vendredi 24 décembre 2021

Les contes de Noël publiés aujourd’hui diluent voire effacent les valeurs chrétiennes

Pourquoi est-il important de lire des contes aux enfants ?

Les contes véhiculent un imaginaire qui permet de structurer leur intelligence et leur apprend à construire leur univers intérieur. Parce qu’ils placent d’emblée le récit hors du temps, hors de la réalité, les contes ont la vertu de stimuler l’imagination de l’enfant, de lui montrer que le champ des possibles est ouvert devant lui, et de le pousser ainsi à grandir, à devenir adulte. On voit malheureusement se développer toute une littérature destinée aux enfants qui consiste essentiellement à explorer des problèmes psychologiques auxquels ils peuvent être confrontés. C’est un dévoiement de la lecture, parce qu’on les prive dans ces livres de la dimension imaginaire, si structurante à leur âge.

Quels sont les ingrédients d’un bon conte de Noël ?

Comme dans tous les contes, il faut qu’il délivre une morale qui élève l’enfant. Pour Noël, cette morale est par essence chrétienne. Et il faut de belles illustrations, car l’image est pour les enfants une porte d’entrée dans la lecture. À Noël, cette nécessité de créer une ambiance qui fasse rêver et donne envie de lire est plus importante encore, car c’est une période de l’année où la vue est très sollicitée, on le voit bien avec les illuminations dans les rues, les vitrines de Noël… C’est le moment par excellence où l’on peut toucher les enfants par de beaux livres illustrés.


Les contes de Noël sont-ils en voie de disparition ?

De nombreux contes liés à Noël continuent d’être publiés chaque année. Ce qui, en revanche, est en voie de disparition, c’est le conte de Noël traditionnel, celui qui est pétri de traditions chrétiennes. Dans les contes de Noël publiés aujourd’hui, ces valeurs chrétiennes sont très souvent diluées, voire effacées. Seule persiste la connotation positive de Noël. On continue d’y trouver l’idée du don de soi, souvent d’ailleurs à travers les cadeaux qui sont une tradition païenne, l’idée de convivialité, de rassemblement, d’esprit de famille qui disent quelque chose de ce qu’est l’amour.

Est-ce pour cette raison que vous ne choisissez que des contes de Noël plus anciens ?

Le principe de TétrasLire est de mettre à la portée des enfants la littérature classique à laquelle ils n’ont plus vraiment accès, notamment parce qu’il y a de moins en moins de bibliothèques familiales dans lesquelles ils peuvent puiser. Chaque mois, nous leur faisons découvrir un auteur classique et les aidons à entrer dans son œuvre. Nos numéros de Noël n’échappent pas à cette logique, et la plupart des contes antérieurs au XXe siècle sont imprégnés de tradition chrétienne, y compris chez les auteurs non croyants. C’est le cas par exemple de l’auteur américain O. Henry, dont nous avons publié le conte Le Cadeau des rois mages, ou d’Alphonse Daudet avec Les Trois Messes basses. Nous avons à cœur de faire découvrir des contes vraiment liés à la tradition chrétienne de Noël qui donnent à cette période de fêtes une dimension spirituelle, et qui présentent la naissance de Jésus comme la révélation de l’amour faite au monde.

Il arrive toutefois que des contes anciens soient revisités et vidés de ces valeurs chrétiennes…

Oui, il arrive fréquemment que des contes soient réécrits pour s’inscrire dans un registre plus matériel en phase avec la société actuelle. L’exemple le plus flagrant est probablement La Reine des neiges que les enfants connaissent à travers la version complètement modifiée qu’en a donné Disney. La version initiale, écrite par Andersen, raconte l’histoire de deux enfants liés par une amitié très forte qui se dévouent l’un pour l’autre afin d’échapper à la reine des neiges qui incarne le mal, la froideur et l’extinction de l’amour dans le monde. Ce conte qui célébrait le triomphe de l’amour sur le mal a été vidé de son message.


Comment s’assurer que l’on achète la bonne version d’un conte ?

Il est difficile de s’y retrouver, car les éditeurs donnent généralement peu d’indications sur la nature des contes qu’ils publient. Et surtout, la plupart des contes proviennent du folklore, de la tradition orale. Cette absence d’auteur laisse une totale liberté à ceux qui souhaitent les retranscrire. Or, on observe aujourd’hui une large tendance à retourner les contes pour casser les stéréotypes culturels et moraux. Il y a une volonté de les transformer jusqu’à obtenir quelque chose de totalement subversif. On se retrouve ainsi avec un petit chaperon rouge qui mange le loup ou une princesse qui envoie balader son prince charmant. Ce phénomène affecte tous les contes, ceux de Noël y compris. Le seul conseil que je peux donner, c’est de feuilleter les livres avant de les acheter pour vérifier qu’ils sont bien écrits et que la morale n’a pas été escamotée ou l’histoire transformée.

Source : Famille chrétienne

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Mémoire en Cour  suprême :  « Ce traitement morcelé et superficiel des religions entraîne des distorsions dans la représentation de toutes les religions, distorsions reproduites dans les manuels d’ECR pour élèves. Ce nivellement donne l’impression que les religions sont équivalentes. Il ne s’agit pas là d’un portrait objectif de la religion, de leur essence et des valeurs complexes qui les sous-tendent. L’effet est frappant quand on consulte les manuels du primaire : les récits religieux historiques comme Noël (sans explication sur le fondement spirituel) côtoient des récits animaliers (le réveillon des souris !)19 et des contes autochtones clairement mythiques. Cette banalisation, cette réduction de la religion à la dimension humaine festive et l’omission de la dimension transcendante renforce le message qu’il n’existe pas d’absolu, de vérité religieuse, que les croyances sont interchangeables, aléatoires, d’égale valeur et relatives. Ces juxtapositions sont légion dans les exemples du programme : récit d’Abraham comparé au récit de Glouskap (p.759), Pâques à la fête des Mères (p.759), Jésus au guru Nanak (p.763). Cette approche phénoméniste discrédite le christianisme et mène à l’inculture religieuse. »

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par Marc Fourny

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La famille attablée autour d’un foie gras prometteur, le sapin qui clignote, un feu ronflant dans la cheminée, les santons de Provence au garde-à-vous dans du papier rocher en attendant la naissance du petit Jésus... L’image d’Épinal d’un Noël bientôt révolu ? En exagérant un peu, et avec une pointe d’ironie, on pourrait supposer qu’on n’en est plus très loin, surtout si l’État, qui se mêle de tout sauf de l’essentiel, continue à nous casser les pieds.

À quoi pourrait bien ressembler Noël dans trente ans ? Disparue la crèche, cette manifestation gothique, dangereuse et tendancieuse, au nom de la laïcité et du « vivre ensemble ». Même les églises n’oseront plus la dresser sur les parvis pour éviter toute polémique. Seuls les plus fervents catholiques, comme jadis sous la Révolution, oseront perpétuer encore la tradition au fond de leur salon. Le sapin ? Il est en plastique, interdiction de couper de vrais arbres, et tout juste toléré : pas d’étoile au sommet, qui pourrait rappeler celle de Bethléem, plus d’anges, ces créatures fantasques issues de textes sacrés, encore moins de guirlandes clignotantes, car les écologistes ont si bien œuvré qu’il est désormais interdit, pour cause d’économies de bout de chandelle — c’est le cas de le dire —, d’utiliser ces serpentins électriques. Sans compter le sacro-saint principe de précaution qui a été brandi pour éviter tout risque d’incendie.

La messe de minuit désertée

Et la messe de minuit ? Cela fait belle lurette qu’on la déserte : il n’y a plus un curé à trente kilomètres à la ronde, on ne va pas brûler de l’essence pour aller se geler dans des édifices mal entretenus, faute de moyens et de fidèles. On pourra toujours regarder la cérémonie du Vatican retransmise en direct sur la Toile, car voilà bien longtemps qu’aucune chaîne de France n’a plus l’audace de la programmer sur son antenne. Et pour ceux qui sont adeptes des carillons qui bourdonnent, tant pis : les clochers sont sommés de rester silencieux pour ne pas choquer les autres confessions.


Messe de minuit

Heureusement, il reste les agapes, ce réveillon qui réveille les papilles et resserre, pour un temps, la famille dispersée. Mais, là encore, tout a changé : le foie gras est désormais interdit, le Sud-Ouest s’est définitivement reconverti dans le chocolat bio, l’État a finalement cédé face au combat mené par les défenseurs de la cause animale. Personne n’ose peler des clémentines et des oranges sur la majeure partie du territoire français depuis qu’on est tenu de manger local sous peine d’amende. Quant à la bûche de Noël, elle n’est plus à la mode : elle avait un côté chrétien dérangeant et rappelait avec trop de perversité l’agonie de nos forêts décimées...

« Il est né, le divin enfant », bien trop clivant

Au petit matin, les enfants se précipitent autour d’une cheminée décorative qui ne crépite plus depuis maintenant vingt ans : on n’a plus le droit de faire des feux de bois, trop polluants. Les chorales de circonstance entonnent encore timidement quelques chants, mais surtout pas « Il est né, le divin enfant » ou « Douce Nuit », bien trop clivant, on se reporte à la rigueur sur « Vive le vent » ou « Mon beau sapin ». La Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois, rebaptisée à la hâte, a revu tout son répertoire et laissé les aubes au vestiaire. Saint Nicolas n’a plus le droit de cité à Strasbourg — un évêque qui distribue des bonbons, ça va pas la tête ? — et le père Noël se fait rarissime : ce vieillard autoritaire finissait par traumatiser les enfants, les psychologues ont fini par avoir sa peau. Sans compter que ses amples vêtements pouvaient cacher une bombe : bien trop dangereux pour un rassemblement, le costume est désormais proscrit dans les lieux publics.

L’horreur des Noëls nordiques d’antan (suite)


Bref, Noël pourrait ressembler demain à une grande fête collective où seuls subsistent les cadeaux que l’on s’offre avec excitation autour d’une date symbolique, avec le vague souvenir qu’il s’agit d’un anniversaire. De qui déjà ? Chut, dire son prénom, c’est politiquement incorrect. Allez, joyeux Noël — pardon, joyeux décembre ! — quand même...

Source : Le Point