmes économiques ou fiscaux, la corruption politique… autant d’idées qui restent encore au centre des recherches de nombreux historiens. D’autres relevaient davantage de la sociologie : la chute de l’empire s’expliquerait ainsi par l’émancipation des femmes, par le relâchement des mœurs ou encore par l’influence de religions comme le judaïsme ou le christianisme. Enfin, d’autres thèses plus farfelues étaient avancées comme les épidémies, l’abandon des terres ou encore le changement climatique… Avec ces explications multiples, l’histoire de la chute de Rome nous apparaît ainsi sans fin. Faisant les choux gras des éditeurs, le sujet est d’autant plus prégnant qu’il règne aujourd’hui comme une atmosphère de fin d’époque ou de décadence relayées non seulement dans la presse, la production éditoriale mais aussi dans ces arènes plus passionnées que passionnantes que sont les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, deux thèses s’affrontent principalement : celle qui se situe dans la lignée de l’historien Henri Irénée Marrou ou plus récemment de Peter Brown, estime qu’il existe une antiquité tardive et que la transition vers le monde médiéval occidental se fit sur le temps long. On la retrouve aussi dernièrement dans le livre de Bertrand Lançon, La Chute de Rome, une Histoire sans Fin (Perrin). L’autre thèse est celle développée récemment par le livre de Michel de Jaeghere, Les derniers jours (Belles Lettres/Perrin Tempus). L’auteur y explique que la chute de Rome est identifiée dans le temps, qu’elle provoqua la fin d’une civilisation, le passage d’un monde à un autre. Il est interrogé par Christophe Dickès.

Michel de Jaeghere évoque les différences (quasiment symétriques) entre les invasions germaniques et les invasions arabes dans l’Empire romain.

Éric Zemmour dans son dernier ouvrage, Destin français, résume ces différences soulignées par Michel de Jaeghere :


Francs et Arabes se comprennent sans se parler parce qu’ils se ressemblent : ils sont tous deux des envahisseurs, des conquérants ; des tribus militarisées qui ont la guerre comme métier et le pillage comme instrument. Ils sont des briseurs de mythes ; ils ont détruit la Rome éternelle ; l’empire d’Occident pour les uns, l’empire d’Orient pour les autres. Mais là s’arrêtent leurs similitudes. Comme l’explique l’historien britannique Bryan Ward-Perkins, la conquête arabe fut si rapide et efficace que l’essentiel des structures économiques des terres conquises resta intact ; les incursions des Barbares venus de Germanie furent moins décisives, les Romains résistèrent plus longtemps ; l’économie de l’empire d’Occident s’effondra. Mais la différence ne s’arrête pas là. Les Arabes avaient dans leurs bagages les biens qu’ils jugeaient les plus précieux : un Dieu — Allah —, une loi — le Coran —, une langue — l’arabe. Leur Dieu leur avait donné la victoire ; et ils imposèrent leur loi et leur langue aux populations conquises, qui finirent par se vouloir héritières des peuples qui les avaient soumises. Une assimilation parfaite. L’empire d’Orient fut culturellement recouvert par l’Islam, comme l’avait été avant lui l’Égypte ancienne. En Occident, en revanche, Francs et Germains n’avaient ni religion, ni langues communes, ni droits puissants. Ils se convertirent au christianisme, même si certains s’entichèrent d’une version hérétique — et adoptèrent le latin pour la culture et l’administration.

Les Sarrasins firent traduire les textes grecs et romains en langue arabe, tandis qu’une partie des Francs, à la cour de Charlemagne, parlaient latin et redécouvraient avec délectation les textes anciens. Les rois germains s’inscrivaient dans la « continuité » avec Rome, alors que les conquérants arabes suivaient une stratégie de rupture. Henri Pirenne avait tout dit et tout compris : « Tandis que les Germains n’ont rien à opposer au christianisme de l’Empire, les Arabes sont exaltés par une foi nouvelle. C’est cela et cela seul qui les rend inassimilables […]. Islam signifie résignation ou soumission à Dieu et musulman veut dire soumis. Allah est un et il est logique que tous ses serviteurs aient pour devoir de l’imposer aux incroyants, aux infidèles. Ce qu’ils proposent, ce n’est pas comme on l’a dit, leur conversion, mais leur sujétion. C’est cela qu’ils apportent. Ils ne demandent pas mieux, après la conquête, que de prendre comme un butin la science et l’art des infidèles ; ils les cultiveront en l’honneur d’Allah. Ils leur prendront même leurs institutions dans la mesure où elles leur sont utiles. Ils y sont poussés d’ailleurs par leurs propres conquêtes. Pour gouverner l’empire qu’ils ont fondé, ils ne peuvent plus s’appuyer sur leurs institutions tribales ; de même les Germains n’ont pu imposer les leurs à l’Empire romain. La différence est que partout où ils sont, ils dominent. Les vaincus sont leurs sujets, payent seuls l’impôt, sont hors de la communauté des croyants. La barrière est infranchissable ; une fusion ne peut se faire entre les populations conquises et les musulmans*. »

Là où les Arabes arabisent, les Germains se romanisent. Là où les Arabes islamisent, les Germains se convertissent. Chacun se fait une conception différente de sa victoire, de sa conquête, de sa mission, faisant de son aire respective une terre étrangère et hostile à l’Autre : « Chez les Germains, le vainqueur ira au vaincu spontanément. Chez les Arabes, c’est le vaincu qui ira au vainqueur et il ne pourra y aller qu’en servant comme lui Allah, en lisant comme lui le Coran, donc en apprenant la langue qui est la langue sainte en même temps que la langue maîtresse […]. Le Germain se romanise dès qu’il entre dans la Romania. Le Romain au contraire s’arabise dès qu’il est conquis par l’Islam […]. En se christianisant, l’Empire avait changé d’âme, si l’on peut dire ; en s’islamisant, il change à la fois d’âme et de corps. La société civile est aussi transformée que la société religieuse. Avec l’Islam, c’est un nouveau monde qui s’introduit sur les rivages méditerranéens où Rome avait répandu le syncrétisme de sa civilisation. Une déchirure se fait jusqu’à nos jours. Aux bords du Mare nostrum s’étendent désormais deux civilisations différentes et hostiles. […] La mer qui avait été jusque-là le centre de la chrétienté en devient la frontière. L’unité méditerranéenne est brisée. » (H. Pirenne)

* Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, PUF, 1937.


L’invité : Michel de Jaeghere est journaliste, directeur du Figaro Histoire et du Figaro HS. Auteur de plusieurs ouvrages, son œuvre d’historien se distingue notamment par son travail sur la Chute de Rome : Les derniers jours (Belles Lettres – Tempus). Il a aussi publié La compagnie des Ombres (Belles Lettres), une compilation de ses articles, études et éditoriaux consacrés à l’histoire.



Attention, la vidéo ci-dessous est une reprise de l’enregistrement audio. l’image est donc fixe.

jeudi 4 octobre 2018

Épidémie d’occidentalophobie semble avoir frappé le monde universitaire anglo-saxon

Comment échapper au soupçon d’être une arme idéologique entre les mains du « suprématisme blanc » ?

« La culture occidentale doit ficher le camp »



La culture européenne, la civilisation occidentale sont-elles des choses du passé ? Ou pire, une ressource idéologique destinée à imposer la domination des hommes blancs sur le monde ? Les universités américaines ont été le théâtre d’intenses polémiques à ce sujet, il y a déjà bien des années.

À Stanford, en 1980, la réintroduction d’un cours de Western Thought (pensée occidentale) avait provoqué une véritable guérilla idéologique sur le campus. Des étudiants avaient manifesté, certains s’en souviennent peut-être au cri de « Hey, Hey, Ho, Ho, Western culture got to go ». La culture occidentale doit ficher le camp. Ce qu’ils reprochaient à ce cours, qui portait sur l’Antiquité gréco-romaine, la Renaissance et les Lumières, c’était que la « reading list », les 18 livres « hautement recommandés » pour en être diplômé, ne comportait que des auteurs européens, blancs et mâles. Platon, Cicéron, Érasme, Montaigne, Voltaire, John Locke, Hegel… oui, tous des mâles blancs, c’est indéniable. Mais après tout, les « déconstructeurs » qu’on leur oppose — Derrida, Foucault, Paul de Man aussi étaient des mâles blancs européens…

En 1988, le Sénat de cette université, son instance dirigeante en matière de programmes, a voté le remplacement des 18 livres fautifs par d’autres, dont les auteurs étaient des femmes, des personnes de couleurs, ou appartenant à une minorité. L’intitulé du cours, « pensée occidentale », a été jugé — je cite — « inapproprié, anachronique et provincial ». Et il a été remplacé par un autre, intitulé « Culture, Idées, Valeurs ». Les dirigeants de Stanford ont recommandé aux enseignants qui en sont chargés que soit « discutées dans le cadre de ce cours avec une attention particulière les questions de classe, de race et de genre. » Voilà qui était admirablement progressiste et politiquement correct. Et c’est devenu la norme dans la plupart des universités américaines.

Pas de licence de Civilisation occidentale en Australie !

Cette année, c’est de la lointaine Australie que nous vient l’écho d’une nouvelle polémique sur l’utilité ou non d’étudier la culture de notre vieille Europe. Paul Ramsay, un milliardaire philanthrope, qui avait créé une chaîne d’hôpitaux en Australie et en Asie, est mort en 2014. Désolé de constater que la culture européenne n’était plus enseignée en Australie, il a légué une part importante de sa colossale fortune pour la création d’un Centre pour l’étude de la civilisation européenne. Cette initiative est personnellement relayée par l’ancien Premier ministre libéral John Howard, qui a gouverné l’Australie entre 1996 et 2007.

La jeune directrice des Fondations de ce Programme, Bella d’Abrera, vient de publier sur le site Quillette, un texte remarquable. Le Centre Ramsay, explique-t-elle, a créé une licence de Civilisation occidentale, basée sur l’étude d’une sélection de grandes œuvres, tant littéraires qu’artistiques, retraçant l’histoire européenne et plus généralement occidentale. Le Centre a proposé à toutes les universités d’Australie de financer des chaires, des bourses d’études, des centres de recherche. Partout, elle a rencontré une franche hostilité. « Le rejet de cette licence de Civilisation occidentale, écrit-elle, est fondée sur l’absurde conviction que quiconque veut étudier la civilisation occidentale doit être _un suprématiste blanc_. Or, dans certains cercles académiques, cette civilisation est tenue responsable de tous les maux de la terre, passés, présents et futurs. »

Et elle cite à l’appui de ses dires un papier publié par le site The Conversation, assez typique, en effet, de l’épidémie d’occidentalophobie qui semble avoir frappé le monde universitaire anglo-saxon. Son auteur, Catharine Coleborne, est l’une des doyennes de l’Université en Newcastle en Nouvelles Galles du Sud, Australie. Le concept de civilisation occidentale a, d’après elle, je cite, « dépassé sa date de péremption ». Le premier reproche à lui adresser est d’être tout simplement « démodé ». Selon elle, il a été forgé et imposé au savoir universitaire après la Seconde Guerre mondiale, parce que les Anglo-Saxons, qui l’avaient gagnée, ont voulu alors réaffirmer leur domination sur le monde, en prétendant que leur culture était celle qui plongeait le plus loin dans le passé.
Peut-on étudier l’histoire des civilisations, y compris la nôtre, sans céder à la tentation de se prétendre les meilleurs ?

À ses yeux, toute étude spécifique de cette culture occidentale implique nécessairement une forme de prétention à la supériorité sur les autres. Ce qui constitue une affirmation bien étrange. La Chine a multiplié, ces dernières années, les Instituts Confucius à travers le monde et notamment, en Australie. On y enseigne l’ancienneté de la culture chinoise, qui dépasse celle de l’Occident, l’originalité de cette culture, les contributions qu’elle a faites à l’humanité. Mais elle ne prétend pas à une quelconque supériorité. Pas davantage que ne le fait notre Institut du monde arabe.

Il est donc parfaitement loisible d’étudier les cultures dans une perspective excluant toute idée de hiérarchie, et sans prétendre servir de modèle universel. Pourquoi la culture occidentale ne bénéficierait-elle pas de la même légitime curiosité ?

Source : France Culture

« L'endoctrinement » sur les campus anglo-saxons




« La classe, le genre et la race », les seuls prismes au travers desquels les étudiants sont appelés à comprendre le monde...

Donner ou non dignité universitaire à l’étude de la « civilisation occidentale ? »

 Oui, reprenons les termes du débat, tel qu’il est présenté par la presse australienne indépendante, comme The Strait Times. Le milliardaire Paul Ramsay est mort sans descendance. Il a légué une partie de son immense fortune à un centre qui porte son nom, afin de promouvoir l’étude de la civilisation occidentale, qu’il jugeait insuffisamment présente dans les universités australiennes. La direction de ce Centre comporte, parmi ses membres, un certain nombre de politiciens, membres du Parti libéral, notamment les deux anciens Premiers ministres, John Howard et Tony Abbott. Le Centre Ramsay a proposé à toutes les universités d’Australie de finance, à ses frais, la création de chaires d’études de la Culture européenne et de bourses destinées aux étudiants qui se consacreraient à ce type d’études.

Refus catégorique de la communauté universitaire. L’Australian National University de Canberra a décidé de rejeter cette proposition. En imposant un sujet, elle menacerait les libertés universitaires et l’autonomie des universités. Mais ce refus a été aussitôt exploité par les partisans du Centre Ramsay pour mettre en cause d’autres commandites. Pourquoi les cours de langue et de civilisation chinoises, financés par Pékin, via ses Instituts Confucius, posent-ils moins de problèmes aux autorités universitaires que les cours de civilisation occidentale qu’ils proposent eux-mêmes ? Et, du reste, tout le monde a bien compris qu’il s’agissait d’un épisode de la « guerre des cultures » : ce qui est en cause, ce n’est pas le fait de proposer et de financer un programme d’étude. Non, ce qui est en cause, c’est son sujet : la civilisation occidentale.

Car, pour ses adversaires de telles études portent la marque du péché « d’occidentalocentrisme ». Étudier l’Antiquité, la Renaissance, les Lumières, étapes du développement intellectuel de la seule Europe, serait faire preuve d’arrogance envers les autres cultures du monde. Par ailleurs, les détracteurs du projet ne manquent pas de mettre en cause la présence, assez voyante, au sein du Centre Ramsay, de nombreux dirigeants du parti libéral. Dans le Queensland Times, un étudiant écrit : « Étudiants et enseignants, nous craignons que ce programme devienne un aimant destiné à attirer les partisans du Parti libéral et les renforce dans leur conviction que la civilisation occidentale est supérieure ».

Réactions dans le camp d’en face, celui des partisans des cours de « civilisation occidentale »

Je cite The Herald Sun, l’éditorialiste Rita Panahi dans les colonnes du Herald Sun : « Les universités encourageaient autrefois le débat solide, la pensée critique et la diversité des perspectives. C’était un endroit où on ne venait pas seulement pour obtenir une qualification, mais pour élargir son esprit et être mis au défi. A présent, l’endoctrinement est la norme bien plutôt que la stimulation intellectuelle, en particulier dans les arts, les humanités et les sciences sociales, où des groupes de pensée font la loi. La seule diversité qui n’est pas la bienvenue sur les campus, c’est la diversité d’opinion. » Et elle poursuit : « la simple rationalité et les opinions communes sont considérées comme du sectarisme, tandis que sont célébrées la culture de la plainte, l’intersectionnalité et la politique des identités.

Ce n’est en aucune façon un phénomène local : les universités australiennes suivent simplement l’exemple des institutions britanniques et des États-Unis, qui favorisent l’activisme politique au détriment de l’enquête intellectuelle. »

Et Rita Panahi de tourner en dérision l’argument selon lequel un cours de « pensée occidentale », financé par un Centre proche du Parti libéral australien compromettrait l’indépendance des universités. Ces universités ont accepté volontiers dans un passé récent des financements provenant de pays tels que la Turquie, Dubaï et l’Iran…. « Faire de la propagande pour les Centres pour les études arabes et islamiques ne semble pas troubler les syndicats enseignants et étudiants, mais négocier avec le Centre Ramsay, présidé par l’ancien premier ministre John Howard, là, ce serait aller trop loin... », s’indigne Rita Panahi.

Et sur le site Quillette, Bella d’Abrera, directrice du Centre Ramsay met en cause, de son côté, un enseignement supérieur qui ne lui semble plus tourner qu’autour des catégories de classe, genre et race, une « approche, je cite, qui n’est pas seulement ennuyeuse et répétitive, mais fondamentalement anti-intellectuelle. » Parce qu’elle n’autorise pas le dialogue, chacun parlant au nom de son « identité ».

« Les étudiants ne finissent pas seulement leurs études avec une vision du monde déformée, selon laquelle toute l’histoire du monde n’est plus vue qu’à travers le prisme oppresseurs/opprimés, mais ils sont en train d’imposer cette vision particulière du monde à la société dans laquelle ils trouvent des emplois dans le système éducatif, l’administration ou les compagnies privées. »

Source : France Culture

L'université aujourd'hui : face à face de deux « polémiques »

À gauche ce qu’il advient lorsqu’un professeur de sexe masculin met en doute le dogme féministe sur les femmes dans la science.

À droite, ce qu’il se passe lorsqu’une professeure fantasme sur la mutilation des hommes blancs.

Le CERN « a suspendu » sa collaboration avec un scientifique italien qui a tenu des propos « choquants » où il s’élevait contre la discrimination censément « positive » en science.

Vendredi dernier, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a organisé un atelier à Genève intitulé « Théorie des hautes énergies et genre [le sexe] », auquel Alessandro Strumia, (ci-dessous) scientifique italien de l’Université de Pise, était invité.

Le professeur de l’université de Pisa a dénoncé le fait que « les hommes font face à une discrimination croissante dans le domaine de la physique. »

Il explique que le rôle croissant des femmes dans les emplois liés à la physique n’est pas lié à leur qualification, mais à la multiplication des débats sur les questions de genre et de parité.

« La physique n’est pas sexiste envers les femmes. Mais la vérité n’a pas d’importance, parce que ça fait partie d’une bataille politique venant de l’extérieur. On ne sait pas qui va gagner ».

Interrogé par Associated Press, Alessandro Strumia a évoqué un malentendu et dit ne pas penser que les hommes soient meilleurs que les femmes en physique. Il a toutefois relevé qu’il y a « un groupe politique qui veut faire croire aux femmes, et à d’autres personnes, qu’elles sont des victimes ».

Le professeur a encore estimé que le CERN faisait une erreur : « Ils m’ont suspendu parce que c’est vrai... et que c’est contraire à la ligne politique ».


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L’université Georgetown a défendu la liberté d’expression de la professeure en sciences politiques Christine Fair.

Celle-ci avait affirmé (voir le gazouillis ci-dessous)  que les sénateurs qui défendent le juge Kavanaugh « formaient un concert d’hommes blancs privilégiés qui justifiait le privilège dont s’arroge un violeur en série. » Ce violeur en série serait le juge Kavanaugh. On ne comprend pas très bien ce que la race des sénateurs, du juge, ou des accusatrices viendrait faire dans l’histoire. Tous sont blancs...

L’éminente professeure de la non moins prestigieuse université de Washington (historiquement catholique et même jésuite) poursuivait :  « Tous méritent des morts misérables sous les rires des féministes alors qu’ils expirent. Bonus : on castre leurs dépouilles et on les jette aux porcs ? Oui. »

Sanction : nulle. L’université s’est précipitée pour soutenir la liberté d’expression de son employée tout en lui demandant de rester objective en classe.

Fair était auparavant connue pour être un faucon (belliciste) en matières militaires et en particulier pour sa défense vigoureuse de la guerre par drones.

Ce n’est pas première fois que Christine Fair est au centre de polémiques. En janvier 2018, elle a causé un incident à l’aéroport de Francfort en Allemagne lors d’un contrôle de sécurité. La police allemande a déclaré que Mme Fair avait été peu coopérative dans la mesure où elle avait traité des agents de sexisme, de nazis, de voyous en uniforme et autres injures. Fair a été accusé d’injures calomnieuses en vertu de la loi allemande sur la diffamation.

Voir aussi

The trouble with feminism (L’ennui avec le féminisme), en anglais, 9000 mots




mercredi 3 octobre 2018

Le cannabis aurait des «effets négatifs et persistants» sur les capacités cognitives des ados

La consommation de cannabis provoque des « effets négatifs et persistants » plus graves que ceux de l’alcool sur les capacités mentales des adolescents, selon une étude réalisée par des chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal.

Cette étude vient d’être publiée dans l »American Journal of Psychiatry.

Elle démontre que « les effets concomitants et persistants de la consommation de cannabis chez les adolescents peuvent être observés sur des fonctions cognitives importantes et semblent être plus prononcés que ceux observés pour l’alcool », a écrit l’Université de Montréal, mercredi, sur son portail.

Pour les besoins de l’étude, les chercheurs se sont intéressés à 3826 adolescents fréquentant 31 écoles secondaires de la région de Montréal.

« Très peu d’études ont été conçues pour étudier cette question du point de vue du développement. Notre étude est unique en ce sens, car elle a suivi un large échantillon d’élèves de la première à la quatrième année du secondaire », a indiqué la professeure Patricia Conrod, auteure principale de l’étude et chercheuse au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal.

Autre conclusion de l’étude : la consommation de cannabis est un facteur de risque dans le développement d’autres dépendances.

« Certains de ces effets (sur les autres dépendances) sont encore plus prononcés lorsque la consommation commence précocement à l’adolescence », a précisé Jean-François G. Morin, un des coauteurs de l’étude et étudiant au doctorat à l’Université de Montréal.

Bien que des études aient établi que l’abus d’alcool et de cannabis était lié à une altération de la cognition chez les jeunes, elles n’étaient pas conçues pour comprendre cette relation et déterminer si la consommation de cannabis était la cause ou la conséquence des troubles cognitifs. Une nouvelle étude dirigée par des chercheurs au CHU Sainte-Justine et à l’Université de Montréal, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, démontre que, au-delà du rôle de la cognition dans la vulnérabilité à la toxicomanie, les effets concomitants et persistants de la consommation de cannabis chez les adolescents peuvent être observés sur des fonctions cognitives importantes et semblent être plus prononcés que ceux observés pour l’alcool.

Outre ses effets intoxicants aigus, l’abus d’alcool et de cannabis a été associé à des altérations sur les plans de l’apprentissage, de la mémoire, de l’attention et de la prise de décisions, ainsi qu’à de faibles résultats scolaires. « Bien que de nombreuses études aient rapporté des différences de performances cognitives entre les jeunes consommateurs et les non-consommateurs, il reste à déterminer les effets causaux et durables de l’usage de substances chez les adolescents sur leur développement cognitif », explique Jean-François G. Morin, coauteur de l’étude et étudiant au doctorat à l’Université de Montréal. La professeure Patricia Conrod, auteure principale de l’étude et chercheuse au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’UdeM, mentionne que « très peu d’études ont été conçues pour étudier cette question du point de vue du développement. Notre étude est unique en ce sens, car elle a suivi un large échantillon d’élèves de la première à la quatrième année du secondaire afin de recueillir des mesures cognitives et sur la consommation de substances. En utilisant une grande base de données, nous avons pu modéliser la nature complexe de la relation entre ces ensembles de variables ».

Pour comprendre la relation entre l’alcool, la consommation de cannabis et le développement cognitif chez les adolescents à tous les niveaux de consommation (abstinents, consommateurs occasionnels ou grands consommateurs), l’équipe de recherche a suivi un échantillon de 3826 adolescents canadiens sur une période de quatre ans. En utilisant un modèle statistique prenant en compte le développement cognitif, les auteurs ont étudié les relations entre les changements d’une année à l’autre dans la consommation de substances et le développement parmi un certain nombre de domaines cognitifs, tels que la mémoire de rappel, le raisonnement perceptuel, l’inhibition et la mémoire de travail. Une analyse de régression multiniveau a été utilisée pour tester conjointement la vulnérabilité et les effets concomitants et persistants sur chaque domaine cognitif. L’étude a montré que la vulnérabilité à la consommation de cannabis et d’alcool à l’adolescence était associée à une performance généralement inférieure dans tous les domaines cognitifs.

Le cannabis se démarque de l’alcool

« Cependant, une nouvelle augmentation dans la consommation de cannabis, mais pas dans la consommation d’alcool, a montré des effets concomitants et durables supplémentaires sur les fonctions cognitives, comme le raisonnement perceptuel, la mémoire de rappel, la mémoire de travail et l’inhibition comportementale », souligne Patricia Conrod. « Le fait que la consommation de cannabis ait été associée à des effets durables sur la mesure de l’inhibition comportementale, qui est un facteur de risque pour d’autres comportements toxicomanogènes, est particulièrement préoccupant et pourrait expliquer pourquoi la consommation précoce de cannabis est un facteur de risque pour d’autres dépendances, ajoute Jean-François G. Morin. Certains de ces effets sont encore plus prononcés lorsque la consommation débute précocement à l’adolescence. »

Dans un contexte où les politiques et les attitudes concernant l’usage de substances sont repensées, ces résultats mettent l’accent sur l’importance de protéger les jeunes des effets négatifs de la consommation en investissant davantage dans les programmes de prévention.

« Il sera important de mener des analyses semblables avec cette cohorte ou des cohortes similaires lors de la transition vers l’âge adulte, lorsque la consommation d’alcool et de cannabis devient plus importante », indique Patricia Conrod. « Ceci pourrait être particulièrement pertinent pour les effets de l’alcool : bien que cette étude n’ait pas associé les effets de la consommation d’alcool chez les adolescents au développement cognitif, des effets neurotoxiques peuvent être observés dans certains sous-groupes différenciés en fonction du niveau de consommation, du sexe ou de l’âge, poursuit Jean-François G. Morin. Nous souhaitons également déterminer si ces effets sur le développement du cerveau sont liés à d’autres complications telles que les difficultés scolaires, les dommages neuroanatomiques et le risque de dépendance ou de troubles mentaux futurs. »

À propos de l’étude


L’article intitulé « A Population-Based Analysis of the Relationship between Substance Use and Adolescent Cognitive Development » a été publié dans l’American Journal of Psychiatry en octobre 2018. Le premier coauteur est Jean-François G. Morin, étudiant au doctorat sous la supervision de Patricia Conrod. L’auteur principal est Patricia Conrod, chercheuse et directrice du laboratoire Venture au CHU Sainte-Justine, professeure titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire Dr Julien/Fondation Marcelle et Jean Coutu en pédiatrie sociale en communauté de l’Université de Montréal. La présente étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds de recherche du Québec ‒ Santé, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et le Programme des chaires de recherche du Canada.

Auteurs : Jean-François G. Morin, Mohammad H. Afzali, Josiane Bourque, Sherry H. Stewart, Jean R. Séguin, Maeve O’Leary-Barrett et Patricia J. Conrod.



mardi 2 octobre 2018

Quand feu Antoine Sfeir condamnait l’imposture du dialogue interligieux

La vidéo est extraite d’une émission française, C dans l’air, consacrée au « forum islamo-chrétien » et diffusée en novembre 2008. À cette occasion, Antoine Sfeir — journaliste et professeur franco-libanais, ancien directeur des Cahiers de l’Orient, décédé cette semaine déclarait :

— On a donné à cette rencontre un titre assez bizarre d’ailleurs, le « forum ». On ne pouvait quand même pas parler de « dialogue interreligieux », alors que tout le monde veut en parler. le dialogue entre islam et chrétiens...

— Parce que c’est autre chose ?

— Mais, bien entendu. Parce que c’est de l’imposture intellectuelle, le dialogue islamo-chrétien. Ou on est croyant, et à ce moment-là chacun pense que sa religion, c’est la vérité. Donc, parler avec l’autre, c’est vouloir le convertir. Ou alors on n’est pas croyant, et on n’est pas concerné par ce « dialogue » interreligieux ou islamo-chrétien, appelons-le comme on veut. Si on veut savoir à quoi croit l’autre, c’est du dialogue interculturel, uniquement. Alors ça, autant qu’on veut. Bien entendu. Il faut dialoguer culturellement et continuer à le faire. Ce qui me gêne dans tout ça...



— Vous pensez quoi, que c’est hypocrite ?

— Ah, totalement. Totalement. La preuve c’est qu’on a quand même essayé de dire : « On a parlé des choses qui fâchent ». On a parlé de la liberté de conscience, mais du côté musulman, on n’a pas précisé ce que c’était, la liberté de conscience. On n’a pas parlé de véritables choses qui fâchent. [...] Ce vouloir-vivre-ensemble aujourd’hui, quoi qu’en disent ce forum et ce communiqué, n’existe pas. En tout cas dans la région que je connais un peu, qui est l’espace arabe.

samedi 29 septembre 2018

Zemmour (vidéos) : gouvernement des juges, concordances entre hier et aujourd'hui, Napoléon, Algérie, sentiments dans la politique

Soirée avec Éric Zemmour à l’occasion de la sortie de son livre « Destin français » tenue le mardi 25 septembre 2018 à Versailles au théâtre Montansier. La salle était comble.



Début de la transcription

[Applaudissements]

— Je tiens à vous rassurer, contrairement à l’ensemble des journalistes qui vous reçoivent sur leurs plateaux de radios ou télévisions depuis la sortie de votre livre, je ne vais pas vous psychanalyser. On se souvient de Rachida Dati il y a quelques années vous recommandant d’aller vous soigner et j’ai entendu Caroline Mécary la semaine dernière affirmer que votre obsession identitaire confinait à la névrose. Éric Zemmour ce sera ma première question est ce qu’on ne déplace pas aujourd’hui le terrain des idées et de la politique sur le champ psychiatrique et pourquoi ?

Zemmour. — Ce n’est pas d’aujourd’hui, ça fait plusieurs années. Déjà quand j’ai sorti le Suicide français, si vous vous souvenez bien, j’avais exactement les mêmes réflexions : j’avais des névroses des obsessions je devrais me faire psychanalyser, psychiatriser, je ne m’aimais pas, j’aimais qu’on me haïsse, voyez.